Pour être certain, face à la pression médiatique, il faut savoir(valablement)douter !

 

« Ne jugez pas selon l’apparence, mais jugez selon la justice » dit Jésus (Jean 7v24)

« Tu ne répandras point de faux bruit. Tu ne te joindras point au méchant pour faire un faux témoignage. Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice ». (Exode 23v1-2 et ss)

« L’Éternel descendit pour voir la ville…. » (Gen.11v5)

« Si tu entends dire au sujet de l’une des villes que t’a données pour demeure l’Éternel, ton Dieu : Des gens pervers sont sortis du milieu de toi, et ont séduit les habitants de leur ville en disant : Allons, et servons d’autres dieux ! des dieux que tu ne connais point, tu feras des recherches, tu examineras, tu interrogeras avec soin… » (Deut. 13v12-14)

 

Vous connaissez peut-être, ou vous avez peut-être lu, l’histoire des « Douze hommes en colère »(« Twelve Angry Men« ), pièce de théâtre(1953) de Reginald Rose(qui a été lui-même juré), adaptée au cinéma par Sidney Lumet(1957) : Douze jurés(des hommes, tous des blancs)statuent  sur le sort d’un accusé. Leur jugement devra être unanime pour être validé. Si l’accusé est déclaré coupable par le jury, il sera condamné à mort. Or, l’accusé est un jeune garçon(18 ans environ) d’origine latino-américaine. Enfermés dans une pièce,

11 "Coupable", et un seul "non coupable" ! Scène de "Douze hommes en colère" de Sidney Lumet (1957)

11 « Coupable », et un seul « non coupable » ! Scène de « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet (1957)

les jurés votent coupable, sauf un, le juré numéro huit. Non pas parce qu’il est convaincu de l’innocence de l’adolescent, mais parce qu’il a un « doute valable ». « Douze hommes en colère » n’est pas à proprement parler « un plaidoyer contre la peine de mort ». Mais il pose de bonnes questions : comment douze jurés tirés au sort, qui ne connaissent pas l’accusé, à qui l’on n’a donné qu’une vision souvent partielle des faits et qui n’ont pas directement assisté à la scène, peuvent-ils déclarer qu’un homme mérite la mort ? Comment peut-on être certain de la culpabilité ou même de l’innocence d’un homme ?

Douter, moi ?  Lee J. Cobb, le "juré numéro 3", dans une scène du film "Douze hommes en colère" de Sidney Lumet (1957)

Douter, moi ?
Lee J. Cobb, le « juré numéro 3 », dans une scène du film « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet (1957)

Peut-on condamner quelqu’un, en cas de « doute valable » ? Une pièce(et un excellent film) essentielle et toujours d’actualité.

Ce « droit au doute valable », le site « Debunkers »* choisit de l’exercer à propos d’une délicate et sordide affaire, relative à une institutrice de Joué les Tours, accusée dans une vidéo du collectif JRE de Farida Belghoul**, d’avoir incité des enfants de maternelle à pratiquer des attouchements sexuels. Puis à se faire des « bisous ». Le tout en présence de la classe et d’un autre adulte. La source est un article de la page facebook des JRE** 2014.

On pourra peut-être trouver à redire sur un certain manque de rigueur dans la forme et le ton employé par les Debunkers(A noter que je ne partage pas leur conception du « genre » : sur ce point, pas d’innovation de leur part par rapport aux médias « classiques »). Mais il me paraît intéressant de noter la démarche du site, qui titre prudemment de la sorte le billet suivant consacrée à cette affaire :

« Affaire possible*** de pédophilie à Joué les Tours, curieux comportement de la soralodieudosphère ».

« Farida Belghoul aurait été alertée par la « responsable locale des JRE »[qui dénonce l’enseignante dans une vidéo postée sur Youtube-retirée à la demande du rectorat d’Orléans-Tours] et se serait rendue sur place le 28 mars où elle aurait été reçue à 19h30 par la directrice de l’école. Une « centaine de mamans » étaient présentes.
Le premier article a été publié le 28 mars avant 22h30 (voir l’heure et la date du premier commentaire).
Puis à 2h du matin ce jour (dimanche 30 mars) dernière publication:
-un certificat médical établi au CHRU de Tours (Urgences pédiatriques (voir les éléments de la capture d’écran) établi le 28/03/2014:
et une main courante établie le 29/03/2014 à 19h20″.
[Note : documents consultables sur la page Facebook de la JRE 2014]
Comme souligné précédemment, l’affaire est délicate****, puisqu’elle implique de très jeunes enfants, premières victimes.  Cependant, il importe aussi de savoir exactement ce qui s’est passé. Et donc d’être capable 1)de ne pas se laisser submerger par l’émotion occasionnée par l’affaire, et surtout 2) de ne pas laisser son cerveau au placard. Ainsi, « les Debunkers tiennent à soulever quelques points qui leurs paraissent pour le moins curieux ».

