L’action du mois : soyons « des hommes de la Parole et de parole » (2)

Il n’est jamais trop tôt pour devenir « un homme de la Parole » !

Cette « action du mois » est en réalité celle de toute l’année !

Chers frères, encourageons-nous encore, cette année, à être premièrement des hommes de la Parole, surtout quand il peut paraître anti-spectaculaire d’étudier, méditer et partager la Bible seul ou en groupe.

Puissions-nous déclarer, à l’instar d’Adolphe Monod(1802-1856), que toutes nos recherches et nos études, « soit de l’Ecriture, soit de notre propre cœur, et que toutes les discussions [sur les forums ou IRL] relatives à l’inspiration et l’autorité divine de la Parole de Dieu », n’auront fait que nous « confirmer dans la conviction inébranlable » que « quand l’Ecriture Sainte parle, c’est Dieu qui parle ! » [Et que Dieu ne cesse pas d’être Seigneur quand Il parle]

« Et que, quand elle proclame sa volonté, la voie du salut, les grandes doctrines du péché, de la grâce du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ce qu’elle nous dit n’est pas moins véritable et moins assuré que si le ciel s’ouvrait au-dessus de nos têtes en cet instant, et si la voix de Dieu retentissait comme autrefois en Sinaï, nous disant les mêmes choses »(1).

Jérémie disait : « J’ai recueilli tes paroles, et je les ai dévorées; Tes paroles ont fait la joie et l’allégresse de mon coeur; Car ton nom est invoqué sur moi, Éternel, Dieu des armées » (15v16)

Cette Parole de Dieu n’est pas inaccessible – ni trop haute dans le ciel, ni trop bas dans l’abîme – mais « elle est tout proche de nous, dans notre bouche et dans notre cœur, pour que nous la mettions en pratique » (Deut.30v11-14 et Rom.10v8).

De là, soyons aussi des hommes de parole et soyons de ceux qui ont la joie d’aller au bout – et d’achever – ce qu’ils ont commencé. Soyons des hommes à la ressemblance de Dieu, lequel, qui a constaté à chaque étape de Sa création que « c’était bon » (Gen.1v4, 10, 12, 18, 21, 25)et même « très bon » (v31) au final, « a achevé Son œuvre qu’Il avait faite au septième jour ». C’est ainsi qu’ll a pu « se reposer de toute Son œuvre qu’Il avait faite » (Gen.2v2-3).

Soyons confiants qu’Il est aussi puissant pour faire Son œuvre en nous, et qu’Il poursuivra et achèvera ce qu’Il a commencé en nous. Livrons-nous avec espérance à l’action de Sa puissance créatrice !

« Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli, équipé pour toute oeuvre bonne » (2 Tim.3v16-17)

 

 

 

Note :

(1) D’après « L’Ecriture » d’Alfred Monod. Méditation datée du 10/01 et joyau découvert dans ce recueil de méditations journalières commencées depuis début janvier. Le recueil a pour auteur principal Louis-Michel Fillatre, et s’intitule « Une année de grâce » (éditions du Cèdre, 2016)

Comment et pourquoi étudier la Bible (2) : La Bible ? Un livre, mais quel livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu'un livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu’un livre !

Un nouvel article de la série « comment et pourquoi étudier la Bible », faisant suite au précédent (« Nos motivations »)

Aujourd’hui : la Bible est « un livre », mais « plus qu’un livre ».

 

I. La Bible est un livre

Qu’est-ce qu’un livre ?

« Livre » vient du grec : « biblion » et « biblos », mot qui signifie « écorce intérieure »(de l’arbre), « moelle du papyrus », « papier à écrire », « écrit », « livre »…..soit un mot qui désigne un support, un matériau(1) sur lequel on peut écrire pour garder trace, preuve, mémoire et sens, dans un but de transmission.

En latin, le livre se dit « liber » : mot de botanique qui désigne la partie profonde de l’écorce de l’arbre servant à écrire, et à faire des livres.

Mais « liber » signifie aussi « libre » ! (2)

Le terme « Bible » vient du grec « Ta biblia »(pluriel de « biblion »), « les livres ». La Bible est donc un ensemble (ou une bibliothèque) de livres (66 en tout) : « les livres » ou « Le livre ». Elle comprend l’Ancien Testament (écrit en hébreu et en araméen) et le Nouveau Testament (écrit en grec courant).

