« La culture de l’honneur » du Père envers le Fils

Dieu sera toujours le modèle de l’amour et de l’attention d’un père pour son fils (Source image : public domain pictures)

« C’est que le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait… » (Jean 5v20)

Pour Dieu, « la culture de l’honneur » n’est pas un simple « slogan ».

En témoigne l’attention constante et touchante de Dieu le Père pour Dieu le Fils, particulièrement quand celui-ci était méprisé et haï par les hommes :

– Le roi Hérode veut tuer le futur roi des Juifs qui vient de naître. Mais au moyen d’une étoile, Dieu dirige des sages pour rendre au petit enfant Jésus les honneurs royaux (Matthieu 2. 11).

– Un homme religieux reçoit Jésus chez lui, mais l’accueille avec méfiance et sans grand respect : il ne lui offre pas d’eau pour se laver les pieds, selon la coutume. Mais Dieu pousse une femme à entrer au cours du repas pour répandre, par amour pour Jésus, un parfum sur ses pieds. Elle les arrose de ses larmes et les essuie avec ses cheveux, en signe d’adoration (Luc 7. 38).

– Judas, l’un des douze disciples, mûrit son sinistre projet, les chefs religieux complotent pour se débarrasser de Jésus. Mais Dieu conduit une autre femme, Marie de Béthanie, à offrir à Jésus ce qu’elle a de plus précieux : un vase rempli d’un parfum de très grande valeur. Quel réconfort fut pour lui cette adoration muette dans son chemin vers la croix (Jean 12. 3) ! (1)

– Judas l’a trahi, Pierre va le renier, Jésus va être pris, jugé et crucifié. À la perspective de porter nos péchés, il est saisi d’une terrible angoisse. Dieu lui envoie un ange pour le fortifier (Luc 22. 43).

– Jésus est sur la croix, entre deux malfaiteurs. Dieu pousse Pilate à mettre un écriteau qui établit la dignité royale du crucifié (Jean 19. 20-22).

– On va enterrer les crucifiés dans la fosse commune, mais Dieu envoie un homme riche qui met le corps de Jésus dans un tombeau neuf (Jean 19. 41)(2).

Je garde le meilleur pour la fin : qui parle ainsi de qui dans le passage qui suit ? 

« Il dit : Et que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. (….) Ton trône, Dieu, est établi à tout jamais ! et : Le sceptre de la droiture est sceptre de ton règne. Tu aimas la justice et détestas l’iniquité, c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu te donna l’onction d’une huile d’allégresse, de préférence à tes compagnons. Et encore : C’est toi qui, aux origines, Seigneur, fondas la terre, et les cieux sont l’œuvre de tes mains. Eux périront, mais toi, tu demeures. Oui, tous comme un vêtement vieilliront et comme on fait d’un manteau, tu les enrouleras, comme un vêtement, oui, ils seront changés, mais toi, tu es le même et tes années ne tourneront pas court ».(Hébr.1v6-12)

 

 

Notes :

(1) Une très belle scène qui m’a inspiré cette méditation, au tout début de ce blogue.

(2) D’après le feuillet du dimanche 13/12/20, calendrier La Bonne Semence,

 

« La culture de l’honneur : apprendre à lire à voix haute la gloire de Dieu »

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les "bons livres" ? Comment les choisissons-nous ?

Une invitation à « lire » l’autre, comme un livre ouvert et tel que Dieu l’appelle à être. Pas « en chuchotant, mais « à voix haute ».

Une prédication(au titre absolument génial) du pasteur Pierre Bader portant sur 2 Cor.3v2-4, 7-11, 15-18 (version du Semeur), à écouter sur le site de la paroisse de Corsier-Corseaux(Suisse), dans la perspective des deux articles précédents, publiés cette première semaine de juin(1) : « La culture de l’honneur : apprendre à lire à voix haute la gloire de Dieu ».

Soit une invitation à « lire » l’autre, tel que Dieu l’appelle, et non tel qu’on le voit maintenant.

