Quelles sont tes priorités dans le choix de ton député ?

Quelles seront nos priorités dans le choix d’un député ? Les mêmes que les siennes !

Que peuvent nous apprendre, pour le choix d’un député, des passages comme 1 Tim.3v1-13, Tite 1v6-8, Jacq.3v1, Actes 20v17-38 ou même Prov.31v4-9 ?

Les 11 (premier tour) et 18 juin (second tour), tu seras une nouvelle fois appelé aux urnes, dans le cadre des élections législatives, pour élire ton député.

Bien sûr, je pourrais aussi te dire : « Tu veux aller voter ? Fais-le. Tu ne veux pas voter ? Ne vote pas. Le plus important c’est d’être en parfaite cohérence avec ce que l’on croit, que l’on expérimente, et que l’on décide ».

Justement, sur quels critères ? Quels sont les enjeux ?

C’est d’abord, pour le député, un grand privilège d’être élu : 7.882 candidats (Soit 3.344 femmes et 4.538 hommes) sont en lice pour le premier tour, soit près de 14 par circonscription(1), et il n’y a que 577 sièges à l’Assemblée Nationale.

Mais tout privilège comporte de grandes responsabilités : élus au suffrage universel direct, par tous les citoyens en âge de voter et en ayant le droit, pour un mandat de cinq ans renouvelable, les députés occupent en effet une place centrale dans notre démocratie dite représentative.

Bien qu’ils soient élus dans une partie du pays (une circonscription), les députés représentent l’ensemble des Français, qu’ils résident dans l’Hexagone, dans les départements ou collectivités d’Outre-mer, ou encore à l’étranger. Quelque soit leur sensibilité politique ou leur parti d’appartenance, les députés représentent l’intérêt général de la nation, et non les intérêts de groupes particuliers/privés.

Les députés votent les lois et peuvent en proposer. Ils travaillent en commissions (lesquelles examinent les projets ou propositions de loi et préparent les débats en séance publique). Ils contrôlent l’action du gouvernement : ils peuvent ainsi interpeller les ministres pour leur demander de travailler sur certains sujets qu’ils estiment importants pour le pays, lors des « questions au gouvernement », les mardi et mercredi de la période parlementaire ; ils peuvent également renverser le gouvernement, si celui-ci n’a plus leur confiance.  Ils tissent des liens solides avec les assemblées des autres pays, tentent de répondre aux problématiques sociétales en allant à la rencontre des acteurs de terrain, reçoivent les citoyens à leur permanence, bureau d’accueil pour tous les citoyens, pour résoudre leurs problèmes quotidiens.

Le député bénéficie d’une immunité parlementaire : l’irresponsabilité, qui le protège de toute poursuite pour des actions accomplies dans l’exercice de son mandat ; et l’inviolabilité, pour éviter que son action ne soit entravée par des actions pénales visant des actes accomplis par les députés en tant que citoyens. Cela les protège contre les intimidations et les pressions politiques et privées et c’est censé être une garantie d’indépendance et de liberté d’action dans l’intérêt général.

Le député dispose de moyens matériels et financiers attachés à sa fonction : une indemnité parlementaire de 5000 euros par mois, une indemnité représentative de frais de mandat de 6000 euros par mois (frais de déplacement, d’habillement, de restauration…) et un crédit collaborateur (allant jusqu’à 9500 euros par mois) pour rémunérer ses collaborateurs (cinq maxi). Il a enfin à sa disposition un bureau personnel dans l’un des bâtiments de l’assemblée.

Quelles devraient être tes priorités dans le choix du député ? Les mêmes que ce dernier !

Que peuvent nous apprendre, à ce sujet, des passages comme 1 Tim.3v1-13, Tite 1v6-8, Jacq.3v1, Actes 20v17-38 ou même Prov.31v4-9 ? Ils ont trait aux critères de choix, comme aux devoirs et responsabilités, de tout responsable. Un responsable est celui qui a une position d’influence. Et un député est un responsable.

Tes priorités (dans le choix du député), comme les priorités du député, sont en rapport avec ses convictions (ce qu’il croit ou ce dont il est convaincu), son caractère (ce qu’il est), sa réputation (ce qu’on pense de lui) et ses compétences (ce qu’il sait faire).

