Le Grand Prix des Malfaiteurs de l’Humanité

Qui va recevoir le Grand Prix des Malfaiteurs de l’Humanité ? (Scène du film « 007 Spectre » de Sam Mendes, 2015)

– Je produis des avions qui détruisent des avions, des machines qui construisent en quelques jours et démolissent en trois poignées de secondes….

– Foutaises ! Moi, je répands les épidémies aux quatre coins du monde, je fabrique les maladies et les médicaments qui vont avec…

– Je fais beaucoup mieux : des médicaments qui rendent les gens malades !

– Je suis le numéro un de l’intoxication universelle, je répands mes poisons dans l’eau, dans l’air et dans les aliments, on me paie pour cela, à la caisse des supermarchés et des stations services, des compagnies de l’eau, des hôpitaux, de la Sécurité Sociale.

– Moi, je fais mieux encore, je mets partout des sens uniques et des giratoires, cela fait des accidents à chaque coin de rue, des vies à réparer et de la croissance du PIB.

– La croissance, c’est ma spécialité : tout ce qui était gratuit, je le rends payant et plus c’est cher, plus ça attire les convoitises, plus c’est nouveau, plus les gens se précipitent et plus ça fait de crédit, de soumissions à des emplois inutiles et nuisibles.

…….

Ainsi se succédaient les prises de parole, chacun rivalisant d’arguments sur les ravages de ses prouesses. Un sentiment de lassitude semblait gagner les membres du jury : qui allait triompher au Grand Prix des Malfaiteurs de l’Humanité ?

Aucun des prétendants n’emportait la conviction, jusqu’à ce que se présente un nouveau rival :

– Ce que chacun propose isolément, je le réunis dans un produit unique. Toutes les nuisances que l’on peut entrevoir dans ses rêves les plus pessimistes, je les concentre dans une technologie : l’extase pour les mirages, le flicage volontaire, la servitude acclamée…tout ce qui brûle, qui rend aveugle au monde et à soi-même, ce qui rend sourd aux chants d’oiseau, aux cris des torturés, tout ce qui fait écran entre soi et les autres, ce qui devenir la Terre inhabitable de jour en jour….

 

Et le vainqueur fut……………………

 

 

………le Smartphone !

 

[« Parabole » d’un lecteur, paru dans le courrier des lecteurs de la revue « Silence », février 2015, N°431, p42]

 

 

« Pour vivre esclave, il faut posséder »*

« …la soif de posséder, qui est une idolâtrie. »(Col. 3v5 )

Esclave : qui est sous la puissance absolue d’un maître qui l’a rendu captif ou qui l’a acheté. Et qui donc le possède(cf Rom.6v16).

Aujourd’hui, « pour vivre esclave », il « faut » posséder. Quoi donc ? N’importe quoi. Pourvu que nous soyons persuadés d’être « satisfait », « épanoui », « important », si nous possédons cette « chose » ou ce « n’importe quoi » comme les autres, ou avant les autres.
Mais ce que nous croyons posséder, devenu le centre de nos vies, finit par nous posséder.
C’est ce qui s’appelle « se faire posséder »**.

Patrick McGrath Muñiz "The Escape Plan" ou "Le Plan d'évacuation" (2013)  Huile sur toile 24" x 36"

Patrick McGrath Muñiz
« The Escape Plan » ou « Le Plan d’évacuation » (2013)
Huile sur toile 24″ x 36″

C’est ce qui s’appelle aussi le consumérisme : « une idole ignorée(…)lié à la poursuite du bonheur et de la satisfaction(…)fondé sur le principe de la transformation d’une convoitise en besoin, d’un besoin en nécessité et d’une nécessité en dû », selon Mike Evans. Lequel rappelle qu’« aux États-Unis, le coup d’envoi des achats de Noël est traditionnellement donné le lendemain de Thanksgiving », jour fixé dans les années 40 par
le président Roosevelt « au 4ème jeudi de novembre afin d’étendre la période des achats de Noël, ce qui illustre clairement la subordination d’une fête importante à l’idole de la consommation. Á cette occasion, les grandes marques américaines proposent des rabais importants qui provoquent d’impressionnantes marées humaines dans les magasins(…)
En 2008, 2000 acheteurs n’ont pas su attendre l’ouverture de l’un des grands temples de la distribution. Animés d’une agressivité quasi animale, ils ont détruit les portes du magasin et, dans l’émeute qui a suivi,
quatre personnes ont perdu la vie et de nombreuses autres personnes ont été blessées. Tout cela pour économiser 100$ sur une tablette ! »

Pour mémoire, même s’il n’est en réalité que « bien peu probable » que cela se soit passé un « 25 décembre », Noël est censé fêter ou célébrer la venue du Sauveur dans ce monde. Du Messie, venu « pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres » ; envoyé « pour guérir ceux qui ont le coeur brisé,
Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur »(Luc 4v18-19).

Comment alors privilégier une célébration de « Noël » qui ne sera pas « idolâtre » ?

En rappelant « l’esprit du message de Noël », qui pourrait se résumer à ce verset : « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis »(2 Cor.8v9).

Face à la sagesse de ce monde, recherchons la sagesse de Dieu, notamment à travers le livre des Proverbes, « un mini-guide pour la vie », et apprenons de la grâce de Dieu qui nous « enseigne à vivre sagement, justement et pieusement »(Tite 2v12).

