« La Cabane » : un double défi doctrinal et pastoral pour l’Eglise aujourd’hui

La Cabane, roman de William Paul Young (2009)

« La Cabane : là où la tragédie se confronte à l’éternité », le roman (lu au moment de sa sortie) de William Paul Young paru en 2010, s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires et a été traduit en plus de 30 langues. C’est maintenant un best-seller. Il a même été qualifié de « polar spirituel de l’été » [à moins qu’il ne s’agisse de « polar thérapie » – voir plus loin] et de « fiction spirituelle audacieuse » au moment de sa sortie, dans un article de Christianisme aujourd’hui daté du 17 juin 2009 (1).

« En essence », explique Albert Mohler, « il peut être décrit comme une théodicée narrative – une tentative de répondre à la question du mal et du caractère de Dieu par le moyen d’une histoire » (2). Et ladite histoire raconte comment un homme, « Mack », éperdu de douleur après le meurtre sordide de sa petite fille, rencontre la Trinité dans une cabane perdue dans le bois – et discute des mystères de la vie en tête à tête avec le Père (« Papa », une femme afro-américaine) ; le Fils (représenté par un charpentier juif) ; et le Saint-Esprit (« Sarayu » une femme asiatique). Rêve ou réalité ? Peu importe, semble-t-il, car l’essentiel est que Mack ait fait une expérience.

« La cabane » (ou « le chemin du pardon ») est aussi un film que je n’ai pas encore vu – réalisé par Stuart Hazeldine en 2016, avec Sam Worthington dans le rôle de Mack, adapté du  roman éponyme cité plus haut. Directement sorti en DVD en France, il est distribué par M6 et « Paul et Séphora », et vendu dans plusieurs librairies chrétiennes(3). Aux USA, le film a été le plus gros succès cinématographique sur la foi en 2017, avec 57.386.418 dollars de recettes.

Selon Young, le livre était écrit à l’origine pour ses propres enfants. Pour l’anecdote, aucun éditeur américain n’était intéressé pour publier « La Cabane ». Il a donc publié son livre à compte d’auteur avec, pour tout support publicitaire, un site web à 200 $. Le bouche-à-oreille a ensuite fonctionné. Un an plus tard, « La Cabane » reste en tête de la liste des best-sellers du « New York Times », et vendu à près de 5 millions d’exemplaires(4).

Son succès peut s’expliquer par son contenu, le genre auquel il appartient, et le public qui s’y retrouve. Il plaît parce « qu’il fait du bien » et se fait fort de donner des réponses satisfaisantes aux grandes questions existentielles des lecteurs.

Ainsi, l’éditeur français – Guy Trédaniel, spécialisé en « bien-être », ésotérisme et spiritualité, nous laisse entrevoir une lecture révélatrice, en nous vendant le livre comme novateur et libérateur. Ainsi, comme nous pouvons le lire sur la quatrième de couverture : « Dans ce monde où règnent d’indicibles souffrances, où donc est Dieu ? Les réponses qui seront données à Mack vous ébahiront et… de la douleur, vous passerez à un fantastique message d’espoir ». Et sur le site de l’éditeur consacré au livre : « À la quête policière se mêle une autre recherche, personnelle, littéralement initiatique (…) Une incroyable rencontre a lieu, impensable, que chacun pourra interpréter selon sa sensibilité. Ce n’est plus l’arrestation du coupable de l’enlèvement et du meurtre de Missy qui importe. Ce qui s’impose au lecteur est le merveilleux sentiment d’aller mieux grâce à ce roman. À vous de tourner la première page de La Cabane et de vous laisser guider par Paul Young, à travers ce fascinant suspense initiatique… » Rien moins !

Aujourd’hui, le même W. Paul Young semble croire à fond à l’inspiration et à la puissance de l’impact universel de son livre. A la fin de son roman, il écrit ce qui suit à l’adresse de ses lecteurs : « Le processus de guérison que [le livre] a engendré ne saurait être que l’œuvre d’un Être plus grand que nous tous – pour Sa plus grande gloire. La troisième partie [de l’histoire de la genèse de ce livre] vous concerne donc beaucoup plus qu’elle ne nous concerne. Nous ignorons jusqu’où elle ira et nous nous contentons de la regarder se déployer en poursuivant le plus merveilleux périple de notre vie. » Face aux critiques, Young, interviewé par « Christianisme aujourd’hui »,  estime même son livre « puissant psychologiquement mais aussi théologiquement correct. Théologiquement correct dans l’optique des Pères de l’Eglise »(5).

