Deux façons de demander : « savoir » ou « obtenir »

Demandons-nous pour « savoir » ou pour « obtenir » ?

En latin, il existe deux verbes pour « demander » : l’un sert à « demander pour savoir », l’autre à « demander pour obtenir ».

De là, un monde divisé (polarisé ?) en deux catégories, selon l’usage qui est fait du verbe « demander » : les uns prétendent « vouloir savoir la vérité », alors qu’ils ne cherchent, en réalité, qu’à obtenir une confirmation de ce qu’ils croient déjà savoir. Les autres utilisent le verbe de la curiosité de ceux qui veulent vraiment savoir (ou s’informer de) la vérité. Les premiers n’en ont pas besoin(1).

En guise d’illustration de cette polarisation, « la fin de la neutralité du Net [en 2018], aux Etats-Unis, n’en finit pas de dérouler ses conséquences inquiétantes pour la démocratie », analyse l’historien Sébastien Fath dans une note de blogue. « En un mot », explique-t-il, « les internautes américains restent désormais dans leur bulle de confort »(2). Et en clair, « à chacun sa vérité » sur Internet, d’autant plus que, comme le rappelle l’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004), cité par ce numéro de « Sciences Humaines », les réseaux @sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent. Et à l’ère des réseaux @sociaux, tous croient posséder leur propre vérité et cherchent, non pas tant des médias « d’information » que des médias « de confirmation ».

« En Europe », souligne Sébastien Fath, « un internaute musulman et un internaute catholique qui effectuent la même recherche Google trouveront (en gros) les même résultats. Aux Etats-Unis, la liste donnée par Google sera différente. Aux Etats-Unis, Internet fournit désormais aux consommateurs ce qu’ils aiment (ou ce qui rentre dans le périmètre de leur abonnement). Et élimine les voix différentes, discordantes, critiques. D’où cette polarisation qui marque la société états-unienne, dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences. Pain béni pour les complotistes et manipulateurs ! »(2)

« Piqué » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/12/18)

Or, « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible », comme le relève Jean-Luc Martin-Lagardette, journaliste et essayiste dans « Décryptez l’information », (Dangles éditions, 2014, pp 15-16). Et nous réduisons trop souvent l’information à la seule expression d’une vision sur l’actualité, survalorisant l’opinion, le « coup de gueule », « l’édito » ou le commentaire(3).

Sur ce point, le chrétien est censé être plus armé que les autres : il croit normalement en la vérité absolue ou qu’il existe une vérité (à savoir que Jésus-Christ est la Vérité, que la Parole de Dieu est la vérité et que le Saint-Esprit est l’Esprit de vérité) et sa vie est cohérente avec une telle attestation. Il ne prétend pas posséder la vérité à lui tout seul, mais il cherche et aime la vérité.

A l’inverse, celui qui estime que la vérité n’est pas atteignable, a renoncé à la chercher. Il ne lui reste alors plus que son honnêteté (ou sa mauvaise foi) par rapport à ses croyances (ce à quoi il tient) ou ses convictions (ce qui le porte) et non plus par rapport à la réalité.

Sauf qu’en « matière de consommation religieuse d’internet », il existe une « étude de la revue du MIT, parue fin août dernier », laquelle « détaille la vulnérabilité du public évangélique américain » à certaines « théories complotistes », comme le souligne encore Sébastien Fath.(2)

De manière générale, l’esprit du conspirationnisme s’est-il infiltré de façon virale dans le christianisme actuel ?

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Jérôme Prekel, dans un article publié sur son blogue « Le Sarment », rappelle que « l’apôtre Paul décrit un contexte semblable dans une de ses lettres aux Thessaloniciens, dans laquelle il décrit une situation future de la grande scène du monde » : il y est question de « la place centrale du mensonge et la vérité dans une société en proie à la confusion spirituelle ».

«…L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,… afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» (2 Thess. 2/9 à 12)

Pourquoi Dieu envoie-t-il une puissance d’égarement ?

Nous avons besoin d’une réponse à cette question. En effet, la plupart des chrétiens prient pour que Dieu améliore la situation du monde, et c’est tout-à-fait juste, sous un certain angle : nous prions pour les autorités, pour les gouvernements, mais il semble ici que cette prophétie intègre un interventionnisme divin négatif : alors que la situation est catastrophique, Dieu accentue le problème.

Il faut noter cependant que Dieu ne déclenche pas un phénomène d’incrédulité mais il l’entérine, ce qui a pour effet d’accélérer un processus de confusion qui semble être parvenu à un point de non-retour, à savoir une société qui se livre graduellement au mensonge, jusqu’à un stade irréversible.

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge» (….), c’est-à-dire dans une forme d’existence, de fonctionnement et de progrès, sans Dieu. C’est en quelque sorte l’aboutissement de l’errance loin de la vérité, qui a commencé le jour où le premier couple a fait son premier pas en dehors du jardin d’Eden. Et cette errance ne peut engendrer à terme que le chaos, si les appels à revenir au Créateur ne sont pas entendus.»(4) 

Et « quand nous ne savons plus écouter comme écoutent les disciples (cf Jean 8v31), et quand nous n’avons plus les oreilles pour entendre « ce que l’Esprit dit aux Eglises », ou ce qu’il a déjà dit, et que nous persistons néanmoins à chercher des paroles auprès d’ « une foule de docteurs » ou « de prophètes » qui nous diront ce que nous souhaitons entendre, alors Dieu nous séduit par ces dispositions de nos cœurs qui sont comme des idoles : Ezéchiel prévient, au chapitre 14 de son livre, v1-11, que Dieu répondrait au peuple en séduisant le prophète qui se laisse séduire, lorsque le peuple demanderait une parole alors que son cœur sera rempli de ses propres idoles. Dieu dit qu’il lui répondra alors en fonction de ces mêmes idoles. Ainsi, si l’argent et la prospérité sont une obsession dans nos cœurs, nous recevrons des prophéties allant toujours dans ce sens, nous confortant dans nos attentes, parce que c’est ce que nous recherchons (5).

Il est possible « de renverser nos manières de penser » (ce qui s’appelle une « métanoia ») et d’abandonner le mensonge pour revenir à la vérité.

Ce n’est pas « impossible ». C’est « impossible » jusqu’au moment où cela se produit.

L’espérance est que « ce qui est impossible aux hommes est possible pour Dieu » (Luc 18v27), et que « tout est possible pour celui qui croit » (Marc 9v23).

Prétendre le contraire serait proclamer que Christ fléchit le genou devant un système, une culture, un caractère, des lobbies, des puissances, des idées…alors que le chrétien est celui qui confesse que Jésus-Christ seul est Seigneur.

C’est l’obéissance à la vérité « qui purifie nos âmes, pour pratiquer un amour fraternel sans hypocrisie », « d’un cœur pur, avec constance » (1 Pie 1v22).

« L’amour ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité » (1 Cor.13v6).

Ceux qui ont « appris le Christ, si du moins c’est bien de lui (qu’ils ont) entendu parler, si c’est lui qui (leur) a été enseigné, conformément à la vérité qui est en Jésus : renoncer à son existence passée, se dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses ; être renouvelés par la transformation spirituelle de son intelligence ; revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité ». Ainsi, les « born again » authentiques sont ceux qui, «  débarrassés du mensonge, disent la vérité chacun à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres ». (Eph.4v20-25)

 

Face aux bulles de confort et à la polarisation, l’Eglise, en tant que témoin fidèle, dans l’humilité et en vérité, se doit d’annoncer Christ au monde : Christ, « la vérité », qui a abattu les murs de séparation et de haine (Eph.2v14).

Soyons donc de ceux qui témoignent de « la bonne façon » de demander : « demander pour savoir » et non « pour obtenir ».

 

 

 

Notes :

(1)Comme je l’ai appris dans le dernier Erri de luca, ayant pour titre « Impossible ». Gallimard, 2020, p 63

(2) http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2020/10/26/evangeliques-americains-et-complotisme-sur-internet.html#more

(3) Pour rappel :

Une information, ou l’acte d’informer, est ce qui renseigne avec exactitude sur ce que l’on ignore et qui répond aux questions « qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi ». L’information n’est pas une opinion mais un élément de connaissance vérifiable, qui ne concerne pas que moi mais qui s’adresse/s’impose à tous.

Informer, ce n’est pas simplement balancer des « faits bruts » en se donnant bonne conscience (« au lecteur de se faire son opinion ») : c’est aussi et surtout donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Informer, c’est (toujours) choisir : de parler d’un fait et pas d’un autre ; de choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information.

Informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur [ou le pire, selon son objectif de départ]

Le rôle de celui qui informe devrait être de rassurer[ou d’inviter à prendre du recul], d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages ou d’ « infos »…

Il est aussi possible d’informer avec objectivité : L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge sans parti pris [le parti pris est « un péché », rappelle Jacq.2v1, 9]. Certes, il est difficile de l’être « à 100 % », mais celui qui prétend (s)informer sérieusement se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement) et prendre en compte la diversité des points de vue.

Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, l’objectivité de celui nous informe me paraît possible à condition de : vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées[ce qui implique de revaloriser le reportage], et donc de ne pas se contenter de rester derrière un écran à recycler des brèves ; privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; ne pas porter de jugement moral ou moralisant ; expliquer sa démarche (comment l’œuvre est construite) ;  préciser les limites et le cadre de l’enquête ; permettre au spectateur/lecteur de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit.

Un « bon média » est celui qui explique, invite au recul et nous engage à agir, comme à démonter les discours de la peur, plutôt que d’alimenter cette dernière à coup de reportages.

