Comment bien parler du film « Sausage Party » : ou quand informer n’est pas donner son opinion

Il est toujours délicat de parler de certains sujets, au « parfum de scandale », même dans le but honorable d’alerter, mais avec le double-risque de faire « de la pub » au sujet dénoncé, en nourrissant la polémique, et de s’enfermer dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile. Bref, soit on n’en parle pas du tout, soit on en parle. Mais alors on en parle bien. Par exemple, du film « Sausage party », au sujet duquel vous avez certainement été alerté récemment.

 

Commençons par rappeler quelques évidences :

  • Une information est un savoir, un ensemble de connaissances, et non une opinion. Une information est censée répondre aux questions de base suivantes : « qui/quoi/quand/où/comment/pourquoi ». Or, nous réduisons trop souvent l’information à la seule expression d’une vision sur l’actualité, survalorisant l’opinion, le « coup de gueule », « l’édito » ou le commentaire.
  • La recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer est un art difficile. Très difficile. Surtout si nous admettons que la recherche de la vérité doit être notre objectif majeur, étant la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer, c’est (toujours) choisir : de parler d’un fait et pas d’un autre ; de choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information.
  • Informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur.
  • Un témoin est celui qui rend compte de ce qu’il a vu/entendu/rencontré personnellement. Il n’est pas un simple « relais » d’une information lue/entendue quelque part, à partir de sources de seconde, voire de troisième main.
  • Le rôle de tout média devrait être de«  rassurer[ou d’inviter à prendre du recul], d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.
  • « Celui qui sait » a le devoir d’alerter – mais non d’alarmer – en veillant à le faire de façon pertinente.
  • « Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience, telles que pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations… »(1)
  • Face à l’information, nous avons trois possibilités : l’ignorer, ou réagir ou la lire, réfléchir et agir en connaissance de cause.

Ceci dit, aller voir « Sausage party » n’est pas ma priorité, et ne l’ayant pas vu, je me garderai de juger sur le fond. Je me contenterai, pour équilibrer ce que l’on peut lire ici ou là sur la toile, de renvoyer à une démarche qui m’a paru pertinente et correspondre aux exigences rappelées plus haut, et ce, d’autant plus qu’elle semble (sauf erreur) unique à ce jour : il s’agit de l’analyse du film par Vincent M.T., intitulée «  Sausage Party : l’éléphant, le nazi et l’idole », publiée le 05 décembre 2016 sur le site « Visio Mundus »(2).

L’auteur de cet article rappelle une autre évidence : « « Qui dit film d’animation ne dit pas film pour enfants »(3). Et tout film n’est pas fait pour les enfants. « C’est malheureusement cette association d’idées qui a porté de nombreux parents à exposer involontairement leurs enfants à une scène pornographique, incluse à la fin. Certes, il aurait été judicieux de prévenir les audiences, par exemple en déconseillant le film aux moins de 16 ans » [perso, j’ai l’impression que certaines indications d’âge pourraient être relevées de trois ou quatre ans de plus, au moins, pour certains films]. En accord avec Vincent M.T., « on peut s’interroger sur le scandale » et se demander « pourquoi le contenu explicitement sexuel fait réagir, mais pas la violence gore (tout aussi présente) ? » Notre indignation serait-elle sélective ? Le péché ne serait-il « que » sexuel ?

Au-delà de cet aspect et des « clichés navrants dont est rempli ce film », Vincent M.T. nous invite à faire « l’effort de nous intéresser au message essentiel du récit, pour tenter d’en comprendre le discours »(3). En effet, même s’il ne recommande « pas d’aller voir ce film, il attire un large public, et il se peut qu’on se retrouve à en discuter avec des amis ». Le défi sera de dépasser une simple posture « moraliste », pour aborder d’autres enjeux cruciaux, tels que les croyances et les philosophies, les questions de vie ou de mort, de liberté et de libération, de sens.

