Communion : le défi inclusif de Jésus face à nos tentations exclusives

« Qu’ils soient un, comme nous sommes un » : Une prière prophétique de Jésus au Père, actuellement non encore véritablement réalisée. De quoi nous pousser à la repentance, surtout quand nous mobilisons toutes nos énergies à rebâtir les murs de séparation abattus par Jésus lui-même ! (Source image : Pixabay)

Samedi 06 février, j’ai eu la joie de participer au 5ème forum des Attestants(1), en tant que « sympathisant », voyant dans ce mouvement confessant, né au sein de l’EPUDF dans des circonstances particulières, l’illustration que l’action de l’Esprit Saint ne connaît pas de frontière dénominationnelle.

Cette nouvelle édition a eu lieu par zoom, nous proposant tables rondes et ateliers, avec des intervenants de qualité, autour du thème « la communion, un défi ? »(1). Un enjeu spirituel d’actualité, à l’heure des séparatismes et des crispations identitaires, tandis qu’un protocole sanitaire nous impose de respecter des « distances sociales », et sachant que les réseaux @sociaux favorisent un entre-soi plutôt inquiétant. J’ai hâte de voir publier les actes du forum sur le site des Attestants, permettant de revoir/entendre les diverses interventions, notamment celles de la matinée, que j’ai raté ! (1)

En vérité, il ressort de ce forum que la communion, à la fois un « être et un faire ensemble », n’est pas si évidente que cela chez les chrétiens, et même pas « naturelle » du tout. C’est pour cela qu’elle est un défi en tout temps, nous confrontant à la réalité.

Or, comme si « être » et « faire » communion n’était déjà pas un défi suffisant en soi, la veille du forum, l’équipe de jeunes rédacteurs du blogue Par La Foi, s’affichant « réformé », apportait une curieuse contribution à cet enjeu spirituel, sur fond de crispation identitaire, avec un certain formalisme cultuel, via un article qui m’a paru trop long et très académique(2), mais aussi particulièrement maladroit dans le contexte actuel et, surtout, injuste et prétentieux, en prétendant faire le (dépôt de) bilan négatif des Attestants après 5 ans d’existence [selon quels critères ? Quel « magistère » ?] pour expliquer pourquoi ils marchent « sur des chemins séparés »(3).

Cet article, qui accuse certains biais (« cessationnistes », « pédobaptistes »…), est-il utile pour la gloire de Dieu (c’est à dire contribuant à rendre Dieu visible, tel qu’il est en vérité) et l’édification de tous ? La question peut se poser, car, rappelons-le, le service véritable, qui est un mini-stère (et non un magi-stère), consiste à se positionner en-dessous des pieds de celui que l’on prétend servir. Une fois relevé, nous ne laissons pas par terre (ou plus bas que terre) celui que nous avons servi, mais contribuons humblement à l’élever, à le faire grandir.

Est-ce le cas de cet article ? Jugeons-en plutôt, à la lecture de sa conclusion, laquelle ferait froid dans le dos si elle n’était pas ridicule : « À l’heure actuelle, la croissance de l’Église protestante unie de France ne nous paraît pas une chose désirable pour l’Église universelle. La présence en son sein des Attestants est d’après nous un obstacle à la reconstitution d’une identité réformée (ou luthérienne) authentiquement confessante plutôt qu’un instrument à cette fin. À ce titre, nous ne jugeons pas non plus la communion possible entre nous…. ».

En clair, « Attestants, merci de ne pas (plus) exister » ?

