Le jeûne est-il un « kung fu » spirituel ?

 

Le jeûne est l’un des thèmes de recherche qui conduit régulièrement les internautes sur Pep’s café! le blogue(1). Et ce, en tout temps, avec des « pointes » à certaines périodes du calendrier. Personnellement, je serai heureux que vous me racontiez et me partagiez ce que vous trouvez en cherchant ici. Ceci dit, ce type de recherche me paraît révélatrice d’une préoccupation constante, qui ne devrait pas étonner, puisque généralement comprise comme étant liée à une certaine « pratique » (religieuse ou non).

Dans la Bible, le jeûne fait partie de ce que l’on pourrait appeler « les postures de combat »(2), en lien avec le « combat spirituel » évoqué dans le Nouveau Testament. S’agit-il d’un « kung fu » spirituel pour autant ? Paul l’explique très bien dans sa lettre aux chrétiens d’Ephèse : Ce type de lutte n’est pas « contre des êtres humains » ; mais « contre les pouvoirs, les autorités, les maîtres de ce monde obscur, contre toutes les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les cieux » (Eph.6v12). On ne peut s’y exercer comme à un sport ou un art martial, mais la vie en Eglise [la communauté de ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et le reconnaissent comme Seigneur, pas le bâtiment…] peut rapidement devenir une « salle d’entraînement », où nous luttons pour que les règles du jeu du Règne de Dieu soient mises en place.

L’enjeu est en effet celui-ci : à la suite du Christ, dont le message est « le moment favorable est venu, le règne de Dieu est tout proche ! Changez de vie et croyez à la Bonne Nouvelle » (Marc 1v15), la mission de ceux qui lui appartiennent, et reconnaissent qu’Il est Seigneur, consistent à proclamer et à affirmer, « réaliser » le règne de Dieu là où il n’est pas encore. « Réaliser » signifie d’abord en comprendre les tenants et aboutissants (cf Luc 17v20-21), mais aussi le faire advenir à la réalité. Comment alors installer le Règne de Dieu ?

Certains ont voulu le faire par la force (L’Inquisition) et ont échoué. D’autres ont voulu le faire par le retrait du monde : même échec, conduisant au sectarisme. D’autres ont pensé y parvenir par la politique (théocratie, césaropapisme, théologies de la libération), espérant en des « messies politiques », avec les résultats désastreux (encore récents)que l’on connaît.

Or, pour installer le Règne de Dieu, il faut planter la bannière du Christ. Mais ce n’est pas parce que vous portez un tee-shirt (ou déposez dans l’urne un bulletin) « Jésus », et une Bible dans votre sac, que le Règne de Dieu – ou le Christ – est là. C’est là où Christ est reconnu comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, que Christ règne.

Les « postures de combat » installant le Règne de Dieu sont, de fait, la louange, l’adoration, la discipline intérieure(proclamer que Christ règne dans « ce temple » de mon corps, dans mes pensées et dans ma volonté), l’obéissance, la prière, et le jeûne.

Le jeûne fait partie de la discipline offerte par le Seigneur pour nous disposer à la disponibilité spirituelle. Le principe du jeûne est de se priver de quelque chose pour laisser advenir autre chose. Il n’est pas forcément un jeûne de nourriture d’ailleurs ! Il peut être un jeûne d’écrans, de distractions, d’activités, d’achats et toute autre chose dont nous pouvons être convaincus de nous priver pendant ce temps. En Matthieu 6v16-18, Jésus insiste sur le fait qu’il s’agit d’une pratique personnelle [Pierre fera ainsi son jeûne, Jacques le sien et Daniel le sien…], et discrète, enseignant que le meilleur jeûne est celui que l’on ne connaît pas et ne soupçonne pas. Jésus prolonge ainsi les exhortations des prophètes avant lui, qui critiquaient justement les jeûnes proclamés, les dénonçant comme étant l’occasion d’un déballage d’une piété ostentatoire, plus préoccupée par les apparences.