D’autre part, Vincent M.T., qui a manifestement vu le film pour être en mesure de parler de ce qu’il a vu, nous fait le résumé de l’histoire : celle-ci « se déroule dans un supermarché où tous les produits alimentaires sont vivants et attendent impatiemment d’être choisis par les humains, qu’ils révèrent comme des dieux, pour être emmenés au-delà des portes du magasin vers un monde meilleur. Chacun a sa version des règles à respecter pour être sélectionné par les « dieux », et une idée précise de ce à quoi ressemble « l’au-delà ». Mais voilà, un petit groupe d’aliments vient à découvrir l’horrible vérité : les humains dévorent les aliments ! Ce groupe tente de prévenir les autres pour fomenter une révolte. Malheureusement, les produits alimentaires sont très attachés à leurs croyances… »

 En clair, « la thèse de ce film est que les religions ne sont que des histoires inventées pour aider l’humanité à faire face à l’horrible vérité, à savoir, que les forces qui gouvernent notre monde sont cruelles et absurdes, et nous n’avons aucune emprise sur elles. Les religions font de ces forces des divinités et prétendent qu’on peut s’en sortir : il y a des règles à suivre et une récompense dans l’au-delà ». Toutes « ces religions, ces histoires inventées » nous empêchent « de profiter pleinement de la vie ici-bas, notamment de laisser cours à toutes nos pulsions ». Mais il y a une contradiction ou un paradoxe, dans cette critique, que soulève Vincent M.T. : « le roi des aveugles » de la célèbre parabole de l’éléphant « révèle à (d’autres) aveugles qu’ils se trompent tous, et que chacun ne détient qu’une partie de la vérité… », mais en réalité, « le roi n’est pas aveugle », puisque « celui qui révèle la vérité voit la vérité clairement et dans son ensemble. Affirmer que personne ne détient la vérité, c’est soi-même prétendre détenir la vérité dans son ensemble, c’est professer que sa propre vision des choses est supérieure à toutes les autres ».

Dans le film, cette vision du monde – « supérieure à toutes les autres »- est « l’hédonisme – l’idée que le sens de la vie humaine est la recherche du plaisir ». Et, soulignerai-je, le plus grand pourvoyeur du plaisir (que l’on serait « en droit d’obtenir, tout de suite ») reste aujourd’hui « le divin marché »(4). Et « cette vision du monde nous est donc présentée exactement de la même manière que les religions qu’elle critique : quiconque ne s’y rallie pas est forcément en train de « réprimer » ses pulsions, et c’est mal ». Une forme de « moralisme » qui ne dit pas son nom, en somme.

Quelle devrait alors être notre position face à cette croyance et à cette nouvelle injonction (« No limits », « jouis sans entrave », sur les plans économique et culturel/sociétal) ? Certainement pas, selon le pasteur Gilles Boucomont(5), de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et encore moins de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »).

Notre positionnement face à cette croyance mise en avant dans le film ne devrait pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

Et, s’interroge Vincent M.T., « que pouvons-nous répondre, en tant que chrétiens, face aux accusations « d’immaturité » et « de passéisme » pour toutes les idées non-hédonistes, donc particulièrement les opinions religieuses ?  La réponse dans son article, à lire dans son intégralité.

 

 

Notes :

(1) Cf http://www.bastamag.net/Site-d-informations-independant

(2)Visio Mundus est géré par deux théologiens réformés : Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin, faculté de théologie d’Aix-en-Provence ; Vincent M.T., consultant en qualité logicielle, traducteur à ses heures, et actuellement inscrit en Master à la Faculté Jean Calvin. Via ce site, les auteurs souhaitent « discerner et démontrer la présence et la vérité de la foi en Dieu – le Dieu de la Bible – au sein de notre culture, et ainsi proclamer avec toujours plus de pertinence la grâce reçue et vécue en Christ. C’est ce qui s’appelle faire de l’apologétique culturelle » (https://www.visiomundus.fr/mission-et-vision/).

(3) Voir cette excellente fiche détaillée du film, à découvrir sur le site « Quels films pour nos enfants » . Une autre critique du film est à lire  sur le site Critikat.

(4) Voir le livre éponyme de Dany-Robert Dufour, par ailleurs auteur de « L’Individu qui vient ».

(5) D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, p 92.

« Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste ».

Qu’est-ce que la vérité ?

Question essentielle et fondamentale, s’il en est, puisque de la réponse dépend notre liberté. Rien moins. Nous y reviendrons.

La question avait été posée jadis par Pilate à Jésus. Le procurateur romain attendait-il une réponse ? Il semble malheureusement que non, puisque l’intéressé sortit avant de l’entendre.