Certes, « si quelqu’un aspire à la charge (de député), c’est une belle tache qu’il désire »(1 Tim.3v1). Notre pays a besoin de députés. C’est une tâche noble que de vouloir servir ainsi (et non pas se servir de) son pays. Pour paraphraser Jacq.3v1, nous ne devrions pas « être nombreux à vouloir être député, car nous serons jugés plus sévèrement. De fait, « on demandera davantage » à ceux qui se (re)trouvent sous les projecteurs.

1) Son caractère et sa réputation : Selon 1 Tim.3v2 et Tite 1v6-7, il est premièrement attendu d’un député qu’il soit « irréprochable ». Et plus encore d’un député se revendiquant « chrétien ». Une telle confession publique « doit impliquer non seulement une irréprochabilité pénale, mais également morale. Les discordances et les contradictions seront passées au scanner du jugement du monde, qui en évaluera la vérité et la cohérence ». La responsabilité de ces candidats n’en est que plus grande (Rom. 2v21), car s’il advenait que leur parole de chrétien ne soit qu’une posture religieuse ou politique, et que leur morale sois prise en défaut … alors leur réprobation serait aussi publique et retentissante que leurs déclarations. Elle rejaillirait non seulement sur eux et leurs familles, mais aussi et surtout sur le christianisme et sur le nom de Jésus, qui pourrait par ce moyen être davantage blasphémé qu’il ne l’est déjà.»(2).

Que veut dire irréprochable ? Sans reproche. Cela ne signifie pas qu’il soit parfait, mais plutôt qu’il est impossible d’avoir prise sur lui pour l’accuser, pour le critiquer ou pour l’attaquer. Cela signifie aussi qu’il a une bonne réputation et qu’il est digne de confiance (1 Tim.3v7).

Ensuite, il lui faut être « sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier »(1 Tim.3v2). Sobre veut dire qu’il est vigilant, notamment quant à sa conduite et concernant les dossiers à traiter, l’action du gouvernement, la situation de notre pays. Etre hospitalier, c’est d’être disponible, à l’écoute et accueillant, surtout pour accueillir tout étranger.

Il ne doit être « ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé »(v3), et pas soumis à des lobbies/pris dans des conflits d’intérêt.

Prov.31v3-5 rappelle que le responsable ne doit pas « livrer sa vigueur aux femmes », et « ses voies à celles qui perdent » (les responsables). « Ce n’est point aux (responsables) de boire du vin, ou de rechercher des liqueurs fortes, de peur qu’en buvant ils n’oublient la loi, et ne méconnaissent les droits de tous les malheureux ». Car le député doit servir l’intérêt général et le bien commun, avec le souci constant de refuser toute stigmatisation de personnes, avant tout les plus faibles et les plus précaires : il « ouvrira sa bouche », non pour déplorer « le cancer de l’assistanat », mais « pour le muet, pour la cause de tous les délaissés ». Il « ouvrira sa bouche » pour « juger avec justice, et défendre le malheureux et l’indigent »(Prov.31v8-9).

2) Il doit aussi avoir des convictions claires et solides, pour prendre les meilleures décisions en toute sagesse et justice.

Ainsi, par exemple, estime-t-il que « la défense de la dignité humaine » se limite aux deux extrémités de la vie, ou intègre tout ce qu’il y a entre les deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, 67 millions de citoyens vivants ?

Considère-t-il les changements climatiques comme une question sociétale, éthique et spirituelle, posant un défi majeur aux générations présentes et à venir, en particulier du fait de l’interdépendance des causes ?

Pense-t-il que bâtir des hôpitaux, des routes, des écoles, c’est « dépenser de l’argent » ou qu’il est essentiel de refonder le lien social, pour régénérer nos communautés dévitalisées ?

Pense-t-il qu’il n’y ait « rien qu’on puisse appeler la société » et « qu’il n’existe que des individus » ? Et donc qu’il n’y a pas non plus de problèmes « sociaux » mais seulement « des problèmes individuels », des individus aux prises avec certaines difficultés, « des assistés » ayant certaines faiblesses mais sans le courage ou la volonté de les résoudre ?

Justifie-t-il une « responsabilisation » absolue de l’individu et un désengagement de l’État de plusieurs de ses missions ? Ou alors estime-t-il que « le principe de subsidiarité donne la liberté au développement des capacités présentes à tous les niveaux, tout en exigeant en même temps plus de responsabilité pour le bien commun de la part de celui qui détient plus de pouvoir » ? (3)

3) Enfin, sans être un « politicien professionnel », il devra être compétent et connaître les dossiers qu’il traite, en étant capable de comprendre les lois qui lui sont soumises et qu’il vote.

