« Vous n’avez qu’un seul guide, le Christ »

En quête de sens ? Vers qui se tourner ?

« Mais vous, ne vous faites pas appeler “rabbi”, car vous êtes tous égaux et vous n’avez qu’un seul maître. N’appelez personne sur la terre votre “père”, car vous n’avez qu’un seul père, celui qui est au ciel. Ne vous faites pas non plus appeler “guide”, car vous n’avez qu’un seul guide, le Christ. », dit Jésus (Matt.23v8-10)

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles qui donnent la vie éternelle » (Jean 6v68)

Le drame serait que l’on vienne nous voir, nous chrétiens, notamment engagés dans des services d’accompagnement spirituel/de « relation d’aide », comme on va voir un « gourou » ou « un marabout » (aujourd’hui, on dirait : « un homme de Dieu » ou « un saint homme »), à l’instar de ce personnage décrit par La Bruyère dans ses « caractères » :

Irène se transporte à grands frais en Épidaure, voit Esculape dans son temple, et le consulte sur tous ses maux. D’abord elle se plaint qu’elle est lasse et recrue de fatigue ; et le dieu prononce que cela lui arrive par la longueur du chemin qu’elle vient de faire. Elle dit qu’elle est le soir sans appétit ; l’oracle lui ordonne de dîner peu. Elle ajoute qu’elle est sujette à des insomnies ; et il lui prescrit de n’être au lit que pendant la nuit. Elle lui demande pourquoi elle devient pesante, et quel remède ; l’oracle répond qu’elle doit se lever avant midi, et quelques fois de se servir de ses jambes pour marcher. Elle lui déclarer que le vin lui est nuisible : l’oracle lui dit de boire de l’eau ; qu’elles a des indigestions : et il ajoute qu’elle fasse la diète.

« Ma vue s’affaiblit, dit Irène. Prenez des lunettes, dit Escupale. Je m’affaiblis moi-même, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que je l’ai été. C’est, dit le dieu, que vous vieillissez. 

Mais quel moyen de guérir cette langueur ? 

Le plus court, Irène, c’est de mourir, comme on fait votre mère et votre aïeul. 

Fils d’Apollon, s’écrit Irène, quel conseil me donnez-vous ? Est-ce là toute cette science qui vous fait révérer de toute la terre, Que m’apprenez-vous de rare et de mystérieux, et ne savais-je pas tous ces remèdes que vous m’enseignez ? 

Que n’en usiez-vous donc, répond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abréger vos jours par un long voyage ?

[La Bruyère. Les Caractères, « De l’homme », 35. GF, 1994, pp 271-272]

 

Dans le même ordre d’idée, voici ce qu’il est possible de répondre à ceux qui nous demandent « de prier pour eux ».

 

 

« Dieu m’a dit…. » (1 Rois 13)

"Dieu m'a dit..." Ha bon ? Dieu ne m'a rien dit d'autre que ce qu'il m'a dit au départ...!

« Dieu m’a dit… »
Ha bon ? Dieu ne m’a rien dit d’autre que ce qu’il m’a dit au départ…!

Lecture de 1 Rois 13.

L’histoire de trois hommes déterminés  : un roi,  un « Homme de Dieu », et un vieux prophète. Sans oublier  un lion non moins déterminé et un âne…Un chapitre étrange, de par ses protagonistes et son déroulement. Qu’en penser ?

Trois hommes déterminés, donc.
Un roi idolâtre, déterminé à ne pas obéir à Dieu et donc à persévérer dans son attitude idolâtre(autant « avant » qu' »après » cf 1 Rois 12v26-33 ; 13v1, 33-34).
Un « Homme de Dieu », envoyé par Dieu et déterminé à accomplir sa mission(avec la puissance et la miséricorde de Dieu), comme à suivre un ordre de Dieu strict(1 Rois 13v8-10). Rien ne devrait le détourner, en tout cas certainement pas l’intimidation ou la promesse de cadeaux(v4, 7). Rien ? Ha, si ! Seul un autre prophète-un vieux prophète-a pu le détourner de la voie qu’il devait suivre : parce qu’il est « prophète comme lui »(v18) et parce que, soit disant, « Dieu lui a dit »…ou plutôt, parce qu' »un ange lui a parlé de la part de Dieu »(v18).

L’Homme de Dieu aurait du s’en tenir à ce que Dieu lui avait dit, à lui(Dieu serait-il une girouette ?), et se souvenir qu’il est vital d’être deux fois vigilant, surtout après une victoire. Il paiera de sa vie cette rébellion, attaqué par un lion(v21-22, 24). L’Homme de Dieu n’est donc pas un superhéros invincible.

Parlons maintenant du « troisième homme » : « le vieux prophète », qui entre en scène à partir du v11. Si la première partie du chapitre 13(v1-10)nous place tout d’abord en terrain familier, la seconde nous désarçonne et nous met mal à l’aise.  Car si « le vieux prophète » était un « faux prophète », encore ! Mais non, il s’agit bel et bien d’un prophète. Un vrai, sauf que là il ment à l’Homme de Dieu pour le détourner de sa route et l’inviter chez lui. Comment expliquer cela ?

Autant ses motifs paraissent peu clairs, autant son état spirituel semble l’être encore moins(clair). Car, peut-on être prophète de Dieu en résidant à Béthel, sanctuaire idolâtre ?(1 Rois 12v29)
Le poids des ans, l’expérience, la position(ou le titre-de prophète, comme d' »Homme de Dieu »), ne dispensent pas d’être obéissant et connecté à « la source des eaux vives »(cf Jer.2v13, comme de se garder de toute compromission. Ce vieux prophète ment. Ce qui ne l’empêchera pas de prononcer des paroles justes, venant de Dieu, qui se réaliseront plus tard…(1 Rois 13v21-24, 32)
Car, en dépit de la faiblesse humaine, Dieu reste souverain. Il n’a d’ailleurs pas permis que le lion, qui a tué l’Homme de Dieu, ne dévore celui-ci ou ne déchire son âne(v24-25, 28).

En fin de compte, face à la désobéissance humaine, ces animaux nous offrent un témoignage silencieux d’une réelle soumission à Dieu. Le lion, sans doute envoyé par Dieu, n’était-il pas déterminé à accomplir sa mission, lui aussi ? Mais sans aller au-delà de ce qui lui était permis…A moins qu’il ne s’agisse là d’une nouvelle démonstration de la puissance(dans le sens : « on ne se moque pas de Dieu ») et de la miséricorde de Dieu ?

Mais nous avons un meilleur(et parfait)exemple de soumission à Dieu, source de salut pour tous les hommes. Source de salut pour vous et pour moi. Le meilleur exemple d’une vie parfaite : le Seigneur Jésus-Christ, lequel ne s’est jamais laissé détourner, et de sa mission, et du chemin qu’Il devait prendre, pour notre salut : le chemin de la croix(cf Luc 9v51).