Selon Héraclite, « qui cherche la vérité doit être prêt à l’inattendu, car elle est difficile à trouver et, quand on la rencontre, déconcertante ».

Il existe « une vérité qui dérange », à l’instar du film éponyme d’Al Gore.

Dans « L’ultimatum des trois mercenaires », l’ultime film de Robert Aldrich*-enfin disponible dans son intégralité chez Carlotta-qui décrit une société où l’image est omniprésente et fragmentée, et où l’on s’identifie à l’aide de numéros, le personnage du président des Etats-Unis estime que la vérité (et la transparence) est « un devoir des gouvernements, vis à vis des citoyens », qui sont jugés suffisamment mûrs pour « avoir le droit de savoir ».

Charles Péguy, enfin, a eu l’ambition de « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste. »**

Qu’est-ce que la vérité ?

D’après le Nouveau Dictionnaire Biblique Emmaüs, le mot hébreu ’emet’, dans l’Ancien Testament, généralement traduit par « vérité », est lié à un verbe qui veut dire « supporter, soutenir, établir », avec l’idée de solidité, de fidélité. Il est appliqué à des faits, qui peuvent être appréciés pour être vrais ou faux. C’est son sens intellectuel. Mais il a aussi le sens existentiel et moral qui présente la vérité en tant qu’attribut d’une personne : être vrai, c’est être droit, honnête, authentique, sûr, fidèle, juste, homme de parole…

La Vérité (absolue) existe-t-elle ?
La question est toujours d’actualité et un défi pour le chrétien, face au relativisme et à la « fuite de l’absolu », qui caractérise notre occident post-moderne et que dénonce d’ailleurs Paul Gosselin, anthropologue évangélique ( cf  http://assr.revues.org/6342 ; http://assr.revues.org/21575?lang=en )
Or, l’on sera peut être surpris de constater que cette « fuite de l’absolu » n’est pas le monopole du postmodernisme, puisqu’il est notamment revendiqué dans cet article découvert depuis peu et dont voici l’introduction : « Jusque maintenant, la seule religion qui officiellement interdit le mensonge, c’est l’Islam. Le christianisme le combat et le condamne mais ne l’interdit pas, ce qui serait ridicule ».

De quoi s’agit-il exactement ? L’auteur, présenté sous le nom d’ «Andrea De Filippi » dénonce « deux amendements relatifs à l’IVG et à la notion de « détresse » (…) qui ont été « votés par le Parlement, dans le cadre de la loi sur l’égalité  » homme-femme ». Outre le fait qu’il s’agit de postures électoralistes plus que discutables, il faut remarquer que l’un de ces deux amendements vise ni plus ni moins à interdire le mensonge ».

Une telle dénonciation, si le but est bien de mettre en garde contre les conséquences de tels amendements, peut se comprendre. Un décryptage (texte à l’appui***) aurait été pertinent et judicieux. Néanmoins, l’auteur plombe lui-même de façon maladroite son propre argumentaire(ou supposé tel). Car « Interdire le mensonge » (ce que supposerait le texte) ou « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui », semble être là le cœur du problème dénoncé par l’auteur, pour qui la fin justifie sans doute les moyens. Ce dernier se livre à un étonnant et inquiétant « plaidoyer », de toute façon peu convaincant (et fondé sur le silence, de fait de l’absence d’une seule citation biblique) sur le caractère supposé « relatif » de la vérité et du mensonge.
Cela fait beaucoup de suppositions ! On peut de fait douter du sérieux de l’auteur (dont l’identité affichée n’est peut-être que relative), et de sa capacité réelle à traiter et à maîtriser son sujet, autant dans les domaines théologiques et bibliques que juridiques. Sait-il en vérité de quoi il parle ?

Chacun jugera. Florilège :

 

« Nous savons tous que le mensonge est un concept plus que relatif ! »
Vous ne rêvez pas : c’est bien écrit. A la vingt-sixième ligne.
Ce « (nous) savons », loin d’apporter des certitudes solides, est plutôt de nature à « savonner » la marche des lecteurs sincères(chrétiens ou non), les entraînant sur un terrain glissant.

