Ce « monstre doux » : la révolution génétique au service du nouvel Eugénisme « humaniste »

Bienvenue à Gattaca, un film d’Andrew Niccol (1997)

« Alors je vis monter de la terre une autre bête.
Elle avait deux cornes comme un agneau, mais elle parlait comme un dragon…. » (Apoc.13v11)

Un nouvel article d’Eric Lemaître (écrit en collaboration avec un docteur en médecine et un généticien) à découvrir sur « Déconstruction de l’homme », un blogue partenaire de PEP’S CAFE : Ou comment ce qui était hier combattu refait aujourd’hui surface, de manière rampante, drapé « d’humanisme », tel « un monstre doux » : l’idéologie eugéniste…..Terrifiant mais bien réel.

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Foireux liens (3) : « grandir et vivre… »

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Des foireux liens sur le thème de la sagesse, en réponse à la démesure actuelle

Pour ces nouveaux « Foireux liens », voici un zoom sur quelques personnalités marquantes de ces derniers mois(notamment d’Avril)qui nous exhortent à plus de maturité et de sagesse(ou d’équilibre, de sobriété et de discernement) face aux dérives éthiques et à une accélération de la perte des repères moraux. Lesquelles dérives ont un nom : « démesure », ou ce que les Grecs anciens appelaient « hybris ».

La plupart des personnalités mentionnées plus haut sont non chrétiennes, mais comme l’a dit le Seigneur : « les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont(ou ne semblent l’être) les enfants de lumière »(ou ceux qui prétendent l’être ?) cf Luc 16v8

D’autant plus que la Parole de Dieu nous exhorte à la modération(Tite 2v2-6) et que « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes…nous enseigne à renoncer l’impiété et aux convoitises mondaines et à vivre dans le présent siècle sagement(ou sobrement), justement et pieusement »(Tite 2v11-12)

Seule la sagesse de Dieu nous garde de la démesure (cf Eccl.7v11-19). Et le sage « est celui qui connaît ses limites » et qui se confie en Celui qui est plus grand que lui.

 

Tour d’horizon :
– Jacques Testart : vous a-t-on parlé de cet article du « Monde diplomatique » d’avril contre la dérive néolibérale de la PMA ?
Patrice de Plunkett attire notre attention, dans une récente note de blogue, sur la « toute la dernière page » du mensuel, qui est « consacrée à un article fracassant du biologiste Jacques Testart » (pionnier de la fécondation in vitro et qui vient de publier « faire des enfants demain » aux éditions du seuil, 2014) :  »Repenser la procréation médicalement assistée ».

Extrait du « Testart » : « L’eugénisme mou arrive déjà, par exemple quand la biomédecine […] trie les embryons pour retenir le plus conforme à une demande qui n’est pas toujours médicalement justifiée. Ce que l’on peut nommer l’instrumentation consentie, mouture affligeante de la liberté, pourrait conduire insensiblement à un monde biopolitique créé par l’engendrement en laboratoire d’individus programmés. […] Y suffira l’élargissement de l’assistance médicale à des  »raisons sociétales ». Ces  »raisons sociétales » mériteraient d’être interrogées : que signifie la revendication d’un  »droit à l’enfant » grâce à l’assistance médicale, surtout s’il n’est pas justifié par la stérilité ? […] Y aurait-il un rapport entre le  »désir d’enfant » et la pulsion de consommation d’objets de toutes sortes, caractéristique de notre ère de libéralisme  »épanouissant » ? »

Veillons à ne pas oublier le libéralisme économique, dans notre lutte contre le libéralisme culturel et sociétal. Puisque le premier nourrit, engendre le second !

Veillons à ne pas oublier le libéralisme économique, dans notre lutte contre le libéralisme culturel et sociétal. Puisque le premier nourrit, engendre le second !

Ou comment « le libéralisme économique engendre – in vitro – le libéralisme sociétal », commente Patrice de Plunkett. « Il en sortira, dit Testart, le projet  »transhumaniste » où l’homme  »augmenté » sera combiné avec des  »machines intelligentes »…L’espèce humaine, menée là sous prétexte de satisfaire tous ses désirs, se retrouvera dominée par  »les marchands d’électronique, de vaccins et de sperme », dans une société contrôlée et surveillée jusque à l’intime par la technique et l’économie. La déshumanisation ! Comment empêcher ce cauchemar ? »

On retrouve également Jacques Testart dans ces entretiens :
Dans Bastamag : « Demain, il n’y aura plus de limite au tri génétique ».

