Pour Guillaume Bignon, la foi a (ses) raison(s)

« La foi a ses raisons que la raison ignore », aurait pu dire Pascal, un autre scientifique-philosophe chrétien

J’ai reçu, le jour de sa sortie(26/04), et de la part de l’éditeur BLF, que je remercie, « la foi a ses raisons » de Guillaume Bignon (1).

Il n’est pas aisé de parler d’un tel livre, surtout après les remarques qu’en ont faites de telles personnalités comme Lee Strobel, Mike Evans, Charles-Eric de Saint-Germain ou David Nolent(2). Mais essayons quand même.

Ce livre est, de l’aveu de l’auteur lui-même, « un recueil de paradoxes. C’est l’histoire d’un scientifique, ingénieur en informatique financière, qui se retrouve docteur en philosophie. C’est aussi l’histoire d’un conférencier en philosophie qui n’a pas eu la moyenne au bac de philo. C’est l’histoire d’un homme immoral qui nous parle du bien, l’histoire d’un athée(3) hostile à la religion qui nous parle de l’existence de Dieu, et celle d’un homme nous parlant de bonheur, alors qu’il l’a cherché partout dans tous les mauvais endroits. Enfin, c’est surtout une histoire à dormir debout (qu’il) nous invite à croire, alors (qu’il ne l’avait) pas cru lui-même il y a quelques années » (op. cit., p10)

Ce livre est donc son témoignage – qui nous permet de découvrir quel athée il a été, pour mieux comprendre un certain système de référence, ou une manière de se représenter l’humain, l’origine et la destinée du monde, le sens de la vie.

Ainsi, Guillaume Bignon, qui a grandi dans le catholicisme pour s’en détacher à son entrée au lycée, était un « athée scientifique », se préoccupant de ce qui est observable (et pas des « choses invisibles »). La science et la raison étaient, semble-t-il, « ses dieux », comme en témoigne notamment son admiration pour « ses héros », son père et son grand père, tous deux de brillants scientifiques mais de confession catholique. Sauf que le premier (le père) était « pratiquant mais pas croyant », tandis que la foi du second (le grand-père) était plutôt « compartimentée »(c’est à dire, sans aucune incidence dans le monde réel). En témoigne aussi sa question récurrente tout au long du livre : « faut-il être bête pour croire en Dieu en notre siècle ? »

Enfin, le livre est un ouvrage de vulgarisation apologétique, se voulant accessible au non-initié, et comportant des discussions importantes sur l’existence de Dieu, la fiabilité de la Bible, la relation entre foi et raison, les raisons de croire ou de ne pas croire, le décalage entre « dire » et « faire », la moralité, le sens de la vie, la réussite, la création et l’évolution, la science et la connaissance, ou encore la réfutation des objections de certains essayistes sceptiques [notamment les médiatiques Michel Onfray, André Comte-Sponville, Luc Ferry….] contre la foi chrétienne. Comme l’explique l’auteur, « j’ai écrit le livre de façon à satisfaire les amoureux de ces deux genres »(4). Néanmoins, toutes ces réflexions, certes pas sans intérêt et particulièrement mûries, et dont on devine qu’elles sont postérieures à la conversion de Guillaume, se mêlent au récit censé raconter une évolution. J’aurai jugé plus pertinent d’insérer certains grands débats en annexe, pour garantir une meilleure fluidité de l’ensemble. Mais cela n’engage que moi.

D’autre part, je m’interroge personnellement sur les forces et les limites de l’apologétique, laquelle discipline consiste en fin de compte à démontrer que les autres [les athées] sont complètement stupides ! Et ce, alors que, en face, l’athée cherche à soulever les incohérences de notre foi. Est-il alors pertinent de « se battre en duel » avec l’athée sur son terrain, d’argumenter contre lui ou de tenter de répondre à toutes ses objections, et de tout lui expliquer ?

