« Tu es doué pour donner » : Méditation de 1 Pierre 4v10-11

De l'art d'être "doué"...de "talents" ! Extrait de l'album "Astérix et Cléopâtre"(1965) de Goscinny et Uderzo

De l’art d’être « doué »…en « talents » !
Extrait de l’album « Astérix et Cléopâtre »(1965) de Goscinny et Uderzo

Ou plutôt : tu as été « doué » pour donner….

« Mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets. Si quelqu’un parle, que ce soit pour transmettre les paroles de Dieu ; si quelqu’un assure le service, que ce soit avec la force que Dieu accorde, afin que par Jésus Christ Dieu soit totalement glorifié, lui à qui appartiennent gloire et domination pour les siècles des siècles. Amen ! » (1 Pie.4v10-11. TOB)

Mercredi, nous abordions les enjeux écologiques, soit « la bonne gestion » ou « la bonne intendance » de « notre maison commune », dont les richesses sont finies. « Administrateurs » ou « Intendants », nous, chrétiens, sommes également appelés à l’être, concernant ce que le Nouveau Testament appelle « les charismes », ou (c’est le sens en grec de ce mot et de sa racine)de la « grâce infiniement variée »de Dieu(v10). Les charismes sont donc des aptitudes que l’Esprit donne à notre esprit et ils sont offerts par pure grâce. Ils sont aussi appelés « dons spirituels », pour bien signifier qu’ils nous sont donnés. Mais ces charismes sont donnés par le Saint-Esprit à toute personne connaissant Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur(1), avant tout pour édifier la communauté chrétienne. Sans le Saint-Esprit, nous ne pourrions, ni servir le Seigneur, ni même faire Sa volonté. Le propre d’un charisme est d’être « utile », « en vue du bien de tous », comme le rappelle 1 Cor.12v7(TOB).

Il existe quatre passages principaux sur les dons spirituels, sujet qui ne constitue qu’une partie de l’œuvre du Saint-Esprit : Rom.12v3-8, 1 Cor.12-14, Eph.4v1-16 et 1 Pie.4v10-11. Pour avoir une compréhension juste et équilibrée du sujet, il importe de lire et de connaître tous ces passages.

Nous concernant, nous nous bornerons à l’étude du dernier passage, 1 Pie.4v10-11, lu ce matin. Dans cette épître, l’apôtre Pierre exhorte ses destinataires(des chrétiens qui vivent « exilés », en « étrangers » dans ce monde), à utiliser, « chacun, le don reçu… » – c’est donc que chacun a au moins un don – non pour « jouer avec » ou pour « améliorer sa vie spirituelle », mais en étant « au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, (infiniement) variée(ou « multicolore », comme le spectre de la lumière) en ses effets ». Qu’il s’agisse de ressources terrestres finies, ou de « la grâce variée » de Dieu, nous sommes appelés à être « de bons administrateurs ». A l’image du Maître, le Seigneur Jésus-Christ, nous sommes sur Terre, « non pour être servi »(ou « nous servir »), mais pour « servir »(Marc 10v45).

Ici, Pierre ne semble pas « ajouter de nouveaux dons, comparativement aux épîtres de Paul mentionnées plus haut, mais voit ces derniers divisés en deux catégories :

1) »Si quelqu’un parle »,

2) »si quelqu’un assure le service », ou le ministère(2)

Dans le premier cas, que ce soit alors « pour transmettre les paroles de Dieu » ou « comme oracle de Dieu », vérités divines révélées, et non (par ) notre propre sagesse, nos propres raisonnements, nos propres visions/choix idéologiques ou politiques, nos propres sentiments….Seul le Saint-Esprit convainc (cf Jean 16v8), sachant que Dieu réduit à néant même la plus grande sagesse humaine(1 Corinthiens 1v19 et ss). Pour connaître les pensées de Dieu, vivons une communion réelle avec Lui, laissons-nous conduire « dans toute la vérité » par Son Esprit(Jean 16v13. Colombe) et passons du temps à « sonder les Ecritures »(Jean 5v39), la Parole de Dieu, « qui est la vérité »(Jean 17v17) et qui témoigne de Christ(Jean 5v39).

Dans le second cas, « que ce soit avec la force que Dieu accorde », mais aussi, par voie de conséquence, à notre rythme, et non « aux pièces », selon une « cadence infernale », à des fins de rendements ».

La fin est plutôt de rendre toute la gloire et la puissance (que nous pourrions être tentés de rechercher via l’exercice des dons ou d’un ministère) à Dieu, « par Jésus Christ »,  « lui à qui appartiennent gloire et domination pour les siècles des siècles »(1 Pie.4v11).

 

Notes : 

(1) Voir, par exemple : Jean 1v12, Jean 7v37-39, Jean 14-16, Ephésiens 1v13-14, Galates 3v2….