 

 Rédaction et transmission du texte biblique :

« Dieu a parlé » à l’homme dès sa création (Gen.1v28 ; Hébr.1v1…). Au cours des siècles, Il s’est adressé directement à des personnes choisies. Mais la validité de Ses Paroles n’étaient pas limitées au seul instant où elles étaient prononcées. Elles n’ont pas de « date de péremption », à l’inverse des nouvelles des quotidiens.

Il importait donc de les communiquer aux générations futures (Deut.6v6-7 ; Matt.24v35…), de même que les commandements de Dieu qui devaient être gardés en mémoire (Deut.4v9. Nous avons aussi l’assurance que les premières tables de la loi brisées par Moïse ont été réécrites par Dieu : Ex.34v1).

D’où la mise par écrit de tout ce dont il fallait se souvenir : un texte écrit permet de fixer définitivement ce qu’une tradition orale aurait pu déformer. C’est l’une des raisons d’être de la Bible en tant que livre.

 

La première mention d’un « livre » dans la Bible se trouve en Gen.5v1, où il est question du « livre des générations (ou : généalogies) d’Adam »(3).

En Ex.17v14, Dieu ordonne à Moïse d’ajouter au livre déjà existant le compte-rendu de la bataille contre Amalek, « pour mémoire ».

Le livre fut complété au fur et à mesure des événements et des révélations( voir, par exemple, Jos.24v26…).

Tous les écrits de l’AT furent terminés au 4ème siècle av. JC. La plupart d’entre eux avaient été rassemblés au 5ème siècle av JC (Voir la mention de « la Loi » dans Esd. 7v6-21)

Sont admis comme canoniques : les cinq livres de Moïse, aux environs de 444 av JC ; les prophètes, entre 300 et 200 av JC ; et l’ensemble des Ecritures, dès 165 av JC. Un canon de 39 livres au total est fixé, excluant tous les autres textes non inspirés, plus tardifs (postérieurs au 5ème siècle av JC et d’ailleurs non cités dans le NT)

Le classement de l’AT correspond à celui auquel le Seigneur Jésus se réfère en Luc 24v44 :

« La loi » (« Torah » – les 5 livres de Moïse, de la Genèse au Deutéronome)

« Les Prophètes » (« Neviim » – incluant Josué, Juges, 1-2 Samuel, 1-2 Rois, sauf Daniel, Chroniques et Lamentations)

« Les Psaumes et autres écrits » (« Ketouvim » : Psaumes, Job, Proverbes, Ruth, Cantique des cantiques, Ecclésiaste, Lamentations, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, 1-2 Chroniques)

Pour être certain de pouvoir conserver le texte, il fallait faire manuellement un grand nombre de copies. Ce fut là le rôle des scribes de Jérusalem (« les Sopherim »), dont la première tâche a été de compter le nombre exact de lettres que contenait chacun des livres bibliques, écrits sur parchemin. Un seul défaut (une lettre manquante, un espace de séparation non respecté….) suffisait à rendre le livre « inapte à la lecture ».

 

La formation du Nouveau Testament :

 Les épîtres (ou lettres) ont été écrites les premières pour répondre aux besoins des communautés chrétiennes et des croyants individuels. Les premières semblent être 1-2 Thessaloniciens et Galates (50-51 ; 50-55 ap JC). Les dernières sont les écrits de Jean (85-90 ap JC)

La rédaction des Evangiles devint nécessaire suite à la disparition des témoins oculaires de la vie de Jésus-Christ. Marc semble être le premier(63-68 ap JC)

Le Nouveau Testament (27 livres), rédigé sur papyrus et parchemins, fut achevé avant la fin du 1er siècle ap JC. La liste de ses livres inspirés a été fixée aux 2èmes-3èmes siècles. En 170 ap JC, le fragment de Muratori contient une liste des livres reconnus par l’Eglise primitive et qui est très proche de notre Nouveau Testament actuel.