Tests génétiques, sélection des embryons, multiplication des fécondations in vitro : jusqu’où ira la médicalisation de la procréation ? Avec la sélection des profils génétiques, « nous finirons par orienter l’espèce humaine en fonction d’impératifs économiques », prévient Jacques Testart, biologiste et « père » du premier bébé éprouvette. Dans son ouvrage Faire des enfants demain, le chercheur alerte sur les risques d’eugénisme qu’amènent ces démarches.

-et dans le numéro 108, d’avril 2014 de « La Décroissance »(en kiosque) : « vers l’eugénisme »(p 5).

 

– Vincent Cheynet : après une carrière de publiciste, il fonde l’association « Casseurs de pub » en 1999, puis le mensuel « La Décroissance » en 2003…

Pourquoi notre dissociété casse-t-elle « la famille, dernier rempart du gratuit face à la marchandisation du monde »* ? C’est encore une étape de l’invasion de nos vies par l’idéologie (marchande) de l’illimité… Synthèse du livre de Vincent Cheynet « Décroissance ou décadence » (éditions Le pas de côté, 2014), dans lequel l’auteur questionne la volonté de liberté sans limites qui se donne à voir dans nos sociétés, à lire sur le blogue de Patrice de Plunkett.  (Voir aussi cette interview du même Vincent Cheynet dans La Vie)
Extraits : « Plus nettement qu’il ne l’a peut-être jamais fait, Vincent Cheynet articule dans une commune dynamique le libéralisme économique et le libéralisme culturel : la logique du productivisme et du sans limite relèvent d’un fait social total, venant se loger jusqu’au plus intime des êtres. En cela, toujours sous couvert «d’émancipation» et de «progrès des droits», le mariage pour tous, la PMA-GPA, la banalisation du divorce, l’ouverture des magasins le dimanche, la pression pour la légalisation du cannabis, sont symptomatiques d’un libéral-libertarisme transformé en rouleau compresseur, faisant tomber toutes les limites, lois et interdits ».

 
Erri de Luca : le poète(« Aller simple ») et romancier napolitain de 64 ans, dont nous parlons souvent sur Pep’s Café ! est sur le devant de la scène médiatique, pour avoir appelé au sabotage d’un « grand projet inutile » : la ligne Lyon-Turin**.

Patrice de Plunkett, encore, saisit l’occasion de reparler de ce personnage singulier, qui se définit non comme un « athée », mais comme « quelqu’un qui ne croit pas ». Quelqu’un qui « partage le voyage » des hébreux depuis la sortie d’Egypte « mais non la destination »(Canaan). Néanmoins, il aime suffisamment la Bible pour avoir choisi d’apprendre l’hébreu afin de lire les Ecritures dans le texte, et lui avoir consacré des essais : Première heure (Rivages 2000), Et Il dit, Noyau d’olive (Gallimard 2004), Les saintes du scandale (Mercure de France 2013) ; et des traductions : Kohèlet (1996), Il libro di Rut (1999), Vita di Sansone dal libro Giudio/Shoftim (2002), Vita di Noé/Nòa (2004)…

« Dans (noyau d’olive), De Luca souligne le vrai sens du livre de la Genèse : tout autre chose qu’un permis de saccager la terre, selon le contresens commis depuis Lynn White en 1967 et qui vient de l’ignorance. En effet, explique l’hébraïsant, la polysémie de l’hébreu se perd dans les traductions « quand un seul verbe est disloqué en divers synonymes traduit avec des sens différents » : « Les verbes du travail et de la garde de la terre, avad et shamar, sont les mêmes, terriblement les mêmes, que celui du service dû à Dieu. Pour cette écriture ancienne, travailler la terre et la servir sont le même mot, le même empressement dû au service du sacré. Les voici : laavod et haadama, « servir le sol » (Bereshit/Genèse 2,5) et laavod et Yod Elohenu, « servir Yod/Dieu notre Elohim » (Shmot/ Exode 10,26). La terre est dans la sollicitude de Dieu. Les règles du repos sabbatique, un jour par semaine, un an tous les sept ans, marquent une insistance à la protéger d’une exploitation forcenée. Elles expliquent que la terre n’appartient pas à l’espèce de l’Adam, locataire et non propriétaire du sol… »

 

Gaël Giraud : « L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes »

Propos recueillis dans La Vie par Constance de Buor :

Pour sa quatrième édition, le prix lycéen « Lire l’économie » a été remis au jésuite et directeur de recherches au CNRS Gaël Giraud, pour son livre Illusion financière (éditions de l’Atelier). En décembre dernier, 3000 lycéens de seconde, de bac général, technologique et professionnel tertiaire ont récompensé l’économiste, déjà coauteur avec Cécile Renouard de « Vingt Propositions pour réformer le capitalisme » (Flammarion) qui mise sur la transition écologique pour sortir l’Europe des suites de la crise financière pour cet ouvrage pédagogique.

