A qui est cet enfant ? Ou donner une éducation qui libère : une mission parentale

Les enfants sont sortis d’Egypte avec leurs parents (Ex.10v8-11). Ils ne devront plus y retourner.

« Mais oui ! Des fils sont la part que donne le SEIGNEUR,
et la progéniture un salaire.
Telles des flèches aux mains d’un guerrier,
tels sont les fils de votre jeunesse.
Heureux l’homme qui en a rempli son carquois !
Il ne perdra pas la face s’il doit affronter
l’adversaire aux portes de la ville ».
(Ps.127v3-5)

 

Intro : l’enfant, un don de Dieu, un héritage, une récompense…

 

« A qui est cet enfant ? » demande-t-on aux parents.

« A moi ! », répond le père ou la mère avec fierté.

Avoir des enfants est en effet une très grande joie. Ne dit-on pas d’une naissance qu’elle est « un heureux événement » ?

«Voici que des enfants sont un héritage de l’Eternel », s’écrie le poète de la Bible, « le fruit du ventre maternel, une récompense » (Psaumes 127v3).

« La postérité du juste sera nombreuse », lit-on dans Job, « et ses descendants comme l’herbe de la terre » (Job 5v25). Et un autre psaume dit que « La femme de l’homme de bien est comme une vigne fertile dans l’intérieur de sa maison ; ses enfants comme des plants d’olivier autour de sa table » (Psaumes 118v3).

Aussi, la joie est grande quand l’enfant paraît, comme l’écrit Victor Hugo : « lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, Se dérident soudain à voir l’enfant paraître, Innocent et joyeux ».

A l’inverse, quand l’enfant fait des bêtises, l’un des parents peut dire à son conjoint « ton fils… », comme Dieu a dit à Moïse « ton peuple ! », au moment de l’épisode du veau d’or !

 

Des missions parentales

L’enfant est donc une joie, un don de Dieu, mais ce don est assorti d’une très grande mission : l’éduquer !

Mais Dieu est bien omnipotent, omniscient : il peut donc tout faire, y compris éduquer mon enfant lui-même ?

En réalité, la toute-puissance de Dieu ne veut pas dire qu’il fait tout : il peut tout faire, mais Sa Toute Puissance le rend libre de faire ou ne pas faire ce qu’il pourrait faire. Par exemple, il ne fait pas l’éducation de nos enfants, puisqu’il charge les parents, à qui il confie les enfants, de cette mission.

C’est une joie et une responsabilité. C’est un mandat parental [nous ne faisons pas que prier pour nos enfants], dont nous rendrons compte à Dieu, puisque nous rendons compte à Dieu de tout ce qu’il confie (nos dons, nos mines, nos talents…).

Cela signifie que l’enfant appartient, d’abord, à Dieu qui le confie à la famille : c’est pourquoi la famille est l’éducateur le plus important. «Chaque famille particulière doit être une petite Église particulière», écrivait Calvin à de jeunes églises françaises. « Le père et la mère sont les apôtres, les évêques et les prêtres de leurs enfants, il n’y a pas d’autorité plus grande et plus noble sur la terre que celle des parents sur leurs enfants », disait Luther.

Eduquer, c’est élever un enfant, l’aider à tirer de lui-même ce qui y est en germe, en sommeil. C’est l’aider à grandir, dans son corps et son âme, et spirituellement. C’est aussi un héritage d’expériences et de valeurs que l’on se transmet d’une génération à l’autre.

Les parents choisissent ensuite de déléguer en partie l’éducation et l’instruction de leur enfant.

Que révèlent nos choix éducatifs et scolaires sur la place que nous donnons à l’enfant ?  Est-il le prolongement de nous-même, ou bien un être à part entière et un futur citoyen de la société dans laquelle nous vivons ?

Vise-t-on l’émancipation, l’affranchissement, de l’enfant, ou le « développement », « l’épanouissement personnel » de l’enfant ?

D’ailleurs, pour éduquer notre enfant, y-a-t-il une méthode ? Laquelle choisir ? Y-a-t-il des « trucs » à connaître ?

L’on peut être tenté de suivre une méthode en vogue, selon la mode du moment, selon l’évolution de la société. Cela aboutira tôt ou tard à l’insécurisation de l’enfant. Or, un enfant insécurisé versera très probablement dans un système tout à fait différent de celui que voulaient les parents.

