A qui est cet enfant ? Ou donner une éducation qui libère : une mission parentale

Les enfants sont sortis d’Egypte avec leurs parents (Ex.10v8-11). Ils ne devront plus y retourner.

« Mais oui ! Des fils sont la part que donne le SEIGNEUR,
et la progéniture un salaire.
Telles des flèches aux mains d’un guerrier,
tels sont les fils de votre jeunesse.
Heureux l’homme qui en a rempli son carquois !
Il ne perdra pas la face s’il doit affronter
l’adversaire aux portes de la ville ».
(Ps.127v3-5)

 

Intro : l’enfant, un don de Dieu, un héritage, une récompense…

 

« A qui est cet enfant ? » demande-t-on aux parents.

« A moi ! », répond le père ou la mère avec fierté.

Avoir des enfants est en effet une très grande joie. Ne dit-on pas d’une naissance qu’elle est « un heureux événement » ?

«Voici que des enfants sont un héritage de l’Eternel », s’écrie le poète de la Bible, « le fruit du ventre maternel, une récompense » (Psaumes 127v3).

« La postérité du juste sera nombreuse », lit-on dans Job, « et ses descendants comme l’herbe de la terre » (Job 5v25). Et un autre psaume dit que « La femme de l’homme de bien est comme une vigne fertile dans l’intérieur de sa maison ; ses enfants comme des plants d’olivier autour de sa table » (Psaumes 118v3).

Aussi, la joie est grande quand l’enfant paraît, comme l’écrit Victor Hugo : « lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, Se dérident soudain à voir l’enfant paraître, Innocent et joyeux ».

A l’inverse, quand l’enfant fait des bêtises, l’un des parents peut dire à son conjoint « ton fils… », comme Dieu a dit à Moïse « ton peuple ! », au moment de l’épisode du veau d’or !

 

Des missions parentales

L’enfant est donc une joie, un don de Dieu, mais ce don est assorti d’une très grande mission : l’éduquer !

Mais Dieu est bien omnipotent, omniscient : il peut donc tout faire, y compris éduquer mon enfant lui-même ?

En réalité, la toute-puissance de Dieu ne veut pas dire qu’il fait tout : il peut tout faire, mais Sa Toute Puissance le rend libre de faire ou ne pas faire ce qu’il pourrait faire. Par exemple, il ne fait pas l’éducation de nos enfants, puisqu’il charge les parents, à qui il confie les enfants, de cette mission.

C’est une joie et une responsabilité. C’est un mandat parental [nous ne faisons pas que prier pour nos enfants], dont nous rendrons compte à Dieu, puisque nous rendons compte à Dieu de tout ce qu’il confie (nos dons, nos mines, nos talents…).

Cela signifie que l’enfant appartient, d’abord, à Dieu qui le confie à la famille : c’est pourquoi la famille est l’éducateur le plus important. «Chaque famille particulière doit être une petite Église particulière», écrivait Calvin à de jeunes églises françaises. « Le père et la mère sont les apôtres, les évêques et les prêtres de leurs enfants, il n’y a pas d’autorité plus grande et plus noble sur la terre que celle des parents sur leurs enfants », disait Luther.

Eduquer, c’est élever un enfant, l’aider à tirer de lui-même ce qui y est en germe, en sommeil. C’est l’aider à grandir, dans son corps et son âme, et spirituellement. C’est aussi un héritage d’expériences et de valeurs que l’on se transmet d’une génération à l’autre.

Les parents choisissent ensuite de déléguer en partie l’éducation et l’instruction de leur enfant.

Que révèlent nos choix éducatifs et scolaires sur la place que nous donnons à l’enfant ?  Est-il le prolongement de nous-même, ou bien un être à part entière et un futur citoyen de la société dans laquelle nous vivons ?

Vise-t-on l’émancipation, l’affranchissement, de l’enfant, ou le « développement », « l’épanouissement personnel » de l’enfant ?

D’ailleurs, pour éduquer notre enfant, y-a-t-il une méthode ? Laquelle choisir ? Y-a-t-il des « trucs » à connaître ?

L’on peut être tenté de suivre une méthode en vogue, selon la mode du moment, selon l’évolution de la société. Cela aboutira tôt ou tard à l’insécurisation de l’enfant. Or, un enfant insécurisé versera très probablement dans un système tout à fait différent de celui que voulaient les parents.

A partir du moment où l’éducation suit une mode, parce que la mode change, la société change, les valeurs anciennes dépassées, inéluctablement, les parents et les enseignants seront amenés à se contredire .La contradiction dans la famille et à l’école détruit tous les repères de l’enfant. N’ayant plus de repères, ne sachant  plus où se trouve la vérité, l’enfant inventera sa propre vérité à lui tout seul.

D’où la cohérence et la confiance entre parents, entre parents et enfants, entre parents et enseignants/éducateurs. D’où l’importance de bien déléguer, de bien choisir son aide, dans ce soucis de cohérence.

Eduquer : conduire sur un chemin de libération

Il n’y a donc pas de « trucs » mais un principe : L’éducation choisie, préférée, sera alors un chemin vers la libération continue.

Une chose dont les parents doivent se souvenir et le transmettre à leurs enfants, et ce dont les enfants ne doivent jamais oublier non plus :

Les enfants sont sortis d’Egypte avec leurs parents (Ex.10v8-11). Ils ne devront plus y retourner.

Une éducation véritable consiste à se mettre au niveau de l’enfant pour lui enseigner à ne plus rester en Egypte, comme à ne plus retourner en Egypte. L’Egypte, c’est la maison de servitude.