Ceci dit, on se marre tout de même un peu quand on lit ce qui est écrit très sérieusement, soit (pour prendre un ou deux exemples au hasard) que les Attestants seraient des « libéraux moins extrémistes et moins cohérents que les autres » au sein de l’EPUDF. Rappelons que ce mouvement de chrétiens confessants est né en 2015 « du désir de renforcer au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) les piliers de la Réforme (Sola Scriptura, bien entendu, avec Sola Gratia, Sola Fide,, Solus Christus, Semper Reformanda et Soli Deo Gloria). Certaines décisions prises en synode leur ont semblé affaiblir la dynamique de l’Eglise et négliger son enracinement dans la révélation biblique ». De fait, les Attestants « partagent une même foi au Père créateur, au Christ Seigneur et sauveur [qu’ils confessent aussi comme étant pleinement Dieu et pleinement homme, mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification], à l’Esprit Saint consolateur et puissant. « Courant de conviction parmi d’autres dans l’EPUdF », ils souhaitent « promouvoir une façon de vivre la foi, la vie de famille, la formation, à la lumière d’une lecture exigeante de l’Evangile ». Ils se veulent, notamment, « force de proposition en matière de prière, de lecture de la Bible, d’édification pour la foi, de formation, d’accueil des plus humbles ».

Et les Attestants sont tellement « libéraux » qu’ils confessent enraciner leurs convictions dans les Ecritures. La liberté chrétienne (n’excluant) pas mais (impliquant) une interprétation respectueuse des textes, pour tout ce qui fonde la foi et structure la vie »(4).

Les Attestants seraient aussi des « modernistes » et des « postmodernes », sous prétexte que certaines « traditions »(port de la robe pastorale, usage de la chaire, présence de l’orgue/harmonium….) seraient « systématiquement rejetées ».

Autant d’arguments pouvant d’ailleurs justifier un refus de communion…avec le Christ lui-même !

Imaginez en effet ce qui aurait pu se passer, pendant les 3 jours suivant la mise au tombeau de Jésus-Christ, après sa mort à la croix : « nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël, mais il est utile aujourd’hui de se poser la question s’il a réussi après 3 ans 1/2 de ministère ». Et un jeune docteur de la loi de se fendre d’un (trop) long article très académique, justifiant pourquoi lui et les siens « ne sont pas disciples de Celui que l’on appelle le Christ », concluant par ce qui ressemble à une condamnation sans appel, dans le style : « il n’est décidément pas possible d’être en communion avec ce jeune mouvement, lequel est un obstacle pour la conservation de l’identité judaïque », leur leader étant trop « libéral » (ou étant un « libéral » ne s’assumant pas) et « post-moderne », parce qu’il ne respecterait pas « la tradition des anciens »….Position tenue jusqu’à ce que le jeune docteur de la loi rencontre, confus, Jésus-Christ ressuscité….C’est ce que l’on peut se souhaiter de mieux.

Une chose est sûre : si vous souhaitez connaître les Attestants, ce n’est pas par cet article qu’il faut commencer, mais plutôt en cherchant à les fréquenter pour mieux les connaître, plutôt que de les enfermer dans des étiquettes disqualifiantes/restrictives : visitez leurs paroisses et participez (ou assistez) à leurs cultes, pour vous rendre compte si le Dieu véritable (Père, Fils, Saint-Esprit) est à sa place ; consultez leurs sites et participez à leurs formations/forums(5), non pas en cherchant « à obtenir confirmation » de ce que vous croyez savoir, mais plutôt avec la volonté humble et honnête de savoir vraiment.

Pour le reste, la sagesse sera celle de suivre le conseil d’un autre sage, un célèbre docteur de la loi, Maître du jeune docteur cité plus haut : « ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu ». (Actes 5v38-39). En attendant, apprenons à discerner des fruits évidents et significatifs, apprenons à dire merci à Dieu pour cela, et gardons confiance que l’approbation finale sera donnée (comme à nous tous) par le Maître lui-même.

Mais, comme le dit le vieil adage, « quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt », il importe de ne pas s’arrêter « au doigt Attestant », pour fixer ses regards sur ce qu’il montre, à savoir le Christ.