 
Gilles Boucomont : le pasteur publie sur son blogue un article tous les tremblements de terre, mais cela vaut le coup d’attendre ! Si vous avez manqué le tout dernier : « sortir de la culture du débat » , ne le manquez plus, car il est excellent, pertinent et corrosif (nous en avions parlé ici). A lire et à relayer.

 

 

 

"La vieille croix" : en réalité toujours d'actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de "la neuve" ou de la prétendue "originale", "dans le vent", mais sans puissance

« La vieille croix » : en réalité toujours d’actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de « la neuve » ou de la prétendue « originale », « dans le vent », mais sans puissance

A.W. Tozer : « la vieille croix »

Né en 1897 et mort en 1963, il a exercé un fructueux ministère de pasteur, de prédicateur et d’écrivain aux États-Unis. L’ article qui suit(« La vieille croix », initialement publié dans « Promesses ») a beau avoir été rédigé il y a bientôt un demi siècle, il n’a rien perdu de sa pertinence et de son actualité. Particulièrement en ces temps et au moment où les chrétiens fêtent Pâque(s). TGC Evangile 21 le remet en valeur :
« Sans avertir et presque inaperçue, une nouvelle croix*** s’est introduite dans les milieux évangéliques populaires de notre époque.

Elle ressemble à l’ancienne, mais elle est différente : les similitudes sont superficielles, les différences fondamentales.

De cette nouvelle croix a germé une nouvelle philosophie de la vie chrétienne, et de cette philosophie une nouvelle technique évangélique : un nouveau style de réunion et un nouveau genre de prédication.

Cette nouvelle évangélisation emploie le même langage que l’ancienne, mais son contenu n’est pas le même et sa puissance n’est plus comme auparavant.
La vieille croix n’avait aucun rapport avec le monde. Pour la chair orgueilleuse d’Adam, elle signifiait la mort. Elle mettait à exécution la sentence imposée par la loi du Sinaï.

La nouvelle croix, elle, n’est pas opposée à la race humaine ; elle en est, au contraire, une partenaire amicale et, si je comprends bien, elle alimente un flot d’amusements légitimes et bons, et d’innocentes réjouissances.

Elle laisse Adam vivre sans entraves, avec une motivation inchangée ; il peut continuer à vivre pour son plaisir et, maintenant, au lieu de se réjouir à chanter des chansons douteuses en buvant des boissons fortes, il se réjouit à chanter des cantiques et à regarder des films religieux. L’accent reste toujours sur la jouissance qui se tient sur un plan plus élevé ! »
(…)

La suite ici.
Un article salutaire. A ce sujet, un évangéliste m’avait dit un jour fort justement que « si l’on n’a pas prêcher la croix, on n’a pas annoncé l’évangile ». D’où l’importance de bien comprendre la (vieille)croix et sa place dans l’évangile.

 

 

 

 
Notes :

*A propos de la famille : celle-ci est-elle « à défendre », parce qu' »institution traditionnelle en péril » et « valeur morale menacée » ?
A moins qu’elle ne soit plutôt un « projet à vivre », « un projet d’ordre créationnel et anthropologique, dont l’idéal demeure accessible avec le secours de la grâce de Dieu, la prière et une écoute confiante de la Parole ». A découvrir le dernier numéro de la revue de réflexion biblique « Promesses » (numéro 188, avril-juin) : « la famille, un défi pour aujourd’hui ». Des articles de Bernard Sautel, Florent Varak, Louis Schweitzer….

 

**Chantier titanesque, le TGV Lyon-Turin suscite la colère des écologistes des deux côtés de la frontière. Les habitants du val de Suse, en Italie, sont mobilisés depuis des années contre ces travaux qui impliquent le percement d’un tunnel de 57 km entre Suse, dans le Piémont, et Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie. Maintes fois repoussé, ce projet de transport mixte, fret et voyageurs, a été lancé en 1991, acté dans un traité international en 2001 et longtemps ajourné faute de financements. L’ensemble devrait coûter 25 milliards d’euros, dont 8,5 pour le tronçon international. Et ce, alors que le trafic se raréfie.