Aux 4èmes siècles ap JC, le canon des 66 livres de la Bible fut confirmé (et non établi) par divers conciles de l’Eglise primitive (Laodicée en 360, Carthage en 397…)

 

Les témoins du texte biblique ou la question des manuscrits :

 Vous le savez sans doute déjà, mais nous ne disposons plus de manuscrits originaux : seulement des copies…mais des milliers de copies ! Ce qui nous assure un texte bien plus fiable que les textes connus de l’Antiquité, tels que « Les Annales » de Tacite(2 manuscrits), « La Guerre des Gaules de César »(10 copies valables) ou « L’Iliade » d’Homère(643 copies)….sans pour autant que l’on remette en doute leur authenticité.

Concernant l’Ancien Testament, nous disposons de 3000 copies : le texte massorétique (« codex de Léningrad », manuscrit de 1008-1009 ap JC), le Pentateuque samaritain, les manuscrits de la Septante (« codex Sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle ap JC), les manuscrits de la mer Morte découverts en 1947 à Qumran(3èmes-1er siècles av JC), les traductions araméennes ou « targums »(du 1er siècle av JC au 8ème siècle ap JC)……

Concernant le Nouveau testament, nous disposons plus de 5000 manuscrits sur parchemin : le texte « byzantin »(212 manuscrits en majuscule, datant des 5èmes-12 siècles) ; le texte « alexandrin »(« codex sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle) ; « le codex d’Ephrem »(450 ap JC), qui est actuellement à la Bibliothèque Nationale de Paris.

Les documents les plus anciens du NT sont des papyrus : le plus ancien est un extrait de l’évangile de Jean, datant de 130 ap JC.

 

 II. La Bible est plus qu’un livre : inspiration, autorité et unité de la Bible

Son contenu a été déterminé par Dieu Lui-même (2 Pie.1v19-21), qui a veillé à ce que Sa Parole soit transmise intacte (Matt.5v18 ; Es.40v8 ; 1 Pie.1v25…). Nous y avons accès aujourd’hui, en dépit de toutes les tentatives pour la détruire, la discréditer ou l’oublier (Jer.36).

L’inspiration de la Bible est nécessaire pour que Dieu soit connu.

Prenez maintenant une pause pour faire les exercices suivants :

Rom.1v19 et ss relève ce que l’on peut discerner de Dieu dans la création : ……………………………………………………………………………………………………………………

Comment entrer dans la pensée de Dieu ? (Es.55v7-9 ; Gal.1v11-12 ; 1 Cor.2v6-12)……………………………………………………………………………………………………………….

Et seulement si Dieu nous parle ! (Gen.1v28)

 

Inspirée, la Bible elle-même affirme l’être : 2 Tim.3v16 ; 2 Pie.1v20-21

Elle est la révélation, la Parole écrite de Dieu, et « non la parole des hommes »(1 Thes.2v13)

Qu’est-ce que « l’inspiration » ?

Lorsque Dieu « fait passer Son Esprit dans l’esprit de l’homme ».

C’est « l’action surnaturelle de l’Esprit de Dieu dans des hommes » afin que leurs écrits correspondent exactement à la vérité que Dieu veut nous communiquer.

Quel est le rôle de « l’Esprit de vérité » en Jean 14v7, 26 ; 16v13-14 ? ………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

L’Ecriture biblique est infaillible et sans erreur (« inerrante ») : elle est une révélation parfaite donnée par un Dieu parfait (Matt.5v48).

L’inspiration est un miracle de Dieu, au même titre que la naissance miraculeuse de Jésus (Luc 1v35).

Cf 2 Pie.1v21, des hommes (et non des surhommes) ont été « poussés » par Dieu à parler. Ils ont été des instruments conscients (et non des « robots »), disponibles pour l’action de l’Esprit de Dieu (2 Sam.23v1-3 ; Jer.36v1-2 ; Actes 1v16…). La pensée de Dieu a été communiquée sans erreur, par des écrivains dont la personnalité a été préservée(en témoigne la diversité des écrits bibliques).

Comme Jésus-Christ est à la fois pleinement Dieu et pleinement homme, « Parole faite chair », « Christ venu en chair » (Jean 1v14 ; 1 Jean 4v2), la Bible est en même « Parole de Dieu » et « œuvre humaine », quoique sans erreur, de même que Christ est « sans péché »(Hébr.4v15).

