L’action du mois : faire un jeûne selon Jésus

Aujourd’hui, à la suite de Jésus, nous comprenons que le jeûne consiste à s’abstenir pour un temps de nourriture et de boisson. Mais le jeûne selon Jésus est bien plus encore…
[Affiche du film « Super Size me » de Morgan Spurlock (2004)

« C’est ici pour vous une loi perpétuelle: au septième mois, le dixième jour du mois, vous rendrez humbles vos âmes…. » (Lévit.16v29)

Nous comprenons parfois le jeûne comme « une humiliation du corps ». Mais une expression intéressante donne tout son sens au jeûne : « Vous rendrez humbles vos âmes » (Lév.16v29). En effet, cette expression hébraïque est synonyme de « jeûner ». Ce qui signifie que la pratique du jeûne concerne avant tout notre être intérieur, dans le but de rendre humble notre âme. Nous comprenons ainsi mieux cette mise en garde de Jésus contre le risque de tomber dans la vaine gloire d’un jeûne ostentatoire : en clair, quand tu jeûnes, dit Jésus, ne montres pas que tu jeûnes ! (Matt.6v17) Oublier cela dénature le jeûne pour le réduire au rang de simple régime. Aujourd’hui, à la suite de Jésus, nous comprenons que le jeûne consiste, bien entendu, à s’abstenir pour un temps de nourriture et la boisson, mais aussi de certaines choses pas forcément mauvaises en soi. Mais le jeûne selon Jésus est bien plus encore :

Ainsi, jeûner, c’est aussi « jeûner du regard », pour prendre soin de notre âme, en évitant tout ce qui par le regard peut la polluer : publicités, films à la TV ou l’internet, jeux vidéo…. C’est aussi, à l’instar de Job, « faire un pacte avec ses yeux, pour ne pas fixer le regard sur une vierge » (Job 31v1 ; cf Matt.5v27-28). Souvenons-nous que notre « œil est la lampe du corps. Si notre œil est en bon état, tout notre corps sera éclairé » (Matt.6v22). Cultivons un regard bon et honnête. Apprenons à contempler la création de Dieu pour cultiver l’émerveillement et un cœur reconnaissant.

Jeûner, c’est aussi « le jeûne des oreilles » : fermer nos oreilles aux paroles calomnieuses, médisantes, mensongères ou aux ragots, pour les ouvrir à la Parole de vérité par laquelle le père nous sanctifie (Jean 17v17) mais aussi aux cris de celui qui souffre ou ploie sous un joug(Es.58).

Jeûner, c’est aussi « jeûner des lèvres » ou de paroles : certes, il s’agit de nous abstenir de murmurer, calomnier, médire, maudire…autant de propos propres à nous polluer et à polluer les autres. Apprenons plutôt à bénir, à dire le bien de Dieu sur les autres, et à privilégier ce qui contribue à l’édification de tous. Mais il s’agit aussi de moins parler pour mieux écouter : « Que ta bouche ne se précipite pas et que ton cœur ne se hâte pas de proférer une parole devant Dieu. Car Dieu est dans le ciel, et toi sur la terre. Donc, que tes paroles soient peu nombreuses ! Car de l’abondance des occupations vient le rêve et de l’abondance des paroles, les propos ineptes » (Eccl.5v1-2).

Le jeûne, c’est encore le jeûne des pensées : « c’est de l’intérieur, c’est du cœur des hommes que sortent les intentions mauvaises(…) Tout ce mal sort de l’intérieur et rend l’homme impur. » (Marc 7v21-23). A l’inverse, « que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de nos pensées » (Philip.4v8).

Nous le voyons, jeûner touche tous les domaines de notre vie et est l’affaire, non d’une courte période, mais de toute une vie. Mission impossible ? Heureusement, le « vous rendrez humbles vos âmes » n’est pas seulement un commandement de Dieu. Il contient la promesse que nous y parviendrons avec Sa grâce et Son aide.

 

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Radicalement ordinaire : Un appel pressant à cultiver la joie de l’humilité

Un appel à choisir « d’embrasser l’obscurité », soit à nous satisfaire d’être « relativement inconnu », pour que Christ soit, Lui, « plus reconnu ».

