« Foireux liens » de novembre (24) : « Big Bang »

« La suppression des emplois aidés… »
Dessin de Baptiste Alchourroun, paru dans CQFD n°158 (octobre 2017)

Bonjour ! Les « Foireux liens » sont de retour ! Cette édition de Novembre témoigne d’une actualité dense et diversifiée. Il y est notamment question de « Big Bang » (territorial et institutionnel, social), de Glyphosate, du procès Merah, de terrorisme et d’Halloween, d’avortement, d’hyperconnexion et de droit à la déconnexion, des 500 ans de la Réforme protestante abordés sous certains angles, et de « Fake niouze ». Bonne lecture  (bien entendu, pas d’une traite) !

1) « Big bang » institutionnel et territorial : Comment Macron veut remodeler l’Ile-de-France
Cela vous a peut-être échappé, mais le chef de l’Etat souhaite fusionner les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis) avec la Métropole du Grand Paris. Un projet de réforme qui suscite l’inquiétude des sept départements franciliens. Le département de Seine-Saint-Denis a décidé d’en appeler à ses citoyens pour interpeller Emmanuel Macron et le gouvernement via une pétition intitulée « comment ferons-nous demain ? », laquelle réclame « le maintien des services publics de proximité » et demande « plus de démocratie ».

Mais ledit « Big Bang » institutionnel annoncé par nos gouvernants « pour faire des économies », au-delà de la question de sa pertinence, est-il possible ? Gilbert Meyer, Maire de Colmar, Président de la Communauté d’Agglomération de Colmar et Député honoraire, répond « non » et explique pourquoi, dans un article daté…de 2014.

« ….ne pose strictement aucun problème ».
Dessin de Baptiste Alchourroun, paru dans CQFD n°158 (octobre 2017)

2) « Big Bang » social : « Des contrats vraiment pas aidés »
Emmanuel Macron a raison, les CUI-CAE, c’est bidon. Mais ce qui vient est bien pire. À commencer par la brutalité du méga-plan social que suppose la suppression de dizaines de milliers de ces emplois « aidés ». Enquête par CQFD, mensuel indépendant de critique et d’expérimentation sociales – par ailleurs mis en difficulté, du fait notamment de la suppression de leurs deux contrats aidés.

3) « Pôle emploi, c’est vraiment devenu une machine de guerre »
Ils sont près de 40 000 conseillers à suivre, au quotidien, les six millions de chômeurs inscrits au Pôle emploi. Mais ces agents, dont le métier évolue sans cesse au gré des décisions politiques, ne savent plus trop où ils en sont. Sommés de faire du chiffre sans en avoir les moyens, souvent au détriment du respect des droits des usagers, beaucoup s’interrogent sur le sens de leur travail, quand ils ne sont pas purement et simplement en grande souffrance. Bastamag les a rencontrés.

4) Glyphosate : l’ombre de Monsanto plane sur l’Europe
Les Etats membres de l’Union européenne doivent se prononcer le 9 novembre sur la réautorisation du glyphosate. Ce pesticide est le principe actif du Roundup, le désherbant le plus vendu au monde, commercialisé par la firme américaine Monsanto, rachetée en 2016 par le géant allemand de la chimie Bayer. Produit depuis les années 1970, il a été classé en 2015 comme un cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une évaluation qui a dû peser sur la position du gouvernement français, lequel a déclaré le 30 août qu’il voterait contre le renouvellement pour dix ans de l’autorisation de cette substance. Réautorisation, proposée par la Commission européenne.

Voir aussi :
Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ?
Alors que de plus en plus d’agriculteurs français dénoncent une « hécatombe » provoquée par les cancers liés aux pesticides, le principal syndicat agricole, la FNSEA, met tout en œuvre pour défendre l’usage du glyphosate, le plus longtemps possible, quitte à s’allier avec l’industrie des pesticides. Basta ! s’est penché sur les raisons d’une telle détermination, entre business et conflits d’intérêts.

5) Beurre : une « pénurie » liée aux pratiques des multinationales
Le beurre manque dans les linéaires de certains magasins. Une absence qui ne relève pas d’une pénurie de lait chez les producteurs, mais d’ « un problème de négociations commerciales entre industriels laitiers et distributeurs », selon la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers. Ces derniers jours, plusieurs actions ont été organisées par des agriculteurs dans des grandes surfaces précisant dans des tracts : « Ce magasin manque de beurre parce qu’il ne veut pas le payer à son juste prix ! ».

