Le mythe du « mythe fondateur » : L’art de raconter des histoires sur l’Histoire à des fins politiques

L’histoire outragée, martyrisée, fantasmée…..Ou l’art de chercher des voix de façon primaire…

« Ne dis pas: D’où vient que les jours passés étaient meilleurs que ceux ci? Car ce n’est point par sagesse que tu demandes cela »(Eccl.7v10).

 L’Histoire est un « marronnier » qui revient périodiquement….à l’approche de chaque élection, en France. Ainsi, « l’histoire serait mal enseignée à l’école », au point que l’enseignement actuel ferait « douter de notre histoire » (bigre !), comme l’a déploré fin août l’ancien premier ministre (et également candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017) François Fillon(1).

 Plus récemment encore, Nicolas Sarkozy (ex-président sortant, battu à l’élection présidentielle de 2012 et à nouveau candidat pour cette même élection en 2017 – misant peut-être sur l’absence de mémoire des français) a déclaré, lors d’un meeting à Franconville (Val-d’Oise), lundi 19 septembre : « Dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois. »(2)

Une petite phrase qui a provoqué « le buzz » pendant plusieurs jours, mais qui n’est pas un scoop. Car, en réalité, « Nicolas Sarkozy nous sert Lavisse »(3), comme le souligne le blogueur catholique « Phylloscopus ». Et ce, alors que, comme l’a rappelé Libération, Nicolas Sarkozy moquait, en mai dernier, « l’apprentissage de l’histoire façon  manuel de Lavisse ». 

En effet, l’idée « gauloise » comme « mythe fondateur » est « une fumisterie de la IIIe République », comme le rappelle, parmi d’autres, le journaliste Patrice de Plunkett(4). Car, « contrairement à ce qu’affirment des facebookers « patriotes », les Gaulois ne sont pas le « mythe fondateur » de la nation française. La France existait sans ce mythe gaulois (et depuis des siècles) quand cette fable apparut en 1900 : dans l’école laïque obligatoire. Ce fut le mensonge d’Ernest Lavisse, pontife de l’Instruction publique : « Il y a deux mille ans la France s’appelait la Gaule ».

Toutes ces petites phrases d’hommes politiques témoignent « d’une vision fantasmée de l’Histoire », proche de ce que les historiens appellent le « roman national ». Ce discours (ou cet imaginaire) « spécial origines », mélange de faits historiques et de légendes enjolivant la réalité, est un cliché perpétuel, construit pour créer une continuité culturelle, géographique et ethnique du peuple français[de là à parler de « la race française »….], de sa langue et de son territoire à travers l’histoire – alors que la France est le fruit de multiples recompositions. Pourtant, selon certains candidats à l’élection présidentielle, il faudrait revenir à ce grand « récit national », avec ses rois, ses « grands hommes » et « ses grands mythes », sous prétexte d’imposer aux élèves « une certaine identité de la France ». En clair, pour paraphraser la phrase mythique du célèbre film de John Ford, « L’Homme qui tua Liberty Valence » (1962), il s’agirait de faire « le choix national » d’« imprimer la légende »,  puisque « la légende » nous paraît « plus belle que la réalité ».

Ainsi, la France de la IIIe république qui sortait vaincue de la guerre de 1870 avec l’Allemagne avait besoin de structurer sa jeunesse dans un imaginaire guerrier et vaillant. Les historiens ont donc « ressorti des placards » Vercingétorix pour les garçons et Jeanne d’Arc pour les filles, à des fins patriotiques, pour peaufiner un vrai « mythe créateur de la France »(5), en sacrifiant au passage la vérité historique….une démarche par ailleurs « empruntée » aux intellectuels allemands de l’époque, rappelle encore Patrice de Plunkett(6).

La France contemporaine, quant à elle, se dit originaire de la résistance gaullienne, bien qu’il  s’agisse d’une demi-vérité (7). Et quand la France moderne se dit originaire de la révolution de 1789, la France dite « éternelle » se dit originaire de « Charlemagne » ou de « Clovis ». Et aujourd’hui, veut-on croire, mieux vaut se construire « autour » d’une origine glorieuse (même si elle est fantasmée et mythique), et « contre » des ennemis « du dehors » jugés menaçants.

