Face au blasphème, deux confessions (de foi), sinon rien….

Trump, un « nouveau Cyrus » ? Ou « fanatisme sacrilège » ? Un chromo délirant et inquiétant se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets » (pour « garantir la sécurité du « plus grand pays du monde » ?)

« Quand le roi aura pris place sur le trône, on lui écrira dans un livre un double de cet enseignement sous le contrôle des prêtres-lévites. Il le gardera auprès de lui et le lira tous les jours de sa vie, afin d’apprendre à reconnaître l’autorité du Seigneur son Dieu en veillant à toujours mettre en pratique les exigences et les obligations qu’il contient. Cela lui évitera de se croire supérieur à ses frères et de désobéir aux commandements. Alors lui-même et ses descendants auront un long règne en Israël ». (Deut.17v18-20)

« Ozias fut si admirablement aidé par Dieu qu’il devint de plus en plus puissant et que sa renommée s’étendit au loin. Mais sa puissance le rendit orgueilleux, ce qui causa sa perte, et il cessa d’être fidèle au Seigneur son Dieu : un jour, il pénétra à l’intérieur même du temple pour faire brûler de l’encens sur l’autel du parfum. Le grand-prêtre Azaria, accompagné de quatre-vingts prêtres du Seigneur, tous très courageux, y pénétra derrière lui. Ils se placèrent en face du roi Ozias et lui dirent : « Le roi n’a pas le droit de présenter lui-même les offrandes de parfum au Seigneur. C’est le privilège des prêtres, les descendants d’Aaron, qui ont été mis à part pour ce service. Sors de ce sanctuaire, car tu es en train de te rendre coupable d’une faute grave, qui ne sera pas un acte de gloire pour toi devant le Seigneur Dieu. » Ozias, qui s’apprêtait à faire brûler l’encens, se mit en colère contre les prêtres. Aussitôt la lèpre apparut sur son front, là, dans la maison du Seigneur, près de l’autel du parfum et en présence des prêtres. Le grand-prêtre Azaria et tous les autres prêtres, qui le regardaient, virent la lèpre apparaître sur son front ; ils l’expulsèrent immédiatement, et lui-même, se sentant frappé par le Seigneur, se hâta de sortir de la maison du Seigneur ».(2 Chron.26v16-20)

« Alors, je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, sur ses cornes dix diadèmes et sur ses têtes un nom blasphématoire (…)Il lui fut donné une bouche pour proférer arrogances et blasphèmes… » (Apoc.13v1,5 )

« Jésus répondit : « Mon règne n’appartient pas à ce monde ; si mon règne appartenait à ce monde, mes serviteurs combattraient pour que je ne sois pas livré aux autorités juives. Mais non, mon règne n’est pas d’ici. » (Jean 18v36)

« Et nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé son Fils pour être le sauveur du monde ».(1 Jean 4v14)

 

Pourquoi tous ces passages bibliques en introduction ? Vous le comprendrez à la lecture de ce billet où il est notamment question de l’usage (et du non usage) de la Bible, de blasphème et de confessions de foi.

La vidéo de la mort de George Floyd, afro américain de 46 ans à Minneapolis le 25 mai, a choqué le monde entier. Aux États-Unis, elle a suscité une profonde indignation et des manifestations de protestation véhémentes(1).

Pour sa première prise de parole publique, en direct depuis la Maison Blanche, Donald Trump a fait plusieurs annonces martiales : déploiement de milliers de militaires à Washington, demande aux gouverneurs de « dominer les rues » de leurs États… Déstabilisé par la révolte qui embrase les villes américaines, Donald Trump sait qu’il joue sa réélection, sur fond de double crise sanitaire et économique.

Alors que l’autopsie officielle de la mort de George Floyd par asphyxie et arrêt cardiaque lors de son interpellation par la police de Minneapolis, il y a une semaine, confirme l’homicide [un genou du policier sur son cou lui ayant fatalement couper la respiration], et que les manifestations s’étendent à travers le pays, une photo surréaliste s’affiche à la Une des journaux américains mais aussi européens. Celle de Donald Trump, qui pose une Bible à la main devant l’église Saint-John (« l’église des présidents ») endommagée la veille par un incendie lors de manifestations pour dénoncer la mort de George Floyd. Les manifestants avaient été évacués par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

Donald Trump a brandit sa Bible sans l’ouvrir. Il n’a pas non plus prié, ou cité [ou glorifié] Christ le Seigneur, ni même offert de message spirituel. Il a simplement exalté la nation avec force superlatifs, en disant « Notre pays est grand. C’est ce que je pense. C’est le plus grand pays du monde. Nous allons le rendre encore plus grand et cela ne prendra pas longtemps… »