 

L’autorité de la Bible

La qualité de notre marche chrétienne dépend de la reconnaissance de l’autorité, et donc, de l’inspiration de la Bible (Hébr.4v12-13 ; 2 Tim.3v16-17 ; Jean 8v31-32). La Bible fait autorité parce que Celui qui l’a inspirée ne cesse pas d’être Seigneur quand Il parle.

– Comment le peuple d’Israël voyait-il la Bible ?

 Comme la révélation de la volonté divine (Ex.24v4,7 ; Néh.8v1-6…), une norme divine pour la foi (Jos.1v8 ; Ps.1, 119…), des écrits devant être connus, lus, pratiqués, crus (Deut.27v26, 31v9-13…..)

La redécouverte de la Parole de Dieu écrite a été la source de réveils, comme celui sous le Roi Josias : 2 Rois 22-23v1-3 ; 2 Chron.34.

Voir aussi les réveils du passé (16ème, 19ème….)

– Comment Jésus-Christ, Fils de Dieu, voyait-il la Bible ?

Il est de bon ton, de nos jours, de prétendre que la Bible ne serait « pas la Parole de Dieu », et de l’opposer à « Jésus », qui est effectivement « la Parole de Dieu » (Jean 1v1-14)

Or, Christ Lui-même reconnaît l’autorité de la Parole écrite, qu’Il cite fréquemment :

 Il reconnaît que l’Ecriture est inspirée cf Matt.22v41-45 et l’oppose aux traditions humaines, en la plaçant au-dessus comme Parole de Dieu (Matt.15v3-6)

Il atteste globalement l’Ancien Testament dans ses trois parties : « Loi », « Prophètes » et « Psaumes » (Luc 24v44)

Il valide à l’avance les écrits du Nouveau Testament (Jean 14v26, 15v26-27, 16v13-14)

Il croit en l’historicité des récits, événements et personnes de l’Ancien Testament : la création (Matt.19v4), le sacrifice d’Abel, et la mort de ce dernier (« premier prophète » cf Luc 11v51, Noé et le déluge (Matt.24v37 et ss), l’épisode du serpent d’airain (Jean 3v14), Jonas (Matt.12v40-41)….

Il fait référence à Esaïe (Luc 4v16-21), appliquant la prophétie à Lui-même ;

Il interroge régulièrement les autorités religieuses de son temps : « n’avez-vous jamais lu ? »(Matt.21v42), « qu’est-il écrit ? »(Luc 10v26), « comment lis-tu ? »(v26) ;

Il réfute les Sadducéens, « qui disent qu’il n’y a pas de résurrection » en les jugeant « dans l’erreur », parce qu’ils ne connaissent « ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu » (Matt.22v23-29) et leur répond par les Ecritures (vv31-32)

Il ne reproche pas aux religieux de son temps d’ « idolâtrer la Bible », mais de ne pas y croire (Jean 5v39, 46-47 ; Luc 10v28, 16v27-31 ; Matt.5v17-19…)

Il affirme que « l’Ecriture ne peut être anéantie » (Jean 10v35)

Il fait toute une étude biblique aux pèlerins d’Emmaüs pour leur prouver que les Ecritures parlent bien de Lui (Luc 24v25-27 cf vv44-47).

Il répond aux tentations du diable dans le désert par : « il est écrit »(Matt.4v4,10) ou « il est aussi écrit »(v7)

– Comment les apôtres et les croyants de l’Eglise primitive voyaient-ils la Bible ?

L’Ancien Testament : Actes 1v16, 4v25, 7v38, 13v47, 15v15-18, 17v2-3, 28v23 ; Gal.3v8 ; Rom.4v3…….

Le Nouveau Testament : 2 Pie.3v15-16 ; 1 Thes.2v13, 5v27 ; Gal.1v18….voir aussi la raison d’être de l’Ancien Testament expliqué dans l’épître aux Hébreux.

Qu'est-ce que la bible pour vous ? Faites le point !

Vous et la Bible : un « vieux bouquin » ou….Faites aujourd’hui le point !