A partir du moment où l’éducation suit une mode, parce que la mode change, la société change, les valeurs anciennes dépassées, inéluctablement, les parents et les enseignants seront amenés à se contredire .La contradiction dans la famille et à l’école détruit tous les repères de l’enfant. N’ayant plus de repères, ne sachant  plus où se trouve la vérité, l’enfant inventera sa propre vérité à lui tout seul.

D’où la cohérence et la confiance entre parents, entre parents et enfants, entre parents et enseignants/éducateurs. D’où l’importance de bien déléguer, de bien choisir son aide, dans ce soucis de cohérence.

Eduquer : conduire sur un chemin de libération

Il n’y a donc pas de « trucs » mais un principe : L’éducation choisie, préférée, sera alors un chemin vers la libération continue.

Une chose dont les parents doivent se souvenir et le transmettre à leurs enfants, et ce dont les enfants ne doivent jamais oublier non plus :

Les enfants sont sortis d’Egypte avec leurs parents (Ex.10v8-11). Ils ne devront plus y retourner.

Une éducation véritable consiste à se mettre au niveau de l’enfant pour lui enseigner à ne plus rester en Egypte, comme à ne plus retourner en Egypte. L’Egypte, c’est la maison de servitude.

Souvenons-nous : Pharaon avait dit au peuple : « Allez ! Servez le SEIGNEUR, votre Dieu. Mais qui va partir ? Moïse dit : « Nous irons avec nos enfants et nos vieillards, nous irons avec nos fils et nos filles, notre petit et notre gros bétail. Car c’est pour nous un pèlerinage [une fête] en l’honneur du SEIGNEUR. Il leur dit : « Que le SEIGNEUR soit avec vous si je vous laisse partir avec vos enfants ! (…) Ça ne se passera pas ainsi ! Allez donc, vous les hommes, et servez le SEIGNEUR puisque c’est ce que vous cherchez » [mais les enfants resteront ici] cf Exode 10v8-11.

Nous pouvons avoir la liberté de culte, la liberté d’exercer un grand ministère d’évangéliste….mais en laissant nos enfants en Egypte !

Or, les enfants sont sortis d’Egypte avec leurs parents (Ex.10v8-11). Ils ne devront plus y retourner.

L’Egypte, c’est la maison de servitude, c’est « Mitzraïm » ou le pays des étroitesses et des angoisses. La servitude, c’est toute limitation du champ d’actions. La liberté, à l’inverse, est la possibilité d’actions, « un champ ouvert », l’aptitude à vouloir, être et faire.

Les parents ont fait l’expérience de la servitude en Egypte. Dieu les préparait en réalité pour les rendre aptes à Le servir, pour un service intelligent et spirituel. En effet, celui qui est habitué à faire tout ce qu’il veut, « comme il aime » (et « s’il n’aime pas, il ne fait pas »), aura du mal à servir Dieu et à obéir à ses commandements.

Les parents ont également fait l’expérience de leur libération par Dieu. Mais le jour de leur sortie d’Egypte, le peuple n’était pas totalement libre. Ils pensaient avoir le temps de voir leur pâte fermenter, mais Pharaon les mit dehors. Pourquoi Dieu permit-il que Pharaon les chasse sans leur laisser le choix ? Parce qu’étant esclaves, ils n’avaient pas l’habitude de prendre des décisions par eux-mêmes. Si Pharaon leur avait donné le choix de partir ou de rester, beaucoup d’entre eux auraient eu du mal à se décider. Si Dieu n’avait pas fait sortir le peuple d’Egypte, ce dernier aurait été encore esclave, ainsi que les enfants et les petits-enfants, à Pharaon en Egypte.

Une éducation véritable consiste à enseigner à ne plus rester en Egypte, comme à ne plus retourner en Egypte.

Par la suite, le peuple a appris à vivre la vraie liberté.

Dieu leur a donné les 10 commandements, les 10 Paroles. Il est intéressant de constater que la première des « 10 Paroles », dans Exode 20v2 et Deutéronome 5v6, est justement le rappel d’une libération : « C’est moi le SEIGNEUR, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude ». Suivent ensuite les commandements de Dieu à suivre pour vivre cette libération. Nous sommes donc invités à entendre chacune des « Paroles » de Dieu comme étant précédé par la libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte…et toi, « tu n’auras pas d’autres dieux face à moi »…(Ex.20v1-3)

Les parents ont ainsi à donner un exemple d’une vie libérée, eux qui ont été libérés par Dieu, pour lui appartenir en propre et être libres de Le servir (= le culte spirituel).

