Foireux liens de juillet-août(22) : « mission/démission », « réformer/déformer »

Les « Foireux liens » de l’été 2017 : une actualité placée sous le signe de la « réforme », laquelle soulève des protestations !

Voici nos « foireux liens » de juillet-août : il y sera question, entre autres, de « génération Y », de « super-pouvoirs », de réformes autour du code du travail en France et de la santé aux USA, et de la meilleure façon de la théologie avec le hand-spinner ! A lire, bien entendu pas « d’un seule traite » mais à votre rythme, pendant l’été.

 

1) Pourquoi la génération Y est-elle en train de démissionner ?

« Née dans les années 80, elle est réputée difficile à manager, à rester concentrée, accusée d’être instable, paresseuse même parfois, elle fait l’objet de diverses études cherchant à comprendre pourquoi elle rencontre tant de difficultés à s’intégrer en entreprise. Ceux qui la composent disent rechercher une mission davantage qu’un travail, un mentor plutôt qu’un chef et veulent avant tout avoir de l’impact, de l’influence dans ce qu’ils font. Quitte à prendre le risque de tout abandonner s’ils ne l’obtiennent pas. (…) La génération Y continuera de démissionner tant que l’on sera incapable de faire le bon diagnostic et réorganiser le travail de façon à s’adapter aux modes de vies d’aujourd’hui ».

« Je vais sauver notre mariage », « Tu vas arrêter de boire, de me tromper, de me battre et tu vas consulter? », « Mon Dieu non ! Je vais voter pour interdire le mariage gay ! »

2) « Dieu est-il homophobe » ? Un rapport soumis au vote du Synode de l’Église anglicane en 2016 réaffirmait la vue traditionnelle du mariage entre un homme et une femme. Ce rapport valorisait toutefois certains aspects de l’homosexualité. Sam Allberry, chrétien et pasteur, et aussi attiré par les personnes du même sexe, s’est réjouit du maintien de cette vue traditionnelle. Il s’inquiète pourtant devant la forte pression qui est faite pour permettre à l’Église anglicane de bénir les couples homosexuels. Il est l’auteur du livre Dieu est-il homophobe ?, paru aux éditions BLF le 15 juin 2017.

Écouter sa prise de position, à cette occasion, ici, dans cette vidéo.

Et lire le témoignage de celui « qui a su replacer l’attirance pour les personnes du même sexe dans la perspective d’une vie de disciple. Loin de présenter une injuste spécificité des personnes attirées par le même sexe, en réalité », Sam relève que la vie de disciple a un coût, « qui est le même pour tous » : renoncer à « laisser libre-court à ses convoitises en matière de désirs charnels ».

3) Qu’est-ce qui constitue une approche pastorale ? Ou qu’est-ce que signifie « être pastoral » ? Par Kevin DeYoung. Selon nous, une «approche pastorale» implique la douceur, la patience et beaucoup d’écoute. Si quelqu’un est «pastoral», il est relationnel, sensible et a un effet calmant sur le autres. Le « soin pastoral », cela suppose de réconforter les malades, rendre visite aux veuves et prêter une épaule pour pleurer. Ce sont tous de bons exemples qui qualifient un bon pasteur. (…) ‪Mais ces exemples ne viennent pas à bout de ce que la Bible entend par le «ministère pastoral». Nous ne devons pas permettre aux vertus douces du soin pastoral d’en éclipser les vertus dures, de sorte qu’une «approche pastorale» devienne synonyme de ce qui est inoffensif, thérapeutique et réconfortant….

4) « Vaincre les idoles cachées » : une méditation de 2 Rois 17v9-19 proposée par Laurent Descos, pasteur et blogueur : C’est donc « en secret » que les Israélites s’étaient bâti des hauts lieux, qu’ils s’étaient fait des pierres levées et des poteaux cultuels sur toutes les collines. Étonnant, n’est-ce pas ? En secret de qui, si c’était à la vue de tous ? En secret d’eux-mêmes ! Combien de compromis en effet, cachés à nos propres yeux, faisons-nous avec l’ennemi dans nos vies ?

« Grand pouvoir….grandes responsabilités ! » (Source : blog du SEL)

5) Des pistes d’action contre la pauvreté en dessinVoici la 3ème série de dessins que le SEL publie sur le sujet de la pauvreté. Après une série sur le combat contre la pauvreté et une autre sur les causes de la pauvreté, cette série a pour but de nous amener à réfléchir sur certains passages de la Bible. Bien souvent on les connait bien, mais on les applique peu… Que le Seigneur nous change, au moyen de ces dessins, pour nous amener à vivre une vie d’amour et de service auprès des autres !