Contrairement à ce que disent certains, le jeûne n’amène pas de puissance d’après la Bible. Il offre juste du temps et de l’espace intérieur. Ce sont les sorciers qui jeûnent pour la puissance. Le prophète Esaïe a bien repositionné de la part de Dieu ce qui doit être l’objectif du jeûne : un temps de consécration ou de reconsécration afin que la justice de Dieu (plutôt que l’injustice) puisse paraître . Car « le jeûne tel que je l’aime, le voici, vous le savez bien », dit Dieu : « c’est libérer ceux qui sont injustement enchaînés, c’est les délivrer des contraintes qui pèsent sur eux, c’est rendre la liberté à ceux qui sont opprimés, bref, c’est supprimer tout ce qui les tient esclaves. C’est partager ton pain avec celui qui a faim, c’est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés, c’est fournir un vêtement à celui qui n’en a pas, c’est ne pas te détourner de celui qui est ton frère ». (Esaïe 58v6-7)

Un rappel utile quand certains voient en effet dans le jeûne une façon de négocier avec Dieu, pour lui soutirer des grâces. C’est là une conception marchande de Dieu, un désir de l’instrumentaliser pour nos projets les plus autocentrés ou les plus religieux. A l’inverse, le jeûne, comme les autres « postures de combat spirituel », nous conduit à demeurer veilleurs et veillant, comme Jésus nous y exhorte en Luc 21v36 : « Ne vous endormez pas, priez en tout temps ; ainsi vous aurez la force de surmonter tout ce qui doit arriver et de vous présenter debout devant le Fils de l’homme. »(2)

 

 

 

 

 

Notes :

(1) De même que les plans de lectures bibliques et les articles sur l’éducation aux médias comptent parmi les documents les plus téléchargés sur ce même blogue.

(2) D’après « Au Nom de Jésus (T2) : Mener le Bon Combat », de Gilles Boucomont. Editions Première Partie, 2011, pp 284-288

Quand Jésus-Christ vient renverser « l’ordre établi »

Quand Jésus vient troubler et perturber « l’ordre établi » de nos vies bien rangées…
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Les premières paroles de Celui qui est « la Parole faite chair » (Jean 1v14) est une prédication, nous dit Marc  l’évangéliste [et non pas « l’évangélique »]. Et quelle prédication ! Il s’agit de « l’Evangile de Dieu »(Marc 1v14), soit un message venant de la part de Dieu, lequel est « la meilleure des nouvelles » adressée, non pas à quelques « heureux élus », mais à tous les hommes.

Son contenu ? Non pas « Dieu vous aime….vous êtes une race choisie »…mais plutôt « le temps est accompli et le règne de Dieu s’est approché : repentez-vous et croyez à l’Evangile ! » (Marc 1v15)

Comment Jésus prêche-t-il ? Avec autorité ! 

Jugeons-en plutôt : il appelle 4 pêcheurs à le suivre (Marc 1v16-20). Aussitôt, ces hommes laissent tout et le suivent sans discuter/raisonner (de la même façon que Dieu a appelé « que la lumière soit » et la lumière fut…). Dans une synagogue, il prêche « avec autorité » et « pas comme les enseignants de son époque ». C’est à dire que Jésus chasse un mauvais esprit. Il commande à cet esprit de sortir d’un homme possédé, présent dans la synagogue, et l’esprit mauvais sort (Marc 1v21-27). « Il dit et la chose arrive » (Psaume 33v9). Sa Parole comprend des mots, mais aussi un événement.

Jésus vient et trouble, perturbe, renverse l’ordre établi, dans la synagogue.

Serait-il « populiste » ? « Anti-système » ? En vérité, Jésus n’est pas venu pour opposer « le peuple » (« la base ») aux « élites » et vice-versa. Il n’a pas mieux appelé « la foule » à l’insurrection lors du sermon sur la montagne et ne s’est pas servi d’elle pour prendre le pouvoir ou renverser les institutions.

Il est venu troubler, perturber, renverser « l’ordre établi » dans nos vies, nos habitudes, nos pensées, nos cultures, nos relations, nos allégeances…..non pour créer la division ou pour « faire le vide », mais pour y établir son règne. Son règne est « justice, paix, joie, dans l’Esprit saint » (Rom. 14v17). Son règne n’a pas de limite. Il commence là, dans ce domaine de ta vie, où il ne règne pas encore ou ne règne plus. « Quel ordre établi » Jésus veut-il renverser aujourd’hui ?

« Le temps est accompli et le règne de Dieu s’est approché : repentez-vous et croyez à l’Evangile ! » Telle est la prédication de Jésus-Christ au début de l’Evangile selon Marc (1v15), dans la synagogue, et durant tout son ministère.

