Un Géant renvoyé à ses responsabilités

« On t’a fait connaître », ô média, »ce qui est bien » (Michée 6v8). Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

Il n’y a pas que les chômeurs, les pauvres ou les précaires qui doivent être « plus responsables ». Les Géants aussi. Les « Géants du Net », s’entend.

L’un d’eux, Facebook, se voit renvoyé à ses responsabilités par son propre conseil de surveillance (« Oversight Board »), créé par ses soins en mai 2020, et qu’il a lui-même saisi pour se prononcer au sujet de la suspension du compte de l’ancien président américain Donald Trump le 6 janvier 2021, peine prolongée « indéfiniment » depuis le 7 janvier, suite à ses messages publiés lors de l’irruption de manifestants pro-Trump au sein du Capitole à Washington.

Voir notre analyse publiée à l’époque sur Pep’s café! le blogue.

L’information vous a peut-être échappée, mais ce conseil de surveillance, sorte de « Cour suprême » chargée de statuer en dernier recours sur la modération des contenus, a confirmé mercredi 05/05 la suspension de Donald Trump (1) : « Compte tenu de la gravité des violations et du risque de violence persistant, la décision de Facebook de suspendre les comptes de M. Trump le 6 janvier et de prolonger cette suspension le 7 janvier était justifiée ». En appelant ses supporters à rentrer chez eux tout en parlant « d’élection volée » dans une vidéo diffusée plusieurs heures après le début de l’attaque, puis en les qualifiant de « grands patriotes » et en leur disant « We love you, you’re very special », l’ancien président américain a en effet « encouragé et légitimé la violence ; une suspension était nécessaire pour préserver la sécurité publique », écrivent les sages.

Cependant, le compte Facebook de l’ex-président des Etats-Unis n’a pas été suspendu indéfiniment, bien au contraire : l’oversight board a donné six mois à Facebook pour réexaminer la sanction infligée, qu’il estime « arbitraire » et « non conforme » avec la politique habituelle de facebook en la matière : selon les sages, « il n’était pas approprié que Facebook impose une suspension indéfinie », pas plus qu’il n’est permis « à Facebook de laisser un utilisateur hors de sa plateforme pendant une période indéfinie, sans aucun critère afin de savoir si, ou quand, le compte sera restauré », concluant par ce tacle au passage : « en appliquant une sanction vague et hors cadre, puis en renvoyant cette affaire au Conseil pour la résoudre, Facebook cherche à se soustraire à ses responsabilités ». 

Ainsi, « dans les six mois suivant cette décision, Facebook doit réexaminer la sanction arbitraire qu’il a infligée le 7 janvier et décider de la sanction appropriée ». 

Ce qui ne veut pas dire que Facebook doit réactiver le compte de M. Trump. Soit Facebook maintient la sanction, en la limitant dans le temps, mais en la justifiant avec d’autres raisons que celles données le 7 janvier. Soit Facebook réactive le compte de Donald Trump, mais en posant des règles claires pour l’avenir. A moins que la décision finale ne soit l’éviction pure et simple de Donald Trump, en effaçant son compte.

Dans le communiqué, il est également précisé qu’une part minoritaire du Conseil « a souligné que Facebook devrait prendre des mesures pour empêcher la répétition » de tels actes « et s’assurer que les utilisateurs qui demandent une réintégration après une suspension reconnaissent leurs actes répréhensibles et s’engagent à observer les règles à l’avenir ».

Si la décision sur Donald Trump est contraignante, le conseil a également adressé ses recommandations à Facebook. Notamment de procéder à une « évaluation complète de ses potentielles contributions au fil narratif de la soi-disant fraude électorale et dans l’exacerbation des tensions qui ont culminé dans les violences du 6 janvier ». Facebook a notamment laissé les groupes « Stop the steal » pulluler et Donald Trump donner rendez-vous à ses supporteurs en leur promettant que ça serait « wild » («fou »).

Enfin, le conseil de surveillance ne recommande pas de modérer les comptes des chefs d’Etats avec des règles différentes. Mais « les utilisateurs influents suivis par de larges audiences peuvent contribuer davantage au risque de violence », estime le rapport. Et ledit rapport note que Donald Trump a dérapé à plusieurs reprises sans être sanctionné, notamment lors des manifestations anti-racistes, en écrivant « quand les pillages commencent, les tirs commencent ». En cas de danger imminent, Facebook doit suspendre un compte, et en cas de récidive, ne pas hésiter « à effacer une page ».

Dans tous les cas, Facebook a du pain sur la planche. Le géant, qui a sous-estimé (à l’instar des autres géants du net) l’impact de la désinformation et des fausses nouvelles, largement diffusées via ses canaux depuis des années, sans penser aux conséquences dans la vie réelle (jusqu’à l’insurrection au Capitole du 6 janvier), se retrouve maintenant face à ses responsabilités.

Et quant à savoir s’il convient « d’applaudir » un coup d’arrêt à une prétention de « toute puissance », ou de juger « scandaleux » ou « dérangeant » de voir Facebook et Twitter « censurer la parole » d’un puissant (un chef d’Etat en exercice, en l’occurrence le Président des Etats-Unis en pleine élection présidentielle), allant jusqu’à suspendre de manière définitive tous ses comptes de réseaux @sociaux, lire notre analyse publiée sur notre blogue.

Note :

(1) Voir les différents articles écrits sur cette décision :

Facebook : La suspension de Donald Trump confirmée par le conseil de surveillance du réseau social (20minutes.fr)

Facebook : le Conseil de surveillance confirme le bannissement de Donald Trump, mais…

Bannissement de Donald Trump : « Facebook cherche à échapper à ses responsabilités »https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/05/05/donald-trump-reste-banni-de-facebook-et-instagram-mais-son-cas-sera-reexamine_6079229_4408996.html

« A consommer avec modération » : ou « sauf à répondre de l’abus de cette liberté »

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien… » (Michée 6v8). Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

Certains ont applaudi un coup d’arrêt à une prétention de « toute puissance », quand d’autres ont estimé « scandaleux » ou « dérangeant » de voir Facebook et Twitter « censurer la parole » d’un puissant (un chef d’Etat en exercice, en l’occurrence le Président des Etats-Unis en pleine élection présidentielle), allant jusqu’à suspendre de manière définitive tous ses comptes de réseaux @sociaux. En supprimant ses accès, les plateformes montrent par là qu’elles ne veulent plus être complices de la diffusion de fausses nouvelles et d’incitations à la violence que ledit chef d’Etat a longtemps pratiquées et notamment pratiqué un certain 06 janvier 2021(1).

Avant même cette décision, le 04 novembre 2020, alors que les résultats de l’élection présidentielle n’étaient pas encore connus, plusieurs chaînes de télévision [NBC News, MSNBC…] interrompaient/coupaient/corrigeaient en direct les discours de ce Président, lequel affirmait sans preuve « avoir gagné l’élection » et que celle-ci « est truquée », en annonçant que c’était un menteur.

