Foireux liens (3) : « grandir et vivre… »

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Des foireux liens sur le thème de la sagesse, en réponse à la démesure actuelle

Pour ces nouveaux « Foireux liens », voici un zoom sur quelques personnalités marquantes de ces derniers mois(notamment d’Avril)qui nous exhortent à plus de maturité et de sagesse(ou d’équilibre, de sobriété et de discernement) face aux dérives éthiques et à une accélération de la perte des repères moraux. Lesquelles dérives ont un nom : « démesure », ou ce que les Grecs anciens appelaient « hybris ».

La plupart des personnalités mentionnées plus haut sont non chrétiennes, mais comme l’a dit le Seigneur : « les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont(ou ne semblent l’être) les enfants de lumière »(ou ceux qui prétendent l’être ?) cf Luc 16v8

D’autant plus que la Parole de Dieu nous exhorte à la modération(Tite 2v2-6) et que « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes…nous enseigne à renoncer l’impiété et aux convoitises mondaines et à vivre dans le présent siècle sagement(ou sobrement), justement et pieusement »(Tite 2v11-12)

Seule la sagesse de Dieu nous garde de la démesure (cf Eccl.7v11-19). Et le sage « est celui qui connaît ses limites » et qui se confie en Celui qui est plus grand que lui.

 

Tour d’horizon :
– Jacques Testart : vous a-t-on parlé de cet article du « Monde diplomatique » d’avril contre la dérive néolibérale de la PMA ?
Patrice de Plunkett attire notre attention, dans une récente note de blogue, sur la « toute la dernière page » du mensuel, qui est « consacrée à un article fracassant du biologiste Jacques Testart » (pionnier de la fécondation in vitro et qui vient de publier « faire des enfants demain » aux éditions du seuil, 2014) :  »Repenser la procréation médicalement assistée ».

Extrait du « Testart » : « L’eugénisme mou arrive déjà, par exemple quand la biomédecine […] trie les embryons pour retenir le plus conforme à une demande qui n’est pas toujours médicalement justifiée. Ce que l’on peut nommer l’instrumentation consentie, mouture affligeante de la liberté, pourrait conduire insensiblement à un monde biopolitique créé par l’engendrement en laboratoire d’individus programmés. […] Y suffira l’élargissement de l’assistance médicale à des  »raisons sociétales ». Ces  »raisons sociétales » mériteraient d’être interrogées : que signifie la revendication d’un  »droit à l’enfant » grâce à l’assistance médicale, surtout s’il n’est pas justifié par la stérilité ? […] Y aurait-il un rapport entre le  »désir d’enfant » et la pulsion de consommation d’objets de toutes sortes, caractéristique de notre ère de libéralisme  »épanouissant » ? »

Veillons à ne pas oublier le libéralisme économique, dans notre lutte contre le libéralisme culturel et sociétal. Puisque le premier nourrit, engendre le second !

Veillons à ne pas oublier le libéralisme économique, dans notre lutte contre le libéralisme culturel et sociétal. Puisque le premier nourrit, engendre le second !

Ou comment « le libéralisme économique engendre – in vitro – le libéralisme sociétal », commente Patrice de Plunkett. « Il en sortira, dit Testart, le projet  »transhumaniste » où l’homme  »augmenté » sera combiné avec des  »machines intelligentes »…L’espèce humaine, menée là sous prétexte de satisfaire tous ses désirs, se retrouvera dominée par  »les marchands d’électronique, de vaccins et de sperme », dans une société contrôlée et surveillée jusque à l’intime par la technique et l’économie. La déshumanisation ! Comment empêcher ce cauchemar ? »

On retrouve également Jacques Testart dans ces entretiens :
Dans Bastamag : « Demain, il n’y aura plus de limite au tri génétique ».

Tests génétiques, sélection des embryons, multiplication des fécondations in vitro : jusqu’où ira la médicalisation de la procréation ? Avec la sélection des profils génétiques, « nous finirons par orienter l’espèce humaine en fonction d’impératifs économiques », prévient Jacques Testart, biologiste et « père » du premier bébé éprouvette. Dans son ouvrage Faire des enfants demain, le chercheur alerte sur les risques d’eugénisme qu’amènent ces démarches.

-et dans le numéro 108, d’avril 2014 de « La Décroissance »(en kiosque) : « vers l’eugénisme »(p 5).

 

– Vincent Cheynet : après une carrière de publiciste, il fonde l’association « Casseurs de pub » en 1999, puis le mensuel « La Décroissance » en 2003…

Pourquoi notre dissociété casse-t-elle « la famille, dernier rempart du gratuit face à la marchandisation du monde »* ? C’est encore une étape de l’invasion de nos vies par l’idéologie (marchande) de l’illimité… Synthèse du livre de Vincent Cheynet « Décroissance ou décadence » (éditions Le pas de côté, 2014), dans lequel l’auteur questionne la volonté de liberté sans limites qui se donne à voir dans nos sociétés, à lire sur le blogue de Patrice de Plunkett.  (Voir aussi cette interview du même Vincent Cheynet dans La Vie)
Extraits : « Plus nettement qu’il ne l’a peut-être jamais fait, Vincent Cheynet articule dans une commune dynamique le libéralisme économique et le libéralisme culturel : la logique du productivisme et du sans limite relèvent d’un fait social total, venant se loger jusqu’au plus intime des êtres. En cela, toujours sous couvert «d’émancipation» et de «progrès des droits», le mariage pour tous, la PMA-GPA, la banalisation du divorce, l’ouverture des magasins le dimanche, la pression pour la légalisation du cannabis, sont symptomatiques d’un libéral-libertarisme transformé en rouleau compresseur, faisant tomber toutes les limites, lois et interdits ».

 
Erri de Luca : le poète(« Aller simple ») et romancier napolitain de 64 ans, dont nous parlons souvent sur Pep’s Café ! est sur le devant de la scène médiatique, pour avoir appelé au sabotage d’un « grand projet inutile » : la ligne Lyon-Turin**.

Patrice de Plunkett, encore, saisit l’occasion de reparler de ce personnage singulier, qui se définit non comme un « athée », mais comme « quelqu’un qui ne croit pas ». Quelqu’un qui « partage le voyage » des hébreux depuis la sortie d’Egypte « mais non la destination »(Canaan). Néanmoins, il aime suffisamment la Bible pour avoir choisi d’apprendre l’hébreu afin de lire les Ecritures dans le texte, et lui avoir consacré des essais : Première heure (Rivages 2000), Et Il dit, Noyau d’olive (Gallimard 2004), Les saintes du scandale (Mercure de France 2013) ; et des traductions : Kohèlet (1996), Il libro di Rut (1999), Vita di Sansone dal libro Giudio/Shoftim (2002), Vita di Noé/Nòa (2004)…

« Dans (noyau d’olive), De Luca souligne le vrai sens du livre de la Genèse : tout autre chose qu’un permis de saccager la terre, selon le contresens commis depuis Lynn White en 1967 et qui vient de l’ignorance. En effet, explique l’hébraïsant, la polysémie de l’hébreu se perd dans les traductions « quand un seul verbe est disloqué en divers synonymes traduit avec des sens différents » : « Les verbes du travail et de la garde de la terre, avad et shamar, sont les mêmes, terriblement les mêmes, que celui du service dû à Dieu. Pour cette écriture ancienne, travailler la terre et la servir sont le même mot, le même empressement dû au service du sacré. Les voici : laavod et haadama, « servir le sol » (Bereshit/Genèse 2,5) et laavod et Yod Elohenu, « servir Yod/Dieu notre Elohim » (Shmot/ Exode 10,26). La terre est dans la sollicitude de Dieu. Les règles du repos sabbatique, un jour par semaine, un an tous les sept ans, marquent une insistance à la protéger d’une exploitation forcenée. Elles expliquent que la terre n’appartient pas à l’espèce de l’Adam, locataire et non propriétaire du sol… »

 

Gaël Giraud : « L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes »

Propos recueillis dans La Vie par Constance de Buor :

Pour sa quatrième édition, le prix lycéen « Lire l’économie » a été remis au jésuite et directeur de recherches au CNRS Gaël Giraud, pour son livre Illusion financière (éditions de l’Atelier). En décembre dernier, 3000 lycéens de seconde, de bac général, technologique et professionnel tertiaire ont récompensé l’économiste, déjà coauteur avec Cécile Renouard de « Vingt Propositions pour réformer le capitalisme » (Flammarion) qui mise sur la transition écologique pour sortir l’Europe des suites de la crise financière pour cet ouvrage pédagogique.

