« Christ notre gardien : lecture suivie de la lettre de Jude (2)

Au-delà de cette étude, « rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement ! »

Suite et fin de la visite guidée de l’épître (ou lettre) de Jude, entamée mercredi.

JUDE 1 : 14-16

  • C’est aussi pour qu’Hénoc, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Il s’agit d’Hénoc qui a marché avec Dieu et qui été enlevé sans passer par la mort physique (Genèse 5 / 1 Chroniques 1 / Hébreux 11 : 5 ). Hénoc a prophétisé le retour de Christ et le Jugement Dernier selon Mc Arthur (1 Th 3).
  • Voici que le Seigneur est venu avec ses saintes troupes : D’autres versions proposent « ses saintes myriades ». Il s’agit des anges qui Le servent (v.14).
  • … pour exercer un jugement contre tous : Ce jugement concerne les actes d’impiété et les paroles dures. Cela m’amène à demander à Dieu qu’en tant que chrétien je ne prononce que des « paroles assaisonnées de sel », remplies de Sa saveur (v.15) !
  • Toujours mécontents, ces hommes se plaignent sans cesse de leur sort : Les gens qui se plaignent de tout et tout le temps sont des plaies pour eux-mêmes et pour les autres !
  • Et marchent suivant leurs désirs : Ils sont incapables de s’intégrer dans la société, et refusent de se plier joyeusement à la volonté de Dieu ! Leurs discours impressionnent et flattent les autres mais ils sont creux et ne servent que leur intérêt personnels (v.16). Ils ne sont pas remplis de l’amour de Dieu (1 Cor. 13).

JUDE 1 : 17-19

  • Quant à vous, bien-aimés : Jude s’adresse à ses frères en Christ comme au verset 3. Il leur montre son tour pour eux. L’expression « quant à vous » révèle son désir de les responsabiliser.
  • Souvenez-vous : Dans le Livre des Actes, la communauté chrétienne persévérait dans l’enseignement des Apôtres (des 12 choisis par Jésus avec Matthias à la place de Judas). Cet enseignement était fondé sur Jésus-Christ (v.17).
  • Ils vous disaient : D’abord, les Apôtres ont enseigné sur « la fin des temps ». L’une des caractéristiques est la moquerie. Des « moqueurs » vivront donc selon leurs propres voies (désirs, souhaits, volontés …). Dans ce cas, le « désir » est le moteur dont le carburant est l’impiété (injustice, iniquité …) – (v.18).
  • Ce sont ceux qui provoquent des divisions : Ces divisions concernent d’une part la doctrine (par exemple, on enseignera une fausse paix …), d’autre part la pratique de la doctrine (par exemple, on vivra selon une paix sociale obligatoire selon une pensée unique …). Ces gens n’ont pas l’Esprit Saint en eux. C’est leur « chair » ou « nature propre » qui domine leur volonté !!! (v.19).