A cela s’ajoute la décision, depuis le 7 janvier, de Google, Apple et Amazon de boycotter le réseau social Parler, « le Twitter » de l’ultradroite américaine, ainsi que des partisans de Donald Trump et des personnes bannies des réseaux sociaux. Parce que Parler a diffusé un déluge de messages d’internautes trumpistes approuvant l’invasion du Capitole… Google, Apple et Amazon exigent alors que Parler mette en place une équipe de modération, sinon le boycott deviendra définitif. Au final, Amazon porte le coup fatal dimanche 11/01, en rompant son contrat d’hébergement avec le réseau social Parler, paralysant ce dernier qui n’est désormais plus accessible sur la toile. Amazon reproche à Parler de ne pas supprimer les contenus incitant à la violence. Devenu inaccessible jusqu’à ce qu’il trouve un nouvel hébergeur, Parler a également vu ses applications mobiles retirées par Google et Apple.

Les décisions des GAFA de bannir Donald Trump suscitent maintenant un débat intense aux Etats-Unis (mais pas que) : que penser de cette attitude de ces géants du numérique ?

Premièrement, souligne Patrice de Plunkett dans une note de blogue, « dire que les GAFA outragent la liberté d’expression, c’est sous-entendre qu’ils ont tort de s’indigner de l’affaire du 6 janvier : des milliers de partisans pro-Trump, galvanisés par ce dernier, ont envahi le Parlement pour entraver l’élection présidentielle… »(2)

De fait, nous pouvons ne pas partager « l’avis de ceux qui s’indignent de cette censure, au nom d’une liberté complètement fantasmée », à l’instar de Christian Salmon, dans un entretien pour Bastamag : est-ce que ces indignés « se sont indignés pareillement des propos mensongers et provocateurs qui étaient balancés par Trump à longueur de journée, à travers des millions de tweets ? Celui qui a triomphé par Twitter périt par Twitter, et c’est très bien ainsi », conclue l’essayiste, paraphrasant cet avertissement du Christ : « celui qui prend l’épée périra par l’épée » (Matt.26v52)(3).

Mais « les GAFA ont-ils tort d’agir afin qu’on ne se serve plus d’eux pour des opérations pareilles ? Ça mérite réflexion », s’interroge encore Patrice de Plunkett dans sa note de blogue(4).

En guise de réponse, nous pourrions d’abord expliquer, à l’instar de Divina Frau-Meigs(5), pourquoi la décision de Twitter ne nous paraît pas excessive : « cela peut paraître choquant mais leur réponse ne déroge pas à ce qu’ils ont dit », explique-t-elle dans un entretien pour Ouest-France (6). « Il y a eu incitation à la violence, avec appel à l’insurrection, ils ont formulé une réponse graduée. D’abord en alertant Donald Trump, puis en suspendant son compte plusieurs heures, avant de le fermer, puis de l’exclure définitivement du service (….). On pourrait se dire que c’est hypocrite, maintenant que le lion est à terre, on finit de le terrasser car il ne va plus générer autant de trafic. Mais Twitter, comme les autres plateformes américaines, veut éviter des poursuites judiciaires. Elles répondent du droit américain [Pour rappel, les plateformes importantes, tels Twitter, Facebook….sont régies par des contrats ET par la loi. Leur système de responsabilité est grosso modo le même en Europe et aux USA (sec 230 et article 13 directive 2000/31)]. On ne peut donc pas parler de censure. « C’est une entreprise avec des règles. L’un de ses clients n’a pas suivi les règles. Donc elle opère un acte commercial, avec une rupture de contrat ».

En réalité, selon Divina Frau-Meigs, « la vraie culpabilité des plateformes, ce n’est pas d’agir si tard contre Donald Trump. C’est de ne pas avoir mis le paquet contre la diffusion des fausses informations ». Elles « ont sous-estimé l’impact de la désinformation, des fausses nouvelles » largement diffusées via leurs canaux depuis des années. « Elles ont laissé faire car cela leur rapporte de l’argent. Mais elles ne pensaient pas aux conséquences dans la vie réelle. Elles semblent en avoir pris conscience suite à l’insurrection au Capitole du 6 janvier. Désormais, on voit les fondateurs des réseaux s’exprimer, réagir, car il faut absolument sauver leur bébé (….) Ce qu’ils veulent éviter à tout prix, c’est que leurs plateformes répondent à des obligations de service public, comme c’est le cas pour la télévision. Avec un temps calculé pour le débat politique, un affichage clair de la publicité… Pour ces plateformes, ce serait de la censure. La gouvernance d’Internet est un sujet dont on parle depuis longtemps ». [Notamment dans cet article sur la privatisation du web publié dans le défunt Tigre magazine en 2011 : « La communication doit-elle être un service public ? Franchement, il semble évident que oui. Plus exactement, ce devrait être un service mondial autogéré qui oblige tout le monde à se mettre d’accord »].

Tous ces événements ne mettent-ils pas en lumière leur toute-puissance ? Divina Frau-Meigs répond qu’ « on savait déjà leur pouvoir. C’est plutôt celui de la désinformation qui a été révélé. On ne disait rien quand ces réseaux avaient un pouvoir de ralliement énorme » [comme lors du Printemps arabe]. Les grands gagnants de ces événements ne sont ni Twitter ni Trump. Mais les pays non démocratiques qui doivent se frotter les mains de voir nos fragilités ».

De là un certain malaise que d’aucuns peuvent ressentir en voyant des géants privés controversés s’ériger en arbitre du civisme… Les laisser prendre du pouvoir sur les idées n’est-il pas dangereux pour le débat public ?

Le bannissement de Donald Trump par Twitter, calqué chez les autres plateformes, a certes provoqué un déluge de réactions, mais aussi, ne l’oublions pas, de propositions de réformes, surtout en France où le gouvernement entend pré-transcrire le Digital Services Act (7).

« La présence dans le débat public des plateformes comme Twitter ou Facebook « est devenue incontournable » réagit (….) Bernard Lamon (8)[Avocat spécialiste en informatique et internet], lequel souligne que « juger de ce qui est de la diffamation, de l’appel au soulèvement, à la haine raciale, ne doit pas être confié à des acteurs privés, ni à l’administration. C’est très dangereux », ajoute l’avocat spécialisé dans le numérique. « Donc ? Les États doivent investir massivement dans leur système judiciaire. Pour la France ? Il faut 50 magistrats du siège, autant du parquet, dans un tribunal spécialisé, qui puisse gérer hyper rapidement ces dossiers. En limitant un peu la trop grande technicité du domaine. »

Laurent Chemla (9) revient sur sa piste du troisième statut, celui de « fournisseur de liberté d’expression ». Il « impliquait une totale immunité pénale quant aux contenus hébergés en échange du respect – total lui aussi – de la liberté d’expression, chaque contenu censuré ou masqué (même pour « non-respect des CGU ») devant faire l’objet d’une déclaration à un parquet spécialisé (encore une fois) chargé de dire le droit (donc soit d’obliger la plateforme à remettre en ligne les contenus sous peine d’amende, soit de poursuivre l’auteur d’un délit ainsi masqué) ». Pour l’auteur des Confessions d’un Voleur, « ça inverse la logique de la censure (l’intermédiaire ne devient responsable que s’il censure plutôt qu’irresponsable à condition qu’il censure). Et ça remet le droit là où il doit être au lieu de le déléguer à des entreprises privées »(10).

