Quand le Seigneur reviendra sur la Terre, trouvera-t-il encore des « pasteurs » ?

L’Église d’aujourd’hui a besoin de « vrais pasteurs », c’est-à-dire de personnes disponibles pour veiller, accompagner et soigner ceux que le Seigneur, « le Souverain Berger » leur a confié. Source : Rawpixel

Les églises d’aujourd’hui ne manquent pas de « ministères » !

En effet, il existe des ministères « de louange », centrés sur l’adoration ; des ministères dits « diaconaux », qui prennent soin des gens sur le plan matériel ; et il y a des ministères de « relation d’aide », très marqués par la vision du monde de la psychologie, parfois plus que par l’anthropologie biblique, et travaillant la plupart du temps hors des églises locales et communautés réelles, alors que c’est au cœur des relations que l’on guérit ses relations.

Mais ce qui semble être un atout cache une réalité plus problématique : si les églises ne manquent pas de ministères, on n’y trouve presque plus de « pasteurs » ou de « bergers » au sens biblique du terme, C’est-à-dire des personnes qui, sans être forcément des « clercs », passent l’essentiel de leur temps à prendre soin et à accompagner. Le verbe « accompagner » signifie « partager son pain avec » [ce qui a aussi donné « copain »] et tout accompagnement dit « pastoral » est avant tout « fraternel », de fait enraciné dans la vie communautaire. Quand je suis accompagné spirituellement ou que j’accompagne quelqu’un d’autre, je fais route avec lui jusqu’au partage du pain (de la Cène) qui révèle Christ ressuscité, comme l’illustre la scène( !) des pèlerins d’Emmaüs en Luc 24v28-35.

Or, dans certaines églises protestantes « historiques » et protestantes évangéliques, ceux que l’on appelle « pasteurs » sont en réalité des « docteurs » ou des enseignants : ils ont « BAC +++ », connaissent la philosophie antique et moderne, ainsi que l’hébreu et le grec anciens. Dans les églises évangéliques, les « pasteurs » sont en réalité des « évangélistes », avec parfois un charisme de guérison, appelant tous les dimanches à la conversion. Certains sont des « apôtres », préoccupés par le nombre d’implantations d’églises. D’autres encore sont des « prophètes », exhortant le troupeau à ne plus être perdu, alors que leur rôle serait justement de les faire paître.

L’Église d’aujourd’hui ne manque pas de « ministères » mais a grand besoin de « vrais pasteurs », c’est-à-dire de personnes disponibles pour veiller, accompagner et soigner ceux que le Seigneur, « le Souverain Berger »(Hébr.13v20) leur a confié.

Quelle serait alors « la fiche de poste » pour un « vrai pasteur » ? A ce sujet, la Bible, Ancien et Nouveau Testaments, peut nous éclairer.

Il est premièrement celui sur qui l’on peut compter. Il n’est pas le propriétaire du troupeau mais celui qui rend compte de chacune des brebis qu’on lui a confié – et qu’il ne choisit pas (1 Pie.5v2)- parfois au péril de sa vie (Jean 10v11)

Voici, en guise d’illustration, une scène saisissante en Amos 3v12 : le berger est celui qui ose lutter avec le lion qui a sauté sur son troupeau, pour lui arracher « deux pattes » et « un bout d’oreille » de la brebis attrapée. Il doit rapporter les restes de l’animal et du combat au propriétaire du troupeau, pour montrer que la brebis a été perdue malgré lui, dans un guet-apens et non pas égarée par sa faute.

Et si des brebis distraites se sont égarées « un jour de nuages et de brouillard » (Ez.34v12), il se doit de partir à leur recherche, jusqu’à ce qu’il les trouve, obéissant à l’appel de Dieu(cf Luc 15v4)   . Aucune ne doit manquer à l’appel.  Il est celui qui  compte et recompte les brebis, « les connaissant toutes par leur nom » (Jean 10v3), et qui les accompagne dans toutes les saisons de la vie, de leur naissance à leur mort.