JUDE 1 : 20-25

  • Quant à vous, bien-aimés … Jude répète cette formule (ouverture v.17) pour insister sur l’importance de son exhortation.
  • Edifiez-vous sur votre très sainte foi et priez par le Saint-Esprit : En quelque sorte, l’Église ne doit pas oublier l’enseignement de Christ et de ses apôtres, mais doit en plus, s’édifier (se construire) sur la foi lui venant de Dieu (Ephésiens 2 / Hébreux 11), et vivre (respirer) dans la prière par l’Esprit (peut-être les « soupirs inexprimables » de l’épître aux Romains ?). En tout cas, rien de charnel ne doit s’y mêler !!! (v.20).
  • Maintenez-vous dans l’amour de Dieu en attendant le jour … D’un côté il y a l’enracinement dans l’amour (selon l’apôtre Paul), de l’autre il y a le maintien dans l’amour. C’est là que se révèle la volonté d’être fidèle à Jésus-Christ. Il faut toujours garder à l’esprit que nous vivons de l’amour de Dieu, que nous dépendons de Lui, et c’est bien cet amour divin qui nous permet d’attendre Son retour et la vie éternelle (v.21).
  • Ayez compassion … La compassion vient de l’amour de Dieu. C’est une émotion divine qui était en Christ. Mais afin qu’elle accomplisse la volonté de Dieu, cette compassion est accompagnée du discernement. Dans ce cas, il s’agit en particulier des personnes qui contestent (version Genève 1979). Il faut donc aimer les contestataires sans accepter l’esprit et le contenu de la contestation (v.22).
  • Quant aux autres : Ceux qui vivent dans le péché peuvent être « arrachés au feu » (à la condamnation). C’est avec une sainte crainte (celle d’être fidèle à Dieu) que nous les approchons, sans faire de compromis avec leur péché (symbolisé par la souillure du vêtement – voir Apocalypse 22 : 14) – (v.23).
  • A celui : Il s’agit de Dieu bien sûr. Les versets 24 et 25 forment la « doxologie » de la lettre de Jude (la note finale à son discours).
  • Qui peut vous garder de toute chute … Il met tout à notre disposition pour que nous ne chutions pas pendant notre marche avec Lui.
  • Et vous faire paraître devant Sa gloire irréprochables et dans l’allégresse : Cette gloire représente tout ce qui émane du trône de Dieu. Paul désirait présenter l’Église sans tache, sans ride au Jour du Seigneur. Jean aussi dans Apoc.22 : 14 en parlant de « laver leur robe ». Même idée dans le mot « irréprochables ». Ceci n’est pas une œuvre humaine. Nous devenons irréprochables par Jésus, son sang versé pour le pardon. Avec la grâce il y a l’allégresse, une joie puissante explosant en louange. Jésus nous permet de nous purifier, de nous sanctifier pour le « grand jour » !
  • Oui, à Dieu seul sage, qui nous a sauvés par Jésus-Christ, appartiennent gloire, majesté, force et puissance : Nous rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement !

 

Lecture suivie proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur, que je remercie chaleureusement. Base de l’étude : Bible Thompson 21 / Bible avec commentaires de McArthur /  Le Christ dans toutes les Écritures (A-M Hodgkin) / La Bible du Semeur / BS 21 (archéologie et histoire) / L’Epître de Jude (Samuel Benetreau).

« Christ, notre Gardien » : lecture suivie de la lettre de Jude (1)

Une épître adressée « à ceux qui sont appelés », c’est à dire « gardés pour Jésus-Christ »….et un appel à la vigilance.

Avez-vous déjà lu au moins une fois l’épître (ou la lettre) de Jude ?

Si la réponse est non, ou si vous la connaissez mal, voici une visite guidée de ce très petit livre de la Bible, mais au contenu essentiel, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur. Qu’il en soit remercié, d’autant plus que les commentaires/prédications sur le sujet sont peu courantes. Bonne étude !

JUDE 1 : 1-2

  • De la part de Jude … Il convient, en commençant notre lecture, de se demander qui est cet homme, dans quel contexte il vit et exerce son ministère, et à qui il adresse sa lettre, découvrir enfin quelle en est la raison. C’est un texte très court. La Thompson 21 ne numérote aucun chapitre. Jude semble donc être l’auteur à cause de l’expression introductive « de la part de » qui précède le prénom. Lorsque j’ai reçu le témoignage du réveil, j’ai réalisé combien nos églises pouvaient se laisser aller à la négligence, et parfois même à la perversité dans le péché de façon consciente. À ce jour, je vois que c’est mon propre cœur qui est la cible de l’épître de Jude ! Cet homme, frère de Jacques (responsable de l’Église à Jérusalem), ne croyait pas que Jésus était le Messie (Matthieu 13 / Marc 6 / Jean 7) lorsque le Seigneur est apparu. Mais, par la grâce de Dieu, Jude est devenu un pilier de la foi pour édifier l’Église de Jésus-Christ. Il se déclare, comme Paul, serviteur de Jésus-Christ. Il sait que Jésus est mort et ressuscité. Il ne sert pas un mort, mais un Dieu vivant.
  • À ceux qui ont été appelés … Le mot « appelés » nous ramène au but divin : amener chacun au salut éternel. Dieu connait ces « appelés », il les aime (lire Jean 3 : 16) en tant que « Père ». Ces « appelés » sont gardés pour Jésus-Christ. Ces quelques mots peuvent nous pousser à faire une étude approfondie de ce que signifie « être gardé ». Il y a le sens « d’être mis à part » pour le service de l’Évangile. Il y a celui « d’être protégé » pour accomplir une mission. Mais ici, Jude relie le mot gardés à celui de Jésus-Christ. Hodking donne le titre suivant à cette épître : Christ, notre gardien. Il nous garde donc pour nous avoir avec lui, dans sa présence. Cette volonté est liée à l’agape [amour] de Dieu. Certaines versions ont écrit par Jésus-Christ, ce qui nous ferait comprendre le statut de gardien qu’a Jésus, et sa fonction de médiateur.
  • Que la compassion, la paix et l’amour vous soient multipliés ! Les mots compassion et paix sont des termes courants de salutations entre les hébreux. Le mot amour a été rajouté dans les usages de l’Église. La « compassion » représente une empathie de l’un en rapport avec la souffrance de l’autre (il y a l’idée de miséricorde). La « paix » est la recherche sans relâche de la concorde, et le souhait du bien pour autrui. Enfin, l’amour est une pleine identification avec Dieu qui prend la forme d’homme jusqu’au sacrifice ultime à Golgotha, pour le salut de ceux qu’Il aime (v.2). À travers la salutation, Jude transmet à ses destinataires ce qui est sur le coeur de Dieu, ce qui est de sa nature et qui doit l’être de la nature des chrétiens.