Dans le même esprit, le message des prophètes de l’AT jusqu’à Jean-Baptiste ne se limitait pas à dénoncer les « élites (politiques, religieuses, économiques) corrompues » ou injustes, et n’avait pas pour finalité de pousser le peuple à s’abandonner dans les bras d' »hommes forts » (ou « providentiels »), du style Abimélek, Absalom…. Le message des prophètes avait pour finalité de conduire à la repentance et au retour au Dieu véritable, en se détournant des idoles ou de toute figure idolâtrique (cf 1 Thes.1v9)

C’est ainsi que la bonne théologie, comme la prophétie authentique, n’a pas pour vocation de cautionner/conforter nos options politiques, économiques ou nos croisades religieuses, comme elle n’a pas pour vocation de justifier nos espérances mal ajustées. Pas plus qu’elle n’a pour but d’entretenir le regret (qui n’a rien à voir avec la repentance) d’une espérance déçue : « vas-tu longtemps pleurer Saül ? C’est moi qui l’ait rejeté et il ne sera plus roi d’Israël »(1 Sam.16v1), dit Dieu à Samuel. Une parole à méditer aujourd’hui.

Jésus vient renverser l’ordre établi de nos vies pour y établir son règne de justice, de paix et de joie. Il attend le sacrifice de notre « oui » d’acceptation et nous invite à le suivre, comme à manifester que « le règne de Dieu s’est approché ».

Cela consiste à faire, au Nom de Jésus et à sa suite, des choses significatives dans la vie des gens, portant un fruit immédiat dans leur vie : « guérir les malades, chasser les démons, purifier les lépreux et ressusciter les morts » (Marc 16v15-18, Matt.10v7-8, Luc 10v1-9.…), mais aussi : laver les pieds des autres croyants, prendre un repas en Sa mémoire, baptiser et enseigner les personnes, même issues des nations non juives, – aimer les ennemis….

Et ce, « au Nom de Jésus », le seul Seigneur, « Dieu sauve » mais aussi « Dieu élargit ». C’est ainsi que Jésus est venu aussi renverser les murs de séparation (ou de « confort » ?) (Eph.2v14 et ss), et non pour les renforcer ou en construire d’autres.

De tout temps et encore aujourd’hui, c’est au Nom de Jésus, avec amour et humilité, que les chrétiens agissent et font ce qu’ils ne sauraient pas faire par eux-mêmes : élargir l’horizon de leurs frères et/ou de leurs prochains en les faisant sortir de là où ils (se) sont enfermés, pour leur faire connaître « une vie (toujours plus) abondante », et autres choses significatives de nature à porter un fruit immédiat dans leur vie.

Aujourd’hui, ce n’est plus le temps des justifications ou des regrets. C’est le temps de chercher (et de revenir à) Christ, pour manifester son Règne.

 

 

*Pour la petite histoire, dimanche dernier, à plusieurs heures d’intervalle, j’ai eu l’occasion d’entendre deux messages complémentaires sur le même sujet : le Royaume – ou le Règne – de Dieu. Ce n’est sans doute pas « un canard blanc au long cou », mais certainement une invitation à considérer ce qui est prioritaire pour Dieu : « cherchez premièrement le Royaume de Dieu et sa justice… » Et tout le reste est du bonus ! (Matt.6v33)

 

 

 

 

 

 

Comment savoir si je suis vraiment chrétien : une question fondamentale

Le chrétien affirme que c’est Jésus le Seigneur qui a désormais autorité dans sa vie.
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Une question fondamentale, soulevée par un article publié sur La Rebellution, un très bon blogue jeunesse que je recommande, est de « savoir si je suis vraiment chrétien », et comment peut-on le savoir.  Ce qui suit est une synthèse de ma contribution à la discussion suscitée par ledit article.

