Agressions de Cologne : D’un certain traitement médiatique qui s’appelle « bâtonnage »

Quel devrait être le rôle des médias ? « De rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.

Puisque l’on en parle, la façon dont les médias ont traité « les agressions de Cologne » est, à cet égard, édifiant. En gros, comme le résume assez bien Basta mag, « la police de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne », avait enregistré mardi 5 janvier 2016 « quatre-vingt dix plaintes pour des faits de vols et d’agressions sexuelles, dont une plainte pour viol, perpétrés la nuit de la Saint-Sylvestre. Tous se sont produits sur une place centrale de la ville, entre la cathédrale et la gare. Cette masse d’agressions scandalise l’Allemagne ».

Parmi d’autres médias, Paul Ohlott, le principal animateur et « rédacteur » d’un blogue d’ « Actus chrétiennes », pensait-t-il avoir trouvé un sujet « en béton », bien polémique, propre à provoquer « la baston » ? Le 8 janvier, il publie ce billet intitulé : « Un millier de réfugiés syriens, « tout juste arrivés en Allemagne », ont agressé sexuellement des femmes… ».

Ledit « billet » est en réalité un simple copier-coller d’un article publié sur 20 minutes, dont le titre originel est tout autre : « VIDEO. Agressions sexuelles à Cologne: Des policiers allemands mettent en cause des réfugiés syriens ». Remarquons cette pratique utilisée par Paul Ohlott et que l’on appelle, en jargon du métier, du « bâtonnage » de dépêches. Il s’agit de « l’une des tâches les plus ingrates d’un journaliste », explique Alice Antheaume sur son blog « WIP(« Work In Progress ») : soit de réécrire une dépêche fournie par une agence (type AFP ou Reuters) « en la remaniant à la marge » et, au besoin, en rhabillant les titres…. « Le bâtonnage serait le symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, et, de surcroît, le chemin de croix des «forçats de l’info», ces soi-disant OS de l’Internet qui travaillent sur des sites de presse, des pure-players, mais aussi sur des plates-formes de contenus, comme Orange, Yahoo!News ou Dailymotion, ou pour des agences. On dit «bâtonner de la dépêche» ou «bâtonner» tout court. ».

En gros, « l’info » sur le sujet « d’actu » du jour tombe et « il faut la traiter le plus vite possible ». C’est à dire : copier-coller la dépêche, la toiletter un peu en changeant le titre, et « publier », espérant provoquer le buzz et la polémique. Valeur ajoutée ? Nulle. Or, pour l’essentiel, le contenu quotidien proposé par « Actus chrétiennes » relève justement plus du « bâtonnage » ou du recyclage d’articles provenant d’autres sites(le ton polémique en plus), que d’un véritable travail d’écriture ou d’enquête de terrain.  Le reste étant constitué de billets d’humeur ou « coup de gueule »(qui ne coûtent pas cher) rédigés par Paul Ohlott lui-même.

Mais le plus grave est ailleurs, car en publiant trop vite des affirmations non vérifiées sur le nombre et l’origine des agresseurs, et qui se sont avérées fausses(1), à l’instar d’un grand nombre de médias « non chrétiens », notre « rédacteur » tend le bâton pour se faire battre.

Ainsi, au milieu de plus de 150 commentaires, dont la plupart se passeraient de commentaires, l’internaute Tania réagit (9 janvier 2016 • 19 h 06 min ) : « Bon..ok ..Relisez bien votre titre en gras pour l’article… Ensuite regardez comment votre nez est en train de pousser comme Pinochio….. Euh..sans blague …it’s sure ?:  » Un millier de réfugiés »? .. ont agressé sexuellement. Est-il besoin d’écrire un mensonge (au sujet du millier ayant sexuellement agressé..) pour alourdir une réalité criminelle déjà sordide ? Avez-vous un objectif opportuniste (malsain) derrière ce shmilblick?….Un peu d’objectivité vous redonnerait de votre étoffe de vrai journaliste, pour l’instant vous nagez dans le compromis douteux ».

Mais lui, Rédaction, « voulant se justifier », répond (10 janvier 2016 • 0 h 20 min ) : « Le titre est juste. Il y a eu plus de 300 plaintes en une nuit ».

Ce à quoi réplique Tania (10 janvier 2016 • 7 h 46 min ) : « Le titre est faux : seulement un pourcentage de ces trois cents agressions (très important, certes) concerne des agressions sexuelles. Par ailleurs les informations disent bien qu’il y a un très grand nombres des criminels qui ont été identifiés comme étant des réfugiés syriens mais elles ne disent pas qu’il s’agit d’ « un millier » de réfugiés qui ont commis des viols sexuels sur 300 civils. Vous vous enfoncez comme d’habitude dans votre entêtement ….alors que vous avez clairement tort… » 

Plus exactement, comme nous en informent notamment La Croix, ou encore Basta mag, « selon la police de Cologne, dès 21 h le soir du 31 décembre, plusieurs centaines de personnes, en majorité des hommes, se trouvaient sur cette place du centre de la ville. En partie ivres, ils lançaient pétards et feux d’artifices – qui sont en vente libre et autorisés en Allemagne pour la Saint-Sylvestre. À 23 h, la foule regroupe un millier de fêtards et de badauds. La police est présente sur les lieux. Elle intervient même pour faire évacuer une partie de la place. Mais ce n’est qu’après qu’elle se rend compte des agressions dont ont été victimes, en majorité, des femmes. Les plaintes de femmes agressées, souvent pour des vols de portefeuilles et de portables, commencent à affluer. Dans un communiqué, la police déclare que « les suspects tentaient, par les attouchements, de détourner l’attention des femmes à qui ils étaient en train de voler des objets de valeurs ». Elle fait aussi état de témoignages selon lesquels les agresseurs auraient été d’« apparence nord-africaine ». L’élément a ensuite été repris sans précaution par un grand nombre de médias. Pourtant, mis à part ces suppositions basées sur leur apparence, la police n’a fourni aucun élément officiel sur les agresseurs ». Le mercredi 6 janvier, Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (État-région dans lequel se trouve Cologne) avait indiqué « que la police avait pour l’instant ciblé trois suspects. Aucun élément n’avait pour l’instant été fourni sur leur identité »(2). Mais, relève encore Basta, « depuis que la police a fait état de témoignages selon lesquels les auteurs seraient des hommes « d’apparence nord-africaine », c’est un flot de préjugés racistes qui a pris le relais de l’indignation sur le sort réservé aux femmes ce soir là à Cologne – et à leur quotidien dans l’espace public ».  »

Devant des élus locaux, le ministre de l’Intérieur régional a mis en garde contre une stigmatisation des étrangers : « Stigmatiser un groupe (de population) comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C’est ce que font les charognards de l’extrême droite, c’est leur seul argument ».

Prudence que n’a pas eu le « rédacteur » d’un blogue qui se fait pourtant fort d’offrir des « actus chrétiennes », comme le relève l’internaute Yves (10 janvier 2016 • 10 h 35 min ) : « 300 plaintes ne signifient pas un millier de coupables et un millier de coupables ne sont pas nécessairement un millier de « réfugiés syriens ». Vous aviez le choix d’un titre plus prudent et objectif, ne nous dites pas que ce n’est pas à dessein que vous avez choisi celui-là où je vois très bien votre intention dans la surenchère et l’incitation à la haine. C’est votre responsabilité entière d’en assumer maintenant les appels au pogroms contre les mosquées mais c’est aussi celle de vos lecteurs de vous dire le cas échéant leur dégoût pour un procédé journalistique indigne d’un chrétien et même d’un simple citoyen soucieux de vérité ». Et même d’aller voir ailleurs.