JUDE 1 : 3-4

  • Bien-aimés, alors que j’avais le vif désir de vous écrire au sujet du salut qui nous est commun … Dès fois, il nous faut changer de plan dans nos projets même s’ils viennent d’un vif désir. Jude pensait écrire un texte doctrinal, sans doute pour fonder un peu plus la foi des convertis, mais il change d’avis. Il écrit finalement une lettre polémique (Benetreau). Le salut est en général le sujet préféré des écrivains du N-T. Mais là, vue la situation, il convient d’aller droit au but, et aborder nécessairement les problèmes (v.3a).
  • j’ai été contraint de vous envoyer cette lettre afin de vous encourager à combattre pour la foi transmise aux saints une fois pour toutes : Il s’agit de la contrainte du Saint-Esprit et non d’un groupe ou d’un homme d’influence. Le but du courrier est clairement annoncé : la foi éternelle (v.3b).
  • Il s’est en effet glissé parmi vous certains hommes dont la condamnation est écrite depuis longtemps : L’impiété de ces individus est donc connue de Jude (v.4a). Mais quelle est la nature de cette impiété ? La grâce de Dieu est transformée en débauche. Ces gens renient Dieu (Maître – ainsi que Jésus-Christ) ! (v.4b). Il faut aussi être réaliste, il y a de ces gens qui se glissent dans les églises pour les détruire, mais Dieu leur annonce déjà leur jugement (à moins qu’ils ne se repentent).

JUDE 1 : 5-7

  • Je veux vous rappeler, à vous qui le savez bien, que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple en le faisant sortir d’Égypte, a fait ensuite mourir ceux qui s’étaient montrés incrédules : Jude compare ici les impies de son temps (v.3,4) avec les incrédules qui vivaient parmi les hébreux au temps du désert. Si peu de personnes ont été fidèles et obéissants, ils ont attirés le jugement divin sur eux ! Et Dieu est resté le même jusqu’à ce jour (v.5) !
  • Quant aux anges qui n’ont pas conservé leur rang, mais ont abandonné leur demeure propre : Ces anges sont les « anges déchus », devenus des démons, des serviteurs du diable et de l’iniquité, des ennemis de Dieu et des hommes. Ils vivent dans les chaînes et les ténèbres, esclaves des passions les plus épouvantables. Un théologien disait : « Si nous devions voir la multitude des puissances dans les airs, nous ne pourrions subsister tellement c’est effrayant ! ». Ils sont dans l’attente du jugement de grand jour c’est-à-dire du Jugement Dernier (v.6).
  • De même, Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se sont livrées comme eux à l’immoralité sexuelle et à des relations contre nature, sont données en exemple et subissent la peine d’un feu éternel : Sodome, Gomorrhe et quelques autres cités étaient connues pour leurs moeurs dépravées. Leur exemple doit nous servir à réfléchir. Dieu n’accepte pas l’immoralité sexuelle. Jude précise que cela concerne aussi les relations homosexuelles. Ce n’est pas un sujet à débattre dans les églises, car c’est la volonté absolue de Dieu ! Si la société veut débattre, c’est son choix, et elle en paiera le prix par la suite … Ce ne sera pas la faute de Dieu car Il a averti clairement tous les hommes (v.7). Ceux qui se dressent contre Dieu à travers un comportement immoral ont pour fin le feu éternel (une effroyable impression de brûler éternellement).