La question est effectivement importante, car, « comme l’a écrit J. C. Ryle », cité dans l’article de La Rebellution, « une des plus grandes erreurs de l’Église c’est de ne jamais avoir assez rassuré les chrétiens de leur salut (et du fait qu’ils ne le perdront jamais) et en même temps de ne pas avoir dit assez honnêtement aux non-chrétiens qu’ils allaient en enfer (même s’ils croient le contraire) ». L’article donne la définition « d’un chrétien selon la Bible », mais présente comme « une erreur répandue » de croire « que pour que quelqu’un soit chrétien, il faut forcément qu’il y ait un « avant » et un « après » conversion, qu’il passe par un changement radical (jamais mentionné dans la Bible). C’est bien sûr le cas de ceux qui viennent d’une famille non-chrétienne. Mais certains, par la grâce de Dieu, ont grandi dans une famille chrétienne, ont toujours sincèrement cru en Christ et portent des bons fruits (….) ». Si quelqu’un était dans ce dernier cas, il ne devrait pas attendre « le changement incroyable qui n’arrivera jamais » et ne plus douter.

Même si on peut lire de bonnes choses dans cet article, j’avoue que l’affirmation suivante me gêne un peu : « Une erreur répandue est de croire que pour que quelqu’un soit chrétien, il faut forcément qu’il y ait un « avant » et un « après » conversion, qu’il passe par un changement radical (jamais mentionné dans la Bible)…»

Effectivement, chaque vie est différente et il ne convient pas de se comparer avec d’autres qui ont pu avoir une vie plus bouleversée que d’autres avant leur conversion. Il importe donc de ne pas stéréotyper la façon dont devrait se réaliser/manifester la conversion en Jésus-Christ, qu’il s’agisse d’un enfant de chrétien ou d’une personne qui n’a eu aucun arrière-plan chrétien ou religieux, sur la base de notre vécu et de notre propre référentiel. Alors, oui, les expériences de conversions sont différentes. Elles peuvent être spectaculaires (pour un enfant de chrétien ou non) comme elles peuvent être peu visible (idem). Elles peuvent se produire à un instant précis ou être le résultat d’un parcours plus long, quelle que soit la personne, sa situation, son arrière-plan ou l’étape de sa vie.

Néanmoins, il y a forcément, pour chacun, quel que soit notre arrière-plan, « un avant » et « un après » : le Seigneur Jésus déclare d’ailleurs à un homme de très bonne réputation, sans doute déjà âgé (Nicodème), qu’il lui faut (je souligne) « naître de nouveau » (cf Jean 3v3, 5). Cet exemple édifiant nous révèle que notre vie peut basculer et changer à tout moment, et qu’à tout moment, nous pouvons être rejoint, trouvé et transformé par Jésus-Christ. Cette « nouvelle naissance » est un….changement radical, lequel engage toute notre personne dans ce processus de transformation.

C’est donc bien biblique : faire une rencontre personnelle avec Jésus-Christ, mourir avec Christ et ressusciter avec lui pour une vie nouvelle, être marqué par l’Esprit de Dieu qui fait de nous des enfants du Père céleste, devenir « une nouvelle création » en Christ…C’est « radical », comme changement, non ?

Ceci dit sans jugement (c’est un constat), le drame de certains jeunes, nés dans une famille chrétienne, est d’estimer qu’ils n’ont pas besoin de passer cette étape, confondant sans doute le fait d’avoir été élevé dans la foi avec leur responsabilité personnelle de prendre position pour Christ. Je ne sais pas s’il est juste de dire que des enfants de chrétiens auraient « toujours cru en Christ et vécu selon sa loi », mais ce qui me paraît fondamental est, qu’à un moment de notre vie, nous ayons confessé clairement que « Jésus-Christ est le Seigneur à la gloire de Dieu, le Père » (cf Philippiens 2v11). Pour ma part, bien que né dans une famille chrétienne, Jésus m’a trouvé lorsque j’avais 16 ans. Je lui appartiens aujourd’hui.

Dit autrement, au-delà des étapes/parcours de conversions différentes, nous savons que nous sommes chrétiens, quand nous témoignons, affirmons (par notre vie) et confessons (avec des mots) clairement qu’il y a eu et qu’il y a désormais un changement radical dans ce qui fait autorité dans notre vie. Et le chrétien affirme que c’est Jésus le Seigneur qui a cette autorité dans sa vie. C’est pourquoi l’on peut dire qu’il y a bien « un avant (Jésus Seigneur) et un après (Jésus Seigneur) ». A noter que prier à haute voix nous permet de manifester ouvertement notre confiance en la puissance de Dieu, qui seul nous sauve et nous transforme, plutôt que dans les hommes et/ou une forme de rituel « magique ».