Mais c’est là confondre l’Histoire (avec un « grand H ») avec le « story telling », qui est « l’art de raconter des histoires ».

Comme le rappelle le blogueur « Zeboute »(8), « tout le monde se souvient des contes que l’on nous racontait quand nous étions enfants », qui « développaient notre imaginaire », et « permettaient d’expulser nos peurs, nos angoisses. Par une structuration du récit, qui donnait toujours un sens ». En général, « les gens » – et particulièrement « les enfants » –  aiment bien les histoires, plutôt que les discours rationnels et les arguments « qui peuvent être rébarbatifs ». Plutôt que de raisonner et de penser, qui nécessite un effort intellectuel, ils préfèrent « les histoires qui parlent à (leur) cœur », « faciles à appréhender ». C’est pourquoi nous sommes le plus souvent enclin à croire les mensonges, plutôt qu’à nous attacher à la vérité, parce que croire des mensonges nous arrange. Alors que la vérité nous dérange.

Bref, connaître l’Histoire est plus que jamais d’actualité, pour ne pas laisser à d’autres le soin de « fantasmer », « réécrire l’Histoire » ou de nous « raconter des histoires ». L’enjeu est de taille, puisqu’un peuple qui ne connaît pas l’Histoire (et son histoire) reste un peuple esclave.

Face à cette instrumentalisation, que peuvent les professeurs d’histoire pour éviter, devant leurs élèves, de devenir de vulgaires propagandistes ? On lira avec profit sur Bastamag(9) l’entretien de Véronique Servat, professeur d’histoire-géographie en collège et membre du collectif Aggiornamento histoire-géo et du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH), collectif de professeurs d’histoire et d’historiens né en réaction au vote de la loi du 23 février 2005 dont l’article 4 insistait sur les « effets positifs de la colonisation » et en prescrivait l’enseignement. Il y est notamment rappelé qu’enseigner l’histoire, en tant qu’enseignant ou universitaire, c’est avant tout un métier. Ainsi, un professeur d’histoire « fait réfléchir ses élèves à ce qu’est une source historique, ce qu’est un point de vue, comment on les confronte, comment on critique un document. L’histoire, c’est un questionnement, c’est une problématisation des sources et des points de vue. Ce n’est en aucun cas une contemplation béate d’un passé révolu ». Et ce, d’autant plus qu' »aujourd’hui, le citoyen vit dans l’espace européen, il vit dans l’espace mondial. Cette vision purement hexagonale de l’histoire n’a plus aucun sens ».

Mais laissons « le mot de la fin au blogueur catholique « Phylloscopus »(10) , déjà cité plus haut, qui nous invite à nous poser une question fondamentale, au-delà de la diversion du « buzz » sur les Gaulois :  « Et vu la violence des débats sur « l’identité nationale » et sa présence dans le débat politique, cette question, nous avons intérêt à nous la poser(….) C’est une question assez semblable, en fait, au débat sur la juste manière de commémorer Verdun, rappelez-vous : que mettons-nous derrière le terme « nos ancêtres », et quel est le rôle de la mémoire historique dans notre citoyenneté, dans notre façon d’être au pays où nous vivons ? Et c’est ce qui est réellement intéressant ». Et Phylloscopus de dénoncer dans «  cet exclusivisme [qui se cache derrière « les Gaulois »] une espèce de croyance bizarre, selon laquelle il n’existerait pas de voies possibles entre l’appropriation personnelle et le rejet pur et simple (sinon la franche hostilité). Ou vos ancêtres sont gaulois, fût-ce purement imaginaire, ou vous êtes un ennemi de la France, de la République, des racines chrétiennes, du vivre ensemble et des Trente-deux fromages menacés, voire un suppôt d’Harald Schumacher et de Monsieur Foote. Comme si l’on ne pouvait aimer ou tout simplement accepter que ce dont on est propriétaire, ce qui relève de notre avoir d’individu. Déchéance du sens du collectif ».