Voici « Radicalement ordinaire », un livre….peu ordinaire sur un thème bien peu populaire, reçu gracieusement de la part des éditions BLF éditions, que je remercie pour leur amabilité. Le livre contient une invitation « pressante » à « cultiver la joie de l’humilité ». L’appel est « pressant », d’abord pour nous, chrétiens, parce que l’humilité ne nous est pas naturelle, et parce que nous oublions trop souvent que nos critères de ce que serait « une vie réussie » (conditionnés par les possessions et les positions)  sont plus influencés par les critères du monde qu’inspirés de Dieu. Mais pourquoi et comment cultiver l’humilité, « la vraie » ? Comment peut-elle être « une joie » ?

Son auteur a choisi d’être « anonyme », parce qu’il ne pouvait guère aborder ce sujet et se mettre en avant dans le même temps. Bien entendu, il est tentant de chercher à savoir de qui il s’agit. Mais ce serait là passer à côté de l’essentiel du message. De fait, ce choix volontaire de l’anonymat nous conduit à porter toute notre attention sur le contenu du livre, plus que sur les titres et renommée supposée de son auteur, à l’instar de cet autre anonyme, le mystérieux rédacteur de l’épître aux Hébreux, dans le Nouveau Testament.

Ce livre est quelque peu dérangeant, puisqu’il touche au plus profond de nos aspirations les plus secrètes, lesquelles sont liées à notre identité. Nous définissons généralement notre identité par ce qui nous rend unique. Notre préoccupation devient alors : comment le faire (sa)voir ? Comment réussir à « devenir quelqu’un », à « être connu » ?

Je saurai donc « qui suis-je » si je sais « qui » je suis ou ce à quoi je tiens le plus, après quoi est-ce que je cours, soit « ce qui me tient ».

Mais par quoi devrais-je être davantage préoccupé ? De laisser mes traces « quelque part dans ce monde », ou de suivre les traces de « mon humble roi », dont l’exemple m’est notamment rappelé en Philippiens 2v5-10, un passage biblique qui est aussi le « fil rouge » du livre ?

Enfin, ce livre édifiant, reçu « au bon moment », m’est aussi « défiant », en ce qu’il m’implique et m’invite à « choisir » :

Choisir de faire ce voyage « au cœur de l’humilité du Christ » et « d’embrasser l’obscurité », soit de nous satisfaire d’être « relativement inconnu », pour que Christ soit, Lui, « plus reconnu ».

Choisir, à l’instar du jeune garçon anonyme, dans la scène de la multiplication des pains(Jean 6v9), « d’avoir faim pour un temps pour que beaucoup d’autres soient nourris ».

Choisir de cultiver « l’esprit de service », plutôt que de faire « des actes de service ».

Choisir « le mystère » ou de paraître « fou » et « décalé » aux yeux du monde.

Choisir « les projecteurs », non « pour se brûler » mais pour briller de la lumière du Christ, pour Sa gloire et non la mienne.

En clair, invité à choisir, je suis invité à renoncer pour mieux saisir ce qui en vaut la peine. Soit, accepter, avec confiance, de « perdre » pour « mieux gagner » : gagner l’approbation de Dieu (« bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître »), plutôt que celle des hommes.

Alors ? Que choisirez-vous ?

Ce livre se trouve dans toute bonne librairie chrétienne proche de chez vous. Vous pouvez aussi le commander auprès de l’éditeur.

Bonne lecture et bonne réflexion !

 

 

En bref :

« Radicalement ordinaire : Un appel pressant à cultiver la joie de l’humilité », par un auteur anonyme (Titre original : Embracing obscurity : Becoming nothing in light of God’s everything ). JPC France – BLF Éditions, avril 2017

Table des matières

Introduction. Pourquoi choisir l’obscurité ?
1. Un sur un milliard
2. Choisir ce qui nous définit
3. Choisir l’humble roi
4. Choisir la vraie valeur
5. Choisir le vrai succès
6. Choisir de servir
7. Choisir la souffrance
8. Choisir le mystère
9. Choisir les projecteurs
10. Choisir l’espérance

Extraits :

L’intro : « pourquoi choisir l’obscurité ? » et le premier chapitre : « un sur un milliard ».

http://www.blfeditions.com/tu-es-une-capsule-magique/

http://www.blfeditions.com/se-mefier-des-reseaux-sociaux/

L’action du mois : lire un (vrai) livre, pour mieux écouter et rester humble…

"Lire de vrais livres nécessite une certaine humilité - et de l'écoute - de la part du lecteur !"