Effectivement. Comme dit l’adage journalistique, « informer, c’est choisir ». Et l’on choisit selon un but bien déterminé. Quel a été celui de « Rédaction » ? Chacun jugera, mais l’on serait en droit de se demander, à l’instar de Titi (8 janvier 2016 • 21 h 44 min ) « quel est le lien entre cet article et le christianisme ». Et de réclamer, si c’était possible : « svp que actu-chrétienne devienne actu-évangélique ». En clair : un site porteur de « bonnes nouvelles »(c’est le sens d’ « évangile ») ou de bonnes nouvelles édifiantes, plutôt que des unes à caractère raciste, racoleur et populiste « pour faire le buzz », ou des publi-reportages et autres divertissements people….(3)
Serait-ce « demain la veille » ? En attendant, en plus d’être bien peu fiable, Actu (vraiment ?) »chrétienne » paraît plutôt représentatif de ce que l’on peut appeler un site « involontairement pédagogique », vu que l’on peut y apprendre tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de déontologie de la presse. Il serait temps que les Evangéliques se montrent beaucoup plus exigeants en matière d’éthique et de déontologie de la presse, et décident de prendre à bras le corps cette problématique relative de ce que seraient des médias sérieux et indépendants, réhabilitant un véritable travail de journaliste. Lequel journaliste jouerait, non un rôle de simple « publiciste » ou d’un organe de presse qui dirait ce qu’il faut penser, mais un rôle de journaliste, soit d’information, d’explication et d’interrogation, à mille lieux d’analyses superficielles et catastrophistes, jouant sur le scandaleux et suscitant une indignation stérile.

 

Notes :

(1)Alors même que la police n’avait, au moment des faits, arrêté que trois suspects sur lesquels elle n’avait communiqué aucun élément officiel.

(2)  Selon La Croix, la presse locale à Cologne a parlé « d’une expédition menée par un groupe de gens cherchant à en découdre avec des étrangers à Cologne après les violences du Nouvel An. Le rapport du ministre est le premier du genre alors que la police locale de Cologne depuis une semaine s’est distinguée par une communication confuse et très parcimonieuse. De nombreuses zones d’ombre demeurent : comment les agressions ont-elles pu prendre une telle ampleur sans que la police n’intervienne alors qu’elle était à proximité ? Pourquoi a-t-elle attendu plusieurs jours avant d’en révéler l’ampleur ? Et les violences étaient-elles planifiées ? »

Voir aussi : http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/11/facebook-les-refugies-syriens-denoncent-les-agressions-cologne-262783

 (3) Si c’était encore « un accident » ! Mais à noter que le 7 décembre 2011, Actu « Chretienne » nous offrait de regarder « un reportage percutant réalisé par CBN News », affirmant qu’à Oslo « 100% des viols » auraient été « commis par des non-norvégiens »(soit « des immigrés » en Norvège). Une « info » à 100 % bidon, par ailleurs abondamment relayée par la plupart des sites d’extrême-droite. A l’époque, il était aussi question de tenter d’expliquer les causes d’une agression (ici l’attentat d’Oslo) par le biais de l’immigration. Une triste impression de déjà vu, à comparer avec http://www.lexpress.fr/actualite/politique/oslo-un-proche-de-le-pen-berne-par-une-fausse-info_1018082.html

 

 

 

 

 

« Foire aux médias »(et non « foireux médias »)

Médias chrétiens(ou non) : que et comment choisir ?

« Faisons un rêve »….à l’instar de Basta Mag « que tous les citoyens aient accès à une information éclairée et éclairante – lumineuse, même. Qu’à la place des couvertures populistes ou des anecdotes montées en épingle pour faire le buzz, chacun puisse lire des analyses, étayées, sur comment se porte le monde, sur ce que l’on doit changer en profondeur, et comment cela serait possible ».
Faisons un rêve « de médias qui appartiennent à leurs lecteurs et non à des marchands d’armes ou à des milliardaires qui ont fait fortune dans l’industrie du luxe.
Des médias qui privilégient l’investigation plutôt que les publireportages ou les dépêches d’agence remâchées et rabâchées. Des journalistes qui expliquent et interrogent, qui ne se contentent pas des apparences, plutôt que des éditorialistes qui assènent leur vérité.
Des médias indépendants, alternatifs, libérés des logiques commerciales et publicitaires envahissantes, on voudrait en voir fleurir un peu partout. Dans nos villes, dans les entreprises, dans les universités, dans nos boîtes aux lettres, sur nos écrans ».

Dans ce domaine, les chrétiens sont-ils « les premiers dans les bonnes oeuvres » ?
Car, qu’est-ce qu’un « média chrétien » ? Et pourquoi un « média chrétien » ? Faut-il préférer un « média chrétien » aux autres médias, dits « séculiers » ou non confessionnels ?
Que signifie « porter un regard chrétien sur l’information/le monde » ? Le traitement de l’information n’est-il pas obligatoirement « subjectif » du fait du positionnement spirituel ou confessionnel du média ? Un média chrétien se doit-il « d’évangéliser » ? Dire « ce qu’il faut croire »…ou donner à comprendre ? Et quid de la déontologie chez le journaliste chrétien ?
Pour tenter de le savoir, voici notre « foire aux médias » (et non « foireux médias »), inspirée de celle établie il y a quelques années par le journaliste Henrik Lindell et pendant longtemps disponible sur son site http://www.dieu-et-moi.com. Le site n’existe malheureusement plus aujourd’hui*, et la liste mérite de toute façon une sérieuse remise à jour.
La voici à nouveau, mais enrichie** et personnalisée. Essentiellement francophone-« française », elle donne aussi à découvrir ce qui existe d’intéressant en Suisse et au Québec.
Elle se veut non exhaustive-car « informer, c’est choisir », mais diversifiée et la plus représentative possible du monde chrétien-en privilégiant(mais non exclusivement) certaines facettes du protestantisme évangélique. Les médias et sites qui figuraient dans la liste initiale d’Henrik Lindell(ainsi que les commentaires originaux de ce dernier) seront en italique.
Elle se veut également représentative de ce que nous aimons dans une presse ou un média digne de ce nom  : un projet éditorial clair, sérieux et original ; des enquêtes de terrain et des reportages ; un véritable travail sur les sources et « la fabrique de l’information » ; une diversité de sujets et de genres ; que l’on m’informe et non que l’on m’affirme ; que l’on me donne à comprendre et non que l’on me gave de faits divers, de « people », « d’insolite », ou de spectaculaire plus ou moins racoleur ; une véritable indépendance, notamment vis à vis des institutions, du pouvoir, de la pub, de l’argent ou toute activité sans aucun rapport avec la presse et l’édition ; et bien entendu, le respect de la déontologie de la presse.