Car enfin, qu’est-ce que le mensonge ? Une « altération volontaire de la vérité dans le but de tromper ».
Contrairement à ce qui est affirmé plus haut, les Ecritures font plus que simplement « condamner » le mensonge : elles s’y opposent et l’interdisent radicalement (Ex.20v16, Deut .5v20), puisque le mensonge est associé à l’idolâtrie(Jér.10v14)et au rejet de Christ(1 Jean 2v22). A la base du péché, on trouve la volonté de « changer la vérité de Dieu en mensonge »(Rom.1v25). Le mensonge prend diverses formes, comme les demi-vérités, les faux poids, les faux serments, l’hypocrisie….

D’ailleurs, il est particulièrement périlleux de jouer avec la vérité et le mensonge, puisque « la colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive »(Rom.1v18).  De plus, « le faux témoin qui dit des mensonges », comme « celui qui excite des querelles entre frères », fait partie « des six choses que hait l’Éternel », et même « sept qui sont en abomination à son âme »(Prov.6v16-19, cf 12v22 et 14). « Celui qui dit des mensonges périra », annonce solennellement deux fois Prov.19v5, 9. Cf Lévitique 5v20-26, 2 Rois 5v20-27 et Deut.13v1-5.

Le Nouveau Testament n’est pas plus « cool » que le Premier à ce sujet : on relira cette histoire édifiante et malheureusement vraie dans Actes 5v1-11, et l’on se rappellera, en avec Apocalypse 21v8, 22v15, quelle est la part de ceux « qui aiment et pratiquent le mensonge ».

Pourquoi tant « intolérance biblique » vis à vis du mensonge ?
Cela s’explique par la nature de Dieu même : lequel est « lumière et il n’y a en Lui aucune ténèbres » (1 Jean 1v5). De fait, « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous ». (1 Jean 1v6-10)

Dieu ne ment point(Tite 1v2, Hebr.6v18) ; « L’Eternel est un Dieu de vérité »(Jer.10v10) et « la vie éternelle, c’est de connaître (le)seul vrai Dieu et Celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ »(Jean 17v3)

Par contraste, Mme de Filippi invoque ses lecteurs supposés, dont « aucun n’(est censé)ignorer qu’en réalité, il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde, abstraction faite de la foi de chacun ».
Une affirmation fausse et dangereuse, qui tend à favoriser une foi subjective, ne reposant sur rien de solide ou d’absolu, puisque selon l’auteur, « il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde ». Bref, une subjectivité plus proche de la mauvaise foi et bien éloignée de « la foi subjective »(ou personnelle-que chacun doit s’approprier et donc vivre personnellement, de manière authentique) de Kierkegaard. N’est pas philosophe qui veut.

Mieux, l’auteur assène un « Qui peut encore croire, à part quelques extrémistes de tout bord – se manifestant aussi sur ce site d’ailleurs – que dire la vérité tout le temps est possible? »

Jésus-Christ, peut-être ? Lequel « extrémiste », à moins qu’il ne soit en vérité radical, a par ailleurs affirmé : « je suis le chemin, la vérité et la vie » ?(Jean 14v6). Lequel Jésus est « le Dieu véritable »(1 Jean 5v20), « Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude… »(1 Pie.2v22) ?

A l’inverse, Satan est « menteur et Père du mensonge »(Jean 8v44, 2 Cor.11v14). Sa technique n’a pas changé depuis le commencement : « proposer une bouteille contenant 99,9 % d’eau pure et 0,1 % de poison ». En buvant, ce n’est pas l’eau de la vérité qui vous tue, mais le poison qui y est mélangé[« pas touche » in Promesses janvier-mars 2014, 187 – « l’occultisme démasqué »)

La vérité peut-être elle connue ? Oui, car la vérité est incarnée en Jésus.  Elle « est en Jésus »(Eph.4v21). La vérité existe donc : elle est non seulement incarnée, mais aussi relationnelle, à l’instar de la vie éternelle. Elle n’est donc pas relative, mais absolue. Dieu la veut reproduite en nous, Ses enfants : Eph 4v15, 21-24

A quoi reconnaît-on les disciples de Jésus ? D’abord, à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Ensuite, « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »(Jean 8, 31 – 42)