« Lire de vrais livres nécessite une certaine humilité – et de l’écoute – de la part du lecteur ! »

Ce mois-ci, je vous invite à lire. A lire des livres. De vrais livres.

Je choisis de ne pas vous donner le choix entre le papier ou l’e-book, car, quoiqu’on en dise, le format importe beaucoup.

Vous connaissez certainement cette « doxa », que vous faites peut-être vôtre : la technologie (serait) neutre. Elle (ne serait) là que pour nous faciliter la vie. Or, souligne Cédric Biagini(1), « il est évident que les objets qui nous entourent, et les rapports de production qu’ils induisent, restructurent en profondeur les sociétés et nos existences ».

Ainsi, « indépendamment de son contenu », l’objet-livre en tant que tel « induit un certain rapport au texte »  et entraîne « un type de lecture : continue, profonde, linéaire, avec un fil conducteur », nécessitant que le lecteur suive la pensée d’un auteur et qu’il lui fasse, à un moment donné, confiance. Le temps de la lecture est alors suspendu où l’on s’extrait des sollicitations extérieures, de plus en plus invasives et distrayantes. Il permet de construire une pensée, de s’abandonner à des formes de contemplations et de développer une intériorité »…..

A l’inverse, « le livre numérique, dans sa forme hypermédia (avec des sons, vidéos, images, hyperliens…)….rend plus difficile la lecture continue et profonde. Car l’écran est un écosystème de technologies d’interruption qui font que l’on a du mal à se concentrer »(2).

Ceci dit, au-delà du débat, il y a un autre intérêt à redécouvrir et privilégier la lecture de (vrais) livres (de papier). Tout simplement parce que le livre papier sous-entend une nécessaire humilité du lecteur, à l’inverse du livre numérique où le lecteur est renvoyé à une forme de toute puissance.

Comment cela ?

En effet, relève encore Cédric Biagini(1), « ce sentiment de toute puissance est considérablement exacerbé par les objets numériques (…) qui n’a pas rêvé d’avoir une bibliothèque dans sa poche ? Je peux ainsi disposer en permanence de ce dont j’ai envie. Je peux aussi intervenir sur le texte, le reconfigurer. Bref, j’ai l’illusion de maîtriser (3). Lire un livre [un vrai livre de papier], comme écouter quelqu’un, suppose une capacité d’attention terriblement mise à mal aujourd’hui. Pourtant, jamais les gens n’ont eu autant besoin d’être entendus, notamment sur les réseaux sociaux, et jamais les autres n’ont été en si faible capacité de leur accorder du temps, car ils sont de plus en plus sollicités et passent du temps à communiquer frénétiquement.

Lire, c’est être capable d’écouter un auteur, de se dire « ce n’est pas moi qui donne mon avis sur tout ». Cela oblige à faire des efforts, à sortir de soi, à mettre de côté son narcissisme »(2).

A vous de jouer !

Dans le prolongement de ce qui précède, sur le thème de la lecture et de l’écoute, nous vous recommandons enfin les articles suivants :

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/09/04/alzaia/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/03/quand-lecoute-est-un-puits-critique-de-et-il-dit-derri-de-luca/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/07/01/la-bible-est-elle-la-parole-de-dieu/

 

Notes :

(1)Coordonnateur du livre collectif intitulé « L’Assassinat des livres. Par ceux qui oeuvrent à la dématérialisation du monde » aux éditions « L’Echappée »(2015).

(2) « Lire, c’est écouter ». Entretien avec Cédric Biagini sur la lecture numérique. CQFD, septembre 2016, N°146, p V.

