“Le discours d’un roi” : qui est « plus fort » que « plus fort que lui » ?

Le discours d'un roi, film britannique de Tom Hooper(2010), avec Colin Firth et Geoffrey Rush

Le discours d’un roi, film britannique de Tom Hooper(2010), avec Colin Firth et Geoffrey Rush

Ces derniers jours, j’ai eu l’occasion de revoir pour la première fois sur DVD « Le Discours d’un roi »(1), un film vu en salle à sa sortie.

En gros, il s’agit de l’histoire d’un roi appelé à faire quelque chose qu’il est incapable de faire : parler en public.
Il y parvient finalement, surmontant sa peur – moteur de son handicap – en plaçant sa confiance en quelqu’un de pourtant « peu recommandable », « qui n’avait rien pour attirer le regard » (Es.52v14, 53v1-3), et qui est devenu pour toujours son ami, son confident.

Son fameux discours final sera prononcé, non pour « le monde entier », mais pour cette seule personne, qui recevra l’Ordre royal de Victoria, le 11 mai 1937 et sera élevé au rang de Commander (CVO) en 1944. « Tout ce que vous faites, faites-le comme pour le Seigneur et non pour les hommes », nous enseigne Colossiens 3v23.

Cette histoire, édifiante, telle une parabole, nous rappelle que si nous disons que quelqu’un ou quelque chose « est plus fort que nous », Celui qui est « en nous » – et en qui nous avons placé notre confiance – est plus fort que tous les hommes forts réunis(Luc 11v21-22 et cf Hébr.2v14-15. Ce qui nous paraît « plus fort que nous » n’est, en définitive, « pas plus fort que nous ».

D’autre part, tenter d’aider quelqu’un à faire ce qu’il n’était pas capable de faire, dans le « un à un », peut nous paraître parfois dérisoire. Mais au final, le tandem « George VI/Lionel Logue » révèle le bénéfice de la démarche, au profit d’une nation entière et même au-delà.

 

 

Notes :

(1) Le Discours d’un roi (The King’s Speech)
Angleterre – 2010 (Sortie française, le 2 février 2011)
Réalisation: Tom Hooper
Durée: 1h58

Avec Colin Firth (George VI), Helena Bonham-Carter (Elizabeth), Geoffrey Rush (Logue)…

Résumé : D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce). D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie. Source : allociné.

“De toutes nos forces”, aimons notre Dieu…

… et, “comme nous-mêmes”, notre prochain…..(1)

« De toutes nos forces », un film de Niels Tavernier, 2014, avec Jacques Gamblin et Fabien Héraud

« De toutes nos forces », un film de Niels Tavernier, 2014, avec Jacques Gamblin et Fabien Héraud

Qu’est-ce que le Christianisme ? « Une relation » et « non une religion », a-t-on coutume de dire. Quoique « religion » (du latin « re-ligio ») signifie « relier à nouveau à Dieu »…

Le Christianisme est relation. Avec Dieu, par et en Jésus-Christ, ainsi que « les uns avec les autres » sur une base commune (Jean 17, 3 ; 1 Jean 1, 3). Il n’est pas un chemin en solo, même si la qualité de nos relations avec les autres dépend de notre relation personnelle avec Dieu.

Surtout, « le christianisme nous rappelle que nous avons besoin les uns des autres », écrit le pasteur Gilles Boucomont, parlant des “bienfaits de l’Eglise”-celle de Jésus-Christ, dans « Mener le bon combat » (Ed. Première partie, pp. 247-249.)

« C’est un « sport collectif ». Nous faisons corps. Ne penser qu’à son salut personnel est une marque d’immaturité dans la foi, ne se préoccuper que de son confort spirituel est le signe d’un individualisme avancé. « Sans moi vous ne pouvez rien faire ». Jean 15, 5. (…) La communauté, soudée par l’amour du Christ et pratiquant la redevabilité, devient une vraie cuirasse de sécurité pour les croyants. Ils ne sont pas seulement protégés par Celui qui est leur rocher et leur abri, mais ils le sont aussi par l’Eglise…

Ce qui est construit ensemble est plus solide. Et le soin apporté au plus petit fait grandir aussi le plus grand. Cette démarche est tout sauf déresponsabilisante, car elle vise à créer un maximum de dépendance non pas à l’égard des personnes, mais à l’égard de Dieu ». (op. cit.)