 

 

Notes :

(1) http://www.lexpress.fr/actualite/politique/pour-francois-fillon-la-colonisation-visait-a-partager-sa-culture_1825773.html

(2) http://www.huffingtonpost.fr/2016/09/19/nicolas-sarkozy-franconville-integration-ancetres-gaulois_n_12090072.html

(3) https://phylloscopus.wordpress.com/2016/09/20/par-toutatis-sarkozy-nous-sert-lavisse/

(4) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/09/21/sarkozyx-en-fait-toujours-trop-5850681.html

(5) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/09/20/01016-20160920ARTFIG00186-nos-ancetres-les-gaulois8230histoire-d-une-expression-controversee.phphttp://www.liberation.fr/tribune/2004/12/30/denationaliser-l-histoire-de-france_504451

(6) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/09/21/sarkozyx-en-fait-toujours-trop-5850681.html

(7) http://lewebpedagogique.com/aguedet/files/2012/11/THEME-1-Les-m%C3%A9moires-de-la-Seconde-Guerre-mondiale.pdf

(8) https://zeboute-infocom.com/2015/04/22/le-story-telling-ou-lart-de-raconter-des-histoires/

(9) http://www.bastamag.net/Face-a-l-offensive-reactionnaire-L-histoire-ce-n-est-en-aucun-cas-la

(10) https://phylloscopus.wordpress.com/2016/09/20/par-toutatis-sarkozy-nous-sert-lavisse/

 

 

 

 

 

Comment et pourquoi étudier la Bible (2) : La Bible ? Un livre, mais quel livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu'un livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu’un livre !

Un nouvel article de la série « comment et pourquoi étudier la Bible », faisant suite au précédent (« Nos motivations »)

Aujourd’hui : la Bible est « un livre », mais « plus qu’un livre ».

 

I. La Bible est un livre

Qu’est-ce qu’un livre ?

« Livre » vient du grec : « biblion » et « biblos », mot qui signifie « écorce intérieure »(de l’arbre), « moelle du papyrus », « papier à écrire », « écrit », « livre »…..soit un mot qui désigne un support, un matériau(1) sur lequel on peut écrire pour garder trace, preuve, mémoire et sens, dans un but de transmission.

En latin, le livre se dit « liber » : mot de botanique qui désigne la partie profonde de l’écorce de l’arbre servant à écrire, et à faire des livres.

Mais « liber » signifie aussi « libre » ! (2)

Le terme « Bible » vient du grec « Ta biblia »(pluriel de « biblion »), « les livres ». La Bible est donc un ensemble (ou une bibliothèque) de livres (66 en tout) : « les livres » ou « Le livre ». Elle comprend l’Ancien Testament (écrit en hébreu et en araméen) et le Nouveau Testament (écrit en grec courant).

 

 Rédaction et transmission du texte biblique :

« Dieu a parlé » à l’homme dès sa création (Gen.1v28 ; Hébr.1v1…). Au cours des siècles, Il s’est adressé directement à des personnes choisies. Mais la validité de Ses Paroles n’étaient pas limitées au seul instant où elles étaient prononcées. Elles n’ont pas de « date de péremption », à l’inverse des nouvelles des quotidiens.

Il importait donc de les communiquer aux générations futures (Deut.6v6-7 ; Matt.24v35…), de même que les commandements de Dieu qui devaient être gardés en mémoire (Deut.4v9. Nous avons aussi l’assurance que les premières tables de la loi brisées par Moïse ont été réécrites par Dieu : Ex.34v1).

D’où la mise par écrit de tout ce dont il fallait se souvenir : un texte écrit permet de fixer définitivement ce qu’une tradition orale aurait pu déformer. C’est l’une des raisons d’être de la Bible en tant que livre.

 

La première mention d’un « livre » dans la Bible se trouve en Gen.5v1, où il est question du « livre des générations (ou : généalogies) d’Adam »(3).

En Ex.17v14, Dieu ordonne à Moïse d’ajouter au livre déjà existant le compte-rendu de la bataille contre Amalek, « pour mémoire ».