Et ce, d’autant plus que nos réflexes exclusifs font plutôt tâche avec l’esprit inclusif du Christ et des Ecritures. Ainsi, quand certains justifient théologiquement d’exclure de leur cercle (déjà étroit) de « communion », nous lisons cette joyeuse invitation à la communion de l’apôtre Jean, au début de sa lettre [1 Jean 1v3-4] , rappelant les conditions de celle-ci : « ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Et nous vous écrivons cela pour que notre joie soit complète ». Le même apôtre rappelle également que « si nous marchons dans la lumière comme (Dieu) lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion……les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1v7)

Cet esprit inclusif se discerne encore dans le « faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » de Dieu, au commencement (Gen.1v26), le « nous » inclusif du Notre (et non pas « mon ») Père, enseigné par le Christ à ses disciples (Matt.6v9-13), et dans le « Qu’ils soient un, comme nous sommes un », le projet exprimé dans une prière dite par le Fils au Père en Jean 17, sur la façon dont l’un et l’autre souhaiteraient voir vivre ensemble ceux qui lui appartiennent. Une prière prophétique actuellement non encore véritablement réalisée. De quoi nous pousser à la repentance, surtout quand nous mobilisons toutes nos énergies à rebâtir les murs de séparation abattus par Jésus lui-même (Eph.2v14) ! L’enjeu spirituel de relever le défi de vivre la communion et l’unité est de taille, puisque c’est « afin que le monde croit »…. (v21). L’inverse est malheureusement vrai, puisque si pas de communion, il y a division, et l’absence de communion et d’unité empêche de croire.

Comme il a été rappelé lors du forum des Attestants du 06 février, en situation de crise, il n’est plus le temps de rompre des lances sur des sujets secondaires [lire à ce sujet Romains 14], mais le temps de revenir à l’essentiel. Et l’essentiel est Christ.

Rappelons que le Nom de Jésus est le seul Nom qui sauve, le seul Nom qui rassemble et le Nom qui est élevé au-dessus de tout nom, y compris les étiquettes dénominationnelles, rendant ainsi vaines toute crispation/repli/tentation ou prétention identitaire. En tant que chrétiens – « petits Christs » – nous n’acceptons pour seule « étiquette » que celle que Jésus nous a déjà donnée : « enfants de Dieu », « saints et fidèles en Jésus-Christ », « appartient à Jésus-Christ »…..

Rappelons également que le Nom de Jésus signifie aussi « Dieu sauve » mais aussi « Dieu élargit », lequel nous élargit de toute l’étroitesse de nos petits cercles restreints de (pseudo) « communion », « à l’exclusion de tous les autres ». De même, à la suite du Christ et en Son Nom, nous sommes envoyés pour élargir les horizons de nos frères et de notre prochain.

 

A l’heure où certains jouent encore à être « plus royalistes que le Roi », en mode « plus réformé que moi tu meurs », contribuons à une réelle édification, aidant à grandir : puisque nous sommes censés avoir « dépouillé le vieil homme » (avec ses prétentions identitaires restrictives), revêtons-nous du Seigneur Jésus-Christ – la seule identité valable qui nous a été donnée – et n’ayons pas soin de la chair [par exemple, l’orgueil intellectuel et/ou spirituel] pour en satisfaire les convoitises (Rom.13v14).

Renversons également nos façons de penser, pour en finir avec la pensée opposée à la pensée biblique et axée sur la « saisie », la classification, le déterminisme (soit le fait de coller une étiquette sur quelqu’un), la division, la conceptualisation…avec les logiques de la prise, les pensées rapaces qui griffent et qui déchirent.

Si ta théologie te rend incapable de discerner ce qu’est une pensée biblique, et si elle contribue à rebâtir les murs de séparation ce que Christ a abattu, alors change de théologie….

Le dernier mot sera au fameux jeune docteur de loi cité plus haut, qui n’a plus été le même après sa rencontre avec le Christ ressuscité :

C’est aussi « un devoir pour nous, les forts, de porter l’infirmité des faibles et de ne pas rechercher ce qui nous plaît. Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain en vue du bien, pour édifier. Le Christ, en effet, n’a pas recherché ce qui lui plaisait mais, comme il est écrit, les insultes de tes insulteurs sont tombées sur moi. Or, tout ce qui a été écrit jadis l’a été pour notre instruction, afin que, par la persévérance et la consolation apportées par les Ecritures, nous possédions l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus Christ, afin que, d’un même cœur et d’une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu »(Rom.15v1-7)

« Si donc il y a quelque consolation en Christ, s’il y a quelque soulagement dans la charité, s’il y a quelque union d’esprit, s’il y a quelque compassion et quelque miséricorde, rendez ma joie parfaite, ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée. Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres.  Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ».(Philip. 2v1-11).