A quoi reconnaît-on les enfants du Dieu véritable, qui est lumière ? Ils rejettent « les choses honteuses qui se font en secret », ils n’ont « point une conduite astucieuse », et ils n’altèrent « point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité », ils se recommandent « à toute conscience d’homme devant Dieu » (2 Cor.4v2-4). Ils n’avancent pas masqués, agissent selon la vérité et « viennent à la lumière, afin que (leurs) œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu ». (Jean 3v19-21cf matt.5v14-16). Ils sont sanctifiés par la vérité(jean 17v17). Ils sont passés des ténèbres à la lumière, sont enfants de lumière et leur fruit consiste en toutes sortes de « bonté, justice, vérité »(1 Thes.5v5-6 ; Eph.5v8-13) : vérité relative ? Bonté relative ? Justice relative ?
A noter encore que le Saint-Esprit est « l’Esprit de vérité »(Jean 16v13) et la Parole de Dieu « est la vérité »(Jean 17v17)….à moins que les Ecritures n’aient qu’une autorité « relative » pour l’auteur ? Lequel auteur juge que « Nous mentons dans les faits, dans les attitudes, dans les paroles et tant mieux, parce que cela nous évite d’être totalement seuls et rejetés de partout ».
Un aveu personnel de l’auteur, qui n’aurait recours qu’au seul buzz pour exister ? Bref, prônons donc l’hypocrisie, levain des pharisiens (Luc 12v21).

Il est d’ailleurs singulier de pouvoir lire de tels propos sur un site s’affichant « évangélique », et qui ambitionne de donner à lire de « l’actualité chrétienne ». Il est aussi singulier que l’on ait pu écrire un tel article pour un tel site, et que le propre responsable dudit site ait pu accepter de publier un tel article.
Mais il est plus encore singulier qu’un tel article ayant provoqué plus de 100 commentaires(dont pas mal de hors-sujets) ait suscité si peu de réactions(voire presqu’aucune****) contre ce qui apparaît comme une apologie du relativisme, donnant à lire une vision caricaturale et fausse du Christianisme biblique.

Mais peut-être que cet article n’est-il en réalité qu’un vaste canular ? Faut-il le prendre « au second degré » ? Peut-être n’a-t-il en réalité pour seul but que de dénoncer le relativisme, sous le mode de l’ironie, en feignant de prendre sa défense ?
On peut rêver, mais non. La preuve étant les interventions du modérateur-le responsable du site (« Rédacteur »), qui se veut « pédagogue » pour expliquer l’intention de l’auteur :
Rédaction
23 janvier 2014 • 11 h 17 min
« Le christianisme n’interdit pas aux non chrétiens de vivre dans le mensonge ou dans de fausses croyances. C’est de cela qu’il s’agit ici ».

Ou pour rappeler à l’ordre celui qui, selon lui, n’a « rien compris à (la) chronique » :
Rédaction(23 janvier 2014 • 13 h 36 min)
« Lorsque le Christianisme a voulu « interdire le mensonge », cela s’appelait l’inquisition… On remet en place les bûchers au nom de la vérité absolue ou on accepte l’idée que interdire le mensonge chez les autres n’est pas une solution. Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. (Et le 8ème commandement***** s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… ne soyons pas comme les islamistes qui massacrent les non-musulmans qui refusent de se conformer à la charia) »

Cette mise au point de « Rédacteur » pose toutefois problème :

« Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. Et le 8ème commandement s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… »

Or, 1) Si la vérité n’est que « relative », comment combattre le mensonge ? A moins de considérer le mensonge comme relatif ? Et 2)D’autre part, cette façon d’affirmer que « le 8ème commandement « (comme les autres) ne s’’adresserait qu' »aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… » relègue de façon insultante Dieu comme un « dieu » purement et simplement tribal. Or, Dieu est le Dieu de la création toute entière et non pas seulement de l’Alliance.
Ensuite, ladite affirmation est plombée par la raison même du choix d’Israël comme « peuple élu »  ou « peuple-témoin »: Gen.12v1-3, Deut.4-9, et particulièrement face à Rom.2v11-16

 

 

Conclusion : « Il est plus facile de ruiner que de fonder »(Péguy)

Alors, « chrétiennes », les actus ? Relativement, peut-être. Mais dans l’absolu, pas vraiment.
Après le faux humour « cool », « Actu » ferait-il la promotion d’un nouveau concept, « décomplexé », « cool » et « tendance » ? « Tendance » amorale, et cynique, quasi-nihiliste ?