(4) https://lesarment.com/2017/02/lere-de-la-post-verite/

(5) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/05/01/quand-dieu-na-jamais-autant-parle-au-point-ou-lon-souhaiterait-presque-une-famine-de-sa-parole-pour-enfin-avoir-soif-de-lentendre-pour-de-vrai/

Agressions de Cologne : D’un certain traitement médiatique qui s’appelle « bâtonnage »

Quel devrait être le rôle des médias ? « De rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.

Puisque l’on en parle, la façon dont les médias ont traité « les agressions de Cologne » est, à cet égard, édifiant. En gros, comme le résume assez bien Basta mag, « la police de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne », avait enregistré mardi 5 janvier 2016 « quatre-vingt dix plaintes pour des faits de vols et d’agressions sexuelles, dont une plainte pour viol, perpétrés la nuit de la Saint-Sylvestre. Tous se sont produits sur une place centrale de la ville, entre la cathédrale et la gare. Cette masse d’agressions scandalise l’Allemagne ».

Parmi d’autres médias, Paul Ohlott, le principal animateur et « rédacteur » d’un blogue d’ « Actus chrétiennes », pensait-t-il avoir trouvé un sujet « en béton », bien polémique, propre à provoquer « la baston » ? Le 8 janvier, il publie ce billet intitulé : « Un millier de réfugiés syriens, « tout juste arrivés en Allemagne », ont agressé sexuellement des femmes… ».

Ledit « billet » est en réalité un simple copier-coller d’un article publié sur 20 minutes, dont le titre originel est tout autre : « VIDEO. Agressions sexuelles à Cologne: Des policiers allemands mettent en cause des réfugiés syriens ». Remarquons cette pratique utilisée par Paul Ohlott et que l’on appelle, en jargon du métier, du « bâtonnage » de dépêches. Il s’agit de « l’une des tâches les plus ingrates d’un journaliste », explique Alice Antheaume sur son blog « WIP(« Work In Progress ») : soit de réécrire une dépêche fournie par une agence (type AFP ou Reuters) « en la remaniant à la marge » et, au besoin, en rhabillant les titres…. « Le bâtonnage serait le symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, et, de surcroît, le chemin de croix des «forçats de l’info», ces soi-disant OS de l’Internet qui travaillent sur des sites de presse, des pure-players, mais aussi sur des plates-formes de contenus, comme Orange, Yahoo!News ou Dailymotion, ou pour des agences. On dit «bâtonner de la dépêche» ou «bâtonner» tout court. ».

En gros, « l’info » sur le sujet « d’actu » du jour tombe et « il faut la traiter le plus vite possible ». C’est à dire : copier-coller la dépêche, la toiletter un peu en changeant le titre, et « publier », espérant provoquer le buzz et la polémique. Valeur ajoutée ? Nulle. Or, pour l’essentiel, le contenu quotidien proposé par « Actus chrétiennes » relève justement plus du « bâtonnage » ou du recyclage d’articles provenant d’autres sites(le ton polémique en plus), que d’un véritable travail d’écriture ou d’enquête de terrain.  Le reste étant constitué de billets d’humeur ou « coup de gueule »(qui ne coûtent pas cher) rédigés par Paul Ohlott lui-même.

Mais le plus grave est ailleurs, car en publiant trop vite des affirmations non vérifiées sur le nombre et l’origine des agresseurs, et qui se sont avérées fausses(1), à l’instar d’un grand nombre de médias « non chrétiens », notre « rédacteur » tend le bâton pour se faire battre.

Ainsi, au milieu de plus de 150 commentaires, dont la plupart se passeraient de commentaires, l’internaute Tania réagit (9 janvier 2016 • 19 h 06 min ) : « Bon..ok ..Relisez bien votre titre en gras pour l’article… Ensuite regardez comment votre nez est en train de pousser comme Pinochio….. Euh..sans blague …it’s sure ?:  » Un millier de réfugiés »? .. ont agressé sexuellement. Est-il besoin d’écrire un mensonge (au sujet du millier ayant sexuellement agressé..) pour alourdir une réalité criminelle déjà sordide ? Avez-vous un objectif opportuniste (malsain) derrière ce shmilblick?….Un peu d’objectivité vous redonnerait de votre étoffe de vrai journaliste, pour l’instant vous nagez dans le compromis douteux ».

Mais lui, Rédaction, « voulant se justifier », répond (10 janvier 2016 • 0 h 20 min ) : « Le titre est juste. Il y a eu plus de 300 plaintes en une nuit ».

Ce à quoi réplique Tania (10 janvier 2016 • 7 h 46 min ) : « Le titre est faux : seulement un pourcentage de ces trois cents agressions (très important, certes) concerne des agressions sexuelles. Par ailleurs les informations disent bien qu’il y a un très grand nombres des criminels qui ont été identifiés comme étant des réfugiés syriens mais elles ne disent pas qu’il s’agit d’ « un millier » de réfugiés qui ont commis des viols sexuels sur 300 civils. Vous vous enfoncez comme d’habitude dans votre entêtement ….alors que vous avez clairement tort… » 

Plus exactement, comme nous en informent notamment La Croix, ou encore Basta mag, « selon la police de Cologne, dès 21 h le soir du 31 décembre, plusieurs centaines de personnes, en majorité des hommes, se trouvaient sur cette place du centre de la ville. En partie ivres, ils lançaient pétards et feux d’artifices – qui sont en vente libre et autorisés en Allemagne pour la Saint-Sylvestre. À 23 h, la foule regroupe un millier de fêtards et de badauds. La police est présente sur les lieux. Elle intervient même pour faire évacuer une partie de la place. Mais ce n’est qu’après qu’elle se rend compte des agressions dont ont été victimes, en majorité, des femmes. Les plaintes de femmes agressées, souvent pour des vols de portefeuilles et de portables, commencent à affluer. Dans un communiqué, la police déclare que « les suspects tentaient, par les attouchements, de détourner l’attention des femmes à qui ils étaient en train de voler des objets de valeurs ». Elle fait aussi état de témoignages selon lesquels les agresseurs auraient été d’« apparence nord-africaine ». L’élément a ensuite été repris sans précaution par un grand nombre de médias. Pourtant, mis à part ces suppositions basées sur leur apparence, la police n’a fourni aucun élément officiel sur les agresseurs ». Le mercredi 6 janvier, Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (État-région dans lequel se trouve Cologne) avait indiqué « que la police avait pour l’instant ciblé trois suspects. Aucun élément n’avait pour l’instant été fourni sur leur identité »(2). Mais, relève encore Basta, « depuis que la police a fait état de témoignages selon lesquels les auteurs seraient des hommes « d’apparence nord-africaine », c’est un flot de préjugés racistes qui a pris le relais de l’indignation sur le sort réservé aux femmes ce soir là à Cologne – et à leur quotidien dans l’espace public ».  »

Devant des élus locaux, le ministre de l’Intérieur régional a mis en garde contre une stigmatisation des étrangers : « Stigmatiser un groupe (de population) comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C’est ce que font les charognards de l’extrême droite, c’est leur seul argument ».

Prudence que n’a pas eu le « rédacteur » d’un blogue qui se fait pourtant fort d’offrir des « actus chrétiennes », comme le relève l’internaute Yves (10 janvier 2016 • 10 h 35 min ) : « 300 plaintes ne signifient pas un millier de coupables et un millier de coupables ne sont pas nécessairement un millier de « réfugiés syriens ». Vous aviez le choix d’un titre plus prudent et objectif, ne nous dites pas que ce n’est pas à dessein que vous avez choisi celui-là où je vois très bien votre intention dans la surenchère et l’incitation à la haine. C’est votre responsabilité entière d’en assumer maintenant les appels au pogroms contre les mosquées mais c’est aussi celle de vos lecteurs de vous dire le cas échéant leur dégoût pour un procédé journalistique indigne d’un chrétien et même d’un simple citoyen soucieux de vérité ». Et même d’aller voir ailleurs.

Effectivement. Comme dit l’adage journalistique, « informer, c’est choisir ». Et l’on choisit selon un but bien déterminé. Quel a été celui de « Rédaction » ? Chacun jugera, mais l’on serait en droit de se demander, à l’instar de Titi (8 janvier 2016 • 21 h 44 min ) « quel est le lien entre cet article et le christianisme ». Et de réclamer, si c’était possible : « svp que actu-chrétienne devienne actu-évangélique ». En clair : un site porteur de « bonnes nouvelles »(c’est le sens d’ « évangile ») ou de bonnes nouvelles édifiantes, plutôt que des unes à caractère raciste, racoleur et populiste « pour faire le buzz », ou des publi-reportages et autres divertissements people….(3)
Serait-ce « demain la veille » ? En attendant, en plus d’être bien peu fiable, Actu (vraiment ?) »chrétienne » paraît plutôt représentatif de ce que l’on peut appeler un site « involontairement pédagogique », vu que l’on peut y apprendre tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de déontologie de la presse. Il serait temps que les Evangéliques se montrent beaucoup plus exigeants en matière d’éthique et de déontologie de la presse, et décident de prendre à bras le corps cette problématique relative de ce que seraient des médias sérieux et indépendants, réhabilitant un véritable travail de journaliste. Lequel journaliste jouerait, non un rôle de simple « publiciste » ou d’un organe de presse qui dirait ce qu’il faut penser, mais un rôle de journaliste, soit d’information, d’explication et d’interrogation, à mille lieux d’analyses superficielles et catastrophistes, jouant sur le scandaleux et suscitant une indignation stérile.

 

Notes :

(1)Alors même que la police n’avait, au moment des faits, arrêté que trois suspects sur lesquels elle n’avait communiqué aucun élément officiel.