 

Prions donc pour les candidats-députés, qui aspirent et prétendent nous représenter au niveau national : qu’ils aient ce désir d’être irréprochables et de servir le bien commun, pour prendre les meilleures décisions en toute sagesse. Et prions pour nous-mêmes, que nous fassions de preuve de discernement, en prenant en compte le caractère, la réputation, les convictions et les compétences du candidat-député !

Et toi ? Quels sont tes critères de choix d’un candidat ?

 

Pour aller plus loin :

Que peut nous apprendre ce discours de Paul aux responsables de la communauté d’Éphèse (Actes 20v17-38), dans lequel l’apôtre fait un bilan de son activité et livre son testament spirituel ?

Sans justice, pas de paix

Deux mots sont essentiels aux yeux de Dieu pour retrouver la paix, laquelle est l’établissement de ce qui est bon : le droit et la justice.

« Je déteste, je méprise vos fêtes, je n’ai aucun goût pour vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je ne les accueille pas ; vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde même pas. Éloignez de moi le tapage de vos cantiques ; que je n’entende pas la musique de vos harpes. Mais que le droit jaillisse comme une source ; la justice, comme un torrent qui ne tarit jamais ! » (Am 5v21-24)

 

 

Notes :

(1) Selon la liste publiée par le ministère de l’Intérieur, 461 candidats apparaissent sous l’étiquette de la République en marche (REM) d’Emmanuel Macron et 76 sous celle de son allié du Modem. 480 candidats sont inscrits sous l’étiquette Les Républicains (LR), 414 pour le Parti socialiste (PS), 571 pour le Front national (FN), 556 pour La France insoumise (LFI), 911 candidats écologistes et 388 pour Debout La France (DLF).

https://www.publicsenat.fr/article/politique/elections-legislatives-comment-ca-fonctionne-60393

http://www.vie-publique.fr/actualite/faq-citoyens/elections-legislatives-2017/

(2) Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/04/21/pour-le-nouveau-directeur-de-la-cia-de-trump-jesus-christ-est-la-seule-solution-pour-notre-monde-un-temoignage-public-a-double-tranchant/

(3) Voir « Laudato si » du Pape François, paragraphe 196

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Et si l’on interpellait les jeunes au moyen de la vérité ?

A quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ? « Aujourd’hui, des jeunes de trente-cinq ans sont rivés sur Facebook, sans direction, et en quête d’identité. On les a dorlotés au lieu de les interpeller » (Kévin deYoung)

Kevin DeYoung, pasteur et auteur, écrit :

« Les personnes qui fréquentent nos Églises ne sont pas stupides. Elles ont la faculté d’apprendre. Mais dans leur grande majorité, elles n’ont tout simplement pas eu d’enseignement adéquat. Personne ne les a incitées à méditer une pensée profonde ou à entreprendre la lecture d’un livre difficile. Personne ne leur a demandé de définir leur foi en termes bibliques et théologiques. Nous n’avons pratiquement rien espéré de nos jeunes, et nous n’avons rien obtenu en retour non plus. Il y a environ deux générations, les jeunes de vingt ans se mariaient, fondaient une famille, exerçaient un métier ou se trouvaient sur le front à combattre les Nazis. Aujourd’hui, des jeunes de trente-cinq ans sont rivés sur Facebook, sans direction, et en quête d’identité. On les a dorlotés au lieu de les interpeller ». (Voir le contexte de cet extrait sur TGC – Evangile 21, le 02/06/17). De les interpeller au moyen de la vérité.

Mais « qu’est-ce que la vérité ? », demande-t-on encore aujourd’hui, à l’instar d’un Ponce Pilate à Jésus. Mais souhaitons-nous entendre la réponse, ou sortirons-nous de la présence de Jésus, avant d’entendre la réponse ?
Bien sûr, il est plus « tendance » de dire aux jeunes (ou aux moins jeunes) d’aujourd’hui : « Tu veux prendre telle décision ? Prends-la. Tu ne veux pas prendre telle décision ? Ne la prends pas. Fais-ce-que-tu-veux-comme-tu-veux ! Le plus important c’est d’être en parfaite cohérence avec ce que l’on croit, que l’on expérimente, et que l’on décide ».
Justement, sur quels critères ? Et si ce que l’on croit, expérimente et décide, est faux ou mensonger ? Et comment une jeunesse sans direction, en quête d’identité, peut-elle le discerner, si elle n’est pas enseignée ?