(2)Le pasteur Gilles Boucomont insiste sur le fait qu’il convient de bien distinguer les charismes des talents et des ministères, sachant notre tendance à tout confondre en la matière. Ainsi, « un talent est quelque chose que Dieu a déposé dans ma vie durablement, depuis longtemps et pour longtemps. C’est à moi de le gérer(…)pour le mieux, non pour ma gloire, mais pour celle de Dieu, dans l’action de grâce, dans la joie de l’avoir reçu(…). Nous pouvons recevoir de nouveaux talents si nous avons bien administré les talents déjà obtenus précédemment. Bien prêcher l’Evangile peut-être un talent oratoire, comme faire de la bonne cuisine pour réjouir les assemblées dominicales est un talent communautaire, etc. Les ministères, quant à eux, sont des aptitudes reconnues par les humains. Le ministère n’est pas donné directement par Dieu en réalité. Dieu a pu nous appeler au ministère, mais c’est l’Eglise qui donne(confirme, reconnaît) les ministères. Le ministère est un service, et non un honneur ou une responsabilité, sinon on l’appelerait magistère(…). Le ministère est en bas (« mini-stère »). Son attitude n’est pas d’être devant ou en haut, mais de laver les pieds des personnes censées être en dessous de nous(…)Le charisme est donné par le Saint-Esprit, « comme Il le veut », et il n’est reçu qu’au niveau de l’Esprit de la personne. La durée est ponctuelle, selon les besoins (Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed.Première Partie, 2010, pp 124-131)

Sur les dons et notamment un commentaire de 1 Pie.4v10-11, voir aussi Shallis, Ralph. Explosion de vie. Ed. Farel, 1992, pp 317 -321.

Discernes-tu le discernement ?

Scènes du film "Le Silence des agneaux"(J. DEMME, 1991)

Scènes du film « Le Silence des agneaux »(J. DEMME, 1991)

Parmi les dons spirituels énumérés en 1 Corinthiens 12v10, le discernement paraît discret, peu valorisant et quelque peu « coincé » entre plusieurs autres dons
au caractère plus « charismatique » que lui :  « miracles », « prophétie », « diversité des langues »….
Pourtant, rappelle Neil ANDERSON, dans son ouvrage « Le Libérateur »(Edition Clé, 2002), « le discernement spirituel est notre premier moyen de défense contre la tromperie. Le Saint-Esprit a établi sa demeure dans chaque croyant et il ne reste
pas silencieux quand nous sommes en présence d’une contrefaçon. Le discernement, c’est cette petite sonnerie qui se déclenche en nous quand il se passe quelque chose d’anormal. »(op.cit., p 219)

Le discernement, nous rappelle la Parole de Dieu, la Bible, c’est ce qui caractérise un homme mature, un « homme fait » : « ceux qui, par l’usage, ont le sens exercé à discerner le bien et le mal. »(Hébr.5v14)
C’est ce qui permet de penser d’abord à chercher qui se cache derrière certaines pétitions qui fleurissent sur le net, avant de cliquer. Ou de penser à lire attentivement un programme politique, plutôt que de relayer sans discernement des slogans simplistes et « vulgarisés »(vulgaires ?).

Cependant, ajoute Neil ANDERSON(op. cit., p219), « si nous voulons avoir un esprit de discernement, il est d’abord nécessaire d’examiner nos motivations », à l’instar du Roi Salomon(cf 1 Rois 3v5-14)
« Le véritable discernement n’est jamais motivé par le désir de se mettre en avant, la recherche du gain personnel ou la volonté de s’assurer un avantage sur autrui-pas même sur un ennemi(…)Le discernement n’a qu’une seule fonction : distinguer le bon du mauvais afin que le bon puisse être reconnu et le mauvais rejeté. En 1 Corinthiens 12v10, le discernement est présenté comme étant la faculté accordée par Dieu de distinguer un bon esprit d’un mauvais. Il s’agit d’une manifestation de l’Esprit, qu’il convient d’utiliser dans le but d’édifier l’Eglise »(op. cit., pp 219-220).

Le discernement, c’est ce qui nous permet de ne pas croire tout esprit, mais d’éprouver les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu(1 Jean 4v1 et ss).
Le discernement nous permet d’éprouver les dons, pour vérifier qu’ils viennent bien de Dieu.

« Le discernement spirituel », dit encore Neil ANDERSON, n’est pas une fonction de la pensée, mais une fonction de l’esprit.
C’est parce que nous sommes unis à Dieu que nous pouvons avoir du discernement spirituel. »(op. cit., pp 219-220)

Le discernement est donc un don à rechercher. Est-ce un don que l’on recherche, dans et pour l’Eglise ?
Aspire-t-on à être un homme mature, un « homme fait », capable de faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal ? Bien et mal selon Dieu, s’entend. Cela n’a pas changé, même si, aujourd’hui, on tend à faire passer pour « bien » ce qui est mal et « banal » ou de « bon sens » ce qui est mal.

Le discernement est donc un don. Un don de grâce. Nous pouvons le recevoir. Nous pouvons aussi le perdre, en plus du danger d’en faire un mauvais usage, si nous négligeons de l’exercer.

Tu aspires à être un homme(une femme)spirituel(le) mature ? Aspire au don de discernement pour édifier l’Eglise ! Et exerce-toi à l’exercer !