– Et vous ? Comment voyez-vous la Bible ? Qu’est-elle pour vous ? Faites aujourd’hui le point !

A quoi reconnaît-on que la Bible fait autorité dans une vie ? Cf Jacq.1v22-25

 

 

III. Unité, structure et équilibre dans la Bible

La Bible est composée de 66 livres écrits par des auteurs très divers (plus de quarante), en de multiples circonstances, sur une très longue période(plus de 1500 ans entre le premier et le dernier auteur – fin 1er siècle), en des lieux très différents. Pourtant, cet ensemble présente une unité extraordinaire : un témoignage supplémentaire à l’inspiration divine des Ecritures !

Unité du message biblique :

De quoi ou de qui parle la Bible ? Découvrez le centre de la révélation biblique dans Luc 24v27, 44 : …………………..Et ce, annoncé dès la Genèse : Gen.1v1-4(comparer avec Jean 1v1-9, 1 Jean 1v1-5) et Gen.3v15-21, 4v4…..

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l'on cherche désespéremment

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l’on cherche désespéremment

A noter que pour les « Sopherim »(scribes juifs), le cœur du livre(l’AT)se trouve en Lévitique 10v16, où il est question d’un bouc expiatoire que l’on cherche. Cette quête d’un animal que l’on offre pour les péchés est l’obsession de toute la Bible : « où est l’agneau pour l’holocauste ? » (Gen.22v7)…jusqu’à la pleine révélation que Jésus est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1v29, 36)

Le plan du salut forme un tout cohérent, révélé par étapes. Les éléments de l’AT sont « l’ombre des choses à venir », révélées dans le NT (Hébr.8-10 ; Col.2v17) et les deux testaments se complètent. Ex : comparer cette vision de Dan.7v13-14 avec cette déclaration du Seigneur Jésus en Matt.28v18-20.

La Parole de Dieu est également équilibrée dans sa structure et dans son contenu(4) : il est essentiel de la prendre comme un tout et de la lire entièrement.

Ex. : 1 Corinthiens parle de l’abus de liberté (laxisme) et Galates, de l’abus de loi (légalisme). Ephésiens établit l’équilibre entre les deux.

Ex : Ephésiens 2v8-10 fait l’équilibre entre Romains, qui parle du « salut par la grâce sans les œuvres », et Jacques, qui parle de la nécessité des œuvres comme preuve de la foi.

Ex : Proverbes équilibre Job et Ecclésiaste. Ne lire que Job, centré sur la souveraineté de Dieu, conduit à au fatalisme (« Dieu contrôle tout », nous ne sommes que des « robots »). Ne lire que l’Ecclésiaste (vanité d’une vie sans Dieu), et le lire trop vite, sans sa clé (Eccl.12v13-15) conduit à une forme de scepticisme(où l’on doute de tout), de désespoir et d’indifférence.

Lisons donc Job, puis Ecclésiaste, et enfin Proverbes, pour comprendre que la vraie sagesse vient de Dieu et que nous avons à vivre cette sagesse.

 

(A suivre)

 

Notes : 

(1) Concernant l’écriture et les matériaux, l’invention de l’imprimerie datant du milieu du 15e siècle et celles de la photocopie et du scanner étant encore plus récentes, les textes bibliques devaient être copiés et recopiés à la main pour qu’ils traversent les générations et les siècles jusqu’à nous.

Au Proche-Orient, les civilisations de l’Antiquité développèrent très tôt différentes écritures : caractères pictographiques, hiéroglyphiques, cunéiformes…La découverte des caractères alphabétiques se généralisa vers 1500 av JC, simplifiant et rendant l’écriture accessible à un plus grand nombre de personnes. Les supports utilisés sont : les pierres et les briques (Job 19v24 ; Ex.32v15-16 ; Deut.27v2-3) ; le papyrus, d’origine végétale, connus dès le deuxième millénaire av JC, et se présentant sous forme de rouleaux (Esdr.6v2 ; Zach.5v1 ; Ezech.2v9 ; Jer.30v2…..) Inconvénient : sa fragilité. Le parchemin (2 Tim.4v13), d’origine animale, est mis au point au 2ème siècle av JC. Réutilisable, il est bien plus résistant que le papyrus et sans rival pour la conservation.