C’est pourquoi, faisons le pari, non de la facilité mais de l’intelligence. Et osons interpeller les jeunes au moyen de la vérité !

Pourquoi les autorités des églises protestantes parlent-elles plus de politique que de Jésus ?

Voter est une affaire de conscience et de conviction personnelle, responsable, devant Dieu et sans pression. « Bien voter », ou ne pas voter « comme ses pieds », c’est aussi refuser « les crispations identitaires » et les sirènes populistes.

J’aime beaucoup le site « 1001 questions », parce que l’on peut généralement y trouver la question que j’aimerai poser, et surtout, parce que les réponses données sont aussi précises que concises.

Ainsi, par exemple, cette question susceptible de brûler toutes les lèvres et que je reformule quelque peu : « Pourquoi les autorités des églises protestantes (et évangéliques) parlent-elles plus de politique que de Jésus ? »

Réponse donnée par le site : « Il faudrait le leur demander ! » Mais l’actualité électorale explique peut-être cela.

Ceci dit(1), pour répondre à ceux qui souhaitent avoir le maximum de points de repères pour déterminer le choix du candidat que chacun est appelé à faire[quand d’autres ne viennent pas « carrément » demander « pour qui il faut voter ». Ne riez pas, cela existe !], il convient de rappeler qu’il n’y a pas (ou ne devrait pas y avoir) dans l’Église protestante/protestante évangélique d’autre autorité que les Écritures bibliques, Parole de Dieu, et qu’il n’y a pas de « magistère » (« pasteur », « docteur », « prophète » ou « apôtre ») ou de « gourou », susceptible de nous dire, du haut de la chaire, « comment être un bon chrétien », que ce soit au niveau de la foi, de la piété, de la morale, ou même, de la politique. Car aussi Dieu peut s’adresser à chacun de manière différente. On parlera alors plus volontiers d’une « éthique de la responsabilité » : chacun est personnellement (et intimement) responsable devant Dieu des choix qu’il pense être les meilleurs et les plus fidèles à l’Évangile. Tout discours ou décision qui irait contre la seule autorité de la Parole biblique serait nul et non avenu (sola scriptura).

D’autre part, nos responsables d’églises, pasteurs et anciens, (à qui Dieu a confié la direction) ont le souci de faire partager les valeurs de l’Évangile à la société dans laquelle Dieu nous a placés. C’est notamment le cas quant à l’exercice du pouvoir dans l’intérêt des gens, quant à l’accueil des petits, des faibles, des précaires et des étrangers, par exemple(2).

Il ne convient donc pas de s’attacher à ce qui apparaît de leurs choix partisans (vous pouvez en avoir légitimement d’autres – et il ne saurait y avoir un candidat « idéal » ou un « vote chrétien idéal »), mais à ce qui les fonde (et qui peut aussi fonder les vôtres) : à savoir Jésus-Christ seul – lequel a notamment dit : « le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Marc 10v45. TOB) ; «  j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi » (Matt. 25v35-36)…..(3)

Car la prédication chrétienne s’inscrit dans le monde (donc dans un contexte précis) même si elle ne lui appartient pas (cf. Jean 17). Elle se doit donc d’être pertinente, cohérente et non déconnectée du réel.

 

 

Notes :

(1)Le présent texte s’inspire de la réponse donnée sur le site « 1001 questions », en l’enrichissant.

(2) Ce qui explique que nous ne devrions pas nous focaliser sur les sujets qui nous paraissent exclusivement « non négociables », à savoir la politique familiale ou le domaine de l’éthique (bioéthique, fin de vie, procréation, etc.). Ces sujets, certes très importants, ne doivent pas occulter d’autres préoccupations tout aussi importantes et bien présentes dans les Écritures bibliques, telles la justice (ou l’injustice) sociale, les causes structurelles de la pauvreté et de la précarité, les questions d’environnement (« garder et protéger » la création, être de bons et sages « intendants » des ressources de Dieu), l’accueil de l’étranger…

(3) Autres passages bibliques importants : 1 Jean 1v5-7 ; Eph.2v14-16 ; Eph.4v24-25, 29-31 ; Deut.10v17-19 ; (Exhortation donnée à un roi) Prov.31v8-9 ; Jean 16v13-14 ; Rom.5v5 ; 1 Cor.13v6 ; Zach.8v17 ; Es.61v8 ; Matt.4v1-11….A vous d’en trouver d’autres !