Le livre fut complété au fur et à mesure des événements et des révélations( voir, par exemple, Jos.24v26…).

Tous les écrits de l’AT furent terminés au 4ème siècle av. JC. La plupart d’entre eux avaient été rassemblés au 5ème siècle av JC (Voir la mention de « la Loi » dans Esd. 7v6-21)

Sont admis comme canoniques : les cinq livres de Moïse, aux environs de 444 av JC ; les prophètes, entre 300 et 200 av JC ; et l’ensemble des Ecritures, dès 165 av JC. Un canon de 39 livres au total est fixé, excluant tous les autres textes non inspirés, plus tardifs (postérieurs au 5ème siècle av JC et d’ailleurs non cités dans le NT)

Le classement de l’AT correspond à celui auquel le Seigneur Jésus se réfère en Luc 24v44 :

« La loi » (« Torah » – les 5 livres de Moïse, de la Genèse au Deutéronome)

« Les Prophètes » (« Neviim » – incluant Josué, Juges, 1-2 Samuel, 1-2 Rois, sauf Daniel, Chroniques et Lamentations)

« Les Psaumes et autres écrits » (« Ketouvim » : Psaumes, Job, Proverbes, Ruth, Cantique des cantiques, Ecclésiaste, Lamentations, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, 1-2 Chroniques)

Pour être certain de pouvoir conserver le texte, il fallait faire manuellement un grand nombre de copies. Ce fut là le rôle des scribes de Jérusalem (« les Sopherim »), dont la première tâche a été de compter le nombre exact de lettres que contenait chacun des livres bibliques, écrits sur parchemin. Un seul défaut (une lettre manquante, un espace de séparation non respecté….) suffisait à rendre le livre « inapte à la lecture ».

 

La formation du Nouveau Testament :

 Les épîtres (ou lettres) ont été écrites les premières pour répondre aux besoins des communautés chrétiennes et des croyants individuels. Les premières semblent être 1-2 Thessaloniciens et Galates (50-51 ; 50-55 ap JC). Les dernières sont les écrits de Jean (85-90 ap JC)

La rédaction des Evangiles devint nécessaire suite à la disparition des témoins oculaires de la vie de Jésus-Christ. Marc semble être le premier(63-68 ap JC)

Le Nouveau Testament (27 livres), rédigé sur papyrus et parchemins, fut achevé avant la fin du 1er siècle ap JC. La liste de ses livres inspirés a été fixée aux 2èmes-3èmes siècles. En 170 ap JC, le fragment de Muratori contient une liste des livres reconnus par l’Eglise primitive et qui est très proche de notre Nouveau Testament actuel.

Aux 4èmes siècles ap JC, le canon des 66 livres de la Bible fut confirmé (et non établi) par divers conciles de l’Eglise primitive (Laodicée en 360, Carthage en 397…)

 

Les témoins du texte biblique ou la question des manuscrits :

 Vous le savez sans doute déjà, mais nous ne disposons plus de manuscrits originaux : seulement des copies…mais des milliers de copies ! Ce qui nous assure un texte bien plus fiable que les textes connus de l’Antiquité, tels que « Les Annales » de Tacite(2 manuscrits), « La Guerre des Gaules de César »(10 copies valables) ou « L’Iliade » d’Homère(643 copies)….sans pour autant que l’on remette en doute leur authenticité.

Concernant l’Ancien Testament, nous disposons de 3000 copies : le texte massorétique (« codex de Léningrad », manuscrit de 1008-1009 ap JC), le Pentateuque samaritain, les manuscrits de la Septante (« codex Sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle ap JC), les manuscrits de la mer Morte découverts en 1947 à Qumran(3èmes-1er siècles av JC), les traductions araméennes ou « targums »(du 1er siècle av JC au 8ème siècle ap JC)……

Concernant le Nouveau testament, nous disposons plus de 5000 manuscrits sur parchemin : le texte « byzantin »(212 manuscrits en majuscule, datant des 5èmes-12 siècles) ; le texte « alexandrin »(« codex sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle) ; « le codex d’Ephrem »(450 ap JC), qui est actuellement à la Bibliothèque Nationale de Paris.