 (2) Tel que le souligne, par exemple, Marc-Alain OUAKNIN dans « Bibliothérapie ». Seuil, 2008(Points), p 232.

(3) Soit les « générations » ou « généalogies » d’Adam à Noé, relatées dans le chapitre 5 de la Genèse. Marc-Alain OUAKNIN, encore, en écho à l’ouvrage de Catherine CHALIER(« L’Histoire promise »), relève que « le livre fait son entrée en scène du texte juste après le chapitre 4 de la Genèse, où sont racontés la difficile et tragique existence d’Abel, sa presque non-vie et son assassinat » : le « livre des généalogies » est donc une « réparation » de la mort d’Abel (« Bibliothérapie », pp 327-328), restaurant une lignée menacée d’être interrompue.

(4) D’après Richard BORGMAN, dans « Le Royaume équilibré de Dieu ». Ed. Le Lion et l’Agneau, 1994, pp 171-174

Alzaia

"Alzaia" d'Erri de Luca. "Alzaia", c’est la corde, mais aussi le lien avec l'autre, qui empêche de tomber ».

« Alzaia » d’Erri de Luca.
« Alzaia », c’est la corde, mais aussi le lien avec l’autre, qui empêche de tomber ».

Pep’s café ! est de retour, après une longue absence de deux mois, et prêt à reprendre un nouveau rythme de publication !
En guise de billet de rentrée, voici un partage de ce que je pense être « le message de Dieu (d’abord pour moi personnellement) de cet été », après une coupure bienvenue : une nécessité et un besoin de progresser dans l’écoute, l’intention(le cœur et l’inspiration-cad quel esprit nous anime), et la disponibilité, sans oublier la lutte contre tout gaspillage.
Autant de thématiques ou de domaines perçus de différentes façons en juillet-août, et qui se retrouvent, pour l’essentiel, dans « Alzaia »*, un livre d’Erri de Luca acquis le 06 juillet.

Pour l’anecdote, le premier texte découvert « par hasard »(grâce à un marque-page présent dans le livre à cet endroit !) était « avoir de l’oreille » (p24-25), invitant à l’écoute(cf Eccl.4v17, 1 Sam.15v22, Jacq.1v19) :
« Le prophète Jérémie entend la voix divine dans un “vacarme d’eaux dans les cieux”. Elie la perçoit dans un murmure après l’avoir cherchée dans le vent d’une tempête, dans un tremblement de terre et dans le feu. Cette voix se manifestait de bien des façons, mais il fallait avoir l’ouïe fine d’un prophète. Garder le silence était une condition indispensable. C’est au moment où il se tait que la voix de Dieu fait irruption dans la vie et dans le livre de Job. Tant qu’il répond à ses interlocuteurs, Dieu reste silencieux. Mais lorsque Job cesse de répliquer au dernier d’entre eux, Elihu, alors la voix de Dieu s’élève et déferle sur 125 vers.
“Silence dans toute chair”, le cri de Zacharie (Za 2, 17) est la condition nécessaire mais non suffisante pour se mettre à l’écoute. Notre ouïe moderne a été caressée par la haute précision des chaînes stéréo, étourdie par les amplificateurs de salles de bal et par les bruits mécaniques les plus assourdissants qu’ait jamais supportés l’oreille humaine. Le silence aujourd’hui n’est qu’un trouble de l’ouïe. Dieu aurait bien du mal à obtenir une écoute, s’il le voulait, mais il ne le veut pas. Il a déjà laissé sa voix par écrit dans le livre que nous appelons la Bible. Là, avec un peu de chance et un vertige de silence, en soi plus qu’autour, chacun peut écouter le passage qui éclairera sa journée ».
« Prêter l’oreille », écouter Dieu, mais aussi s’attacher à Lui « de tout notre cœur… » (Deut.6v5) d’autant plus qu’Il souhaite nous emmener avec Lui partout où Il va et nous montrer tout ce qu’Il fait (Jean 5v20).
Le « gaspillage » se retrouve dans des textes tels que « lambeaux » (p27-28. D’après Amos 3v12) ou « émigrants », (pp65-66)