Amen !

 

 

 

 

 

Notes :

(1)cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/01/30/forum-des-attestants-du-06-fevrier-communion-un-defi/

Il est possible de visionner les vidéos des temps forts (tables rondes seulement) du forum du 06 février. Le pasteur Martin Hoegger, de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud et membre du mouvement R3 (Rassemblement pour un renouveau réformé), nous partage également son regard sur cette rencontre dans cet article consultable ici.

(2) Cf https://parlafoi.fr/2021/02/04/pas-attestants/

(3) Pour rappel, « séparé », en hébreu et araméen, a donné le nom de « pharisiens », ce groupe de religieux souvent dénoncé par Jean le Baptiste et par Jésus, et qui a fini par intriguer bassement pour condamner et livrer ce dernier pour être crucifié. Par contraste, les Attestants ont choisi de rester au sein de l’EPUDF, plutôt que d’en partir pour rejoindre les Evangéliques ou fonder une nouvelle dénomination, illustrant un cheminement possible, alternatif aux replis identitaires.

(4) A ce sujet, je renvoie au forum des Attestants consacré au thème « qui parle ? Quand je lis la Bible… » https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/02/08/retour-sur-le-forum-2019-des-attestants-qui-parle-quand-nous-lisons-la-bible/

(5) Cf http://lesattestants.fr/ ; http://1001questions.fr/ ; http://tablesrondes.leglisequicroit.fr/ (avec ce compte rendu d’atelier https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/08/29/ce-que-leglise-communaute-chretienne-peut-apporter-a-la-generation-z-ou-digitals-natives/) ; http://www.liberer.fr/

Forum des Attestants du 06 février : communion, un défi ?

La communion, un défi ? Une invitation et un appel à le relever avec les Attestants, le 06 février !

L’édition 2021 du forum des Attestants aura lieu par zoom, le 06 février, nous proposant de « nous entretenir les uns les autres » du thème suivant : « communion, un défi ? »

 Pourquoi ce thème ?

« La crise du Covid qui traverse notre monde et notre société globalisée a agi comme un révélateur dans nos vies spirituelles. Elle a mis en évidence, non seulement l’importance, mais aussi l’impérieuse nécessité pour la vie de nos communautés et également pour notre vie personnelle et notre épanouissement d’une Communion Fraternelle authentique. Communion dont la nature spécifique est l’un des marqueurs de notre foi et de notre espérance.

Cette prise de conscience s’accompagne de celle d’un monde qui malgré sa globalisation est en fait de plus en plus fragmenté par les distanciations de toutes sortes : physique, sociale, culturelle, politique, religieuse, théologique… poussant à un « entre soi » identitaire, amplifié contre toute attente par la place que les réseaux sociaux y ont prise, comme l’actualité récente le montre.

On pense, on vit, on agit… de plus en plus avec ceux qui nous ressemblent.

Or l’Eglise est le contraire de cet « entre soi », nous qui sommes appelés par le Christ à le dépasser pour vivre la fraternité des enfants de Dieu.

La crise actuelle interpelle les chrétiens que nous sommes sur le sens réel de la Communion Fraternelle. Quelle est sa nature ? Pourquoi est-elle réellement indispensable ? Quels sont ses fondements ? Comment la créer et la maintenir ? A quoi et vers quoi nous pousse-t-elle ? Et si elle en établie, où se situent ses bornes ? Notre foi dans le Christ ressuscité et l’action du Saint-Esprit nous portent et nous poussent dans un élan généreux qui devrait nous permettre de dépasser limites et barrières que notre nature humaine oppose à cet élan.