JUDE 1 : 8-11

  • Malgré cela, ces hommes adoptent une attitude semblable : Il s’agit des mêmes personnes depuis le début de l’épitre. Ils sont entrainés (ou emportés) par leurs rêveries (état de confusion, délires et désordre des sens), ils souillent leur corps (aucune retenue morale), rejettent toute autorité (esprit de rébellion et d’insoumission contre toute forme d’autorité, spirituelle ou non), et insultent (des injures !) les êtres glorieux (ceux qui ont part à la gloire de Dieu, peut-être des anges). L’archange Michel n’a porté aucun jugement sur le diable, mais l’a amené devant Dieu, le seul habilité à punir ! Entre l’époque de Lot et celle de Jude, difficile de voir une modulation du péché. Le coeur de l’homme est le même (v.8-9) !
  • Eux, par contre, parlent d’une manière insultante … Leur esprit est dans les ténèbres de l’ignorance et dans la bestialité (des bêtes sans raison). L’analogie posée par Jude est redoutable mais correspond à une attitude sans frein (v.10).
  • Malheur à eux, car ils ont suivi la voie de Caïn … Comme lui, ils ont préféré leur plaisir et leur propre volonté aux droits accordés par Dieu (v.11a) !
  • … ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam … Comme lui, ils ont préféré le camp des ennemis de Dieu pour de l’argent (v.11b) !
  • … ils se sont perdus en se révoltant comme Koré : 250 chefs ont suivi Koré pour se rebeller contre Moïse. Ils voulaient imposer leur volonté à Dieu (McArthur). Jude donne cet exemple pour étayer ses accusations des versets 8 et 9 (v.11c).

JUDE 1 : 12-13

  • Ce sont des écueils dans vos agapes … Ces hommes posent problème. Ils provoquent des discussions vaines, provoquent des polémiques, se tiennent mal ; ils sont des obstacles, des occasions de chute ! Veillons quand nous mangeons entre chrétiens. Le mot « écueil » signifie « point qui fait tache », comme des souillures sur un vêtement.
  • … où ils festoient sans scrupule et ne prennent soin que d’eux-mêmes : Sans gène et égoïstes !
  • Ce sont des nuages sans eau emportés par les vents : Ils font illusion, ne produisant que la sécheresse ! Le coeur vide … comme des arbres sans fruits deux fois morts, déracinés, qui ne servent à personne (v.12). Jude utilise le lexique de la mer avec ces vagues et l’écume qui emporte leurs impuretés, puis celui du ciel avec les astres qui s’enfoncent dans les ténèbres plutôt que de briller (v.13). Jude ajoute à la fin du verset 13 la notion d’éternité.

 

(A suivre….Deuxième et dernière partie de l’étude à paraître vendredi)

Comment et pourquoi étudier la Bible ? (1)

Avant d'ouvrir la Bible, il convient d'abord d'être "ouvert" soi-même....

Avant d’ouvrir la Bible, il convient d’abord d’être « ouvert » soi-même….

Bonjour ! Pep’s café revient pour un rythme plus régulier, après la pause estivale !

Pour bien démarrer ce nouveau mois de Septembre de façon « studieuse », voici une nouvelle série d’articles vous invitant à partir ensemble à la (re) découverte d’un livre à la fois « bien connu » et « méconnu » : la Bible ! Mais il ne s’agit pas tant d’une invitation à découvrir la Bible pour elle-même que d’une invitation à nous y attacher (et au-delà, à nous attacher à Celui dont elle parle), à l’écouter, la lire, l’étudier, la mémoriser et la méditer régulièrement, de sorte qu’elle fasse autorité dans nos vies.

Bon parcours, quelque soit votre arrière plan et vos convictions philosophico-religieuses !

 

Première partie : nos motivations. Pourquoi lire et étudier la Bible ?

Quel est le point commun entre la Bible et un parachute ? Il ne faut pas oublier de l’ouvrir !

1) Nous lisons dans la Bible que « Dieu a parlé… »(Hébr.1v1), avec cette invitation, ou cet ordre : « Ecoutez, cieux ! Terre, prête l’oreille ! C’est le Seigneur qui parle… » (Es.1v2) ; « ciel, prête l’oreille et je parlerai ; terre, écoute les mots que je vais prononcer »(Deut.32v1).