(3) Chacun sait que la Bible(du grec « Ta biblia » : « les livres ») est une bibliothèque(idéale ?) de livres à elle toute seule. Si nous vous souhaitons qu’elle vous devienne « familière », elle ne saurait être « domestiquée » ou « reconfigurée » à votre guise pour autant….

« Tout le monde veut être leader, mais peu souhaitent être serviteurs ! »

Tout le monde veut prendre sa place ! Vraiment ? Celle du "serviteur" ?

Tout le monde veut prendre sa place ! Vraiment ? Celle du « serviteur » ?

Lecture de Luc 22v24 : « et il y eut une contestation (parmi les disciples) : lequel devait être estimé le plus grand ? »

A l’heure où tout a un prix, tout se vend et où il faut « se vendre », « estimer », c’est « faire une estimation, une estime. Déterminer le prix, la valeur financière qui doit être attribué(e) à telle chose, déterminer, marquer (par un jugement favorable ou défavorable) la valeur que l’on attribue ou doit attribuer à telle personne ou à telle chose abstraite. Accorder de l’estime, apprécier positivement une personne ou une chose qui mérite l’admiration, le respect intellectuel ou moral. Éprouver, manifester un sentiment favorable pour les qualités, les mérites de ». Estimer le courage, l’esprit de (telle pers.). Là, il s’agit d’être estimé « le plus grand ». Mais qu’est-ce qu’être (le plus) « grand » ?

La réponse est dans cette leçon donnée par Jésus, en Luc 22v25-27 : « Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? » Et Lui, Jésus, « cependant, (est)au milieu (d’eux) comme celui qui sert ». Lui, « le Seigneur et le Maître » a donné un exemple, pour que nous fassions aux autres ce que Lui nous a fait(Jean 13v1-5, 12-17) : laver les pieds de ses disciples, tâche normalement dévolue à l’esclave de la maison !

Or, tout le monde veut être leader, mais bien peu souhaitent être serviteurs, une position(celle que Jésus a prise) qui nous expose et nous fait sortir de notre zone de confort. (cf Marc 9v31-37)

« Estimer » si quelqu’un est « grand » ou « petit » implique de le faire selon certains critères. Quelles seront les nôtres ? Car « ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (Luc 16v15). Une juste estimation de soi, réalisée non de manière individualiste, mais dans le contexte de la communauté, conduira à l’humilité, avec cette perspective sur le long terme : « édifier » (Rom.12v3-6)

 

Pour aller plus loin :

Un intéressant article « non chrétien » : Leadership : sommes-nous tous faits pour devenir leader ? Vous avez toujours rêvé d’être un leader, un manager écouté, légitime et à l’autorité naturelle, mais êtes-vous vraiment fait pour cela ? Et si non, « est-ce si grave que ça, docteur ? » Les réponses d’Eric-Jean Garcia, chercheur-conseil en sociologie du leadership.

Le volet 5 de cette série sur le leadership, publiée sur La rebellution : « …contrairement à ce que certains pensent, dans le corps du Christ, le leader n’est pas une tête. Il n’y a qu’une tête et son nom est Jésus-Christ. Il est la tête de son propre corps. Quel est donc la place des leaders ? Il semblerait que Paul soit en train de dire en Col 2.19 que certainement les apôtres et sans doute les autres leaders de l’Eglise sont les jointures, les articulations. Ils ne sont pas forcément visibles. Ils ne sont pas forcément sur le devant de la scène. Ils ne font pas tout. Au contraire, ils sont en connexion avec la tête, pour savoir la direction que Dieu veut et pour permettre aux membres du corps de remplir leur fonction de façon adéquate. Le leader selon la Bible n’est pas une tête. Il est une jointure. Une articulation. Sachez articuler le corps, laisser la place aux autres. Leur donner le pouvoir d’être qui ils sont créés pour être. Soyez des leaders ! Le monde en a besoin. L’Eglise en a besoin. Ainsi, pour récapituler, le leader selon la Bible est celui qui donne la direction autour de lui. Il prend les devants. Il montre la voie. Mais il le fait en soumission à Christ et aux autres. Le leader est le serviteur. Il est esclave. Il est une articulation, qui permet aux autres de faire ce que Dieu les appelle à faire ».