Souvenons-nous : Pharaon avait dit au peuple : « Allez ! Servez le SEIGNEUR, votre Dieu. Mais qui va partir ? Moïse dit : « Nous irons avec nos enfants et nos vieillards, nous irons avec nos fils et nos filles, notre petit et notre gros bétail. Car c’est pour nous un pèlerinage [une fête] en l’honneur du SEIGNEUR. Il leur dit : « Que le SEIGNEUR soit avec vous si je vous laisse partir avec vos enfants ! (…) Ça ne se passera pas ainsi ! Allez donc, vous les hommes, et servez le SEIGNEUR puisque c’est ce que vous cherchez » [mais les enfants resteront ici] cf Exode 10v8-11.

Nous pouvons avoir la liberté de culte, la liberté d’exercer un grand ministère d’évangéliste….mais en laissant nos enfants en Egypte !

Or, les enfants sont sortis d’Egypte avec leurs parents (Ex.10v8-11). Ils ne devront plus y retourner.

L’Egypte, c’est la maison de servitude, c’est « Mitzraïm » ou le pays des étroitesses et des angoisses. La servitude, c’est toute limitation du champ d’actions. La liberté, à l’inverse, est la possibilité d’actions, « un champ ouvert », l’aptitude à vouloir, être et faire.

Les parents ont fait l’expérience de la servitude en Egypte. Dieu les préparait en réalité pour les rendre aptes à Le servir, pour un service intelligent et spirituel. En effet, celui qui est habitué à faire tout ce qu’il veut, « comme il aime » (et « s’il n’aime pas, il ne fait pas »), aura du mal à servir Dieu et à obéir à ses commandements.

Les parents ont également fait l’expérience de leur libération par Dieu. Mais le jour de leur sortie d’Egypte, le peuple n’était pas totalement libre. Ils pensaient avoir le temps de voir leur pâte fermenter, mais Pharaon les mit dehors. Pourquoi Dieu permit-il que Pharaon les chasse sans leur laisser le choix ? Parce qu’étant esclaves, ils n’avaient pas l’habitude de prendre des décisions par eux-mêmes. Si Pharaon leur avait donné le choix de partir ou de rester, beaucoup d’entre eux auraient eu du mal à se décider. Si Dieu n’avait pas fait sortir le peuple d’Egypte, ce dernier aurait été encore esclave, ainsi que les enfants et les petits-enfants, à Pharaon en Egypte.

Une éducation véritable consiste à enseigner à ne plus rester en Egypte, comme à ne plus retourner en Egypte.

Par la suite, le peuple a appris à vivre la vraie liberté.

Dieu leur a donné les 10 commandements, les 10 Paroles. Il est intéressant de constater que la première des « 10 Paroles », dans Exode 20v2 et Deutéronome 5v6, est justement le rappel d’une libération : « C’est moi le SEIGNEUR, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude ». Suivent ensuite les commandements de Dieu à suivre pour vivre cette libération. Nous sommes donc invités à entendre chacune des « Paroles » de Dieu comme étant précédé par la libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte…et toi, « tu n’auras pas d’autres dieux face à moi »…(Ex.20v1-3)

Les parents ont ainsi à donner un exemple d’une vie libérée, eux qui ont été libérés par Dieu, pour lui appartenir en propre et être libres de Le servir (= le culte spirituel).

L’Education = « loi et évangile » en ce qu’elle est exigence et promesse, recadrage et encouragement.

L’éducation est cet apprentissage, non pas tant de la liberté, mais de la libération, marche dynamique,  dont l’événement fondateur est la libération en Jésus, dont le nom Yéshouah signifie « Dieu sauve, Dieu élargit » : élargissement des champs du possible, passage de la servitude amère de l’esclave au service d’amour du fils.

Servir Dieu n’a rien à voir avec le fait de suivre aveuglément les ordres de son propriétaire, qui décide de tout à sa place, comme pour un animal. Dieu donne la vraie liberté en apprenant à bien choisir : « voici devant toi la vie et le bien, la mort et le mal, et tu choisiras la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité » (Deut.30v15-19).

La liberté véritable, on l’a vu avec Dieu, est de décider de ne pas faire tout ce que l’on peut faire.

Ainsi, l’éducation vise à conduire l’enfant à comprendre qu’il n’est pas tout puissant, qu’il n’est pas le centre du monde, et à renoncer de lui-même à l’illusion de la toute-puissance. Elle fait passer de l’égocentrisme à l’ouverture à l’autre, à l’amour : « tu aimeras l’Eternel ton Dieu et ton prochain, comme toi-même ».

L’enfant n’est pas le centre du monde, et pas le centre de la famille.

Celui qui est à la première place, pour le parent = Dieu

Celui qui a la seconde place = le mari/l’épouse

Celui qui a la troisième place = l’enfant, qui, d’ailleurs, devra « sortir » un jour.

Il est déjà « sorti » du ventre de sa mère, comme le peuple « est sorti » du ventre confortable de l’Egypte (où l’on décide de tout pour vous). La sortie fut une naissance, la naissance d’un peuple et d’une destinée, dans le but de « porter une annonce », c’est-à-dire, pour servir Dieu, être un peuple de témoins de Dieu, pour proclamer et affirmer la bonne nouvelle : « le règne de Dieu s’est approché ».  

De même, l’enfant devra sortir du giron familial pour entrer dans sa destinée : S’attacher à Jésus, Son Seigneur et le suivre, le servir ; être une lumière pour d’autres. Nous voulons tous cela pour nos enfants.

« Telles des flèches aux mains d’un guerrier, tels sont les fils de votre jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois ! », avons-nous lu dans le psaume 127.

Mais si les fils sont « des flèches », les parents sont « des arcs ». Les parents sont des arcs par qui leurs enfants, tels des flèches vivantes, sont projetés pour atteindre leur but, le but de Dieu pour leur vie.

Ayons la pensée de Dieu, pour discerner, avec joie, le but de Dieu pour leur vie.

 

 

 

Prochainement à Paris : le 8ème Salon de l’Education chrétienne (12-13 avril 2019)

« Eduquer à la paix : quelles alternatives ? » sera le prochain thème du 8ème Salon de l’Education chrétienne (12-13 avril 2019)

Bientôt sur Paris : la 8e édition du Salon de l’Education chrétienne !