Car, face à l’enjeu de « réguler les réseaux sociaux en préservant l’idéal démocratique »,  Guillaume Champeau répond, dans une note de blogue du 10 janvier 2021(11), que s’il est attaché à la liberté d’expression (12) parce qu’il met « l’idéal démocratique au-dessus de tout », cela ne veut pas dire pour autant « que la liberté d’expression doit être absolue et qu’il faut tout laisser dire, tout laisser écrire, et n’empêcher la diffusion d’aucune expression néfaste. Cette liberté a ses limites, comme la plupart des droits fondamentaux, imposées par la nécessité de concilier tous les droits ». Comme nous le rappellent les devoirs et responsabilités liés au droit de libre expression : La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce que :« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » (13).

Mais ces limites aussi ont leurs limites. « Toute « formalité », « condition », « restriction » ou « sanction » imposée en la matière doit être proportionnée au but légitime poursuivi«, disait la Cour. Or comment assurer, avec l’idéal démocratique en tête, la proportionnalité des restrictions que l’on impose à la liberté de s’exprimer ? Nous avons, en démocratie, deux instruments fondamentaux pour nous en assurer.

Le premier, c’est le législateur. C’est lui qui, parce qu’il représente le peuple tout entier qui lui a confié ce pouvoir de dire la loi, détermine l’emplacement des bornes à ne pas dépasser. C’est donc bien nous, collectivement, par la voie de nos représentants, qui nous fixons à nous-mêmes nos propres limites, et qui devons veiller à ce qu’elles soient proportionnées au but que nous nous fixons, qui est de permettre la vie en société dans le respect des droits et libertés de chacun. Le second, c’est l’institution judiciaire. C’est elle qui, lorsqu’un individu ou une institution estime que les bornes fixées par le législateur ont été dépassées, regarde à quel emplacement les bornes ont été mises, et regarde où se situe le mis en cause. Il analyse la situation, et rend une décision de sanction ou de relaxe basée sur cette analyse, qui ne varie pas en fonction de ses intérêts mais est la plus objective et indépendante possible. Sans législateur et sans institution judiciaire agissant au nom et pour le compte du peuple, il n’y a pas de démocratie »(14).

Christian Salmon, quant à lui, s’interroge « sur ce que cette censure reflète du super-pouvoir des Gafam, et sur l’urgence de les encadrer et de les réguler. Au fond, cela pose une question très simple sur la nouvelle hiérarchie des pouvoirs : Trump contre les Gafam, où est le vrai pouvoir, aujourd’hui ? Chez les seconds, qui peuvent se permettre de suspendre le compte du pensionnaire de la Maison blanche – dans la législation actuelle, ils en ont parfaitement le droit. En cela, c’est une date historique, et c’est la leçon qu’on retiendra : un chef d’État en exercice censuré sur Twitter. Là aussi, il y a une réversion totale des pouvoirs entre le politique et le numérique, entre les souverainetés nationales et un pouvoir transnational.

Mais cette réversion des pouvoir concerne aussi directement Twitter et Facebook : en interdisant ainsi un compte, ils se retournent eux-mêmes contre le libre-jeu de leurs algorithmes, sur lesquels reposent toute la logique de leur pouvoir et dont personne ne connaît le contenu. Les Gafam c’est un système intégré et automatisé de clash qui est généré par des algorithmes. Or on sait que certains sont conçus pour favoriser les messages de haine raciste. On a donc une surreprésentation, dans la délibération numérique, des opinions extrémistes, racistes, d’extrême droite. Le super-pouvoir des Gafam, au-dessus des institutions démocratiques, détruit ces dernières. Il injecte dans la conversation, dans l’esprit des gens, les ferments de la négation des principes fondateurs des démocraties. Aujourd’hui, ces algorithmes doivent être révélés et mis à plat, c’est une question vitale de transparence et de démocratie » (15).

Ceci dit et pour clôturer provisoirement le dossier relevons, à l’instar de Patrice de Plunkett de Plunkett, la double ironie de l’affaire : il est ainsi « étonnant que ceux qui veulent empêcher les GAFA d’avoir leur propre politique envers Trump, (soient) en économie des ultralibéraux pur jus, partisans (le reste du temps) [« du moins d’Etat »] de laisser les acteurs économiques, même géants, faire ce qu’ils veulent sans qu’on les freine en rien [reconnaîtraient-ils les limites d’une telle posture idéologico-économique ?] ». D’autre part, nous pouvons sourire au souvenir de ce que « Trump, qui se plaint aujourd’hui des GAFA, nous menaçait de sanctions, nous Français, parce que nous nous plaignons de ces mêmes GAFA qui ne nous paient pas ce qu’ils nous doivent ! »

Moralité : « dès qu’on oublie un peu le Covid, on trouve des occasions de s’amuser » (16).

 

Quant aux chrétiens, ils sont censés savoir que leur norme de la liberté n’est pas Donald Trump ou ceux qui usent et abusent dans leur exercice de la liberté, mais Jésus-Christ Lui-même.

Jésus-Christ est en effet le seul homme qui a pu être véritablement libre sur la terre : personne n’a pu « le convaincre de péché »(Jean 8v46), il n’y avait en lui aucune source de mal, et même Satan n’a eu aucune prise sur lui (cf Matt.4v1-11). Et pourtant, Jésus a choisi le contraire de la liberté que nous poursuivons avec tant d’ardeur : Il est « venu, non pour faire (sa) volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui (l’a) envoyé »(Jean 6v38)…. « non pour être servi mais pour servir et donner (sa) vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45), parce qu’il avait une libération totale à conquérir : la libération de toutes nos servitudes, du pouvoir du péché, de la crainte de la mort(Hébr.2v15), et la restauration d’une relation qui avait été rompue : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Cor.5v19)

Le chrétien devrait être celui qui accepte de s’autolimiter, c’est-à-dire de « ne pas faire tout ce qu’il peut », pour en tirer un maximum de bénéfices. Parce ce ne serait pas juste, et parce que ce ne serait pas selon l’amour. En toute cohérence, il saura dire « non » ou « stop » à tout abus de notre exercice de la liberté.  Loin de toute crainte de perdre, ce choix éthique, inspiré par une vision biblique, permettra au contraire à l’homme de recevoir « bien plus que cela », sur le long terme et de façon durable : l’amour et des relations authentiques, libératrices et porteuses de sens, avec le souci d’impacter positivement notre entourage, avant de penser à nos propres intérêts (17).

