Relisons ensemble l’épître « aux Ephésiens »

Depuis quelques temps, il me semble que tout semble converger-ou inciter-à (re)lire et (re)découvrir l’épître de Paul dite « aux Ephésiens ».

Ce constat vient notamment 1)de préoccupations personnelles récurrentes relatives à la façon dont nous sommes censés vivre en tant qu' »expression locale du corps de Christ »(soit la vie de l’église locale) ; 2)de la relecture(répétée et encore récente) d’articles* relatives à cette lettre, ainsi que 3)du choix de mon pasteur d’étudier « Ephésiens » pendant toute l’année lors des cultes du dimanche. Ce n’est sans doute pas « un hasard ». Ou alors « un hasard avec un grand D ».

Que nous enseigne cette épître ?

Déjà, il s’agit d’une des lettres dites « de la captivité de Paul »(avec Philippiens, Philémon et Colossiens). Ensuite, une remarque, concernant l’intitulé et l’adresse de cette épître particulière impersonnelle : plusieurs manuscrits(et des meilleurs)laissent d’ailleurs « en blanc » la mention du destinataire (« aux Ephésiens »)dans la salutation(1v1). De quoi donner à penser que l’épître de Paul, dite « aux Ephésiens », ne serait pas vraiment(ou exclusivement)adressée « aux Ephésiens »**, mais qu’il s’agirait en réalité d’une sorte de lettre circulaire adressée aux église d’Asie mineure. Elle s’adresse à l’Eglise universelle ou au corps de Christ, composé de tous les croyants en Christ. Vous pouvez donc tout à fait la lire aujourd’hui, comme si elle était adressée à votre propre communauté(« A l’église-ou « aux Saints »-réunie à Paris, Lyon, Marseille », etc…) Une lettre actuelle, donc.

Quel est son contenu ?

Son thème central est « le mystère de Dieu » pour le salut du monde, voilé durant les siècles, accompli en Christ, et maintenant révélé, « déployé » dans l’Eglise. Paul n’écrit pas en réaction contre des fausses doctrines(à l’instar de l’épître aux Colossiens ou aux Galates), ou pour répondre à des questions(Corinthiens), mais pour transmettre un exposé de la doctrine, des vérités divines, pour consolider la foi des croyants.

Une épître courte et dense, riche en enseignements, à une époque où ce qui est « doctrinal » semble actuellement dévalorisé au profit de « l’expérience », et tout à fait cohérente.

Elle est aussi très bien structurée : On relève une première partie(ch.1-3) sur Dieu(le « Dieu trinitaire » cf ce que l’on y apprend de Christ et du Saint-Esprit, par exemple : wow !), ce qu’Il a fait(voir les verbes d’action du ch.1 le concernant, et ce qui nous reste à « faire », de notre côté), l’Eglise, notre position en Christ, ainsi que sur ce à quoi nous sommes prédestinés et ce pourquoi nous avons été adoptés(Eph.1v1-12). Suit une seconde partie(ch.4-6), relative aux applications pratiques de ce qui précède et que l’on pourrait résumer en gros : « vous êtes[et vous savez pourquoi], soyez », ou « vivez comme tels ». Ainsi : ne cherchez pas à « faire »(ou à « fabriquer »)l’unité : « vivez (dans) l’unité » ou « gardez l’unité »(Eph.4v3. Comp. avec 2v11-19) ; ou ne cherchez pas à « faire pour être »… « des enfants lumière », mais « marchez comme des enfants de lumière », produisant « le fruit de la lumière »(Eph.5v8-9). « Soyez » ou « ne soyez pas », non parce que « ce serait bien » ou parce que « ce serait mal », mais parce que « c’est ce que vous êtes », ou parce que « c’est contre-nature ». Et vivez, non pas de manière individuelle, individualiste, mais dans la communion, l’amour, la réciprocité…

Un élément marquant, pour moi, aujourd’hui, dans cette lettre : aux chapitre 1-2, il est fait question des « richesses infinies » de Dieu, réservées et au bénéfice, non pas d’une personne, ou d’un petit groupe de personnes, mais de toute la communauté. Face à ces « richesses infinies »(célestes, spirituelles), quelle attitude devons-nous adopter, nous croyants ? Sera-t-elle différente de celle que nous devons adopter ou manifester, face aux « richesses(ressources) finies »(ou terrestres) ? Comment manifesterons-nous ainsi le caractère de Dieu, marqué par l’abondance, la générosité, la sagesse et la justice ?