La liste est établie selon le plan suivant : « médias chrétiens »(presse et radio, essentiellement), « sites et portails chrétiens », « blogues »(de partage, d’étude et de méditations bibliques ; de théologie ; d’infos)…sans oublier une certaine « presse pas pareil », non chrétienne.
Enfin, avant d’aller plus loin, n’oubliez pas  de consulter les liens suivants-fort instructifs !-vers des articles de réflexion ou des manifestes sur la presse et les médias :

http://www.le-tigre.net/Pourquoi-pas-Le-Monde-texte.html ; http://owni.fr/2011/12/09/raphael-meltz-le-tigre/ ; http://www.article11.info/?Raphael-Meltz-Le-Tigre-Il-vaut ; http://www.acrimed.org/article3488.html ; https://pepscafeleblogue.files.wordpress.com/2013/02/xxi-manifeste-un-autre-journalisme-est-possible.pdf ; http://cahierslibres.fr/2014/01/du-journalisme-des-journalistes-4-les-nouveaux-horizons/ ; http://www.mediaculture.fr/2012/10/16/editeurs-de-contenus-si-vous-cessiez-de-vous-faire-phagocyter-par-google-et-facebook/ ; http://www.mediaculture.fr/2011/01/16/les-impostures-de-l%E2%80%99ecriture-web/

Bonne lecture, en attendant la première partie de ce dossier, consacré aux « médias chrétiens », très bientôt publiée à la suite de cette introduction.

N’hésitez d’ailleurs pas à réagir sur ce sujet(en donnant une réflexion, un témoignage…), au pied de cet article, que vous soyez journaliste ou non, chrétien ou non, ou tout simplement quelqu’un d’intéressé à la question des médias et de leurs enjeux !

 

 

Notes :

*Né en janvier 2008, http://www.dieu-et-moi faisait déjà entendre une voix chrétienne originale….avant de disparaître brusquement trois ans plus tard. Il nous manque beaucoup. Selon son créateur et animateur, le journaliste Henrik Lindell(« Horizons évangéliques », « Témoignage Chrétien », et actuellement « La Vie »), un « média chrétien » doit être : « ancré dans la foi en Christ, pédagogique, pratique et indépendant de toute institution ecclésiale(et même politique) ». Il doit « s’intéresser à l’innovation et s’inscrire résolument dans la fraternité ». Il doit être « un témoignage authentique de la relation entre l’individu et Dieu. Et être au service de tous les chrétiens et de tous ceux qui s’intéressent à la foi ».

** Merci également aux « Cahiers libres » (dont nous avons déjà parlé et qui figurent dans la liste), et notamment à l’un de ses responsables, « Benoît Sibille »(qui est venu nous rendre une petite visite amicale, sur Pep’s Café !), pour ses éclairages bienvenus sur sa propre publication et sur d’autres médias catholiques. A noter que « Les Cahiers… » ont également aimablement publié, la semaine dernière, l’un de nos billets : « Président bashing ou Président blessing ? »

« The Bible » : « c’est spirituellement qu’on en juge… »

tout ce qui brille est-il or ?

tout ce qui brille est-il or ?

La foi, « c’est croire sans voir ». C’est par ce moyen que l’on peut s’approprier la grâce de Dieu, qui seule nous sauve.
Néanmoins, pour faire la critique d’un livre ou d’un film, il est indispensable d’avoir lu ou vu d’abord l’œuvre en question, avant de faire une quelconque analyse ou commentaire. Une « évidence » qui ne semble pas partagée par certains, notamment sur la toile et les blogues d’infos. Jugeons-en plutôt avec ce qui suit et tâchons d’en tirer des leçons concernant une certaine éthique ou déontologie nécessaire.

Où l’on retrouve notre bon vieux « débat » : « pertinence » ou « popularité » ?

Voici un billet « plein de colère », à l’approche de Noël, que l’on peut lire sur un blogue « d’actualités chrétiennes ». Non toutefois pas cette colère-là…ou celle du Seigneur Jésus Christ chassant les marchands du temple(Luc 19v45)….Son animateur, Paul Ohlott, « enrage » de ce que le Nouvel Obs, selon lui, « enrage(rait) » face à « l’incroyable succès de The Bible » (c’est le titre de son billet coup de gueule, daté du 8 décembre 2013). « La Bible » ou « The Bible »(à ne pas confondre avec « Ze Bible »), la mini série américaine(que je n’ai pas vu, à part quelques extraits sur internet et que je ne commenterai donc pas), pas la Parole de Dieu écrite.

Paul Ohlott(« Rédaction »),  qui réussit le tour de force de rédiger une « critique »(plus une « critique de la critique  », en réalité) sur ce qu’il n’a visiblement pas vu* (comme il le reconnaît lui-même à demi-mot-les commentaires ci-dessous le prouvent) »enrage » de ce que Marie Lemonnier, journaliste en charge des questions religieuses pour le Nouvel Observateur,  ait jugé mauvais « The Bible », la série, au point d’estimer qu’« il doit falloir être néocréationniste fanatisé ou télévangéliste à paillettes pour réellement goûter le spectacle ».
« Vous savez ainsi ce que vous êtes aux yeux du Nouvel Obs, si vous avez le malheur d’apprécier cette horrible série qui fait la promotion du message biblique ! » [sic-rien moins !] prévient Paul Ohlott en conclusion de son billet.

Mais quel est, en fait, le problème ?

Que l’article de Marie Lemonnier ait le (seul) »défaut » de ne pas reconnaître « l’incroyable succès de la série télévisée « The Bible »(…)la superproduction de Mark Bunett (également producteur des shows « Survivor » ou « The Voice »), qui a cartonné « tout d’abord aux Etats-Unis(…)mais également en Australie, où la série a même battu les records d’audience de la célèbre émission « MasterChef » ?

Au fait, est-il possible d’être évangélique, « né de nouveau » ou même « fondamentaliste » et de trouver(« objectivement ») la série mauvaise ?

Au final, cette « critique de la critique » de Paul Ohlott(qui se contente de reprendre certains termes ou infos de l’article de Marie Lemonnier et n’apporte rien de neuf) « n’a d’autre intérêt » que de révéler le manque de rigueur professionnelle de son auteur.

Quel est le problème ?

Une façon de juger sans voir et sur de mauvaises bases, qui peine à convaincre et à faire avancer la réflexion.

Une façon de juger sans voir et sur de mauvaises bases, qui peine à convaincre et à faire avancer la réflexion.

Que, quand il ne lit pas « en diagonale », Paul Ohlott ne fait pas ce qui est le minimum requis pour un journaliste, avant la diffusion d’un programme télévisuel :  le regarder avant de commenter, ce qui lui aurait permis de donner un véritable avis sur une production qui se donne tout de même pour ambition de donner « à voir »(et à comprendre)toute la Bible. Et ce qui lui aurait permis de comprendre enfin qu’une critique négative(surtout si elle est justifiée) d’un mauvais film(surtout s’il est attesté comme tel) n’est pas(forcément) une « attaque » contre la Bible, l’évangile ou les évangéliques. Plus grave et dangereux, Paul Ohlott semble ici défendre « l’idée » que l’essentiel est « l’étiquette »(ici, « série évangélique »), ou même « le succès »(en chiffre d’audience), la popularité, lesquels suffiraient pour donner toute légitimité à une oeuvre, court-circuitant ou décrétant « hérétique »/ »blasphématoire » toute analyse ou esprit-critique du contenu. Un état d’esprit contradictoire avec l’esprit des Béréens cf Actes 17v11(qui ne se sont pas laissés impressionnés par la renommée de Paul et dont la noblesse n’est pas liée à un titre mais à l’attitude), de 1 Cor.14v29(« éprouver les prophéties ») ou même de Deut.13. A noter que l’inverse est vrai : une « mauvaise » étiquette(« de gauche », « catholique »…)suffit à rendre illégitime.
On appréciera d’autant plus, parmi les nombreux commentaires en réaction(plus de 90 à ce jour), certaines interventions pertinentes et intelligentes(par contraste), pour ne pas dire spirituelles(voir « Yves », « Sergio3 », « Bucer », et surtout, « Pneumatis »). Et on se rassurera en se disant que Paul Ohlott n’est heureusement pas représentatif des évangéliques :

Yves
8 décembre 2013 • 12 h 46 min
La critique du Nouvel Obs est sévère mais j’attendrai d’avoir vu un épisode pour juger si elle est pertinente… Vous-même Paul, qu’en avez-vous vu et qu’en pensez-vous ?