 

 

Notes :

(1) https://theconversation.com/comment-le-discours-populiste-de-donald-trump-a-conduit-a-linsurrection-de-ses-troupes-153002

(2) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2021/01/11/trump-l-emeute-et-les-gafa-sac-de-noeuds-6289915.html

(3) https://www.bastamag.net/Trumpisme-conspirationnisme-investiture-Biden-Capitole-pouvoir-grotesque-tyrannie-des-bouffons-Christian-Salmon#nb2-1 [Christian Salmon est écrivain, essayiste et chroniqueur à Mediapart, auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte, 2007). Son dernier livre, La tyrannie des bouffons. Sur le pouvoir grotesque, a été publié en octobre par Les liens qui libèrent]. Une « déplateformisation » d’ailleurs inévitable cf https://larevuedesmedias.ina.fr/deplateformisation-trump-ban-twitter-facebook-youtube

(4) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2021/01/11/trump-l-emeute-et-les-gafa-sac-de-noeuds-6289915.html

(5) Normalienne, professeure à l’université Sorbonne-Nouvelle-Paris-3 et sociologue des médias. Ses recherches portent sur l’éducation aux médias et la gouvernance d’Internet. Elle est aussi membre du groupe d’expertes de haut niveau de l’Union européenne sur la désinformation.

(6) https://www.ouest-france.fr/economie/interview-les-reseaux-sociaux-ont-sous-estime-l-impact-des-fausses-informations-7113871

(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Digital_Services_Act

(8) https://twitter.com/Bernard_Lamon/status/1348309636294860800

(9) https://blogs.mediapart.fr/laurent-chemla/blog/100121/la-chute-2

(10) https://www.nextinpact.com/article/45379/la-destitution-numerique-trump-levier-inespere-pour-gouvernement-francais

Voir aussi Médias sociaux : après l’exclusion de Trump, la question de la censure et l’impératif d’évoluer (theconversation.com) Et https://larevuedesmedias.ina.fr/trump-plateformes-regulation-moderation-reseaux-sociaux

(11) https://www.champeau.info/blog/2021/01/10/reguler-les-reseaux-sociaux-en-preservant-lideal-democratique/

(12) « Laquelle vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, [mais] aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’est pas de « société démocratique ».

(13) Le principe est ainsi posé mais encore faut-il connaître les limites. Celles-ci sont relativement nombreuses du fait du nombre d’exceptions spécifiques touchant au statut particulier des personnes (devoir de réserve, par exemple) ou à la nature des informations concernées (secret médical, secret défense).

On peut néanmoins citer quelques règles d’ordre général :

  • Limite 1 – Ne pas porter atteinte à la vie privée et au droit à l’image d’autrui (pour des précisons complémentaires voir les fiches Vie privée et internet et Image et vidéo).
    • Limite 2 – Ne pas tenir certains propos interdits par la loi : l’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, l’apologie de crimes de guerre, les propos discriminatoires à raison d’orientations sexuelles ou d’un handicap, l’incitation à l’usage de produits stupéfiants, le négationnisme.
    • Limite 3 – Ne pas tenir de propos diffamatoires : la diffamation se définit par toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne[1]. Il est possible pour se défendre d’une accusation de diffamation d’invoquer l’exception de vérité[2], c’est-à-dire de rapporter la preuve de la vérité de ses propos.
    • Limite 4 – Ne pas tenir de propos injurieux : l’injure se définit comme toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait.
    • Limite 5 – Il existe également des limites spécifiques telles que le secret professionnel, le secret des affaires et le secret défense.
    • Limite 6 – Certaines personnes, en raison de la fonction qu’elles occupent, sont tenues à un « devoir de réserve ». C’est le cas des fonctionnaires qui doivent exprimer leurs opinions de façon prudente et mesurée, de manière à ce que l’extériorisation de leurs opinions, notamment politiques, soit conforme aux intérêts du service public et à la dignité des fonctions occupées. Plus le niveau hiérarchique du fonctionnaire est élevé, plus son obligation de réserve est sévère.

https://www.maisondesjournalistes.org/les-limites-de-la-liberte-dexpression/

(14) https://www.champeau.info/blog/2021/01/10/reguler-les-reseaux-sociaux-en-preservant-lideal-democratique/

(15) Christian Salmon : « Le trumpisme est le nom de cette vague conspirationniste qui refuse les pouvoirs institués »

(16) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2021/01/11/trump-l-emeute-et-les-gafa-sac-de-noeuds-6289915.html

(17) cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/10/21/vivre-penser-et-eduquer-a-la-liberte-oui-mais-laquelle/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/15/liberte-que-de-betises-on-peut-raconter-en-ton-nom/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/06/19/il-ny-a-pas-de-tabou-dans-la-bible/

 

Foireux liens de janvier (37) : « questions éthiques, éthiques en questions »

Les « Foireux liens » de janvier : des questions éthiques, sociales et théologiques

Bonjour ! Et voici de retour vos « Foireux liens » !

Au menu, des questions éthiques, sociales et théologiques sur les grèves, l’usage des écrans, le management, la PMA, l’homme augmenté, la fin du monde, la vie après la mort, le simple acte de lire ou d’acheter un livre, sans oublier nos façons de débattre !

 

1) Questions éthiques 

Pour avoir une vision synthétique sur les débats et les décisions des synodes, découvrez, sur le site de l’église protestante unie de France, une nouvelle rubrique consacrée aux « Questions éthiques » (écologie, économie, éthique médicale, famille, migrants et étrangers, violence et paix).

2) L’usage des écrans, un danger pour la démocratie ?

À l’occasion d’une nouvelle étude, Michel Desmurget, chercheur en neurosciences cognitives, revient sur l’impact des écrans sur le jeune public. « Mieux vaut éviter les écrans avant trois ans, martèle-t-on dans les médias (…) Je n’ai jamais réussi à trouver d’argument scientifique solide pour justifier cet âge. Trois ans, c’est un seuil lobbyiste. C’est le moment où l’enfant devient intéressant pour les annonceurs (formation de la mémoire, formulation des demandes…). Et puis, quand on affirme “pas d’écrans avant trois ans”, on dit surtout “après vous pouvez y aller”. Et, de fait, le temps passé devant les écrans explose à partir de trois ans. Pour les enfants de maternelle on parle de presque trois heures par jour. Au primaire, c’est quasiment cinq heures. Les ados dépassent six heures et demie ». Et « Une étude réalisée par l’université américaine Stanford, il y a trois ans, a analysé la capacité des enfants et des ados à trouver une information en ligne, à l’analyser et à évaluer les sources émettrices. Le niveau de compréhension et de compétence de ces jeunes était si bas que les chercheurs ont estimé que cela représentait une menace pour la démocratie« .

3) La justice rétablit les affiches d’Alliance Vita

Accusées de manquer de neutralité dans le débat sur la PMA, elles avaient été retirées des gares et des rues parisiennes vendredi 03 janvier….

4) Les « anti-PMA » s’inscrivent dans un combat de long terme 

 Alors que la révision des lois de bioéthique reprend au Sénat le 21 janvier, plusieurs organisations ont réclamé le retrait du texte, dimanche, en manifestant à Paris. Nombre de militants, cependant, ne limitent pas leur réflexion au sort du projet de loi et se situent dans une perspective plus longue. « Il y a 20 ans Gabriel Matzneff était encensé, l’écologie ridiculisée et le marché porté en triomphe. On voit où cela nous as mené. Dans 20 ans, l’on se demandera comment une telle loi a pu être votée, nos enfants nous demanderons des comptes… », estime Patrice Obert, le président des « Poissons Roses », courant de chrétiens de gauche.