« Le chemin du pardon », film de Stuart Hazeldine (2016), adaptation de « La Cabane » de W.P. Young.

Ceci dit, il y a de quoi s’interroger sur ce qui pousse certains – la plupart étant des croyants – à chercher des réponses dans un tel livre.  Et du fait de son succès, « La Cabane » nous lance un double défi doctrinal et pastoral en ce que l’œuvre bouscule nos propres représentations de Dieu, tout en nous interpellant (indirectement) quant à nos façons de répondre et d’accompagner ceux qui souffrent ou sont en quête de pardon (de pardon à ceux qui nous font du mal – un mal « impardonnable », à soi ou même à Dieu), d’amour et de sens.

Qu’en est-il exactement ? Passons maintenant à l’analyse de l’œuvre (Je ferai surtout référence au roman, que j’ai lu), autant dans la forme – son genre – et son contenu.

Tout d’abord, peut-on qualifier, à la suite de son auteur, le livre (et le film) « La Cabane » de « Puissant psychologiquement » et « théologiquement correct » ?

Plus exactement, pour Egbert Egberts, pasteur de l’Église Protestante Évangélique à Liège (Belgique), lequel fait une « appréciation » bienveillante de « La Cabane » (6), il ne s’agirait « pas d’un livre théologique, même s’il est rempli de théologie », mais plutôt d’« un genre de thérapie, puisqu’au travers de l’écriture de ce texte, l’auteur écrit sa propre histoire ». Et effectivement, à l’époque où je l’ai lu, j’ai d’abord pensé, « pour sa défense », que « La Cabane » peut être utile de ce point de vue à tous ceux qui traversent une épreuve ou un drame personnel. Néanmoins, s’empresse de préciser Egbert Egberts – et je suis d’accord avec lui – « une thérapie peut vous aider comme elle peut ne pas vous aider. Elle est limitée et subjective par la force des choses [elle n’est donc pas « dogmatique »]. Elle n’est pas toute la réalité, mais seulement cette petite partie observée à travers des lunettes colorées, comme toutes nos lunettes ! Ce livre résume le cheminement personnel d’un homme qui voyage de la souffrance vers la joie. En nous invitant d’entrer dans son histoire, l’auteur nous invite à participer pour un temps à ses tâtonnements et à ses découvertes »(6)

Bref, comme « un aveugle conduisant d’autres aveugles » ? Car, nous prévient Egbert Egberts, « la Cabane n’est pas une réponse totale ou finale aux questions qui sont soulevées. Lire ce livre comme s’il représente tout ce que Dieu veut nous dire est une erreur fondamentale. Le fait même qu’il est une allégorie, un genre de parabole, indique ses limites. C’est pourquoi la cabane peut nous apprendre des choses importantes. Mais, ensuite, notre lecture doit nous mener aux pages de la Bible pour que notre image de Dieu soit juste. Sans cela, notre image serait tordue. Comme tout livre, même quand il nous parle de Dieu et se fonde sur la Bible,  La Cabane est limitée par son auteur (…) On ne doit pas se fier à un auteur, qui qu’il soit. Le service que rend l’auteur est de nous ramener à la Bible et d’en présenter le message de telle façon qu’il éclaire notre foi. Cela conduit naturellement à la vraie limite de ce livre. Ce n’est pas la limite de l’auteur, mais la limite du lecteur »(6).

Tout cela est fort bien dit et l’analyse d’Egbert Egberts peut nous paraître optimiste et rassurante sur certains points, mais le lecteur fera-t-il cette démarche, de « la Cabane » à la Bible ? Cela pourrait être le cas, si « La Cabane » est réellement « théologiquement correct », propre à favoriser une telle démarche et à « éclairer notre foi ». Mais est-ce bien le cas ?