L’Education = « loi et évangile » en ce qu’elle est exigence et promesse, recadrage et encouragement.

L’éducation est cet apprentissage, non pas tant de la liberté, mais de la libération, marche dynamique,  dont l’événement fondateur est la libération en Jésus, dont le nom Yéshouah signifie « Dieu sauve, Dieu élargit » : élargissement des champs du possible, passage de la servitude amère de l’esclave au service d’amour du fils.

Servir Dieu n’a rien à voir avec le fait de suivre aveuglément les ordres de son propriétaire, qui décide de tout à sa place, comme pour un animal. Dieu donne la vraie liberté en apprenant à bien choisir : « voici devant toi la vie et le bien, la mort et le mal, et tu choisiras la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité » (Deut.30v15-19).

La liberté véritable, on l’a vu avec Dieu, est de décider de ne pas faire tout ce que l’on peut faire.

Ainsi, l’éducation vise à conduire l’enfant à comprendre qu’il n’est pas tout puissant, qu’il n’est pas le centre du monde, et à renoncer de lui-même à l’illusion de la toute-puissance. Elle fait passer de l’égocentrisme à l’ouverture à l’autre, à l’amour : « tu aimeras l’Eternel ton Dieu et ton prochain, comme toi-même ».

L’enfant n’est pas le centre du monde, et pas le centre de la famille.

Celui qui est à la première place, pour le parent = Dieu

Celui qui a la seconde place = le mari/l’épouse

Celui qui a la troisième place = l’enfant, qui, d’ailleurs, devra « sortir » un jour.

Il est déjà « sorti » du ventre de sa mère, comme le peuple « est sorti » du ventre confortable de l’Egypte (où l’on décide de tout pour vous). La sortie fut une naissance, la naissance d’un peuple et d’une destinée, dans le but de « porter une annonce », c’est-à-dire, pour servir Dieu, être un peuple de témoins de Dieu, pour proclamer et affirmer la bonne nouvelle : « le règne de Dieu s’est approché ».  

De même, l’enfant devra sortir du giron familial pour entrer dans sa destinée : S’attacher à Jésus, Son Seigneur et le suivre, le servir ; être une lumière pour d’autres. Nous voulons tous cela pour nos enfants.

« Telles des flèches aux mains d’un guerrier, tels sont les fils de votre jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois ! », avons-nous lu dans le psaume 127.

Mais si les fils sont « des flèches », les parents sont « des arcs ». Les parents sont des arcs par qui leurs enfants, tels des flèches vivantes, sont projetés pour atteindre leur but, le but de Dieu pour leur vie.

Ayons la pensée de Dieu, pour discerner, avec joie, le but de Dieu pour leur vie.

 

 

 

Comment savoir si tu es retourné en Egypte

Un étonnant tract, plutôt bien vu, de la CGT(“Christ Gloire à Toi” ?)

(La citation de la semaine) « Si tu ne te reposes pas le 7ème jour, c’est que tu es retourné en Egypte ! »  

Textes bibliques :

« le Seigneur vous a dit : non, vous ne retournerez plus par cette route [vers l’Egypte, ce pays où tu étais esclave 24/7] ! » (Deut.17v16)

« Qu’on garde le jour du sabbat pour le sanctifier, comme le SEIGNEUR ton Dieu te l’a ordonné. Tu travailleras six jours, faisant tout ton ouvrage, mais le septième jour, c’est le sabbat du SEIGNEUR ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’émigré que tu as dans tes villes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. Tu te souviendras qu’au pays d’Egypte tu étais esclave, et que le SEIGNEUR ton Dieu t’a fait sortir de là d’une main forte et le bras étendu ; c’est pourquoi le SEIGNEUR ton Dieu t’a ordonné de pratiquer le jour du sabbat ». (Deut.5v12-15)

Un message pour Pâque : « sortez maintenant de vos Egyptes et de vos servitudes », crie Dieu

Démarque-toi ! Sors de tes « Egyptes » et de tes servitude !
(Source : une du numéro 12, sept.2002 de « La Décroissance »)

Lecture : Esaïe 58v6-12

Dieu, dans son souci d’être compréhensible et proche de nous, se présente exactement comme nous :
— Je suis… et je fais ça…
Quand vous vous adressez à lui, quand vous priez, en somme, cela se passe de la façon suivante : [c’est vous qui commencez]
— Bonjour, à qui ai-je l’honneur ? dites-vous.
— Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude, dit Dieu.