Bref, pour l’information et l’édification, mieux vaut aller voir ailleurs…

Pour lire, par exemple, ces excellents articles sur la vérité :

http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=119&n1=1&n2=5&n3=36

http://www.larebellution.com/2012/12/28/moi-mentir-jamais-13/

http://www.larebellution.com/2012/12/29/moi-mentir-jamais-23/

http://www.larebellution.com/2012/12/30/moi-mentir-jamais-33/

http://larevuereformee.net/articlerr/n193/verite-et-foi

http://www.publicroire.com/hokhma/divers/article/quest-ce-que-la-verite-orientations-bibliques-dans-le-debat

 

 

Notes :

*L’ultimatum des trois mercenaires (Twilight’s Last Gleaming). Réalisé par Robert Aldrich(1977, USA-Allemagne de l’Ouest)
Avec : Burt Lancaster, Joseph Cotten, Charles Durning, Richard Jaeckel, Richard Widmark, Paul Winfield, Burt Young….
Résumé : Novembre 1981. Lawrence Dell (Burt Lancaster), un ancien général de l’US Air Force condamné pour meurtre, et trois autres codétenus parviennent à s’échapper de la prison militaire où ils sont enfermés et à s’emparer de Silo 3, une base de lancement de missiles nucléaires située dans le Nevada. Depuis le centre de contrôle, Dell contacte le général Mackenzie (Richard Widmark) et menace de lâcher les neuf têtes nucléaires qu’il a en sa possession sur l’U.R.S.S. s’il n’est pas mis directement en relation avec le président David T. Stevens (Charles Durning). Il expose à ce dernier ses revendications : 10 million de dollars, la mise à disposition de l’Air Force One pour quitter le sol américain et surtout que le président rende public un document du Conseil National de la Sécurité jusqu’ici tenu secret et qui éclairerait d’un jour nouveau l’intervention américaine au Vietnam. Stevens, qui doit lui-même se rendre à Silo 3 pour prouver sa bonne foi, découvre effaré l’existence de ce document.(source : dvdclassik)

**En créant Les Cahiers de la Quinzaine en 1900, Charles Péguy proposait un nouvel espace de réflexion critique, ancré dans son temps.
L’ambition des « Cahiers » tenait dans cette formule célèbre : « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste » (Lettre du provincial).
La quasi-totalité des Cahiers de la Quinzaine est disponible sur le site internet de la Bibliothèque universitaire de Toronto (Canada). Pour y accéder, cliquer ici, puis taper « Cahiers de la Quinzaine » dans l’outil de recherche « search ».
Chacun des documents peut être soit lu en ligne, soit téléchargé (format pdf notamment), le tout gratuitement.

*** Selon l’auteur, il s’agit d’ « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ».
L’internaute Exhine(23 janvier 2014 • 21 h 08 min) donne heureusement à lire « le texte incriminé ». Lequel exhine de s’étonner(25 janvier 2014 • 13 h 34 min) « qu’aucun site » n’ait « pris la peine de donner les textes de loi et les amendements le modifiant, comme si la simple réalité n’était pas suffisante ou utile pour informer. Ou alors il faut penser que le bruit et la colère sont les objectifs recherchés ».

Article L2223-2
Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une interruption de grossesse ou les actes préalables prévus par les articles L. 2212-3 à L. 2212-8 :
– soit en perturbant de quelque manière que ce soit l’accès aux établissements mentionnés à l’article L. 2212-2, la libre circulation des personnes à l’intérieur de ces établissements ou les conditions de travail des personnels médicaux et non médicaux ;
– soit en exerçant des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation à l’encontre des personnels médicaux et non médicaux travaillant dans ces établissements, des femmes venues y subir une interruption volontaire de grossesse ou de l’entourage de ces dernières.
L’amendement déposé:
L’article L. 2223-2 du code de la santé publique est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est complété par les mots : « ou de s’informer sur ces actes » ;
2° Au dernier alinéa, après les mots : « y subir », sont insérés les mots : « ou s’informer sur ».