Vous êtes chaleureusement invités.

Depuis 10 ans, l’association « Dessine-moi une école » organise cet événement interdénominationnel en région parisienne. Il est pour tous ceux et celles qui ont ou auront une responsabilité éducative au sein de la Famille, l’Ecole ou l’Eglise, et aura lieu les 12 et 13 avril 2019 à Clichy-sous-bois (93).

Comme chaque année, pour vous servir, plénières et ateliers avec des intervenants de qualité, animations enfants, exposants et soirée artistique d’ouverture, avec un « one woman show » humoristique de « Madame la Pasteure » à destination des jeunes et des moins jeunes. Une belle occasion de rencontrer des acteurs de l’éducation et de l’instruction, comme de réfléchir et de nous entretenir ensemble, dans la convivialité et la simplicité, sur des enjeux éducatifs.

Plénières et ateliers avec des intervenants de qualité, animations enfants, exposants et « one woman show » humoristique de « Madame la Pasteure » à destination des jeunes et des moins jeunes.

A noter le thème de cette 8ème édition, toujours pertinent mais qui garde toute son actualité : « Eduquer à la paix : quelles alternatives ? » (En savoir plus  sur le site du Salon de l’Education chrétienne)

 

Cet événement est gratuit (participation libre) et nous espérons sincèrement vous y (re)voir ! Invitez vos amis !

(Inscriptions obligatoires avant le 8 Avril)

 

A très bientôt, l’équipe « Dessine-moi une école » (ADMUE)*

* L’Association « Dessine-moi une école » (loi 1901 à but non lucratif et apolitique) a pour buts de 1/ promouvoir l’éducation et de l’instruction de personnes notamment par le biais de salons, conférences, formations ; 2/ créer, gérer des établissements scolaires et soutenir la création d’autres établissements de même type.
Elle est membre de la Fédération Protestante de France(FPF).

Croire que Dieu est « juste là » : c’est le premier pas de la foi

Dieu est "Juste là" : le crois-tu ? Si oui, c'est là le premier pas de la foi, d'après Hébr.11v6

Dieu est « Juste là » : le crois-tu ? Si oui, c’est là le premier pas de la foi, d’après Hébr.11v6

C’est « Juste là ». Le nouvel album « famille » de Den-Isa(1).

Le premier chant commence par une interpellation – « hé ho, hé ho ! »(2), suivie d’une invitation à découvrir ce nouvel univers musical d’une grande richesse et plein de « pep’s », qui est aussi une initiation aux premiers pas de la foi et aux premières interrogations existentielles.

« Juste là » invite aussi à découvrir qu’Il est « juste là »(3) : qui donc ? Dieu ! Il est, certes, invisible, mais bien là, tout proche, « tout près de toi »(3). Il se révèle à toi et te révèle qu’Il t’a voulu(4), qu’Il t’aime, que tu as une place dans ce monde(2) et que ta vie a un sens. La « vraie vie », c’est de « connaître », « marcher » avec Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie », et « le Dieu véritable »(5).

Mais si je « ne sens pas » qu’Il est (juste) là ? Et si « tout se bouscule dans ma tête » pour me persuader du contraire, ou que je ne vaux rien ?(6) Dieu souhaite que tu écoutes Sa voix, même quand tu ne le vois pas : c’est cela, la foi, comme le fait de croire qu’Il est « juste là ».

Dieu est ce Dieu relationnel et Il « a des choses à (te) dire….aujourd’hui encore, Il parle. Faut l’écouter, c’est vital(7). En cas de doute, va relire ce qu’Il a écrit dans la Bible, Sa Parole – tu sais, « ce pavé » qui semble remonter « à un autre âge »(7)…, et va dire « ouste dehors, dehors ! » à « ce qui n’est pas vrai, pas vrai », à « ce qu’Il n’a pas écrit »(6). Et souviens-toi, Dieu n’est pas distant ou « trop occupé », mais s’Il est au ciel, Il est « toujours dispo ». Tu peux « lui parler sans payer. Pas de délai, pas de file d’attente…C’est très facile d’aller vers Dieu. Il est à la portée de tous…Et Il t’entend du haut des cieux » !(8)

Et surtout, Il a donné ce qu’Il a de plus cher pour toi : Son Fils, Jésus-Christ, « pur et parfait, mais pas nous », qui t’aime « tellement », qu’Il a « choisi de venir »(sur Terre), parce qu’Il a « tant envie » que tu sois « son ami ». « Et ça, ça (lui) a coûté la vie » : Il s’est « laissé punir pour le mal », alors qu’Il n’avait « rien fait, c’était nous ». Parce qu’Il est « le Fils de Dieu, pur et parfait », Lui seul pouvait « effacer » ce qui nous sépare de Lui. « Pour ça », Il est « mort sur la croix » et Il a « tout fait pour être avec moi » et toi (9). Il a tout payé, pour que tu vives une relation personnelle et apaisée avec Lui.

C’est vrai….même si tu as « du mal » à te (le) dire. Mais tu peux (Lui) dire « merci d’avoir payé si cher pour pouvoir être (ton ami) »(9) et Lui dire « bravo », parce qu’Il est aussi « ressuscité », « vivant » aujourd’hui, « tout près de nous maintenant ». Sa « souffrance et sa mort devaient se passer » : ce n’était donc « pas un échec, non pas un raté », mais Sa « mission est finie », Il a « tout accompli » !(10)

Au final, un excellent CD particulièrement rafraîchissant, « bondissant » et original, qui invite à l’émerveillement : de soi, de ce qui nous entoure, de Dieu… Et qui a le mérite de rappeler, à hauteur d’enfant, qu’une vie pleine de sens, digne d’être vécue, n’est pas nombriliste, mais est avant tout relationnelle, avec Celui qui est le « Véritable » et « la vie éternelle »(1 Jean 5v20). A recommander chaudement autour de vous !