 

« La théorie du Ruissellement expliquée par les chiens ». Dessin de Nicolas de la Casinière. Paru dans CQFD n°159 (novembre 2017), rubrique « Chien méchant ».

6) Le “ruissellement“ coule-t-il de source ?
Peut-on vaincre la pauvreté en passant les riches à l’écumoire ? L’idée est alléchante. Mais assécher et empaler un riche bien dodu comme un lièvre à la broche est du gâchis : c’est quand il ruisselle et dégouline du portefeuille que le riche est le plus utile, car il irrigue l’économie. Il ne s’agit pas d’un secret de cuisine, mais d’une théorie économique : la « théorie du ruissellement ». Coule-t-elle de source ? Décryptage dans La Vie.

7) La robe en lambeaux
« Au procès Merah, l’opinion publique a eu beau tirer sur la manche du juge, elle n’a rien obtenu ; alors pleine de colère et de dépit elle s’en est allée déchiqueter la robe de l’avocat. EDM [Eric Dupond-Moretti] a dit à l’antenne que le procès de Nuremberg, souvent cité par les parties civiles lors du procès Merah, était plus digne notamment parce que nul n’avait songé à contester la présence des avocats. Il a précisé plus tard dans une interview qu’à Nuremberg on n’avait pas non plus traité les accusés d’animaux. Quel constat terrifiant », analyse la juriste-blogueuse « Aliocha ».

8) New York – « Contre la terreur » : Halloween !!!
L’Ouzbek de Manhattan a bien choisi son jour. Tuer huit personnes au moment de Halloween, c’était attirer l’inéluctable « réponse » occidentale : « Tout ça est pour nous empêcher de faire la fête mais nous la faisons quand même. » Réponse imbécile, puisque les djihadistes (commandos organisés ou lumpenterroristes comme dit Bauer) ont bien d’autres objectifs que de nous empêcher de faire la fête… Mais réponse terriblement éloquente quand la « fête » en question est celle de… Halloween, où l’on défile déguisés en vampires et en zombies. Se grimer en cadavres de cinéma pour effacer les cadavres réels….L’analyse de Patrice de Plunkett sur son blogue.

9) Ne faites pas (la) peur
Comme chaque année, pendant la période fin octobre-début novembre, « le bon goût » a été de « jouer » à (se) faire peur. Certes, les festivités macabres sont derrière nous, mais le thème me paraît toujours d’actualité, d’autant plus que l’on connaît cette sorte de « fascination » pour la peur, de la part de notre prochain, dont les plus jeunes (du moins, ce qu’ils en disent)-illustré par exemple, via un certain goût pour les « films d’horreur ». Mais qu’est-ce que la peur ? D’où vient cette fascination pour la peur ? Est-elle saine ? Comment la gérer ? Est-on « moins » un « homme » parce que l’on a peur ou parce que l’on a avoue avoir (eu) peur ?…L’un de nos anciens articles, qui garde toute son actualité, à redécouvrir sur Pep’s café !

10) Avortement : la question qui tue
Le test du mois à découvrir sur « Visiomundus », un blogue d’apologétique culturelle : Dans une série de tweets récents, Patrick Tomlinson, auteur de science-fiction et humoriste, affirme ceci : « Depuis maintenant une dizaine d’années, à chaque fois que les partisans de l’idée que « La vie commence dès la conception » se mettent à parler de l’avortement, il y a une question que je leur pose. En dix ans, JAMAIS aucun d’entre eux n’y a répondu honnêtement ». Après cette introduction accrocheuse, il poursuit en évoquant un scénario imaginaire, proposé avant lui par Michael Sandel (philosophe américain, professeur à Harvard) lors d’une réunion du Conseil Présidentiel de Bioéthique, et encore avant eux, par George Annas (professeur de droit à Harvard et spécialiste en droit médical, bioéthique et droits de l’homme)……

11) Hyperconnection
Alors que neuf français sur dix possèdent un téléphone portable, le gouvernement veut étendre l’accès au haut débit. Voilà l’occasion de lire ou relire l’ensemble de la chronique de La Croix, parue en août, autour de l’hyperconnexion grandissante – qui modèle notre société – et des pistes esquissées pour prendre du recul. En guide d’introduction, Dominique Boullier, sociologue du numérique, fait le point sur les effets de la généralisation du smartphone sur nos comportements : « Le téléphone portable est une façon de vivre ensemble séparé (…) la question de l’hyper connexion pose la question de la présence, à l’Autre, à une œuvre d’art, à Dieu, à une relation amoureuse… On pense être présent à tout le monde grâce à la connexion. Mais en réalité, on finit par ne plus jamais être présent à rien ni à personne, on est sans arrêt ailleurs. Pendant ce temps-là, les concepteurs des applications dans la Silicon valley font des cours de méditation et envoient leurs enfants dans des écoles sans écran… »