(2)  Selon La Croix, la presse locale à Cologne a parlé « d’une expédition menée par un groupe de gens cherchant à en découdre avec des étrangers à Cologne après les violences du Nouvel An. Le rapport du ministre est le premier du genre alors que la police locale de Cologne depuis une semaine s’est distinguée par une communication confuse et très parcimonieuse. De nombreuses zones d’ombre demeurent : comment les agressions ont-elles pu prendre une telle ampleur sans que la police n’intervienne alors qu’elle était à proximité ? Pourquoi a-t-elle attendu plusieurs jours avant d’en révéler l’ampleur ? Et les violences étaient-elles planifiées ? »

Voir aussi : http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/11/facebook-les-refugies-syriens-denoncent-les-agressions-cologne-262783

 (3) Si c’était encore « un accident » ! Mais à noter que le 7 décembre 2011, Actu « Chretienne » nous offrait de regarder « un reportage percutant réalisé par CBN News », affirmant qu’à Oslo « 100% des viols » auraient été « commis par des non-norvégiens »(soit « des immigrés » en Norvège). Une « info » à 100 % bidon, par ailleurs abondamment relayée par la plupart des sites d’extrême-droite. A l’époque, il était aussi question de tenter d’expliquer les causes d’une agression (ici l’attentat d’Oslo) par le biais de l’immigration. Une triste impression de déjà vu, à comparer avec http://www.lexpress.fr/actualite/politique/oslo-un-proche-de-le-pen-berne-par-une-fausse-info_1018082.html

 

 

 

 

 

« Insupportable portable »…quand on connaît les secrets de sa fabrication !

Il ne t'est pas encore insupportable, ton portable ?

Il ne t’est pas encore insupportable, ton portable ?

La vérité nous est livrée « cash » par le magazine éponyme de France 2, dans une émission de mardi 4 novembre consacrée aux dessous de l’industrie des portables, et découverte grâce à ce billet d' »Aliocha », journaliste-blogueuse.

Ou comment rappeler qu' »information » et « communication » n’est pas du tout la même chose.

Ou comment réactualiser le fameux « c’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe »….

Le reportage du magazine « Cash investigation », intitulé « Les secrets inavouables de nos téléphones portables », est à découvrir ici :

Ou là :

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-4-novembre-2014_730935.html

A voir et à partager, pour mieux lutter contre toutes « les utopies bidons », selon la formule du documentariste Pierre Carles, ou « promesse d’un (soit disant)monde meilleur où tous les services et les plaisirs seront à portée de main, sans effort, quasi-gratuitement. Un monde meilleur synonyme de sang et de larmes pour la majorité de la population mondiale… » Pour mieux lutter contre ces mirages et impostures, mais aussi proposer, en tant que chrétiens, des alternatives concrètes et solides.

« Informer » ou « communiquer » : La cause des ours polaires

« La communication se distingue d’abord de l’information au sens strict en ce qu’elle consiste d’abord à produire un effet sur l’autre. La seconde est liée à la première. »

On m’a signalé que je publiais peu de « blagues » ou d’ « histoires drôles ». Alors…

En 2100, la Terre privée d'ours polaires* Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04 L'Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !  "Les mecs… je l'sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !  — Non !  — Tu rigoles !  — Qu'est-ce qu'on fait ?  — Faut trouver quelque chose qui attire l'attention des gens…  — Quelque chose d'irrésistible !"  Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

En 2100, la Terre privée d’ours polaires*
Dessin de Kal**. Courrier international, 15/11/04 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans quelle mesure adaptons-nous notre discours(par exemple, lorsque nous annonçons l’évangile)pour le rendre « présentable », ou pour attirer l’attention sur une cause qui nous semble juste ?

 

Notes :

* L’ours polaire : un exemple d’animal parfaitement adapté à son environnement, mais qui peut aussi en être la victime. Il est en effet incapable de vivre dans d’autres conditions et toute modification de son écosystème représente une menace pour sa survie.

 
** En VF : (Sur les panneaux) L’Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !
« Les mecs… je l’sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l’attention des gens…
— Quelque chose d’irrésistible ! »
(Sur les nouveaux panneaux) Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

Pour être certain, face à la pression médiatique, il faut savoir(valablement)douter !

 

« Ne jugez pas selon l’apparence, mais jugez selon la justice » dit Jésus (Jean 7v24)

« Tu ne répandras point de faux bruit. Tu ne te joindras point au méchant pour faire un faux témoignage. Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice ». (Exode 23v1-2 et ss)

« L’Éternel descendit pour voir la ville…. » (Gen.11v5)

« Si tu entends dire au sujet de l’une des villes que t’a données pour demeure l’Éternel, ton Dieu : Des gens pervers sont sortis du milieu de toi, et ont séduit les habitants de leur ville en disant : Allons, et servons d’autres dieux ! des dieux que tu ne connais point, tu feras des recherches, tu examineras, tu interrogeras avec soin… » (Deut. 13v12-14)

 

Vous connaissez peut-être, ou vous avez peut-être lu, l’histoire des « Douze hommes en colère »(« Twelve Angry Men« ), pièce de théâtre(1953) de Reginald Rose(qui a été lui-même juré), adaptée au cinéma par Sidney Lumet(1957) : Douze jurés(des hommes, tous des blancs)statuent  sur le sort d’un accusé. Leur jugement devra être unanime pour être validé. Si l’accusé est déclaré coupable par le jury, il sera condamné à mort. Or, l’accusé est un jeune garçon(18 ans environ) d’origine latino-américaine. Enfermés dans une pièce,

11 "Coupable", et un seul "non coupable" ! Scène de "Douze hommes en colère" de Sidney Lumet (1957)

11 « Coupable », et un seul « non coupable » ! Scène de « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet (1957)

les jurés votent coupable, sauf un, le juré numéro huit. Non pas parce qu’il est convaincu de l’innocence de l’adolescent, mais parce qu’il a un « doute valable ». « Douze hommes en colère » n’est pas à proprement parler « un plaidoyer contre la peine de mort ». Mais il pose de bonnes questions : comment douze jurés tirés au sort, qui ne connaissent pas l’accusé, à qui l’on n’a donné qu’une vision souvent partielle des faits et qui n’ont pas directement assisté à la scène, peuvent-ils déclarer qu’un homme mérite la mort ? Comment peut-on être certain de la culpabilité ou même de l’innocence d’un homme ?

Douter, moi ?  Lee J. Cobb, le "juré numéro 3", dans une scène du film "Douze hommes en colère" de Sidney Lumet (1957)

Douter, moi ?
Lee J. Cobb, le « juré numéro 3 », dans une scène du film « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet (1957)

Peut-on condamner quelqu’un, en cas de « doute valable » ? Une pièce(et un excellent film) essentielle et toujours d’actualité.

Ce « droit au doute valable », le site « Debunkers »* choisit de l’exercer à propos d’une délicate et sordide affaire, relative à une institutrice de Joué les Tours, accusée dans une vidéo du collectif JRE de Farida Belghoul**, d’avoir incité des enfants de maternelle à pratiquer des attouchements sexuels. Puis à se faire des « bisous ». Le tout en présence de la classe et d’un autre adulte. La source est un article de la page facebook des JRE** 2014.

On pourra peut-être trouver à redire sur un certain manque de rigueur dans la forme et le ton employé par les Debunkers(A noter que je ne partage pas leur conception du « genre » : sur ce point, pas d’innovation de leur part par rapport aux médias « classiques »). Mais il me paraît intéressant de noter la démarche du site, qui titre prudemment de la sorte le billet suivant consacrée à cette affaire :

« Affaire possible*** de pédophilie à Joué les Tours, curieux comportement de la soralodieudosphère ».

« Farida Belghoul aurait été alertée par la « responsable locale des JRE »[qui dénonce l’enseignante dans une vidéo postée sur Youtube-retirée à la demande du rectorat d’Orléans-Tours] et se serait rendue sur place le 28 mars où elle aurait été reçue à 19h30 par la directrice de l’école. Une « centaine de mamans » étaient présentes.
Le premier article a été publié le 28 mars avant 22h30 (voir l’heure et la date du premier commentaire).
Puis à 2h du matin ce jour (dimanche 30 mars) dernière publication:
-un certificat médical établi au CHRU de Tours (Urgences pédiatriques (voir les éléments de la capture d’écran) établi le 28/03/2014:
et une main courante établie le 29/03/2014 à 19h20″.
[Note : documents consultables sur la page Facebook de la JRE 2014]
Comme souligné précédemment, l’affaire est délicate****, puisqu’elle implique de très jeunes enfants, premières victimes.  Cependant, il importe aussi de savoir exactement ce qui s’est passé. Et donc d’être capable 1)de ne pas se laisser submerger par l’émotion occasionnée par l’affaire, et surtout 2) de ne pas laisser son cerveau au placard. Ainsi, « les Debunkers tiennent à soulever quelques points qui leurs paraissent pour le moins curieux ».