 
Gilles Boucomont : le pasteur publie sur son blogue un article tous les tremblements de terre, mais cela vaut le coup d’attendre ! Si vous avez manqué le tout dernier : « sortir de la culture du débat » , ne le manquez plus, car il est excellent, pertinent et corrosif (nous en avions parlé ici). A lire et à relayer.

 

 

 

"La vieille croix" : en réalité toujours d'actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de "la neuve" ou de la prétendue "originale", "dans le vent", mais sans puissance

« La vieille croix » : en réalité toujours d’actualité et nécessaire pour nous. Gardons-nous de « la neuve » ou de la prétendue « originale », « dans le vent », mais sans puissance

A.W. Tozer : « la vieille croix »

Né en 1897 et mort en 1963, il a exercé un fructueux ministère de pasteur, de prédicateur et d’écrivain aux États-Unis. L’ article qui suit(« La vieille croix », initialement publié dans « Promesses ») a beau avoir été rédigé il y a bientôt un demi siècle, il n’a rien perdu de sa pertinence et de son actualité. Particulièrement en ces temps et au moment où les chrétiens fêtent Pâque(s). TGC Evangile 21 le remet en valeur :
« Sans avertir et presque inaperçue, une nouvelle croix*** s’est introduite dans les milieux évangéliques populaires de notre époque.

Elle ressemble à l’ancienne, mais elle est différente : les similitudes sont superficielles, les différences fondamentales.

De cette nouvelle croix a germé une nouvelle philosophie de la vie chrétienne, et de cette philosophie une nouvelle technique évangélique : un nouveau style de réunion et un nouveau genre de prédication.

Cette nouvelle évangélisation emploie le même langage que l’ancienne, mais son contenu n’est pas le même et sa puissance n’est plus comme auparavant.
La vieille croix n’avait aucun rapport avec le monde. Pour la chair orgueilleuse d’Adam, elle signifiait la mort. Elle mettait à exécution la sentence imposée par la loi du Sinaï.

La nouvelle croix, elle, n’est pas opposée à la race humaine ; elle en est, au contraire, une partenaire amicale et, si je comprends bien, elle alimente un flot d’amusements légitimes et bons, et d’innocentes réjouissances.

Elle laisse Adam vivre sans entraves, avec une motivation inchangée ; il peut continuer à vivre pour son plaisir et, maintenant, au lieu de se réjouir à chanter des chansons douteuses en buvant des boissons fortes, il se réjouit à chanter des cantiques et à regarder des films religieux. L’accent reste toujours sur la jouissance qui se tient sur un plan plus élevé ! »
(…)

La suite ici.
Un article salutaire. A ce sujet, un évangéliste m’avait dit un jour fort justement que « si l’on n’a pas prêcher la croix, on n’a pas annoncé l’évangile ». D’où l’importance de bien comprendre la (vieille)croix et sa place dans l’évangile.

 

 

 

 
Notes :

*A propos de la famille : celle-ci est-elle « à défendre », parce qu' »institution traditionnelle en péril » et « valeur morale menacée » ?
A moins qu’elle ne soit plutôt un « projet à vivre », « un projet d’ordre créationnel et anthropologique, dont l’idéal demeure accessible avec le secours de la grâce de Dieu, la prière et une écoute confiante de la Parole ». A découvrir le dernier numéro de la revue de réflexion biblique « Promesses » (numéro 188, avril-juin) : « la famille, un défi pour aujourd’hui ». Des articles de Bernard Sautel, Florent Varak, Louis Schweitzer….

 

**Chantier titanesque, le TGV Lyon-Turin suscite la colère des écologistes des deux côtés de la frontière. Les habitants du val de Suse, en Italie, sont mobilisés depuis des années contre ces travaux qui impliquent le percement d’un tunnel de 57 km entre Suse, dans le Piémont, et Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie. Maintes fois repoussé, ce projet de transport mixte, fret et voyageurs, a été lancé en 1991, acté dans un traité international en 2001 et longtemps ajourné faute de financements. L’ensemble devrait coûter 25 milliards d’euros, dont 8,5 pour le tronçon international. Et ce, alors que le trafic se raréfie.

D’autres « grands projets inutiles », rapportés par « La Décroissance » d’avril(« misons sur l’avenir », p 9) : En Angola, contre du pétrole, la Chine a construit 500.000 logements mais comme les habitants n’ont pas les moyens, Kilamba est devenue la plus grande ville fantôme du monde(http://www.afriquinfos.com/articles/2012/7/4/kilamba-ville-fantome-plus-grande-monde-205681.asp ; http://www.lefigaro.fr/immobilier/2012/07/05/05002-20120705DIMFIG00822-en-angola-la-ville-fantome-batie-par-la-chine.php). …..l’aéroport de Notre Dame des Landes, un projet de 250 millions d’euros, qui répondrait à une demande de croissance de transport aérien…alors que la France possède déjà 170 aéroports contre 26 en Espagne ou 19 en Allemagne….Des exemples de grands projets inutiles dans la Bible ? La tour de Babel, qui n’a jamais servi(Gen.11) ou encore la statue de Nabucadnetsar, entièrement en or, haute de soixante coudées et large de six coudées, dressée dans la vallée de dura, dans la province de Babylone(Dan.3v1, 29-30)

 

*** Quant à la « nouvelle croix », il semble qu’on la retrouve dans ce commentaire du responsable d’un blogue « d’actualités chrétiennes » :

Rédaction(12 avril 2014. 10h06 min) : La croix c’est justement le salut la guérison la délivrance et la bénédiction !

Cette affirmation n’est pas fausse et doit être bien entendu replacée dans son contexte, avec les autres commentaires et le court billet qui précède, dans lequel son auteur se livre à un « (Paul)Washer bashing », à l’encontre d’un missionnaire américain qui « a le malheur » de ne pas être « cool » à ses yeux.  A noter que ledit « Washer bashing » prend des allures de « récidive », comme on peut le constater .

 

La grâce, ce n’est pas un style de vie « gras », qui se voudrait « cool ».

La grâce ? C’est évident ! Tellement évidente qu’elle est, en vérité, souvent bien mal connue ou mal comprise !

La grâce est en vérité difficile à définir, tant elle est éloignée de nos schémas de pensée, qui reposent sur le mérite, le dû, le « deal ».
Or, la grâce n’est pas du dû ou du « deal », puisqu’elle nous donne ce que nous ne méritons pas et ne pouvons mériter. Elle vient de Dieu et de Dieu seul(Eph.2v8-10), qui ne peut rien recevoir de l’homme*.

La grâce révèle la colère de Dieu « contre toute impiété[une vie sans loi, sans frein] et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive »(Rom.1v18)

Tout homme, sans exception, quelle que soit sa classe sociale, sa religion (ou son absence de religion), son niveau de vie, son niveau intellectuel, son niveau de sainteté ou de bassesse(Ex : l’apôtre Paul-ancien persécuteur de l’Eglise et de Christ, le théologien Nicodème, le Roi Manassé, le collecteur d’impôt et collabo Zachée, la prostituée Rahab, le jeune homme riche qui cherchait quoi faire « pour hériter la vie éternelle »….)a besoin de la grâce de Dieu, parce que Dieu est saint et que tout homme est pécheur(Rom. 3v19, 22-23). Et que « le salaire du péché, c’est la mort »(Rom.6v23)

Sur quelle base s’exerce cette grâce de Dieu ?