Notre sélection pour les 500 ans de la Réforme protestante :

12) La liberté chrétienne selon Martin Luther
Le Traité de la Liberté Chrétienne rédigé par le Réformateur allemand Martin Luther en 1520 et dédié au pape Léon X (un an avant sa rupture définitive avec la papauté) est l’un des plus grands et plus beaux écrits de son auteur, mais aussi de la littérature chrétienne en général. Bien qu’écrit il y a bientôt cinq siècles, son contenu reste d’une actualité et d’une profondeur sans pareille. Le thème de la liberté chrétienne y est développé en relation avec la foi (…), une liberté (qui) s’exprime dans une relation du croyant avec le monde, dans le combat propre de la foi qui lie le chrétien à ses semblables par une relation fondamentale de service.

13) Etre sauvé(e) et reconnaissan(e) – 500 ans de la réforme protestante : ou comment ne pas tomber dans « la routine » de savoir que nous sommes sauvées par grâce. A lire sur le blogue chrétien féminin « elle croit ».

14) Petit plaidoyer pour la liberté de conscience, par le pasteur Matthieu Sanders, qui reste « frappé ces derniers temps par l’évolution, plus ou moins assumée, d’une petite partie du milieu évangélique français vers un positionnement qu’on pourrait qualifier d’identitaire ».Or, ajoute-t-il, « si nous maintenons- comme nous l’avons toujours fait – que la foi est affaire de conscience et non de naissance ou de contrainte ; si nous nous croyons enjoints à aimer notre prochain, quel qu’il soit, comme nous-mêmes ; si, enfin, nous faisons confiance à Dieu pour que l’Evangile prévale sur toute autre vision du monde, comment pouvons-nous refuser à l’autre la liberté d’expression et de culte que nous revendiquons pour nous-mêmes ? »
A découvrir sur le tout nouveau site d’Évangile 21.

15) Les projets de Marlène Schiappa sur la laïcité inquiètent
Des voix s’inquiètent d’un risque de dérive après l’annonce de la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes de soumettre une charte de la laïcité aux associations subventionnées.

16) « Une religion trop libérale aura du mal à survivre » : Jörg Stolz, sociologue des religions à l’université de Lausanne, analyse la désaffection des églises – protestantes ou catholiques – et le succès de l’évangélisme protestant : les Evangéliques « ont plus d’enfants que la moyenne et ils se défendent davantage contre les alternatives séculières », par exemple en mettant l’accent « sur la socialisation religieuse de leurs enfants », en faisant en sorte « qu’ils aient des contacts avec d’autres familles évangéliques » et « régulent l’accès à Internet, à la télévision, aux médias, pour les éloigner des alternatives qui pourraient entrer en concurrence. Les protestants traditionnels, eux, sont plus libéraux et ouverts sur le monde extérieur. Leurs enfants sont plus exposés à la concurrence d’autres influences, ils vont donc se séculariser plus facilement ».

17) « Fake news » : si vous l’avez manqué, voici le rappel d’un nouvel épisode de la guerre de la désinformation : « la prière musulmane (supposée) imposée en Angleterre ». En à peine 24 heures, une vidéo datée du 09 août dernier montrant, à première vue, un imam récitant une prière lors du conseil municipal d’Oldham, une ville dans le nord de l’Angleterre, est devenue virale sur Facebook et sur Twitter. Elle a été visionnée près de 355.000 fois sur Facebook et retweetée plus de 1.500 fois sur Twitter.
L’idée partagée de cette « info scandaleuse » émanant des réseaux d’extrême-droite français, et trouvant (hélas) écho dans certains réseaux chrétiens évangéliques, consiste à dire «Voici ce qui nous attend en France ». Décryptage proposé par Le Sarment, pour une « désintox » salutaire.

18) Quand vous priez, dites : « Notre Père ». Une saynète écrite pour un culte famille et construite principalement autour du texte de Luc 11v1-13.