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Rédaction
8 décembre 2013 • 13 h 00 min
Pour ma part, je me moque de la « french manucure » des ongles d’Eve… et les divers extraits m’ont montré une grande qualité. D’ailleurs, à mille lieux du Nouvel OBS, la présentation de Paris Première souligne qu’il s’agit d’un « phénomène télévisuel mondial » qui a été « salué par la critique ». Il n’y a donc pas besoin d’etre « néocréationniste fanatisé ou télévangéliste à paillettes » pour apprécier la série.
o
Yves
9 décembre 2013 • 6 h 44 min
Mais vous ne m’avez pas dit Paul si vous aviez vu la série pour contester la pertinence de la critique de l’Obs, car le seul avis de la chaine qui la diffuse me parait de bien peu d’objectivité…

sergio3
8 décembre 2013 • 17 h 09 min
Le problème des films, c’est que les images s’impriment dans nos mémoires. Il suffit d’une expression du visage ou de quelques mots inventés pour nous donner une autre compréhension de l’Evangile…
Certains chrétiens sont tellement habitués à se gaver de films qu’ils ne réalisent pas le danger.
J’espère que cette superproduction aura un impact positif sur les pécheurs et qu’elle ne fera pas de dégâts dans les rangs de la famille de Dieu.

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Rédaction
8 décembre 2013 • 21 h 02 min
Un film ne déforme pas plus l’Evangile qu’une prédication. L’un comme l’autre comporte une dimension humaine et se voit transmis par le biais d’un canal humain, par définition imparfait.
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Bucer
9 décembre 2013 • 17 h 02 min
Comment c’était hier soir?
Ma critique, ici:
http://blog-confessant.blogspot.fr/2013/12/la-bible.html
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Bucer
9 décembre 2013 • 17 h 17 min
Et je dois ajouter que le début est un peu guignolesque avec Noé qui raconte magistralement le récit de la Création dans une arche construite en bois bien poncé acheté chez Casto et où l’une des planches de 2 cm d’épaisseur qui constituent la coque commence à prendre l’eau au point qu’il s’en va retaper un clou pour colmater la brèche. A première vue, l’arche de Aronofsky semble plus solide et ressemble moins à un bâtiment sorti du Monde de Narnia.
C’était là le truc à éviter: ne pas sembler raconter un conte de fées pour grands naïfs. Et je pense que la série (en tout cas les deux premiers épisodes) est tombée en plein dans cette erreur.
Je pensais voir un vrai Abraham ou un vrai Moïse, dans leur vraie vie, avec leurs vraies craintes et leurs vraies appréhensions devant un appel qui les dépasse… mais, hier, je n’ai vu que des anges sortis de Star Wars et des héros sortis d’un nanar et dont on sent bien qu’après le tournage, ils vont aller manger un cheesburger au Mcdo du coin.

Yves
10 décembre 2013 • 7 h 32 min
Merci Bucer. Avec vous on a au moins ici une critique chrétienne sérieuse de quelqu’un qui a réellement vu un épisode, ce qui ne semblait pas le cas de Paul Ohlott dans sa contestation de la critique sévère du nouvelObs….
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Rédaction
10 décembre 2013 • 8 h 52 min
La critique de bucer concernant les anges n’a rien de sérieux et je prépare un article a ce sujet, avec extrait vidéo de la série pour ceux qui ne l ont pas vu…
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Bucer
10 décembre 2013 • 11 h 09 min
Rien de sérieux?
On voit l’ange qui sort deux petites épées de son dos et se met à faire une scène de moine shaolin en démonstration de kung fu à Bercy!
Une vraie niaiserie dont la série n’avait pas besoin.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 20 min
Je suis catholique pratiquant, je suis passionné d’exégèse, et je confirme la critique du Nouvel Obs (et celle ci-dessus de Bucer). J’ai vu les deux premiers épisodes, qui sont une daube monumentale. Cette série n’a rien de biblique, c’est une série d’action qui utilise des images et des références bibliques. La culture et l’esprit de la Bible n’y sont pas. Avoir réussi à faire tout un épisode sur Abraham sans même évoquer l’alliance de la circoncision, c’est quand même du grand art ! Par contre les scènes de bagarre et d’action, ça y va. Comme si c’était l’essentiel. Quant à l’histoire de Moïse, c’est pareil. Là il aurait fallu ouvrir le Livre plutôt que de tenter un remake du film avec Charlton Heston en moins bien. C’est désastreux, et cela induit complètement le spectateur en erreur sur la réception de la Révélation. Que cette série rencontre un tel succès est une vraie tragédie, si vous voulez mon avis, pour ce qui est d’ouvrir l’esprit à l’intelligence des Ecritures (ce qui fut l’oeuvre de Jésus avec ses disciples jusqu’à son Ascension).