A ce sujet, il est intéressant de prendre en compte de manière globale et interdépendante les cinq éléments ayant provoqué un déclic dans la pensée de Guillaume Bignon, pendant longtemps uniquement préoccupé d’obtenir du succès dans les domaines des conquêtes féminines, du sport et de la musique. L’athée qu’il a été s’est montré particulièrement intéressé, à un moment de son parcours, par (a)l’expérience et le témoignage, qu’il a estimé être « une source valide de savoir et pas seulement de croyance »(op. cit., p 153). C’est ainsi que ses rencontres, à l’âge de 24 ans, avec l’auto-stoppeuse-mannequin américaine « Vanessa », puis avec mon pasteur Robert Baxter (considéré par Guillaume comme « un homme intelligent » et dont la présence dans ce livre m’a agréablement surpris), également américain, ont été déterminantes, pour leurs témoignages personnels d’une vie transformée par Jésus-Christ, (b)leur foi en la puissance et les miracles de Dieu, ayant un impact dans le monde réel, ainsi que (c)leur position sur le mariage et les relations sexuelles. C’est aussi à partir de ce point de bascule que le livre, dans lequel j’ai eu du mal à entrer au début, a mieux capté mon attention.

De ces rencontres ont découlé d’autres réflexions et prises de conscience sur ce que j’appellerai « le nom de son dieu », ou l’instance suprême qui régissait sa vie jusque-là : (d) son rapport à la science (Guillaume découvre qu’elle n’est « pas notre seule source de savoir »), jusqu’à (e)la conviction, une fois sa « conscience réactivée », que « Jésus-Christ est mort pour (lui) ». Certes, il lui a été indispensable de résoudre ce qu’il appelle « ses puzzles intellectuels », pour en arriver à accepter que la foi chrétienne n’était pas irrationnelle, mais « le coeur (a fini par suivre) la tête ». Un chrétien ne fait pas que croire intellectuellement que Dieu existe et que Jésus est ressuscité.

En fin de compte, pour Guillaume Bignon, la foi a (ses) raison (s). Et la foi en la puissance et l’amour de Dieu a eu raison de lui ! Car, comme l’auteur nous le rappelle à la fin, faisant référence à cette parole de Jésus, rapportée dans l’Évangile : « celui qui a été pardonné beaucoup aime beaucoup ». Justement, Guillaume Bignon déclare joliment qu’il « aime beaucoup »(op. cit., p 267).

Sinon, en dépit de certaines impressions mitigées (j’ai eu du mal à rejoindre complément l’univers de Guillaume Bignon), ce livre, agréable à lire et souvent drôle, m’a paru utile, en ce qu’il nous permet de (et encourage à) comprendre le système de référence d’un athée pour mieux lui parler de Jésus-Christ.

Ensuite, si vous êtes chrétien et si vous avez une première discussion avec un athée, il est important de s’attendre, comme cela a été le cas pour Robert Baxter avec Guillaume, à ce que l’athée revienne vous voir, parce qu’il sera conscient d’avoir besoin du Dieu qui a changé votre vie. Est-ce le cas, pour vous qui lisez ces lignes ? Dieu a-t-il changé votre vie ? Votre foi a-t-elle un ancrage dans le monde réel ? Alors, vous avez un témoignage puissant à donner.

Enfin, voici un « sujet de philo » :

« Il faut beaucoup de foi pour être athée », écrivait Ralph Shallis dans un livre au titre éponyme, pour affirmer qu’il n’y a pas de Dieu….vu qu’un athée en a un aussi (reste à découvrir lequel en parlant avec lui) et pour croire que tout serait arrivé « par hasard ».

Les athées existent-ils ?

Ou cet autre sujet :

Qu’est-ce que « défendre sa foi » ? La foi a-t-elle besoin d’être « défendue » ?

Vous avez une heure pour plancher ! 😉

 

Notes :

(1) Bignon, Guillaume. La foi a ses raisons : Confessions d’un athée surpris par Dieu. BLF éditions, 26/04/18. Disponible en librairie ou sur le site de l’éditeur.

Guillaume Bignon est ingénieur en informatique financière. Diplômé de l’Institut supérieur d’électronique de Paris, il est aussi titulaire d’un doctorat de théologie philosophique de l’Université du Middlesex à Londres. Voir ses témoignages et interviews : http://leboncombat.fr/foi-raison/ ; https://discutame.com/2016/09/28/quand-un-athee-devient-docteur-en-theologie-12-temoignage-de-guillaume-bignon/ ;https://discutame.com/2016/09/30/quand-un-athee-devient-docteur-en-theologie-22-interview-de-guillaume-bignon/ ; http://www.associationaxiome.com/conversion-guillaume-bignon/ ; https://www.unherautdansle.net/pe46/

(2) Lee Strobel est notamment l’auteur de « Jésus : la parole est à la défense » et personnage principal du film « Jésus, l’enquête » ; Mike Evans est président d’Evangile 21 ; Charles-Eric de Saint-Germain est professeur de philosophie en classes prépa et David Nolent, directeur du Top Chrétien.