6) L’intox du « grand remplacement musulman »L’Europe a peur. Un des épouvantails agité aujourd’hui par les partis xénophobes et nationalistes qui prospèrent sur le Vieux Continent est le « grand remplacement ». Décryptage par le sociologue Sébastien Fath.

 7) Vivre en « chrétien engagé » est-il (in)compatible avec un engagement d’homme politique ? Bien entendu, un chrétien peut s’engager en politique, s’il perçoit un appel particulier à ce sujet, et même, pourquoi pas, faire partie des hautes instances dirigeantes d’un parti. Néanmoins, personne ne devrait douter que sa foi est plus importante, à ses yeux, que la politique. Et comme par un fait exprès, l’éternel débat de la compatibilité de la foi chrétienne avec l’engagement politique me paraît être relancé par la récente décision de l’ « évangélique » britannique Tim Farron, qui est aussi le chef du parti libéral-démocrate. « Déchiré » entre sa foi chrétienne et son rôle d’homme politique, Tim Farron a finalement choisi…..de démissionner de ses fonctions, le 14 juin, à la surprise générale. Deux journalistes chrétiens, l’évangélique Henrik Lindell, pour « La Vie », et le catholique Pierre Jova, pour « Famille chrétienne », analysent l’un et l’autre les raisons dans deux articles complémentaires. 

8) Le chiffre insolite au second tour des élections législatives françaises- surtout postprésidentielles : 57 % d’abstentions. Ailleurs en Europe, l’élection nationale aurait été invalidée faute de participants !

9) « Un incroyable talent », et bientôt « des superpouvoirs ». Pour quoi faire ? (Publié avant les résultats des législatives). Le président Emmanuel Macron va obtenir « des super-pouvoirs que de Gaulle n’avait pas eus. Sa victoire annoncée est énorme. Pratiquement pas d’opposition ; une vie parlementaire circonscrite à des centaines de députés macroniens, au garde-à-vous dans les débuts ; néanmoins, des ordonnances pour mener au pas de charge des réformes graves dont il aurait fallu débattre. Jusqu’à quel point peut-on déréguler ? Peut-on accepter que ce gouvernement exhume le faux dogme du « ruissellement », selon lequel enrichir les plus riches finit par profiter aux pauvres ? Peut-on laisser plafonner les dommages-intérêts dus aux salariés abusivement licenciés (ce qui encouragera les abus) ? Voilà le genre de questions qui ne seront posées à l’Assemblée que par une poignée de gens, dans l’indifférence de l’énorme majorité », représentant « les heureux de la mondialisation ».

10)  Non à une République qui marche «au pas»! Une note de blogue publiée le 15 juin de Barbara Romagnan, député sortante candidate à sa succession…avant d’être « sortie » le 18 juin face à une candidate LREM : « En République, c’est le Parlement qui contrôle le Gouvernement, et non l’inverse. En République, c’est aux citoyens qu’il appartient de décider si les représentants sont dignes de confiance. En République, un député élu par des citoyens libres doit être une voix libre – et non pas la voix du Président. En somme, une République qui « marche », ce n’est pas une République qui marche « au pas ».

 

11) Faut-il assouplir le code du travail ? Flexibiliser le code du travail, comme le gouvernement projette de le faire à la rentrée, est-il efficace pour lutter contre le chômage ? En réalité, 30 ans de dérégulation n’ont pas réussi à endiguer le phénomène… Mais le mauvais procès instruit contre le code du travail est tenace. Explications en vidéo. Trois minutes pour comprendre.

12) Loi travail bis : La France va-t-elle suivre le modèle allemand et transformer ses chômeurs en travailleurs pauvres ? Après les lois Macron, Rebsamen et El-Khomri(1) sous le précédent quinquennat, le gouvernement d’Edouard Philippe prépare une réforme encore plus profonde du droit du travail(2), précédant une remise à plat de l’assurance chômage. Ce big bang annoncé a un modèle : les réformes « Hartz »(3), engagées en Allemagne au début des années 2000, aujourd’hui parées de toutes les vertus par de nombreux commentateurs avec, en apparence, l’un des taux de chômage les plus bas d’Europe. La réalité des chiffres montrent au contraire que ces réformes du marché du travail n’ont pas radicalement réduit le chômage et la sous-activité et, surtout, ont provoqué une explosion des travailleurs pauvres, dont le nombre est l’un des plus élevés d’Europe.