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Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 31 min
C’est intéressant, parce que lorsque je pense à l’histoire d’Abraham, je ne pense absolument pas à la circoncision. Ce n’est pas, personnellement, ce qui me marque dans la vie d’Abraham !
Contrairement à vous, je trouve ça très bien que l’on présente la Bible d’une nouvelle manière, afin d’attirer des gens qui ne s’intéressaient pas à la Bible. En outre, nous avons des représentations conventionnelles de la Bible , qui ne sont absolument pas biblique… et je vais en parler dans un article à propos des Anges.
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Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 43 min
« C’est intéressant, parce que lorsque je pense à l’histoire d’Abraham, je ne pense absolument pas à la circoncision. » Et demandez-vous pourquoi, alors que c’est le centre de gravité de toute l’histoire d’Abraham, celle dans laquelle s’enracine jusqu’à l’accomplissement par le Christ. Comment voulez-vous comprendre l’étendue de ce que peut signifier « Voici le sang de l’alliance nouvelle et éternelle » si vous ignorez tout de ses racines spirituelles ? Et le problème, c’est qu’il n’est pas question que de la circoncision, mais de l’alliance en général, qui même avec Moïse est passée sous silence. Enfin quoi, retirer l’alliance de l’Ancien Testament, c’est comme retirer la Cène et l’institution de l’eucharistie du Nouveau.
La focalisation sur les batailles et les scènes d’action n’est pas plus dans l’esprit biblique. Et je passe sur des détails qui réitèrent toujours les mêmes images populaires convenues de la Bible , comme le sacrifice d’un Isaac enfant qui, de mémoire, n’avait pas l’air hyper consentant dans la série. Il y a un moment, quand on s’intéresse un peu à la Bible , où il faut mettre à jour ses connaissances. Je ne comprends pas où vous voyez du « nouveau » dans cette présentation des récits bibliques, à part dans les techniques de combat qui sont mises en scènes, et dans les étranges coupes dans le récit.
Et vous voyez, la tragédie est celle-ci : c’est qu’au final, certains arrivent à trouver ça bien. Là où l’Eglise, les chercheurs, les catéchistes (du moins ceux qui sont formés pour ça) essaient de faire avancer un peu la connaissance biblique, cette série fait revenir les gens un siècle en arrière, avec des airs d’actualité. C’est effrayant.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 47 min
Votre vision des choses est très catholique… Non seulement, on n’a pas besoin de mettre l’emphase sur la circoncision pour comprendre le sacrifice du Christ… mais en outre, il n’y a pas lieu non plus de mettre l’emphase sur la Cène … c’est juste un symbole commémoratif. Ce n’est pas le coeur de l’Evangile. Incroyable mais vrai, je me suis converti seul dans ma chambre, loin de la circoncision abrahamique et de l’eucharistie catholique !
Ce genre de séries Tv n’a pas pour objectif d’être un cours théologique, mais de montrer un aperçu du message biblique de manière attrayante pour une génération majoritairement déchristianisée. Ce n’est pas avec les programmes de KTO ou avec le « Jour du Seigneur » que les foules vont s’intéresser à la Bible …
C’est bien d’avoir de la connaissance biblique, mais c’est bien également de créer des supports qui vont se mettre à la portée du grand public. Le jour où l’Eglise le comprendra, elle commencera à communiquer l’Evangile différemment.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 47 min
Et je me permets de vous inviter à lire cette critique constructive de la série, qui parait poser les bonnes questions.
http://www.20minutes.fr/television/1259715-20131205-bible-enfer-scenaristes-tele
Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 50 min
Et croyez-moi, ce n’est pas non plus avec cette série que la jeune génération déchristianisée va s’intéresser à la Bible. Au mieux, elle va s’intéresser à la série (ce qui semble déjà être le cas), ce qui est bien différent. Attention, encore une fois à ne pas confondre cette série et la Bible elle-même, qui en est très éloignée.

o
Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 52 min
Relisez plus posément mon commentaire et essayez de réfléchir aux différentes manières de communiquer la Parole de Dieu. Oui, c’est notamment grâce à ce genre de séries, que certains vont commencer à s’intéresser à la Bible. On attire pas les gens avec des cours de catéchisme. D’ailleurs, c’est comme cela que le Catholicisme a su dégoûter la majorité des jeunes… heureusement que le mouvement évangélique a su développer une approche différente pour communiquer l’Evangile.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 12 h 21 min
Je relis plus posément votre commentaire. Et je sais trouver un juste milieu entre mettre l’emphase sur quelque chose et faire comme si la Bible n’en parlait pas. Et j’espère que vous êtes aussi capable d’envisager un juste milieu entre une catéchèse classique et une série qui trahit le message biblique.
Je suis convaincu que c’est au contraire ce genre de travestissement populaire, qui n’a rien de nouveau, qui a largement contribué au désintérêt pour la Bible. Cette série est de l’anti-évangélisation.

o
Rédaction
10 décembre 2013 • 12 h 24 min
Je ne connais personne qui a été dégoûté de la foi et qui a rejeté Dieu après avoir regardé une série biblique qui n’est pas totalement fidèle au message biblique. En revanche, on ne compte plus les millions de personnes – rien qu’en France – qui ont rejeté Dieu après s’être profondément ennuyés dans les cours de catéchisme…
Et pour rappel, le film  » la Passion du Christ », malgré toutes les critiques, a eu un impact positif sur des millions de gens.
o
Pneumatis
10 décembre 2013 • 12 h 32 min
Très bien. Quant à moi, je ne connais personne qui se soit converti au Christ en s’abrutissant devant une superproduction américaine. Et je suis plus que sceptique quant à la faisabilité.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 12 h 39 min
Soyons honnête… Même si vous ne connaissez personne qui se soit converti par le biais d’un film américain, vous n’en connaissez pas davantage qui se sont éloignés de la foi et de Dieu à cause d’un film biblique américain. En revanche, vous en connaissez beaucoup qui ont rejeté le catholicisme, après avoir suivi le catéchisme, fait la communion, confirmation… pourtant, vous êtes trop attaché à la religiosité catholique pour le reconnaître. Vous préférez critiquer le films américains, plutôt que de critiquer le catholicisme qui s’est embourbé dans une religiosité qui n’a plus rien d’évangélique…
o
Pneumatis
10 décembre 2013 • 13 h 02 min
Des qui se sont éloignés de la foi et de Dieu à cause d’un film biblique américain ? Mais ouvrez les yeux, ça s’appelle le monde d’aujourd’hui, dans lequel plus on passe de temps à s’abrutir devant ce genre de superproduction moins on a de chance, proportionnellement d’avoir envie d’ouvrir un livre… alors de prier, n’en parlons même pas. Pour le reste, je ne rentrerai pas avec vous dans une controverse catho/évangéliques, ce serait glissant. Je suis très nettement favorable au dialogue interreligieux, et sur un tel sujet, il me semblerait mal engagé. J’ai aussi un regard sur l’histoire religieuse, et croyez-moi, je sais l’Eglise largement coupable d’avoir éloigné ses fidèles de la Bible , mais je la sais vivante et pas enfermée dans ses erreurs du passé… Je n’ai pas de temps à perdre dans des combats de chapelles, quand le Christ nous veut unis.
Aussi, je retourne à cette religion qui n’a plus rien d’évangélique, à laquelle je me suis converti à 25 ans, qui m’a appris à aimer le Christ de tout mon coeur, de toute mon âme et de toute ma force, et à aimer les hommes d’un amour semblable. Je retourne à cette religion qui n’a plus rien d’évangélique, mais qui parie sur mon intelligence de la foi, plus que sur mon goût pour le marketing américain, et que je remercie pour cela.
Ceci dit, je peux vous suggérer un prochain article : comment la dernière publicité pour l’offre de Noël sur les abonnements canal+, mettant en scène les rois mages à la crèche s’extasiant devant un écran de télé, contribue à la découverte du nouveau testament par les téléspectateurs. C’est du même acabit.
Bonne journée.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 13 h 27 min
(….)c’est dommage que vous vous soyez converti à la religion catholique et non à Christ. C’est là ce qui nous sépare.

Le mauvais débat : beaucoup de bruit et surtout, beaucoup de fumée. En clair, nocif.

Le mauvais débat : beaucoup de bruit et surtout, beaucoup de fumée. En clair, nocif.

Bref, Paul Ohlott, qui semble se focaliser sur le fait que l’internaute « Pneumatis »(alias Joël Sprung) se soit présenté comme « catholique pratiquant », fait de l’anticatholicisme primaire(alors qu’il sait être « autre » face à des journalistes catholiques ou orthodoxes, lorsqu’il est parfois invité sur Radio Notre Dame pour commenter l’actualité), ignorant que « Pneumatis », bien que non évangélique, et certaines divergences doctrinales mises à part, est un croyant(voir ce portrait). Ce dernier est aussi animateur du blog éponyme(qui est aussi le nom de son association) qui a pour sous-titre : « Pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres (ls 61, 1 ; Lc 4, 18) », et dont le but est de « promouvoir les études bibliques faisant plus particulièrement appel aux racines juives de la foi chrétienne ».
Bref, « ce qui le sépare » de pneumatis n’est pas forcément ce que croit Paul Ohlott.