Les présentations sont faites, on peut commencer à bavarder.
L’être de Dieu se joue donc dans un « Je suis » qui n’est pas qu’un prénom (son prénom à lui : l’Éternel) ou une fonction (Dieu), mais tout cela à la fois et même un petit peu plus :
— Je suis l’Éternel ton Dieu.
— Et dans la vie, ça fait quoi un Dieu ?
— Eh bien ça libère son peuple du pays d’Égypte, de la maison de servitude.
— Et, vous faites ça souvent ? Une fois que le travail est fait, vous devez être tranquille ?
— Figurez-vous, répond Dieu, que le problème, c’est qu’il faut sans cesse sortir d’Égypte : Jacob a dû sortir d’Égypte, Joseph le patriarche a dû sortir d’Égypte, Moïse a dû sortir d’Égypte, Jésus même a dû sortir d’Égypte. Mon peuple a un éternel besoin de sortir d’Égypte.
N’est-ce pas étonnant ce schéma transversal, valable pour tous : sortir d’Égypte ! (…..) Mais comme vous le savez, Dieu ne se contente pas seulement de l’Égypte géographique, mais plutôt de ce que certains ont appelé l’Égypte intérieure. Il nous faut sortir de tous les esclavages, de toutes les servitudes (…) des panthéons de tous les temps. Il y a une urgence à être sauvé du polythéisme pratique. Et la trajectoire du Dieu d’Israël, c’est de nous libérer de toutes les pyramides, celles que l’on doit construire sous un soleil de plomb ou ces pyramides, futiles et subtiles, de nos sociétés hiérarchiques et hiératiques.

Le Dieu de Moïse, le Dieu d’Israël et le Dieu de Jésus Christ est bien le même Dieu, il n’est pas un quarteron de divinités naturelles, instrumentalisées par les pouvoirs humains pour que règnent les régnants, pour que triomphent les forts, pour que s’élèvent des Khéops et Kephren qui sont les tombeaux des idoles, les tombeaux des impérialismes, et les tombeaux de la liberté.

— Sortez d’Égypte ! crie Dieu depuis la création du peuple.
— Sortez d’Égypte ! de toutes vos Égyptes et de toutes vos servitudes.
— Sortez maintenant, ne pensez pas que la pâte ait le temps de lever et de cuire avant de partir, partez maintenant.
Désormais s’ouvre le temps du salut, le temps de la sortie, de la course devant tous les Ramsès de tous les temps. Et cette libération, c’est maintenant. C’est toujours maintenant. C’est maintenant depuis trois mille deux cents ans. Car Dieu ne supporte plus de voir son peuple esclave, esclave des petits tyrans locaux, esclaves des prêtres de toutes religions, esclaves des bonnes consciences de tous les temps, esclaves des projets pharaoniques d’hommes qui se mettent à la place de Dieu.
— Sortez d’Égypte ! C’est moi qui vous libère de l’esclavage.

Libérer les esclaves est désormais la tâche première des croyants. C’est une tâche hautement politique et franchement spirituelle. C’est une tâche extrêmement pratique et totalement urgente puisque c’est maintenant, maintenant, et toujours maintenant, depuis l’Exode.

Voilà le vrai culte, voilà ce qui plaît à Dieu :
— Détache les chaînes de la méchanceté, 
Dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug, [et tant d’autres choses encore].

