Mon témoignage inspire-t-il la crainte de Dieu ?

Voici une récente lecture du psaume 40, de David :

J’ai attendu, attendu le SEIGNEUR :
il s’est penché vers moi, il a entendu mon cri,

il m’a tiré du gouffre tumultueux,
de la vase des grands fonds.
Il m’a remis debout, les pieds sur le rocher,
il a assuré mes pas.

Il a mis dans ma bouche un chant nouveau,
une louange pour notre Dieu.

Beaucoup verront, ils craindront et compteront sur le SEIGNEUR.

 

Dans son chant de louange, le psalmiste témoigne d’une délivrance personnelle.

Il déclare avoir « attendu, attendu [ou : espéré] le Seigneur » dans une situation particulière de détresse. L’espérance n’est pas « l’espoir » (le probable) mais le possible de la foi, qui croit qu’à Dieu, le seul sauveur, tout est possible (cf Marc 9v23).

Le Seigneur « s’est penché », incliné, pour entendre le cri du psalmiste (cf Exode 2v23-25). Ce cri est un cri de détresse face au constat d’une situation sans issue, dans laquelle il s’est littéralement embourbé.

Le mouvement est descendant, le Seigneur allant vers celui qui est perdu. Le Seigneur se penche et, ayant entendu le cri, il ne reste pas sourd mais répond en retirant le psalmiste « de la fosse de destruction », sans faire de reproche et sans condition, sinon celle de départ : le psalmiste reconnaissant sa détresse. En effet, le Seigneur est le sauveur de celui qui reconnaît en avoir besoin !

Le Seigneur le sauve, le redresse et le rétablit.

Le salut vient de Lui seul : nous ne participons, ni ne contribuons à notre salut. Notre naissance, notre intelligence, notre richesse, notre force, nos relations, ne nous sont d’aucun secours pour nous en sortir. Même « le chant nouveau », spontané, de louange du psalmiste ne vient pas de lui, puisque le Seigneur le lui met dans la bouche !

Dieu « dresse ses pieds sur le roc » et « affermit ses pas », l’encourageant à se garder de toute rechute (cf Jean 5v14).

« Beaucoup le verront et auront de la crainte, ils se confieront dans le Seigneur » (v4). La délivrance n’est pas un simple « truc cool » qui m’est arrivé « juste pour moi ». Témoigner de ma délivrance est censé conduire de nouveaux adorateurs au Seigneur.

Ainsi, notre vie transformée inspire-t-elle la crainte de Dieu à ceux qui en sont témoins ? Sont-ils ainsi conduits à se confier en Lui seul et à faire alliance avec Lui ?

Un message pour Pâque : « sortez maintenant de vos Egyptes et de vos servitudes », crie Dieu

Démarque-toi ! Sors de tes « Egyptes » et de tes servitude !
(Source : une du numéro 12, sept.2002 de « La Décroissance »)

Lecture : Esaïe 58v6-12

Dieu, dans son souci d’être compréhensible et proche de nous, se présente exactement comme nous :
— Je suis… et je fais ça…
Quand vous vous adressez à lui, quand vous priez, en somme, cela se passe de la façon suivante : [c’est vous qui commencez]
— Bonjour, à qui ai-je l’honneur ? dites-vous.
— Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude, dit Dieu.

Les présentations sont faites, on peut commencer à bavarder.
L’être de Dieu se joue donc dans un « Je suis » qui n’est pas qu’un prénom (son prénom à lui : l’Éternel) ou une fonction (Dieu), mais tout cela à la fois et même un petit peu plus :
— Je suis l’Éternel ton Dieu.
— Et dans la vie, ça fait quoi un Dieu ?
— Eh bien ça libère son peuple du pays d’Égypte, de la maison de servitude.
— Et, vous faites ça souvent ? Une fois que le travail est fait, vous devez être tranquille ?
— Figurez-vous, répond Dieu, que le problème, c’est qu’il faut sans cesse sortir d’Égypte : Jacob a dû sortir d’Égypte, Joseph le patriarche a dû sortir d’Égypte, Moïse a dû sortir d’Égypte, Jésus même a dû sortir d’Égypte. Mon peuple a un éternel besoin de sortir d’Égypte.
N’est-ce pas étonnant ce schéma transversal, valable pour tous : sortir d’Égypte ! (…..) Mais comme vous le savez, Dieu ne se contente pas seulement de l’Égypte géographique, mais plutôt de ce que certains ont appelé l’Égypte intérieure. Il nous faut sortir de tous les esclavages, de toutes les servitudes (…) des panthéons de tous les temps. Il y a une urgence à être sauvé du polythéisme pratique. Et la trajectoire du Dieu d’Israël, c’est de nous libérer de toutes les pyramides, celles que l’on doit construire sous un soleil de plomb ou ces pyramides, futiles et subtiles, de nos sociétés hiérarchiques et hiératiques.