Paul, écrivant à Timothée, chargeait celui-ci de reprendre certains, qui « égarés dans de vains discours(…)veulent être docteurs de la loi », alors qu' »ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment »(1 Tim.1v6-7).
Ce besoin est toujours d’actualité. Mais où sont les « Timothée » d’aujourd’hui ?

Et le plus beau est toujours à venir : en guise de « réponse », Paul Ohlott choisit de consacrer son billet suivant-qui ressemble plus à une autojustification ou à une diversion-à un énième « débat » sur « le sexe des anges »(dans le genre de celui qui occupa la hiérarchie ecclésiastique durant le siège de Constantinople), ou plutôt sur « les anges-ninjas » à partir d’un extrait vidéo. Choisir de se recentrer sur les anges, mêmes « ninjas » : un choix à la fois artistique et éditorial discutable, mais qui ne mérite pas que l’on s’enfonce dans une énième dispute.
Mais pendant que l’on débat sur le sexe des anges…

Notes :

*On appréciera aussi sa « critique » de mauvaise foi de la critique de télérama qu’il juge de… »mauvaise foi » datée du 09 mars 2013, et ce, d’autant plus qu’il n’a pas vu lui-même l’oeuvre en question à l’époque de la critique(datée du 06/03/13).

D’autres critiques intéressantes et pertinentes sur cette série :

Celle de Télérama(datée du 06-07/03/13) et celle-ci.

« Un bon journaliste ne lit pas (et ne nous donne pas à lire) « en diagonale »

Ou comment être « involontairement pédagogique »….

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/white-fence-and-green-grass.jpg Lire en diagonale, une solution de facilité qui mène dans l'impasse !

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/white-fence-and-green-grass.jpg
Lire en diagonale, une solution de facilité qui mène dans l’impasse !

Journaliste est un métier exigeant, assorti d’une très grande responsabilité.
Qu’attendre d’un journaliste* ? Tout d’abord-cela paraît tellement évident – qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information.
Ensuite, expliquer, décrypter, donner à comprendre et engager à l’action…avec « l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser »** ou « Réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien. »***
Une telle exigence est-elle facile à satisfaire ? Où la trouver ? Comment l’atteindre ?
Dans le but de répondre à ces questions, intéressons-nous à ce qui semble être « le plus simple » à satisfaire : « informer », « restituer correctement une information », et propulsons-nous sur un site d’actualités ou d’informations pour comprendre comment retranscrire l’information.

Le site d’« actualités chrétiennes », par exemple, créé par Paul Ohlott, ancien contributeur du Topchrétien. Selon Frédéric Dejean, géographe des religions, il s’agit « moins le résultat d’un travail d’écriture de la part de son auteur qu’un patchwork composé de billets venants de divers sites. Il arrive néanmoins que Paul Ohlott rédige des billets d’humeur sur un sujet d’actualité », comme celui-ci(publié le 3 septembre) à propos d’un autre article « Jésus était-il un homme heureux ? » **** de Christine Pedotti(rédactrice en chef de Témoignage Chrétien)…
Cet article rédigé par Paul Ohlott sur ce sujet est « un billet d’humeur » ou un « coup de gueule ». Soit « un article d’opinion, souvent court et généralement en première page dans la presse, qui présente de façon sarcastique ou humoristique un événement ou un sujet d’intérêt général susceptible d’attirer l’attention du lecteur, d’apporter un sujet de réflexion. L’auteur du billet prend parti. Habituellement, la chute de l’article est particulièrement soignée, constituant en quelque sorte la morale de l’histoire. »
Ce « détail »(le genre journalistique utilisé pour le traitement de l’article de C. Pedotti) a son importance. Et il est par ailleurs intéressant d’étudier la place que consacre le responsable d' »actualités chrétiennes » au billet d’humeur sur son site, ce qui est de nature à nous renseigner sur ses buts précis et sur la cible(le public)qu’il vise.

Que fait exactement le rédacteur dans ce billet d’humeur ?
Pour le savoir, un exercice tout simple consiste à relever les éléments « informatifs »(sachant qu’une information peut être définie comme étant une réponse aux questions « qui », « quoi », « où », « quand » et éventuellement « comment » et « pourquoi », qui relèvent de l’explicatif )et les éléments de commentaires, présents à la fois et dans le titre et dans le billet d’humeur, afin d’apprendre à dissocier le factuel de l’interprétatif.
Ensuite, il s’agit de comparer l’importance de chacun de ces éléments pour déterminer ce qui est prédominant dans l’article (l’information ou le commentaire ?) et par-là même pour comprendre les intentions de l’auteur de l’article.

L’examen du titre a son importance.
Celui que nous étudions s’intitule : « La mission du Christ a été « un échec retentissant »… selon Témoignage Chrétien. » Il nous donne d’entrée une idée du sujet et surtout de la façon dont l’auteur va parler du sujet. Plus exactement, il révèle ce qui semble essentiel de comprendre ou de savoir pour l’auteur.
La difficulté est d’être capable de dépasser le titre, qui pourrait nous suffire (telle une « brève »), et d’aller plus loin.
Le titre est constituée d’une phrase à l’affirmative et non à l’interrogative. L’affirmation affichée dès le titre semble confirmée par la suite du billet, qui débute ainsi : « En s’intéressant à l’humanité du Christ et en cherchant à savoir si « Jésus était un homme heureux », Christine Pedotti tient des propos pour le moins étrange, dans un média « chrétien » ».

Normalement, un « bon article »(même s’il s’agit d’un billet d’humeur, qui n’exclut pas l’argumentation) devrait avoir la progression suivante, dans cet ordre :
Raconter, soit donner les informations de base en répondant aux questions : « Qui, Quoi, Où , Quand » ;
Expliquer, soit donner des informations complémentaires : « Pourquoi, Comment » ;
Préciser, soit donner des Infos supplémentaires : « Et avant, Et après » ;
Enfin, Commenter (l’Interprétatif) : « Et alors ».

Dans le billet d’humeur de Paul Ohlott, quel est l’ordre et la progression de ces différents éléments ? A quel moment apparaît « l’interprétatif » ?
On rappellera également, d’une manière générale, que tout auteur (le rédacteur), comme tout lecteur, d’un article filtrent l’information en fonction de son  idéologie.

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/black-wild-cat-taking-a-nap.jpg Vous regardez attentivement ce chat noir : vous pensez à quoi ?

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/black-wild-cat-taking-a-nap.jpg
Vous regardez attentivement ce chat noir : vous pensez à quoi ?

Ainsi, le fait que le rédacteur d’ »actualités chrétiennes » ne semble pas apprécier « Témoignage Chrétien »***** a-t-il une incidence sur le contenu du billet ?

Ces principes étant posés, la lecture commentée que fait Paul Ohlott de l’article de Christine Pedotti  est-elle au moins fidèle dans le fond et l’esprit avec le contenu « analysé » ?