13) La libéralisation du transport ferroviaire « en marche », en France ? Deux sénateurs ont mis en chantier une proposition de loi qui pourrait encadrer l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Une chose à ne pas faire, vu qu’au Royaume-Uni, « 20 ans après », « la privatisation des chemins de fer déraille » : Hausse incontrôlée du prix des billets, trains supprimés et réduction du personnel, conduisant près de deux Britanniques sur trois à souhaiter une renationalisation complète.

14) Pollution atmosphérique et hausse du prix des titres de transport en IDF :  Gel du tarif des tickets « origine-destination » et du ticket de métro, augmentation du Pass Navigo, ticket Mobilis « grande banlieue »… Voyager en illimité dans toute l’Île-de-France coûtera plus cher à partir du 1er août 2017. Le prix du Pass Navigo augmentera de 3% pour atteindre 75,20 euros contre 73 euros aujourd’hui, comme l’annoncera Valérie Pécresse, la présidente de la région d’IDF lors du conseil d’administration du Stif (Syndicat des Transports d’Île-de-France), le 28 juin prochain, dévoile Le Parisien mardi. Les usagers ne manqueront pas de s’interroger sur de telles hausses, alors que le service rendu ne s’est guère amélioré ces derniers mois. Et ce, alors que s’est déclenchée une nouvelle procédure d’information et de recommandation(4) par la préfecture de police, pour la journée du mardi 20 juin, en IDF, concernant la pollution atmosphérique, selon les données transmises par AIRPARIF.

 

« Jésus-Christ guidant Donald Trump dans son offensive contre l' »Obamacare » ? Un chromo délirant et inquiétant qui se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 !

15)  USA : Comment Trump tente de défaire l’Obamacare…..

Les Etats-Unis détiennent deux tristes records. Celui des coûts de santé par habitant, qui s’élevaient à plus de 9 451 dollars en 2015, contre 3 612 dollars en France, selon l’OCDE. Et celui des inégalités de santé. C’est un pays riche en équipements de pointe pour soigner et réparer les corps. C’est en même temps un pays où des individus se retrouvent lourdement endettés après une opération chirurgicale dont le coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. Alors que le président Donald Trump lance une virulente offensive législative pour revenir sur l’Obamacare, l’emblématique réforme du système de santé de son prédécesseur, essayons de comprendre ce qui se joue outre-Atlantique. Que peut-il advenir de ce système d’assurance maladie particulièrement complexe, à l’issue des manœuvres en cours ?

….. et se retrouve dans le bourbier de la réforme de santé : Après avoir promis d’abroger l’assurance santé mise en place par Obama, Donald Trump est confronté à la division des sénateurs républicains, et à l’opposition de citoyens (dont des handicapés) attachés à l' »Obamacare ».

16) Insolite(bis) : le « Covfefe Act » : Le député démocrate Mike Quigley a introduit une proposition de loi baptisée Covfefe Act (abréviation de Communications Over Various Feeds Electronically for Engagement ) !! L’objectif de cette proposition de loi est de modifier le Presidential Records Act pour y inclure les publications du Président des Etats-Unis sur les réseaux sociaux. Cela inclurait notamment les tweets publiés par Donald Trump et ses successeurs sur leur compte Twitter personnel. Ces publications ne pourraient ainsi plus être effacées et devraient être obligatoirement archivées en tant que communications présidentielles officielles, au même titre que les communiqués de la Maison Blanche et autres documents écrits.

Et pour finir :

17) Insolite (ter) : Faire de la théologie avec le « hand spinner » ? C’est possible !

 C’est le gadget à la mode : un petit objet que l’on fait tourner entre ses doigts et aurait des effets positifs contre le stress et pour la concentration. Vertus auxquelles on pourrait donc ajouter… la théologie trinitaire.

 

 

 

Notes : 

(1) Code du travail 2017 – PDF en ligneLe texte intégral du Code du travail de 2017, à jour de la loi Macron, de la loi Rebsamen et de la loi travail parues en 2015 et 2016, est librement téléchargeable ici sous la forme d’un fichier PDF de 3040 pages. Ce document comprend tous les articles figurant dans les parties législative et réglementaire du Code du travail. Vous pourrez notamment y retrouver les règles applicables au licenciement, au paiement du salaire, aux congés payés, à la période d’essai, à la procédure de rupture conventionnelle ou à la démission.

Important : le Code du travail a été modifié en profondeur en 2016 avec la nouvelle loi travail promulguée en août dernier. Pour en savoir plus sur les changements intervenus, voir loi El Khomri (loi travail) – Ce qui a changé. Le contenu du Code devrait à nouveau être grandement modifié en 2017 avec l’entrée en vigueur de la réforme du Code du travail voulue par Macron.