Ce principe me paraît magnifiquement illustré dans le film « De toutes nos forces », de Nils Tavernier (2014), avec Jacques Gamblin, Alexandra Lamy et le jeune Fabien Héraud (comédien non professionnel) : l’histoire d’une famille composée d’un père, d’une mère et de deux enfants. Mais Julien, le fils qui rêve d’aventures et d’une relation amoureuse – d’une vie excitante – est littéralement frustré et coincé : 1) par son lourd handicap (il est infirme moteur cérébral, en fauteuil roulant) ; 2) entre un père, ancien coureur de fond et chômeur, distant, trop distant, et une mère aimante, trop aimante, présente, trop présente.

Une famille et un couple au bord de l’éclatement

Or, à la veille de ses 18 ans, Julien ne veut plus être traité en enfant que l’on doit protéger de tout et décide de vivre ses rêves. Pour y parvenir, il met au défi son père de concourir avec lui à « l’Ironman », le triathlon de Nice(2). Dans un premier temps, le père refuse, ne s’estimant pas capable d’un tel exploit. Mais Julien ne “lâchera rien”, contraignant son père à le suivre et ressoudant le couple.

Un (mélo)drame tiré d’une histoire vraie : celle d’une redoutable épreuve qui réconcilie un père avec son fils handicapé. Duo sportif ne formant qu’un, témoignant d’une magnifique communion, le père et le fils tenteront d’atteindre leur but, “de toutes leurs forces”.

« De toutes nos forces » est donc le titre d’un beau film. L’expression évoque ce commandement d’aimer (Notre) Dieu…. « de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces » (Deut.6v 52)(3) Avec ce « second commandement, qui lui est semblable » (ou complémentaire), comme le rappelle le Seigneur Jésus (Matt.22,v37-40) : « aimer (notre) prochain, comme (nous)-même ».

Même si ce n’est sans doute pas l’intention première du réalisateur, le film me paraît également être une illustration de la vie chrétienne, autant dans sa dimension individuelle que collective (ici, au sein du noyau « famille »), et de ses vertus dites théologales, telles la foi, l’espérance et l’amour (1 Cor.13v 13) :

C’est cette puissance de l’amour, de l’espérance et de la foi – celle en Dieu qui déplace des montagnes (cf Marc 11v22 : l’action se passe d’ailleurs en Haute-Savoie) qui s’avère être le moteur de la reconstruction d’une famille en décomposition, comme de la véritable émancipation, réellement libératrice(4).

On relèvera enfin le rôle de la sœur aînée, modèle de la « sœur en Christ » et de l’amour fraternel, qui « supporte », soutient, édifie, honore (cf 1 Cor.13v7 ; Col.3v12-14), avec l’idée de réciprocité et de redevabilité (voir son touchant discours lors de la scène du repas d’anniversaire de Julien au restaurant)

Sans oublier la place essentielle du père (notre génération manque de véritables pères, constate-t-on), censé être un modèle, celui qui inspire, qui enseigne, qui « prépare au dehors », et cet équilibre nécessaire, vital, au sein de la famille, avec la mère, celle « qui nourrit », veille et entoure.

 

Voir aussi : http://www.europe1.fr/Cinema/De-toutes-nos-forces-handicapes-ils-ont-ete-bouleverses-1924655/#

Et la bande annonce du film :

 

Notes :

(1) Cet article a été  initialement écrit, en tant qu' »inédit », pour  « Les Cahiers Libres » et publié le 23/05/14.