Le problème vient de ce que

notre lecture est orientée dès le départ, par un titre faisant à la fois « la question et la réponse », et par un billet, qui nous donne à lire, dès le début(en copie d’écran), le seul premier paragraphe de l’article de Mme Pedotti, comme pour appuyer l’affirmation posée dans le titre.
Or (et c’est valable pour l’étude biblique, comme pour toute étude de textes), « un texte cité hors-contexte est un prétexte ».
L’article incriminé**** fait partie d’un tout, soit d’un dossier sur le bonheur.
Il(figurant dans la rubrique « religions », « commentaires spirituels ») ne se prête guère à une lecture rapide ou superficielle, au risque d’interprétation fausse et faussée.
De deux choses l’une :

– Le rédacteur n’a pas saisi le contenu de l’article, du fait d’une lecture « en diagonale », trop rapide. Il semble n’avoir retenu que le premier paragraphe de l’article, dont il nous donne une copie d’écran. Dans ce cas, il eut été préférable de simplement donner un lien vers l’article, sans commentaire, laissant aux lecteurs le soin de se faire leur propre opinion******. Il eut été aussi préférable de s’abstenir de commenter un article dont on ne maîtrise pas le contenu.

Le rédacteur a parfaitement compris le propos de Christine Pedotti, mais dans ce cas, on comprend mal ce compte-rendu incomplet et tronqué,  hors-contexte, donnant une interprétation faussée du texte incriminé, de nature à « enduire d’erreur » le lecteur, faisant passer Mme Pedotti(et par ricochets TC) pour une «drôle/mauvaise/fausse chrétienne ». Plus grave encore, le rédacteur du billet d’humeur semble en profiter, au passage, pour régler ses comptes avec un journal qu’il méprise.

C’est peut être une coïncidence, mais on sent comme un air de « déjà vu » à la lecture de ce commentaire de Frédéric Dejean, géographe des religions déjà cité, qui déplorait, il y a presque un an(12 septembre 2012)que l’historien Patrick Cabanel ait pu être « très injustement pris à partie par le journaliste évangélique Paul Ohlott sur son site Actu-chretienne. Que ce dernier règle ses comptes avec ce qu’il appelle la « la vieille soupe religieuse luthéro-réformée », c’est son droit le plus strict, mais qu’il en vienne à offrir une interprétation erronée d’un travail de chercheur dans le but de servir une démonstration fallacieuse, c’est aller un peu loin ».

Un constat facilement ré-actualisable ici.

Bref, « qu’attendre d’un journaliste* ? Tout d’abord, qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information », disais-je plus haut. Cette exigence est-elle atteinte sur ce site « d’actualités chrétiennes », du moins, avec cet exemple ? Peut-on dire : a-t-on « même cela », sur « actualités chrétiennes » ?
Il semble en fin de compte que non. En réalité, Paul Ohlott « ne nous informe pas » (si l’on se base sur les critères posés plus haut), avec ce billet d’humeur,

mais « affirme » les choses, ou prétend « confirmer ce que l’on sait(ou croit savoir) déjà ». D’ailleurs, il est permis de se demander si le genre journalistique choisi(le billet d’humeur) convient pour traiter et donner à comprendre(en nous permettant de dépasser nos préjugés) une information contenue dans un article tel que celui de Mme Pedotti.

Concernant le « billet d’humeur », nous disions plus haut qu’« habituellement, la chute de l’article est particulièrement soignée, constituant en quelque sorte la morale de l’histoire ». Et ici, quelle est peut-être « la morale de l’histoire » ?
Que les ravages d’une lecture en diagonale ne sont plus à démontrer.
Et qu’il est possible d’être « involontairement pédagogique » en donnant l’exemple de ce qu’il ne faut (déontologiquement parlant) pas faire en journalisme.

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Heureusement, il est possible d’espérer un apport positif (avec quelques leçons de journalisme) de quelques rares commentaires (parmi 72 environ) :

Robert L. (4 septembre 2013 • 2 h 36 min) : « L’auteure du texte ne dit pas que la mission de Jésus a été un échec, mais qu’au moment précis où le Christ vit le supplice de la croix, il peut ressentir une forme d’échec. C’est bien plus qu’une nuance. N’a t il pas dit: « pourquoi m’as tu abandonné »? Mais pourquoi s’acharner sur TC? ») ;  Le même (4 septembre 2013 • 13 h 31 min) : « Mais relisez pourtant le texte. Plutôt que d’esquiver, répondez sur le fond. Le texte se place du point de vue du christ et ne juge pas de sa mission de manière générale« ).

Et surtout celui de l’internaute « Jean-pierre » (4 septembre 2013 • 13 h 45 min) :
« Bonjour,
Je vous proposerais une autre manière de voir le texte original qui a été écrit dans l’article de témoignagecrhetien.fr . Dans son intention de proposer une réflexion sur le bonheur l’auteur introduit le premier paragraphe avec 3 pistes de réponses:
-Jésus est Dieu; la question ne se pose pas
-Jésus est forcément heureux
-Jésus n’est pas heureux et sa mission est un échec; “on peut aussi considérer que…et que sa mission fut un échec”. Dans ce dernier point le ‘on’ ne semble pas indiquer une prise de position de la part de l’auteur.
Dans les paragraphes suivants l’auteur motive sa question en y apportant un certains contexte biblique: les béatitudes, la sensibilité de Jésus etc…
Puis l’auteur prend position et propose sa réponse, je cite:
‘Ce n’est donc pas dans la figure de l’impassibilité qu’il nous faut chercher un Jésus heureux.En revanche, il est clair qu’il est un homme unifié…Jésus, lui, semble toujours être en plein accord avec lui-même et libre’
Par là l’auteur suggère que le Jésus heureux vient de son accord parfait avec le Père:
‘C’est cet accord, cette unité de l’être que nous voyons en sa personne. Il est l’homme sauvé de la division, capable d’accor¬der sa volonté à celle de celui qu’il nomme « Père ».’
Pour finir, elle termine en disant: ‘ Il porte en lui, et pour nous, la promesse de cet accord intérieur. C’est en nous laissant unifier intérieurement que nous pourrons être vraiment, à son image, des cœurs simples, facteurs de paix et de justice. ’ Elle propose ici qu’en Jésus nous avons la promesse de la reconciliation et l’unité avec le Père.
En espérant que cela vous a aussi éclairer, que Dieu vous bénisse.
Fraternellement Jean-pierre
 
PS: Mon intention n’est pas de chercher à défendre l’auteur mais plutôt d’essayer de comprendre sa pensée ».

Précaution qui tend à révéler qu’il est toujours courageux et périlleux de « donner à comprendre », au risque d’être accusé de « prendre parti ».
Conclusion résumant parfaitement quelle devrait être la position de tout journaliste digne de ce nom. Bravo « Jean-Pierre » !

Question subsidiaire : combien d’internautes auront-ils fait l’effort de suivre cette démarche, dépassant « l’obstacle » du titre du billet d’humeur ?

 

Pour terminer, il est toujours utile de rappeler la charte d’éthique professionnelle des journalistes.

En contre-point, on lira avec profit cette « nouvelle charte de déontologie du journalisme », se voulant « plus exactement conforme à la réalité du journalisme dominant que les chartes, au demeurant respectables, que tant de journalistes ne parviennent pas à respecter ou à faire respecter ». Avec humour, par Philippe Boure, Docteur en Droit des Médias et des NTIC, chargé de cours en « communication et marketing européens » à l’IUT de Nice. Comme il le dit si bien lui-même : « nous nous proposons de présenter le métier de journaliste tel qu’il est réellement aujourd’hui, en dehors de tous les phantasmes qui entourent cette profession, au travers d’une « nouvelle charte déontologique du journalisme ».