En étant de « bons (et fidèles) intendants des diverses grâces de Dieu », servant les autres et non nous-mêmes ! (1 Pie.4v10. Comp. avec Marc 6v43-44)

 

 

Notes :

* « Connaître le Dieu trine »(prédication pêchée sur le blogue « Théologeek ») et « voler et copier dans le cadre de la communauté »(article auquel je fais référence ici)

**Ephèse, une cité grecque d’Asie mineure dont la fortune ou la prospérité semblait venir de toute une industrie au service de la déesse Artémis(ou Diane). Comparer avec Actes 19.

« Cela s’appelle l’Eglise… »

Simple constat : l’Eglise est l’une des vérités(un « mystère » dans la Bible, cf Ephésiens)les plus attaquées et discréditées de nos jours, à l’instar du mariage. Et ce, « au profit » de « spiritualités » individualistes aux effets précarisants(une image tirée de la nature : le loup cherche en général à isoler la brebis la plus faible du troupeau. Certainement pas pour l’aider à « se réaliser »…cf Ezech.34, Eph.4v11-16, Jean 10…). Ce n’est certainement pas un « hasard », comme ce n’est certainement pas un « hasard » que Dieu(me semble-t-il)nous invite à reconsidérer ce qu’elle est et ce qu’elle-en tant que telle-nous enseigne.

(Re)découvrons donc aujourd’hui ce que Dieu Lui-même nous en dit dans Sa Parole, par exemple, dans l’épître aux Ephésiens(déjà signalée plus haut), notamment ce qu’elle est pour le Seigneur Jésus-Christ, qui l’a suffisamment aimée au point de donner sa vie pour elle(Eph.5v22-33)-et donc, ce qu’elle doit être pour nous. Relisons également la première épître aux Corinthiens(chapitre 12v12-27, par exemple), la première épître à Timothée(chapitre 3v15), Actes 2 à 4, etc…

Testons-nous également : lorsque nous parlons de l’Eglise, dans nos conversations(à table, par exemple), comment en parlons-nous ? Comment la voyons-nous ? Avec quel regard ?

Enfin, dans le but d’alimenter la réflexion, voici ce qui me paraît être une belle image de l’Eglise : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/06/03/de-toutes-nos-forces-aimons-notre-dieu/

Avec cet autre excellent billet, à l’angle original, où l’on apprend que l’Eglise-loin d’être une déception-est « cette bonne nouvelle » :

http://www.theologeek.ch/2014/08/15/leglise-bonne-nouvelle/

 

Sur ce, bonne soirée de dimanche !

Quand lire l’étiquette ou l’emballage ne suffit plus

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/10000/nahled/2614-1275330318vcZV.jpg Un "chrétien d'étiquette" : ça n'emballe pas !

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/10000/nahled/2614-1275330318vcZV.jpg
Un « chrétien d’étiquette » : ça n’emballe pas !

Un geste écocitoyen simple consiste à lire les emballages des produits alimentaires que l’on achète.

Or, depuis le scandale de la découverte de la présence de viande de cheval dans des lasagnes pourtant étiquetées « pur boeuf », ce geste ne suffit plus.

De même, il ne suffit pas de revendiquer une étiquette « chrétienne », même s’il est toujours délicat d’affirmer qu’un tel n’est pas un « vrai » chrétien et donc susceptible d’être un « faux/mauvais chrétien ».

Pourtant, deux principes contenus dans la Bible, la Parole de Dieu(pour peu qu’on prenne la peine de la lire, et « pas en diagonale »), devraient nous aider à y voir clair :

« Dieu est amour »(cf 1 Jean 4v8) : on devrait donc reconnaître ses enfants comme ceux qui aiment(cf v7), comme on devrait reconnaître les disciples du Seigneur Jésus-Christ(ou ceux qui se revendiquent comme tels) « à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres »(Jean 13v35).

« Et en ceci est l’amour »(le vrai) : « non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés ». (1 Jean 4v10)

« Dieu est lumière et il n’y en a en Lui aucune ténèbres »(1 Jean 1v5) : Dieu ne triche pas, ne fait pas de compromis, ne se contredit pas avec Lui-même, et n’estime pas que « la fin justifierait les moyens ». On devrait donc reconnaître ses enfants(ou ceux qui déclarent Lui appartenir) comme « les « enfants de lumière », « marchant comme les enfants de lumière » qu’ils sont censés être et pratiquant « le fruit de la lumière : bonté, justice, vérité ».(Eph.5v8-9)

« Celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu. »(Jean 3v21).

On ne saurait avoir l’un(l’amour) sans l’autre(la lumière), les deux étant indissolublement liés. Car « Celui qui dit qu’il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres. »(1 Jean 2v9 et ss)