(2) Une épreuve de 226 km où le père devra tirer, porter et pousser le fils sur la terre et en mer : 3,8 km de natation, 180,2 km de cyclisme puis un marathon (42,195 km) en course à pieds

(3) Avec ce bel exemple donné par le Roi David en 2 Sam.6v14-16

(4) Le véritablement affranchissement étant en Christ, comme ce dernier le dit lui-même : « si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8v36)

 

A quoi rêvent les petits garçons et les petites filles ? (« Pour les nuls au cinéma »)

Le « rêveur » le plus célèbre de la Bible est sans aucun doute Joseph, dont l’histoire peut se lire dans les chapitres 37 à 50 du livre de la Genèse.

Pour y parvenir, l’enfant devenu jeune homme, puis homme mûr et sage, aura du apprendre que « faire son film » n’est pas le rêve et qu’il importe de connaître et de suivre le « temps de Dieu » à ce sujet. Quand il l’aura enfin compris, Joseph sera élevé…au temps convenable.

Car il n’est pas tout de rêver, il s’agit aussi d’interpréter.

De nos jours, à quoi rêvent les petits garçons et les petites filles ? Quel enjeu pour leur construction personnelle et leur devenir ?

Enfant avec un ordinateur portable par Alan Toniolo de Carvalho Où commence la société de dépendance ? Et où s'arrêtera-t-elle ?

Enfant avec un ordinateur portable par Alan Toniolo de Carvalho
Où commence la société de dépendance ? Et où s’arrêtera-t-elle ?

La question est d’importance, en ces temps où la machine à rêve(ou à abrutir et à faire consommer)fonctionne à plein, particulièrement en ces temps de « joyeuses fêtes »(où le mot « Noël disparaît même des enseignes lumineuses de nos villes).

En guise de réflexion plus que de réponses exhaustive à la question, voici une sélection de films divers(un « top 10 »), obéissant aux règles suivantes :

-Les films qui suivent(je les ai tous vus et presque tous aimés) appartiennent à des genres variés(sauf le dessin animé-pour l’instant), et sont de diverses cultures, autres qu' »occidentale »(« américaine » ou « européenne »), à mille lieux des grosses (super ou non)productions hollywoodiennes, qu’il y ait des ninjas ou pas. A noter que je n’ai rien contre « les films américains », puisque la plupart des films de la liste qui suit sont « américains ». Autant que possible, visionner les films « étrangers »(non francophones) en VOST.

-Les films ont pour héros ou héroïnes des enfants(ou parfois des ados). Ou alors ils nous donnent à voir sous leur regard ou selon leur point de vue.

-Les films proposés peuvent tous être vus par des enfants, ou du moins, « en famille », à quelques nuances près que nous verrons plus loin. Ils peuvent être appréciés tels quels et nourrir une discussion avec des enfants-préados sur des sujets relatifs à la foi, l’évangile et des thèmes bibliques. Ils sont tous disponibles en DVD et leur durée est dans l’ensemble assez courte(d’une quarantaine de minutes à 1h30 en moyenne)

Sur ce, bonne vision, en vous souhaitant beaucoup de plaisir.

« A quoi rêvent les petits garçons et les petites filles ? »

Une scène de "CJ7", de et avec Stephen Show

Une scène de « CJ7 », de et avec Stephen Chow

Dans « CJ7 » de Stephen Chow, lorsqu’un maître d’école demande aux élèves d’une école privée huppée ce qu’ils veulent faire plus tard, les petites filles expriment leurs rêves de célébrité et les petits garçons ambitionne de devenir riches et puissants. Dickie, quant à lui, déclare vouloir devenir « quelqu’un de pauvre », parce que l’essentiel pour être respecté-« même si on n’a pas d’argent »-selon son papa manoeuvre sur un chantier, est d’être «  »gentil », « pas bagarreur », « travailleur » et « de ne pas raconter de salades ». Un « rêve » qui provoque les moqueries de la classe et l’incompréhension du professeur.

Le « Garçon aux cheveux verts » de Joseph Losey rêve, quant à lui, de redevenir comme tous ses camarades. A moins qu’il ne découvre que sa singularité est « un signe » porteur de sens….

Dans « Rouge comme le ciel », Mirco, dix ans et passionné de cinéma, veut vivre sa passion, quoique devenu aveugle à la suite d’un accident domestique.