Il est intéressant de noter qu’il est demandé au berger du troupeau de se préoccuper du nombre confié. Non pour l’augmenter- Ce sera le travail du « pécheur d’hommes »(Marc 1v17) – mais pour veiller à sa croissance, avant tout qualitative. Et ce, à l’instar de Dieu, qui se concentre sur un seul peuple, qu’Il a « choisi », « élu », « mis à part », et qu’Il appelle à être « saint », parce que Lui est « Saint » (Lévit.11v44).

Enfin, le berger n’est pas celui qui « envoie paître » mais celui qui « sort devant » le troupeau (Jean 10v4) et le fait aller là où il va et s’arrêter là où il s’arrête : « les verts pâturages » (Ps.23v2-3), propre à nourrir les brebis. Ce qui implique que le berger sache où il va, lire et suivre les instructions du ciel.

 

 

Sources/inspi :

Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première partie, 2010, pp 175-176

De Luca, Erri. Le métier d’Abel IN Comme une langue au palais. Arcades/Gallimard, 2006, pp 9-27.

Voir aussi :

Marshall/Payne. L’essentiel dans l’Eglise : apprendre de la vigne et de son treillis. IBG/Clé, 2014 (pour redécouvrir ce qu’est le « sacerdoce universel, selon Eph.4v1-16)

Baxter, Richard. Le pasteur chrétien. Impact héritage, 2017 (ou la version électronique gratuite)

Kallemeyn, Harold. La visite pastorale IN La Revue réformée, N° 228 – 2004/3 – JUIN 2004 – TOME LV. L’auteur se propose d’étudier quelques fondements bibliques de la visite pastorale à partir des chapitres 2 et 3 de la Genèse. Dans cette présentation, un sens assez large est donné au mot « pastoral » pour inclure la tâche des anciens, des diacres et des aumôniers qui, avec le « pasteur titulaire », sont appelés à rendre visite au nom du Christ.

 

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Je suis un nouveau chrétien et je n’ai pas d’église proche de chez moi : que faire ?

Dans le choix d’une église, il est important de « prier pour que le Seigneur vous conduise, en vous ouvrant au fait qu’il peut vous mener dans une communauté un peu différente de celle que vous désireriez, à priori, fréquenter ». Source : Pixabay

Une nouvelle question parmi d’autres, et une proposition de réponse courte, à découvrir sur le site « 1001 questions » :

La Bible nous dit que le croyant est appelé à rejoindre une communauté, pour être enseigné, partager avec des frères et sœurs, prier et vivre la Sainte-Cène (Actes 2/42-43). Elle dit aussi, un peu plus loin, que c’est le Seigneur lui-même, qui ajoute ceux qui se convertissent à l’Eglise, communauté des croyant appelée à se vivre dans le concret de la rencontre d’autres croyants (Actes 2/47). Si vous vous êtes converti, si vous avez mis votre confiance en Jésus et vous êtes engagés à sa suite, il n’est nul doute que vous êtes appelés à le servir dans une communauté chrétienne, selon vos dons (1 Corinthiens 12).
Que faire si vous habitez loin d’une communauté chrétienne ? Prier pour que le Seigneur vous conduise, en vous ouvrant au fait qu’il peut vous mener dans une communauté un peu différente de celle que vous désireriez, à priori, fréquenter.

La suite à découvrir ici.

Des outils pour trouver une église véritablement « locale », c’est-à-dire géographiquement proche de chez vous :

https://eglisedansmaville.com/ 

(Un site internet géré par l’association « Eglise Dans ma Ville » et qui s’adresse d’abord aux personnes en recherche et qui se questionnent sur l’existence de Dieu et leur identité. Le site permet de trouver une église protestante en fonction de sa proximité géographique et non en fonction de sa dénomination)

http://www.eglises.org/

(La liste des Églises évangéliques compilée par le CNEF pour l’Annuaire Évangélique. L’on peut y trouver les Églises de la France métropolitaine, ses DOM-TOM et du Luxembourg)

 

 

« Sortez de votre zone de confort » : quelle est votre vision pour les hommes de votre église locale ?

(Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich - 1818) Pour apprendre à connaître quelqu'un, sortez-le de sa "zone de confort" habituelle et...montrez-lui ce tableau !