5) Savons-nous encore débattre ?

En politique comme en famille, la mise en pratique du débat n’est pas toujours aisée. Et pourtant, sans son apprentissage, point de vie en société… Ce n’est pas le conflit qui est dangereux, mais la violence. Ce n’est pas le désaccord qui est problématique, mais l’absence de débat. C’est la raison pour laquelle la Revue Projet ouvre par la question du débat sa grande série politique : six dossiers pour réinterroger les fondements démocratiques et politiques, jusqu’à la présidentielle de 2022.

N’appelons pas « censure » l’hystérie des bulles d’opinion

Dans Le Monde (9/01), Michel Guerrin reprend lui aussi le thème de la « censure » invoqué par Riss, le patron de Charlie Hebdo. Mais il va beaucoup plus loin que Riss en incriminant la décomposition de la société en bulles d’opinion exclusives les unes des autres….

Cinq ans après, « Je suis Charlie » sonne creux

« Je suis Charlie ». La phrase a été répétée à l’envi depuis l’attentat contre le journal satirique le 7 janvier 2015 qui a fait 12 morts, plusieurs blessés et choqué l’opinion y compris au-delà des frontières hexagonales.  Mais derrière l’émotion toute compréhensible qui a accompagné ces élans de solidarité repose une réalité bien plus complexe.

6) Débattre avec un robot

Une intelligence artificielle a débattu avec deux humains sur les dangers de l’IA. Ses arguments étaient formulés à partir des réponses de 1100 personnes qu’elle analysait pour éviter les répétitions. Sur l’une des questions posées, l’IA a répondu qu’elle n’était pas capable de prendre une décision morale, car c’est une capacité propre aux humains. En anglais.

7) Voulez-vous une machine comme professeur ?

Les intelligences artificielles peuvent nous aider à apprendre…, mais la généralisation de l’apprentissage par les machines pose un problème éthique : le risque de standardiser les contenus et de formater les esprits. Aujourd’hui, de même que nous avons du mal à expliquer le fonctionnement de notre cerveau, nous comprenons difficilement le raisonnement d’une IA.

8) Transhumanisme : la conscience mécanisée – Un nouveau livre d’Eric Lemaître

À la suite d’un premier ouvrage intitulé « la déconstruction de l’homme », dont Pep’s café s’est fait l’écho, Éric LEMAITRE socio-économiste, blogueur et enseignant à l’école supérieure des Ingénieurs de Reims signe un nouveau essai théologique et philosophique sur le transhumanisme. Cet essai sonne comme un avertissement prophétique et prévient ses contemporains sur le combat titanesque qui est en jeu, qui est de nature à mettre en péril la conscience humaine.

9) Prochaines cibles des Gafa : dossiers médicaux et comptes bancaires

« Ils ont pressé le jus du citron médiatique et maintenant il faut qu’ils trouvent un autre millier de milliards de dollars de capitalisation boursière combinée ailleurs ». Deux domaines font saliver les géants de la tech américains plus que tout : la finance et la santé. Deux gigantesques réservoirs de croissance, jusqu’à présent préservés de leurs appétits par les réglementations sectorielles. L’assaut est lancé….

10) Lire sur papier, lire sur écran : en quoi est-ce différent ?

Depuis le début de ce siècle, plusieurs dizaines d’études ont été menées pour évaluer les effets du support de lecture sur les performances de compréhension de textes qui pouvaient être soit documentaires – manuels scolaires, ouvrages universitaires – soit narratifs – fictions, romans…  Les résultats de ces études ont été repris dans deux méta-analyses publiées en 2018 ; celle de Kong, Seo et Zhai, portant sur 17 études, publiée dans le journal Computers & Education, et celle de Delgado et de ses collègues, portant sur 54 études effectuées auprès d’un total d’environ 170 000 lecteurs, et publiée dans Educational Research Review. Il en ressort que la compréhension de textes est significativement meilleure lorsque la lecture s’effectue sur papier que sur écran.

11) Achetons nos livres dans des vraies librairies, en évitant d’acheter sur Amazon !

La technique ? Installer l’extension Amazon Killer pour les livres (Chrome ou Firefox). Comment cela fonctionne ? On cherche un livre sur Amazon, on clique dessus, et hop ! on est renvoyé vers le site de vraies librairies.

12) De la pacotille aux choses qui durent

Depuis la crise de 1929, les industriels fabriquent toujours plus de marchandises à la longévité toujours plus limitée. L’impératif environnemental implique de ralentir la consommation frénétique des biens. Mais comment remettre en cause le pilier d’un système que soutiennent presque tous les gouvernements ? Une idée simple et d’allure inoffensive pourrait ouvrir la brèche.

13) « Le manager malgré lui » : quand Molière éclaire la bêtise organisationnelle

Dans un essai intitulé « The stupidity paradox », les professeurs Mats Alvesson et André Spicer mettent en garde les managers des institutions bureaucratiques qui ne laissent aucune place à l’expression de l’intelligence humaine. À cet égard, ils parlent d’un phénomène de « stupidité fonctionnelle ». Au cœur de leur paradoxe, ils dénoncent l’affectation des salariés les plus compétents aux tâches les plus stupides.Quatre siècles avant Alvesson et Spicer, Molière s’intéressait lui aussi à la bêtise, mais dans un tout autre contexte que celui des organisations.

14) Mal-être chez les cadres de la R&D : quand les syndicats affrontent le déni patronal

« Nous, cadres sup, aux côtés des grévistes » : ainsi s’intitule la tribune parue lundi 7 janvier dans le journal Libération. Les auteurs (le collectif Les Infiltrés) rappellent par ce texte que les cadres sup’ sont, au même titre que de nombreux autres salariés, directement concernés par les mobilisations sociales, le bien-être au travail et le besoin de voir la pénibilité prise en charge. Pourtant, certaines recherches montrent que la gestion syndicale de la pénibilité mentale du travail des cadres, ingénieur et chercheurs de l’industrie se heurte bien souvent à la violence d’un profond déni patronal.

15) Retraites : guide d’auto-défense imagé pour les dîners en famille

Que rétorquer à votre oncle qui prétend que la réforme des retraites « ça fait les pieds aux fonctionnaires » ? Ou à la cousine qui assure que c’est le seul moyen de sauver un système des retraites équitable ? L’économiste Anaïs Henneguelle déconstruit « onze idées reçues » sur la réforme des retraites. Un guide illustré par les photos d’Anne Paq. Ainsi : Idée reçue n°1 : « Il n’y a pas de perdants à la réforme » Idée reçue n°2 : « Le système n’est pas viable financièrement : il faut réformer » Idée reçue n°3 : « L’espérance de vie augmente et il faut en profiter »……

16) BlackRock et les retraites : pourquoi et comment le gestionnaire d’actifs joue un rôle dans la réforme

Qu’est-ce que BlackRock ? Pourquoi cette société financière est-elle aussi puissante ? Quels sont ses liens avec les dirigeants politiques ? Et pourquoi s’intéresse-t-elle de si près à l’avenir de notre système de retraite ?