D’autres « grands projets inutiles », rapportés par « La Décroissance » d’avril(« misons sur l’avenir », p 9) : En Angola, contre du pétrole, la Chine a construit 500.000 logements mais comme les habitants n’ont pas les moyens, Kilamba est devenue la plus grande ville fantôme du monde(http://www.afriquinfos.com/articles/2012/7/4/kilamba-ville-fantome-plus-grande-monde-205681.asp ; http://www.lefigaro.fr/immobilier/2012/07/05/05002-20120705DIMFIG00822-en-angola-la-ville-fantome-batie-par-la-chine.php). …..l’aéroport de Notre Dame des Landes, un projet de 250 millions d’euros, qui répondrait à une demande de croissance de transport aérien…alors que la France possède déjà 170 aéroports contre 26 en Espagne ou 19 en Allemagne….Des exemples de grands projets inutiles dans la Bible ? La tour de Babel, qui n’a jamais servi(Gen.11) ou encore la statue de Nabucadnetsar, entièrement en or, haute de soixante coudées et large de six coudées, dressée dans la vallée de dura, dans la province de Babylone(Dan.3v1, 29-30)

 

*** Quant à la « nouvelle croix », il semble qu’on la retrouve dans ce commentaire du responsable d’un blogue « d’actualités chrétiennes » :

Rédaction(12 avril 2014. 10h06 min) : La croix c’est justement le salut la guérison la délivrance et la bénédiction !

Cette affirmation n’est pas fausse et doit être bien entendu replacée dans son contexte, avec les autres commentaires et le court billet qui précède, dans lequel son auteur se livre à un « (Paul)Washer bashing », à l’encontre d’un missionnaire américain qui « a le malheur » de ne pas être « cool » à ses yeux.  A noter que ledit « Washer bashing » prend des allures de « récidive », comme on peut le constater .

 

« L’Homme meilleur » : un projet (trans)humaniste « d’enfer » à décrypter dans le dernier Dan Brown

Réflexions par Bobbi Jones Jones Réfléchissons donc un peu

Réflexions par Bobbi Jones Jones
Réfléchissons donc un peu

« Pour donner la liberté du choix », selon la « Refondation de l’école », qui prévoit notamment d’introduire un enseignement obligatoire de la morale laïque dont le but est, pour le ministre « de permettre à chaque élève de s’émanciper », il faut être capable « d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel… »

Dans « Inferno », le dernier Dan Brown, l’humanité pourra être « meilleure » si elle « s’arrache » ou se « déleste ». Se « délester » de quoi ? Nous allons le bientôt le savoir(attention : « spoilers », comme on dit).

Il est possible d’éviter ce roman publié depuis mai 2013(éd française JC Lattès) si l’on ne fréquente pas les librairies, les plages ou les gares(et ses points « Relay »).

L’histoire en gros : Robert Langdon, professeur d’histoire de l’art américain, se réveille dans une chambre d’hôpital de Florence, amnésique. Il n’a guère le temps de faire la connaissance du Dr. Sienna Brooks, puisque des tueurs font leur apparition. Notre héros a le temps de s’échapper de justesse avec la doctoresse, de découvrir l’existence d’une mystérieuse organisation à leurs trousses, et que Zobrist, un milliardaire bio-généticien suisse dérangé, veut régler le problème de surpopulation mondiale de manière assez radicale…

Tasse blanche d'un thé vert par Petr Kratochvil

Tasse blanche d’un thé vert par Petr Kratochvil

Dan Brown, ce n’est pas la tasse de thé de Pep’s Café ! Son « Da Vinci Code »(2003, adapté au cinéma en 2006) m’avait déjà personnellement suffit pour me faire une idée, et du style, et des théories* véhiculées sur Christ, le Christianisme, la Bible…Théories* qui ont suscité diverses questions de la part de certains ados de mon église, alimentant plusieurs discussions.

A propos d' »Inferno », dont j’ai lu de longs extraits**, on passera sur certaines critiques plutôt conventionnelles(dont celle de Le Figaro : « Un style haletant, fait de chapitres courts, de rebondissements savamment ménagés, avec ce zeste de mystère qui a fait le succès des trois premières aventures de Robert Langdon », mais « Un manque de dimension littéraire. Le jeu de piste endiablé que nous propose Dan Brown est parfois un tantinet trop compliqué »),

Science et la technologie par Petr Kratochvil

Science et la technologie par Petr Kratochvil

pour s’attarder sur celle d’Article 11(version papier, numéro de juillet-août-septembre ou version en ligne, publiée le 4 novembre 2013)***, nettement plus intéressante, qui a attiré mon attention.