Les documents les plus anciens du NT sont des papyrus : le plus ancien est un extrait de l’évangile de Jean, datant de 130 ap JC.

 

 II. La Bible est plus qu’un livre : inspiration, autorité et unité de la Bible

Son contenu a été déterminé par Dieu Lui-même (2 Pie.1v19-21), qui a veillé à ce que Sa Parole soit transmise intacte (Matt.5v18 ; Es.40v8 ; 1 Pie.1v25…). Nous y avons accès aujourd’hui, en dépit de toutes les tentatives pour la détruire, la discréditer ou l’oublier (Jer.36).

L’inspiration de la Bible est nécessaire pour que Dieu soit connu.

Prenez maintenant une pause pour faire les exercices suivants :

Rom.1v19 et ss relève ce que l’on peut discerner de Dieu dans la création : ……………………………………………………………………………………………………………………

Comment entrer dans la pensée de Dieu ? (Es.55v7-9 ; Gal.1v11-12 ; 1 Cor.2v6-12)……………………………………………………………………………………………………………….

Et seulement si Dieu nous parle ! (Gen.1v28)

 

Inspirée, la Bible elle-même affirme l’être : 2 Tim.3v16 ; 2 Pie.1v20-21

Elle est la révélation, la Parole écrite de Dieu, et « non la parole des hommes »(1 Thes.2v13)

Qu’est-ce que « l’inspiration » ?

Lorsque Dieu « fait passer Son Esprit dans l’esprit de l’homme ».

C’est « l’action surnaturelle de l’Esprit de Dieu dans des hommes » afin que leurs écrits correspondent exactement à la vérité que Dieu veut nous communiquer.

Quel est le rôle de « l’Esprit de vérité » en Jean 14v7, 26 ; 16v13-14 ? ………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

L’Ecriture biblique est infaillible et sans erreur (« inerrante ») : elle est une révélation parfaite donnée par un Dieu parfait (Matt.5v48).

L’inspiration est un miracle de Dieu, au même titre que la naissance miraculeuse de Jésus (Luc 1v35).

Cf 2 Pie.1v21, des hommes (et non des surhommes) ont été « poussés » par Dieu à parler. Ils ont été des instruments conscients (et non des « robots »), disponibles pour l’action de l’Esprit de Dieu (2 Sam.23v1-3 ; Jer.36v1-2 ; Actes 1v16…). La pensée de Dieu a été communiquée sans erreur, par des écrivains dont la personnalité a été préservée(en témoigne la diversité des écrits bibliques).

Comme Jésus-Christ est à la fois pleinement Dieu et pleinement homme, « Parole faite chair », « Christ venu en chair » (Jean 1v14 ; 1 Jean 4v2), la Bible est en même « Parole de Dieu » et « œuvre humaine », quoique sans erreur, de même que Christ est « sans péché »(Hébr.4v15).

 

L’autorité de la Bible

La qualité de notre marche chrétienne dépend de la reconnaissance de l’autorité, et donc, de l’inspiration de la Bible (Hébr.4v12-13 ; 2 Tim.3v16-17 ; Jean 8v31-32). La Bible fait autorité parce que Celui qui l’a inspirée ne cesse pas d’être Seigneur quand Il parle.

– Comment le peuple d’Israël voyait-il la Bible ?

 Comme la révélation de la volonté divine (Ex.24v4,7 ; Néh.8v1-6…), une norme divine pour la foi (Jos.1v8 ; Ps.1, 119…), des écrits devant être connus, lus, pratiqués, crus (Deut.27v26, 31v9-13…..)

La redécouverte de la Parole de Dieu écrite a été la source de réveils, comme celui sous le Roi Josias : 2 Rois 22-23v1-3 ; 2 Chron.34.

Voir aussi les réveils du passé (16ème, 19ème….)

– Comment Jésus-Christ, Fils de Dieu, voyait-il la Bible ?