Et enfin : Serviteurs ou seigneurs ? (sur « cœur de berger ») Avec l’enseignement de quelques chapitres dans l’Évangile de Marc concernant l’ambition, suivi par l’enseignement des apôtres, leur exemple dans les Actes et l’exemple de Christ lui-même.

Bonus : « From Heaven You Came – The Servant King »(« Roi serviteur ») de Graham Kendrick(JEM 2 #0553)

Bon week-end !

« Ne vous vantez pas…mais vantez-vous plutôt de… »

Ainsi parle le SEIGNEUR : Que le sage ne se vante pas de sa sagesse ! Que l’homme fort ne se vante pas de sa force ! Que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Si quelqu’un veut se vanter, qu’il se vante de ceci : d’être assez malin pour me connaître, moi, le SEIGNEUR qui mets en œuvre la bonté fidèle, le droit et la justice sur la terre. Oui, c’est cela qui me plaît – oracle du SEIGNEUR.

(Jer.9v22-23. Version TOB. Comparer avec Matt.7v21-23)

 

Sur ce, bonne méditation ! Prochain billet, mercredi prochain.

« Les Combattants » : simplement survivre ou vivre, simplement ?

"Les combattants" : Arnaud(Kevin Azaïs ) et Madeleine (Adèle Haenel), dans un film de Thomas Cailley(2014). Trouveront-ils au nom de quoi ou de qui "combattre" ?

« Les combattants » : Arnaud(Kevin Azaïs ) et Madeleine (Adèle Haenel), dans un film de Thomas Cailley(2014).
Trouveront-ils au nom de quoi ou de qui « combattre » ?

Sorti depuis le 20 août, « Les Combattants »* est l’un des derniers films(nous l’avons vu il y a quelques jours) à découvrir, si vous souhaitez sortir des sentiers battus ou si vous en avez assez de certaines comédies françaises actuelles, « fun à regarder dans un premier temps » mais « laissant une impression de vide ensuite », et qui semblent toutes se ressembler.

Le film aurait pu s’appeler « collisions ».

-D’abord, celle du spectateur face à ce qui n’est pas un « film familial » à proprement parler, mais un premier film sur l’engagement et la recherche de combats à mener ; Film-« fable », « quête initiatique » ou portrait d’une génération( la génération « Y »). Un film multi-récompensé, dynamique, souvent drôle, atypique et décalé, glissant sans cesse d’un genre à l’autre.

– Ensuite, « collision » entre deux personnages-deux jeunes, Arnaud et Madeleine, environ la vingtaine. Tout les oppose : Lui hésite. Elle fonce. Lui est un rêveur. Elle, un garçon manqué et une véritable force de la nature : elle ne vit que pour s’entraîner « à la romaine »(nager dans la piscine familiale avec un sac à dos lesté de tuiles, ingérer du maquereau cru mixé, faire un stage commando…)et se préparer au pire, convaincue que la fin du monde est pour bientôt, qu’elle survienne sous forme d’épidémie, de sécheresse, d’émeutes de la faim, ou de pollution chimique. C’est d’abord elle, « la combattante ». Mais plus pour elle-même(comment devenir « la plus apte » à survivre) que pour les autres ou une « bonne cause ». Elle sera progressivement rejointe par Arnaud(pour d’autres motifs), qui apportera son apport personnel dans cette quête de combat à mener.

– Enfin, « collision » face au réel, quand on a épuisé toutes les réalités***. Mais laissons découvrir…

A noter(une métaphore ?)la présence récurrentes d’incendies de forêts durant le film. « La faute à un imbécile, qui aurait jeté son mégot », demande le grand frère d’Arnaud ? « Non », répond ce dernier. Et d’expliquer que lorsque la forêt atteint ses propres limites, elle « brûle toute seule », avant de renaître à nouveau de ses cendres.