(3) Un athée est « sans dieu ». En comparaison, un agnostique est « sans connaissance » (de Dieu).

(4) Voir « Quatre questions à Guillaume Bignon sur la foi et la raison », à lire sur « Le Bon Combat ».

« Sens » + « utile » = « ustensile » (ou : la foi, concrètement)

Note : ce sujet a été proposé à des enfants/préados(10-14 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. L’accroche s’inspire de celle utilisée par Judith ERDMANN, pour son article « Vivre sa foi au quotidien », paru dans le volume 1 d' »Efferv’Essence », ressources d’études bibliques et de thèmes pour Jeunes, pp 88-89(Ed. LLB, 2001)

Objectifs :

– (Re)découvrir ce qu’est la foi et ce qu’est « avoir la foi »

– Développer et manifester ma foi en Dieu au quotidien

-Découvrir que ma vie a du sens et est donc utile, pour être un « ustensile » entre les mains de Dieu, pour le but que Lui a prévu pour moi.

Passage à étudier : Hébreux 11v1-7

Accroche :

1)Présenter à vos enfants/jeunes un premier groupe de lettres(découpées dans du carton, par exemple) dans le désordre. Celles-ci doivent être réunies pour former le mot à découvrir : U T I L E

Inscrivez-vous - Une façon par Andrew Schmidt Plus d'issue ? Si ! Une !

Inscrivez-vous – Une façon par Andrew Schmidt
Plus d’issue ? Si ! Une !

2)Présentez-leur un deuxième groupe de lettres, avec la même consigne. Ils doivent trouver S E N S

3)Mélanger toutes les lettres et demandez enfin de trouver un nouveau mot.

Ce sera……..U S T E N S I L E !

« Moralité » : une vie qui a du SENS est une vie UTILE. Soit la raison d’être d’un USTENSILE.

Qu’est-ce qu’un USTENSILE ? C’est un objet d’usage quotidien, pour un usage précis. Ainsi, une gamelle doit pouvoir contenir de l’eau, des aliments et résister aux chocs, au feu…Elle ne sert, « ne vit » que si elle est utilisée pour le but pour lequel elle est prévue.

Si l’on utile la gamelle pour un usage « contre-nature »,

l’on « se plante »*. Son usage doit être JUSTE.

Par association d’idées, comment notre vie à nous peut-elle être juste ? Avoir du sens, être utile, dans le but prévu…? En acceptant d’être un USTENSILE dans les mains de Dieu !

Et à quelle condition Dieu pourra-t-il diriger notre vie, pour qu’elle ait du SENS et pour qu’elle soit UTILE et JUSTE ?

Si nous lui faisons confiance, en faisant preuve de foi, bien sûr !

Lisons ensemble ce passage de la Bible, Parole de Dieu, pour découvrir un premier principe sur la foi :

« Or le juste vivra de foi » (Hébr.10v38)

Qu’est-ce que la foi ? Avoir la foi** ?

« Or la foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas.
Car c’est par elle que les anciens ont reçu témoignage.
Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent.
Par la foi, Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn, et par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste,
Dieu rendant témoignage à ses dons; et par lui, étant mort, il parle encore.
Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu.
Or, sans la foi il est impossible de lui plaire; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le recherchent.
Par la foi, Noé, étant averti divinement des choses qui ne se voyaient pas encore, craignit et bâtit une arche pour la conservation de sa maison; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi »(Hébr.11v1-7).

1) La foi, c’est….

« une assurance », « une conviction », une certitude. Du solide !C’est croire sans voir(cf 2 Cor.5v7), en se fiant à quelque chose/quelqu’un de sûr, de sérieux, fiable et digne de confiance.

La foi nous donne un bon témoignage, une bonne réputation. De qui ? De Dieu !