Il est de bon ton, de nos jours, de prétendre que la Bible ne serait « pas la Parole de Dieu », et de l’opposer à « Jésus », qui est effectivement « la Parole de Dieu » (Jean 1v1-14)

Or, Christ Lui-même reconnaît l’autorité de la Parole écrite, qu’Il cite fréquemment :

 Il reconnaît que l’Ecriture est inspirée cf Matt.22v41-45 et l’oppose aux traditions humaines, en la plaçant au-dessus comme Parole de Dieu (Matt.15v3-6)

Il atteste globalement l’Ancien Testament dans ses trois parties : « Loi », « Prophètes » et « Psaumes » (Luc 24v44)

Il valide à l’avance les écrits du Nouveau Testament (Jean 14v26, 15v26-27, 16v13-14)

Il croit en l’historicité des récits, événements et personnes de l’Ancien Testament : la création (Matt.19v4), le sacrifice d’Abel, et la mort de ce dernier (« premier prophète » cf Luc 11v51, Noé et le déluge (Matt.24v37 et ss), l’épisode du serpent d’airain (Jean 3v14), Jonas (Matt.12v40-41)….

Il fait référence à Esaïe (Luc 4v16-21), appliquant la prophétie à Lui-même ;

Il interroge régulièrement les autorités religieuses de son temps : « n’avez-vous jamais lu ? »(Matt.21v42), « qu’est-il écrit ? »(Luc 10v26), « comment lis-tu ? »(v26) ;

Il réfute les Sadducéens, « qui disent qu’il n’y a pas de résurrection » en les jugeant « dans l’erreur », parce qu’ils ne connaissent « ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu » (Matt.22v23-29) et leur répond par les Ecritures (vv31-32)

Il ne reproche pas aux religieux de son temps d’ « idolâtrer la Bible », mais de ne pas y croire (Jean 5v39, 46-47 ; Luc 10v28, 16v27-31 ; Matt.5v17-19…)

Il affirme que « l’Ecriture ne peut être anéantie » (Jean 10v35)

Il fait toute une étude biblique aux pèlerins d’Emmaüs pour leur prouver que les Ecritures parlent bien de Lui (Luc 24v25-27 cf vv44-47).

Il répond aux tentations du diable dans le désert par : « il est écrit »(Matt.4v4,10) ou « il est aussi écrit »(v7)

– Comment les apôtres et les croyants de l’Eglise primitive voyaient-ils la Bible ?

L’Ancien Testament : Actes 1v16, 4v25, 7v38, 13v47, 15v15-18, 17v2-3, 28v23 ; Gal.3v8 ; Rom.4v3…….

Le Nouveau Testament : 2 Pie.3v15-16 ; 1 Thes.2v13, 5v27 ; Gal.1v18….voir aussi la raison d’être de l’Ancien Testament expliqué dans l’épître aux Hébreux.

Qu'est-ce que la bible pour vous ? Faites le point !

Vous et la Bible : un « vieux bouquin » ou….Faites aujourd’hui le point !

– Et vous ? Comment voyez-vous la Bible ? Qu’est-elle pour vous ? Faites aujourd’hui le point !

A quoi reconnaît-on que la Bible fait autorité dans une vie ? Cf Jacq.1v22-25

 

 

III. Unité, structure et équilibre dans la Bible

La Bible est composée de 66 livres écrits par des auteurs très divers (plus de quarante), en de multiples circonstances, sur une très longue période(plus de 1500 ans entre le premier et le dernier auteur – fin 1er siècle), en des lieux très différents. Pourtant, cet ensemble présente une unité extraordinaire : un témoignage supplémentaire à l’inspiration divine des Ecritures !

Unité du message biblique :

De quoi ou de qui parle la Bible ? Découvrez le centre de la révélation biblique dans Luc 24v27, 44 : …………………..Et ce, annoncé dès la Genèse : Gen.1v1-4(comparer avec Jean 1v1-9, 1 Jean 1v1-5) et Gen.3v15-21, 4v4…..