Par exemple :

-Aucun site internet ne reprend l’affaire sauf l’extrême droite (…)
[ Note perso : la consigne donnée sur la page Facebook de JRE 2014 est celle-ci : « Les trolls vont se déchaîner. Ne leur répondez pas »,  alors qu’il est pourtant essentiel de prouver ce que l’on avance-surtout dans le cas d’une si grave accusation-et de rendre compte à qui le demande légitimement]
-Aucune photo, aucun point sur aucun forum malgré la présence d’une « centaine de mamans » présentes le vendredi soir. Pas de présence de policiers sur les lieux… a part un posteur qui signale leur présence discrète ce soir là…. Mais toujours pas de photos.
-AUCUN TEMOIN parmi la « centaine de mamans » n’est venu confirmer la relation de cette présence ce soir là sur les pages des JRE…
-La maman de la petit fille de l’histoire est « curieusement » absente.
-Il est invraisemblable qu’elle n’ait pas assisté à l’entretien avec la directrice, ni que les autres parents des enfants, témoins de la scène se soient manifestés. Alors que Farida Belghoul, parfaite étrangère à l’histoire ait été reçue en grande pompe comme un ministre.
-AUCUN tampon officiel sur les deux documents « officiels » présentés.
(…)
-Normalement un commissariat ne délivre pas la main courante, mais un récépissé, la main courante étant stockée dans un registre.
(…)
« Pour autant », relève Debunkers, « la liste de ces bizarreries n’en fait pas une manipulation à ce jour »(…)Pour tout étrange que semble cette affaire elle est parfaitement possible !
Cet article a été réalisé afin d’inciter à la prudence, plutôt que de relayer sans discernement cette accusation ou d' »appeler  au bûcher tous les responsables, les journalistes qui cachent l’affaire, etc… » 

Il est aussi pertinent de prendre du recul et de réfléchir quant aux méthodes employées par le collectif JRE**. D’autant plus, selon Debunkers, qu’il semble qu’en réalité l’accusation lancée par JRE** aille au-delà « d’une affaire de pédophilie possible », et sous-entende que l’accusée de cette histoire suivrait un programme scolaire(controversé, autour de la promotion du genre*****) et des consignes ministérielles…

Quoiqu’il en soit, que cette histoire soit vraie ou fausse, il importe ne pas oublier les parents, les enfants et les enseignant de cette école[« qui jusqu’à preuve du contraire sont innocents »], les premières victimes.

A suivre, donc.

L’essentiel à lire ici, ici et .

 

 

 
Notes :

*Petit cousin du site « hoaxbuster », « Debunkers » a été créé voilà bientôt un an. Il est spécialisé dans les « hoaxs » en provenance de l’extrême droite.

** Collectif JRE ou « Journée pour le Retrait de l’Ecole », initiative lancée pour la première fois le 13 décembre 2013 par Farida Belghoul et qui invite les parents à garder leurs enfants à la maison, un jour par mois, pour obtenir « l’interdiction de la théorie du genre dans tous les établissements scolaires« . Les premières JRE ont eu lieu en  janvier 2014, avec un succès assez significatif – notamment chez les parents musulmans, comme l’avait relevé à l’époque le journaliste Patrice de Plunkett. D’autres JRE ont été organisées, notamment le 10 février et le 31 mars.

Sinon, Farida Belghoul, est ancienne porte-parole de « Convergence », la seconde marche des Beurs organisée en 1984. L’essayiste d’extrême-droite et « antisioniste » Alain Soral, dont elle s’est récemment rapprochée, diffuse ses vidéos via la chaîne Dailymotion de son association « Egalité et réconciliation ». Voir : http://www.france24.com/fr/20140130-theorie-genre-fadira-belghoul-anti-racisme-conspirationnisme-soral-dieudonne/ ; http://www.lepoint.fr/societe/theorie-du-genre-farida-belghoul-histoire-d-une-derive-30-01-2014-1786236_23.php

 

*** C’est nous qui soulignons ainsi.

**** Plusieurs liens sur l’affaire sont à consulter :

http://education.blog.lemonde.fr/2014/03/30/la-journee-de-retrait-de-lecole-accuse-publiquement-une-enseignante-de-maternelle/

http://www.bfmtv.com/societe/joue-les-tours-un-collectif-controverse-accuse-une-institutrice-dattouchements-744583.html

http://www.20minutes.fr/societe/1338585-un-collectif-contre-la-theorie-du-genre-met-en-cause-une-institutrice

http://tours.mediaslibres.org/rumeur-a-l-ecole-maternelle-de.html

http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2014/04/01/Les-accusations-de-JRE-provoquent-un-tolle-general-1854127

http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2014/04/02/Theorie-du-genre-le-tract-qui-embarrasse-le-maire-de-Joue-les-Tours-1854978

 

**** Autour du « genre » semble se dessiner une forme de « bataille sémantique » : certains politiques veulent promouvoir « l’identité de genre », des citoyens pourfendent ce qu’ils appellent la « théorie du genre »(« qui n’existe pas », répètent en boucle les médias)alors qu’à l’université, les « études de genre » prennent du galon. D’autre part, les actions(malheureusement très médiatisées et aux méthodes contestables)de mouvements proches de l’extrême-droite, en plus de contribuer à la confusion et à l’amalgame, ne me paraissent pas aider à la crédibilité de toute mise en garde(avec un meilleur esprit et de meilleures méthodes que la rumeur ou la calomnie) contre le genre.

Pour y voir plus clair, voici plusieurs excellents dossiers :

Un dossier spécial de huit pages de La Croix publié le mardi 12 novembre 2013 (avec notamment : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Comprendre-les-enjeux-du-genre-2013-12-09-1073290 : Que recouvre vraiment ce concept ? Pourquoi provoque-t-il tant de malentendus ? Et quelles sont, au final, les évolutions réellement à l’œuvre ? Les réponses sont d’autant plus cruciales que derrière le « genre » se profile un combat politique opposant deux visions du monde. Et un décryptage de « l’ABCD de l’égalité ».)

– Théorie(s), études de genre, quelle attitude évangélique ? L’actualité est chaude sur le sujet, la levée de bouclier de plusieurs ayant réussi à faire reculer le gouvernement sur son projet récent d’ABCD de l’égalité. Mais quel est-il ce projet exactement et y a-t-il, au fond, des raisons de s’inquiéter ? Et sans doute le plus important : quelle attitude évangélique adopter – au sens de fondée dans l’Évangile – dans cette querelle du genre ? Etat des lieux avec le pasteur Luc Olekhnovitch dans « Connexions », le magazine du Cnef.

 

La théorie du genre : Un enjeu majeur de société. De quoi s’agit-il ? Par le CPDH

La théorie du genre pour les nuls.
Face aux raccourcis et aux simplifications engendrés par la polémique médiatique, le philosophe Thibaud Collin décrypte les véritables enjeux de la théorie du genre

Et sans oublier :  http://www.arretsurimages.net/breves/2014-02-13/Quand-l-UMP-voulait-parler-de-genre-a-la-maternelle-id16918
Où l’on découvre, via « Arrêt sur image », que le parti de droite voulait lui-même déconstruire les stéréotypes entre femmes et hommes dans son programme en 2011, et employait même le terme de… « genre », comme l’a signalé un twittos, repris par plusieurs sites, ici, ici ou ici.

« Foireux liens »

Qui ne connaît pas la foire aux liens* ?
Ou le top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement les plus amusants/insolites) sites internet de la semaine ou du mois ?

Exercice presque obligé (mais on n’est pas obligé) de tout blogueur qui se respecte, il a l’avantage d’exhumer ici ou là une pépite au milieu des scories.

Mais sur quels critères faire la promotion de tel ou tel site ? Car qu’est-ce que « les meilleurs sites » ? Les « plus intéressants » ou « dignes d’intérêt » ? Par rapport à quoi ?
« Pertinence ou popularité ? »  SVP, que choisir ? Là est la question…

…. et « question » liens, voici la petite sélection de Pep’s Café !
Essentiellement des sites d’informations(avec des blogues chrétiens) qui nous paraissent remarquables pour les raisons que chacun discernera sans doute :

1) Le Gorafi : « depuis 1826, toute l’information de sources contradictoires »**, lit-on en sous-titre.
Le Gorafi est né sur Twitter en février 2012, pendant la campagne présidentielle. Il apparaît sous la forme d’un blogue en mai avant un sérieux relookage en septembre de la même année.

« Au hasard », par exemple :

http://www.legorafi.fr/2013/03/20/toulouse-il-se-fait-abattre-de-46-balles-dans-le-corps-pour-avoir-demande-un-pain-au-chocolat/ ***

http://www.legorafi.fr/2013/10/15/lutte-contre-le-fn-francois-hollande-pourrait-creer-la-surprise-en-proposant-dappliquer-son-programme-electoral/

http://www.legorafi.fr/2013/10/01/pole-emploi-un-autre-bug-aurait-permis-a-des-demandeurs-demploi-de-trouver-du-travail/

http://www.legorafi.fr/2013/10/14/76-des-conseillers-dorientation-affirment-avoir-ete-eux-memes-mal-orientes/

http://www.legorafi.fr/2013/06/10/fort-boyard-un-candidat-oublie-dans-la-cellule-dune-epreuve-retrouve-7-ans-plus-tard/

http://www.legorafi.fr/2012/09/03/trop-souriant-dans-le-metro-il-finit-en-garde-a-vue/

http://www.legorafi.fr/2013/10/14/lump-accuse-la-gauche-de-se-servir-du-desastre-de-la-primaire-de-marseille-pour-masquer-lechec-de-brignoles/

Ce vrai site « d’infaux » **** parodie les sites d’ « infos », en diffusant des scoops bidons-limite racoleurs-avec l’air de ne pas y toucher : multiples rubriques, austère apparence, ton et titres informatifs qui plaisent à Google…Toute ressemblance avec de « véritables » médias en ligne(« pure player », webzines…)n’est pas forcément une pure coïncidence…d’autant plus que certaines « infaux » sont parfois jugées crédibles au point d’être reprises telles quelles par la presse traditionnelle*****.

Car malheur au lecteur ou même au journaliste trop pressé/paresseux/lisant en diagonale ou croyant avoir trouvé le scoop : il court le risque d’être pris au piège !