Conclusion :

La fin du film est assez surprenante et reste ouverte. Elle satisfera ou non, mais donnera sans doute à réfléchir. Une seule façon d’en parler : aller voir le film.
Mais qu’en avons-nous personnellement retenu ?
Quelle est la clé pour « mener le (bon)combat » ? Cette clé nous semble triple : outre le fait de vivre de façon intense(« à fond »)pour l’essentiel, cette « triple clé » implique la prise en compte de nos propres limites, l’entraide et la solidarité(vivre ensemble, plutôt que la compétition permanente) et-surtout, la découverte d’un « centre de gravité » pour sa vie(selon la formule de Kierkegaard).

Et ce « centre de gravité »-fondamental, puisque c’est de là que découlent les deux autres points-n’est pas « quelque chose » mais « quelqu’un » : « le modèle sera toujours le Christ », affirme par exemple le pasteur Gilles Boucomont dans l’un de ses livres(« Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit ». Ed. Première Partie, 2010, p 73-en cours de lecture), « car lui seul a réussi à trouver l’équilibre », étant « vraiment un être de chair autant qu’il est un être spirituel »(op. cit., p 72. cf 1 Jean 1v1-2, 4v2 ; Jean 1v14…). Il est un modèle pour ce qu’il a été sur la Terre [cf Phil.2v1-11]. « L’humilité de Jésus », poursuit Gilles Boucomont, « c’est cette capacité à ne pas oublier qu’en hébreu comme en français, « humanité » a une racine commune avec la terre, « l’humus »**. En hébreu, l' »adam » est tirée de la « adamah ». L’humilité véritable consiste à rappeler que nous sommes d’une part tirés de la terre, que nous sommes des « glébeux » comme traduira Chouraqui dans sa version de la Bible. Mais ces terriens doivent garder les pieds sur terre. Nous sommes au-dessus de la terre mais connectées à elle par les pieds. Nous avons autorité sur elle[cf Gen.1v2627, 2v8, 15-en tant que « gestionnaires », puisque la Terre appartient, en fin de compte, à Dieu] mais nous ne devons jamais oublier que nous sommes faits de cette poussière-là et que de toute façon nous y retournerons ! Ce qui veut dire que l’humilité véritable consiste à avoir les pieds sur terre et que la façon dont Jésus a vécu cet impératif, c’est en se mettant à genou devant ses congénères les humains pour leur laver les pieds, justement, pour les servir(Jean 13v1-17 et cf Luc 22v24-27, Marc 10v42-45). Le service est la meilleure facette de l’humilité, il est un des très bons fruits de l’âme équilibrée. Une âme équilibrée, c’est une âme où chacune des composantes psychiques est en équilibre avec elle-même. La pensée est conduite loin, les situations sont réfléchies, la mémoire est intense, le raisonnement est acéré. Les affects sont entiers. »(op. cit., p73)

Jésus-Christ est ce « centre de gravité », car Lui est la clé pour une nouvelle identité et une nouvelle vie, nous permettant de vivre une telle vie équilibrée : Jean 1v1-14 ; 3v3-17 ; 6v35-40, 68 ; 8v28, 36 ; 10v9-10 ; 12v32-33 ; 14v6 ; 15v1-17 ; 1 Jean 5v20 ; 2 Cor.5v15, 17-19…

 

Notes :

* Les Combattants
Réalisation: Thomas Cailley(France, 2014)
Scénario: Thomas Cailley, Claude Le Pape
Musique: Lionel Flairs, Benoit Rault et Philippe Deshaites pour Hit’n’Run
Interprétation: Kevin Azaïs (Arnaud), Adèle Haenel (Madeleine), Antoine Laurent (Manu Labrède), Brigitte Roüan (Hélène Labrède).
Date de sortie: 20 août 2014
Durée: 1h38

Résumé : Après la mort de son père, Arnaud a le choix : aider son grand frère à reprendre l’entreprise de menuiserie familiale, ou trouver sa propre voie. Alors que se profile devant lui un été tranquille et prévisible avec « ses potes », tout en travaillant comme charpentier, il rencontre subitement(voir la scène de leur premier contact !) Madeleine, une jeune fille de son âge qui ne vit que pour se préparer à survivre à la fin du monde, qu’elle estime imminente. Arnaud deviendra-t-il, à son tour, « un combattant » ?