Article 1  : Tout journaliste se doit, de respecter son employeur, ses principaux actionnaires, ainsi que les annonceurs publicitaires de son média.
Article 2 : Le droit de savoir trouve ses limites dans le devoir d’informer utilement, en fonction des intérêts propres à son média.
Article 3  : La diffamation est acceptée dès lors :
– qu’elle est source de profit supérieur aux coûts des dommages Intérêts reversés à la personne calomniée
– qu’elle s’inscrit dans la défense de son média, ou dans l’intérêt politique, économique de ce dernier.
Ces deux conditions sont alternatives l’une de l’autre.
Article 4  : Le traitement de l’information reçue doit toujours se faire en fonction des attentes publicitaires des médias.
Article 5  : Les opinions politiques personnelles ne doivent jamais apparaître dans l’écrit journalistique, sauf à servir les intérêts de son média.
Article 6 : Tout journaliste jouit d’une clause de droit économique qui lui permet de changer d’employeur dès lors qu’une proposition économiquement plus intéressante lui est faite. La clause de « bonne conscience » est quant à elle supprimée.
Article 7 : Le traitement médiatique d’une guerre doit toujours être effectuée :
– en fonction de l’opinion de la classe politique dominante
– en fonction de ce que le journaliste voit, en dehors de toute analyse posée et introspective du journaliste.
Article 8  : Les idées contraires aux idées communément admises sont à bannir du traitement médiatique, sauf si ces dernières sont sources de profits immédiats et importants pour le média employeur.
Article 9  : Le journaliste ne peut intervenir dans un autre média que le sien, sauf dans les cas où cet autre média appartiendrait au même groupe de communication ou que son intervention entraînerait des profits réels pour son employeur.
Article 10 : La critique du métier, du monde de la communication ou de ses confrères est à bannir en ce qu’elle porte atteinte à la liberté d’entreprendre des multinationales, à la liberté d’expression, ainsi qu’à l’image des médias.

 

 

Notes :
* Peut prétendre au titre de journaliste toute personne titulaire d’une carte de presse. Celle-ci est délivrée à toute personne qui en fait la demande et tirant plus de la moitié de ses revenus d’une activité réelle de presse(la pub ne comptant pas) : « S’il s’agit d’une première demande, il faut exercer la profession depuis trois mois au moins consécutifs, et tirer de cette activité le principal de ses ressources, c’est-à-dire, plus de 50 %. Naturellement, les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l’employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée. Pour un renouvellement, les conditions à remplir sont les mêmes, mais la régularité de l’activité s’apprécie sur les douze mois précédant la demande ».

** l‘ambition du « Tigre magazine », « publication indépendante, n’appartenant à aucun groupe de presse. L’indépendance éditoriale (étant) garantie par l’absence de publicité dans ses pages ». On peut y lire « de longs reportages d’écrivains, des articles géopolitiques, des pamphlets, des dessins de presse, des critiques de la consommation. Le tout émaillé de photos, de jeux typographiques, de citations littéraires, de fausses pubs, d’un roman-photo, d’un feuilleton en bande dessinée, d’une énigme, d’un almanach regorgeant de savoirs utiles et futiles, et d’une bonne dose d’ironie. »
A noter que l’un des deux fondateurs du mensuel, Raphaël Meltz, répète souvent qu’ « il n’est pas journaliste : d’une part parce qu’officiellement (il n’en a )pas le statut (pas de carte de presse), mais surtout parce (qu’il n’a) jamais eu le désir de l’être… »

***Citation à propos du même « Tigre magazine », piochée il y a quelques années sur internet et dont je ne retrouve plus la trace.

****
Dossier bonheur
TC n° 3546 31 août 2013
Jésus était-il un homme heureux ?
Par Christine Pedotti

POINT DE VUE – La question a de quoi surprendre. Cependant, y réfléchir, c’est prendre au sérieux ce que fut Jésus dans son destin humain et, à travers lui, considérer nos propres destins.
La question a de quoi surprendre. On est tenté de répondre que, si Jésus est Dieu, soit la question ne se pose pas, soit la réponse est évidente et il était heureux. On peut aussi considérer que l’homme fut nécessairement inquiet, que sa mission fut un échec retentissant, et qu’il est difficile de penser qu’un tel homme qui achève sa trajectoire supplicié sur une croix, abandonné des siens à l’issue d’un procès bâclé, puisse être qualifié d’« homme heureux ».
Cependant, réfléchir à la question, c’est prendre au sérieux ce que fut Jésus dans son destin humain et, à travers lui, considérer nos propres destins. Tout d’abord, ce qui frappe à la lecture des évangiles, c’est qu’il y est souvent question de bonheur, l’exclamation « Heureux… » revenant à de nombreuses reprises.
Si nous lisons les Béatitudes comme un programme de bonheur proposé par Jésus, il est aisé de vérifier que, selon les critères qu’il donne lui-même, Jésus est un homme heureux. Il a, d’une certaine façon, appliqué son programme : il a choisi d’être pauvre, il a fait partie de ceux qui sont affamés de justice, il a pleuré sur le malheur et l’injustice et, pour finir, il a été insulté, haï, persécuté à cause de l’Évan¬gile qu’il annonçait.
Cependant, le « bonheur » paradoxal de celui qui, certes, souffre mais demeure fidèle à lui-même et à sa propre exigence de vie, peut sans doute être lu à un autre niveau.
 
Les textes évangéliques ne nous montrent pas Jésus d’humeur égale, très loin de là. Il est troublé par la rencontre des autres. Il se laisse émouvoir ou, au contraire, est capable de colère. Il n’est pas un homme sage, au sens où il serait un homme qui maîtrise ses émotions. Point de stoïcisme en lui. Il pleure avec ses amies en deuil devant le tom¬beau de Lazare, et gageons qu’invité à des banquets et des festins, il savait être joyeux convive.
Ce n’est donc pas dans la figure de l’impassibilité qu’il nous faut chercher un Jésus heureux. En revanche, il est clair qu’il est un homme unifié. Contrairement à saint Paul qui explique qu’il fait le mal qu’il voudrait éviter, qu’il ne fait pas le bien qu’il voudrait faire, Jésus, lui, semble toujours être en plein accord avec lui-même et libre. Cet homme, tel que nous le montrent les textes, est, dit et fait d’un seul mouvement puissant et profond de l’être. Sans doute est-ce cette unité intérieure qui lui donnait cette autorité que les textes ne cessent de souligner.
 
Nous-mêmes, au-delà des ennuis et des chagrins ordinaires de nos existences, ne sommes-nous pas surtout malheureux de cette blessure intérieure qui nous laisse intimement divisés. Qui d’entre nous ne désire pas être capable d’accor¬der son être, sa parole et ses actes ? « Que votre oui soit oui », dit Jésus.
C’est cet accord, cette unité de l’être que nous voyons en sa personne. Il est l’homme sauvé de la division, capable d’accorder sa volonté à celle de celui qu’il nomme « Père ». Il porte en lui, et pour nous, la promesse de cet accord intérieur. C’est en nous laissant unifier intérieurement que nous pourrons être vraiment, à son image, des cœurs simples, facteurs de paix et de justice.

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Rédaction – 3 septembre 2013 • 21 h 58 min« Ils[TC] ne doivent pas avoir beaucoup d’abonnés… mais ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. A force d’écrire vraiment n’importe quoi… Pas sûr que cet article suffise à attirer un nouveau lectorat »

****** C’est le choix (simple) du site « Info évangélique » , site ressource mis en place depuis août 2013.