Paroles à découvrir et extraits à écouter (mes chansons préférées étant la 12 : « ouste dehors » et la 14, dans laquelle nous sommes invités à garder « les yeux fermés », pour se mettre « dans la peau » de Bartimée, l’aveugle guéri par Jésus).

 

 

Notes :

(1) « Den-Isa » : Denis et Isabelle Hey, couple chrétien « à la ville », comme « sur la scène », que nous connaissons personnellement et aimons beaucoup pour ce qu’ils sont et font. Pour ce CD, on appréciera le beau packaging qui évoque cet univers : digipack 3 volets, et un livret 16 pages tout en couleurs, avec des illustrations de personnages en pâte à modeler créés par Myriam Schott.

(2)Chant 1 : « Hé Ho »

(3) Chant 2 : « Juste là »

(4) Chant 13 : « Tu es bien »

(5)Chant 15 : « Je suis la vie »

(6)Chant 12 : « Ouste dehors »

(7)Chant 11 : « Le Gros Livre »

(8)Chant 16 : « La dent bleue

(9)Chant 9 : « Merci »

(10)Chant 10 : « Bravo »

A quoi rêvent les petits garçons et les petites filles ? (« Pour les nuls au cinéma »)

Le « rêveur » le plus célèbre de la Bible est sans aucun doute Joseph, dont l’histoire peut se lire dans les chapitres 37 à 50 du livre de la Genèse.

Pour y parvenir, l’enfant devenu jeune homme, puis homme mûr et sage, aura du apprendre que « faire son film » n’est pas le rêve et qu’il importe de connaître et de suivre le « temps de Dieu » à ce sujet. Quand il l’aura enfin compris, Joseph sera élevé…au temps convenable.

Car il n’est pas tout de rêver, il s’agit aussi d’interpréter.

De nos jours, à quoi rêvent les petits garçons et les petites filles ? Quel enjeu pour leur construction personnelle et leur devenir ?

Enfant avec un ordinateur portable par Alan Toniolo de Carvalho Où commence la société de dépendance ? Et où s'arrêtera-t-elle ?

Enfant avec un ordinateur portable par Alan Toniolo de Carvalho
Où commence la société de dépendance ? Et où s’arrêtera-t-elle ?

La question est d’importance, en ces temps où la machine à rêve(ou à abrutir et à faire consommer)fonctionne à plein, particulièrement en ces temps de « joyeuses fêtes »(où le mot « Noël disparaît même des enseignes lumineuses de nos villes).

En guise de réflexion plus que de réponses exhaustive à la question, voici une sélection de films divers(un « top 10 »), obéissant aux règles suivantes :

-Les films qui suivent(je les ai tous vus et presque tous aimés) appartiennent à des genres variés(sauf le dessin animé-pour l’instant), et sont de diverses cultures, autres qu' »occidentale »(« américaine » ou « européenne »), à mille lieux des grosses (super ou non)productions hollywoodiennes, qu’il y ait des ninjas ou pas. A noter que je n’ai rien contre « les films américains », puisque la plupart des films de la liste qui suit sont « américains ». Autant que possible, visionner les films « étrangers »(non francophones) en VOST.

-Les films ont pour héros ou héroïnes des enfants(ou parfois des ados). Ou alors ils nous donnent à voir sous leur regard ou selon leur point de vue.

-Les films proposés peuvent tous être vus par des enfants, ou du moins, « en famille », à quelques nuances près que nous verrons plus loin. Ils peuvent être appréciés tels quels et nourrir une discussion avec des enfants-préados sur des sujets relatifs à la foi, l’évangile et des thèmes bibliques. Ils sont tous disponibles en DVD et leur durée est dans l’ensemble assez courte(d’une quarantaine de minutes à 1h30 en moyenne)

Sur ce, bonne vision, en vous souhaitant beaucoup de plaisir.

« A quoi rêvent les petits garçons et les petites filles ? »

Une scène de "CJ7", de et avec Stephen Show

Une scène de « CJ7 », de et avec Stephen Chow

Dans « CJ7 » de Stephen Chow, lorsqu’un maître d’école demande aux élèves d’une école privée huppée ce qu’ils veulent faire plus tard, les petites filles expriment leurs rêves de célébrité et les petits garçons ambitionne de devenir riches et puissants. Dickie, quant à lui, déclare vouloir devenir « quelqu’un de pauvre », parce que l’essentiel pour être respecté-« même si on n’a pas d’argent »-selon son papa manoeuvre sur un chantier, est d’être «  »gentil », « pas bagarreur », « travailleur » et « de ne pas raconter de salades ». Un « rêve » qui provoque les moqueries de la classe et l’incompréhension du professeur.

Le « Garçon aux cheveux verts » de Joseph Losey rêve, quant à lui, de redevenir comme tous ses camarades. A moins qu’il ne découvre que sa singularité est « un signe » porteur de sens….

Dans « Rouge comme le ciel », Mirco, dix ans et passionné de cinéma, veut vivre sa passion, quoique devenu aveugle à la suite d’un accident domestique.

 
Sili, douze ans, handicapée, décide de cesser de mendier pour devenir

Scène de "La Petite vendeuse de soleil"

Scène de « La Petite vendeuse de soleil »

« La Petite vendeuse de Soleil », un journal de Dakar, face au monopole des garçons. Car « ce qu’un garçon peut faire, une fille peut le faire aussi ».

La petite Bakhtay, afghane, est dévorée par l’envie d’aller à l’école, pour lire et « apprendre des histoires drôles ». Mais pour cela, il lui faut absolument « le cahier ».

Dans la Chine des années 30, Gouwa espère se voir transmettre le secret du « Roi des masques ».

Katia, dans « Katia et le crocodile », rêve de liberté….