 

La grâce, « source de salut pour tous les hommes », « a été manifestée »(Tite 2v11) en Jésus-Christ (Jean 1v17 ; 2 Tim 1.9-10).
Accepter la grâce pour être ainsi « gratuitement justifiés, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ » (Rom 3.24) et vivre par elle nous libère de  « la loi(ou « la malédiction ») de la loi » (qui repose sur : « tu dois mener une vie parfaite » et « si tu transgresse même le plus petit point de la loi, tu es mort »cf Gal.3v10-13)
Enfin, la grâce nous « enseigne », selon Tite 2v11-12**, « à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines »(qui sont personnelles, puisque « chacun est amorcé par sa propre convoitise » cf Jac 1v14), et à « vivre », non pas isolé, de façon « bizarre », ou même « confondu avec », mais « dans le siècle présent », aux conditions suivantes(comparer avec Jean 17) :

-« sagement »(ou « sobrement », « équilibré »), quant à soi : ce qui exclue la mentalité infantile du « no limit » et l’obsession de satisfaire nos moindres désirs.

"Comparaisons", par Andy Singer

« Comparaisons », par Andy Singer

-« justement » quant aux autres : ce qui exclue l’égoïsme, l’individualisme, l’esprit de comparaison et de compétition.

-« pieusement » quant à(notre relation avec) Dieu : soit une manière de vivre pleine de respect pour Dieu, ce qui implique de nous préoccuper moins de ce que nous faisons pour Dieu(et donc de nous-même) et plus de ce que Dieu est et a fait pour nous…De quoi nous inspirer pour l’adorer Lui et Lui seul, en esprit et en vérité(Jean 4v34)

 

La grâce, ce n’est donc pas un style de vie « gras », qui se voudrait « cool », justifiant n’importe quoi.***

La grâce, formidable moteur de notre vie chrétienne, nous encourage à la sainteté, à vivre une vie qui plaît à Dieu, dans la perspective du retour du Seigneur Jésus-Christ (1 Pi 1.13)

 

 

 

 
Notes :

*Des exemples de la grâce à découvrir : dans ces paraboles de Jésus (Matt.22v1-14 ; Matt. 20v1-16) ou l’histoire de Ruth(comparer avec Deut.23v3)…autant d’illustrations(particulièrement dans Ruth) de la bonté de Dieu.

Un dossier sur l’amour et la grâce de Dieu dans ce numéro de Promesses : http://www.promesses.org/arts/184p01.html, dont l’article de Joël Prohin m’a inspiré la structure du présent billet.

Un livre de Jerry Bridges : Vivre sous la grâce(ed. Farel, 1996). Malheureusement épuisé. Si vous avez « la chance » d’en trouver un….

** A rapprocher du résumé de la loi par Jésus : « tu aimeras ton Dieu…et ton prochain, comme toi-même » cf Matt.22v37-39

*** C’est le cas des Corinthiens cf 1 Cor.1v10-13 ; 3v16-23 ; 4-8 ; 10…

Mais il est tout à fait possible de vider la grâce de son sens, à la manière(légaliste)des Galates.

 

« Dieu n’est pas cool avec le péché »

 

 

Dieu n’est pas « cool » avec le péché, de par Sa nature sainte (Habak.1v13 ; Ex.34v7)

 

 

 
Parce que le péché, dont « le salaire est la mort »(Rom.6v23) nous dégrade

(News lovers in the)Planet of the Apps (2013) Huile sur toile 36” x 36” de  Patrick McGrath Muñiz  Dans cette version, Adam et Eve s'ignorent mutuellement, prêtant plus d'attention à leur smartphone.

(News lovers in the)Planet of the Apps
(2013)
Huile sur toile 36” x 36” de Patrick McGrath Muñiz
Dans cette version, Adam et Eve s’ignorent mutuellement, prêtant plus d’attention à leur smartphone.

 

et nous prive de relations(voir Genèse 3) :
-Avec Celui qui est la source de la vie, « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 1v1-4 ; 5v11-13, 20) et « le Saint »(1 Pie.1v15-16 )

 

-Et, par ricochet, avec les autres (1 Jean 1v7 ; 3-4)

 

 

 

 

 

 

Dieu n’est pas cool avec le péché(Rom.1v18). Il ne le peut pas. Non seulement de par Sa nature même, mais parce que cela Lui a coûté beaucoup, par amour, pour nous en délivrer : le sacrifice de Son Fils unique.(Jean 3v16 ; Rom.5)

 
Une analogie de ce qui précède avec les lépreux peut se lire ici : http://www.info-bible.org/legrand/5.1.htm

Notre regard sur le pauvre : Rois et Prophètes

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

Le 17 janvier 2013, nous avions démarré une étude biblique nous invitant, à travers un examen approfondi des Ecritures(Ancien et Nouveau Testaments), à (re)considérer  « Notre regard sur le pauvre, l’étranger et l’éprouvé» et, par là même, à rejoindre Dieu Lui-même dans Sa façon de considérer le pauvre.

Après cette introduction au thème, la première partie de l’étude rappelait ce que la loi prévoit pour le pauvre et « la justice sociale », et ce qu’elle nous apprend sur le regard de Dieu sur le pauvre.

Il est intéressant de noter que le roi d’Israël, une fois sur le trône, devait s’appliquer à faire une copie de la loi pour son usage personnel, afin de l’observer(y compris, donc, ce qui est relatif au droit du pauvre). Il devait également veiller à se garder de tout train de vie « bling bling »(Deut.17v14-20. Comparer avec celui de Salomon, pourtant le roi le plus sage que la Terre ait porté : 1 Rois 1011).

Une certaine conception dite « libérale conservatrice » tend à cantonner « le roi » dans ses domaines dits « régaliens »(Justice, police-« sécurité », armée, diplomatie). Or, une telle conception oublie que le rôle du roi(aussi bien celui d’Israël que les rois des nations) est aussi d' »ouvrir la bouche pour le muet », de « prendre la cause de tous les délaissés », et de « défendre le pauvre et l’indigent »(Prov. 31v8-9 ; Ezéch.34-où les « bergers » ont le sens de « chefs politiques » dans ce passage-et cf Jér.22v2-5, 15, avec ce discours de Jérémie au roi de Juda).

Mais que se passe-t-il, si la loi n’est pas respectée par le peuple ou même par celui ou ceux censés l’appliquer les premiers et enseigner/inciter les autres à la suivre ?

C’est alors qu’interviennent les prophètes, porte-parole de Dieu, dont l’étude des messages concernant la pauvreté et la justice sociale fera l’objet de cette nouvelle partie.

Les premiers d’entre eux sont Nathan(qui, par le biais d’une parabole sur « la brebis du pauvre et l’invité du riche », rappelle au roi David, coupable de meurtre et d’adultère, ce que signifie être « le berger d’Israël » cf 2 Sam. 12v1-13) et Elie, face à Achab (1 Rois 21). Néanmoins, Amos est, semble-t-il, le premier des Prophètes dont les paroles figurent dans un livre qui porte son nom.

 

Lecture du livre d’Amos :
Le ministère prophétique d’Amos se situe à la fin du long règne de Jéroboam II (783-783). Quelle est la particularité de ce règne ? (cf 2 Rois 14v23-29). Restituer la situation économique, morale et religieuse du peuple au temps d’Amos et de ce roi.
A qui s’adresse le message du prophète ?

No exit par Andy Singer

No exit par Andy Singer

 

Quels crimes dénonce-t-il chez les nations (Amos 1v3-2v3) ? Que reproche-t-il à Israël ? Qu’est-ce qui est bafoué ? Voir 2v6-16(comparer avec Ex 23v6-8) ; 3v9 ; 4v1 ; 5 ; 9-11

Quelle est la gravité  des fautes d’Israël ?  Pourquoi ? (Voir ce rappel en Amos 2v4, 9-10). En quoi(plutôt qu’en qui) Israël a-t-elle mis sa confiance, en fin de compte ? Qu’est-ce qu’Israël a rompu ?