Cette question en appelle une autre : « la Cabane », qui est une œuvre de fiction, peut-elle être un bon outil pédagogique pour parler du Dieu véritable avec ceux qui ne le connaissent pas encore et souhaitent le connaître mieux ? Et que répondre à ceux qui ont « aimé les images de cette fiction », les estimant propres à donner « un élan pour mieux connaître Dieu et continuer de vivre (sa) vie sous son regard » ? Que répondre à ceux qui, coupant court à toute critique, nous répondent que « La Cabane »  n’est « pas un livre de théologie », affichant leur « surprise de la critique qui lui est adressée comme si c’était le cas » ? Car, pour ses défenseurs, « il faut bien dire qu’une fiction reste toujours une fiction », et qu’un film ou un roman, « par définition, n’a pas pour but de reproduire exactement la vérité »…..(7)

Premièrement, face à l’affirmation de Egbert Egberts comme quoi « La Cabane » ne serait pas un livre de doctrine et pas « un livre théologique, même s’il est rempli de théologie », Albert Moehler objecte, au contraire, qu’il s’agit d’« un long argument théologique », qui « ne peut tout simplement pas être nié », d’autant plus que ledit argumentaire théologique (sur la trinité, l’universalité du salut, mais aussi la religion et l’Eglise…) est effectivement de nature problématique. Le fait qu’il s’agisse d’un roman ne change rien, car « beaucoup de romans remarquables et d’œuvres littéraires ont contenus des théologies aberrantes, et même des hérésies »(8).

D’autre part, Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la faculté Jean Calvin, que j’ai questionné à ce sujet, me répond : « Je pense honnêtement que ce livre n’est pas très bon pédagogiquement. Je comprends bien que l’auteur ait voulu écrire une « fiction »… cependant je ne suis pas convaincu que nous puissions vraiment faire de la fiction avec la nature de Dieu. De nombreuses affirmations mises dans la bouche de « dieu » dans le livre sont particulièrement problématiques. Là aussi on pourrait se dire que c’est une fiction. Mais si l’auteur fait parler ses personnages comme si c’était Dieu, quelle est la différence avec la fiction ? Il aurait fallu que l’auteur présente cette nouvelle image de Dieu dans un « autre monde ». Je crains qu’utilisé avec des amis non chrétiens ce bouquin donne une image plus problématique de Dieu… pas très pertinente et parfois pas très biblique. On pourrait craindre une certaine confusion. Alors personnellement je dirai qu’un film ou un livre ne décrit pas nécessairement ce que nous voyons, mais qu’il a toujours un rapport à ce que nous pensons être vrai. Du coup pour La Cabane, on peut utiliser cet argument, mais le livre démontrera toujours quelque chose que pense l’auteur. De la même manière que même dans un truc imaginaire, que je le veuille ou non ma « vision du monde » se dévoilera toujours un peu ».

Justement, quelle est cette vision du monde de W. Paul Young, laquelle rend la théologie de l’œuvre problématique ?

(A suivre)

 

Notes :

(1)http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/la-cabane-polar-spirituel-de-l-ete-3233.html

(2)https://phileosophiablog.wordpress.com/2017/06/26/la-cabane-ou-lart-perdu-du-discernement-evangelique/.

(3) Avec toutefois des réserves concernant le roman, de la part de La Maison de la Bible : cf https://maisonbible.fr/fr/9879-cabane-la-9782844459886.html

(4) Voir la fiche Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cabane laquelle précise que les informations sur W. Paul Young et son roman proviennent uniquement des interviews données par l’auteur, sans que cela soit corroboré par des témoignages ou d’autres sources.

(5) http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/en-dieu-il-n-y-a-que-de-la-relation-4587.html

(6) http://www.aepeb.be/liege/Croire/comprendre/LaCabane.pdf

(7) Voir http://cecilebeaulieu.com/ma-lecture-du-livre-le-shack-de-paul-young/ et certains commentaires publiés en réaction à cet article de La Rebellution.

(8) https://phileosophiablog.wordpress.com/2017/06/26/la-cabane-ou-lart-perdu-du-discernement-evangelique/

 

Face à « la Vague » : se laisser emporter, « surfer » ou résister

Comment sait-on que l’on a retenu les leçons de l’histoire ?

Le roman « La Vague » de Todd Strasser*(1981), que j’ai reçu(avec beaucoup d’autres) et lu hier soir, tente d’apporter une réponse à cette question, par le biais d’une étrange expérience. Le livre se fonde sur un incident qui s’est réellement produit en 1969 pendant un cours d’histoire au lycée de Palo Alto, en Californie. Selon Ron Jones, le professeur concerné, personne n’en parla durant les trois années suivantes. « Il s’agit, dit-il, de l’événement le plus effrayant que j’ai jamais vécu dans une salle de classe »**.

Tout a commencé par un cours d’histoire de Terminale sur la Seconde Guerre Mondiale. Le professeur, Ben Ross, un homme qui a pour habitude de se donner à fond dans tout ce qui le passionne, montre à ses élèves un documentaire sur les atrocités commises par les Nazis dans les camps de concentration. Son intention, explique-t-il, n’est pas « simplement de les émouvoir », mais de les amener « à réfléchir sur ce qu’ils viennent de voir »(op. cit., p26).