Le Dieu de Moïse, le Dieu d’Israël et le Dieu de Jésus Christ est bien le même Dieu, il n’est pas un quarteron de divinités naturelles, instrumentalisées par les pouvoirs humains pour que règnent les régnants, pour que triomphent les forts, pour que s’élèvent des Khéops et Kephren qui sont les tombeaux des idoles, les tombeaux des impérialismes, et les tombeaux de la liberté.

— Sortez d’Égypte ! crie Dieu depuis la création du peuple.
— Sortez d’Égypte ! de toutes vos Égyptes et de toutes vos servitudes.
— Sortez maintenant, ne pensez pas que la pâte ait le temps de lever et de cuire avant de partir, partez maintenant.
Désormais s’ouvre le temps du salut, le temps de la sortie, de la course devant tous les Ramsès de tous les temps. Et cette libération, c’est maintenant. C’est toujours maintenant. C’est maintenant depuis trois mille deux cents ans. Car Dieu ne supporte plus de voir son peuple esclave, esclave des petits tyrans locaux, esclaves des prêtres de toutes religions, esclaves des bonnes consciences de tous les temps, esclaves des projets pharaoniques d’hommes qui se mettent à la place de Dieu.
— Sortez d’Égypte ! C’est moi qui vous libère de l’esclavage.

Libérer les esclaves est désormais la tâche première des croyants. C’est une tâche hautement politique et franchement spirituelle. C’est une tâche extrêmement pratique et totalement urgente puisque c’est maintenant, maintenant, et toujours maintenant, depuis l’Exode.

Voilà le vrai culte, voilà ce qui plaît à Dieu :
— Détache les chaînes de la méchanceté, 
Dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug, [et tant d’autres choses encore].

Le culte qui plaît à Dieu n’est pas de lui élever des pyramides ou de le nommer avec des superlatifs comme en attendent les pontifes. Le culte qui plaît à Dieu se trouve dans l’abaissement de ceux qui rejoignent les esclaves pour contribuer à rompre leurs chaînes. Parce qu’on ne peut pas les regarder de haut et les appeler à la liberté, puisque Dieu lui-même est descendu des hauteurs célestes où l’humanité voulait le confiner, afin de libérer ses enfants enchaînés.
En tant que chrétiens, nous avons reçus l’assurance d’être accueillis comme enfants de Dieu. « Voici mon Fils bien-aimé en qui je mets toute mon affection » (Matthieu 3:17). Vous êtes enfants d’un Dieu qui hurle chaque jour à son peuple : « Sortez d’Égypte ! maintenant ! Traversez ! ». Vous êtes les traversants, ceux qui viennent de l’autre côté, ceux qui passent sur l’autre rive : et en hébreu, ça se dit hibry, les hébreux, hibry, ceux qui vont passer leur temps à traverser de l’esclavage à la liberté, de la servitude au service. Vous êtes ceux qui ont leur esclavage derrière eux car ils ont changé de bord. Oui, nous tous, nous sommes les enfants de la libération, nous sommes le peuple qui a été expulsé de la matrice totalitaire qui veut tout régenter à toutes les époques. Nous sommes les enfants qui sont nés d’une expulsion hors du ventre confortable de l’Égypte, de cette Égypte où rien n’est à désirer, rien n’est à vouloir, puisqu’on décide de tout pour vous. Nous sommes les enfants du Dieu de Moïse, de ceux qui traversent miraculeusement pour naître à leur destinée, un peuple qui ose sortir quand la Mer(e) Rouge a perdu les eaux. Nous sommes enfin le peuple de ceux qui sont passés par les eaux vivifiantes du baptême qui nous a fait naître.
Le Dieu de Moïse, le Dieu de Jésus, votre Dieu, mon Dieu, est celui qui tient les clefs de toutes nos libertés, de toutes nos libérations. Et à des français, à ce peuple occidental qui a été le plus marqué par l’égyptomanie, celle de Louis XIV, celle de Napoléon ou des loges maçonniques, Dieu continue à dire :
— Sortez d’Égypte, même quand elle ne s’appelle plus Égypte !
A nous qui sommes sur l’axe de l’obélisque, de la pyramide transparente et des sarcophages sous la colonne de juillet, Dieu dit :
— Continuez à sortir d’Égypte, surtout si elle s’est donné un autre nom. Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir, qui t’ai libéré de la maison de la servitude.
Au peuple qui a pensé pouvoir sortir d’Égypte en coupant lui-même la tête de ses rois, Dieu dit : « Sortez d’Égypte, mais comme je l’ai voulu, selon mes façons de faire, mes procédés, dans le refus de la violence. C’est moi qui tiens la clef de votre libération et de votre liberté ».