 

Pour le nouveau directeur de la CIA de Trump, «Jésus-Christ est la seule solution pour notre monde » : un témoignage public à double tranchant

« Justificatif », par Xavier Gorce (Blog LeMonde)

Que signifie cette « extraordinaire déclaration de la part d’un des hommes les plus influents du gouvernement Trump » ?

(…) À première vue, cette déclaration est de nature à rendre enthousiaste n’importe quel croyant, tout comme celle du Vice-Président des États Unis, Mike Pence, qui s’est défini lors de son investiture officielle le 21 juillet 2016 comme un «chrétien, conservateur et républicain, dans cet ordre». Il a ajouté : «Nous n’avons jamais eu autant besoin de Jésus qu’aujourd’hui».

Mais « que peut bien signifier exactement que «Jésus-Christ est la seule solution pour notre monde», comme l’exprime le nouveau directeur de la CIA ? Cela fait naître bien sûr de grands espoirs, de voir enfin le pays le plus puissant du monde être dirigé par des chrétiens, avec des principes chrétiens ».

Sauf que, au risque de « casser l’ambiance »….tout témoignage public est à double tranchant, avec des conséquences spirituelles dramatiques : « comme on l’a vu en France avec la confession du candidat vainqueur des primaires de la Droite et du Centre : le «je suis chrétien» doit impliquer non seulement une irréprochabilité pénale, mais également morale. Et le mot « irréprochabilité» est d’inspiration biblique. Les discordances et les contradictions seront passées au scanner du jugement du monde, qui en évaluera [à juste titre] la vérité et la cohérence ». La suite sur le blogue Le Sarment.

Question, qui ne doit pas manquer de nous brûler les lèvres, à la lecture de ce qui précède : « qui peut être sauvé ? »

Personne, sinon par la grâce de Dieu (cf Luc 18v26-27). Et la grâce n’est pas du « laisser faire » ou du « laxisme ». Ce n’est pas non plus « considérer le coupable pour innocent » : la grâce s’est manifestée en Jésus-Christ, lequel est venu, non pour ceux qui se croient justes mais pour des pécheurs à la repentance (Matt.9v12-13 ; Luc 5v31-32) ; et elle nous enseigne à « renoncer à l’impiété et aux désirs de ce monde, afin que nous vivions dans le temps présent avec réserve(sagement), justice et piété »(Tite 2v11-12), mais non de façon « cupide » ou « hypocrite » !

 

Phénomène(s)

"Si vous voyez un grand canard blanc au long cou, soyez sûr qu'il s'agit...d'un cygne !

« Si vous voyez un grand canard blanc au long cou, soyez sûr qu’il s’agit…d’un cygne !

« Il ne faut jamais perdre courage ; lorsque les malheurs s’accumulent le plus effroyablement autour de soi, c’est alors qu’on aperçoit une main secourable dans les nuages » ; ainsi parla le Révérend Jesper Morten(1) aux dernières vêpres. J’ai l’habitude d’aller et venir en plein air, mais n’ai jamais rien remarqué de semblable. Pourtant l’autre jour j’ai observé pendant une promenade un phénomène de ce genre. En vérité ce n’était pas à proprement parler une main, mais plutôt un bras qui sortait des nuages. Je me plongeai dans mes réflexions. L’idée me vint : « Ah ! Si seulement Jesper Morten était là pour me confirmer que c’est bien ce phénomène qu’il avait en vue ! » Au milieu de ces pensées, un passant m’interpelle et, tout en montrant les nuages, me dit : « Avez-vous vu cette trombe d’eau ? Il est rare d’en voir dans ces parages ; elles enlèvent parfois des maisons entières. » Ah, mon Dieu ! Pensai-je, c’est une trombe d’eau. Et je tirai mes chausses au plus vite. Qu’aurait-il donc fait à ma place, monsieur le Révérend Pasteur Jesper Morten ?(2)

« Cette génération méchante et adultère, qui demande un miracle, est incapable de discerner l’aspect du ciel, et ne sait pas mieux discerner les signes des temps », pourrait dire Jésus aujourd’hui…(Matt.16v3).

 

 

Notes : 

(1) Personnage imaginaire, dont le nom est à consonance péjorative.

(2) Parabole racontée par Søren Kierkegaard, penseur chrétien danois (1813-1855), dans « Ou bien, ou bien ». Gallimard, 1973 (Classiques de la philosophie), p 24.