 

 

 

Lecture du livre d’Esaïe :
Lire Es. 1v1 à 5v30, et plus particulièrement le chapitre 2v6-22 : Qui est Esaïe ? Que dénonce-t-il ?

 

Que révèle-t-il particulièrement de Dieu, en comparaison ? Et de la seule attitude que l’homme doit avoir devant Dieu, pour être justifié ?(cf Es. 6). La « vraie religion » selon Dieu ?(Es. 58 et cf Zach.7v4-10)

 

 

 

Que nous apprend Es.61 à propos du Messie : qu’a-t-il fait pour les pauvres ?(cf Zach.9-14)

 

 

 

 

Lecture du livre de Michée* :

Qui sont les destinataires du message du prophète ? (Mich. 1v1-5)

Pour quels crimes ? Qui sont responsables ? (Michée 2-3 ; 6v9-7v1-3)

« On t’a fait connaître, Ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi »…Quoi donc ?(Mich.6v8)

 

 
Lecture du livre de Sophonie :

Lecture des chapitres 1v1-3v20
Sous quel règne Sophonie exerce-t-il son ministère ?(1v1)

Sur qui sera le jugement ? Pour quels péchés ? (Soph.1 ; 2v8-15 ; 3v1-7). Comment y échapper ? (Soph.2v1-3)
Qu’est-ce que la pauvreté selon le prophète ? (Soph.3v11 et ss)

 

Bref, autant de messages et autant de rappels salutaires de principes divins de base, dans des contextes de croissance et de prospérité, où l’on est toujours en danger d’oublier l’essentiel.

(A suivre)

 

 

 

 

Notes :

* Une organisation chrétienne a pour nom « Défi Michée« . Pour découvrir en quoi consiste ses missions, voir ici.

 

 

 

Face à la haine décomplexée, « prudence » ?….ou vigilance ?

 

Agen : un quartier ciblé couvert de tags racistes et antisémites, rapporte La Dépêche, datée du 25/03/14.

« Atmosphère nauséabonde et réveil violent hier matin dans le quartier Floréal qui borde la route de Toulouse à Agen.
Les habitants ont découvert avec stupeur une série de tags xénophobes et antisémites aux messages explicites d’incitation à la haine raciale : «Les Arabes et les Juifs dehors ! Tous au four !».

«C’est une honte !», commentait, révoltée, une dame qui promenait son chien.  Elle s’est insurgée contre ce sentiment haineux envers les immigrés véhiculé par ces graffitis laissés un peu partout.
À l’unanimité, les riverains se montraient atterrés par ce raid nocturne et les agressions visuelles ressenties devant un spectacle choquant de croix gammées, de références récurrentes à Hitler et aux «SS» inscrites en rouge sur des portes de garages derrière la cité Floréal(…) L’auteur semble avoir suivi un itinéraire bien précis(…) Le choix de ce quartier populaire, point de convergence de la jeunesse des cités Sud-Est d’Agen, ne paraît en rien innocent. Le reste de la ville n’a pas été touché(…)
Pour sa part, un résidant du quartier Floréal n’hésitait pas à relier ces dégradations aux élections de la veille et au terrain gagné par le FN. Le commissariat a procédé aux constatations ».

Il appartiendra bien entendu aux enquêteurs de déterminer, en plus de l’identité du ou des auteurs, si ces inscriptions ont un rapport direct avec la soirée électorale de dimanche.

Néanmoins, face à cette forme de haine raciste et xénophobe « décomplexée »(avec un sentiment d’impunité ? Comme quoi le geste pourrait être « légitimé » ?), quelle posture choisir ? « Prudence » ? Ou « vigilance » ?

Eph.5v6-17 semble clair :

« Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion.
N’ayez donc aucune part avec eux.

"Dieu est lumière...vous êtes lumière...marchez comme des enfants de lumière !"

« Dieu est lumière…vous êtes lumière…marchez comme des enfants de lumière ! »

Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière !
Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
Examinez ce qui est agréable au Seigneur ;
et ne prenez point part aux oeuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les.
Car il est honteux de dire ce qu’ils font en secret ;
mais tout ce qui est condamné est manifesté par la lumière, car tout ce qui est manifesté est lumière.
C’est pour cela qu’il est dit : Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et Christ t’éclairera.
Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages ;
rachetez le temps, car les jours sont mauvais.
C’est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur ».(cf 1 Thes.5v5-8 )

Pas de « prudence » de mauvaise aloi, donc, au risque de minimiser, d’excuser ou de banaliser cette forme de violence,

Clandestins pour un aller simple

Ne cherchons pas de « boucs émissaires » : un seul(Jésus) l’a été pour nous….(Dessin de L.L. de Mars)

nourrissant la recherche de boucs émissaires. Mais vigilance, bienveillance et compassion envers ceux qui sont victimes de cette haine décomplexée. Comme bienveillance et compassion envers ceux qui souffrent(de la crise, du chômage…)
« Quand tout est obscur, une lumière se lève pour l’homme droit. Le fidèle est bienveillant et compatissant. » cf Psaume 112.4.
Soyons porteurs de « la bonne nouvelle », cette « bonne nouvelle » qui dit que « Dieu est lumière et qu’il n’y en point en lui de ténèbres » (1 Jean 5v5-7), lequel Dieu « aime l’étranger », ne fait pas de favoritisme et n’est pas corruptible (cf Deut.10v17-20)

Soyons vigilants, en faisant preuve de discernement, sans donner plus d’importance à un mouvement qu’il n’en a réellement. Cherchons à comprendre les mécanismes et les raisons d’une crise et ne cherchons pas les habituels boucs émissaires.

Ayons cette autre prudence face aux « hoaxs » et rumeurs racistes, plutôt que de les relayer sans discernements.

Soyons comme cet « homme prudent », dont parle Jésus et qui est celui qui bâtit « sur le roc »(Matt.7v24). Comme le rappelle Jésus, lequel a dit avoir été sur cette terre comme « l’étranger »(Matt.25v35).

Soyons vigilants et « soyons des hommes », comme nous y invite 1 Cor.16v13-14

Transmission

Grand-père et petit-fils par George Hodan Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Grand-père et petit-fils par George Hodan
La transmission, d’une génération à l’autre : un enjeu, à l’ère où tout ce qui est « vieux » est dévalorisé

« L’Homme de bien transmet son héritage aux enfants de ses enfants… »(Prov.13v22)

L' »homme de bien » est aussi un homme sage. A mille lieux d’une vision à court terme, il pense à l’avenir. Et même au-delà de ses propres intérêts, de ce qui peut « rapporter tout de suite », ou même de ses propres enfants. Il se soucie de ce qui sera laissé aux petits enfants.

« Ce qui sera laissé »(« l’héritage ») est révélateur de ce qui a (pré)occupé cet « homme de bien » durant sa vie : cet héritage sera-t-il matériel, moral, culturel, environnemental ou spirituel ? A moins qu’il ne soit…Dieu Lui-même ? (Deut.10v9) Sachant qu’en comparaison, Dieu s’est choisi des personnes pour héritage.(Deut.9v29)

A quoi rêvent les petits garçons ? Et les petites filles ?

Nos (petits)enfants nous accuseront-ils ? Et d’ailleurs, se préoccuperont-ils de ce qui leur sera laissé ?

Mais ce qui est aussi révélateur est la façon dont les bénéficiaires recevront l’héritage. Car la question qui suit-au delà du « comment transmettre »- reste d’actualité :

Qu’en feront-ils ?

« Le Christianisme n’est pas une religion »

Le Christianisme n’est pas une religion, mais l’acceptation de l’amour de Dieu(cf Jean 3v16) et le désir de vivre pour Christ, « qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi »(cf Galates 2v20), ai-je lu sur un feuillet du calendrier de la Bonne Semence, daté du 06 mars 2014.

C’est absolument vrai.