17) Réforme des retraites : le point de vue d’un pasteur

Christian Bouzy, pasteur du Foyer de la Duchère (Lyon) se demande de quelle justice parle le gouvernement.

18) « La fin du monde n’est qu’un éboulement »

Pour Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’IPT de Montpellier, le catastrophisme ambiant est un discours très dangereux qui désarme notre capacité à continuer le monde.

19) Pour N.T. Wright, la justification par la foi n’est pas au cœur du message du Nouveau Testament

Dans la série des « read it again ». A l’issue de l’une de ses interventions à l’Université de Fribourg, le 19 juin 2017, dans le cadre des Journées d’études pour le renouveau théologique et sociétal, ce spécialiste du Nouveau Testament mondialement connu et proche des milieux évangéliques répond aux questions de lafree.ch sur la compréhension étriquée que peuvent avoir certains du cœur du message chrétien.

Voir aussi 5 erreurs répandues sur la vie après la mort

Dans cet article, J. Richard Middleton (professeur au Biblical Worldview and Exegesis au Northeastern Seminary, Rochester, NY) examine 5 idées fausses répandues parmi les chrétiens sur ce à quoi ressemblera la fin des temps (en grec eschaton).Pour commencer, voici cinq choses que la Bible n’enseigne pas.

20) « Mais qui suis-je donc en train d’adorer en ce moment ? » ou quand Adorer un veau d’or le dimanche matin est étonnement facile.

Le dimanche, nos Églises sont pleines de personnes qui veulent adorer Dieu, et pas une seule d’entre elles n’y entre en étant absolument neutre. Nous ne devons donc pas considérer comme acquis que, dans nos environnements religieux, c’est le Christ exalté qui y est adoré.

Municipales 2020 : une frange de la droite s’allie avec l’extrême droite

Autrefois associé à l’UMP (devenue Les Républicains), le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson a noué des alliances locales avec le Rassemblement national, dans la perspective des municipales 2020. Le même Poisson, à l’époque où il était candidat à la présidentielle, plaidait en 2016 pour la fin du « cordon sanitaire » qui, selon lui, « n’a ni sens ni raison d’être» autour de ce qui s’appelait alors Front National. 

CAC 40 : versements record aux actionnaires en 2019

A 60 milliards d’euros, les liquidités restituées aux actionnaires du CAC 40 dépassent le niveau record de 2007. Elles ont augmenté de 12 % par rapport à l’année dernière. Compte tenu des bons résultats 2019 attendus, les dividendes et les rachats d’actions devraient encore progresser cette année. Et en comparaison, surtout pas de coup de pouce au SMIC au 1er Janvier, « ça pourrait ralentir l’économie ».

Dans les kiosques : heureux comme Dieu(x) en France ?

La revue Zadig consacre le dossier de son numéro d’hiver aux relations que les Français entretiennent avec la religion. À travers des entretiens et des reportages, des Côtes-d’Armor à La Réunion en passant par le Val de Marne, à la rencontre de croyants de toute confession, il dresse un état des lieux du paysage spirituel de notre pays.

Et le dernier pour la route :

21) Comment la Chine va changer ce que nous allons voir à l’écran ?

Ça y est : en 2020, la Chine sera le plus gros marché du cinéma au monde. Ce leadership a déjà des conséquences sur ce que nous regardons. Entre censure, opportunisme et séduction : voici comment la bobine se fraye un chemin vers un marché de 1,4 milliard de spectacteurs.  En anglais.

 

Ces « foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en mars.

 

Foireux liens de mai (33) : « fuir le monde » ou « s’engager dans le monde »

Les « Foireux liens » de mai : Européennes, réforme, feuilletons…

Bonjour ! Voici notre 33ème édition des « Foireux liens ». Au menu, Européennes 2019, projet de réforme « de la défiance », nouveaux épisodes de feuilletons politico-médiatico-judiciaires, Notre Dame de Paris, Vincent Lambert, GAFA, Transhumanisme, Fake news, travail dominical, Amazon….

Bonne lecture !

 

1) Européennes : « Tout ça pour ça » : Le score RN se ramène finalement à 23,3 %, soit 0,9 % d’avance sur la liste LREM (d’où même nombre de sièges à Strasbourg), et font moins bien qu’en 2014. Les macronistes se retrouvent un peu ballots après avoir clamé pendant des semaines qu’une vague brune déferlait et que seul M. Macron pouvait en préserver les peuples… Il n’y avait pas de vague brune : on le savait d’avance.

Voir aussi : Européennes 2019 : Les résultats des élections dans toute l’Union

Ce scrutin modifie les équilibres politiques dans l’hémicycle. « Contexte », média web français spécialisé sur les institutions, les politiques publiques et la fabrique de la loi, publie une série d’infographies sur les résultats, à comparer avec la composition du Parlement 2014-2019.

Et : découvrez les 74 députés français du Parlement européen

RN : 5 millions d’euros d’argent public détournés, une 20aine d’élus mis en examen, 40 collaborateurs soupçonnés dont la tête de liste aux Européennes 2019. Résultat : 1er parti français au Parlement européen durant les 5 prochaines années…

2) Ecole : Le projet de loi « de la défiance » amendé et adopté par le Sénat

Mardi 21 mai, le Sénat a approuvé le projet de loi « pour une école de la confiance » par 213 voix contre 95, après l’avoir largement amené (60 amendements adoptés, dont certains controversés, telle la possibilité d’une retenue sur les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme, ou cet autre amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires pour les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires). Les sénateurs ont également supprimé l’amendement qui prévoyait la création des établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), des structures qui regroupent un collège avec plusieurs écoles. Cette annonce avait suscité la colère grandissante des enseignants et des parents d’élèves. Députés et Sénateurs vont maintenant tenter de se mettre d’accord pour une adoption définitive rapide d’un texte inspirant, jusqu’à présent « la défiance » des enseignants et des parents.

Voir aussi le projet de loi « Pour une école de la confiance ».

3) Notre-Dame de Paris : une étrange manoeuvre financière risque de disperser les donateurs
Président de la Fondation du patrimoine depuis 2017, Guillaume Poitrinal décide unilatéralement de clore la souscription Notre-Dame et de diriger une partie de l’argent vers d’autres chantiers. Désarroi chez les donateurs. Désapprobation au ministère de la Culture, aux Monuments nationaux, à la Fondation Notre-Dame, à la Fondation de France. Et perplexité de l’opinion….

4) Affaire Vincent Lambert : le monde politique divisé après la reprise des traitements

La reprise des traitements étant acquise, les parents du patient réclament désormais son transfert, tandis que les responsables politiques opposent droit à la vie et droit à mourir dans la dignité.

Voir aussi : Vincent Lambert : quels enjeux juridiques et éthiques ?