 
Sili, douze ans, handicapée, décide de cesser de mendier pour devenir

Scène de "La Petite vendeuse de soleil"

Scène de « La Petite vendeuse de soleil »

« La Petite vendeuse de Soleil », un journal de Dakar, face au monopole des garçons. Car « ce qu’un garçon peut faire, une fille peut le faire aussi ».

La petite Bakhtay, afghane, est dévorée par l’envie d’aller à l’école, pour lire et « apprendre des histoires drôles ». Mais pour cela, il lui faut absolument « le cahier ».

Dans la Chine des années 30, Gouwa espère se voir transmettre le secret du « Roi des masques ».

Katia, dans « Katia et le crocodile », rêve de liberté….

Verra-t-on le bout de "La Nuit du chasseur" ?

Verra-t-on le bout de « La Nuit du chasseur » ?

Et les orphelins John et Pearl, d’une famille : un voyage au bout de « La Nuit du chasseur »...

Dans « Du silence et des ombres », Scout, « garçon manqué » et surdouée à ses heures, rêve à la fois de justice et de combattre l’injustice, même sans aucune garantie de « gagner ».

Enfin, dans « la Cité de l’Ombre », Lina et Doon rêvent de lumière (et de pouvoir choisir leur destinée)

Remarques et conseils divers :

Un film, pour un enfant, doit répondre à quatre exigences :

1)Répondre à sa curiosité, permettre l’identification aux héros, 2)conserver une part de mystère, 3) proposer des personnages dont il peut partager les émotions et 4) offrir des références avec ce qu’il vit ou connaît.

Que montrer, selon les âges ?

Les 5 à 7 ans :

Ils expérimentent que vivre, c’est être en relation avec les autres, et que la rencontre avec « l’autre » comporte richesses et difficultés. Ils comprennent et appréhendent avec leur corps tant qu’ils ne savent pas lire. Ils sont très à l’aise avec les images. Ils aiment les histoires qui expriment des situations ou des émotions qu’ils ont déjà vécues. Ils posent déjà de grandes questions.

A cet âge, on découvre les films d’animation, d’aventure et les comédies

Les 8 à 10 ans :

C’est l’âge de l’esprit scientifique. Leur horizon s’ouvre à d’autres civilisations et à d’autres cultures. Avides de connaissances, ils posent de multiples questions. Ils veulent savoir « comment ça marche », comprendre et vérifier, de façon concrète et d’une façon qui réponde à leurs propres expériences. Ils sont dotés d’un esprit logique et commencent à s’ouvrir à une certaine abstraction.

A cet âge, on découvre les westerns et les drames historiques.

Les 11 à 13 ans :

Ils sont curieux de tout, notamment les 11-12 ans. Leurs questions sont plus élaborées, et ils aiment comparer. A l’heure de l’adolescence, ils apprécient aussi de sentir qu’ils peuvent jouer un rôle et qu’ils ont leur place dans la société.

A cet âge, on découvre les grands auteurs et les films d’action(et les problèmatiques sociales et politiques à partir de 14 ans).

On privilégiera enfin les courts métrages(30 min.) avec  les maternelles, les moyens métrages(50 minutes) avec les  CP-CE1 et les longs métrages(1h30) à partir des CE2-CM2 et au-delà.

Les films (fiches techniques et résumés) :

CJ 7, de Stephen Chow(Hong Kong, 2008).  Avec Stephen Chow. VOST et VF.

Un excellent « film familial », que j’ai déjà montré à des ados de mon église et qui a remporté l’adhésion. Emouvant, drôle, il est suffisamment riche en thématiques bibliques(quoique « non chrétien » à la base) pour servir de support à une discussion de groupe : image du père, notion de sacrifice,  critique du matérialisme et d’une certaine tendance à vouloir exister à travers ce que l’on possède. Je n’en dis pas plus, car il est essentiel de conserver une certaine part de mystère, pour laisser tout le plaisir de la surprise.

Le Garçon aux cheveux verts, de Joseph Losey(USA, 1948). avec Dean Stockwell, Robert Ryan. VOST.