En hébreu, Égypte se dit Mitzraïm, et ce mot veut aussi dire « les angoisses, la dépression » (….) c’est au peuple qui consomme le plus d’antidépresseurs au monde que le Dieu de Moïse et de Jésus rappelle que c’est lui qui détient la posologie de notre libération : « Je suis l’Éternel ton Dieu qui te fais sortir du pays des angoisses, je suis l’Éternel ton Dieu qui te libère du pays de la dépression ; et c’est moi qui le fais ».

Oui, Dieu nous sauve de tous les esclavages, et c’est tellement dans son projet pour nous qu’il a même décidé de l’inscrire jusque dans le nom de son fils, afin que nul ne puisse oublier que son plaisir, sa délectation n’est pas dans nos pieux épanchements ou dans nos bâtons d’encens, mais dans notre capacité à nous inscrire dans son projet de libération. C’est pour cela que le Fils de Dieu s’appelle du beau nom de Jésus. Yéshouah, Dieu sauve, Dieu élargit. Dieu sauve et élargit comme on le fait pour un esclave qu’on sauve et qu’on élargit quand on le libère. Ce projet n’est pas pour un peuple lointain du nôtre dans le temps ou dans l’espace. Ce projet de Dieu est pour nous qui sommes ici maintenant. Alors sortons d’Égypte ! Maintenant !
Amen !

 

(D’après la prédication donnée par le pasteur Gilles Boucomont l’été 2005 au Temple du Marais, à Paris. Dispo sur un « blog vraiment net »)

 

 

L’ « Antydot » ? Il est « tombé du ciel » !

 

 

De l’album « Tombé du ciel » (« Antydot », 2014)
Auteur compositeur : David Prigent

« Antydot » est un groupe « Multi-style », qui trouve sa force dans la diversité musicale depuis 1997, et puise sa source(d’inspiration) « auprès d’un certain charpentier de profession, venu quelques 2000 ans plus tôt fouler notre sol, et dont les paroles, la vie et la résurrection nous ont fait découvrir une autre vie possible, ou Dieu révolutionne tout ».

On en parle, notamment sur la Rebellution.

Découvrir ce groupe via leur site.

« Moi, moi, je suis l’Éternel, et hors moi il n’y en a point qui sauve »(Lisons Esaïe ensemble/4)

Retour de notre lecture biblique du livre du prophète Esaïe, entamée ici.

Le principe est simple : il s’agit de lire attentivement le chapitre et d’être attentif à 1)ce que nous apprend le chapitre sur la nature et la personne de Dieu ; 2)ce que nous apprend le chapitre sur la nature et le caractère de l’homme, et enfin, 3)ce que nous apprend le chapitre sur les engagements de Dieu vis à vis de l’homme.

A noter un terme récurrent dans ce passage : celui de « former ».

Bonne lecture et bonne découverte !

Lisons Esaïe 43 :

1    Mais maintenant, ainsi dit l’Éternel, qui t’a créé, ô Jacob, et qui t’a formé, ô Israël: Ne crains point, car je t’ai racheté; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.