(2) Code du travail, la réforme Macron : Le président Macron souhaite que la réforme du Code du travail soit mise en oeuvre dès cet été 2017. Le point sur le contenu de cette réforme qui modifiera en profondeur le droit du travail français.

(3) La loi dite Hartz, du nom de Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen qui a dirigé la commission ayant concocté ces réformes sous le gouvernement du social-démocrate Gerhard Schröder. Trois autres réformes ont suivi, lesquelles se sont attaquées à l’assurance chômage, en réduisant la durée d’allocation et en renforçant les contrôles et la surveillance des chômeurs, et ont ouvert grand la porte au développement des emplois à bas-salaire. A noter que pour le sociologue Sébastien Fath, ce que Gerhard Schröder a accompli en Allemagne  est comparable, en dépit de différences notables, avec les propositions  qu’il estime « assez proches et profondément respectables » – et qu’il range sous la « bannière réformiste du courage politique » – d’ Emmanuel Macron et François Fillon, deux hommes selon lui « pondérés et très déterminés ».

(4) Pour en savoir plus sur la procédure.

 

 

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« Les Combattants » : simplement survivre ou vivre, simplement ?

"Les combattants" : Arnaud(Kevin Azaïs ) et Madeleine (Adèle Haenel), dans un film de Thomas Cailley(2014). Trouveront-ils au nom de quoi ou de qui "combattre" ?

« Les combattants » : Arnaud(Kevin Azaïs ) et Madeleine (Adèle Haenel), dans un film de Thomas Cailley(2014).
Trouveront-ils au nom de quoi ou de qui « combattre » ?

Sorti depuis le 20 août, « Les Combattants »* est l’un des derniers films(nous l’avons vu il y a quelques jours) à découvrir, si vous souhaitez sortir des sentiers battus ou si vous en avez assez de certaines comédies françaises actuelles, « fun à regarder dans un premier temps » mais « laissant une impression de vide ensuite », et qui semblent toutes se ressembler.

Le film aurait pu s’appeler « collisions ».

-D’abord, celle du spectateur face à ce qui n’est pas un « film familial » à proprement parler, mais un premier film sur l’engagement et la recherche de combats à mener ; Film-« fable », « quête initiatique » ou portrait d’une génération( la génération « Y »). Un film multi-récompensé, dynamique, souvent drôle, atypique et décalé, glissant sans cesse d’un genre à l’autre.

– Ensuite, « collision » entre deux personnages-deux jeunes, Arnaud et Madeleine, environ la vingtaine. Tout les oppose : Lui hésite. Elle fonce. Lui est un rêveur. Elle, un garçon manqué et une véritable force de la nature : elle ne vit que pour s’entraîner « à la romaine »(nager dans la piscine familiale avec un sac à dos lesté de tuiles, ingérer du maquereau cru mixé, faire un stage commando…)et se préparer au pire, convaincue que la fin du monde est pour bientôt, qu’elle survienne sous forme d’épidémie, de sécheresse, d’émeutes de la faim, ou de pollution chimique. C’est d’abord elle, « la combattante ». Mais plus pour elle-même(comment devenir « la plus apte » à survivre) que pour les autres ou une « bonne cause ». Elle sera progressivement rejointe par Arnaud(pour d’autres motifs), qui apportera son apport personnel dans cette quête de combat à mener.

– Enfin, « collision » face au réel, quand on a épuisé toutes les réalités***. Mais laissons découvrir…

A noter(une métaphore ?)la présence récurrentes d’incendies de forêts durant le film. « La faute à un imbécile, qui aurait jeté son mégot », demande le grand frère d’Arnaud ? « Non », répond ce dernier. Et d’expliquer que lorsque la forêt atteint ses propres limites, elle « brûle toute seule », avant de renaître à nouveau de ses cendres.

Conclusion :

La fin du film est assez surprenante et reste ouverte. Elle satisfera ou non, mais donnera sans doute à réfléchir. Une seule façon d’en parler : aller voir le film.
Mais qu’en avons-nous personnellement retenu ?
Quelle est la clé pour « mener le (bon)combat » ? Cette clé nous semble triple : outre le fait de vivre de façon intense(« à fond »)pour l’essentiel, cette « triple clé » implique la prise en compte de nos propres limites, l’entraide et la solidarité(vivre ensemble, plutôt que la compétition permanente) et-surtout, la découverte d’un « centre de gravité » pour sa vie(selon la formule de Kierkegaard).