De là ces questions : « Dieu a parlé ». Comment ? Que dit-il ? A qui ? Suis-je concerné ? Suis-je prêt à prêter l’oreille à ce qu’Il dit, et, selon Deutéronome 4v9, à « ne pas oublier ces paroles que (mes) yeux ont vues » ?(1) Et, surtout, à y obéir, à l’instar de Samuel : « parle Seigneur, ton serviteur écoute » (1 Sam.3v9-10. Voir aussi 1 Sam.15v22) ?

Dieu a parlé de plusieurs manières (Hébr.1v1) : Dieu a parlé à Jérémie par cette Parole semblable à « un feu, un marteau qui brise le roc » (Jer.23v29 ; 20v9) et qui le fait « trembler comme un homme ivre » (23v9). A Elie, Dieu a fait entendre « un murmure doux et subtil » (1 Rois 19v11-13). Et c’est au moment où Job et ses amis se sont arrêtés de discuter, que Dieu a parlé sans être interrompu ! (Job 38-41)

« Que toute chair fasse silence devant l’Eternel ! »(Zach.2v13) est la condition pour écouter Dieu nous parler, d’autant plus que Dieu ne cesse pas d’être Seigneur, quand Il parle. Cette « mise en condition » implique aussi, de notre part, de nous examiner et de nous « éprouver nous-mêmes » (2 Cor.13v5). Car nous pouvons bien affirmer : « Je sais qui j’ai cru » (2 Tim.1v12).  Mais sur quel fondement ? Quelle autorité ?

Avons-nous « des convictions » ? Ou « des croyances » ? D’où viennent-elles ? Une conviction est une idée qui me porte, alors qu’une croyance est ce à quoi je tiens. L’une ou l’autre devrait passer le test suivant :

 2) « L’heure de vérité » (et non pas « leurre de vérité ») 

Le Seigneur Jésus nous enseigne que « c’est la vérité qui (nous) rendra libre. » (Jean 8v32) Mais sommes-nous vraiment attaché à la vérité ? A moins que nous ne tenions trop à nos croyances, nos traditions, nos opinions, pour les lâcher …

« La vérité nous rendra libre »…mais « qu’est-ce que la vérité ? » demande Pilate à Jésus, en sortant ensuite avant d’entendre la réponse ! (Jean 18v38) Pourtant, Jésus est sans équivoque à ce sujet : Lui-même déclare, en Jean 14v6, être « la vérité »(2) et que la vérité est aussi le Saint-Esprit (Jean 15v13) et la Parole de Dieu (Jean 17v17). Les trois ne se contredisent pas et rendent témoignages l’un à l’autre (cf Jean 5v31-47 ; Jean 14v26, 15v26, 16v13-15 ; 1 Jean 5v9…).

Ceci posé, connaître la réponse à la question-ce qu’est la vérité-et savoir qu’il existe une vérité absolue est un premier pas, mais non suffisant. Car il ne s’agit pas de « connaître » la vérité de façon théorique, intellectuelle : il s’agit surtout d’y croire, et de « marcher dans la vérité ». C’est-à-dire, de vivre en accord avec les commandements de Dieu (1 Jean 2v3-6) et être vrai quant à Dieu, à soi et aux autres (1 Jean 1v5-10, Jean 8v31-32). Une promesse est d’ailleurs donnée à ce sujet en Luc 11v28 par le Seigneur Lui-même : « bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! »

Mais la meilleure façon de « marcher » nécessite…de commencer à « marcher ». C’est-à-dire, d’avoir un « point de départ ».

 

 3) Quel est notre « point de départ » ?

Pour avoir déjà utilisé un GPS ou acheté un billet de train dans une gare, nous savons que pour aller quelque part, il nous faut un point de départ. Et tout navigateur sait que celui qui ne sait pas où il va suivra toujours « le sens du vent », et sera « ballotté çà et là à tout vent de doctrine… » (Eph.4v14)

« D’où partons-nous » ? Quel est notre fondement de foi et de vie ? Qu’est-ce qui fait autorité dans notre vie ?

Un fondement nous est donné par Dieu ; il nous parle par les Ecritures, la Bible, que nous avons complète.