Celui qui a la foi est-il un fou ou un sage, un homme intelligent ? La foi rend intelligent, car « c’est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la Parole de Dieu….(Le monde que nous voyons a donc du sens, un but et une origine)….de sorte que ce qu’on voit ne provient pas de ce qui est visible »(ce que l’on voit n’est pas tout)

La foi rend humble : car face à un créateur invisible et infini, plus grand que nous, nous prenons conscience que nous sommes limités. Nous sommes face à une réalité qui nous dépasse. Nous ne maîtrisons pas tout

et nous n’avons pas de vue d’ensemble des choses. Dieu, oui.

La foi, c’est enfin chercher à plaire à Dieu et donc (re)considérer nos priorités : pour quoi, pour qui vivre ?

La foi me pousse à être fidèle à quelqu’un d’autre que moi.

2)Avoir la foi, c’est….

« Croire que Dieu existe » et que ce Dieu qui existe est digne de confiance. Il récompense celui qui le cherche. Cherche Sa volonté. Et sa récompense, c’est Son approbation, Son « bravo ».

La foi repose sur le fait de croire en l’existence de Dieu et sur Sa fidélité : on ne sera donc pas effrayé par les circonstances ou les épreuves ; on ne se reposera pas sur nos limites ou les limites de ce que l’on voit.

Terminons par trois exemples d’hommes de foi, présentés dans les vv1-7 d’Hébreux 11 : quel témoigne chacun a-t-il reçu de la part de Dieu ? Pourquoi ?

– Abel (Hébr. 9v22 ; 11v4 ; Gen.4v4) : « par la foi », il a offert à Dieu un sacrifice de plus grande valeur(« des premiers-nés de son troupeau, et leur graisse ») que celui de Caïn. Par sa foi, il fut déclaré juste. Dieu témoigne de ses offrandes : par elles, Abel « parle encore »***.

– Hénoc(Hébr.11v5 ; Gen.5v22-24) : voilà un homme dont on ne sait que très peu de choses,  à part qu’il a « marché 300 ans avec Dieu », c’est à dire qu’il a vécu en étroite relation avec Dieu et pour Lui plaire à tous égards. Le contexte de sa vie est édifiant à souligner : le chapitre 5 du livre de la Genèse, dont lequel on trouve cette information sur Hénoc, est une généalogie, comme on aime à en lire dans la Bible. Les personnes mentionnées vécurent un grand nombre d’années, mais tous avec la même conclusion : « et il mourut ».

Même si nous vivons tous extrêmement longtemps, nous finirons tous par mourir un jour. Quelle attitude avoir, alors, dans une telle perspective bien peu réjouissante ? Soit « jouir de la vie sans entrave », être pessimiste, ou, au contraire, « s’investir » dans ce qui est « durable » : la Parole de Dieu et les hommes.

Hénoc a (bien) choisit : il « engendra des fils et des filles »(et a sans doute été préoccupé de leur éducation ?), confiant dans l’avenir, et a « marché 300 ans avec Dieu ». La conclusion de sa vie ? « Et Hénoc marcha avec Dieu; et il ne fut plus, car Dieu le prit ».

-Noé, enfin(Hébr.11v7 ; Gen.6v1-22) : « c’est par la foi que Noé, divinement averti[implique de sa part une grande communion avec Dieu, particulièrement à une époque où l’humanité était pleine de corruption et de violence : pas de quoi encourager à la droiture et à plaire à Dieu, soit à vivre à contre-courant ! ]de ce qui ne se voyait pas encore[l’annonce et l’exécution du jugement de Dieu sur une humanité corrompue] et saisi d’une pieuse crainte, construisit une arche pour sauver sa famille : c’est(par cette arche)qu’il condamna le monde et devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi ». Par la foi, Noé a obéit à Dieu. L’arche construite est à la fois le moyen de salut révélé par Dieu, et le révélateur du jugement de Dieu.

Quel est le point commun de ces trois hommes de foi ?

Voyage par George Hodan   Les  chrétiens : des "voyageurs", "en séjour", dans ce monde

Voyage par George Hodan
Les chrétiens : des « voyageurs », « en séjour », dans ce monde

 

 

Ils ont témoigné de fidélité(foi), de persévérance et de patience. Et ils ont ainsi confessé qu’ils étaient « étrangers et résidents temporaires » sur cette terre : « dans le monde », quoique « pas du monde » !

 

 

 

 

 

 

Notes :

* Au risque de prendre une gamelle ?

** « Foi » se traduit aussi par « adhérence ».

*** L’offrande de Jésus-Christ parle mieux encore.