« Je dirai même plus », le Christianisme,

c’est aussi une rencontre et une relation avec Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20). Une rencontre et une relation de nature à nous transformer et à nous réconcilier avec Dieu, nous-mêmes et les autres. Une relation à la fois « verticale » et « horizontale », qui nous permet de vivre véritablement avec et pour Dieu, et les autres.

Cette relation pleine de sens, Dieu la veut et l’a rendue possible, par Jésus-Christ. Resteras-tu en dehors ?

En ce moment, j’écoute… »comme une terre altérée »

« Comme une terre altérée »(d’après Prov.19v12 et Osée 14v5)

Un cantique de E.-L. Budry(1932) et J. Mc Granahan(1907), interprété par Sebastien Demrey et Jimmy Lahaie*

 

1. Comme une terre altérée soupire après l’eau du ciel,
Nous appelons la rosée de ta grâce, Emmanuel.

Chœur:    Fraîche rosées, descendez sur nous tous!
O divines ondées, venez, arrosez-nous!

2. Descends, ô pluie abondante, coule à flots dans notre cœur,
Donne à l’âme languissante une nouvelle fraîcheur.

Chœur:    Fraîches rosées…

3. Ne laisse en nous rien d’aride qui ne soit fertilisé ;
Que le cœur le plus avide soit pleinement arrosé.

Chœur:    Fraîches rosées…

4. Oui, que les déserts fleurissent sous tes bienfaisantes eaux;
Que les lieux secs reverdissent et portent des fruits nouveaux.

Chœur:    Fraîches rosées…

5. Viens, o salutaire pluie, Esprit de grâce et de paix,
Répands en nous une vie qui ne tarisse jamais.

Chœur:    Fraîches rosées…

(Sur les Ailes de la Foi No 145 )

 

 

Prenons ainsi un temps d’adoration pour notre Dieu, car notre Dieu est « terrible » ! Il fait jaillir l’eau du rocher, des sources d’eau du granit !(Ps. 114)

Qui est comme Lui ? Haut élevé, mais abaissant ses regards sur la Terre, en direction des faibles.(Ps.113)

 

 

 

 

Notes :

*Dans l’album « Héritage : cantiques et hymnes », volume II (produit et distribué par CIME MUSIQUE)

Le duo d’artistes canadiens souhaitent ainsi retransmettre tout un héritage musical et spirituel que nous ont légué des auteurs et compositeurs chrétiens à travers les siècles. Héritage dans lequel ils ont grandi et qu’ils se sont personnellement appropriés en le respectant. Leur souhait est que « ces paroles et mélodies puissent faire du bien à (notre) âme, glorifiant ainsi Dieu, source d’inspiration de tous ces chants. » N’hésitez pas à vous procurer ce CD(ainsi que les volumes I et III de cet « Héritage »), afin de découvrir ces chants qui ont toute une histoire, et nous parlent encore.

« Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste ».

Qu’est-ce que la vérité ?

Question essentielle et fondamentale, s’il en est, puisque de la réponse dépend notre liberté. Rien moins. Nous y reviendrons.

La question avait été posée jadis par Pilate à Jésus. Le procurateur romain attendait-il une réponse ? Il semble malheureusement que non, puisque l’intéressé sortit avant de l’entendre.

Selon Héraclite, « qui cherche la vérité doit être prêt à l’inattendu, car elle est difficile à trouver et, quand on la rencontre, déconcertante ».

Il existe « une vérité qui dérange », à l’instar du film éponyme d’Al Gore.

Dans « L’ultimatum des trois mercenaires », l’ultime film de Robert Aldrich*-enfin disponible dans son intégralité chez Carlotta-qui décrit une société où l’image est omniprésente et fragmentée, et où l’on s’identifie à l’aide de numéros, le personnage du président des Etats-Unis estime que la vérité (et la transparence) est « un devoir des gouvernements, vis à vis des citoyens », qui sont jugés suffisamment mûrs pour « avoir le droit de savoir ».

Charles Péguy, enfin, a eu l’ambition de « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste. »**

Qu’est-ce que la vérité ?

D’après le Nouveau Dictionnaire Biblique Emmaüs, le mot hébreu ’emet’, dans l’Ancien Testament, généralement traduit par « vérité », est lié à un verbe qui veut dire « supporter, soutenir, établir », avec l’idée de solidité, de fidélité. Il est appliqué à des faits, qui peuvent être appréciés pour être vrais ou faux. C’est son sens intellectuel. Mais il a aussi le sens existentiel et moral qui présente la vérité en tant qu’attribut d’une personne : être vrai, c’est être droit, honnête, authentique, sûr, fidèle, juste, homme de parole…

La Vérité (absolue) existe-t-elle ?
La question est toujours d’actualité et un défi pour le chrétien, face au relativisme et à la « fuite de l’absolu », qui caractérise notre occident post-moderne et que dénonce d’ailleurs Paul Gosselin, anthropologue évangélique ( cf  http://assr.revues.org/6342 ; http://assr.revues.org/21575?lang=en )
Or, l’on sera peut être surpris de constater que cette « fuite de l’absolu » n’est pas le monopole du postmodernisme, puisqu’il est notamment revendiqué dans cet article découvert depuis peu et dont voici l’introduction : « Jusque maintenant, la seule religion qui officiellement interdit le mensonge, c’est l’Islam. Le christianisme le combat et le condamne mais ne l’interdit pas, ce qui serait ridicule ».

De quoi s’agit-il exactement ? L’auteur, présenté sous le nom d’ «Andrea De Filippi » dénonce « deux amendements relatifs à l’IVG et à la notion de « détresse » (…) qui ont été « votés par le Parlement, dans le cadre de la loi sur l’égalité  » homme-femme ». Outre le fait qu’il s’agit de postures électoralistes plus que discutables, il faut remarquer que l’un de ces deux amendements vise ni plus ni moins à interdire le mensonge ».

Une telle dénonciation, si le but est bien de mettre en garde contre les conséquences de tels amendements, peut se comprendre. Un décryptage (texte à l’appui***) aurait été pertinent et judicieux. Néanmoins, l’auteur plombe lui-même de façon maladroite son propre argumentaire(ou supposé tel). Car « Interdire le mensonge » (ce que supposerait le texte) ou « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui », semble être là le cœur du problème dénoncé par l’auteur, pour qui la fin justifie sans doute les moyens. Ce dernier se livre à un étonnant et inquiétant « plaidoyer », de toute façon peu convaincant (et fondé sur le silence, de fait de l’absence d’une seule citation biblique) sur le caractère supposé « relatif » de la vérité et du mensonge.
Cela fait beaucoup de suppositions ! On peut de fait douter du sérieux de l’auteur (dont l’identité affichée n’est peut-être que relative), et de sa capacité réelle à traiter et à maîtriser son sujet, autant dans les domaines théologiques et bibliques que juridiques. Sait-il en vérité de quoi il parle ?

Chacun jugera. Florilège :

 

« Nous savons tous que le mensonge est un concept plus que relatif ! »
Vous ne rêvez pas : c’est bien écrit. A la vingt-sixième ligne.
Ce « (nous) savons », loin d’apporter des certitudes solides, est plutôt de nature à « savonner » la marche des lecteurs sincères(chrétiens ou non), les entraînant sur un terrain glissant.

Car enfin, qu’est-ce que le mensonge ? Une « altération volontaire de la vérité dans le but de tromper ».
Contrairement à ce qui est affirmé plus haut, les Ecritures font plus que simplement « condamner » le mensonge : elles s’y opposent et l’interdisent radicalement (Ex.20v16, Deut .5v20), puisque le mensonge est associé à l’idolâtrie(Jér.10v14)et au rejet de Christ(1 Jean 2v22). A la base du péché, on trouve la volonté de « changer la vérité de Dieu en mensonge »(Rom.1v25). Le mensonge prend diverses formes, comme les demi-vérités, les faux poids, les faux serments, l’hypocrisie….