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Foireux liens de novembre(18) : Réforme, « bonbons d’Halloween », éducation et technologies, politique et élections

Après une période de congés bienvenus, au cours de laquelle cela a été pour moi « interniet », nos Foireux liens » sont de retour, en ce mois de novembre ! Au menu : la Réforme protestante, les bonbons d’Halloween, des réflexions sur la technologie et la paternité intellectuelle(vs « droit d’auteur »), ainsi que quelques articles plus « politiques ». Evidemment, ne pas tout lire « d’une traite » et « en diagonale » !

 

Quel "partage des tâches" dans le couple Luther ? Par Andy Singer

« Les 95 thèses de la femme de Luther »
Par Andy Singer ou comment vivre les principes de la Réforme aujourd’hui ?

La Réforme a 500 ans !
Une partie du monde a fêté halloween le lundi 31, mais pour les protestants, cette date est celle de « la fête de la réforme » : une occasion de se souvenir des 95 thèses de Luther contre les indulgences, que ce dernier a affichées le 31 octobre 1517 sur la porte de l’église du château de Wittenberg, ce qui a marqué le lancement de la réforme ! En quoi est-ce important, pour nous, protestants ? Comme le souligne Ludivine, sur son blogue « ellecroit.com », il ne s’agit pas « juste de se rappeler de la réforme pour faire du « sentiment » sur notre passé mais de saisir l’occasion de redire notre attachement à ces notions essentielles de la réforme et de continuer à lutter pour que cela reste une réalité pour nous encore aujourd’hui ». Suit un rappel des « 5 solas » de la Réforme.

Vous étiez occupés à faire autre chose ce 31 octobre 2016 ? Ce n’est pas très grave, puisque nous aurons une année entière (2017) pour fêter 500 ans de Réformes et vivre la fraternité. Plus d’infos sur le portail de la Fédération Protestante de France (FPF).

Dietrich Bonhoeffer, une figure protestante à redécouvrir aujourd’hui : Du 11 au 13 novembre prochain, le pasteur Steve Bezner viendra à Paris pour enseigner un cours sur Dietrich Bonhoeffer dans le cadre du cursus de formation théologique #Transmettre. Sur « Le Bon Combat », un blog « réformé d’un point de vue théologique et baptiste d’un point de vue ecclésiologique », Guillaume Bourin lui a demandé d’expliquer pourquoi tous les évangéliques devraient connaître un théologien « néo-orthodoxe ». Alors, certes, « il est l’exemple même de la foi inébranlable. Sa résolution d’aller au martyr alors qu’il aurait pu aisément choisir une autre voie nous pousse à la réflexion ». Mais « la plupart de ceux qui en appellent à Bonhoeffer font référence à sa mort (entre les mains des nazis, ndt.). Or, « il y a beaucoup plus à apprendre de sa théologie. Dans les faits, sa vie est bien plus riche d’instruction que sa mort ».

 

« Les bonbons d’Halloween » : Des nanoparticules potentiellement cancérogènes dans plus de 100 sucreries pour enfants. Vous avez peut-être déjà repéré la mention de ce colorant sur des produits alimentaires : le « E171 ». Il s’agit de dioxyde de titane. Il sert à améliorer l’aspect du produit en lui donnant une blancheur immaculée ou en faisant briller bonbons et glaçages. Une enquête de l’association Agir pour l’environnement révèle que plus de 100 produits destinés aux enfants contiennent ce colorant : bonbons Têtes brulées, Elodie, Fizzy, chewing-gumAirwaves, Hollywood, Freedent, Malabar, confiserie M&M’s (Mars), Skittles, gâteaux LU, chocolats Milka (Mondelēz International), décorations gâteaux Vahiné (McCormick)…Problème : le dioxyde de titane contient des particules d’un diamètre moyen de 100 à 130 nanomètres (….) une « bombe sanitaire » dans la mesure où ces particules peuvent avoir des effets mutagènes, cytotoxiques, cancérigènes, voire même neurotoxiques. Or, les enfants sont en première ligne : ils ingurgiteraient deux à quatre fois plus de titane que les adultes du fait de leur consommation de sucreries. La suite à lire, sur Bastamag.

 

Technologies et Education :
Pour mieux éduquer au numérique à l’école, faut-il d’abord apprendre aux élèves…..à s’en passer ? Les écrans et le numérique prennent de plus en plus de place dans l’enseignement et dans la vie des jeunes élèves. Faut-il en avoir peur, pour la qualité de l’apprentissage comme pour la santé, notamment chez les plus jeunes ? Tout dépend de l’utilisation qui en est faite, clament certains. D’autres appellent à une école sans écran, du moins au primaire et au collège. Karine Mauvilly, historienne et juriste, puis enseignante en collège, a observé la mutation en cours avant de démissionner de l’Éducation nationale. Elle est l’auteure, avec Philippe Bihouix, de l’essai : Le désastre de l’école numérique. Plaidoyer pour une école sans écrans, aux éditions du Seuil. Rencontre et entretien à découvrir sur Bastamag.