Et de commenter : « Je ne vois pas trop comment, sur base de cet amendement, on pourrait, je cite : « Interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ». On pourrait, tout au plus, interdire à certaines associations de se rendre dans les hôpitaux avec des prospectus mensongers, pour les remettre aux femmes qui ont déjà pris l’initiative de venir à l’hôpital.
Il n’est pas question de vérité ou de mensonge, il ne s’agit, dans ce cas précis, que d’une mesure limitée visant à protéger les femmes ayant déjà décidé. On ne pourra pas poursuivre les sites internet anti-IVG sur base du nouvel amendement.
Par ailleurs, en 1980, le conseil d’état a émis cet avis: « il ressort de ce texte éclairé par les travaux préparatoires de la loi que la disposition en cause, qui présente un caractère purement facultatif, n’a ni pour objet ni pour effet de priver la femme majeure du droit d’apprécier elle-même si sa situation justifie l’interruption de la grossesse » rendant l’idée même de « notion de détresse » vide de sens. Donc le nouvel amendement ne change rien à la situation ».
(…)

D’autres commentaires sur ce texte :
http://www.numerama.com/magazine/28111-editer-un-site-anti-ivg-pourrait-devenir-un-delit-penal.html

http://www.bfmtv.com/politique/projet-loi-egalite-hommes-femmes-dit-vraiment-texte-livg-690778.html

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Avortement-les-deputes-votent-la-suppression-de-la-notion-de-detresse-2014-01-22-1094881

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/22/notion-de-detresse-dans-l-ivg-pour-ou-contre-quels-arguments_4352253_3224.html

 

****A part « Un pasteur », qui a du se sentir bien seul.
(23 janvier 2014 • 13 h 26 min) :
« Les moralistes ont donc eu tort d’énoncer le 8° commandement*** du décalogue sous la forme impérative bien connue de : « Tu ne mentiras point ». Car le mensonge n’étant que relatif, l’injonction est inapplicable, suite à des contestations sans fin.
Le « Tu ne tueras point » deviendra-t-il lui aussi caduc, si par aventure madame de Filippi venait à déclarer le concept de meurtre « plus que relatif » ? En tous cas ce qui est certain c’est que pour elle l’inconvénient de l’avortement n’est que « relatif ». Relatif à la détresse de la patiente.
En soi, il n’est pas mauvais d’avorter parce que Dieu serait absolument contre, mais parce que celle qui sera l’objet de cet acte médical, risque d’éprouver une « détresse », dont madame de Filippi a l’insigne courage de signaler aux médecins ignorants qu’elle peut survenir après l’avortement aussi bien qu’avant ».(…) Sur un autre fil un commenteur écrivait : « C’est une instrumentalisation subtile qui, sous le couvert d’un christianisme, vient tromper et déstabiliser les chrétiens de bonne foi. Compte tenu de ces observations, on peut dire que ce genre d’idéologie chrétienne n’a rien à voir avec le christianisme. »
Sur le coup je trouvais son jugement exagéré ; là je commence à penser qu’il a plus que relativement raison ».

***** Il s’agit en réalité du neuvième : voir son interprétation(intéressante et éclairante, du fait de sa connaissance de l’hébreu biblique) par Erri de Luca dans « Et Il dit »(Ed. Gallimard).
« Tu ne répondras pas dans ton compagnon en faux témoin ». Il te sera demandé et tu devras répondre. Souviens du premier, né d’une femme, qui a été interrogé : ce fut Caïn….suis-je le gardien de mon frère ? Du moment où il prononça la phrase, il s’enchaîna à elle. : il était devenu le gardien de son frère….Toi aussi, au moment où l’on te questionne, tu deviens le gardien de ton frère. »(op. cit. p83)

Voir aussi : « Tu ne soulèveras pas le nom de Yod ton Elohim pour l’imposture. Rien à voir avec la version où on lit : tu ne nommeras pas en vain. Qui peut décider quand ce nom est vain sur des lèvres ?… »Tu ne soulèveras pas le nom » : il s’agit d’appeler la divinité comme garant d’un témoignage et d’affirmations….tu n’oseras pas soulever ce nom pour soutenir une imposture…car n’absoudra pas Yod celui qui soulèvera son nom pour l’imposture. »….Lashàue, pour l’imposture, dit l’hébreu, rien à voir avec en vain.
On le comprend bien grâce à une autre ligne : tu ne répondras pas en témoin pour l’imposture(Lashàue)contre ton prochain »(Deutéronome/Devarim 5v20)
Op. cit. pp63-65