Le culte qui plaît à Dieu n’est pas de lui élever des pyramides ou de le nommer avec des superlatifs comme en attendent les pontifes. Le culte qui plaît à Dieu se trouve dans l’abaissement de ceux qui rejoignent les esclaves pour contribuer à rompre leurs chaînes. Parce qu’on ne peut pas les regarder de haut et les appeler à la liberté, puisque Dieu lui-même est descendu des hauteurs célestes où l’humanité voulait le confiner, afin de libérer ses enfants enchaînés.
En tant que chrétiens, nous avons reçus l’assurance d’être accueillis comme enfants de Dieu. « Voici mon Fils bien-aimé en qui je mets toute mon affection » (Matthieu 3:17). Vous êtes enfants d’un Dieu qui hurle chaque jour à son peuple : « Sortez d’Égypte ! maintenant ! Traversez ! ». Vous êtes les traversants, ceux qui viennent de l’autre côté, ceux qui passent sur l’autre rive : et en hébreu, ça se dit hibry, les hébreux, hibry, ceux qui vont passer leur temps à traverser de l’esclavage à la liberté, de la servitude au service. Vous êtes ceux qui ont leur esclavage derrière eux car ils ont changé de bord. Oui, nous tous, nous sommes les enfants de la libération, nous sommes le peuple qui a été expulsé de la matrice totalitaire qui veut tout régenter à toutes les époques. Nous sommes les enfants qui sont nés d’une expulsion hors du ventre confortable de l’Égypte, de cette Égypte où rien n’est à désirer, rien n’est à vouloir, puisqu’on décide de tout pour vous. Nous sommes les enfants du Dieu de Moïse, de ceux qui traversent miraculeusement pour naître à leur destinée, un peuple qui ose sortir quand la Mer(e) Rouge a perdu les eaux. Nous sommes enfin le peuple de ceux qui sont passés par les eaux vivifiantes du baptême qui nous a fait naître.
Le Dieu de Moïse, le Dieu de Jésus, votre Dieu, mon Dieu, est celui qui tient les clefs de toutes nos libertés, de toutes nos libérations. Et à des français, à ce peuple occidental qui a été le plus marqué par l’égyptomanie, celle de Louis XIV, celle de Napoléon ou des loges maçonniques, Dieu continue à dire :
— Sortez d’Égypte, même quand elle ne s’appelle plus Égypte !
A nous qui sommes sur l’axe de l’obélisque, de la pyramide transparente et des sarcophages sous la colonne de juillet, Dieu dit :
— Continuez à sortir d’Égypte, surtout si elle s’est donné un autre nom. Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir, qui t’ai libéré de la maison de la servitude.
Au peuple qui a pensé pouvoir sortir d’Égypte en coupant lui-même la tête de ses rois, Dieu dit : « Sortez d’Égypte, mais comme je l’ai voulu, selon mes façons de faire, mes procédés, dans le refus de la violence. C’est moi qui tiens la clef de votre libération et de votre liberté ».

En hébreu, Égypte se dit Mitzraïm, et ce mot veut aussi dire « les angoisses, la dépression » (….) c’est au peuple qui consomme le plus d’antidépresseurs au monde que le Dieu de Moïse et de Jésus rappelle que c’est lui qui détient la posologie de notre libération : « Je suis l’Éternel ton Dieu qui te fais sortir du pays des angoisses, je suis l’Éternel ton Dieu qui te libère du pays de la dépression ; et c’est moi qui le fais ».

Oui, Dieu nous sauve de tous les esclavages, et c’est tellement dans son projet pour nous qu’il a même décidé de l’inscrire jusque dans le nom de son fils, afin que nul ne puisse oublier que son plaisir, sa délectation n’est pas dans nos pieux épanchements ou dans nos bâtons d’encens, mais dans notre capacité à nous inscrire dans son projet de libération. C’est pour cela que le Fils de Dieu s’appelle du beau nom de Jésus. Yéshouah, Dieu sauve, Dieu élargit. Dieu sauve et élargit comme on le fait pour un esclave qu’on sauve et qu’on élargit quand on le libère. Ce projet n’est pas pour un peuple lointain du nôtre dans le temps ou dans l’espace. Ce projet de Dieu est pour nous qui sommes ici maintenant. Alors sortons d’Égypte ! Maintenant !
Amen !

 

(D’après la prédication donnée par le pasteur Gilles Boucomont l’été 2005 au Temple du Marais, à Paris. Dispo sur un « blog vraiment net »)

 

 

Ceux qui exploitent tes bas instincts : vivraient-ils si on leur retirait leurs griffes ?

« …vous devenez les esclaves du maître auquel vous obéissez… »(Rom.6v16)

Ne tournons pas autour du pot.