Certains(des garçons)restent persuadés qu’ils ne laisseront jamais « une minorité de ce genre gouverner la majorité »(op. cit., p28). Pour d’autres, « c’est de l’histoire ancienne. C’est arrivée une fois et le monde entier a retenu la leçon. Ça n’arrivera plus »(op. cit., p36, 41). Mais surtout, pour d’autres, bouleversés et révoltés, la question reste insoluble : « comment cela a-t-il pu se produire ? Comment les Allemands [des années 30] ont-ils pu laisser les Nazis(10 % de la population)assassiner des gens presque sous leurs yeux pour ensuite affirmer qu’ils n’en savaient rien ? Comment peut-on être aussi cruel ? »(op. cit., p 28,30)

Incapable d’expliquer à ses élèves comment la majorité des Allemands n’ont pu massivement dire « non » à une minorité, même organisée et prétendre être la majorité ignorante,  le professeur décide donc de faire l’expérience de « La Vague » avec sa propre classe. Il commence par leur inculquer une discipline : une façon de se tenir droit, de marcher, de poser et répondre à des questions. Puis viennent l’esprit de corps, les slogans(« la force par la discipline, la force par la communauté, la force par l’action »), le logo(« la vague »), le salut(op. cit., pp 73-76). Bientôt, le phénomène touche tous les élèves de Terminale, et une partie des Premières.  Le professeur, Ben Ross, se prête au jeu et devient le leader incontesté de « La Vague », passant d’une figure d’autorité à une figure de pouvoir.

Dans un premier temps, les effets de « La Vague » semblent positifs, au point que David, un élève de la classe, souhaite appliquer la même discipline à l’équipe du lycée qui collectionne les défaites(op. cit., pp76-81). Néanmoins, Ben est mis en garde par sa femme(« tu viens de créer des monstres », op. cit., p69) et par le proviseur du lycée, qui lui rappelle que « l’expérience concerne des jeunes adolescents impressionnables. Parfois », dit-il, « nous avons tendance à oublier qu’en raison de leur jeune âge, ils n’ont pas encore développé l’esprit critique, que, nous l’espérons, ils auront un jour. »(op. cit., pp 129-130)

Or, « La Vague » prend peu à peu une toute autre tournure : les élèves qui ne souhaitent pas faire partie du mouvement font l’objet d’intimidations ou de menaces ; ceux qui ne font pas le salut se voient refuser des places au stade ; l’ex-souffre douleur de la classe, pour qui l’expérience semble changer positivement la vie, se propose d’être le garde du corps de Ben Ross ; le professeur constate que ses élèves semblent apprendre plus vite et plus efficacement, mais au détriment de l’argumentation et d’une réflexion poussée…les langues(anonymes, par peur de représailles)se délient pour dénoncer une dérive « fasciste » de « La Vague »….Laurie, une autre élève rédactrice en chef du journal du lycée, commence à avoir des doutes : sera-t-elle la seule ? Jusqu’où ira « La Vague » ? Pourra-t-on l’arrêter ?

Une histoire qui est donc basée sur des faits réels. Néanmoins, ce n’est pas du documentaire : cela reste romancé(avec sans doute pas mal de raccourcis pour des raisons de choix narratifs), facile à lire, « peu épais » et « écrit gros ». Néanmoins, un sentiment de malaise émerge de la lecture : n’aurions-nous, en fin de compte, rien appris de cette période, au point d’être en mesure de reconstituer un même phénomène de manipulation des masses ? Et, plus grave encore, de trouver cela fascinant ? Fascinant fascisme ? Une vérité qui (nous) dérange.

Un livre abordable à lire, pour ne pas oublier que «Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde».(Brecht. Epilogue de La Résistible Ascension d’Arturo Ui, 1941)

« Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde, mais laissez Dieu vous transformer et vous donner une intelligence nouvelle. Vous pourrez alors discerner ce que Dieu veut : ce qui est bien, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait ».(Rom.12v2. Version en français courant)

D’autres lectures toutes aussi pertinentes sur le sujet sont également possibles :

« Rhinocéros » d’Eugène Ionesco (Folio) : un étrange phénomène frappe les habitants d’une petite ville. On y voit paraître dans les rues un rhinocéros, puis un autre…A chaque apparition de rhinocéros correspond la disparition d’un habitant. Face à cette sorte d’épidémie(« la rhinocérite »)qui se répand rapidement, les gens commencent par se révolter, puis ils se soumettent en cherchant à comprendre ces bêtes, en trouvant même des justifications à cette épidémie de métamorphoses. Ils vont même jusqu’à vouloir comprendre le phénomène de l’intérieur, tentent l’expérience et deviennent à leur tour rhinocéros. Qui résistera ?