Verra-t-on le bout de "La Nuit du chasseur" ?

Verra-t-on le bout de « La Nuit du chasseur » ?

Et les orphelins John et Pearl, d’une famille : un voyage au bout de « La Nuit du chasseur »...

Dans « Du silence et des ombres », Scout, « garçon manqué » et surdouée à ses heures, rêve à la fois de justice et de combattre l’injustice, même sans aucune garantie de « gagner ».

Enfin, dans « la Cité de l’Ombre », Lina et Doon rêvent de lumière (et de pouvoir choisir leur destinée)

Remarques et conseils divers :

Un film, pour un enfant, doit répondre à quatre exigences :

1)Répondre à sa curiosité, permettre l’identification aux héros, 2)conserver une part de mystère, 3) proposer des personnages dont il peut partager les émotions et 4) offrir des références avec ce qu’il vit ou connaît.

Que montrer, selon les âges ?

Les 5 à 7 ans :

Ils expérimentent que vivre, c’est être en relation avec les autres, et que la rencontre avec « l’autre » comporte richesses et difficultés. Ils comprennent et appréhendent avec leur corps tant qu’ils ne savent pas lire. Ils sont très à l’aise avec les images. Ils aiment les histoires qui expriment des situations ou des émotions qu’ils ont déjà vécues. Ils posent déjà de grandes questions.

A cet âge, on découvre les films d’animation, d’aventure et les comédies

Les 8 à 10 ans :

C’est l’âge de l’esprit scientifique. Leur horizon s’ouvre à d’autres civilisations et à d’autres cultures. Avides de connaissances, ils posent de multiples questions. Ils veulent savoir « comment ça marche », comprendre et vérifier, de façon concrète et d’une façon qui réponde à leurs propres expériences. Ils sont dotés d’un esprit logique et commencent à s’ouvrir à une certaine abstraction.

A cet âge, on découvre les westerns et les drames historiques.

Les 11 à 13 ans :

Ils sont curieux de tout, notamment les 11-12 ans. Leurs questions sont plus élaborées, et ils aiment comparer. A l’heure de l’adolescence, ils apprécient aussi de sentir qu’ils peuvent jouer un rôle et qu’ils ont leur place dans la société.

A cet âge, on découvre les grands auteurs et les films d’action(et les problèmatiques sociales et politiques à partir de 14 ans).

On privilégiera enfin les courts métrages(30 min.) avec  les maternelles, les moyens métrages(50 minutes) avec les  CP-CE1 et les longs métrages(1h30) à partir des CE2-CM2 et au-delà.

Les films (fiches techniques et résumés) :

CJ 7, de Stephen Chow(Hong Kong, 2008).  Avec Stephen Chow. VOST et VF.

Un excellent « film familial », que j’ai déjà montré à des ados de mon église et qui a remporté l’adhésion. Emouvant, drôle, il est suffisamment riche en thématiques bibliques(quoique « non chrétien » à la base) pour servir de support à une discussion de groupe : image du père, notion de sacrifice,  critique du matérialisme et d’une certaine tendance à vouloir exister à travers ce que l’on possède. Je n’en dis pas plus, car il est essentiel de conserver une certaine part de mystère, pour laisser tout le plaisir de la surprise.

Le Garçon aux cheveux verts, de Joseph Losey(USA, 1948). avec Dean Stockwell, Robert Ryan. VOST.

Dans un commissariat, Peter  (Dean Stockwell), un jeune garçon chauve d’une dizaine d’années, est interrogé par deux policiers qui n’arrivent rien à en tirer. On appelle à l’aide le Dr Evans (Robert Ryan), un psychologue qui, en partageant son maigre repas avec lui, réussit à lui faire raconter son histoire.(http://www.dvdclassik.com/critique/le-garcon-aux-cheveux-verts-losey ).

L’un des plus beaux de la sélection et l’un de mes préférés, avec CJ7. Souvent vu comme une « parabole sur le racisme » et la différence, « Le Garçon aux cheveux verts », un premier film de Joseph Losey, est certes cela, mais aussi plus que cela : il est une belle parabole sur l’appel, le don et le poids du don, redisant bien avant « Spiderman » de Sam Raimi : « à grand don, grande responsabilité… » Convient parfaitement à partir de 10-11 ans.

Enfin, les plus cinéphiles d’entre nous auront sans doute reconnu en Dean Stockwell, qui joue Peter, celui qui allait devenir « l »hologramme » de la série « Code Quantum » !

Affiche de "Rouge comme le ciel"

Affiche de « Rouge comme le ciel »

Rouge comme le ciel, de Cristiano Bortone(Italie, 2010).  Avec Luca Caprotti, Francesca Maturanza, Paolo Sassanelli. VOST et VF. Contient une version en audiodescription, pour les mal voyants.

Inspiré de l’enfance de Mirco Mencacci, auquel il arriva le même malheur, et qui développa une sensibilité au son. Sorti du collège à 16 ans, il est, depuis, devenu musicien, puis l’un des plus célèbres ingénieurs du son du cinéma italien (il a notamment travaillé avec Michelangelo Antonioni)

(Voir http://www.lesfilmsdupreau.com/prog_detail.php?code=rge)

La Petite vendeuse de soleil, de Djibril Diop Mambety (Sénégal, 1999). Avec Lissa Balera. VOST(avec des parties en français)

« Soleil, soleil ! »
Le deuxième volet d’une trilogie inachevée : «Histoires de petites gens». Et donc l’ultime film de Djibril Diop Mambety.
Un conte africain qui nous entraîne dans les rues de Dakar, sur les pas de Sili, une héroïne attachante au caractère «bien trempé» qui découvre la dureté du monde : la pauvreté, les bidonvilles, les petits métiers de vendeurs de rue.
Mais, loin de tout misérabilisme, cet « Hommage au courage des enfants de la rue » qui refusent d’être à genoux est surtout un film généreux, plein de vie.  Il sera certainement une découverte pour beaucoup, tant les films africains sont si rares sur nos écrans.