La Bible n’est pas plus « ringarde » aujourd’hui qu’hier, comme en témoigne la conclusion de la parabole racontée par Jésus en Luc 16v27-31. Le riche tourmenté dans le séjour des morts dit à Abraham : « Je te prie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père, j’ai cinq frères, en sorte qu’il les adjure; de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de tourment. Mais Abraham lui dit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu’ils les écoutent. Mais il dit: Non, père Abraham; mais si quelqu’un va des morts vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit: S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts. »

Recevons-la donc avec foi et joie (Jer.15v16) ; ne la « boudons pas » pour de « la viande » (Nombres 11v4-20). Imitons plutôt :

  • Les Béréens (Actes 17v10-12) : de « sentiments nobles », ils recevaient la parole qui leur avait été enseignée « avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact ».
  • Timothée (2 Tim.3v10-17) : il connaissait « les Saintes Lettres » dès sa jeunesse (v15) ; quand Paul lui a prêché l’Evangile, il a été convaincu que ce message était conforme aux Ecritures et « digne d’être entièrement reçu » ; il a ensuite vu vivre Paul (vv10-13) et il a pu constater que c’était un homme de Dieu. C’est ainsi qu’il a su qu’il pouvait demeurer dans ce qu’on lui avait enseigné.

La qualité de la marche de ces croyants dépendait donc de ce que la Bible était leur norme de vie et leur fondement de foi.

 

Voici encore d’autres bonnes raisons de fonder sa vie sur les Ecritures bibliques, Parole de Dieu :

Le prophète Jérémie nous rappelle ce qui nourrit vraiment : « le froment » (la Parole de Dieu) et non « la paille »(les songes), laquelle peut servir de couverture ou de lit, mais non de nourriture ! (Jer.23v24-28)

L’apôtre Pierre nous exhorte à « (désirer), comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui (nous croissions) pour le salut » (1 Pie. 2v2).

Et l’auteur de l’épître aux Hébreux définit ce qu’est un adulte : celui « dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal », et qui se nourrit de « nourriture solide » (Hébr.5v14) – ici la Parole de Dieu.

Qu’en est-il pour vous ? Faites le point !

Sans oublier ces avertissements toujours actuels :

  • « Ne pas oublier ces paroles que (nos) yeux ont vues », ou lues (Deut.4v9).
  • Nous avons « Moïse et les prophètes » (l’Ancien Testament) et même tout le Nouveau Testament en plus : « écoutons-les » ! (Luc 16v27-31)

(A suivre)

 

 

Notes :

(1) Le verset de Deut. 4v9 (habituellement traduit dans les versions Darby, Segond, TOB, Colombe…par « prends garde à toi….de peur que tu n’oublies les choses-ou événements- que tes yeux ont vues ») peut aussi se traduire par « tu n’oublieras pas les paroles que tes yeux ont vues ».  Dans l’original hébreu, le terme employé pour « mots » est « dabar » (« דָּבָר »). Ce qui peut vouloir dire » 1) Parole, mot, ordre, commandement, sentence, oracle, conseil…., 2) Chose, événement, action, 3) Cause, motif, 4) Affaire en Litige. Une des règles importantes en matière de traduction est de prendre en compte le contexte direct. Ainsi, les traductions « mot » ou « choses » peuvent être considérées comme des hypothèses valables. Quant aux termes « événement » ou « choses », employés par la plupart de nos versions, ils semblent correspondre à l’ensemble des événements qui sont décrits dans les versets suivants, notamment : « L’Éternel vous a parlé du milieu du feu ; vous avez entendu le son des paroles, mais vous n’avez point vu de figure ; il n’y avait qu’une voix. » (v.12, soit un événement à la fois auditif et visuel). L’intérêt de traduire par « choses » ou « événement » permet d’englober l’ensemble des choses décrites dans les versets suivants. Enfin, les interprétations rabbiniques à ce sujet sont également intéressantes en ce qu’elles soulignent « l’inscripturation » des commandements sur les tables de pierres (v13). Dans tous les cas, Moïse rappelle au peuple, « communauté de l’Alliance », qu’écouter Dieu est un premier impératif. Et aujourd’hui comme hier, lire les Saintes Ecritures, Parole de Dieu, c’est aussi obéir à ce commandement prioritaire de l’écoute.

(2) Et Paul rappelle que « la vérité est en Jésus »(Eph.4v21)