Le mobile détruit-il internet ?
« Cool, entre vos mains vous me lisez certainement avec un Smart phone . Mais savez-vous que votre geste du doigt détruit (un peu ) notre monde de culture, de connaissance ? Hum… vous ne captez pas ? » Alors suivez Zeboute, qui vous explique tout cela sur son blogue.
« Droit d’auteur » vs « paternité intellectuelle » ? Une nouvelle série de 6 articles de Yannick Imbert consacrée à la paternité intellectuelle, publiée sur le blogue « Le Bon Combat », suite à deux très courtes contributions de ce dernier sur le droit d’auteur en réponse à un autre article publié auparavant.

 

Politique/élections :

Alors que l’on s’apprête à voter pour un nouveau président ou pour une première présidente aux USA, le 08 novembre prochain, et en attendant la présidentielle française de fin mars 2017, sur quels critères voter ? Peut-on discerner ce qui, « en politique, est chrétien et ce qui ne l’est pas » ?
Quelques pistes de réflexion, sachant qu’aucun parti ne saurait se dire « plus chrétien que moi tu meurs », vu que l’Evangile « a de quoi déranger tous les partis » :

« Petit manuel politique » des évêques de France : une invitation à « laisser la colère et la politique », pour mieux retrouver le sens « du » politique.
Une « explication de texte » donnée par le journaliste Patrice de Plunkett du livret du conseil permanent de la CEF – Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique : « une analyse très ferme de l’impasse de la politique contemporaine, symptôme d’une société asservie au non-sens et à la marchandise ». Et face à toutes ces impasses, ce document « perspicace » de la CEF invite à « ressusciter le politique », qui est… « mort », « tué par la politique ».

« Pour qui les chrétiens devraient-ils voter ? » Les chrétiens se tiennent à l’écart de la politique et ils ont tort, selon le site web « L’Observateur chrétien », qui nous donne ses critères de vote. Le choix des sujets (« terrorisme », « immigration »…) nous paraît risqué et un peu réducteur, mais nous pouvons relever quelques bonnes surprises dans cet article, qui se fait fort d’argumenter en s’appuyant sur la Bible.

D’ailleurs, que dit la Bible sur le racisme et la xénophobie ? Peut-on entretenir en toute bonne conscience certaines attitudes amères ou considérations condescendantes envers tel ou tel groupe tout en se proclamant chrétien ? Pour répondre à cette question, Guillaume commence par définir la notion même de racisme ainsi que celle de race, puis examine si ces concepts se retrouvent dans les Ecritures, puis propose cinq raisons pour lesquelles la révélation biblique ne peut pas s’accorder avec quelque forme de racisme que ce soit. A écouter sur le site « du Bon Combat ».

De bonnes raisons de prendre ses distances avec tel ou tel candidat :
Depuis la diffusion des propos sexistes et particulièrement vulgaires de Donald Trump tenus dans une vidéo en 2005 le 7 octobre par le Washington Post, « on ne compte plus les responsables et militants républicains qui prennent leurs distances avec le candidat de leur parti. Y compris chez les évangéliques, dont beaucoup appellent à ne plus voter pour le candidat républicain », relève le journaliste Henrik Lindell sur son blogue. « Dans les milieux chrétiens conservateurs, beaucoup en sont à se demander pourquoi il a fallu attendre (cette vidéo) pour se convaincre du caractère moral rédhibitoire du candidat. Celui-ci a déjà, entre autres, traité les mexicains de violeurs, défendu la torture, proposé d’interdire les musulmans de séjourner dans le pays et insulté 273 personnes sur son compte twitter sans que cela n’émeuve grand monde chez les chrétiens conservateurs. Dans un long éditorial pour Christianity Today, la revue évangélique de référence[« Speak Truth to Trump » : Evangelicals, of all people, should not be silent about Donald Trump’s blatant immorality. Andy Crouch/ October 10, 2016 Voir aussi http://www.christianitytoday.com/gleanings/2016/october/most-evangelicals-not-voting-trump-beliefs-identity-lifeway.html ], le directeur du magazine, Andy Crouch, critique ce réveil si tardif chez ses frères et sœurs : « Tout le monde sait ce qu’est Trump et chacun a pu le constater pendant des décennies. » Personne, dit cet évangélique, n’illustre mieux la chair qu’il faut faire mourir sur la terre dont parle Paul dans sa lettre aux Colossiens (3, 5) : « l’immoralité sexuelle, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie ». Il n’y aurait donc pas d’excuse valable chez ces évangéliques de voter pour Trump….