L’enjeu de toute notre vie chrétienne est de vivre ensuite au quotidien cette Seigneurie de Jésus, en veillant à ce qu’il n’y ait plus de « zones réservées/privées », c’est-à-dire des domaines de vie qui ne concerneraient pas Jésus. Tout dans notre vie le concerne. Un témoignage de ce changement radical, après avoir rencontré Jésus, est la démarche logique dès que l’on a fait le pas de la foi : c’est le sens du baptême, qui permet à l’adulte qui se fait baptiser de marquer ce changement, comme sa volonté d’affirmer sa foi.

L’autre enjeu spirituel est de vivre, non plus en « bébé » ou en « enfant », mais en « chrétien adulte », manifestant un christianisme non « identitaire » mais « d’adhésion », affranchi de la foi/désirs de ses parents dans la chair/spirituels.

Concernant notre certitude d’être sauvé, Ephésiens 2v8 souligne que « c’est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu ». Le salut est donc l’œuvre de Dieu seul. Si donc c’est Dieu qui nous sauve, qui pourrait renverser ou détruire ce que Dieu fait ? Qui est plus puissant que Dieu pour détruire Son œuvre ?
En fin de compte, on ne peut pas « perdre son salut », sinon en choisissant de le refuser et de le renier.

Notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ a dit : « J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Ecriture soit accomplie. » (Jean 17v12).

Toi, lecteur, qui es-tu ? A qui appartiens-tu ?

« Priez le Père pour espérer donner et recevoir une éducation véritable »

Le sujet de la rentrée : Encourageons-nous à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « demandent, cherchent et frappent »

Lecture : Matt.7v7-11

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira. Ou encore, qui d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ».

Ce passage bien connu s’inscrit dans le contexte du « Sermon sur la montagne » (ch.5-7 de Matt.), un discours prononcé par le plus grand enseignant de tous les temps : Notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’est pas « un » maître ou un enseignant, mais « le » maître et « le » Seigneur.

Il ne s’agit pas d’un « code moral » de « bonne conduite » pour devenir « un bon chrétien », mais de la charte de vie des enfants du Père Céleste. Il y est question de la justice du « royaume » ou plutôt, « du règne » de Dieu.

Nous pouvons y lire ce que devrait être la vie de famille des enfants du Père céleste, dont la vie est clairement placée sous le règne de Dieu. Et le règne de Dieu n’a pas de limite : il commence d’abord dans le domaine de ta vie où il ne règne pas. Quel est ce domaine de ta vie où Jésus ne règne pas ?

Ainsi, par exemple, l’éducation et l’instruction(1) : Christ règne-t-il dans ce domaine de vie, que tu estimes tellement vital pour tes enfants ? As-tu placé l’éducation et l’instruction de tes enfants sous le règne de Christ ? Si ce n’est pas lui, qui règne ?

C’est une question, non de « morale », relative à ce qui serait « bien ou mal », « bien vu » ou « mal vu », mais c’est une question de vie ou de mort. Pas moins. Et quoi de plus vital que de donner et recevoir une éducation véritable, là où Christ règne ?

Objectif : (S’)encourager à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « « demandent, cherchent et frappent », mais aussi à imiter la façon dont le Père céleste répond. D’habitude, à l’école, celui qui copie sur le voisin ou qui imite le prof est punit, mais dans ce cadre, à l’école de Jésus, comme la Bible nous l’enseigne (ex : en Éphésiens), nous sommes invités à « copier », imiter Dieu, Notre Père (pas à le « singer »). Encourageons-nous donc à « demander, chercher et frapper » pour recevoir mais aussi donner une éducation véritable, centrée sur Christ.

Dans notre passage de Matt.7v7-11, l’accent est mis sur la disponibilité du Père qui invite ses enfants à s’approcher de lui, pour qu’ils lui expriment en toute authenticité et simplicité leurs besoins. C’est ainsi que l’éducation véritable est un sujet de prière – de nos prières – et une préoccupation constante, de la même façon que nous veillons avec soin à l’habillement et à la nourriture de nos enfants.