Quant à l’impératif de discerner « l’intention » ou « l’esprit », celui qui nous anime ou qui anime d’autres, il est illustré par la parabole suivante, intitulée « Coutures » (pp51-52) :

« Un tailleur juif fut chargé par un noble de sa ville de coudre une rare pièce de vêtement dans un précieux tissu acheté à Paris. Le noble lui recommanda de réaliser un chef-d’œuvre. Le tailleur sourit et répondit qu’il n’avait pas besoin d’encouragements car il était le meilleur de la région. Son travail une fois terminé, il porta le vêtement à son illustre client, mais en échange il ne reçut que des injures et se vit accusé d’avoir gâché le tissu. Le tailleur déconcerté et humilié alla demander conseil au roi reb Yerahmiel qui lui dit à peu près ceci : «Défais toutes les coutures du vêtement, puis refais-les exactement dans les mêmes points qu’avant. Ensuite rapporte-le lui. » Le tailleur suivit l’étrange conseil et rapporta le vêtement au noble. À sa grande surprise, le seigneur parut enthousiasmé par le travail et ajouta même une prime à son salaire.

Reb Yerahmiel lui expliqua ensuite ceci : «La première fois tu avais cousu avec arrogance et l’arrogance n’a pas grâce. C’est pourquoi tu as été repoussé. La seconde fois tu as cousu avec humilité et le vêtement a pris toute sa valeur. L’intention est primordiale, plus que l’habileté, l’inspiration plus importante que la maîtrise, même dans les travaux humbles. Dans le livre des Saintes Écritures, L’Exode/Noms, Dieu, par l’intermédiaire de Moïse, confie à l’excellent artisan Betzalèl l’exécution de nombreuses tâches ` nécessaires au culte. Mais auparavant : «Il l’a rempli, de vent d’Elohim : en sagesse, en intelligence, en science pour toute sorte d’ouvrages » (35, 31). L’habileté technique à elle seule est stérile, vaine.

Pour celui qui est habitué à ne considérer que le produit fini et non la façon dont on le travaille, pour celui qui juge l’œuvre et non l’intention, ce récit est vain ».

Je rajouterai que ce n’est pas le fait de « faire » qui fait « l’être »(ou ce que l’on est) ; ce n’est pas non plus l’activité (l’activisme ?) qui fait l’accomplissement ; mais ce que nous faisons (et la façon dont nous le faisons) dépend de ce que nous sommes, ou de ce qui nous pousse. Ce n’est donc pas une simple question de « performance ».

Sur ce, bon week-end, et à mercredi prochain.

 

 

 
Notes :

* De Luca, Erri. Alzaia. Rivages/Petit Bibliothèque, 2002

« Ces articles[parus dans le quotidien catholique Avvenire], cent et des poussières, sont extraits du gros tas de cahiers que (l’auteur a rempli) de phrases pêchées au hasard, un peu partout ». Il les a « transcrites, poussé par un maudit besoin de collectionneur, une sorte de rétention de pensées contre la perte de la mémoire. Avec une habileté de brocanteur » il a « déniché la phrase, l’accident, l’idée ». Il y a « ajouté ensuite des choses » qu’il a « vécues. Et puis, dans une proportion toute sabbatique, une sur sept, on y trouve des pensées sur certains vers de l’Ancien Testament…. ».
Des articles, qui sont, aux dires de l’auteur, ce qu’il a « su faire de mieux »(préface, p 10). Alzaia est le nom du cordage qui sert à tirer à contre-courant depuis le rivage « une lente cargaison », des péniches et des bateaux, le long des fleuves et des canaux (pp 9-10). Dans « Cordes » (p 47), l’auteur nous apprend encore que le mot désignant l’espérance en hébreu signifie aussi corde : «Il est beau que l’espérance ait l’âme d’une corde. Elle tire, attache, fait des noeuds, peut se rompre.»
« Alzaia », c’est donc la corde, mais aussi le lien. « Et pour un alpiniste comme Erri De Luca, c’est le lien avec l’autre, et qui empêche de tomber ».

« En Lui, nous avons le souffle…et nous vivons »

Neige et fleurs par George HodanLe miracle de la vie...