Sur CNN, Mgr Mariann Edgar Budde, du diocèse épiscopal de Washington, qui n’était pas au courant de cette visite, s’est indignée : « Le président vient d’utiliser une Bible… et l’une des églises de mon diocèse, sans autorisation, comme décor pour un message contraire aux enseignements de Jésus et à tout ce que nos églises représentent… Je ne peux pas croire ce que mes yeux ont vu […] Je suis scandalisée », ajoutant « Et je veux juste que le monde sache que nous, dans le diocèse de Washington, conformément à Jésus et sa voie d’amour… nous nous éloignons du langage incendiaire de ce président. Nous suivons quelqu’un qui a vécu une vie de non-violence et d’amour sacrificiel […] Nous sommes du côté de ceux qui demandent justice pour la mort de George Floyd et d’innombrables autres. » Un prêtre épiscopalien a de son côté dénoncé un blasphème(1).

Les chrétiens qui soutiennent ce chef d’état seraient « des chrétiens solidement bibliques » et ayant « nettement plus de discernement spirituel que les autres », nous assure, non pas Le Gorafi, mais un internaute en commentaire sur un blog théologique

Or, ledit chef d’état a prétendu être chrétien mais sans avoir jamais eu besoin de se repentir de quoi que ce soit… Le même a aussi prétendu avoir « le droit absolu de « se gracier lui-même ». Un droit absolu serait un droit divin, obtenu de Dieu au-delà de la constitution. Sauf que la constitution américaine ne permet pas à un président de se gracier lui-même. Il s’agit donc d’un fantasme de toute-puissance. Ultimement, c’est bien Dieu qui pardonne et qui gracie. Nous pouvons être amenés à nous pardonner nous-mêmes pour des choses dont nous nous accuserions sans cesse, mais se gracier de ce que la justice des hommes aurait condamné en nous, quand on sait que toute autorité vient de Dieu, c’est une façon de… se mettre à la place de Dieu. Conséquence spirituelle : quand on craint si peu Dieu qu’on se met à sa place, on risque de le rencontrer. A savoir comment. Dans la conversion ? Alléluia. Dans le jugement ? Ça peut être plus chaud… » (2)

« Tu ne twitteras pas pour trumper » (Source image : compte twitter de Gilles Boucomont, le 28/05/20)

C’est ainsi que l’on ne saurait brandir la Bible, laquelle est Parole de Dieu et non parole des hommes, à la légère. D’autant plus que ces mêmes Ecritures commandent, entre autre : « Tu ne soulèveras pas le nom de l’Eternel ton Dieu pour l’imposture [pour tromper ou pour « trumper », dirait-on aujourd’hui]. Car n’absoudra pas l’Eternel celui qui soulèvera son nom pour l’imposture » (Ex.20v7) « Tu ne soulèveras pas le nom » : il s’agit d’appeler la divinité comme garant d’un témoignage et d’affirmations…. », explique Erri de Luca, en soulignant que l’on ne saurait oser « soulever ce nom pour soutenir une imposture « car n’absoudra pas l’Eternel celui qui soulèvera son nom pour l’imposture [Lashàue] ….Le verbe « nasà » précise qu’on soulève le nom de Dieu chaque fois qu’on le prononce, et qu’on en porte tout le poids. Celui qui le hisse sur des armes doit assumer en plus le poids d’un blasphème à des fins de massacres ». C’est là « un tort irréparable, sans rémission pour la divinité. Profanée pour soutenir le faux, c’est un blasphème sans rachat. Comme dans toutes les guerres faites au nom de cette divinité.(3)

A ce stade, il est bon, pour les chrétiens, soucieux de ne pas se laisser instrumentaliser, de prendre le temps d’une pause pour considérer ce en quoi ils croient, de quel règne et de quelle seigneurie ils se revendiquent. De là l’utilité de certaines confessions de foi.  En voici deux, qui me paraissent emblématiques :

1) La déclaration de Barmen

A l’heure où certains chrétiens d’aujourd’hui en viennent à soutenir des leaders pourtant « extrêmes » dans leur discours autoritaire, outrancier et raciste, leur programme, et leur comportement personnel bien peu éthique et biblique, il est frappant de constater, comme nous y invitent notamment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, deux pasteurs et théologiens méthodistes américains dans Étrangers dans la cité. Publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014, que « l’Allemagne nazie fut un test dévastateur pour l’Église. Sous le IIIe Reich, l’Église était tout à fait disposée à « servir le monde ». La capitulation de l’Église devant le nazisme, son incapacité théologique à voir clairement les choses et à les nommer font [ou devraient faire] frissonner l’Église encore aujourd’hui. Pourtant, il s’en trouva quelques-uns pour se soucier de dire la vérité…. » (op. cit., pp 91-92), et pour « dire non à Hitler » – lequel Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple ».