« La ferme des animaux » de Georges Orwell(Folio) : une excellente fable que l’on ne présente plus. Lassés des mauvais traitements, les animaux de la Ferme du manoir se révoltent et chassent Mr Jones, leur fermier. Ils proclament alors une nouvelle société où tous les animaux sont égaux. Mais quelques uns dans la ferme décident bientôt que « certains sont plus égaux que d’autres »…Une parodie de la révolution russe et de toutes les révolutions perverties.

Voir aussi le dessin animé britannique éponyme(à partir de 11 ans) de John Halas et Joy Batchelor(1954), adaptation de la nouvelle de Georges Orwell qui vaut le détour, mais avec une fin quelque peu différente. Salué par la critique, il fut élu « meilleur film » en 1954. Pourtant, il ne sera visible en France qu’en 1993. Le film a fait l’objet d’une réédition numérique, élaborée à partir d’un master restauré, et est distribué par Malavida qui l’avait déjà réédité en DVD en 2005.

Pour en savoir plus :  http://www.kidclap.fr/film/la-ferme-des-animaux,9659 ; http://www.kidclap.fr/notes-de-prod/la-ferme-des-animaux,9659-note-100853

« Mâtin brun » de Frank Pavloff (Cheyne éditeur): chronique de la lâcheté ordinaire face à une « vague brune ». Le narrateur et son copain, simples observateurs, subissent la mise en place progressive d’un « Etat brun », sous prétexte qu’ils ne sont pas concernés. Jusqu’au jour où….Ecrit dans le contexte des municipales de 1995, qui avaient vu le Front National emporter certaines villes(Orange, Toulon, Marignane. Puis Vitrolles en 1997…). Contrairement à ce que certains affirment, réécrivant l’histoire, le FN a bien été « aux affaires « , au niveau local. De même qu’il y a eu 35 députés FN entre 1986 et 1988. Il est facile de prendre connaissance des bilans de ses gestions passées. Voir aussi nos autres billets sur la question : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/24/banalisation-de-lextreme-seduction/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/10/02/vous-etes-chretien-et-au-milieu-de-vous-certains-revent-de-matin-brun/

« La Fascination du Nazisme » de Peter Reichel(édition Odile Jacob, 1993) : comment le peuple allemand a-t-il pu idéaliser à ce point le Troisième Reich, pourtant fondé sur la violence, la destruction et l’horreur ? L’auteur analyse avec brio l’esthétique nazie et ses racines culturelles, le décorum, la mythologie autour desquels s’est édifié le pouvoir hitlérien, jouant à la perfection de la radio, du cinéma, du sport, des loisirs…pour séduire et rassembler derrière lui la nation allemande.

L’adaptation cinématographique de « La Vague »(que je n’ai pas vue), par Denis Gansel (2009), réalisateur et co-scénariste du film avec Todd Strasser et Peter Thorwarth, transposée dans l’ Allemagne d’aujourd’hui.

La mini-série « V » de Kenneth Johnson(1983), adaptée de la nouvelle de l’écrivain Sinclair Lewis, intitulée « It Can’t Happen Here » (« Cela ne peut pas arriver ici ») et publiée en 1935. La nouvelle est disponible en anglais, uniquement, ici. A la base, Kenneth Johnson avait eu l’idée d’un téléfilm explorant l’attitude d’Américains vivant sous un régime fasciste.

Enfin, il est aussi édifiant 1)de reconsidérer les trois tentations de Jésus-Christ cf Matt. 4v1-11 : manipuler les besoins primaires(ou flatter les « bas instincts »)des personnes, fasciner les foules et dominer ; et, surtout, 2)les réponses de Jésus, victorieux de ces tentations : Matt.4v4, 7, 10.

Notes :

* Disponible en français chez Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2008(Pocket jeunesse. PKJ, 2009. 228 p. Précédé d’un avant-propos et suivi d’une postface de l’éditeur : « bestiaire du totalitarisme ordinaire »). A partir de 15 ans ou fin de troisième.

** Cité dans l’avant-propos de l’édition « Pocket jeunesse »(2009)de « La Vague », p 9