Passons sur la première partie de l’article pré-cité en double-colonne, qui charge Dan Brown sans mesure (Le plus « gentil » : « Dan Brown est partout. Il squatte les médias, les murs des métros…les serviettes de plage…. ») pour nous attarder sur la seconde, qui a le mérite de pointer avec discernement « l’aspect véritablement dérangeant(parce que pleinement politique)du bouquin de Dan Brown(qui)émerge en pleine lumière » dans les dernières pages(pp 524-553).

Extraits :

« Robert », répliqua Sienna. « Le génie génétique ne constitue pas une accélération de l’évolution. C’est le cours normal des choses ! Vous oubliez un détail d’importance : c’est justement l’évolution qui a créé Bertrand Zobrist. […] » Langdon resta muet devant la démonstration. »(p553)

Lever du soleil par Jan Balek Aube nouvelle pour l'"homme meilleur" ? Ou lumière faite sur une idéologie contestable jusque là masquée ?

Lever du soleil par Jan Balek
Aube nouvelle pour l' »homme meilleur » ? Ou lumière faite sur une idéologie contestable jusque là masquée ?

« Inferno » met un certain temps avant de dévoiler son message. Oui, il faut s’accrocher pour décrocher la timbale idéologique, mêlant délire malthusien**** et envolée transhumaniste.***** Et c’est en fait la personnalité de celui qui au départ est posé comme le méchant, soit le « biochimiste Bertrand Zobrist, qui finit par donner la tonalité morale du roman. De manière assez étrange pour ce type de littérature, Robert, le héros attendu, rate lamentablement son coup. Il ne parvient pas à contrecarrer le plan machiavélique de Zobrist. Et le virus se répand de par le monde, inexorablement. La cata ? Bah non. Car ce cher Robert avait mal interprété les indices du jeu de piste : Zobrist ne visait pas la destruction physique de l’humanité, juste la stérilisation forcée d’un tiers d’icelle(via un bio-virus fulgurant qui traficote certains codes ADN). Du coup, c’est pas trop grave. C’est même plutôt cool. Comme l’énonce benoîtement Robert : « je désapprouve évidemment les méthodes de Bertrand Zobrist, mais il dit vrai quant à l’état du monde. Cette planète doit régler son problème de surpopulation ». Un point de vue que partage(…)Elisabeth Sinskey, la patronne de l’OMS : « c’est par amour pour l’homme qu’il en a été réduit à ces extrémités ». Quant à (…)Sienna Brooks, elle enfonce le clou évoquant « les visionnaires comme Bertrand[qui vient de stériliser sans barguigner un tiers de l’humanité…], ces esprits brillants, aux convictions si fortes qu’ils s’attellent tout seuls aux problèmes de ce monde ». Au final, si tous s’accordent à trouver la méthode un chouïa « limite », ils applaudissent le résultat(pp 532, 548, 552). On ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs, mon pote.

Dans le livre, Zobrist est défini comme un transhumaniste*****(p 531), soit un adepte de ce courant qui estime que la technologie doit accélérer l’évolution physique du genre humain. Un darwinisme à marche forcée. Et cela passe notamment par de petits coups de boosts génétiques, un domaine que Dan Brown encourage clairement dans la vraie vie. En un récent entretien au Matin****** », (il) déclarait ainsi : « prenons l’exemple d’un singe qui apprend à utiliser un bâton pour attraper les fourmis[….] Si nous décidons de ne pas utiliser l’ingénierie génétique pour notre évolution, c’est selon moi comme si le singe renonçait à se servir de son bâton ».

En mêlant recherche génétique et obsession malthusienne, Brown conçoit(et salue)mine de rien l’un des pires projets scientifiques imaginables, celui de l’eugénisme sélectif de type « Meilleur des mondes »[roman d’Aldous Huxley]. Qu’il enrobe tout ça d’un patchwork de références artistico-historiques ne fait que rendre le propos plus dangereux, hypocrite.