Nous avons à lutter contre trois fléaux :

-L’ignorance(et l’oubli-celui de l’histoire, par exemple-et donc la réécriture de l’histoire-la bêtise)

-L’avidité(et le mécontentement, la frustration, la convoitise, « la cupidité-qui est une idolâtrie »-le « no limit », le « toujours plus »…)

-La peur(de l’avenir, des autres, de l’autre…)

Nous sommes avant tout responsables de nourrir en nous(ou non) ces trois fléaux.

Laisser quiconque nourrir ou exploiter ces fléaux(ou en permettant à quiconque de vivre de cette exploitation sur votre dos) est dangereux. Car c’est laisser là un grand pouvoir à ce quiconque exploite ces fléaux en vous.

C’est laisser là à ce quiconque le pouvoir de vous manipuler*. C’est laisser à ce quiconque le pouvoir de se poser en « pourvoyeur » ou en « sauveur », « homme fort », « homme providentiel ». Néanmoins, un tel « chef » (ou « pourvoyeur »)fera toujours en sorte que vous restiez insatisfaits et dépendants.

Ces trois fléaux sont dangereux, car les nourrir conduit à l’irrationnel(une mauvaise décision que vous ne prendriez pas dans un état « normal », de raison) ainsi qu’à faire sauter les verrous moraux et spirituels.

Arrêtons-nous et demandons-nous pourquoi rester dans l’ignorance, l’avidité et la peur ? D’où tirons-nous ce qui nourrit l’ignorance, l’avidité et la peur ?

Arrêtons-nous et réfléchissons un peu : de telles « sources »(personnalités, organismes/associations/groupes/partis politiques, médias papiers ou « webzine »…) vivraient-elles, si on leur retirait leurs griffes, leur « aiguillon »(leur pouvoir de nourrir l’ignorance, l’avidité, la frustration, la peur, la haine de l’autre…)….c’est à dire leur moyen de subsistance ?

De quoi te nourris-tu ? Qui fais-tu vivre ?

A l’inverse, le véritable libérateur est celui qui affranchit.

Il a un nom : Jésus-Christ.

Il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs(Marc 10v45).

Contre l’avidité : Il a par ailleurs refusé d’exploiter les besoins et convoitises humaines, et ainsi d’exercer un pouvoir sur les hommes.

Contre l’oubli : Il laisse un souvenir, afin que celui qui a été libéré par Jésus se souvienne d’où il vient et qu’il est un homme libre.

Contre la peur : Il a vaincu celui qui exerçait son pouvoir par la peur.

Tu appartiens à Christ. Tu portes Son nom : tu es chrétien. « Petit Christ ».

Tu es aujourd’hui porteur d’un message libérateur et d’espérance. Tu es un témoin.

« Lumière du monde » et « sel de la Terre », tu es envoyé, pour réveiller en chacun, non pas les bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien**.

 

 
Notes :

* A ce sujet, on citera le (faussement nommé)« Institut pour la justice », dont les pétitions exploitant l’émotion suscitée par un drame ou une injustice(si cela, ce n’est pas de la manipulation…)fleurissent sur internet.  Je dis « faussement », car il s’agit d’une association et non d’un « institut ». Déjà avant l’actuelle pétition contre le « laxisme » de la ministre de la justice TAUBIRA : http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/11/12/Attention-manip-:-le-pacte-2012-de-l-Institut-pour-la-Justice ; http://www.slate.fr/story/46557/ipj-institut-pour-la-justice-pacte-2012 ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_pour_la_justice#cite_note-la_croix15.2F02.2F11-16 ; http://www.rue89.com/2011/11/18/institut-pour-la-justice-hold-droite-sur-les-victimes-226627 ; http://lescoulissesdelinfo.blogspot.fr/2011/11/linstitut-pour-la-justice-vraie.html

Par ailleurs, ce genre de pétition apparaît toujours(comme par hasard) à l’approche d’échéances électorales. Ici, les municipales de 2014.

On rappellera enfin, pour mémoire, que plus de 40 lois dites « sécuritaires » ont été votées en 10 ans.

** Citation(malheureusement perdue) d’une bloggueuse à propos du Tigre magazine. J’ai trouvé que cela pouvait coller pour ceux censés rechercher et disposer du don de discernement(cf 1 Cor.12)

« Souviens-toi…que tu es un homme libre ! »

Le premier empereur chinois Chi Hoang Ti (260-210 av JC) se rendit célèbre en faisant construire la fameuse grande muraille de Chine.