Ensuite, voici un deuxième élément particulièrement frappant : il est d’emblée considéré ici que ceux qui demandent, cherchent et frappent, le font, non seulement pour recevoir une réponse, mais aussi parce qu’ils savent que c’est juste et légitime. Et parce que c’est juste et légitime, ils osent faire preuve de hardiesse, sans crainte d’être jugés.

Nous-mêmes, en tant qu’enfants du Père, du Royaume, nous sommes invités à « demander », « chercher » et à « frapper », car il y a là autant de promesses : « en effet », dit Jésus, « quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira » (v8).

Mais « demander » et « chercher » quoi ? « Frapper » pour quoi ? La fin du passage nous donne la clé : pour obtenir « de bonnes choses » (v11) et pour obtenir ce qui est juste, selon la volonté du Père. Il est bon de demander une bonne éducation et une bonne instruction pour nos enfants ; et il est aussi bon pour des enfants de demander une bonne éducation et une bonne instruction, car cela est juste.

« Demander » :

Tout parent cherche le meilleur pour ses enfants : si ses enfants demandent du pain, le parent ne lui donnera pas une pierre ; s’ils demandent du poisson, ils ne recevront pas un serpent, et, dit Luc, s’ils demandent un œuf, ils ne recevront pas un scorpion (Luc 11v12). Mais voilà, dit Jésus, nous sommes « méchants », « mauvais » et nous pouvons « nous planter ».

Nous demandons mal.

Jacques 4v2-3 dit : « Vous convoitez et ne possédez pas (….) Vous ne possédez pas parce que vous n’êtes pas demandeurs ; vous demandez et ne recevez pas parce que vos demandes ne visent à rien de mieux que de dépenser pour vos plaisirs ».  La pub prétend connaître mieux que vous ce que vous et vos enfants ont besoin…. Qui, d’ailleurs, oriente vos façons de vous nourrir, vous habiller, divertir ?

Nous n’osons pas « demander, chercher, frapper », doutant de la légitimité de notre démarche.

Nous avons aussi parfois un mauvais réflexe : juger ceux qui revendiquent, parce qu’ils nous paraissent bruyants. Comment ainsi considérer, par exemple, la démarche de ces étudiants québécois, qui avaient manifesté en 2012 contre la hausse des droits d’inscription à l’université ? (Là c’était « le printemps érable » au lieu du « printemps arabe »)

Mais apprenons du Père, qui Lui-même nous écoute avec bienveillance, pour accueillir avec la même bienveillance la démarche des autres. Apprenons du Père pour encourager nos enfants à demander ce qui est bon. Lui nous encourage en nous disant : « vas-y, mon enfant, c’est juste et bon ! »

Comme Lui, reconnaissons dans les cris des enfants,  les cris de ceux qui « défaillent sur les places de la Cité. A leurs mères ils disent : Où sont le blé et le vin ? [une éducation et une instruction nourrissantes, sources de vie et de joie]quand ils défaillent comme des blessés sur les places de la Ville, quand leur vie s’échappe au giron de leurs mères » (Lam.2v11-12).

Nous pouvons « nous planter », mais nous pouvons nous rattraper par la grâce de Dieu.

Comment avoir l’assurance « de ne pas nous planter » ?

En demandant la sagesse : Jacq.1v5-8 nous assure que « si la sagesse nous fait défaut », nous pouvons « la demander au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproche ; elle (nous) sera donnée ». Mais il s’agit de « demander avec foi, sans éprouver le moindre doute ».

« Chercher » :

Comme pour « demander », il y a aussi une promesse : « Qui cherche, trouve ».

Nous trouvons, parce que nous avons longuement cherché.

Ce que mon épouse aime, c’est que je lui rapporte quelque chose que j’ai trouvé pour elle et je l’ai trouvé parce que je l’ai longuement cherché.

Le marchand de la parabole a longuement cherché des perles fines. Et en ayant trouvé une de grand prix [elle n’a pas de prix], il vend tout ce qu’il a pour l’acheter. Et qu’est-ce qui a plus de valeur qu’une perle ? La sagesse (Job 28v18) !

Jésus trouve Philippe après l’avoir longuement cherché (Jean 1v43), pour lui dire : « suis-moi ».

Nous-mêmes, nous sommes des « trouvés de Dieu ». Mon frère, ma sœur, réjouis-toi que Dieu te cherche, car tu peux espérer qu’il te trouve. Mais toi, te laisseras-tu trouver ?