5)  Pourquoi vous ne pouvez plus acheter chez Amazon

Lorsque vous achetez sur Amazon, tout est fluide, rapide. Tout est simple pour vous. Et c’est une réalité. Mais à quel prix ? Je ne parle pas du prix de ce que vous achetez. Mais le prix de votre petite conscience. Préférez-vous rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? Ainsi, voulez-vous vous offrir le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? Seriez vous d’accord d’être licencié par une machine ? Voulez-vous cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? Voulez-vous être surveillé dans votre chambre par Amazon ? Etc….

Voir aussi : Sept femmes enceintes licenciées par Amazon : 7 procès en 8 ans

Et Chez Amazon, un algorithme vire les employés « pas productifs »

6) Vous n’arrivez pas à vous déconnecter des GAFA ? Embrouillez-les !

Vous n’échapperez pas à la surveillance de masse, mais vous pouvez la gêner. Le livre « Obfuscation, vie privée, mode d’emploi » explique comment…

7) Quand Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel

Nous nous sommes trompés sur un point essentiel : Internet n’est pas une utopie mais un outil. Et pour comprendre cet outil nous devrions nous replonger dans les lectures d’Ivan Illich. Pour lui dès qu’un outil est institutionnalisé et s’impose comme ce qu’il qualifie de « monopole radical », un outil dont personne ne peut se passer et dont l’usage devient une injonction de consommation, il devient dysfonctionnel et détruit l’objectif qu’il est censé servir (…) En quelques années, Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel. Il était censé rapprocher les hommes, il les fracture. Au lieu de rendre la planète plus intelligente, il développe une sous-culture de la médiocrité.

8) Non, les « digital natives » ne sont pas tous des geeks, ils ne savent pas forcément utiliser les outils disponibles en ligne et ils ne font pas preuve d’un esprit critique à toute épreuve devant les flots d’information. Ne confondons pas la familiarité avec un médium et la connaissance approfondie de la manière de s’en servir. La ligne de partage ne passe pas par la date de naissance mais par la culture générale et l’éducation aux médias numériques.

9) Quand la paresse intellectuelle nous rend plus facilement manipulable

Aujourd’hui, l’information doit se faire la plus brève possible pour être susceptible d’attirer l’attention du chaland au risque de paraître “relou” et se faire zapper. Combien de fois ai-je entendu : “Mais tu es sûre que tu ne veux pas transmettre ton témoignage aussi en vidéo car tu attirerais plus de monde, tu sais les gens de nos jours n’aiment plus lire blablablablabla?” Sauf que l’information de qualité ne peut pas se résumer en quelques caractères….

10) «Attaque» de la Pitié-Salpêtrière. La fake news venait de l’Intérieur

Non, contrairement à ce qu’a affirmé Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, l’hôpital parisien n’a pas été pris d’assaut et dégradé par des manifestants mercredi 1er mai. Décryptage d’un emballement inquiétant.

11) Quand Marine Le Pen prônait l’interdiction des manifestations en période d’urgence

En mai 2016, en plein mouvement contre la loi travail, Marine Le Pen [qui se présente aujourd’hui comme la « grande défenseure des Gilets jaunes »] fustigeait les manifestations, appelant à leur interdiction, ainsi qu’au renforcement des forces de répression. A (re)découvrir, cet article publié sur Public Sénat et datant de 2016….

12) Le Conseil économique, social et environnemental : une institution méconnue, méprisée… et précieuse

La Ve République dispose avec lui d’une institution capable d’anticiper les grands mouvements sociaux, d’apprécier les évolutions de la société et de s’en faire le porte-voix. Plutôt que de créer de toutes pièces de nouvelles institutions, il serait sage d’utiliser celles qui existent déjà et dont c’est le rôle tel que prévu par la Constitution. Par exemple, le conseil économique, social et environnemental, de nature à être force de proposition sur tous les grands thèmes de société et anticiper d’éventuels difficultés ou blocages. C’est ainsi qu’il était en mesure d’anticiper le mouvement des « gilets jaunes », sans forcément avoir été écouté…..

13) Licenciements chez Cora : le «chaos législatif» du travail dominical

Le licenciement pour faute grave de deux salariés de la chaîne d’hypermarchés, opposés au travail le dimanche, pose à nouveau la question de son encadrement. Si les employés sont censés avoir le droit de refuser, ils n’en ont pas souvent la possibilité concrète.

14) Le succès du coaching à l’épreuve du professionnalisme

L’émoi suscité par l’émission de France Inter, diffusée en novembre 2018, sur « les dérives du coaching », met en exergue l’enjeu de la professionnalisation des coachs. Dans ce secteur en pleine expansion, la certification par les associations professionnelles (ICF, SF Coach…) ou écoles est un premier pas, mais elle n’est pas suffisante à la formation de professionnels compétents. Ceux-ci ont besoin de s’ouvrir à des approches leur permettant de mieux comprendre les contextes dans lesquels ils interviennent et d’instruire les dilemmes et tensions qui surgissent de leur pratique (…). Trois critiques alimentent de manière récurrente les analyses sociologiques du coaching.

15) Écriture inclusive et exclusion sociale

Les complexités de l’écriture inclusive ne sont pas seulement techniques si l’on considère les conséquences sociales éventuelles. Ne nuiraient-elles pas à l’égalité sociale ?

16) Des médias s’unissent pour documenter les effets du changement climatique en France

Fin 2018, Basta !MediapartPolitisReporterre et la Revue Projet se sont associés pour constituer un groupe de journalistes sur le climat. Jeudi dernier, 18 avril, ces médias ont poursuivi ce travail collectif en publiant sur leurs sites respectifs, une deuxième série d’articles concernant l’impact de la crise climatique en France chez les jeunes, les victimes de catastrophes naturelles, les agriculteurs, les personnes souffrant d’allergies… Un site baptisé « Jiec.fr » pour « Journalistes d’investigation sur l’écologie et le climat » est dédié à ces publications communes.

17) Bygmalion :Sarkozy sera bien jugé en correctionnelle

C’est un nouveau pas vers un procès en correctionnelle pour Nicolas Sarkozy. Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 17 mai, que rien ne s’opposait à ce que l’ancien président soit jugé dans l’affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

La justice reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir dépensé au moins 42,8 millions d’euros, soit plus de 20 millions d’euros au-dessus du plafond autorisé, grâce à un système de facturation frauduleux. L’ex-chef de l’Etat a été renvoyé en février 2017 devant le tribunal correctionnel pour répondre de ce délit, mais sa défense a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester cette décision. Franceinfo répond à cinq questions sur cette décision.

18) Mais que devient François Fillon ?

François Fillon sera bel et bien jugé pour détournement de fonds publics, recel de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et manquement aux obligations déclaratives de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Son épouse, Pénélope Fillon, est quant à elle renvoyée devant le tribunal pour complicité et recel de détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. S’il va donc bien devoir répondre de ses actes passés devant la justice, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy coule, depuis sa retraite forcée de la vie politique, des jours plutôt heureux. Il ne lui a, en effet, pas fallu plus de trois mois après sa cuisante défaite lors du premier tour de l’élection présidentielle pour décrocher un job en or, en devenant associé du prestigieux fonds d’investissement Tikehau Capital.