2    Quand tu passeras par les eaux, je serai avec toi, et par les rivières, elles ne te submergeront pas; quand tu marcheras dans le feu, tu ne seras pas brûlé, et la flamme ne te consumera pas.
3    Car moi, je suis l’Éternel, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton sauveur. J’ai donné l’Égypte pour ta rançon, Cush et Seba pour toi.
4    Depuis que tu es devenu précieux à mes yeux, tu as été glorieux, et moi, je t’ai aimé; et je donnerai des hommes pour toi et des peuples pour ta vie.
5    Ne crains pas, car je suis avec toi. Je ferai venir du levant ta semence, et je te rassemblerai du couchant;
6    je dirai au nord: Donne, et au midi: Ne retiens pas; amène mes fils de loin, et mes filles du bout de la terre,
7    chacun qui est appelé de mon nom, et que j’ai créé pour ma gloire, que j’ai formé, oui, que j’ai fait.
8    Fais sortir le peuple aveugle qui a des yeux, et les sourds qui ont des oreilles.
9    Que toutes les nations soient réunies ensemble, et que les peuples se rassemblent! Qui d’entre eux a déclaré cela, et nous a fait entendre les choses précédentes? Qu’ils produisent leurs témoins et qu’ils se justifient, ou qu’ils entendent, et disent;
10    C’est la vérité! Vous êtes mes témoins, dit l’Éternel, vous et mon serviteur que j’ai choisi, afin que vous connaissiez, et que vous me croyiez, et que vous compreniez que moi je suis le Même: avant moi aucun Dieu n’a été formé, et après moi il n’y en aura pas.

11    Moi, moi, je suis l’Éternel, et hors moi il n’y en a point qui sauve.
12    Moi j’ai déclaré, et j’ai sauvé, et j’ai fait entendre, quand il n’y avait pas de dieu étranger au milieu de vous; et vous êtes mes témoins, dit l’Éternel, que je suis Dieu.
13    Aussi, depuis qu’il y a un jour, je suis le Même, et il n’y a personne qui délivre de ma main: j’opérerai, et qui peut m’en détourner?
14    Ainsi dit l’Éternel, votre rédempteur, le Saint d’Israël: A cause de vous j’ai envoyé à Babylone, et je les ai fait descendre tous comme des fugitifs, même les Chaldéens, dans les vaisseaux où s’entend leur cri.
15    Moi, je suis l’Éternel, votre Saint; le créateur d’Israël, votre roi.
16    Ainsi dit l’Éternel, qui donne un chemin dans la mer et un sentier dans les eaux puissantes,
17    qui fait sortir le char et le cheval, l’armée et les forts, – ils sont couchés ensemble, ils ne se lèveront pas; ils finissent, éteints comme une mèche:
18    Ne vous souvenez pas des choses précédentes, et ne considérez pas les choses anciennes.
19    Voici, je fais une chose nouvelle; maintenant elle va germer: ne la connaîtrez-vous pas? Oui, je mettrai un chemin dans le désert, des rivières dans le lieu désolé.
20    La bête des champs me glorifiera, les chacals et les autruches; car j’ai donné des eaux dans le désert, des rivières dans le lieu désolé, pour abreuver mon peuple, mon élu.
21    J’ai formé ce peuple pour moi-même; ils raconteront ma louange.
22    Mais tu ne m’as pas invoqué, ô Jacob; car tu as été las de moi, ô Israël.
23    Tu ne m’as pas apporté le menu bétail de tes holocaustes, et tu ne m’as pas glorifié par tes sacrifices. Je ne t’ai pas asservi à des offrandes de gâteau, et je ne t’ai pas fatigué pour l’encens.
24    Tu n’a pas acheté pour moi du roseau aromatique pour de l’argent, et tu ne m’as pas rassasié de la graisse de tes sacrifices; mais tu m’as asservi par tes péchés, tu m’as fatigué par tes iniquités.
25    -C’est moi, c’est moi qui efface tes transgressions à cause de moi-même; et je ne me souviendrai pas de tes péchés.
26    Fais-moi souvenir, plaidons ensemble; raconte toi-même, afin que tu sois justifié.
27    Ton premier père a péché, et tes médiateurs se sont rebellés contre moi;
28    et j’ai profané les chefs du lieu saint, et j’ai livré Jacob à la destruction et Israël à l’opprobre.