Neige et fleurs par George Hodan
Le miracle de la vie…

Depuis quelques temps (au moins depuis février de cette année), je suis particulièrement préoccupé par le « souffle ». Le souffle de Dieu, s’entend. Soit de la vie et de l’inspiration.
On se souvient que lorsque « l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol », Il « souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante. »(Gen.2v7)
De fait, il est vital de maintenir une communion avec Celui qui, seul, donne la vie.
Dépendre de Lui seul nous donne la fraîcheur du pain du jour dont nous avons besoin.
Dépendre de Lui seul nous permet d’abattre nos idoles et nos traditions, qui ont peut-être une apparence de vie, mais ne sont pas la vie.
A ce sujet, je notais dernièrement dans mon carnet, le 21 février, qu’Ezéchias « fit ce qui est droit aux yeux de l’Eternel, selon tout ce qu’avait fait David, son père. Il ôta les hauts lieux, et brisa les statues, et coupa les ashères, et mit en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fait, car jusqu’à ces jours-là les fils d’Israël lui brûlaient de l’encens; et il l’appela: Nehushtan. »(2 Rois 18v3-4 )
Le serpent (cf Nombres 21v8-9 et cf Jean 3v14), s’il est une préfiguration de Christ, représente le passé. L’erreur est d’en faire une idole, une tradition, qui prendrait la place du seul Dieu, vivant et vrai.
De même, si nous nous basons sur nos réserves au lieu de rechercher la fraîcheur du pain du jour (et donc de dépendre de Dieu), « ça pue », cf épisode de la manne dans Exode 16v19-20, alors que Dieu est le Dieu du présent et de l’avenir, le Dieu vivant et vrai, qui nous donne le souffle.

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

Jésus dit qu’il est « la résurrection et la vie »(Jean 11v25).
Du souffle, il en fallu au Seigneur, pour pousser un grand cri à la croix, avant d’expirer (Marc 15) : comment a-t-il eu ce souffle pour pousser un tel cri, quand on connaît la façon dont on meurt sur une croix ?
Du souffle (divin), il en faut pour courir la course (de fond, celle d’un marathonien)de la foi.

 

Girl blowing bubbles par Petr Kratochvil

Girl blowing bubbles par Petr Kratochvil

Il faut enfin du souffle, pour être la bonne odeur de Christ, une odeur de vie donnant la vie (2 Cor.2v14-16)

 
Du souffle, enfin, il en a fallu pour animer des corps qui, autrement, n’auraient eu qu’une apparence de vie, selon Ezéchiel 37v1-9 : « Et je vis, et voici, il vint sur eux des nerfs et de la chair, et de la peau les recouvrit par-dessus; mais il n’y avait pas de souffle en eux. Et il me dit: Prophétise au souffle, prophétise, fils d’homme, et dis au souffle: Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel: Esprit, viens des quatre vents, et souffle sur ces tués, et qu’ils vivent. »

Le fait de nous entretenir sur le  souffle ne doit pas nous limiter à un nouveau billet pour ce blogue ou au stade d’une simple ou seule réflexion théorique. En effet,  il nous arrive normalement à tous de soupirer après un « second souffle » ou un « nouveau souffle ». Nous pouvons alors expérimenter que Dieu « souffle » de façon pratique sur notre âme et sur le quotidien de nos vies personnelles et de nos actions, tel un souffle qui vient de l’intérieur et qui souffle vers l’extérieur : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va: il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (Jean 3v8)

 
S’attendre à Lui avec foi nous permet d’expérimenter Proverbes 25v13 : « La fraîcheur de la neige au temps de la moisson, tel est le messager fidèle pour ceux qui l’envoient: il restaure l’âme de son maître. »
La neige avait surpris, à cette époque de l’année. Cependant, sa fraîcheur est une bénédiction en un temps de labeur. De même aussi, le souffle de Dieu, qui donne vie(parfois de façon inattendue) à ce que nous faisons pour Lui, et à tout ce qui se construit pour Lui.
Dieu est vivant, Dieu est bon et donne de bonnes choses à Ses enfants. Dieu répond à nos soupirs, en Son temps, mais Son temps est toujours convenable.