En exergue d’Inferno, Brown a d’ailleurs placé cette citation de Dante : « les endroits les plus sombres de l’enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale ». Une phrase que Robert médite longuement dans l’épilogue, pour bien asséner le message. Lequel a le mérite d’être clair : si tu ne veux pas pourrir en enfer, il est temps de joyeusement sabrer ces populations qui encombrent la planète de leurs codes génétiques pourraves. Par pur humanisme, évidemment.

Conclusion : le statut « pavé de plage » doit-il être l’alibi(comme le statut « œuvre d’art »)justifiant que l’on laisse son cerveau au placard, sous prétexte que l’on cherche simplement du « divertissement » ? Émilien Bernard, l’auteur de la critique pour Article 11, répond donc « non ».

La Bible, quant à elle, exhorte d’« examiner toutes choses », de retenir « ce qui est bon » et de s’abstenir « de toute espèce de mal »(1 Thes.5v21-22)

Mais faut-il se dispenser de lire « Inferno » pour autant ? A chacun de voir. Sachant que la question est plutôt : « comment lis-tu » ?

Néanmoins, « La Rébellution » offre la preuve qu’il est possible de dresser une liste de « lectures de plage »(avec des lectures « sérieuses »)*******, et ce, sans citer « Inferno » !

 

 

 

Notes :

*Théories par ailleurs facilement démontables pour un peu que l’on lise les quatre évangiles, sinon tout le Nouveau Testament (ce que ne fait pas Dan Brown, qui choisit de rejeter les documents historiques sérieux-datant du premier siècle ap JC, époque où les témoins de Jésus sont encore en vie-que sont les 4 évangiles et préférer des documents plus tardifs, écrits longtemps après les faits et donc peu fiables), et pour un peu que l’on ait quelques connaissances raisonnables en histoire, ou que l’on fasse simplement marcher son cerveau. Voir à ce sujet : http://biblio.domuni.org/articleshum/davincicode/ ; http://lci.tf1.fr/cinema/news/dossier-da-vinci-code-page-1-5007436.html ; http://lci.tf1.fr/cinema/news/dossier-da-vinci-code-page-2-5007437.html ; http://lci.tf1.fr/cinema/news/dossier-da-vinci-code-page-3-5007438.html ; http://lci.tf1.fr/cinema/news/dossier-da-vinci-code-page-4-5007439.html ; http://editionscle.com/commerce/catalog/product_info.php?products_id=284 

** Les premières pages et les pages 524-553 essentiellement.
*** « Forgeons un homme meilleur avec Dan Brown », d’Emilien Bernard. Article 11, juillet-août-septembre 2013, p 38.  Un journal dont nous avons déjà parlé ici et . Une critique parmi d’autres : http://journallecteur.blogspot.fr/2013/05/inferno-de-dan-brown-suite-et-fin-en.html ; http://alerte-environnement.fr/2013/06/03/inferno-de-dan-brown-le-malthusianisme-et-lecologisme/

Voir également ici ou ces interviews de Dan Brown.

**** L’économiste britannique Thomas Malthus(1766-1834)fut l’inspirateur d’un courant de pensée pointant le danger d’un développement libre-supposé exponentiel-de la population mondiale. Moralité : si nous ne pouvons avoir de croissance de population infinie sur une planète finie, nous ne pouvons avoir mieux de croissance économique infinie.

***** Sur le transhumanisme : http://www.cnetfrance.fr/news/transhumanisme-en-route-vers-l-homme-augmente-39793020.htm ; http://www.histophilo.com/transhumanisme.php ; http://www.politis.fr/Le-transhumanisme-est-il-encore-un,23236.html ; http://www.slate.fr/life/74165/transhumanisme-clone-numerique-esprit-immortalite ; http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/google-et-les-transhumanistes_3162104_1650684.html ; http://www.reforme.net/une/societe/pensent-protestants-transhumanisme

Avec ces autres « progrès », cela commence à faire beaucoup d’un coup :  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/04/si-les-fils-sont-des-fleches-les-parents-sont-des-arcsstables/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/27/plus-rien-ne-semble-evident-apres-le-mariage-lecriture-le-savoir/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/07/03/ce-nest-pas-la-cupidite-qui-plongea-le-monde-entier-dans-une-crise-financiere-sans-precedent-cest-lintelligence/

****** Edition du 25 mai 2013

*******   http://www.larebellution.com/2013/07/12/le-livre-du-mois-les-recommandations-de-la-reb-team/ ; http://www.larebellution.com/2013/08/12/le-livre-du-mois-les-recommandations-de-la-reb-team-2/