D’autres exemples de « Noël qui a du goût » peuvent se découvrir ici et là(idée des « Christingles »). Vous pouvez aussi organiser, pour Noël, un « banquet mondial »(dont nous avons déjà parlé ici et que nous avons testé sur notre groupe d’ados de l’église, hier, avec d’autres moniteurs)

Notes :

* »Piqué » dans le courrier des lecteurs du dernier numéro de décembre-janvier de « La Décroissance »

** Voir « La Classe ouvrière va au paradis » d’Elio Pétri(1971)

L’histoire de Lulù, ouvrier modèle, dont « la seule ambition dans l’existence est de gagner suffisamment de miettes pour pouvoir, le soir, rentrer chez lui regarder la télévision et acheter, le week-end, les gadgets inutiles qu’il y aura vus vantés par la publicité ».

Ceux qui exploitent tes bas instincts : vivraient-ils si on leur retirait leurs griffes ?

« …vous devenez les esclaves du maître auquel vous obéissez… »(Rom.6v16)

Ne tournons pas autour du pot.

Nous avons à lutter contre trois fléaux :

-L’ignorance(et l’oubli-celui de l’histoire, par exemple-et donc la réécriture de l’histoire-la bêtise)

-L’avidité(et le mécontentement, la frustration, la convoitise, « la cupidité-qui est une idolâtrie »-le « no limit », le « toujours plus »…)

-La peur(de l’avenir, des autres, de l’autre…)

Nous sommes avant tout responsables de nourrir en nous(ou non) ces trois fléaux.

Laisser quiconque nourrir ou exploiter ces fléaux(ou en permettant à quiconque de vivre de cette exploitation sur votre dos) est dangereux. Car c’est laisser là un grand pouvoir à ce quiconque exploite ces fléaux en vous.

C’est laisser là à ce quiconque le pouvoir de vous manipuler*. C’est laisser à ce quiconque le pouvoir de se poser en « pourvoyeur » ou en « sauveur », « homme fort », « homme providentiel ». Néanmoins, un tel « chef » (ou « pourvoyeur »)fera toujours en sorte que vous restiez insatisfaits et dépendants.

Ces trois fléaux sont dangereux, car les nourrir conduit à l’irrationnel(une mauvaise décision que vous ne prendriez pas dans un état « normal », de raison) ainsi qu’à faire sauter les verrous moraux et spirituels.

Arrêtons-nous et demandons-nous pourquoi rester dans l’ignorance, l’avidité et la peur ? D’où tirons-nous ce qui nourrit l’ignorance, l’avidité et la peur ?

Arrêtons-nous et réfléchissons un peu : de telles « sources »(personnalités, organismes/associations/groupes/partis politiques, médias papiers ou « webzine »…) vivraient-elles, si on leur retirait leurs griffes, leur « aiguillon »(leur pouvoir de nourrir l’ignorance, l’avidité, la frustration, la peur, la haine de l’autre…)….c’est à dire leur moyen de subsistance ?

De quoi te nourris-tu ? Qui fais-tu vivre ?

A l’inverse, le véritable libérateur est celui qui affranchit.

Il a un nom : Jésus-Christ.

Il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs(Marc 10v45).

Contre l’avidité : Il a par ailleurs refusé d’exploiter les besoins et convoitises humaines, et ainsi d’exercer un pouvoir sur les hommes.

Contre l’oubli : Il laisse un souvenir, afin que celui qui a été libéré par Jésus se souvienne d’où il vient et qu’il est un homme libre.

Contre la peur : Il a vaincu celui qui exerçait son pouvoir par la peur.

Tu appartiens à Christ. Tu portes Son nom : tu es chrétien. « Petit Christ ».

Tu es aujourd’hui porteur d’un message libérateur et d’espérance. Tu es un témoin.

« Lumière du monde » et « sel de la Terre », tu es envoyé, pour réveiller en chacun, non pas les bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien**.

 

 
Notes :

* A ce sujet, on citera le (faussement nommé)« Institut pour la justice », dont les pétitions exploitant l’émotion suscitée par un drame ou une injustice(si cela, ce n’est pas de la manipulation…)fleurissent sur internet.  Je dis « faussement », car il s’agit d’une association et non d’un « institut ». Déjà avant l’actuelle pétition contre le « laxisme » de la ministre de la justice TAUBIRA : http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/11/12/Attention-manip-:-le-pacte-2012-de-l-Institut-pour-la-Justice ; http://www.slate.fr/story/46557/ipj-institut-pour-la-justice-pacte-2012 ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_pour_la_justice#cite_note-la_croix15.2F02.2F11-16 ; http://www.rue89.com/2011/11/18/institut-pour-la-justice-hold-droite-sur-les-victimes-226627 ; http://lescoulissesdelinfo.blogspot.fr/2011/11/linstitut-pour-la-justice-vraie.html

Par ailleurs, ce genre de pétition apparaît toujours(comme par hasard) à l’approche d’échéances électorales. Ici, les municipales de 2014.

On rappellera enfin, pour mémoire, que plus de 40 lois dites « sécuritaires » ont été votées en 10 ans.

** Citation(malheureusement perdue) d’une bloggueuse à propos du Tigre magazine. J’ai trouvé que cela pouvait coller pour ceux censés rechercher et disposer du don de discernement(cf 1 Cor.12)