Parent, tu espères que tes enfants se laissent trouver par le Seigneur, mais espères-tu trouver, comme le marchand de la parabole, une école dispensant une éducation et une instruction de grand prix, là où l’on dispense la sagesse de Christ ?

Enfin, « frapper »

Frapper à des portes fermées.

L’on peut frapper pour ne pas être ouvert, comme le roi Joas, qui avait frappé trois fois avant de s’arrêter. S’il a pu ensuite remporter quelques batailles, il n’a pu remporter la victoire finale (2 Rois 13v14-19).

L’on peut frapper pour être ouvert : avec détermination et foi, « 5 ou 6 fois », parce qu’il y a urgence, parce que c’est une question de vie ou de mort, pour remporter la victoire de l’éducation véritable, pour nos enfants. Pour que s’ouvrent les portes d’écoles où une éducation véritable est dispensée, parce que Christ est au centre de l’école.

Les portes peuvent s’ouvrir : il s’agit ensuite d’avoir foi pour entrer et y faire entrer nos enfants.

 

Note : 

(1) Éduquer : faire se développer (un être vivant). Prendre soin. Instruire : transmettre à la génération future un ensemble de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d’une culture commune.

Là où Dieu habite et règne

Voici le verset d’un psaume, lu cette semaine dans un contexte particulier.
Il s’agit du psaume 84v5(version Darby) :
« Bienheureux l’homme[ou la femme] dont la force est en toi, et ceux[ou celles] dans le cœur desquels sont les chemins frayés ! »*

Ce verset, qui intrigue le jeune héros d’un roman-jeunesse(« La grande Décision »**, que j’ai relu subitement ces jours-ci)trouve un éclaircissement à la fin de l’histoire.
Voici la méditation(avec quelques adaptations-l’original est en italique)qui suit :

« Bienheureux l’homme dont la force est en toi, et ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés ! » est un verset dérangeant et préoccupant.
On serait peut-être tenté de le réécrire différemment, dans le genre :

« bienheureux l’homme[ou la femme] dont la force est au service de Dieu ».
Or, la force humaine, vite épuisée, n’est qu’illusoire. La véritable force, il faut la recevoir de Dieu, jour après jour. Il la donne quand on la Lui demande.
Il veut que nous dépendions de Lui, comme l’enfant dépend de sa mère. Cela signifie que tu ne marches plus seul, que tu soumets ta volonté à la Sienne.
Cette attitude est si contraire à notre nature indépendante et volontaire que Dieu doit sans cesse nous l’enseigner à nouveau.
Lorsqu’on défriche une forêt, il y a tant de choses à arracher pour obtenir un terrain uni. C’est un long travail qui ne se fait pas sans peine.
Ainsi, Dieu permet les difficultés et les épreuves de la vie pour opérer en nous ce défrichement et lui laisser la place.
« Les chemins frayés » représentent sans doute l’image de l’état d’un cœur où Dieu habite et règne [sous-entendu qu’un cœur où Dieu n’habite pas est un cœur en friche], d’un cœur préparé par Dieu à jouir d’un bonheur qu’Il est seul à donner.

Ce sont là des pensées et des réalités que je trouve personnellement très profondes et difficiles à expliquer.
Plus difficiles encore à vivre.

Mais « La Grande Décision » est de suivre ces « chemins frayés », sachant que Jésus-Christ est « le chemin, la vérité et la vie et que nul ne vient au Père que par (Lui) ».

Lectrice, lecteur, si tu as déjà prise cette décision que Dieu seul t’inspire, Lui te guidera pour toutes les autres.

 

En prolongement, lire :

Jean 14v6(« Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie; nul ne vient au Père que par moi »)

Jean 15v5(« Moi, je suis le cep, vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire »- cad de durable)

Es.40v3-5(« Préparez le chemin de l’Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu »)

 

 

Notes :

* Autres versions : « Heureux ceux qui placent en toi leur appui ! Ils trouvent dans leur cœur des chemins tout tracés ».(Ps.84v5. version Segond) ou « Heureux l’homme qui met sa force en toi, dont le cœur connaît les vraies routes »(Ps.84v5-Version du Rabbinat français)

** »La Grande Décision », de Ruth Demaurex. Ed. Le Grain de blé, 1973