Représentatif de cette résistance spirituelle, un texte – cité par Stanley Hauerwas et William H. Willimon – est à découvrir absolument, puisqu’il garde toute son actualité aujourd’hui. Il s’agit de la déclaration de Barmen, principalement écrite par Karl Barth (avec la participation d’autres protestants allemands) en 1934, laquelle affirmait la position de l’Église confessante face à Hitler : « Jésus-Christ, selon le témoignage de l’Ecriture sainte est l’unique Parole de Dieu. C’est elle seule que nous devons écouter ; c’est à elle seule que nous devons confiance et obéissance, dans la vie et dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de cette Parole de Dieu, l’Eglise pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu et source de sa prédication » (op. cit., p 92).

Notons, comme nous y invitent en guise de commentaire Stanley Hauerwas et William H. Willimon, « la nature exclusive et non inclusive de cette déclaration, sa détermination non pas d’abord à faire ce qui est juste, mais à entendre ce qui est juste et à faire valoir la dimension impériale de la Seigneurie du Christ. La déclaration de Barmen tranche avec une Eglise toujours prête à altérer sa proclamation en fonction des désirs de César » (op. Cit., p 92).

Déclaration de Barmen à consulter ici dans son intégralité. Ce texte de la charte de la résistance spirituelle au nazisme a été adoptée à Barmen (Wuppertal), en Allemagne, en 1934, par des membres d’Eglises luthériennes, réformées et unies.

Autres extraits :

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle il y aurait des domaines de notre vie dans lesquels nous n’appartiendrions pas à Jésus-Christ, mais à d’autres seigneur et dans lesquels nous n’aurions plus besoin de justification et de sanctification ».

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait abandonner le contenu de son message et son organisation à son propre bon plaisir ou aux courants successifs et changeants des convictions idéologiques et politiques ».

(…)« Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait, en dehors de ce ministère, se donner ou se laisser donner un Chef muni de pouvoirs dictatoriaux ».

Et voici cette autre confession de foi, plus contemporaine et particulièrement originale :

2) « Double citoyenneté »

Je crois que j’ai reçu du Seigneur la double nationalité.
Je suis citoyen d’un autre pays
où l’on ne me demande jamais mes papiers,
où l’on m’accueille en tant que frère ou sœur,
et où la couleur de mon vêtement,
de ma peau ou de mon argent n’ont aucune importance.
Je suis citoyen d’un autre pays où les lois sont respectées
parce qu’elles sont écrites dans les cœurs
et pas seulement dans la pierre ou sur papier,
et où personne ne perd son temps à réclamer ses droits
parce que chacun préfère s’appliquer à être fidèle à ses devoirs.
Je suis citoyen d’un autre pays où Celui qui règne
n’a pas besoin de consacrer la moitié de ses mandats à sa réélection,
parce que sa légitimité est acquise et n’est pas à conquérir.
Je suis citoyen d’un autre pays où la fin est plus importante que les moyens,
où la relation est plus considérée que la domination,
où la parole et la confiance ne sont pas de vains mots.
Et parce que je suis citoyen de cet autre pays,
ma façon de penser, d’être et de vivre sur cette terre
a changé irrémédiablement.
Je vis, je me lève et je parle à mes contemporains
en tant qu’ambassadeur d’un autre monde où tout est possible
et je crois que ce possible est ouvert aux hommes et aux femmes de notre pays.
Amen

Gilles Boucomont, octobre 2006 (4)

 

 

 

Notes :

(1) https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Pourquoi-Donald-Trump-utilise-Bible-2020-06-02-1201097143 ; https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Affaire-Floyd-Donald-Trump-menace-deployer-larmee-dactive-2020-06-02-1201097056 ; https://www.france24.com/fr/20200602-mort-de-george-floyd-donald-trump-menace-d-envoyer-l-arm%C3%A9e-pour-dominer-les-rues ; https://www.reformes.ch/politique/2020/06/pour-poser-avec-la-bible-trump-fait-evacuer-le-parvis-de-saint-john-etats-unis ; https://theconversation.com/ce-que-la-mort-de-george-floyd-et-ses-consequences-disent-de-lamerique-139776 ; https://www.nytimes.com/aponline/2020/06/01/us/ap-us-america-protests-trump-church.html  ; https://edition.cnn.com/2020/06/01/politics/cnntv-bishop-trump-photo-op/index.html ; https://www.christianitytoday.com/edstetzer/2020/june/bible-is-not-prop.html

(2) Voir notre article https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/08/quand-un-chef-detat-pretend-avoir-le-droit-absolu-de-se-gracier-lui-meme-eclairage-biblique-et-consequences-spirituelles/

(3) Voir notre article https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/06/15/au-nom-de-dieu/

(4) Initialement parue sur http://1001questions.fr/aunomdejesus/double-nationalite/ puis sur https://temple.dumarais.fr/double-citoyennete-confession-de-foi/

« Read it (again) » : la Déclaration de Barmen (1934) ou quand l’Église sait dire « non »

L’Eglise saura-t-elle être l’Eglise aujourd’hui et dire « Oui » à son Seigneur Jésus et « Non, non, non et non ! » à « cette fausse doctrine », selon laquelle, en plus et à côté de la seule Parole de Dieu, « l’Eglise pourrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu…. » ?