Censure d’un document historique par un robot de Facebook : les leçons à retenir sur l’interprétation

Ce n'est pas "au nom de la morale", que cette célèbre photo a été censurée, mais du fait d'une absence de mémoire historique de la part des robots de Facebook... (La Fille au napalm, de Nick Ut Cong Huynh. 1972)

Ce n’est pas « au nom de la morale », que cette célèbre photo a été censurée, mais parce que les robots de Facebook sont dénués de mémoire historique…
(« La Fille au napalm », de Nick Ut Cong Huynh. 1972)

L’algorithme se trompe, ignorant l’histoire et dénué de véritable intelligence. Pourtant, c’est lui qui est aux commandes !
Incroyable mais vrai : un « robot de Facebook » a censuré une célèbre photo de la guerre du Vietnam « en la prenant pour… une image pédophile ! » (1)
Pourtant, cette photo n’est pas censée être une inconnue pour des êtres humains. Car, comme le rappelle le journaliste Patrice de Plunkett, dans une note de blogue, le document montre une fillette touchée par le napalm, courant en hurlant de douleur, et fuyant un bombardement aérien : « cette photo, l’une des plus célèbres du XXe siècle, a été prise le 8 juin 1972 près de Trang Bang,au Sud-Vietnam, par le photographe de presse Nick Ut Cong Huynh. La petite fille a 9 ans. Elle s’appelle Phan Thi Kim Phuc. Le photographe et l’un de ses confrères la conduiront à l’hôpital de Cu Chi, sur la route de Saigon. Au prix de 17 interventions chirurgicales et 14 mois de soins intensifs, Kim Phuc sera sauvée. Elle vit aujourd’hui à Toronto, a deux enfants, l’Unesco l’a nommée goodwill ambassador 

Néanmoins, cette photo ne dit rien à un robot « aveuglément programmé » et « dénué de mémoire historique », selon les termes de Patrice de Plunkett : « à la fin du mois d’août, l’algorithme de censure de Facebook efface cette célébrissime photo sur les pages de l’écrivain norvégien Tom Egeland  et d’internautes qui l’ont relayé ; parmi ceux-ci la Première ministre de Norvège Erna Solberg. Motif de cette censure : une fillette nue figurant sur la photo, le robot l’a interprétée comme pédopornographique. (Ce qui transforme d’ailleurs en suspects tous ceux qui l’ont relayée).(….) Il faudra trois jours avant que Facebook ne s’avise du scandale ; et cinq autres jours avant que M. Zuckerberg ne donne l’ordre de rétablir le post effacé ».

Jusqu'où s'arrêtera "le règne des machines" ?

Jusqu’où s’arrêtera « le règne des machines » ?

Pour Patrice de Plunkett, le fait « qu’une photo historique ait pu être censurée par un robot, démontre plusieurs choses », soulevant autant de questions :

  1. « Le robot seul est aux commandes. Jusqu’à une date récente, ce type de censure était géré par des êtres humains salariés de Facebook. Ils ont été licenciés »(2).
  2. « Facebook a mis plusieurs jours avant de réaliser qu’il y avait un problème ».
  3. Où s’arrêtera « le règne des algorithmes » ? (3) 

 

Pour ma part, l’erreur d’interprétation reste à souligner : « dénuée de mémoire historique », donc, et même d’intelligence tout court, les robots-censeurs se sont mépris sur le sens à donner à cette photo, en la lisant « au premier degré ».

Rappelons que le but de l’interprétation est de découvrir le sens originel (donné dès le départ) d’un document, d’une œuvre ou d’un événement : d’abord « ce que cela dit », puis « ce que cela veut dire », bien avant « ce que cela dit pour moi », au nom de « ma grille de lecture ». Bien interpréter, pour éviter les contresens, nécessite d’avoir de la mémoire et de la connaissance : ainsi, dans le cas de la photo qui nous occupe du contexte, des circonstances de prise – de l’auteur et de l’objet du document……

Cette mémoire et cette connaissance nous permettent de faire du lien entre différents éléments, pour en reconstituer le sens.

Ce qui est vrai pour l’interprétation de n’importe quel document est aussi vrai pour l’interprétation biblique. Lorsque nous lisons un passage, exerçons-nous notre « mémoire biblique » (de toute la Bible) et notre connaissance de Son auteur, Celui qui l’a inspiré, de sorte à relier ce que nous séparons/opposons si souvent ? Ou souffrons-nous d’ « amnésie spirituelle », d’absence de mémoire et de connaissance ?