Critiques : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/les-combattants.html ; http://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Les-combattants-survivre-coute-que-coute-2014-08-20-1194221

Interview du réalisateur : http://www.quinzaine-realisateurs.com/interview-de-thomas-cailley-l14024.html

** Une même réflexion se retrouve dans l’ouvrage « Nos limites, pour une écologie intégrale »(auquel nous avons déjà fait allusion ici et ) de Gaultier Bès, Marianne Durano et Axel Norgaard Rokvam. Ed. Le Centurion, 2014(Voir notamment p. 110) : un manifeste pour « vivre plus simplement pour que chacun puisse simplement vivre. Veiller sur l’avenir, en respectant notre fragilité et celle de notre environnement. Face à la technique sans âme et au marché sans loi, l’écologie intégrale offre ainsi l’espérance d’un monde à la mesure de l’homme, fondé sur l’entraide et le don-fruits de nos limites ».(Résumé de quatrième de couverture). Lire cette critique du livre sur http://cahierslibres.fr/2014/06/limites-manifeste-nouvel-art-vivre/

*** « Le réel, c’est ce qui advient de façon brute. La réalité, c’est ce que nous faisons du réel », explique encore Gilles Boucomont (Op. cit., p21)

« Action » mais pas « réaction » !

"300, naissance d'un empire"(2014)

« 300, naissance d’un empire »(2014)

Depuis environ une semaine, l’affiche du film(sorti hier) « 300, naissance d’un empire »* se voit à peu près partout.

Une affiche troublante, extrêmement sanglante et violente, avec les « slogans »  : « Gloire et vengeance », ou(pour une autre) « Athènes brûlera »….L’ensemble reflètant un esprit vindicatif et revanchard.

Et le chrétien, dans son engagement personnel ou dans l’exercice du mandat divin, quel que soit son champ de mission ? Quel esprit doit-il manifester ?

« Il importe de ne pas agir par réaction », ai-je entendu le week-end dernier… Par réaction ou avec un esprit revanchard ?

On se souviendra que Christ est venu, non avec un esprit de (re)conquête, de domination(c’était l’une des trois tentations du diable et Il l’a rejetée !), de revanche, ou pour chercher une vaine gloire…mais « pour servir et donner Sa vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45).

Dans Matt.12v18-21, Il est présenté comme « le serviteur » choisi par Dieu(« Mon bien-aimé en qui mon âme a pris mon plaisir ». Je mettrai mon Esprit sur lui »), « qui annoncera la justice aux nations, il ne contestera point, il ne criera point, et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triomphé la justice ». et les nations espéreront en son nom. »(D’après Es.42v1-4)
Ce serviteur annoncé par les prophètes, bien-aimé, choisi et oint de Dieu, annonce la justice à toutes les nations. Mais remarquez comment :
« Sans argumenter  sans arrêt—il n’est pas politicien !
Sans crier — ce n’est pas un molosse[ou un pitbull] !
Sans s’imposer — il n’est pas colporteur »

Et nous, qui portons Son nom ? Venons-nous servir, étant appelés dans notre champ de mission(quel qu’il soit), en aimant les hommes, comme Dieu les a aimés ?(Jean 3v16)**.

Notes :

*Suite de 300(que je n’ai pas vu), adaptation cinématographique(2007)de la bande dessinée de Frank Miller sur la bataille des Thermopyles(480 av JC), 300 : la naissance d’un Empire(qui ne me tente pas) de Noam Murro(2014) se déroule cette fois en mer, puisque « le général grec Thémistocle doit affronter l’invincible armada perse, emmenée par le dieu-roi Xerxès et la redoutable Artémise, à la tête de la marine perse.
Conscient que son seul espoir de vaincre son ennemi consiste à fédérer toutes les forces de la Grèce, Thémistocle s’engage dans une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre ».(Source : Première. Lire aussi cette analyse)

D’autres préféreront sans doute les 300 de Gédéon ?

**L’on peut poursuivre la réflexion avec cet excellent article : « la mission en trois M ».