Pour écrire leurs articles, les journalistes du Gorafi se mettent « dans la tête d’un journaliste stupide qui ne comprend pas ce dont il parle et qui s’adresse à des gens stupides ». Avec une exigence d’écriture : « Il faut que ça ressemble à un article avec les codes que l’on retrouve dans la presse française. Tous les petits détails sur lesquels le spectateur va se focaliser. »

Ingénieux, mais il fallait y penser ! De nature à faire réfléchir à la « fabrique de l’information » et, surtout,  à la tendance à relayer tout et n’importe quoi.
Plus que satirique, il nous paraît d’ailleurs plutôt « ironique », puisque « La satire s’affiche comme une force d’opposition, un discours critique sur le pouvoir. L’ironie, elle, est un trompe-l’œil, dont le plaisir est de se faire passer pour vraie pendant un certain laps de temps. C’est une construction du discours qui, à la différence des autres formes de dissimulation (mensonge, hypocrisie, flatterie), ne vaut que si elle est démasquée. Mais encore faut-il qu’elle le soit, démasquée ».

Le Gorafi serait-il l’exemple même d’un « engagement par l’ironie », forçant les lecteurs à se positionner sur ce qu’ils entendent ?****** « Faire prendre conscience des paroles dites, apprendre à réécouter les discours établis, faire douter : par le décalage, l’ironie redonne du sens aux mots employés par les politiciens ». C’est par l’ironie que l’on « (teste) la capacité de révolte d’un auditoire. »
Car comme le dit si bien lui-même Le Gorafi, qui renvoie d’ailleurs à la responsabilité du lecteur : «C’est aux gens de faire un travail pour avoir du recul, pour vérifier leurs informations. »

2) Basta mag : « site d’information indépendant sur l’actualité sociale et environnementale. Constitué d’une équipe de journalistes et de militants associatifs, Basta ! contribue à donner une visibilité aux enjeux écologiques, aux actions citoyennes, aux revendications sociales, aux mouvements de solidarité et aux alternatives mises en œuvre. Le site est édité depuis décembre 2008 par l’association Alter-médias ».
Basta !, comme l’explique les auteurs, « est d’abord un appel(…) face (aux différentes crises)en Europe et dans le monde : crise économique, crise environnementale, crise de la démocratie, crise sociale,… un appel qui suscite une résistance. (…) qui doit se traduire par un engagement en faveur d’une autre société….. »
L’équipe de journalistes de Basta ! se veut « engagée », de convictions, consciente de (devoir) « jouer un rôle. Pas un rôle de simple relais ou de rigide organe de presse, sûr de sa vérité, mais un rôle d’information, d’explication et d’interrogation ».
Sont ainsi privilégiés la diversité des sources – expertises d’ONG, « lanceurs d’alerte », chercheurs et universitaires, élus, représentants syndicaux, acteurs des mouvements sociaux, collectifs citoyens, journalistes indépendants, militants associatifs, réseaux de partenaires dans les pays du Sud… –ainsi que l’enquête journalistique, les reportages sur le terrain et les témoignages« Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience (pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations…) et ne pas tomber dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile ».

« Au hasard », par exemple :
Des millions de réfugiés climatiques attendent un statut (15 juillet 2013)

Paradoxe : les êtres humains, dont les Français, n’ont jamais été aussi riches !(16 octobre 2013)
A Toulouse, un autre internet, solidaire et non-commercial, c’est possible ! (15 octobre 2013)
Délinquance : « Depuis dix ans, la frénésie sécuritaire est globalement inefficace » (7 octobre 2013)

Bref, un champ à occuper pour les protestants évangéliques. A ma connaissance, en dehors de « Réforme » et de « Christianisme aujourd’hui », pour la presse papier, et peut-être « Christnet », il n’existe rien d’équivalent(francophone, du moins) en ligne au Gorafi ou à Basta.
Deux sites chrétiens :

3)Ecbatane : « en chemin vers Ecbatane », soit « vers ton futur conjoint ou ta douce moitié… »

4)Génération Hillsong Nutella : Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est vraiment nécessaire.
Deux blogues chrétiens(nous nous suivons respectivement)très différents(Hillsong est évangélique, Ecbatane catholique), mais avec un point commun : leur mystère, leur originalité, leur fraicheur, leur humour, leur sympathie, la qualité de la forme alliée à la qualité de contenu et, surtout, surtout, surtout, leur générosité : tous deux ne « cherchent rien » de particulier-en tout cas, pas le « buzz » ou la polémique-à part partager ce qu’ils ont reçu. Soit l’essentiel : Christ et l’amour de Christ. Bref, des blogues généreux, tout simplement et qui allient la qualité du fond à la qualité de la forme-c’est suffisamment rare pour être signalé. Et c’est ce qui les rend édifiants et conformes à l’esprit « évangélique ».
« Au hasard », par exemple :

La tarte au citron vert meringué et les licornes******* pour Ecbatane,

Un petit schéma, et un test(« quel veilleur êtes-vous ? ») pour Génération Hillsong Nutella, dont l’explication du nom du blogue se découvre ici !

Et le dernier pour la route :

5) « 10 conseils pour payer son carburant moins cher »[super !*]

Par Seb Musset, bloggueur qui se présente comme quelqu’un qui « Filme, écrit, blogue. N’appartient à aucun parti, organisation politique ou site reprenant les textes des blogueurs sans les rémunérer. Ce blog est la continuité de (ses) livres, ou l’inverse, et n’existe qu’avec (notre) soutien et (nos) commentaires… »

 

 

Notes :
* « La foire aux liens », que nous avons gentiment parodiée dans le titre du présent billet en « foireux liens », est une rubrique de « Notre église point com », un édifiant blogue ressource chrétien(nous nous suivons respectivement) « pour étrangers et voyageurs » à fréquenter. Son fondateur et animateur principal aime les livres et le sous-titre de son blogue me parle : j’aurai aimé l’inventer !(Le sous-titre, pas le blogue).

Mais si nos liens ne sont pas « foireux », nos jeux de mots le sont…

** Deux indices sont soumis à la sagacité des lecteurs dans cette présentation : sauriez-vous les retrouver ? A propos du Gorafi, lire « about » ce site.

*** Un article 1)qui a été tellement pris au sérieux que certains médias se sont faits l’écho d’une montée irrépressible de la délinquance dans la ville rose…et 2)qui a tellement circulé que le site serait passé à 984 000 visiteurs uniques en mars, selon les chiffres Google Analytics. Depuis sa publication le 20 mars 2013, l ‘article en question compterait à lui seul 824 000 pages vues. (http://www.telerama.fr/medias/le-gorafi-site-d-info-potache-parfois-pris-au-s-rieux,96091.php)

**** Une expression piquée à Rue 89.

***** Exemples :  http://www.lesinrocks.com/2013/06/11/actualite/le-gorafi-le-faux-site-dinfo-qui-cartonne-11400828/ ; http://www.20minutes.fr/medias/1104741-sites-parodiques-comme-garofi-sont-ils-si-inoffensifs ; http://www.telerama.fr/medias/le-gorafi-site-d-info-potache-parfois-pris-au-s-rieux,96091.php

****** Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/10/04/inculture-au-poing-le-dico-de-peps-cafe/ (Entrée « ironie »)

******* Les licornes, ça existe ! Nous y croyons aussi sur Pep’s Café ! puisque nous en avons rencontrée au moins une ! 😉

« (In)culture au poing ! » Le dico de PEP’S CAFE !

Flaubert avait son dictionnaire des idées reçues.
Pep’s café ! vous propose son propre dictionnaire : des idées reçues ou pas reçues, sans prétention aucune à l’exhaustivité ou à l’exclusivité. Une façon de revisiter une certaine actualité, ainsi que certains thèmes abordés sur ce blogue.
N’hésitez pas à vous prêter à ce petit jeu (littéraire et intellectuel) et nous proposer vos propres définitions !

Adhérence : coller à. Pour le meilleur et pour le pire.

Amalgame (voir inculture) : Confusion, écran de fumée.
Exemple 1 : Gitans, Rroms, Tsiganes, Gens du voyage : « Quand ils jouent du violon, ce sont de gentils Tsiganes. Quand ils font du jazz, ce sont des Manouches. Dans les films de Kusturica, c’est des Gitans. Quand ils mendient dans le métro, c’est des Roumains. Quand ils habitent dans une caravane, c’est des gens du voyage. Quand ils habitent dans des bidonvilles, c’est des Rroms. Quand ils habitent dans une maison, c’est des « Tsiganes sédentarisés ». Quand ils sont très pauvres, c’est des voleurs. Quand ils ont de belles voitures, c’est aussi des voleurs ».
Exemple 2 : Diaconesse de Reuilly : elle porte une robe. Elle est forcément « bonne sœur ».

Art : mot magique, prétexte, justification (voir débat)

Autre(l’) : Point de vue.  Prochain.

Bible : N’a pas été donné pour augmenter nos connaissances mais pour inspirer notre conduite. S’y (re)plonger, plutôt que dans les programmes politiques.

Bouc émissaire : on en recherche encore aujourd’hui, parce que l’on a rejeté ou oublié Celui qui a été l’ultime bouc émissaire. Sa recherche a été rendue vaine par Celui qui a été l’ultime bouc émissaire. Voir Jésus-Christ. Jésus Christ crucifié.

CDD : engagement moderne

Communiste : quelqu’un qui demande pourquoi les pauvres sont pauvres (voir saint)

Débat : mot magique, prétexte, justification (voir Art). Ne vise pas toujours l’accord. Lui préférer le dialogue et la discussion. A Pep’s café ! on aime tellement le débat qu’on lui a consacré une page et un billet :   ;

Champ de mission : toujours à l’étranger.

Chrétien(voir « en séjour ») : « petit Christ ». Injure, surnom dérisoire(donné par dérision) avant de devenir un titre de gloire.

Cœur : à garder plutôt qu’à suivre ou à écouter. Trompeur.

Convictions, opinions : ne pas y tenir. Tenir à la vérité. En changer si elles contredisent la vérité.