Par exemple :

-Aucun site internet ne reprend l’affaire sauf l’extrême droite (…)
[ Note perso : la consigne donnée sur la page Facebook de JRE 2014 est celle-ci : « Les trolls vont se déchaîner. Ne leur répondez pas »,  alors qu’il est pourtant essentiel de prouver ce que l’on avance-surtout dans le cas d’une si grave accusation-et de rendre compte à qui le demande légitimement]
-Aucune photo, aucun point sur aucun forum malgré la présence d’une « centaine de mamans » présentes le vendredi soir. Pas de présence de policiers sur les lieux… a part un posteur qui signale leur présence discrète ce soir là…. Mais toujours pas de photos.
-AUCUN TEMOIN parmi la « centaine de mamans » n’est venu confirmer la relation de cette présence ce soir là sur les pages des JRE…
-La maman de la petit fille de l’histoire est « curieusement » absente.
-Il est invraisemblable qu’elle n’ait pas assisté à l’entretien avec la directrice, ni que les autres parents des enfants, témoins de la scène se soient manifestés. Alors que Farida Belghoul, parfaite étrangère à l’histoire ait été reçue en grande pompe comme un ministre.
-AUCUN tampon officiel sur les deux documents « officiels » présentés.
(…)
-Normalement un commissariat ne délivre pas la main courante, mais un récépissé, la main courante étant stockée dans un registre.
(…)
« Pour autant », relève Debunkers, « la liste de ces bizarreries n’en fait pas une manipulation à ce jour »(…)Pour tout étrange que semble cette affaire elle est parfaitement possible !
Cet article a été réalisé afin d’inciter à la prudence, plutôt que de relayer sans discernement cette accusation ou d' »appeler  au bûcher tous les responsables, les journalistes qui cachent l’affaire, etc… » 

Il est aussi pertinent de prendre du recul et de réfléchir quant aux méthodes employées par le collectif JRE**. D’autant plus, selon Debunkers, qu’il semble qu’en réalité l’accusation lancée par JRE** aille au-delà « d’une affaire de pédophilie possible », et sous-entende que l’accusée de cette histoire suivrait un programme scolaire(controversé, autour de la promotion du genre*****) et des consignes ministérielles…

Quoiqu’il en soit, que cette histoire soit vraie ou fausse, il importe ne pas oublier les parents, les enfants et les enseignant de cette école[« qui jusqu’à preuve du contraire sont innocents »], les premières victimes.

A suivre, donc.

L’essentiel à lire ici, ici et .

 

 

 
Notes :

*Petit cousin du site « hoaxbuster », « Debunkers » a été créé voilà bientôt un an. Il est spécialisé dans les « hoaxs » en provenance de l’extrême droite.

** Collectif JRE ou « Journée pour le Retrait de l’Ecole », initiative lancée pour la première fois le 13 décembre 2013 par Farida Belghoul et qui invite les parents à garder leurs enfants à la maison, un jour par mois, pour obtenir « l’interdiction de la théorie du genre dans tous les établissements scolaires« . Les premières JRE ont eu lieu en  janvier 2014, avec un succès assez significatif – notamment chez les parents musulmans, comme l’avait relevé à l’époque le journaliste Patrice de Plunkett. D’autres JRE ont été organisées, notamment le 10 février et le 31 mars.