D’autre part, l’enjeu de « bien interpréter » est lié à celui de faire preuve de discernement. Et discerner, c’est être capable d’évaluer. C’est la capacité de nommer, « d’appeler les choses par leur vrai nom ». Et nommer, c’est faire preuve d’autorité.

A ce sujet, l’anecdote de la censure de Facebook nous enseigne que le plus inquiétant n’est pas « à venir » : il est déjà présent, puisque les responsables de la firme ont estimé « plus rentable » de déléguer le discernement à des machines. Pourtant, exercer soi-même son jugement est le propre de toute personne responsable et mature (cf Hébr.5v14).

Enfin, le drame d’un peuple est de « périr, faute de connaissance » (Osée 4v6) , comme d’être esclave, pour avoir oublié son histoire. Et que dire d’un peuple qui aurait délégué sa mémoire…à des machines dénuée de mémoire ?

Humain et robot : même langage ? Par Andy Singer

Humain et robot : même langage ?
Par Andy Singer

Car, jadis, la mémoire de l’homme était liée à l’oral, avant d’être confiée à l’écrit…avant de l’être aux ordinateurs. Mais si un ordinateur stocke des images, il n’a pas d’imagination ; s’il stocke des processus, il ne sait pas innover. Et – dans le cas des algorithmes – si la machine cherche des mots, elle ne comprend pas le sens des phrases ou d’une requête.

Bref, l’être humain délègue de plus en plus à la machine, croyant ainsi être (plus libre). Mais il serait bien avisé de ne jamais déléguer sa pensée, son discernement, son jugement, sa mémoire, son autorité, ses libertés fondamentales…Car c’est en pensant faire des économies immédiates que l’on est perdant sur le long terme….

 

 

Notes :

(1) Voir aussi http://www.courrierinternational.com/article/censure-photo-de-la-petite-vietnamienne-facebook-fait-marche-arriere-la-polemique-enfle ; http://www.numerama.com/politique/193972-apres-avoir-censure-la-premiere-ministre-de-norvege-facebook-revoit-sa-politique.html

(2) « Le rapport de Facebook à l’information et sa modération des contenus sont régulièrement sous le feu des critiques », relève notamment une analyse des « Echos ». « Le rôle du réseau social dans la formation des idées politiques ou sa propension à enfermer les utilisateurs dans une bulle, en ne leur proposant que des articles relayant les idées dont ils se sentent proches, inquiètent particulièrement les observateurs.

Aux Etats-Unis, la rubrique « trending » est scrutée de près. Gérée à la fois par des algorithmes et des humains, cette sélection des articles de presse les plus populaires sur le réseau, pose question. Au printemps, Facebook a été accusé de manipuler ces contenus , omettant volontairement certains sujets comme ceux liés au parti républicain. Trois mois plus tard, la firme annonçait qu’elle allait limiter l’intervention humaine. Une initiative qui s’est soldée par un échec au bout de quelques jours seulement, lorsqu’ une fausse information inventée s’est incrustée de manière automatisée dans les « trending topics » . Une erreur particulièrement préoccupante au vu du poids du réseau social. Une étude récente du Pew Research Center souligne qu’en 2016, 44 % des adultes américains s’informent par le biais de Facebook » ( http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211274610889-nouveau-tolle-contre-facebook-apres-la-censure-dune-photo-historique-2026252.php )

Voir aussi : http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211240016143-une-fausse-information-dans-les-trending-topics-automatises-de-facebook-2023628.php

(3)Il semble ne jamais s’arrêter ! Après le journalisme et l’édition, il suffit déjà de considérer l’évolution de la finance, avec l’irruption d’acteurs non humains sur les marchés financiers : le « trading à haute-fréquence ».  Cette (r)évolution d’une finance devenue automatisée, amorcée depuis des décennies « et en totale roue libre ces dernières années, est qualifiée par les critiques de « portrait vivant et atterrant » de « la course en avant démentielle qui agite les hautes sphères de la finance, entre soulèvement des machines, règne des algorithmes et dérèglements boursiers ». ( Cf notre billet de 2013 à ce sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/07/03/ce-nest-pas-la-cupidite-qui-plongea-le-monde-entier-dans-une-crise-financiere-sans-precedent-cest-lintelligence/  ). Sans compter cette pub(véridique) qui ne manque pas de sel !