Culture biblique : dans l’église postmoderne d’aujourd’hui, on lui préfèrerait la culture du débat.

Culture du débat : c’est le « donnez-nous de la viande » moderne. Jugé urgent, prioritaire, pour l’Eglise.

Diagonale : marche du fou(voir lecture)

Dieu : au commencement, Dieu. Doit être replacé au centre de la prédication. Défenseur de la veuve, de l’orphelin, du pauvre et de l’étranger. Celui pour qui la fin ne justifie jamais les moyens.

Ecriture manuelle : en danger d’être perdue

En séjour (voir étranger) : chrétien sur Terre.

Etranger(voir en séjour) : aimé de Dieu. L’accueillir, c’est accueillir Christ. Chrétien sur Terre.

Etre humain : être humain, créé à l’image de Dieu (voir étrangers, Rroms…)

Etude biblique : sucres lents

Extrême-droite, Front national : mouvement ayant la prétention de répondre au prétendu « besoin d’un chef pour la France  » ; pour les uns, mouvement politique censé véhiculer « des idées de bon sens » ; pour un autre, « A l’heure actuelle, l’extrême-droite ne (représenterait) pas un danger en France », et « donc non, aucune raison de lutter contre ». Et, pour d’autres, c’est : non non et non !

Evangile : une évidence. Premièrement annoncé aux pauvres (Voir Grâce et paix, Jésus-Christ, Jésus-Christ crucifié). Ce dont on ne doit pas avoir honte.

Evident/évidence : De nos jours, plus rien ne semble l’être….(mariage, apprentissage manuel de l’écriture…)semble-t-il….

Facebook : peut-être le plus stupéfiant hold up de l’histoire

Généraliser : stigmatiser(voir amalgame, inculture)

Grâce(voir évangile) : révèle la colère de Dieu contre l’impiété et toute marche sans loi, sans frein.

Hérétique : celui qui sépare, divise, oppose(par exemple, le spirituel du matériel)

Humour : difficile à manier. Rare, donc difficile à trouver. Donc précieux.
: détachement de soi. Savoir rire de soi.(à ne pas confondre avec ricanement)

Inculture : au poing. Snobisme. Voir amalgame.

Informer(ou s’informer) : c’est choisir. Entre la pertinence et la popularité.
: Renseigner sur ce que l’on ignore.
: Aujourd’hui, conforter l’autre dans son ignorance. Donner de l’attendu.

Ironie : trompe-l’œil dont le plaisir est de se faire passer pour vraie un certain temps. Ce qui redonne du sens aux mots employés par les politiciens. Ce qui permet de tester la capacité de révolte d’un auditoire. Préférer l’ironie à la diatribe et au ricanement.

« Iste » : étiquette(voir stigmatiser, généraliser).

Intellectuel : Gros mot. Celui qui entre dans une bibliothèque même quand il ne pleut pas.

Interprète de la Bible : le plus mauvais interprète est celui qui reste persuadé qu’il ne l’interprète pas.

Jésus-Christ (voir Jésus-Christ crucifié) : pas nos bannières ou nos croisades.

Jésus-Christ crucifié(voir Jésus-Christ)  : scandale et folie pour les uns, « puissance et sagesse de Dieu » pour d’autres.

Journaliste : celui qui ne lit pas(ou ne donne pas à lire) en diagonale. Celui qui explique « qu’un qu’un tract raciste dans une boîte aux lettres propre, c’est plus grave qu’un graffiti sur un mur sale ».

Laisser-faire : crédo économique. Loi du renard dans le poulailler.

Lecture(moderne) :  souvent en diagonale

Livre : révolution technologique sans précédent

Paix(voir évangile) : quelque chose de bon et de durable. A ne pas confondre avec la tranquillité.

Pauvre : souvent « mal fichu » ou en mauvaise santé.
: l’outrager, c’est outrager celui qui l’a fait.

Périphérique : « ce qui est autour » ; ce qui nous passionne plus que l’évangile. Proposer plutôt d’aller « de l’autre côté du périph’ ».

Prier : écouter

Prochain : pour certains, le « lointain »

Racisme : « réalisme », « bon sens », pour certains(voir Extrême droite).

Roi : Celui qui ouvre sa bouche pour le muet.

Ricanement : « humour » au service des forts et des dominants. Se moquer des autres. Particulièrement des faibles(les pauvres, les chômeurs, les précaires), de ceux qui sont différents(les étrangers…). Abusivement confondu avec humour ou ironie.

Riche : Quelqu’un qui a beaucoup d’amis. Mieux vaut l’être et bien portant. (Voir pauvre)

Rroms : également appelés tantôt gitans, tantôt tsiganes, tantôt gens du voyage… Sur les routes, ils sont les seuls à avoir tant de panneaux indicateurs à leur usage.
Cible peu émouvante, au regard de certains….(voir amalgame)

Saint : quelqu’un qui donne à manger aux pauvres(voir communiste)

Se faire tout seul : facile pour celui qui a des griffes, des ailes et des serres.

Stigmatiser : marquer, piquer. Voir généraliser.

Témoin : fidèle. Rendre compte exactement et fidèlement ce que l’on a vu et vêcu. A ses risques et périls. Toujours lumineux.
: aujourd’hui, il serait « tendance » de parler et faire parler sur ce que l’on n’a ni vu, ni vécu, ni su(voir inculture).

Tomate : aujourd’hui, Diogène serait à la recherche d’une tomate, d’une vraie.

Travail du dimanche : lobby

Verre d’eau : simple comme. A donner en Son nom. L’évangile en bleu de travail.

Vrai, honorable, juste, pur, aimable(ce qui est), ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange : que ce soit l’objet de nos pensées.
(Mais alors, de quoi allons-nous parler ?)

« Un bon journaliste ne lit pas (et ne nous donne pas à lire) « en diagonale »

Ou comment être « involontairement pédagogique »….

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/white-fence-and-green-grass.jpg Lire en diagonale, une solution de facilité qui mène dans l'impasse !

Lire en diagonale, une solution de facilité qui mène dans l’impasse ! (source image : public domain pictures)

Journaliste est un métier exigeant, assorti d’une très grande responsabilité.
Qu’attendre d’un journaliste (1) ? Tout d’abord-cela paraît tellement évident – qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information.
Ensuite, expliquer, décrypter, donner à comprendre et engager à l’action…avec « l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser »(2) ou « Réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien. »(3)

Une telle exigence est-elle facile à satisfaire ? Où la trouver ? Comment l’atteindre ?
Dans le but de répondre à ces questions, intéressons-nous à ce qui semble être « le plus simple » à satisfaire : « informer », « restituer correctement une information », et propulsons-nous sur un site d’actualités ou d’informations pour comprendre comment retranscrire l’information.

Le site d’« actualités chrétiennes », par exemple, créé par Paul Ohlott, ancien contributeur du Topchrétien. Selon Frédéric Dejean, géographe des religions, il s’agit « moins le résultat d’un travail d’écriture de la part de son auteur qu’un patchwork composé de billets venants de divers sites. Il arrive néanmoins que Paul Ohlott rédige des billets d’humeur sur un sujet d’actualité », comme celui-ci(publié le 3 septembre) à propos d’un autre article « Jésus était-il un homme heureux ? » (4) de Christine Pedotti(rédactrice en chef de Témoignage Chrétien)…
Cet article rédigé par Paul Ohlott sur ce sujet est « un billet d’humeur » ou un « coup de gueule ». Soit « un article d’opinion, souvent court et généralement en première page dans la presse, qui présente de façon sarcastique ou humoristique un événement ou un sujet d’intérêt général susceptible d’attirer l’attention du lecteur, d’apporter un sujet de réflexion. L’auteur du billet prend parti. Habituellement, la chute de l’article est particulièrement soignée, constituant en quelque sorte la morale de l’histoire. »
Ce « détail »(le genre journalistique utilisé pour le traitement de l’article de C. Pedotti) a son importance. Et il est par ailleurs intéressant d’étudier la place que consacre le responsable d' »actualités chrétiennes » au billet d’humeur sur son site, ce qui est de nature à nous renseigner sur ses buts précis et sur la cible(le public)qu’il vise.

Que fait exactement le rédacteur dans ce billet d’humeur ?
Pour le savoir, un exercice tout simple consiste à relever les éléments « informatifs »(sachant qu’une information peut être définie comme étant une réponse aux questions « qui », « quoi », « où », « quand » et éventuellement « comment » et « pourquoi », qui relèvent de l’explicatif )et les éléments de commentaires, présents à la fois et dans le titre et dans le billet d’humeur, afin d’apprendre à dissocier le factuel de l’interprétatif.
Ensuite, il s’agit de comparer l’importance de chacun de ces éléments pour déterminer ce qui est prédominant dans l’article (l’information ou le commentaire ?) et par-là même pour comprendre les intentions de l’auteur de l’article.

L’examen du titre a son importance.
Celui que nous étudions s’intitule : « La mission du Christ a été « un échec retentissant »… selon Témoignage Chrétien. » Il nous donne d’entrée une idée du sujet et surtout de la façon dont l’auteur va parler du sujet. Plus exactement, il révèle ce qui semble essentiel de comprendre ou de savoir pour l’auteur.
La difficulté est d’être capable de dépasser le titre, qui pourrait nous suffire (telle une « brève »), et d’aller plus loin.
Le titre est constituée d’une phrase à l’affirmative et non à l’interrogative. L’affirmation affichée dès le titre semble confirmée par la suite du billet, qui débute ainsi : « En s’intéressant à l’humanité du Christ et en cherchant à savoir si « Jésus était un homme heureux », Christine Pedotti tient des propos pour le moins étrange, dans un média « chrétien » ».