Sinon, Farida Belghoul, est ancienne porte-parole de « Convergence », la seconde marche des Beurs organisée en 1984. L’essayiste d’extrême-droite et « antisioniste » Alain Soral, dont elle s’est récemment rapprochée, diffuse ses vidéos via la chaîne Dailymotion de son association « Egalité et réconciliation ». Voir : http://www.france24.com/fr/20140130-theorie-genre-fadira-belghoul-anti-racisme-conspirationnisme-soral-dieudonne/ ; http://www.lepoint.fr/societe/theorie-du-genre-farida-belghoul-histoire-d-une-derive-30-01-2014-1786236_23.php

 

*** C’est nous qui soulignons ainsi.

**** Plusieurs liens sur l’affaire sont à consulter :

http://education.blog.lemonde.fr/2014/03/30/la-journee-de-retrait-de-lecole-accuse-publiquement-une-enseignante-de-maternelle/

http://www.bfmtv.com/societe/joue-les-tours-un-collectif-controverse-accuse-une-institutrice-dattouchements-744583.html

http://www.20minutes.fr/societe/1338585-un-collectif-contre-la-theorie-du-genre-met-en-cause-une-institutrice

http://tours.mediaslibres.org/rumeur-a-l-ecole-maternelle-de.html

http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2014/04/01/Les-accusations-de-JRE-provoquent-un-tolle-general-1854127

http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2014/04/02/Theorie-du-genre-le-tract-qui-embarrasse-le-maire-de-Joue-les-Tours-1854978

 

**** Autour du « genre » semble se dessiner une forme de « bataille sémantique » : certains politiques veulent promouvoir « l’identité de genre », des citoyens pourfendent ce qu’ils appellent la « théorie du genre »(« qui n’existe pas », répètent en boucle les médias)alors qu’à l’université, les « études de genre » prennent du galon. D’autre part, les actions(malheureusement très médiatisées et aux méthodes contestables)de mouvements proches de l’extrême-droite, en plus de contribuer à la confusion et à l’amalgame, ne me paraissent pas aider à la crédibilité de toute mise en garde(avec un meilleur esprit et de meilleures méthodes que la rumeur ou la calomnie) contre le genre.

Pour y voir plus clair, voici plusieurs excellents dossiers :

Un dossier spécial de huit pages de La Croix publié le mardi 12 novembre 2013 (avec notamment : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Comprendre-les-enjeux-du-genre-2013-12-09-1073290 : Que recouvre vraiment ce concept ? Pourquoi provoque-t-il tant de malentendus ? Et quelles sont, au final, les évolutions réellement à l’œuvre ? Les réponses sont d’autant plus cruciales que derrière le « genre » se profile un combat politique opposant deux visions du monde. Et un décryptage de « l’ABCD de l’égalité ».)

– Théorie(s), études de genre, quelle attitude évangélique ? L’actualité est chaude sur le sujet, la levée de bouclier de plusieurs ayant réussi à faire reculer le gouvernement sur son projet récent d’ABCD de l’égalité. Mais quel est-il ce projet exactement et y a-t-il, au fond, des raisons de s’inquiéter ? Et sans doute le plus important : quelle attitude évangélique adopter – au sens de fondée dans l’Évangile – dans cette querelle du genre ? Etat des lieux avec le pasteur Luc Olekhnovitch dans « Connexions », le magazine du Cnef.

 

La théorie du genre : Un enjeu majeur de société. De quoi s’agit-il ? Par le CPDH

La théorie du genre pour les nuls.
Face aux raccourcis et aux simplifications engendrés par la polémique médiatique, le philosophe Thibaud Collin décrypte les véritables enjeux de la théorie du genre

Et sans oublier :  http://www.arretsurimages.net/breves/2014-02-13/Quand-l-UMP-voulait-parler-de-genre-a-la-maternelle-id16918
Où l’on découvre, via « Arrêt sur image », que le parti de droite voulait lui-même déconstruire les stéréotypes entre femmes et hommes dans son programme en 2011, et employait même le terme de… « genre », comme l’a signalé un twittos, repris par plusieurs sites, ici, ici ou ici.

« Sans contrefaçon, je ne suis pas un garçon »(dit la fille) : le Dr Sax et les différences de sexes

« Les filles ne sont pas des garçons » :

Une évidence pour le Dr Sax*, qui donne une leçon de bon sens, démontrant que « les nouvelles valeurs » marchent sur la tête, selon une expression du journaliste Patrice de Plunkett. Et ce, alors que parler de différences des sexes fait « mauvais genre »….

A lire cet article de Philippe Coste : « Nier ce qui distingue les sexes nuit à l’enfant », publié sur le site de l’Express le 15/01/2014 depuis 18:37.

Leonard Sax est devenu célèbre aux Etats-Unis en écrivant qu’un garçon et une fille ne devraient pas être traités à l’identique.
Son dernier ouvrage, « Pourquoi les garçons perdent pied et les filles se mettent en danger » , publié chez Lattès, sort ce 15 janvier dans notre beau pays.