Ce que l’on sait peut-être moins, c’est qu’il fit d’abord brûler tous les livres publiés antérieurement à son règne, à l’exception des ouvrages « pratiques », tels les traités de médecine, d’agriculture et de divination .

Cette stratégie redoutable, qui vise à asservir un peuple tout en cherchant à effacer le passé et l’histoire,  n’est pas vraiment nouvelle. En effet, le livre de l’Exode nous apprend qu’au temps où le peuple d’Israël, installé en Egypte depuis Jacob, se multiplia au point d’en remplir le pays(1v7), il s’éleva un nouveau pharaon. Celui-ci « n’avait point connu Joseph »(Ex.1v8), qui avait pourtant sauvé l’Egypte de la famine(Gen.41). Se sentant donc menacé par un peuple qui, jusque-là, fut une bénédiction pour l’Egypte, ce pharaon décide de recourir à la ruse, afin d’empêcher Israël de continuer de grandir et de prospérer au milieu des égyptiens(Ex.1v9-10) : il commence par réduire le peuple d’Israël en esclavage, l’accablant de corvées(v11, 13-14), avant d’ordonner la mise à mort de tous les premiers-nés mâles des israélites !(v15-16, 22)

Un enseignement pour chaque nouvelle générationEnfant par Alejandro Lizardo

Un enseignement pour chaque nouvelle génération
Enfant par Alejandro Lizardo

Il est possible de tirer de ce récit une application spirituelle et personnelle, pour chacun de nous encore aujourd’hui. Parce que les chrétiens, supposés « être dans le monde, sans être du monde » (Jean 17v11,14-16), constituent « le sel de la terre » et « la lumière du monde »(Matt.5v13-16), l’ennemi de nos âmes, utilise les mêmes ruses que ce pharaon d’Egypte :

Etouffer toute conscience d’identité en Christ, en occupant les esprits aux affaires-parfois légitimes- de ce monde(lire Matt.13v22). On parle de la spirale « métro-boulot-dodo » qui ne laisse plus  guère le temps de se consacrer à son conjoint et à ses enfants, encore moins de développer notre intimité avec Dieu.

Effacer le témoignage de Dieu, de Christ, rendu sur Terre(Lire Jér. 11v18-19 et Ps.83v2-4). La mort des nouveaux-nés(voir le crime d’Hérode, en Matt.2v16), et la tentative du roi de Sodome, en Gen.14v21(« prends les biens et laisse-moi les personnes » ) nous parlent de la menace que fait peser l’ennemi sur la jeune génération et les enfants, afin d’ empêcher ceux-ci de connaître Jésus-Christ et d’être de futurs témoins pour Lui. Pensons également aux projets, aux appels du Seigneur, qui peuvent être étouffés par d’autres « priorités »…

Face à un ennemi qui s’efforce d’étouffer et d’effacer, il est intéressant de constater, qu’à l’inverse, Dieu juge essentiel de nous exhorter de ne pas oublier, tout en nous commandant de nous souvenir. Une exhortation qui peut paraître étrange, tant la logique serait de regarder vers l’avenir et non vers le passé.

N'oublie pas ton ancien état !Pieds dans les chaînes par George Hodan

N’oublie pas ton ancien état !
Pieds dans les chaînes par George Hodan

1)Ne pas oublier…« Seulement, prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton cœur… »(Deut.4v9 et v23). Dans le Pentateuque, Dieu  rappelle constamment la délivrance d’Egypte à son peuple. Le décalogue commence ainsi : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude » (Ex.20v1-2). De ce rappel de la libération semble découler tout le reste des commandements de Dieu(v3-17) : Dieu nous rend libres et nous offre la possibilité de vivre dans la liberté une nouvelle relation avec Lui. Dans ce cadre, il s’agit pour le peuple de ne pas oublier « d’où il vient » et « de qui il tient » le bon pays où il s’est installé, afin de vivre cette libération.