 

 

Face à la haine décomplexée, « prudence » ?….ou vigilance ?

 

Agen : un quartier ciblé couvert de tags racistes et antisémites, rapporte La Dépêche, datée du 25/03/14.

« Atmosphère nauséabonde et réveil violent hier matin dans le quartier Floréal qui borde la route de Toulouse à Agen.
Les habitants ont découvert avec stupeur une série de tags xénophobes et antisémites aux messages explicites d’incitation à la haine raciale : «Les Arabes et les Juifs dehors ! Tous au four !».

«C’est une honte !», commentait, révoltée, une dame qui promenait son chien.  Elle s’est insurgée contre ce sentiment haineux envers les immigrés véhiculé par ces graffitis laissés un peu partout.
À l’unanimité, les riverains se montraient atterrés par ce raid nocturne et les agressions visuelles ressenties devant un spectacle choquant de croix gammées, de références récurrentes à Hitler et aux «SS» inscrites en rouge sur des portes de garages derrière la cité Floréal(…) L’auteur semble avoir suivi un itinéraire bien précis(…) Le choix de ce quartier populaire, point de convergence de la jeunesse des cités Sud-Est d’Agen, ne paraît en rien innocent. Le reste de la ville n’a pas été touché(…)
Pour sa part, un résidant du quartier Floréal n’hésitait pas à relier ces dégradations aux élections de la veille et au terrain gagné par le FN. Le commissariat a procédé aux constatations ».

Il appartiendra bien entendu aux enquêteurs de déterminer, en plus de l’identité du ou des auteurs, si ces inscriptions ont un rapport direct avec la soirée électorale de dimanche.

Néanmoins, face à cette forme de haine raciste et xénophobe « décomplexée »(avec un sentiment d’impunité ? Comme quoi le geste pourrait être « légitimé » ?), quelle posture choisir ? « Prudence » ? Ou « vigilance » ?

Eph.5v6-17 semble clair :

« Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion.
N’ayez donc aucune part avec eux.

"Dieu est lumière...vous êtes lumière...marchez comme des enfants de lumière !"

« Dieu est lumière…vous êtes lumière…marchez comme des enfants de lumière ! »

Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière !
Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
Examinez ce qui est agréable au Seigneur ;
et ne prenez point part aux oeuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les.
Car il est honteux de dire ce qu’ils font en secret ;
mais tout ce qui est condamné est manifesté par la lumière, car tout ce qui est manifesté est lumière.
C’est pour cela qu’il est dit : Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et Christ t’éclairera.
Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages ;
rachetez le temps, car les jours sont mauvais.
C’est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur ».(cf 1 Thes.5v5-8 )

Pas de « prudence » de mauvaise aloi, donc, au risque de minimiser, d’excuser ou de banaliser cette forme de violence,

Clandestins pour un aller simple

Ne cherchons pas de « boucs émissaires » : un seul(Jésus) l’a été pour nous….(Dessin de L.L. de Mars)

nourrissant la recherche de boucs émissaires. Mais vigilance, bienveillance et compassion envers ceux qui sont victimes de cette haine décomplexée. Comme bienveillance et compassion envers ceux qui souffrent(de la crise, du chômage…)
« Quand tout est obscur, une lumière se lève pour l’homme droit. Le fidèle est bienveillant et compatissant. » cf Psaume 112.4.
Soyons porteurs de « la bonne nouvelle », cette « bonne nouvelle » qui dit que « Dieu est lumière et qu’il n’y en point en lui de ténèbres » (1 Jean 5v5-7), lequel Dieu « aime l’étranger », ne fait pas de favoritisme et n’est pas corruptible (cf Deut.10v17-20)

Soyons vigilants, en faisant preuve de discernement, sans donner plus d’importance à un mouvement qu’il n’en a réellement. Cherchons à comprendre les mécanismes et les raisons d’une crise et ne cherchons pas les habituels boucs émissaires.

Ayons cette autre prudence face aux « hoaxs » et rumeurs racistes, plutôt que de les relayer sans discernements.

Soyons comme cet « homme prudent », dont parle Jésus et qui est celui qui bâtit « sur le roc »(Matt.7v24). Comme le rappelle Jésus, lequel a dit avoir été sur cette terre comme « l’étranger »(Matt.25v35).

Soyons vigilants et « soyons des hommes », comme nous y invite 1 Cor.16v13-14