….A moins de choisir de le soutenir coûte que coûte : Ainsi, pourquoi les États américains les plus pollués sont ceux qui votent pour les Républicains ? Pourquoi les citoyens directement confrontés à des désastres écologiques vont-ils voter Donald Trump, le candidat qui veut supprimer les régulations environnementales ? La sociologue Arlie Hochschild a mené l’enquête pendant cinq ans, sur les terres de Louisiane, un des États les plus pauvres et les plus conservateurs des États-Unis. Son ouvrage, Étrangers dans leur propre pays : Colère et deuil au sein de la droite américaine, est une plongée dans le monde des électeurs de Trump. Rencontre avec un « écologiste version Tea Party » : sa fierté blessée, ses contradictions, sa vision du monde et ses convictions antagonistes.

« Trump : messie politique pour les born again blancs » ? On dit que « les évangéliques soutiennent Donald Trump. Mais lesquels ? Analyse du sociologue et historien Sébastien Fath sur son blogue.

« Le moindre mal de l’un est rarement le moindre mal de l’autre » :
Mais tout choix électoral n’est pas si simple, vu qu’ « actuellement, aux Etats-Unis comme en France les campagnes électorales ont davantage tendance à semer la confusion dans l’esprit des électeurs indécis qu’à les éclairer. Au jeu des petites phrases, de la communication, du story telling, de la diabolisation de l’adversaire et des promesses qui n’engagent que ceux qui les croient les citoyens qui n’ont pas encore cédé aux démons de l’abstention sont le plus souvent désorientés. Certes, on n’a pas souvent le choix de voter pour un candidat dans lequel on croit vraiment et on se rabat souvent sur le moindre mal : après tout la politique n’est-elle pas l’art du possible ? Mais là encore, l’électeur déboussolé (…) est perplexe ». Quand nous discutons « avec des amis par ailleurs aussi sincères et instruits que (soi), nous aboutissons à des conclusions souvent très éloignées : le moindre mal de l’un est rarement le moindre mal de l’autre ». Réflexion d’un blogueur catholique, qui « prend le temps d’y penser ».

La clé serait-elle, face à l’Extrême-droite, « d’écouter, comprendre agir », plutôt que de flatter les bas instincts ? Le quotidien La Croix diffuse à tous ses abonnés un numéro de la Revue Projet, dirigée par les jésuites du CERAS, intitulé « Extrême-droite : écouter, comprendre agir ». La réalisation de ce numéro tiré à 100 000 exemplaires a été rendue possible par des dons recueillis dans le cadre d’un financement participatif (40 000 euros auraient été récoltés) et le soutien de dix mouvements catholiques : l’ Action catholique des Milieux Indépendants ; CCFD-Terre solidaire ; Chrétiens en Forum ; Délégation Catholique pour la Coopération ; Justice & Paix ; Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne ; Pax Christi ; Scouts et guides de France ; Secours catholique ; Semaines Sociales. Pourquoi un tel numéro ? Parce que , comme l’explique Jean Merckaert, rédacteur en chef de la Revue Projet, dans son éditorial, « les idées d’extrême droite ne cessent de progresser, en France, dans les discours et dans les urnes, y compris parmi les jeunes, les fonctionnaires, les femmes, les catholiques, voire chez les enfants d’immigrés, des catégories de population que l’on croyait, jusqu’ici, plus hermétiques. Ses idées sèment le trouble. Le Front national, défenseur des petits, vraiment ? Le phénomène interroge. De quoi est-il le symptôme ? Quelles réponses ? Si l’extrême droite est un leurre, les ingrédients qui font son succès sont bien là. S’il est nécessaire qu’au nom des valeurs humanistes ou évangéliques, des autorités morales et religieuses tracent des lignes rouges à l’attention des indécis, les condamnations seront vaines face au SOS lancé par nombre d’électeurs du FN. Car leur revendication première est existentielle. Exister. Être reconnus. Compter pour la société, et que la société compte sur eux ».
Découvrir quelques articles sur le site de la revue.