L’Église n’a pas à s’inquiéter d’être « dans le monde » mais plutôt de savoir « comment » être dans le monde, « sous quelle forme et dans quel but ». Elle n’a pas non plus à choisir entre être ou « dans le monde et politiquement responsable » (1)  ou être « hors du monde et irresponsable, introvertie », estiment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, dans Étrangers dans la cité (2). Publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014, ce livre, co-écrit par deux pasteurs et théologiens méthodistes américains, garde une étonnante actualité. 

A l’heure où certains chrétiens d’aujourd’hui en viennent à soutenir des leaders pourtant « extrêmes » dans leur discours autoritaire, outrancier et raciste, leur programme, et leur comportement personnel bien peu éthique/biblique (3), il est frappant de constater, comme nous y invitent notamment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, que « l’Allemagne nazie fut un test dévastateur pour l’Église. Sous le IIIe Reich, l’Église était tout à fait disposée à « servir le monde ». La capitulation de l’Église devant le nazisme, son incapacité théologique à voir clairement les choses et à les nommer font [ou devraient faire] frissonner l’Église encore aujourd’hui. Pourtant, il s’en trouva quelques-uns pour se soucier de dire la vérité…. » (op. cit., pp 91-92), et pour « dire non à Hitler » – lequel Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple ».

Représentatif de cette résistance spirituelle, un texte – cité par Stanley Hauerwas et William H. Willimon – est à découvrir absolument, puisqu’il garde toute son actualité aujourd’hui. Il s’agit de la déclaration de Barmen, principalement écrite par Karl Barth (avec la participation d’autres protestants allemands) en 1934(4), laquelle affirmait la position de l’Église confessante face à Hitler : « Jésus-Christ, selon le témoignage de l’Ecriture sainte est l’unique Parole de Dieu. C’est elle seule que nous devons écouter ; c’est à elle seule que nous devons confiance et obéissance, dans la vie et dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de cette Parole de Dieu, l’Eglise pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu et source de sa prédication » (op. cit., p 92).

Notons, comme nous y invitent en guise de commentaire Stanley Hauerwas et William H. Willimon, « la nature exclusive et non inclusive de cette déclaration, sa détermination non pas d’abord à faire ce qui est juste, mais à entendre ce qui est juste et à faire valoir la dimension impériale de la Seigneurie du Christ. La déclaration de Barmen tranche avec une Eglise toujours prête à altérer sa proclamation en fonction des désirs de César » (op. Cit., p 92).

 

 

Notes :

(1) Appel « à la responsabilité » perceptible, à travers, par exemple, « cette offre d’emploi » du Président Macron à l’Église.

(2) Ed. du Cerf, Paris 2016, p.91. Les auteurs se réjouissent de la fin historique du christianisme comme religion civile de l’Occident, qui a pour effet de pousser les chrétiens à retrouver la radicalité de la foi : l’Église, en tant que « communauté », « îlot culturel au milieu d’une culture étrangère », doit dorénavant se préoccuper d’être fidèle à l’Évangile sans chercher à s’adapter à la culture du temps. Parmi d’autres, ces recensions et analyses de l’ouvrage parus dans Hokhma et Etudes, la revue de culture contemporaine.

(3) Ainsi, le Brésil s’apprête à élire un candidat d’extrême-droite [très populaire parmi les électeurs chrétiens, 81 % de la population : les évangéliques votent pour lui à 36 %, et les catholiques à 24 %] à la présidentielle, revendiquant « des valeurs » dites « chrétiennes ». Une analyse à lire ici.

(4) Texte intégral de la déclaration de Barmen à consulter iciCe texte de la charte de la résistance spirituelle au nazisme a été adoptée à Barmen (Wuppertal), en Allemagne, en 1934, par des membres d’Eglises luthériennes, réformées et unies. 

Autres extraits :

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle il y aurait des domaines de notre vie dans lesquels nous n’appartiendrions pas à Jésus-Christ, mais à d’autres seigneur et dans lesquels nous n’aurions plus besoin de justification et de sanctification ».

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait abandonner le contenu de son message et son organisation à son propre bon plaisir ou aux courants successifs et changeants des convictions idéologiques et politiques ».

(…)« Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait, en dehors de ce ministère, se donner ou se laisser donner un Chef muni de pouvoirs dictatoriaux ».