Le Roi des masques, de Wu Tianming(Chine, 1996). Avec Zhu Xu, Zhou Renying. VF, VOST.

Dans la Chine des années 30, un vieux maître de l’opéra choisit de devenir saltimbanque : « le Roi des masques ». Mais il n’a pas d’héritier pour transmettre son art. Le film « aux 30 récompenses ». Très émouvant et fort. A l’instar de CJ7, il doit absolument garder sa part de mystère pour être apprécié.

Katia et le crocodile, de Vera Simkova(Tchécoslovaquie, 1966). avec Yvetta Holauerova. VF.

Katia s’ennuie pendant les grandes vacances. Pour rendre service à un camarade, elle accepte de garder chez elle jusqu’au soir toute une ménagerie : un crocodile, deux lapins, un petit macaque, un oiseau qui parle, une tortue et la nourriture du crocodile, des souris blanches.  Mais pendant l’absence de Katia, partie raconter la nouvelle à ses amies, la petite soeur qui dormait s’éveille et libère les bêtes, tandis que d’autres s’évadent. Le crocodile, entreposé dans la baignoire, est délivré par l’eau qui monte…C’est ainsi que tout le quartier de Prague, adultes et enfants, se livre à une chasse épique.

Le premier burlesque pour enfants, rythmé et nerveux, cocasse. A la fois réaliste, fantaisiste et poétique. Pour les enfants de six à onze ans. Représentatif du vent de liberté qui régnait alors en Tchécoslovaquie. Réalisé deux ans avant l’entrée des chars soviétiques à Prague.

La Nuit du chasseur, de Charles Laughton(USA, 1955). Avec Robert Mitchum, Billy Chapin, Shelley Winter, Lilian Gish. VF et VO

Ben Harper (Peter Graves), un père de famille condamné à la pendaison après un braquage qui tourne mal, rencontre dans sa cellule Harry Powell (Robert Mitchum), un faux pasteur. Powell s’intéresse surtout au magot laissé par Ben, et, aussitôt libéré, se rapproche de sa veuve, Willa (Shelley Winters), et de ses deux enfants, John (Billy Chapin), et Pearl (Sally Jane Bruce), pour mettre la main dessus. Willa se laisse séduire, et épouse Powell, tandis que John n’est pas dupe. Un duel s’engage entre Harry Powell et l’enfant.

(http://www.dvdclassik.com/critique/la-nuit-du-chasseur-laughton )

Le premier et unique film de Charles Laughton.  Excellent. Ou comment préparer les enfants à se méfier des « loups ravisseurs », qui viennent à nous « en vêtements de brebis », et à reconnaître leurs fruits(Matt.7v15-16). A partir de 11 ans.

Une scène du film.

Du silence et des ombre, de Robert Mulligan(1963, USA), avec Grégory Peck. VO et VF. A partir de 13 ans.
Adaptation du best-seller d’Harper Lee « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » (également titre du film en version originale), qui sera à la fois le premier et le dernier ouvrage de la romancière qui obtint le prix Pulitzer. Un résumé réducteur dirait qu’il s’agit d’une « plongée dans l’Amérique ségrégationniste des années 1930, vue à travers le regard de Scout, six ans, « garçon manqué » un peu surdouée à ses heures ».
(http://www.dvdclassik.com/critique/du-silence-et-des-ombres-mulligan ; http://www.critikat.com/Du-silence-et-des-ombres.html )

La Cité de l’Ombre, (2008, USA), de  Gil Kenan.  D’après le roman éponyme de Jeanne Duprau.
Avec Saoirse Ronan (Lina Mayfleet), Harry Treadaway (Doon Harrow), Bill Murray (le maire Cole), Tim Robbins (Loris Harrow), Martin Landau (Sul)…VOST et VF.

Ember, une ville souterraine construite il y a deux cents ans par « les Bâtisseurs » pour préserver l’humanité de son extinction. Cette ville est éclairée par un gigantesque générateur qui se meurt.  Bien que les coupures d’électricité se multiplient, les habitants, qui se voient attribuer dès leur adolescence des fonctions sociales non choisies,  sont prisonniers de leur confort et perfidement asservis par le pouvoir en place. Pourtant, ils se contentent de leur condition avec un fatalisme quasi religieux, attendant le retour des messies sans remettre en question leur mode de vie. Seuls deux adolescents, Lina et Doon, et le père scientifique de ce dernier,  rêvent de s’enfuir et de trouver la véritable lumière(D’après Critikat)

Des thématiques chrétiennes et bibliques évidentes, quoique le roman de Jeanne Duprau, base du film, m’a paru plus explicite encore que le film sur ce point. On pense au « Voyage du Pèlerin », et à la « Cité de Destruction ».

Le Cahier, de Hana Makhmalbaf (2007, Iran). Avec Nikbakht Noruz (Bakhtay), Abdolali Hoseinali (le garçon talib), Abbas Alijome (Abbas). VOST.

Un film qui fait « flipper grave », tant il montre combien la haine, les préjugés et l’intolérance peuvent être communiqués aux enfants et transmis d’une génération à l’autre.
Bref, de nature « à casser l’ambiance », surtout en cette période de Noël, il pourrait être considéré comme l’intrus de la sélection. Toutefois, il a bien sa place ici pour ce qu’il a à nous apprendre, quoique plutôt « réservable » aux plus grands(à partir de 13 ans) et aux adultes. (Voir critique : http://www.critikat.com/Le-Cahier.html )

Un enseignant enseigne d’abord ce qu’il est…

……..et «les enfants apprennent ce qu’ils vivent »*  !

(Découvert « par hasard » sur la toile. A méditer, notamment à l’approche de la rentrée, pour les enseignants, éducateurs, moniteurs, mais aussi parents….)