A contrario, la générosité de nos sentiments humains, notre volonté de bien faire, la conformité à la pensée dominante dans le monde…affadissent parfois jusque dans nos églises ce lien précieux, ce cadeau que nous recevons du Père, grâce au Fils par le Saint-Esprit » (source : plaquette de présentation du forum des Attestants du 06/02/21)

Au programme :

10h-12h30, table ronde : Qu’est-ce que la communion fraternelle, pourquoi est-elle cruciale pour la vie chrétienne ?  avec
David Bouillon, professeur de théologie pratique et spiritualité à la HET-PRO (Haute Ecole de Théologie en Suisse)
Frédéric de Coninck, sociologue chrétien (Ancien directeur de recherche au CNRS et à l’ école Nationale des Ponts et Chaussées)
•  Gilles Boucomont, pasteur EPUdF à Paris-Belleville
Animatrice : Caroline Bretones, pasteur EPUdF à Paris-Le Marais

14h30-17h table ronde : Comment faire vivre notre communion fraternelle, qu’est-ce qui peut la menacer, ses limites éventuelles et les risques de dérives ? avec
Guillaume de Clermont, pasteur EPUdF, ancien président de Conseil régional
Anne Faisandier, pasteur EPUdF à Marseille
Pierre Jova, journaliste à l’hebdomadaire La Vie
Animateur : Jean-Fred Berger, président du CP de l’EPU de Dreux

Chaque table ronde est suivie d’ateliers :

Approfondissements théologique avec David Bouillon, sociologique avec Frédéric de Coninck, et ecclésial avec Gilles Boucomont ;

« Dans le monde mais pas du monde ». Communion ou union, est-ce une porte étroite ou une large voie ? Comment Jésus lui-même assume la tension entre ouverture et exclusivité ?

« Le rôle du Saint Esprit dans la construction de la communion ». La communion est-elle donnée ou à construire ?

« Y a-t-il une bonne et une mauvaise communion ? » Quels sont les différents modèles de communion ? Quelles sont les dérives, les abus, les malentendus possibles ? Peut-on dire que : pas de confession de foi partagée, pas de communion ?

« La dimension sacramentelle de la communion. Au-delà de l’acte d’eucharistie, quelle communion au sens large ? »

 

Un événement organisé par les Attestants*.

Plus de détails 6 février 2021-Forum – Attester.fr

 Et inscription via le formulaire

 

*Les Attestants : Ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète en 2015, qui a vu autoriser la bénédiction des couples homosexuels. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants confessants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants. Ils proposent des outils pour le réveil des églises de la Réforme et au service de l’Evangile de Jésus-Christ.

Découvrir leur site et mes articles sur ce mouvement.

 

Retour sur le forum 2019 des Attestants : « qui parle, quand nous lisons la Bible ? »

« La Bible a été écrite par plusieurs et inspirée par un seul. Quand nous la lisons, nous l’interprétons différemment. Comment retourner aux Écritures en repérant et levant ensemble des obstacles à l’accueil d’une Parole de Dieu ? »

« Qui parle, quand nous lisons la Bible ? » « Nous », quand nous la faisons parler et dire ce que nous voulons qu’elle (nous) dise ? Ou « elle », quand nous la laissons (nous) parler et faire autorité dans nos vies ? 

Tel était le thème du 4ème Forum des Attestants qui a eu lieu le samedi 2 février 2019 au Palais de la Femme (Armée du Salut) à Paris, et auquel j’ai eu la joie de participer en tant que « sympathisant ». 170 personnes représentant une cinquantaine de paroisses EPUDF (Eglise Protestante Unie de France), plus quelques attestants belges [« l’Unio Réformata » de l’EPUB], étaient réunis. Nous nous sommes entretenus ensemble dans la convivialité, la joie et la simplicité au sujet de la problématique suivante : 

La Bible a été écrite par plusieurs et inspirée par un seul. Quand nous la lisons, nous l’interprétons différemment. Comment retourner aux Écritures en repérant et levant ensemble des obstacles à l’accueil d’une Parole de Dieu ? 

Un thème qui ne saurait étonner, quand on sait que le Mouvement des Attestants « est né en 2015 du désir de renforcer au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) les piliers de la Réforme (Sola Scriptura, bien entendu, avec Sola Gratia, Sola Fide,, Solus Christus, Semper Reformanda et Soli Deo Gloria). Certaines décisions prises en synode leur ont semblé affaiblir la dynamique de l’Eglise et négliger son enracinement dans la révélation biblique ».