Dans un commissariat, Peter  (Dean Stockwell), un jeune garçon chauve d’une dizaine d’années, est interrogé par deux policiers qui n’arrivent rien à en tirer. On appelle à l’aide le Dr Evans (Robert Ryan), un psychologue qui, en partageant son maigre repas avec lui, réussit à lui faire raconter son histoire.(http://www.dvdclassik.com/critique/le-garcon-aux-cheveux-verts-losey ).

L’un des plus beaux de la sélection et l’un de mes préférés, avec CJ7. Souvent vu comme une « parabole sur le racisme » et la différence, « Le Garçon aux cheveux verts », un premier film de Joseph Losey, est certes cela, mais aussi plus que cela : il est une belle parabole sur l’appel, le don et le poids du don, redisant bien avant « Spiderman » de Sam Raimi : « à grand don, grande responsabilité… » Convient parfaitement à partir de 10-11 ans.

Enfin, les plus cinéphiles d’entre nous auront sans doute reconnu en Dean Stockwell, qui joue Peter, celui qui allait devenir « l »hologramme » de la série « Code Quantum » !

Affiche de "Rouge comme le ciel"

Affiche de « Rouge comme le ciel »

Rouge comme le ciel, de Cristiano Bortone(Italie, 2010).  Avec Luca Caprotti, Francesca Maturanza, Paolo Sassanelli. VOST et VF. Contient une version en audiodescription, pour les mal voyants.

Inspiré de l’enfance de Mirco Mencacci, auquel il arriva le même malheur, et qui développa une sensibilité au son. Sorti du collège à 16 ans, il est, depuis, devenu musicien, puis l’un des plus célèbres ingénieurs du son du cinéma italien (il a notamment travaillé avec Michelangelo Antonioni)

(Voir http://www.lesfilmsdupreau.com/prog_detail.php?code=rge)

La Petite vendeuse de soleil, de Djibril Diop Mambety (Sénégal, 1999). Avec Lissa Balera. VOST(avec des parties en français)

« Soleil, soleil ! »
Le deuxième volet d’une trilogie inachevée : «Histoires de petites gens». Et donc l’ultime film de Djibril Diop Mambety.
Un conte africain qui nous entraîne dans les rues de Dakar, sur les pas de Sili, une héroïne attachante au caractère «bien trempé» qui découvre la dureté du monde : la pauvreté, les bidonvilles, les petits métiers de vendeurs de rue.
Mais, loin de tout misérabilisme, cet « Hommage au courage des enfants de la rue » qui refusent d’être à genoux est surtout un film généreux, plein de vie.  Il sera certainement une découverte pour beaucoup, tant les films africains sont si rares sur nos écrans.

Le Roi des masques, de Wu Tianming(Chine, 1996). Avec Zhu Xu, Zhou Renying. VF, VOST.

Dans la Chine des années 30, un vieux maître de l’opéra choisit de devenir saltimbanque : « le Roi des masques ». Mais il n’a pas d’héritier pour transmettre son art. Le film « aux 30 récompenses ». Très émouvant et fort. A l’instar de CJ7, il doit absolument garder sa part de mystère pour être apprécié.

Katia et le crocodile, de Vera Simkova(Tchécoslovaquie, 1966). avec Yvetta Holauerova. VF.

Katia s’ennuie pendant les grandes vacances. Pour rendre service à un camarade, elle accepte de garder chez elle jusqu’au soir toute une ménagerie : un crocodile, deux lapins, un petit macaque, un oiseau qui parle, une tortue et la nourriture du crocodile, des souris blanches.  Mais pendant l’absence de Katia, partie raconter la nouvelle à ses amies, la petite soeur qui dormait s’éveille et libère les bêtes, tandis que d’autres s’évadent. Le crocodile, entreposé dans la baignoire, est délivré par l’eau qui monte…C’est ainsi que tout le quartier de Prague, adultes et enfants, se livre à une chasse épique.

Le premier burlesque pour enfants, rythmé et nerveux, cocasse. A la fois réaliste, fantaisiste et poétique. Pour les enfants de six à onze ans. Représentatif du vent de liberté qui régnait alors en Tchécoslovaquie. Réalisé deux ans avant l’entrée des chars soviétiques à Prague.