D’ailleurs, il est particulièrement périlleux de jouer avec la vérité et le mensonge, puisque « la colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive »(Rom.1v18).  De plus, « le faux témoin qui dit des mensonges », comme « celui qui excite des querelles entre frères », fait partie « des six choses que hait l’Éternel », et même « sept qui sont en abomination à son âme »(Prov.6v16-19, cf 12v22 et 14). « Celui qui dit des mensonges périra », annonce solennellement deux fois Prov.19v5, 9. Cf Lévitique 5v20-26, 2 Rois 5v20-27 et Deut.13v1-5.

Le Nouveau Testament n’est pas plus « cool » que le Premier à ce sujet : on relira cette histoire édifiante et malheureusement vraie dans Actes 5v1-11, et l’on se rappellera, en avec Apocalypse 21v8, 22v15, quelle est la part de ceux « qui aiment et pratiquent le mensonge ».

Pourquoi tant « intolérance biblique » vis à vis du mensonge ?
Cela s’explique par la nature de Dieu même : lequel est « lumière et il n’y a en Lui aucune ténèbres » (1 Jean 1v5). De fait, « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous ». (1 Jean 1v6-10)

Dieu ne ment point(Tite 1v2, Hebr.6v18) ; « L’Eternel est un Dieu de vérité »(Jer.10v10) et « la vie éternelle, c’est de connaître (le)seul vrai Dieu et Celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ »(Jean 17v3)

Par contraste, Mme de Filippi invoque ses lecteurs supposés, dont « aucun n’(est censé)ignorer qu’en réalité, il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde, abstraction faite de la foi de chacun ».
Une affirmation fausse et dangereuse, qui tend à favoriser une foi subjective, ne reposant sur rien de solide ou d’absolu, puisque selon l’auteur, « il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde ». Bref, une subjectivité plus proche de la mauvaise foi et bien éloignée de « la foi subjective »(ou personnelle-que chacun doit s’approprier et donc vivre personnellement, de manière authentique) de Kierkegaard. N’est pas philosophe qui veut.

Mieux, l’auteur assène un « Qui peut encore croire, à part quelques extrémistes de tout bord – se manifestant aussi sur ce site d’ailleurs – que dire la vérité tout le temps est possible? »

Jésus-Christ, peut-être ? Lequel « extrémiste », à moins qu’il ne soit en vérité radical, a par ailleurs affirmé : « je suis le chemin, la vérité et la vie » ?(Jean 14v6). Lequel Jésus est « le Dieu véritable »(1 Jean 5v20), « Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude… »(1 Pie.2v22) ?

A l’inverse, Satan est « menteur et Père du mensonge »(Jean 8v44, 2 Cor.11v14). Sa technique n’a pas changé depuis le commencement : « proposer une bouteille contenant 99,9 % d’eau pure et 0,1 % de poison ». En buvant, ce n’est pas l’eau de la vérité qui vous tue, mais le poison qui y est mélangé[« pas touche » in Promesses janvier-mars 2014, 187 – « l’occultisme démasqué »)

La vérité peut-être elle connue ? Oui, car la vérité est incarnée en Jésus.  Elle « est en Jésus »(Eph.4v21). La vérité existe donc : elle est non seulement incarnée, mais aussi relationnelle, à l’instar de la vie éternelle. Elle n’est donc pas relative, mais absolue. Dieu la veut reproduite en nous, Ses enfants : Eph 4v15, 21-24

A quoi reconnaît-on les disciples de Jésus ? D’abord, à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Ensuite, « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »(Jean 8, 31 – 42)

A quoi reconnaît-on les enfants du Dieu véritable, qui est lumière ? Ils rejettent « les choses honteuses qui se font en secret », ils n’ont « point une conduite astucieuse », et ils n’altèrent « point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité », ils se recommandent « à toute conscience d’homme devant Dieu » (2 Cor.4v2-4). Ils n’avancent pas masqués, agissent selon la vérité et « viennent à la lumière, afin que (leurs) œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu ». (Jean 3v19-21cf matt.5v14-16). Ils sont sanctifiés par la vérité(jean 17v17). Ils sont passés des ténèbres à la lumière, sont enfants de lumière et leur fruit consiste en toutes sortes de « bonté, justice, vérité »(1 Thes.5v5-6 ; Eph.5v8-13) : vérité relative ? Bonté relative ? Justice relative ?
A noter encore que le Saint-Esprit est « l’Esprit de vérité »(Jean 16v13) et la Parole de Dieu « est la vérité »(Jean 17v17)….à moins que les Ecritures n’aient qu’une autorité « relative » pour l’auteur ? Lequel auteur juge que « Nous mentons dans les faits, dans les attitudes, dans les paroles et tant mieux, parce que cela nous évite d’être totalement seuls et rejetés de partout ».
Un aveu personnel de l’auteur, qui n’aurait recours qu’au seul buzz pour exister ? Bref, prônons donc l’hypocrisie, levain des pharisiens (Luc 12v21).

Il est d’ailleurs singulier de pouvoir lire de tels propos sur un site s’affichant « évangélique », et qui ambitionne de donner à lire de « l’actualité chrétienne ». Il est aussi singulier que l’on ait pu écrire un tel article pour un tel site, et que le propre responsable dudit site ait pu accepter de publier un tel article.
Mais il est plus encore singulier qu’un tel article ayant provoqué plus de 100 commentaires(dont pas mal de hors-sujets) ait suscité si peu de réactions(voire presqu’aucune****) contre ce qui apparaît comme une apologie du relativisme, donnant à lire une vision caricaturale et fausse du Christianisme biblique.

Mais peut-être que cet article n’est-il en réalité qu’un vaste canular ? Faut-il le prendre « au second degré » ? Peut-être n’a-t-il en réalité pour seul but que de dénoncer le relativisme, sous le mode de l’ironie, en feignant de prendre sa défense ?
On peut rêver, mais non. La preuve étant les interventions du modérateur-le responsable du site (« Rédacteur »), qui se veut « pédagogue » pour expliquer l’intention de l’auteur :
Rédaction
23 janvier 2014 • 11 h 17 min
« Le christianisme n’interdit pas aux non chrétiens de vivre dans le mensonge ou dans de fausses croyances. C’est de cela qu’il s’agit ici ».

Ou pour rappeler à l’ordre celui qui, selon lui, n’a « rien compris à (la) chronique » :
Rédaction(23 janvier 2014 • 13 h 36 min)
« Lorsque le Christianisme a voulu « interdire le mensonge », cela s’appelait l’inquisition… On remet en place les bûchers au nom de la vérité absolue ou on accepte l’idée que interdire le mensonge chez les autres n’est pas une solution. Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. (Et le 8ème commandement***** s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… ne soyons pas comme les islamistes qui massacrent les non-musulmans qui refusent de se conformer à la charia) »

Cette mise au point de « Rédacteur » pose toutefois problème :

« Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. Et le 8ème commandement s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… »

Or, 1) Si la vérité n’est que « relative », comment combattre le mensonge ? A moins de considérer le mensonge comme relatif ? Et 2)D’autre part, cette façon d’affirmer que « le 8ème commandement « (comme les autres) ne s’’adresserait qu' »aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… » relègue de façon insultante Dieu comme un « dieu » purement et simplement tribal. Or, Dieu est le Dieu de la création toute entière et non pas seulement de l’Alliance.
Ensuite, ladite affirmation est plombée par la raison même du choix d’Israël comme « peuple élu »  ou « peuple-témoin »: Gen.12v1-3, Deut.4-9, et particulièrement face à Rom.2v11-16

 

 

Conclusion : « Il est plus facile de ruiner que de fonder »(Péguy)

Alors, « chrétiennes », les actus ? Relativement, peut-être. Mais dans l’absolu, pas vraiment.
Après le faux humour « cool », « Actu » ferait-il la promotion d’un nouveau concept, « décomplexé », « cool » et « tendance » ? « Tendance » amorale, et cynique, quasi-nihiliste ?