• Si un enfant vit avec la critique, il apprend à condamner.
• Si un enfant vit avec l’hostilité, il apprend à combattre.
• Si un enfant vit avec pitié, il apprend à se sentir désolé.
• Si un enfant vit avec le ridicule, il apprend à être timide.
• Si un enfant vit avec la jalousie, il apprend à détester.
• Si un enfant vit avec la honte, il apprend à se sentir coupable.
• Si un enfant vit avec l’encouragement, il apprend à être confiant.
• Si un enfant vit avec la tolérance, il apprend à être patient.
• Si un enfant vit avec l’éloge, il apprend à être élogieux.
• Si un enfant vit avec l’acceptation, il apprend à aimer.
• Si un enfant vit avec l’approbation, il apprend à s’aimer soi-même.
• Si un enfant vit avec l’identification, il apprend à avoir un but.
• Si un enfant vit avec le partage, il apprend la générosité.
• Si un enfant vit avec l’équité, il apprend la justice.
• Si un enfant vit avec l’honnêteté, il apprend ce qu’est la vérité.
• Si un enfant vit avec la sécurité, il apprend à avoir confiance en soi.
• Si un enfant vit avec l’amitié, il apprend que le monde est un endroit agréable à vivre.

Note :

*« Children Learn What They Live », poème(1954 ?)de Dorothy Law Nolte(1924-2005), enseignante et conférencière.
Son livre, «Les enfants apprennent ce qu’ils vivent »(1998) consacre un chapitre à chaque ligne du poème et est rempli d’exemples relatifs à l’enseignement positif. Le livre a été réimprimé dans 19 pays et 18 langues.

Voir(en anglais) :

http://www.workman.com/authors/dorothy_law_nolte/

http://www.nytimes.com/2005/11/20/arts/20nolte.html?_r=0

http://www.empowermentresources.com/info2/childrenlearn-long_version.html

« Si les fils sont des flèches, les parents sont des arcs(stables) »

L'équilibrage des roches par Petr Kratochvil Une génération solide, stable et libre ? Ou...

L’équilibrage des roches par Petr Kratochvil
Une génération solide, stable et libre ? Ou…

Le « mariage pour tous » et « la manif pour tous » feraient presque passer sous le radar une autre réforme sociétale(aux enjeux tout aussi essentiels)  :
la « refondation de l’école de la république » du ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon (Voir aussi ici )

Après l’Assemblée nationale le 19 mars, le Sénat a adopté en première lecture dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25/05 le projet de loi de refondation de l’Ecole. Il doit désormais retourner au Palais Bourbon, pour une seconde lecture.

De quoi s’agit-il exactement ?
Ce projet prévoit notamment d’introduire un enseignement obligatoire de la morale laïque. Morale laïque, dont le but est, pour le ministre qui s’est exprimé dans un entretien dans le JDD daté du 01/09/12, « de permettre à chaque élève de s’émanciper, car le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix ».

Girouette par George Hodan ...Ou en perte de sens et de repères, « ballottée ça et là » ?

Girouette par George Hodan
…Ou en perte de sens et de repères, « ballottée ça et là » ?

Il s’agit aussi de lutter dès le plus jeune âge contre les stéréotypes de genre.

A ce sujet, comme le souligne un internaute sur le blog de Patrick de Plunkett, on se souviendra « de la polémique autour de la lettre que Vincent Peillon (avait écrite) aux recteurs, suite à celle d’Eric de Labarre aux enseignants des établissements catholiques. Au-delà du débat autour du projet de loi sur le « mariage pour tous », une question se pose: si aujourd’hui tant de couples hétérosexuels n’estiment plus nécessaire de se marier pour « protéger » leurs enfants (pacs, concubinage), pourquoi le mariage deviendrait-il si important pour protéger les enfants de couples homosexuels et leur « offrir un cadre juridique » ? N’y a t’il pas d’autres motifs derrière cette revendication?
Le mariage pour tous est la partie émergée d’un iceberg dont la lettre de M. Peillon permet d’entrevoir les contours :
au-delà de sa conception dangereuse de l’éducation (« Le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités »), le ministre exprime avec force le positionnement inacceptable du gouvernement en matière d’éducation sexuelle dans les écoles. En particulier, il invite les recteurs « à relayer avec la plus grande énergie la campagne de communication relative à la « ligne azur» », dont voici une partie du contenu :
– théorie du genre:
http://www.ligneazur.org/sante-sexuelle/situations-individuelles-multiples;
– sensibilisation aux pratiques, par exemple :
http://www.ligneazur.org/Tomber-la-culotte, avec la brochure consultable sur le lien suivant (extraits en pj.): http://www.sida-info-service.org/sites/sida/IMG/tomber_la_culotte/.

« La ligne azur », un service soutenu par l’Education nationale depuis trois ans : l’actuel ministre de l’éducation nationale « déploie donc une campagne mise en place par le gouvernement précédent*.
Théorie du genre, normalisation de comportements sexuels, dogme du relativisme : tout cela fait partie d’un tout idéologique qui fait son chemin sans que les gens s’en aperçoivent vraiment, compte tenu de la banalisation médiatique et politique…. »

De fait, « les parents qui voudront transmettre leurs valeurs, leur religion ou leurs traditions à leurs enfants se heurteront donc à un projet qui vise à refonder la société via l’école, tout comme le projet Taubira qui refonde la filiation via le mariage… »**, comme le souligne « zardovoz », qui est aussi mère, dans un billet publié le 08/05/13 sur son blog, et intitulé  : « Ce que je veux pour mes enfants » .