Et ce « centre de gravité »-fondamental, puisque c’est de là que découlent les deux autres points-n’est pas « quelque chose » mais « quelqu’un » : « le modèle sera toujours le Christ », affirme par exemple le pasteur Gilles Boucomont dans l’un de ses livres(« Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit ». Ed. Première Partie, 2010, p 73-en cours de lecture), « car lui seul a réussi à trouver l’équilibre », étant « vraiment un être de chair autant qu’il est un être spirituel »(op. cit., p 72. cf 1 Jean 1v1-2, 4v2 ; Jean 1v14…). Il est un modèle pour ce qu’il a été sur la Terre [cf Phil.2v1-11]. « L’humilité de Jésus », poursuit Gilles Boucomont, « c’est cette capacité à ne pas oublier qu’en hébreu comme en français, « humanité » a une racine commune avec la terre, « l’humus »**. En hébreu, l' »adam » est tirée de la « adamah ». L’humilité véritable consiste à rappeler que nous sommes d’une part tirés de la terre, que nous sommes des « glébeux » comme traduira Chouraqui dans sa version de la Bible. Mais ces terriens doivent garder les pieds sur terre. Nous sommes au-dessus de la terre mais connectées à elle par les pieds. Nous avons autorité sur elle[cf Gen.1v2627, 2v8, 15-en tant que « gestionnaires », puisque la Terre appartient, en fin de compte, à Dieu] mais nous ne devons jamais oublier que nous sommes faits de cette poussière-là et que de toute façon nous y retournerons ! Ce qui veut dire que l’humilité véritable consiste à avoir les pieds sur terre et que la façon dont Jésus a vécu cet impératif, c’est en se mettant à genou devant ses congénères les humains pour leur laver les pieds, justement, pour les servir(Jean 13v1-17 et cf Luc 22v24-27, Marc 10v42-45). Le service est la meilleure facette de l’humilité, il est un des très bons fruits de l’âme équilibrée. Une âme équilibrée, c’est une âme où chacune des composantes psychiques est en équilibre avec elle-même. La pensée est conduite loin, les situations sont réfléchies, la mémoire est intense, le raisonnement est acéré. Les affects sont entiers. »(op. cit., p73)

Jésus-Christ est ce « centre de gravité », car Lui est la clé pour une nouvelle identité et une nouvelle vie, nous permettant de vivre une telle vie équilibrée : Jean 1v1-14 ; 3v3-17 ; 6v35-40, 68 ; 8v28, 36 ; 10v9-10 ; 12v32-33 ; 14v6 ; 15v1-17 ; 1 Jean 5v20 ; 2 Cor.5v15, 17-19…

 

Notes :

* Les Combattants
Réalisation: Thomas Cailley(France, 2014)
Scénario: Thomas Cailley, Claude Le Pape
Musique: Lionel Flairs, Benoit Rault et Philippe Deshaites pour Hit’n’Run
Interprétation: Kevin Azaïs (Arnaud), Adèle Haenel (Madeleine), Antoine Laurent (Manu Labrède), Brigitte Roüan (Hélène Labrède).
Date de sortie: 20 août 2014
Durée: 1h38

Résumé : Après la mort de son père, Arnaud a le choix : aider son grand frère à reprendre l’entreprise de menuiserie familiale, ou trouver sa propre voie. Alors que se profile devant lui un été tranquille et prévisible avec « ses potes », tout en travaillant comme charpentier, il rencontre subitement(voir la scène de leur premier contact !) Madeleine, une jeune fille de son âge qui ne vit que pour se préparer à survivre à la fin du monde, qu’elle estime imminente. Arnaud deviendra-t-il, à son tour, « un combattant » ?

Critiques : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/les-combattants.html ; http://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Les-combattants-survivre-coute-que-coute-2014-08-20-1194221

Interview du réalisateur : http://www.quinzaine-realisateurs.com/interview-de-thomas-cailley-l14024.html

** Une même réflexion se retrouve dans l’ouvrage « Nos limites, pour une écologie intégrale »(auquel nous avons déjà fait allusion ici et ) de Gaultier Bès, Marianne Durano et Axel Norgaard Rokvam. Ed. Le Centurion, 2014(Voir notamment p. 110) : un manifeste pour « vivre plus simplement pour que chacun puisse simplement vivre. Veiller sur l’avenir, en respectant notre fragilité et celle de notre environnement. Face à la technique sans âme et au marché sans loi, l’écologie intégrale offre ainsi l’espérance d’un monde à la mesure de l’homme, fondé sur l’entraide et le don-fruits de nos limites ».(Résumé de quatrième de couverture). Lire cette critique du livre sur http://cahierslibres.fr/2014/06/limites-manifeste-nouvel-art-vivre/

*** « Le réel, c’est ce qui advient de façon brute. La réalité, c’est ce que nous faisons du réel », explique encore Gilles Boucomont (Op. cit., p21)