19) Etats-Unis : Comment le parti républicain a abandonné la question du porno

Autrefois, la lutte contre la pornographie était au coeur du combat culturel américain. Aujourd’hui, la porno est une énorme industrie – nocive – sans réels adversaires. Qu’est-il arrivé ?

20) Nationalisme, populisme, politiques et identité des évangéliques

Contribution de l’alliance évangélique européenne (EEA), extrait du projet Issachar à une période où, en Europe, beaucoup s’engagent dans des politiques identitaires , il est très important que les chrétiens aient une juste compréhension de leur propre identité et sachent que penser et comment prier et s’engager dans les questions politiques. C’est notamment le cas devant la tentation de réagir en se conduisant comme un groupe identitaire en présence des défis du libéralisme et de l’islam….

21) L’État, la Société se porteraient-ils mieux ou moins bien si les chrétiens étaient mêlés au pouvoir ?

A la dernière présidentielle, suite aux résultats du premier tour (Macron-Le Pen), certains chrétiens voire pasteurs, sur les réseaux sociaux ou blogs avaient appellé à « investir la société, ne pas juste être spectateur mais acteur ». Investir, d’accord, mais de quelle manière ?

22) Comment faire Église aujourd’hui ? Le point de vue d’un Attestant

Pascal Geoffroy, pasteur, membre des Attestants, revient sur la création de ce mouvement, au regard de l’histoire.

23) Une communauté nourrie par la prière

Dans un précédent article, le pasteur Philippe Golaz expliquait que « la prière était ce qui permettait de rester spirituellement vivant, en étant relié au Père ». Plus récemment, lui-même a mis un frein à sa frénésie du faire et à la pile de projets en attentes pour prendre un temps d’écoute et de discernement. De là cette conviction que la première chose à faire, était de réinvestir le domaine de la prière. Que si la relation au Père n’était pas entretenue en amont, alors tout le reste serait vide de sens et ne porterai pas de fruit, ou alors beaucoup plus difficilement.

24) « The Bible Project » maintenant en français

Connaissez-vous le site “The Bible Project” ? Lancé en 2014, ce site qui contient de nombreuses vidéos est une véritable mine d’or pour tous ceux qui veulent creuser les Écritures. A l’occasion des fêtes de Pâques, une version du site et des vidéos est désormais accessible en français.

25) Quand je croyais que Dieu voulait que je sois avec un non croyant

Une note de blogue adressée aux “missionnaires de l’amour” autrement dit tous ceux et celles qui pensent que Dieu les appellent à être en couple avec des personnes ne partageant pas leur foi pour les convertir par la suite.

26) Quand Rien créa Tout

Toi, tu crois en rien », réplique Paul (joué par Edouard Baer), musicien tendance punk-anar à son fils, dans « la lutte des classes » de Michel Leclerc(2019). Olivier Keshavjee, le théologeek, nous partage sa traduction autorisée d’un article de Joe Carter, lequel propose une tentative de méta‐narratif athée‐matérialiste simple et compréhensible qui explicite la question de la compréhension de soi. Il s’agit donc du regard constructif d’un chrétien sur une vision du monde scientifique réductionniste ontologique…..

27) Le corps, humus sans espoir

Nous vivons, et nous mourons. C’est un fait indépassable de la vie humaine. Qui que nous soyons, dans ce monde dans lequel nous vivons maintenant, nous vivons et nous mourons. Pour ceux qui voient s’éteindre des proches, que cela signifie-t-il ? Douleur, perte, deuil. Séparation. Dans ce processus de deuil, ce qui arrive au corps de la personne décédée a de l’importance. L’humanité a d’ailleurs toujours eu conscience de cela, d’où l’importance des rites funéraires qui apparaissent très tôt dans l’histoire humaine. Les deux « rites » autorisés en France sont la crémation et l’inhumation. Mais une autre alternative a fait le titre d’un article du Monde : l’humusation, c’est à dire la transformation du corps en humus.

28)Aux origines du transhumanisme

Le récit transhumaniste commence dès le livre de la genèse, le premier livre du pentateuque avec cette promesse « vous ne mourrez pas », tous les mythes et légendes anciennes, celles des sumériens de la Mésopotamie, des fables de l’odyssée de Homère, l’élixir des alchimistes des chinois et leurs pilules d’immortalité, nous rapportent des rêves de dépassement de l’humanité et de conquêtes contre la mort.

L’histoire très ancienne de ces récits nous évoquent de fait la mémoire d’une humanité à la quête de son paradis perdu et sa volonté de conquérir le fruit interdit en gommant si possible le récit construit de la civilisation humaine fondée depuis la chute, sur l’idée de la mort. Décryptage sur le blog « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître, partenaire de Pep’s café.

29)Sortir ! Recension du livre de Natalia Trouiller, un essai sur la stratégie que l’église devrait adopter pour traverser notre époque post-moderne.

Comment se fait-il que nous soyons plus prompt à considérer l’impureté du monde et vouloir le fuir, plutôt que de vouloir comme Christ nous incarner dedans et embrasser à pleine bouche son impureté et sa crasse pour la purifier par l’Esprit?

Réponse, selon l’auteur: Parce que nous avons développé une disposition collective de type gnostique. Nous séparons le corps de l’âme, nous rejetons la matière pour embrasser le pur spirituel, nous fuyons le monde pour embrasser la Connaissance Salvatrice. Nous nous satisfaisons de connaissance et de saine doctrine, en refusant de nous laisser transformer par elle pour agir ensuite. Nous avons développé un habitus de cathare. Et ce n’est pas un compliment. La suite sur Phileo-sophia, le blog d’Etienne Omnès.

Et le dernier pour la route :

30) « Les plantes sont extraordinaires : c’est un modèle décentralisé dont tous les membres participent à la décision »

Pour Stefano Mancuso, fondateur du laboratoire de neurobiologie végétale, tout ce que nous construisons au niveau de nos organisations sociales est bâti sur le modèle du corps animal. Or les animaux – humains compris – ne représentent que 0,3 % de la vie sur la terre, bien moins que les trois autres catégories que sont les végétaux, les champignons et les êtres monocellulaires. L’écrasante majorité des êtres vivants utilise des modèles différents du nôtre, qui est très fragile. Il suffit d’enlever la tête et toute l’organisation s’écroule. Il y a eu des empires, comme ceux des Aztèques et des Incas, des civilisations très avancées, dont l’organisation reposait exclusivement sur l’Empereur. Il a suffi aux Espagnols de s’attaquer à ce dernier pour que tout le système s’écroule instantanément. Par son organisation horizontale, une plante survit même si, par exemple, un animal mange ou détruit une partie de son corps, quand un animal meurt dès qu’un de ses organes vitaux ou son cerveau sont ôtés ou détruits. Comment ce modèle peut nous inspirer dans l’organisation des sociétés humaines ?

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en juillet.