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l'on cherche désespéremment

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l’on cherche désespéremment

A noter que pour les « Sopherim »(scribes juifs), le cœur du livre(l’AT)se trouve en Lévitique 10v16, où il est question d’un bouc expiatoire que l’on cherche. Cette quête d’un animal que l’on offre pour les péchés est l’obsession de toute la Bible : « où est l’agneau pour l’holocauste ? » (Gen.22v7)…jusqu’à la pleine révélation que Jésus est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1v29, 36)

Le plan du salut forme un tout cohérent, révélé par étapes. Les éléments de l’AT sont « l’ombre des choses à venir », révélées dans le NT (Hébr.8-10 ; Col.2v17) et les deux testaments se complètent. Ex : comparer cette vision de Dan.7v13-14 avec cette déclaration du Seigneur Jésus en Matt.28v18-20.

La Parole de Dieu est également équilibrée dans sa structure et dans son contenu(4) : il est essentiel de la prendre comme un tout et de la lire entièrement.

Ex. : 1 Corinthiens parle de l’abus de liberté (laxisme) et Galates, de l’abus de loi (légalisme). Ephésiens établit l’équilibre entre les deux.

Ex : Ephésiens 2v8-10 fait l’équilibre entre Romains, qui parle du « salut par la grâce sans les œuvres », et Jacques, qui parle de la nécessité des œuvres comme preuve de la foi.

Ex : Proverbes équilibre Job et Ecclésiaste. Ne lire que Job, centré sur la souveraineté de Dieu, conduit à au fatalisme (« Dieu contrôle tout », nous ne sommes que des « robots »). Ne lire que l’Ecclésiaste (vanité d’une vie sans Dieu), et le lire trop vite, sans sa clé (Eccl.12v13-15) conduit à une forme de scepticisme(où l’on doute de tout), de désespoir et d’indifférence.

Lisons donc Job, puis Ecclésiaste, et enfin Proverbes, pour comprendre que la vraie sagesse vient de Dieu et que nous avons à vivre cette sagesse.

 

(A suivre)

 

Notes : 

(1) Concernant l’écriture et les matériaux, l’invention de l’imprimerie datant du milieu du 15e siècle et celles de la photocopie et du scanner étant encore plus récentes, les textes bibliques devaient être copiés et recopiés à la main pour qu’ils traversent les générations et les siècles jusqu’à nous.

Au Proche-Orient, les civilisations de l’Antiquité développèrent très tôt différentes écritures : caractères pictographiques, hiéroglyphiques, cunéiformes…La découverte des caractères alphabétiques se généralisa vers 1500 av JC, simplifiant et rendant l’écriture accessible à un plus grand nombre de personnes. Les supports utilisés sont : les pierres et les briques (Job 19v24 ; Ex.32v15-16 ; Deut.27v2-3) ; le papyrus, d’origine végétale, connus dès le deuxième millénaire av JC, et se présentant sous forme de rouleaux (Esdr.6v2 ; Zach.5v1 ; Ezech.2v9 ; Jer.30v2…..) Inconvénient : sa fragilité. Le parchemin (2 Tim.4v13), d’origine animale, est mis au point au 2ème siècle av JC. Réutilisable, il est bien plus résistant que le papyrus et sans rival pour la conservation.

 (2) Tel que le souligne, par exemple, Marc-Alain OUAKNIN dans « Bibliothérapie ». Seuil, 2008(Points), p 232.

(3) Soit les « générations » ou « généalogies » d’Adam à Noé, relatées dans le chapitre 5 de la Genèse. Marc-Alain OUAKNIN, encore, en écho à l’ouvrage de Catherine CHALIER(« L’Histoire promise »), relève que « le livre fait son entrée en scène du texte juste après le chapitre 4 de la Genèse, où sont racontés la difficile et tragique existence d’Abel, sa presque non-vie et son assassinat » : le « livre des généalogies » est donc une « réparation » de la mort d’Abel (« Bibliothérapie », pp 327-328), restaurant une lignée menacée d’être interrompue.

(4) D’après Richard BORGMAN, dans « Le Royaume équilibré de Dieu ». Ed. Le Lion et l’Agneau, 1994, pp 171-174