Normalement, un « bon article »(même s’il s’agit d’un billet d’humeur, qui n’exclut pas l’argumentation) devrait avoir la progression suivante, dans cet ordre :
Raconter, soit donner les informations de base en répondant aux questions : « Qui, Quoi, Où , Quand » ;
Expliquer, soit donner des informations complémentaires : « Pourquoi, Comment » ;
Préciser, soit donner des Infos supplémentaires : « Et avant, Et après » ;
Enfin, Commenter (l’Interprétatif) : « Et alors ».

Dans le billet d’humeur de Paul Ohlott, quel est l’ordre et la progression de ces différents éléments ? A quel moment apparaît « l’interprétatif » ?
On rappellera également, d’une manière générale, que tout auteur (le rédacteur), comme tout lecteur, d’un article filtrent l’information en fonction de son  idéologie.

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/black-wild-cat-taking-a-nap.jpg Vous regardez attentivement ce chat noir : vous pensez à quoi ?

Vous regardez attentivement ce chat noir : vous pensez à quoi ? (source image : public domain pictures)

Ainsi, le fait que le rédacteur d’ »actualités chrétiennes » ne semble pas apprécier « Témoignage Chrétien »(5) a-t-il une incidence sur le contenu du billet ?

Ces principes étant posés, la lecture commentée que fait Paul Ohlott de l’article de Christine Pedotti  est-elle au moins fidèle dans le fond et l’esprit avec le contenu « analysé » ?

Le problème vient de ce que notre lecture est orientée dès le départ, par un titre faisant à la fois « la question et la réponse », et par un billet, qui nous donne à lire, dès le début(en copie d’écran), le seul premier paragraphe de l’article de Mme Pedotti, comme pour appuyer l’affirmation posée dans le titre.
Or (et c’est valable pour l’étude biblique, comme pour toute étude de textes), « un texte cité hors-contexte est un prétexte ».
L’article incriminé(4) fait partie d’un tout, soit d’un dossier sur le bonheur. Figurant dans la rubrique « religions », « commentaires spirituels », il ne saurait se prêter à une lecture rapide ou superficielle, au risque d’interprétation fausse et faussée.

De deux choses l’une :

– Le rédacteur n’a pas saisi le contenu de l’article, du fait d’une lecture « en diagonale », trop rapide. Il semble n’avoir retenu que le premier paragraphe de l’article, dont il nous donne une copie d’écran. Dans ce cas, il eut été préférable de simplement donner un lien vers l’article, sans commentaire, laissant aux lecteurs le soin de se faire leur propre opinion. Il eut été aussi préférable de s’abstenir de commenter un article dont on ne maîtrise pas le contenu.

Le rédacteur a parfaitement compris le propos de Christine Pedotti, mais dans ce cas, on comprend mal ce compte-rendu incomplet et tronqué,  hors-contexte, donnant une interprétation faussée du texte incriminé, de nature à « enduire d’erreur » le lecteur, faisant passer Mme Pedotti(et par ricochets TC) pour une «drôle/mauvaise/fausse chrétienne ». Plus grave encore, le rédacteur du billet d’humeur semble en profiter, au passage, pour régler ses comptes avec un journal qu’il méprise.

C’est peut être une coïncidence, mais on sent comme un air de « déjà vu » à la lecture de ce commentaire de Frédéric Dejean, géographe des religions déjà cité, qui déplorait, il y a presque un an(12 septembre 2012)que l’historien Patrick Cabanel ait pu être « très injustement pris à partie par le journaliste évangélique Paul Ohlott sur son site Actu-chretienne. Que ce dernier règle ses comptes avec ce qu’il appelle la « la vieille soupe religieuse luthéro-réformée », c’est son droit le plus strict, mais qu’il en vienne à offrir une interprétation erronée d’un travail de chercheur dans le but de servir une démonstration fallacieuse, c’est aller un peu loin ».

Un constat facilement ré-actualisable ici.

Bref, « qu’attendre d’un journaliste(1) ? Tout d’abord, qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information », disais-je plus haut. Cette exigence est-elle atteinte sur ce site « d’actualités chrétiennes », du moins, avec cet exemple ? Peut-on dire : a-t-on « même cela », sur « actualités chrétiennes » ?
Il semble en fin de compte que non. En réalité, Paul Ohlott « ne nous informe pas » (si l’on se base sur les critères posés plus haut), avec ce billet d’humeur, mais « affirme » les choses, ou prétend « confirmer ce que l’on sait(ou croit savoir) déjà ». D’ailleurs, il est permis de se demander si le genre journalistique choisi(le billet d’humeur) convient pour traiter et donner à comprendre(en nous permettant de dépasser nos préjugés) une information contenue dans un article tel que celui de Mme Pedotti.

Concernant le « billet d’humeur », nous disions plus haut qu’« habituellement, la chute de l’article est particulièrement soignée, constituant en quelque sorte la morale de l’histoire ». Et ici, quelle est peut-être « la morale de l’histoire » ?
Que les ravages d’une lecture en diagonale ne sont plus à démontrer.
Et qu’il est possible d’être « involontairement pédagogique » en donnant l’exemple de ce qu’il ne faut (déontologiquement parlant) pas faire en journalisme.

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Heureusement, il est possible d’espérer un apport positif (avec quelques leçons de journalisme) de quelques rares commentaires (parmi 72 environ) :

Robert L. (4 septembre 2013 • 2 h 36 min) : « L’auteure du texte ne dit pas que la mission de Jésus a été un échec, mais qu’au moment précis où le Christ vit le supplice de la croix, il peut ressentir une forme d’échec. C’est bien plus qu’une nuance. N’a t il pas dit: « pourquoi m’as tu abandonné »? Mais pourquoi s’acharner sur TC? ») ;  Le même (4 septembre 2013 • 13 h 31 min) : « Mais relisez pourtant le texte. Plutôt que d’esquiver, répondez sur le fond. Le texte se place du point de vue du christ et ne juge pas de sa mission de manière générale« ).

Et surtout celui de l’internaute « Jean-pierre » (4 septembre 2013 • 13 h 45 min) :
« Bonjour,
Je vous proposerais une autre manière de voir le texte original qui a été écrit dans l’article de témoignagecrhetien.fr . Dans son intention de proposer une réflexion sur le bonheur l’auteur introduit le premier paragraphe avec 3 pistes de réponses:
-Jésus est Dieu; la question ne se pose pas
-Jésus est forcément heureux
-Jésus n’est pas heureux et sa mission est un échec; “on peut aussi considérer que…et que sa mission fut un échec”. Dans ce dernier point le ‘on’ ne semble pas indiquer une prise de position de la part de l’auteur.
Dans les paragraphes suivants l’auteur motive sa question en y apportant un certains contexte biblique: les béatitudes, la sensibilité de Jésus etc…
Puis l’auteur prend position et propose sa réponse, je cite:
‘Ce n’est donc pas dans la figure de l’impassibilité qu’il nous faut chercher un Jésus heureux.En revanche, il est clair qu’il est un homme unifié…Jésus, lui, semble toujours être en plein accord avec lui-même et libre’
Par là l’auteur suggère que le Jésus heureux vient de son accord parfait avec le Père:
‘C’est cet accord, cette unité de l’être que nous voyons en sa personne. Il est l’homme sauvé de la division, capable d’accor¬der sa volonté à celle de celui qu’il nomme « Père ».’
Pour finir, elle termine en disant: ‘ Il porte en lui, et pour nous, la promesse de cet accord intérieur. C’est en nous laissant unifier intérieurement que nous pourrons être vraiment, à son image, des cœurs simples, facteurs de paix et de justice. ’ Elle propose ici qu’en Jésus nous avons la promesse de la reconciliation et l’unité avec le Père.
En espérant que cela vous a aussi éclairer, que Dieu vous bénisse.
Fraternellement Jean-pierre
 
PS: Mon intention n’est pas de chercher à défendre l’auteur mais plutôt d’essayer de comprendre sa pensée ».

Précaution qui tend à révéler qu’il est toujours courageux et périlleux de « donner à comprendre », au risque d’être accusé de « prendre parti ».
Conclusion résumant parfaitement quelle devrait être la position de tout journaliste digne de ce nom. Bravo « Jean-Pierre » !

Question subsidiaire : combien d’internautes auront-ils fait l’effort de suivre cette démarche, dépassant « l’obstacle » du titre du billet d’humeur ?

 

Pour terminer, il est toujours utile de rappeler la charte d’éthique professionnelle des journalistes.

En contre-point, on lira avec profit cette « nouvelle charte de déontologie du journalisme », se voulant « plus exactement conforme à la réalité du journalisme dominant que les chartes, au demeurant respectables, que tant de journalistes ne parviennent pas à respecter ou à faire respecter ». Avec humour, par Philippe Boure, Docteur en Droit des Médias et des NTIC, chargé de cours en « communication et marketing européens » à l’IUT de Nice. Comme il le dit si bien lui-même : « nous nous proposons de présenter le métier de journaliste tel qu’il est réellement aujourd’hui, en dehors de tous les phantasmes qui entourent cette profession, au travers d’une « nouvelle charte déontologique du journalisme ».