Grand-père et petit-fils par George Hodan

Grand-père et petit-fils par George Hodan

Dénonçant le projet de refondation de l’école***, elle déclare surtout que ce qu’elle veut pour ses enfants « et le rôle de la cellule familiale est de leur transmettre à mon tour ce qui m’a été transmis : un ensemble de valeurs, une religion, une culture et tout ce que mes parents m’ont donné, tout ce qui fait aujourd’hui de moi ce que je suis, un individu fort, pensant, et conscient que ce sont mes racines et mon héritage qui me rendent libre.
Voilà ce que je veux pour mes enfants : au moins autant de chances que moi.
Non mes enfants n’appartiendront pas à l’Etat, pas plus qu’ils ne m’appartiendront à moi ; ils sont sujets et non objets. Ce qui m’appartient cependant, c’est le devoir de leur donner toutes les chances de se construire hors de tout endoctrinement, pour qu’ils puissent un jour offrir ces chances à leurs propres enfants.
Parce que notre héritage ne se limite pas à de l’actif imposable. »

« Voici, des fils sont un héritage de l’Éternel, Le fruit du sein maternel est une récompense.
Comme des flèches dans la main d’un homme fort, Tels sont les fils de la jeunesse ;
Heureux l’homme qui en a plein son carquois ! Ils ne seront pas confus, Quand ils parleront avec des ennemis à la porte », dit le psaume 127v3-5.

Jeune Hawks Ospreys par Christina Spiegeland

Jeune Hawks Ospreys par Christina Spiegeland

Mais si « les fils » sont « des flèches », les parents sont « des arcs » :

« Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable ».
(Khalil Gibran. Le Prophète)
Sur cette question « d’héritage », transmise par nos parents, grands-parents et les générations précédentes, un poème, jadis écrit en 1965 par un grand-oncle maternel(instituteur) me revient en mémoire :
« l’école ne sera sauvée que par ses anciens », nous a-t-on dit(…)
certes ! mais à une condition qui nous paraît vitale : elle sera sauvée par ceux(directeurs…..professeurs…)qui n’entretiendront pas dans l’esprit des jeunes dont ils ont la charge, la funeste illusion qu’ils peuvent se libérer seuls ;
par ceux qui ne craindront pas de leur dire :
défiez-vous de vos propres forces,
défiez-vous de vos richesses qui, déjà vous tiennent liées,
défiez-vous de vos préjugés de caste, de race, de religion,
défiez-vous de vos bonnes résolutions, fruits corrompus de la « vieille nature ».
Seule nous délivre,
seule nous sauve,
une rencontre personnelle avec le Christ Vivant !

L’Ecole sera sauvée par ceux qui, persuadés eux-mêmes de l’efficacité d’une telle rencontre, sauront le dire aux jeunes, dont ils ont la charge, en faisant suivre leurs paroles d’une fervente intercession.
Que les Anciens, aussi bien que les Actuels soient invités à cette croisade pacifique.
Ainsi pourrait se constituer un cercle de prières, un cercle invisible qui irait s’élargissant !
Et, en fin de compte, un tel cercle ne serait-il pas la véritable de l’Ecole ? »

(E.A., « Après avoir vu la première partie du film japonais « Rashomon » à l’Ecole des Roches ». 1965)

Notes :

*http://www.sos-homophobie.org/presidentielle/presidentielle-2012-reponses-de-nicolas-sarkozy-au-questionnaire-de-sos-homophobie  (voir notamment réponse 10)

**Un autre aspect de la « Refondation de l’école » pose également un problème pour la transmission : il s’agit de la volonté ministérielle du « tout numérique » à l’école. Nous y reviendrons dans un prochain billet.

***Voir aussi http://zardovoz.wordpress.com/2013/05/27/2013-annee-de-mobilisation-pour-la-doctrine-a-lecole/

« On en calcula le prix… » ou Actes 19v18-20 « XXIe »

Rêvons un peu….

Imaginons les effets d’une prédication sur Actes 19v18-20, adaptée à un auditoire du XXIe siècle :

Téléphone cellulaire brisé par Petr Kratochvil

Téléphone cellulaire brisé par Petr Kratochvil

Et plusieurs de ceux qui avaient cru s’engagèrent à couper leur portable pendant deux heures durant le culte, chaque dimanche matin. Et un assez grand nombre, ayant apporté leurs smartphones, tablettes numériques et autres nomades…, les détruisirent en présence de tous. Et on en calcula le prix, et on trouva qu’il se montait à environ 70.000 euros. Ainsi la parole du Seigneur progressait avec force et manifestait sa puissance. (Actes 19v18-20)

Voilà un geste radical pour exprimer une volonté d’abandonner tout ce qui est susceptible de nous asservir[dans l’original du texte, il s’agit de livres de magie]. Néanmoins, un tel geste-s’il est nécessaire-reste insuffisant.

Il convient aussi, en effet, d’

Eduquer au jugement

A la question du « comment mieux éduquer » sur le plan de l’usage des outils numériques et jeux vidéos (pas seulement les enfants ou les jeunes), on trouvera une fort pertinente et intéressante réponse sur E-media.ch (un portail romand de l’éducation aux médias) :

Voir ce conseil aux parents(parmi d’autres), dans  « Smartphones. Tous accros », de Sabine Pirolt, publié dans L’Hebdo daté du 21/03/13 : Montrer l’exemple, c’est à dire ne pas vivre avec son smartphone à la maison (…) « on n’éduque pas avec des trucs qui changent le comportement d’un jeune du jour au lendemain. Il faut prendre la peine de soi-même se former, puis dire, transmettre, surveiller, revenir à la charge et développer le  jugement du jeune », rappelle Jean-Charles Nayebi, auteur d’ « enfants et adolescents face au numérique »(Odile Jacob)

Voir encore le dossier « impact des médias » sur les individus et la société :
http://www.e-media.ch/CMS/default.asp?ID=1023

Le site du docteur Nayebi :

http://nayebi.fr//index.htm

Et encore :

http://www.pearltrees.com/#/N-f=1_3215227&N-fa=2639456&N-p=24065808&N-play=0&N-s=1_3215227&N-u=1_262478