La Nuit du chasseur, de Charles Laughton(USA, 1955). Avec Robert Mitchum, Billy Chapin, Shelley Winter, Lilian Gish. VF et VO

Ben Harper (Peter Graves), un père de famille condamné à la pendaison après un braquage qui tourne mal, rencontre dans sa cellule Harry Powell (Robert Mitchum), un faux pasteur. Powell s’intéresse surtout au magot laissé par Ben, et, aussitôt libéré, se rapproche de sa veuve, Willa (Shelley Winters), et de ses deux enfants, John (Billy Chapin), et Pearl (Sally Jane Bruce), pour mettre la main dessus. Willa se laisse séduire, et épouse Powell, tandis que John n’est pas dupe. Un duel s’engage entre Harry Powell et l’enfant.

(http://www.dvdclassik.com/critique/la-nuit-du-chasseur-laughton )

Le premier et unique film de Charles Laughton.  Excellent. Ou comment préparer les enfants à se méfier des « loups ravisseurs », qui viennent à nous « en vêtements de brebis », et à reconnaître leurs fruits(Matt.7v15-16). A partir de 11 ans.

Une scène du film.

Du silence et des ombre, de Robert Mulligan(1963, USA), avec Grégory Peck. VO et VF. A partir de 13 ans.
Adaptation du best-seller d’Harper Lee « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » (également titre du film en version originale), qui sera à la fois le premier et le dernier ouvrage de la romancière qui obtint le prix Pulitzer. Un résumé réducteur dirait qu’il s’agit d’une « plongée dans l’Amérique ségrégationniste des années 1930, vue à travers le regard de Scout, six ans, « garçon manqué » un peu surdouée à ses heures ».
(http://www.dvdclassik.com/critique/du-silence-et-des-ombres-mulligan ; http://www.critikat.com/Du-silence-et-des-ombres.html )

La Cité de l’Ombre, (2008, USA), de  Gil Kenan.  D’après le roman éponyme de Jeanne Duprau.
Avec Saoirse Ronan (Lina Mayfleet), Harry Treadaway (Doon Harrow), Bill Murray (le maire Cole), Tim Robbins (Loris Harrow), Martin Landau (Sul)…VOST et VF.

Ember, une ville souterraine construite il y a deux cents ans par « les Bâtisseurs » pour préserver l’humanité de son extinction. Cette ville est éclairée par un gigantesque générateur qui se meurt.  Bien que les coupures d’électricité se multiplient, les habitants, qui se voient attribuer dès leur adolescence des fonctions sociales non choisies,  sont prisonniers de leur confort et perfidement asservis par le pouvoir en place. Pourtant, ils se contentent de leur condition avec un fatalisme quasi religieux, attendant le retour des messies sans remettre en question leur mode de vie. Seuls deux adolescents, Lina et Doon, et le père scientifique de ce dernier,  rêvent de s’enfuir et de trouver la véritable lumière(D’après Critikat)

Des thématiques chrétiennes et bibliques évidentes, quoique le roman de Jeanne Duprau, base du film, m’a paru plus explicite encore que le film sur ce point. On pense au « Voyage du Pèlerin », et à la « Cité de Destruction ».

Le Cahier, de Hana Makhmalbaf (2007, Iran). Avec Nikbakht Noruz (Bakhtay), Abdolali Hoseinali (le garçon talib), Abbas Alijome (Abbas). VOST.

Un film qui fait « flipper grave », tant il montre combien la haine, les préjugés et l’intolérance peuvent être communiqués aux enfants et transmis d’une génération à l’autre.
Bref, de nature « à casser l’ambiance », surtout en cette période de Noël, il pourrait être considéré comme l’intrus de la sélection. Toutefois, il a bien sa place ici pour ce qu’il a à nous apprendre, quoique plutôt « réservable » aux plus grands(à partir de 13 ans) et aux adultes. (Voir critique : http://www.critikat.com/Le-Cahier.html )