Article 1  : Tout journaliste se doit, de respecter son employeur, ses principaux actionnaires, ainsi que les annonceurs publicitaires de son média.
Article 2 : Le droit de savoir trouve ses limites dans le devoir d’informer utilement, en fonction des intérêts propres à son média.
Article 3  : La diffamation est acceptée dès lors :
– qu’elle est source de profit supérieur aux coûts des dommages Intérêts reversés à la personne calomniée
– qu’elle s’inscrit dans la défense de son média, ou dans l’intérêt politique, économique de ce dernier.
Ces deux conditions sont alternatives l’une de l’autre.
Article 4  : Le traitement de l’information reçue doit toujours se faire en fonction des attentes publicitaires des médias.
Article 5  : Les opinions politiques personnelles ne doivent jamais apparaître dans l’écrit journalistique, sauf à servir les intérêts de son média.
Article 6 : Tout journaliste jouit d’une clause de droit économique qui lui permet de changer d’employeur dès lors qu’une proposition économiquement plus intéressante lui est faite. La clause de « bonne conscience » est quant à elle supprimée.
Article 7 : Le traitement médiatique d’une guerre doit toujours être effectuée :
– en fonction de l’opinion de la classe politique dominante
– en fonction de ce que le journaliste voit, en dehors de toute analyse posée et introspective du journaliste.
Article 8  : Les idées contraires aux idées communément admises sont à bannir du traitement médiatique, sauf si ces dernières sont sources de profits immédiats et importants pour le média employeur.
Article 9  : Le journaliste ne peut intervenir dans un autre média que le sien, sauf dans les cas où cet autre média appartiendrait au même groupe de communication ou que son intervention entraînerait des profits réels pour son employeur.
Article 10 : La critique du métier, du monde de la communication ou de ses confrères est à bannir en ce qu’elle porte atteinte à la liberté d’entreprendre des multinationales, à la liberté d’expression, ainsi qu’à l’image des médias.

 

 

Notes :

(1) Peut prétendre au titre de journaliste toute personne titulaire d’une carte de presse. Celle-ci est délivrée à toute personne qui en fait la demande et tirant plus de la moitié de ses revenus d’une activité réelle de presse(la pub ne comptant pas) : « S’il s’agit d’une première demande, il faut exercer la profession depuis trois mois au moins consécutifs, et tirer de cette activité le principal de ses ressources, c’est-à-dire, plus de 50 %. Naturellement, les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l’employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée. Pour un renouvellement, les conditions à remplir sont les mêmes, mais la régularité de l’activité s’apprécie sur les douze mois précédant la demande ».

(2) L‘ambition du « Tigre magazine », « publication indépendante, n’appartenant à aucun groupe de presse. L’indépendance éditoriale (étant) garantie par l’absence de publicité dans ses pages ». On peut y lire « de longs reportages d’écrivains, des articles géopolitiques, des pamphlets, des dessins de presse, des critiques de la consommation. Le tout émaillé de photos, de jeux typographiques, de citations littéraires, de fausses pubs, d’un roman-photo, d’un feuilleton en bande dessinée, d’une énigme, d’un almanach regorgeant de savoirs utiles et futiles, et d’une bonne dose d’ironie. »
A noter que l’un des deux fondateurs du mensuel, Raphaël Meltz, répète souvent qu’ « il n’est pas journaliste : d’une part parce qu’officiellement (il n’en a )pas le statut (pas de carte de presse), mais surtout parce (qu’il n’a) jamais eu le désir de l’être… »

(3) Citation à propos du même « Tigre magazine », piochée il y a quelques années sur internet et dont je ne retrouve plus la trace.

(4) Dossier bonheur. TC n° 3546 31 août 2013. Jésus était-il un homme heureux ? Par Christine Pedotti

POINT DE VUE – La question a de quoi surprendre. Cependant, y réfléchir, c’est prendre au sérieux ce que fut Jésus dans son destin humain et, à travers lui, considérer nos propres destins.
La question a de quoi surprendre. On est tenté de répondre que, si Jésus est Dieu, soit la question ne se pose pas, soit la réponse est évidente et il était heureux. On peut aussi considérer que l’homme fut nécessairement inquiet, que sa mission fut un échec retentissant, et qu’il est difficile de penser qu’un tel homme qui achève sa trajectoire supplicié sur une croix, abandonné des siens à l’issue d’un procès bâclé, puisse être qualifié d’« homme heureux ».
Cependant, réfléchir à la question, c’est prendre au sérieux ce que fut Jésus dans son destin humain et, à travers lui, considérer nos propres destins. Tout d’abord, ce qui frappe à la lecture des évangiles, c’est qu’il y est souvent question de bonheur, l’exclamation « Heureux… » revenant à de nombreuses reprises.
Si nous lisons les Béatitudes comme un programme de bonheur proposé par Jésus, il est aisé de vérifier que, selon les critères qu’il donne lui-même, Jésus est un homme heureux. Il a, d’une certaine façon, appliqué son programme : il a choisi d’être pauvre, il a fait partie de ceux qui sont affamés de justice, il a pleuré sur le malheur et l’injustice et, pour finir, il a été insulté, haï, persécuté à cause de l’Évan¬gile qu’il annonçait.
Cependant, le « bonheur » paradoxal de celui qui, certes, souffre mais demeure fidèle à lui-même et à sa propre exigence de vie, peut sans doute être lu à un autre niveau.
 
Les textes évangéliques ne nous montrent pas Jésus d’humeur égale, très loin de là. Il est troublé par la rencontre des autres. Il se laisse émouvoir ou, au contraire, est capable de colère. Il n’est pas un homme sage, au sens où il serait un homme qui maîtrise ses émotions. Point de stoïcisme en lui. Il pleure avec ses amies en deuil devant le tom¬beau de Lazare, et gageons qu’invité à des banquets et des festins, il savait être joyeux convive.
Ce n’est donc pas dans la figure de l’impassibilité qu’il nous faut chercher un Jésus heureux. En revanche, il est clair qu’il est un homme unifié. Contrairement à saint Paul qui explique qu’il fait le mal qu’il voudrait éviter, qu’il ne fait pas le bien qu’il voudrait faire, Jésus, lui, semble toujours être en plein accord avec lui-même et libre. Cet homme, tel que nous le montrent les textes, est, dit et fait d’un seul mouvement puissant et profond de l’être. Sans doute est-ce cette unité intérieure qui lui donnait cette autorité que les textes ne cessent de souligner.
 
Nous-mêmes, au-delà des ennuis et des chagrins ordinaires de nos existences, ne sommes-nous pas surtout malheureux de cette blessure intérieure qui nous laisse intimement divisés. Qui d’entre nous ne désire pas être capable d’accor¬der son être, sa parole et ses actes ? « Que votre oui soit oui », dit Jésus.
C’est cet accord, cette unité de l’être que nous voyons en sa personne. Il est l’homme sauvé de la division, capable d’accorder sa volonté à celle de celui qu’il nomme « Père ». Il porte en lui, et pour nous, la promesse de cet accord intérieur. C’est en nous laissant unifier intérieurement que nous pourrons être vraiment, à son image, des cœurs simples, facteurs de paix et de justice.

(5) Voir ce commentaire en réponse à ses lecteurs :

Rédaction – 3 septembre 2013 • 21 h 58 min« Ils[TC] ne doivent pas avoir beaucoup d’abonnés… mais ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. A force d’écrire vraiment n’importe quoi… Pas sûr que cet article suffise à attirer un nouveau lectorat »

 

« Couverture » ou « emballement médiatique » ? « Info » ou « buzz » ?

Je n’aime pas l’expression : « faisons le buzz ! » qui a tendance à remplacer ou à se substituer (voire à se confondre)avec l’action d’ « informer ».

Or, « Buzz »,

Près d'une mouche par Petr Kratochvil

Près d’une mouche par Petr Kratochvil

ou bourdonnement en anglais, « est une technique marketing consistant à faire beaucoup de bruit autour d’un produit afin d’en faire la promotion. Ce genre de technique marketing est facilitée sur Internet, où le bouche à oreille peut parfois fonctionner de manière fulgurante (voire incontrôlée) ». http://dicoblog.canalblog.com/archives/2008/12/01/10873147.html

Un réflexe sain de journaliste consiste, face à n’importe quelle nouvelle, à se demander: «où est l’info?» Et « Pourquoi ça buzze ? »

Marie-Claude Ducas, journaliste, bloggueuse, et auteure, se questionnait ainsi, dans un billet pour son blog : « Quelle place feront les médias à Haïti dans un mois? »

C’était, à l’époque, le 22 janvier 2010.

Parlant du traitement médiatique, elle se demandait « quelle serait la prochaine manchette internationale, et, pour commencer, la première manchette tout court,  à détrôner Haïti ? Et pour ceux qui seraient portés à déplorer, pour cet état de choses, une récente escalade de la part des médias en cette ère d’information continue », elle suggérait de voir ou de revoir

Le traitement médiatique vu par Gotlib ou “le drame du Biafrogallistan”.

Source : Gotlib. « Désamorçage » In  La rubrique à brac tome 4, 1973, PP 64-65.

Doc 1

Doc 1

Doc 2

Doc 2

 

Doc 4

Doc 4

Doc 5

Doc 5

Doc 6

Doc 6

Doc 7

Doc 7

Doc 8

Doc 8

Doc 9

Doc 9

Doc 10

Doc 10

Doc 11

Doc 11

Doc 12

Doc 12

Doc 13

Doc 13

Doc 14

Doc 14

Doc 15

Doc 15

Doc 16

Doc 16

Doc 17 et fin

Doc 17 et fin

Enfin, l’histoire de « Marc L*** »  est devenu un cas d’école, surtout concernant l’histoire du buzz.
Le portrait « Google » peut se lire sur http://www.le-tigre.net/Marc-L.html ; l’analyse de l’auteur du portrait, revenant sur cette affaire : http://www.le-tigre.net/Marc-L-Genese-d-un-buzz-mediatique.html
L’analyse du buzz sur http://internetetopinion.wordpress.com/2009/03/02/le-tigre-marc-l-et-les-moutons/ et sur  http://www.nonfiction.fr/article-2377-marc_l_sur_internet_la_vie_reelle_ne_devient_pas_virtuelle.htm