Bref, pour l’information et l’édification, mieux vaut aller voir ailleurs…

Pour lire, par exemple, ces excellents articles sur la vérité :

http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=119&n1=1&n2=5&n3=36

http://www.larebellution.com/2012/12/28/moi-mentir-jamais-13/

http://www.larebellution.com/2012/12/29/moi-mentir-jamais-23/

http://www.larebellution.com/2012/12/30/moi-mentir-jamais-33/

http://larevuereformee.net/articlerr/n193/verite-et-foi

http://www.publicroire.com/hokhma/divers/article/quest-ce-que-la-verite-orientations-bibliques-dans-le-debat

 

 

Notes :

*L’ultimatum des trois mercenaires (Twilight’s Last Gleaming). Réalisé par Robert Aldrich(1977, USA-Allemagne de l’Ouest)
Avec : Burt Lancaster, Joseph Cotten, Charles Durning, Richard Jaeckel, Richard Widmark, Paul Winfield, Burt Young….
Résumé : Novembre 1981. Lawrence Dell (Burt Lancaster), un ancien général de l’US Air Force condamné pour meurtre, et trois autres codétenus parviennent à s’échapper de la prison militaire où ils sont enfermés et à s’emparer de Silo 3, une base de lancement de missiles nucléaires située dans le Nevada. Depuis le centre de contrôle, Dell contacte le général Mackenzie (Richard Widmark) et menace de lâcher les neuf têtes nucléaires qu’il a en sa possession sur l’U.R.S.S. s’il n’est pas mis directement en relation avec le président David T. Stevens (Charles Durning). Il expose à ce dernier ses revendications : 10 million de dollars, la mise à disposition de l’Air Force One pour quitter le sol américain et surtout que le président rende public un document du Conseil National de la Sécurité jusqu’ici tenu secret et qui éclairerait d’un jour nouveau l’intervention américaine au Vietnam. Stevens, qui doit lui-même se rendre à Silo 3 pour prouver sa bonne foi, découvre effaré l’existence de ce document.(source : dvdclassik)

**En créant Les Cahiers de la Quinzaine en 1900, Charles Péguy proposait un nouvel espace de réflexion critique, ancré dans son temps.
L’ambition des « Cahiers » tenait dans cette formule célèbre : « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste » (Lettre du provincial).
La quasi-totalité des Cahiers de la Quinzaine est disponible sur le site internet de la Bibliothèque universitaire de Toronto (Canada). Pour y accéder, cliquer ici, puis taper « Cahiers de la Quinzaine » dans l’outil de recherche « search ».
Chacun des documents peut être soit lu en ligne, soit téléchargé (format pdf notamment), le tout gratuitement.

*** Selon l’auteur, il s’agit d’ « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ».
L’internaute Exhine(23 janvier 2014 • 21 h 08 min) donne heureusement à lire « le texte incriminé ». Lequel exhine de s’étonner(25 janvier 2014 • 13 h 34 min) « qu’aucun site » n’ait « pris la peine de donner les textes de loi et les amendements le modifiant, comme si la simple réalité n’était pas suffisante ou utile pour informer. Ou alors il faut penser que le bruit et la colère sont les objectifs recherchés ».

Article L2223-2
Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une interruption de grossesse ou les actes préalables prévus par les articles L. 2212-3 à L. 2212-8 :
– soit en perturbant de quelque manière que ce soit l’accès aux établissements mentionnés à l’article L. 2212-2, la libre circulation des personnes à l’intérieur de ces établissements ou les conditions de travail des personnels médicaux et non médicaux ;
– soit en exerçant des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation à l’encontre des personnels médicaux et non médicaux travaillant dans ces établissements, des femmes venues y subir une interruption volontaire de grossesse ou de l’entourage de ces dernières.
L’amendement déposé:
L’article L. 2223-2 du code de la santé publique est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est complété par les mots : « ou de s’informer sur ces actes » ;
2° Au dernier alinéa, après les mots : « y subir », sont insérés les mots : « ou s’informer sur ».

Et de commenter : « Je ne vois pas trop comment, sur base de cet amendement, on pourrait, je cite : « Interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ». On pourrait, tout au plus, interdire à certaines associations de se rendre dans les hôpitaux avec des prospectus mensongers, pour les remettre aux femmes qui ont déjà pris l’initiative de venir à l’hôpital.
Il n’est pas question de vérité ou de mensonge, il ne s’agit, dans ce cas précis, que d’une mesure limitée visant à protéger les femmes ayant déjà décidé. On ne pourra pas poursuivre les sites internet anti-IVG sur base du nouvel amendement.
Par ailleurs, en 1980, le conseil d’état a émis cet avis: « il ressort de ce texte éclairé par les travaux préparatoires de la loi que la disposition en cause, qui présente un caractère purement facultatif, n’a ni pour objet ni pour effet de priver la femme majeure du droit d’apprécier elle-même si sa situation justifie l’interruption de la grossesse » rendant l’idée même de « notion de détresse » vide de sens. Donc le nouvel amendement ne change rien à la situation ».
(…)

D’autres commentaires sur ce texte :
http://www.numerama.com/magazine/28111-editer-un-site-anti-ivg-pourrait-devenir-un-delit-penal.html

http://www.bfmtv.com/politique/projet-loi-egalite-hommes-femmes-dit-vraiment-texte-livg-690778.html

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Avortement-les-deputes-votent-la-suppression-de-la-notion-de-detresse-2014-01-22-1094881

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/22/notion-de-detresse-dans-l-ivg-pour-ou-contre-quels-arguments_4352253_3224.html

 

****A part « Un pasteur », qui a du se sentir bien seul.
(23 janvier 2014 • 13 h 26 min) :
« Les moralistes ont donc eu tort d’énoncer le 8° commandement*** du décalogue sous la forme impérative bien connue de : « Tu ne mentiras point ». Car le mensonge n’étant que relatif, l’injonction est inapplicable, suite à des contestations sans fin.
Le « Tu ne tueras point » deviendra-t-il lui aussi caduc, si par aventure madame de Filippi venait à déclarer le concept de meurtre « plus que relatif » ? En tous cas ce qui est certain c’est que pour elle l’inconvénient de l’avortement n’est que « relatif ». Relatif à la détresse de la patiente.
En soi, il n’est pas mauvais d’avorter parce que Dieu serait absolument contre, mais parce que celle qui sera l’objet de cet acte médical, risque d’éprouver une « détresse », dont madame de Filippi a l’insigne courage de signaler aux médecins ignorants qu’elle peut survenir après l’avortement aussi bien qu’avant ».(…) Sur un autre fil un commenteur écrivait : « C’est une instrumentalisation subtile qui, sous le couvert d’un christianisme, vient tromper et déstabiliser les chrétiens de bonne foi. Compte tenu de ces observations, on peut dire que ce genre d’idéologie chrétienne n’a rien à voir avec le christianisme. »
Sur le coup je trouvais son jugement exagéré ; là je commence à penser qu’il a plus que relativement raison ».

***** Il s’agit en réalité du neuvième : voir son interprétation(intéressante et éclairante, du fait de sa connaissance de l’hébreu biblique) par Erri de Luca dans « Et Il dit »(Ed. Gallimard).
« Tu ne répondras pas dans ton compagnon en faux témoin ». Il te sera demandé et tu devras répondre. Souviens du premier, né d’une femme, qui a été interrogé : ce fut Caïn….suis-je le gardien de mon frère ? Du moment où il prononça la phrase, il s’enchaîna à elle. : il était devenu le gardien de son frère….Toi aussi, au moment où l’on te questionne, tu deviens le gardien de ton frère. »(op. cit. p83)

Voir aussi : « Tu ne soulèveras pas le nom de Yod ton Elohim pour l’imposture. Rien à voir avec la version où on lit : tu ne nommeras pas en vain. Qui peut décider quand ce nom est vain sur des lèvres ?… »Tu ne soulèveras pas le nom » : il s’agit d’appeler la divinité comme garant d’un témoignage et d’affirmations….tu n’oseras pas soulever ce nom pour soutenir une imposture…car n’absoudra pas Yod celui qui soulèvera son nom pour l’imposture. »….Lashàue, pour l’imposture, dit l’hébreu, rien à voir avec en vain.
On le comprend bien grâce à une autre ligne : tu ne répondras pas en témoin pour l’imposture(Lashàue)contre ton prochain »(Deutéronome/Devarim 5v20)
Op. cit. pp63-65

La vie par Sa mort ? Un mystère !