(Le voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich – 1818)
Pour apprendre à connaître quelqu’un, sortez-le de sa « zone de confort » habituelle et…montrez-lui ce tableau !

La Bible donne plusieurs exemples d’hommes conduits(ou contraints) à « sortir de leur zone de confort ».

Ainsi, Noé(Genèse 6), pour qui la foi était nécessaire pour saisir le sens(en apparence peu évident)de ce que Dieu lui demandait de construire(Hébr.11v7)-un travail qui lui a pris environ 100 ans…

Abraham, parti à l’appel de Dieu, « sans savoir où il allait… »

Ou encore Moïse, que Dieu a sorti de sa retraite de 40 ans, et qui a déclaré être incapable de répondre à cet appel(Ex.4v10 ). Avant cela, nous dit l’Ecriture, il avait su choisir entre les richesses de l’Egypte et le partage de l’opprobre de son peuple(Hébr. 11v24-26)…..

…..Jonas, chargé d’aller vers les païens pour leur transmettre le message sans doute le plus court de tous les livres des prophètes… ou encore le Seigneur Jésus-Christ, qui a quitté le ciel pour « devenir chair »(Jean 1v14) et comme l’un de nous, à part le péché(Hébr.4v15). Lequel est venu, « non pour les justes, mais pour les pécheurs »(Matt.9v13), a parlé à une samaritaine, a touché des lépreux, s’est invité chez un publicain et est « mort pour des injustes, Lui le juste »(1 Pie.3v18 et cf Rom.5v6, Es.53)

D’une façon globale encore, le peuple d’Israël, en sortant d’Egypte ; ou l’Eglise naissante, corps de Christ, où croyants d’origine juive durent côtoyer croyants issus des nations(Actes 1011), et où « les plus honorables » durent donner « plus d’honneur » aux « moins honorables »(1 Cor.12v13-27)

Sortez de votre zone de confort ! (Out the box)

Sortez de votre zone de confort ! (Out the box)

Et d’une façon plus particulière, comment encouragez-vous les hommes de votre église locale à « sortir de leur zone de confort » ? De sorte qu’ils puissent vivre une réelle communion et manifester un véritable esprit d’équipe inter-générationnel, dans un unique but : plaire à un autre qu’à eux-mêmes ? Quelle est votre « vision pour les hommes » ?

Car, le problème pour un homme, ou les hommes en général, outre le fait de se retrouver régulièrement ensemble, c’est d’être confronté à ces trois défis ou obstacles :

– Penser que l’on a quelque chose à prouver

– Reculer, parce que l’on croit avoir quelque chose à perdre

– Se cacher et donc jouer un personnage…ou un double-jeu.

Or, l’homme véritablement consacré à Dieu est celui qui n’a rien à prouver cf Matt.4v3-7(et est donc à mille lieux d’un esprit de performance ou de compétition), qui n’a rien à perdre(et donc ne sacrifie pas la pertinence pour la popularité cf Gal.1v10)et n’a rien à cacher(et donc ne joue pas un personnage ou un rôle qui n’est pas le sien cf Jean 8, 12)

L'esprit d'équipe selon "Lagaan"("Once Upon a Time in India"), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

L’esprit d’équipe selon « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

Une bonne vision pour les hommes de votre église les inspirera « à sortir de leur zone de confort », leur inculquera un véritable esprit d’équipe(ne pas craindre de demander de l’aide) à l’instar de ces quatre(Marc 2v3-4), et l’esprit du don(cf Eph. 2v2, 25)avec la volonté de chercher à plaire à quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes !

Sachant que nous disposons des ressources suivantes :

-Un modèle, le Seigneur Jésus-Christ(Marc 10v45)

– Une base, un fondement de vérité : la Parole de Dieu (1 Pie.1v22-25 ; 2 Tim.3v16)

– Un conseiller, le Saint-Esprit en nous, qui nous équipe et nous rend capable de et d’être (1 Cor.12 ; Jean 14– et ss ; Eph.4 ; Rom.8….)