Extrait de l’interview :

Vos livres sur les différences naturelles entre les sexes sont des best-sellers aux Etats-Unis. Ils vous ont valu les Unes de la presse américaine, dont celle de Time Magazine, mais aussi des attaques violentes. On vous a mal compris?

« On m’a accusé d’être rétrograde, sexiste, adepte des stéréotypes. Tout cela parce que je cite des différences entre hommes et femmes. Différence ne veut pas dire inégalité. Egalité ne veut pas dire uniformité. Or des intellectuels, des psychologues et des enseignants s’acharnent à nier la notion même de genre. Certains préconisent même de bannir l’usage des mots « fille » et « garçon » dans les écoles élémentaires, parce qu’ils évoquent des stéréotypes discriminatoires !
En niant, en occultant ces distinctions entre sexes, on nuit à l’enfant. Chez lui comme à l’école, il se sent incompris, laissé en plan, sommé de se débrouiller seul face à une société qui, elle, fourmille de préjugés sexistes absurdes et se chargera de le façonner de manière malsaine ».

La suite ici.

Notes :

* A ne pas confondre avec celui de Jack Kerouac !

Diplômé en biologie et nanti d’un doctorat en psychologie, Leonard Sax est médecin généraliste dans une banlieue de Washington. Il s’est documenté, parcourant la planète, visitant des dizaines d’écoles et suivant personnellement des enfants pendant des années, avant de devenir un consultant pédagogique prisé dans le monde anglophone. Il estime que les filles et les garçons demandent chacun une attention particulière.
(Source : l’Express)

**« Moi c’est moi » de Den-Isa(album « Bonjour la différence »)

« Le péché de Sodome… »

Pétards par Peter Griffin Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes " (Bossuet)

Pétards par Peter Griffin
Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes  » (Bossuet)

De Sodome, on retient généralement la perversion sexuelle condamnée par Dieu dans la Bible*, qui est devenue proverbiale.

 
C’est à Sodome que Lot, neveu d’Abraham, a choisi de vivre, parce qu’ il « vit toute la plaine du Jourdain, qui était arrosée partout, avant que l’Éternel détruisît Sodome et Gomorrhe, comme le jardin de l’Éternel, comme le pays d’Égypte, quand tu viens à Tsoar »(Gen.13v10)
Une terre donc très riche et fertile, dont les habitants avaient certainement un niveau de vie élevé.

Mais 1 Samuel 16v7 nous exhorte à ne pas regarder à l’apparence, « car l’Éternel ne regarde pas ce à quoi l’homme regarde, car l’homme regarde à l’apparence extérieure, et l’Éternel regarde au cœur. » Et ce qu’a vu Dieu, à la différence de Lot, c’était que « les gens de Sodome étaient méchants, et de grands pécheurs contre l’Eternel. »(Gen.13v13)
Plus loin, dans Genèse 18:20, « l’Eternel dit (que) le cri contre Sodome et Gomorrhe s’est accru, et leur péché est énorme ». En fin de compte, Dieu détruira Sodome, après avoir sauvé Lot.
Mais quel était le péché de Sodome ? Ezéchiel 16v49-50 nous donne une précision intéressante, peu souvent relevée :
« Voici quel était le crime de Sodome ta sœur ; elle et ses filles vivaient dans l’orgueil, l’abondance et une tranquille sécurité ; et elle ne fortifiait pas l’affligé et l’indigent.
Elles se sont enflées et elles ont commis des abominations devant moi, et je les ai fait disparaître quand j’ai vu cela ».(Ezéchiel 16v49-50)