a)D’où l’on vient : pour le peuple d’Israël, ne pas oublier son passé d’esclave permet de ne pas retomber dans l’esclavage. En effet, oublier ce qu’avait été la vie en Egypte et ne retenir que ses « plaisirs »(« Le poisson, les concombres, les melons…» cf Nombres 11v5), c’est perdre de vue combien la servitude y était dure. De même, pour nous chrétiens, se voiler la face concernant le vrai visage d’un monde sans Dieu fait paraître ce dernier bien plus séduisant. A l’inverse, ne pas oublier notre nature pécheresse permet de « mieux nous voir » pour mieux réaliser que nous avons besoin quotidiennement de Dieu. La confession de nos manquements est ainsi le préalable nécessaire au maintien d’une communion saine et véritable avec le Seigneur (Lire1 Jean 1v6-9).

b)De qui l’on tient le pays promis : Le peuple introduit dans le pays promis devait se garder de ne pas oublier Dieu, une fois dans l’abondance : « Lorsque tu mangeras et te rassasieras, garde-toi d’oublier l’Éternel, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte…»(Deut.6v12-14) Il devait se souvenir que les bénédictions ne dépendaient pas de son travail, puisqu’il était entré en possession d’un pays cultivé déjà depuis des siècles par d’autres. Parce que l’on a pu être richement béni, on court le risque de se focaliser sur les seuls dons et d’oublier le donateur. Oublier que Dieu tient et a tenu ses promesses, c’est non seulement perdre de vue la fidélité de Dieu à notre égard, mais aussi faire preuve d’infidélité envers Lui.

En nous exhortant « de ne pas l’oublier », Dieu nous commande également « de nous souvenir » de Lui, parce que :

 

....et souviens-toi que tu es un homme libre !Heureux l'homme par Anna Langova

….et souviens-toi que tu es un homme libre !
Heureux l’homme par Anna Langova

2) Se souvenir conduit à la liberté : en effet, le souvenir n’a pas pour seul but de nous concentrer sur le passé d’esclave,  c’est aussi un regard vers l’avenir. Il nous permet de vivre le présent, en homme libre que nous sommes devenus. Se souvenir conduit aussi, surtout, à garder une relation réelle et intime avec celui dont on se souvient, et de mettre en pratique ce qu’il dit. Pour nous, chrétiens, cela implique, au quotidien, de :

a) Se souvenir de notre libérateur et de son œuvre rédemptrice.

Déjà, l’israélite, béni dans ses récoltes, devait rappeler à la fois son passé d’esclave et la puissance divine qui l’avait délivré pour l’introduire dans le bon pays promis, avant d’offrir à Dieu les prémices de ses récoltes(Deut.26v1-10). De même, pour nous aujourd’hui, il s’agit de nous souvenir que notre nouvelle vie n’a été rendue possible uniquement parce le Seigneur Jésus a expié notre péché à la croix. Dans ce cadre, la célébration de la Sainte Cène a cette importance : tout en nous souvenant de la personne de Christ, de son œuvre expiatoire à la croix et de sa résurrection(1 cor.11v23-26), nous lui exprimons notre reconnaissance, en Lui rendant gloire, et manifestant notre désir de le suivre.

b)Se souvenir de « qui nous sommes en Christ »

Il est possible de perpétuer un souvenir sans que cela soit une réalité pour nos vies. Ainsi, dans Jean 8v31-47, lors du dernier jour de la fête des tabernacles, le Seigneur Jésus promet la liberté à ceux qui ont cru en Lui (v31-32).  Cette merveilleuse promesse provoque une violente réaction de rejet de la part des juifs, pourtant croyants mais oublieux de leur passé d’esclaves, alors qu’ils vivaient sous domination romaine et qu’ils célébraient justement la fête de leur libération !(v33) Se souvenir sans application réelle et concrète dans nos vies, c’est courir le risque de voir ce souvenir « tourner à vide », du fait de la perte de son sens et d’un aveuglement sur notre propre état spirituel.

A l’inverse, un véritable souvenir qui a du sens entraîne à vivre les conséquences pratiques de la mort et de la résurrection de Christ.  Nous sommes conduits, une fois libéré de l’esclavage du péché, à prendre conscience de notre identité en Christ(nous sommes « morts et ressuscités»…« une nouvelle création », selon Rom. 6v6 et 2 Cor.5v17), et donc à marcher constamment, par la foi, dans cette liberté, à agir en conséquence, par la nouvelle vie qu’Il nous a donnée :

 « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude »(Gal.5v1)