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr
Lorsque nous plongeons nos regards dans les mystères de Dieu, nous nous sentons tout petits…

« Universalisme* versus prédestination » : ou peut-on faire « froidement » de la Haute-théologie à propos de l’amour de Dieu ou des raisons pour lesquelles Christ est mort ?

Tous sauvés ou seulement quelques-uns ?

« L’universalisme est la doctrine théologique que toutes les âmes seront finalement sauvés et qu’il n’y a pas de tourments de l’enfer ». « Il a pour fondement la croyance que le salut promis par Dieu bénéficiera à toute l’humanité, par le biais de la rédemption. L’universalisme s’oppose alors à la prédestination ».

«Nous appelons ‘prédestination’ le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. Ainsi selon la fin pour laquelle est créé l’homme, nous disons qu’il est prédestiné à la mort ou à la vie.» écrit Calvin dans L’Institution chrétienne, III.xxi.5 (Aix-en-Provence: Kerygma, 1978) – cité par La Revue Réformée**.  (Article à lire pour éviter de simplifier la pensée de Calvin à ce sujet)

« Pour ou contre l’ universalisme » et « universalisme versus prédestination » sont de vieux « débats » récurrents de l’histoire de l’Eglise, notamment au sein du protestantisme.
En guise d’illustration, je relèverai  plusieurs réactions autour de “La vie par sa mort“[ou « The Death of Death in the Death of Christ »], ouvrage dit « polémique »(il affirme que la doctrine du salut universel ne serait pas fondée sur les Ecritures) de John Owen, pasteur et théologien puritain anglais, publié en 1647.
J’ai découvert l’existence de ce livre, ainsi que les diverses critiques et réflexions à son sujet, par le biais de certains blogues protestants évangéliques.

Mais au-delà des débats et analyses théologiques, il me paraît intéressant de relever ici les interrogations de Hillsong nutella à propos de l’ouvrage :

« Owen explique que Christ ne peut être mort pour tous les hommes, puisque tous les hommes ne sont pas sauvés ; son sacrifice n’aurait donc pas été suffisant, ce qui est d’après Owen une hypothèse insultante vis-à-vis de Dieu. Christ est donc mort pour une partie des hommes seulement, ceux que Dieu a élus.
Il donne plein d’arguments très précis ou plus généraux, fondés sur l’étude de nombreux passages de la Bible, pour appuyer sa thèse.
Je ne vais pas rentrer dans le commentaire systématique ici, bien qu’en plusieurs points ses arguments m’ont semblé discutables.
Ce qui me pose vraiment problème, c’est le corollaire de sa thèse : Dieu n’aime pas tous les hommes de la même façon, son amour ne va pas jusqu’à souhaiter leur salut à tous. Comment accepter cette idée ?
(…..)
En ce temps de l’Avent, un temps pour se souvenir et se laisser toucher par cet amour qui est venu jusqu’à nous, cet amour auquel nous sommes plus chers que les oiseaux que pourtant il nourrit, je ne peux pas imaginer que certains humains sont exclus de cet amour.
Tous aussi indignes de cet amour, comment certains en seraient-ils malgré tout bénéficiaires et d’autres exclus ?
Alors on peut discuter sur la prédestination et le libre-arbitre, c’est vrai. Owen en parle. Mais affirmer froidement que Christ n’est pas venu pour tous, ça dépasse ma compréhension ».

Pour ma part, je n’ai pas(encore) lu le livre(je n’en parlerai donc pas, en attendant de pouvoir le lire vraiment) ! 😉  ) Mais j’avoue que cette question me dépasse aussi. En fait, il est normal qu’elle nous dépasse tous, puisqu’elle nous révèle ainsi et de plus en plus un Dieu infini, qui ne ressemble pas à l’homme.
Heureusement ! Et c’est cette grandeur de Dieu qui nous émerveille.

Soyons donc émerveillés.

Néanmoins, je pense que Dieu « ne fait pas de favoritisme »(ou « acception de personnes » dans la Darby) et qu’Il n’exclue personne. Il a « tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique afin que quiconque croit ne périsse pas mais ait la vie éternelle »(Jean 3v16). Et Il « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Timothée 2.4).

Mais « tout le monde » le veut-il, alors qu’il le peut, puisque Dieu le veut et le rend possible ?
Semble-t-il que non, malheureusement.
C’est là que commence la responsabilité humaine.

Je suis conscient que c’est un peu court, et que ce n’est pas là « de la haute théologie ». D’ailleurs la critique de La Maison de la Bible prévient que le livre est « hard(u) » : « le sujet est compliqué et délicat. Le thème de la prédestination n’est en effet pas aisé à traiter; c’est un mystère que personne ne peut élucider claire-ment et de manière juste ».

Bref, en résumé :

« Prédestination » ? Mystère !
Amour et grâce de Dieu(pour tous les hommes, cf Tite 2v11) ? Mystère !

Néanmoins, Jésus-Christ est bien venu dans ce monde pour une « catégorie de gens » : les pécheurs(à la repentance), et non ceux qui se croient justes !(Matt.9v12-13 cf Luc 5:32)

Notes :

*Comme celui affiché par le pape François en septembre dernier, « rassurant les athées » comme l’a relevé Guillaume Bourin en réponse à un commentaire, sur son blogue ?

Lire le contenu(en français) de la fameuse lettre du Pape à Eugenio Scalfari, fondateur du journal « La Repubblica ».

Extraits : « J’en viens(écrit le Pape) ainsi aux trois questions que vous me posez dans votre article du 7 août. Il me semble que, dans les deux premières, ce qui vous tient à cœur c’est de comprendre l’attitude de l’Église envers celui qui ne partage pas la foi en Jésus. Avant tout, vous me demandez si le Dieu des chrétiens pardonne celui qui ne croit pas et ne cherche pas la foi. En admettant que – et c’est là la chose fondamentale – la miséricorde de Dieu n’a pas de limites si l’on s’adresse à lui d’un cœur sincère et contrit, la question pour qui ne croit pas en Dieu réside dans l’obéissance à sa propre conscience. Le péché, même pour celui qui n’a pas la foi, c’est d’aller contre sa conscience. Écouter et obéir à celle-ci signifie, en effet, se décider face à ce qui est perçu comme bien ou comme mal. Et c’est sur cette décision que se joue la nature bonne ou mauvaise de nos actions.

En deuxième lieu, vous me demandez si la pensée selon laquelle il n’existe aucun absolu et donc même pas une vérité absolue, mais uniquement une série de vérités relatives et subjectives, est une erreur ou un péché. Pour commencer, je ne parlerais pas, même pas pour celui qui croit, de vérité « absolue », en ce sens qu’absolu est ce qui est détaché, ce qui est privé de toute relation. Or, la vérité, selon la foi chrétienne, est l’amour de Dieu pour nous en Jésus-Christ. Donc, la vérité est une relation ! À tel point que même chacun de nous la saisit, la vérité, et l’exprime à partir de lui-même : de son histoire et de sa culture, du contexte dans lequel il vit, etc. Ceci ne signifie pas que la vérité soit variable et subjective, bien au contraire. Mais cela signifie qu’elle se donne à nous, toujours et uniquement, comme un chemin et une vie. Jésus lui-même n’a-t-il pas dit : « Je suis la voie, la vérité, la vie » ? En d’autres termes, dès lors que la vérité ne fait, en définitive, qu’un avec l’amour, elle exige l’humilité et l’ouverture pour être cherchée, accueillie et exprimée… »

** Voir cet article, cet autre et cet autre encore de « La Revue Réformée » ;  celui-ci de « Bible ouverte » et ce dernier de la revue « Promesses ».