Et pas le péché sexuel, « bien connu », qui a fait la réputation de Sodome ?
Sans doute parce qu’il n’en est que le fruit et pas la racine.
Philippe Malidor, dans « si j’étais président…. le sel du scrutin présidentiel », relevait  que « les mœurs en matière de sexualité ont de quoi inquiéter, c’est vrai ; cependant, elles ne sont pas le critère unique de l’évaluation des sociétés et des personnes ; et en la matière, rien n’est plus éloquent ni plus moteur que l’exemple de sa propre vie. Je crois que c’est là que les chrétiens sont attendus par leur Seigneur… et par celles et ceux qui les regardent vivre.
Ceci étant posé, on commente fort peu le fait que ce n’est pas le sexe dévoyé ou extraconjugal qui est la cible principale des avertissements du Christ, mais l’Argent : « Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’Argent. » De la servitude qu’on développe à l’égard de cette divinité, le reste dépend d’ailleurs beaucoup : l’affaire du Sofitel de New York en est une fantastique parabole moderne »…
Que peut donc nous apprendre ce rappel du péché de Sodome, selon Ezéchiel 16v49-50 ?
– D’une part, comme déjà souligné plus haut, que se focaliser sur (parfois de façon variable, avec une vision « hiérarchique des péchés ») ce qui est visible et « frappe le plus les yeux » nous empêche de chercher et de déceler la source réelle du mal(relire Rom.1v18-32),
Car, si l’homosexualité est considéré comme un péché grave dans la Bible, et est le péché principal de Sodome, l’incroyance et l’impiété sont pires : parce que coupable sur ces plans,  « Jérusalem a plus péché que Sodome », selon Ezechiel 16v48(Voir Matt.11v23-24 et Luc 10v12) **.
– D’autre part, qu’il est illusoire et vain de prétendre combattre un mal, sans aucune réflexion ou remise en question sur ce qui nourrit ses causes. Cette recherche des causes est pourtant essentielle, dans le cadre du projet de loi Taubira, alors qu’est annoncée la prochaine « Manif pour tous », le 26 mai, à Paris(précédée par un « sit-in » contre Monsanto, la veille, le 25 mai)

Sur ce sujet, « L’arroseur arrosé », un article paru dans le dernier numéro (mai 2013) de La Décroissance, est particulièrement édifiant.
Son auteur, Vincent Cheynet, trouve « tristement comique à voir » cet art de s’épouvanter de l’UMP lorsque la logique libérale-«la chosification de l’humain à travers les projets de PMA ou de GPA »-s’applique à la politique familiale. Alors que les mêmes « ont été à la pointe de toutes les transgressions en matière économique (ouverture des magasins le dimanche, allègement de l’impôt sur les hauts revenus…) et scientifique (nucléaire, OGM, nanotechnologie…) » ! *** « Certes le parti socialiste, les communistes ou lutte ouvrière partagent la même foi progressiste. Mais (…) les mêmes qui (…) nous sommaient de « positiver » (…), de ne pas « être négatif », d' »accompagner » mais de ne pas « résister », de  » s’adapter aux changements » pour ne pas être « dépassés » (…) tout à coup redécouvrent la vertu de savoir dire Non, de savoir poser des limites comme des adultes. Saccager le monde pour satisfaire leurs intérêts économiques de classe, ils ont dit Oui, oui, trois fois oui « No limits! »; s’en prendre à la chair de leur chair (leurs têtes blondes), (…)et les voilà devenus les plus féroces résistants prêts à découvrir les joies des gaz lacrymogènes. Les mêmes gaz dont ils se réjouissaient de voir aspergés les écolos. Les esprits les plus refoulés et les plus étriqués d’entre eux feront des homosexuels les boucs émissaires de cette histoire, démontrant qu’ils n’ont une fois de plus encore rien compris et surtout s’évitant ainsi une douloureuse remise en cause des idées dont ils ont été les meilleurs supporters. (…)
Cette histoire, c’est celle de l’arroseur arrosé. « Dieu se rit des hommes qui déplorent des effets dont ils continuent de chérir les causes », disait Bossuet. »

Notes :
*Lévitique 18v22 commande ne pas coucher avec un homme « comme on couche avec une femme. C’est une abomination ». Un péché qui est mis sur le même plan que d’autres déviances sexuelles graves dans ce chapitre. Dans 1 cor.6v9-10, il est rappelé que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu (…) ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu ». Autant de péchés dont il est possible de se repentir et d’être justifié : « Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus Christ, et par l’Esprit de notre Dieu. »(v11)
** D’autres « abominations » pour Dieu : Deut.17v1-5, 18v9-14, 22v5, 27v15-26.
***sans compter le « gender », que Luc Chatel, ex-ministre de l’éducation nationale, du gouvernement de l’ex- premier ministre de droite François Fillon, sous la présidence Sarkozy(2007-2012), avait laissé introduire en 2011 dans les manuels de SVT de lycée. A l’époque, L’Association pour la Fondation de Service politique (AFSP) se demandait « Pourquoi le ministère de l’Éducation nationale impose-t-il la théorie du gender sans nuance et sans débat, alors que l’UMP critique le projet socialiste de mariage homosexuel et d’homo-parentalité précisément « parce qu’il y a une dimension essentielle à préserver dans l’altérité sexuelle » ?