De fait, les Attestants « enracinent leurs convictions dans les Ecritures. La liberté chrétienne n’exclut pas mais implique une interprétation respectueuse des textes, pour tout ce qui fonde la foi et structure la vie »

L’orateur invité et principal intervenant était Karsten Lehmkühler, professeur de théologie systématique à l’université de Strasbourg, faculté de théologie protestante.  Ses thèmes de recherche sont en rapport avec Anthropologie théologique, Questions de bioéthique, « Amélioration de l’homme » (Human enhancement), Théologie comparée des religions, La théologie de Dietrich Bonhoeffer, Ethique de la parole.

Il a donc été question de la Bible, à la fois « parole d’hommes » et « Parole de Dieu », laquelle Bible n’est pas un objet de recherche mais « un moyen de grâce », dans la logique de l’incarnation, avec ses faiblesses et limites, utilisé par le Saint-Esprit pour se faire connaître.

Il a été notamment rappelé que la Bible est « loi et Evangile », en ce qu’elle « interpelle, exige, accuse, encourage et console », et qu’elle est claire et efficace en tant que Parole de Dieu.

En tant que chrétiens confessants, nous avons été également encouragés, outre à discerner « les désaccords [d’interprétation] que nous pouvons supporter sans nous séparer », à rester ensemble, dans le cadre de la communauté – l’Église – pour lire la Bible, ces textes inspirés qui nous forgent, et pour chercher ensemble ce qui est clair dans les Ecritures.

En cela, Les Attestants, qui ont choisi de rester au sein de l’EPUDF, plutôt que d’en partir pour rejoindre les Evangéliques ou fonder une nouvelle dénomination, illustrent ce cheminement possible.

Enfin, lors d’un temps d’atelier où nous avons été invités à discuter ensemble de « La Bible dans ma vie et dans mon (église) locale », il est ressorti du mien la stimulante piste de dialogue suivante : et pourquoi ne pas exposer sa compréhension personnelle des Écritures bibliques – comment me fait-elle vivre – en sollicitant le témoignage de mon interlocuteur sur ce point, plutôt que de rester dans un seul débat dogmatique et de doctrine ?

 

Découvrir le programme détaillé du forum sur le site des Attestants.

Le forum en vidéos sur la page Facebook des Attestants.

Prédication de Michel Block lors du culte du forum : « Dans notre rapport aux Ecritures, quel type de serviteurs sommes nous appelés à être ? Fidèles ou… inutiles ? » Un texte de l’Evangile « pas compliqué » mais « difficile » à entendre !

Le texte complet de la prise de parole du professeur Karsten Lehmkühler ici.

Découvrir mes articles sur les Attestants ici.

 

Aimez-vous l’Eglise ? (Ré) écoutez l’ensemble du Forum Attestants 2018 « Des Racines et du Zèle » en mp3

Et si vous preniez le temps d’admirer l’Eglise, comme Christ aime Son épouse ?…

Aimez-vous l’Eglise ? Car « aimer l’Eglise, c’est souvent prendre du recul pour l’admirer, comme Christ chérissant l’Epouse ». Avec la thématique « Des Racines et du Zèle », le Forum 2018 des Attestants, qui s’est tenu le 20 janvier à Paris, a eu cette ambition de nous encourager à entretenir notre amour pour l’Eglise. Parmi les intervenants invités, Ric Thorpe, évêque de Londres, en charge pour tout le Royaume Uni de la question de la croissance de l’Eglise et des implantations de nouvelles paroisses.

Si vous vous intéressez à cette thématique, il vous est possible de (ré)écouter, télécharger, podcaster l’ensemble du Forum (incluant le culte, la prédication, les interventions de Ric Thorpe – également en vidéo – et les temps de questions-réponses), ce qui vous permettra également d’en savoir plus sur le courant des Attestants.

Bonne écoute et bonne vision !