 

Lecture de 2 Cor.3 : 

Notre lettre c’est vous-mêmes, une lettre écrite dans notre cœur, que tout le monde peut connaître et lire. Il est évident que vous êtes une lettre que le Christ a confiée à notre ministère et qu’il nous a fait écrire, non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tablettes de pierre2, mais sur des tablettes de chair : sur vos cœurs. Telle est l’assurance que nous avons par le Christ, devant Dieu(v2-4). Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort. Cependant, ce ministère a été glorieux, au point que les Israélites n’ont pas pu regarder Moïse en face, à cause de la gloire, pourtant passagère, dont rayonnait son visage. Mais alors, le ministère au service de l’Esprit ne sera-t-il pas bien plus glorieux encore ? En effet, si le ministère qui a entraîné la condamnation des hommes a été glorieux, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu ! On peut même dire que cette gloire du passé perd tout son éclat quand on la compare à la gloire présente qui lui est bien supérieure. Car si ce qui est passager a été touché par la gloire, combien plus grande sera la gloire de ce qui demeure éternellement ! (v7-11) Aussi, jusqu’à ce jour, toutes les fois que les Israélites lisent les écrits de Moïse, un voile leur couvre l’esprit. Mais, comme le dit l’Ecriture : Lorsque Moïse se tournait vers le Seigneur, il ôtait le voile. Le Seigneur dont parle le texte ; c’est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là règne la liberté. (v15-17)

 

Bonne écoute et bon week-end !

 

Notes : 

(1) A retrouver ici et .

« Tout a, ou bien un prix ou bien une dignité »

Ce qui est digne "ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité" : par exemple, la vie d’un enfant, son éducation...

Ce qui est digne « ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité » : par exemple, la vie d’un enfant, son éducation…

La citation du Week-end, et ce n’est pas un « poisson d’avril » !

 

« Tout a, ou bien un prix ou bien une dignité. On peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent ; en revanche, ce qui n’a pas de prix, et donc pas d’équivalent, c’est ce qui possède une dignité », affirme Kant(1), philosophe du XVIIIe siècle, dans ses « Fondements de la métaphysique des mœurs »(1785).

En clair, « ce qui a un prix » (marchand) est la « valeur » d’échange d’un objet : une voiture, un téléphone ou un ordinateur portable…. Lesquelles valent « tant » en euros ou en dollars, par exemple. Et c’est l’échange des biens qui transforme ceux-ci en marchandises.

Jusqu’à quel point réduisons-nous l’autre à l’état de « marchandises » ?

Or, un enfant, comme son éducation ou sa santé, par exemple, cela n’a pas de prix. L’un et l’autre ne sont pas des « moyens », nous permettant d’atteindre un but personnel, mais sont « une fin » en eux-mêmes, c’est-à-dire qu’ils ont une valeur pour eux-mêmes.

Relevons l’ambigüité (ou la confusion) qui règne autour du terme de « valeur », au sens à la fois « éthique »/« moral » et « boursier ».  Mais si nous considérons que « l’éducation » n’a « pas de prix », nous estimons (sic) qu’ « elle a un coût », ramenant encore le débat sur le terrain purement économique. La place exclusive donnée aux valeurs purement marchandes (de même que la question du coût ou la logique comptable-ne parlons pas de cette idéologie économique qui voudrait mettre les écoles en situation de « concurrence » les unes contre les autres) nous empêcherait-elle de discerner ce qui est fondamental et vital, ce qui est « une question de vie ou de mort » ?

Il importe donc de distinguer le moyen (ce qui a un prix et pouvant être remplacé par un autre moyen de prix équivalent), de la fin (ce qui a une valeur pour lui-même) : il s’agit là d’une invitation à dépasser une logique purement pragmatique, comme à préserver ce qui est  « non négociable », échappant au secteur exclusivement marchand.

Pour Dany-Robert Dufour, « ce principe de dignité ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité » : encore une fois, la vie d’un enfant, son éducation….« Face à la loi égoïste de la maximisation des intérêts personnels, la loi altruiste[ou de l’amour, dirai-je] « m’oblige à considérer l’autre, non comme un moyen pour réaliser mes fins, mais comme une fin en lui-même »(Dany-Robert Dufour, IN « L’individu qui vient…après le libéralisme ». Folio essais, 2016, p 58)

Le 7ème Salon de l'Education Chrétienne vous invite à réfléchir et à échanger autour de "l'éducation véritable" du vendredi 15 avril au dimanche 17 avril 2016

Le 7ème Salon de l’Education Chrétienne vous invite à réfléchir et à échanger autour de « l’éducation véritable » du vendredi 15 avril au dimanche 17 avril 2016

C’est aussi « collectivement », ensemble, que nous pourrons réfléchir à ce qui est « véritable » et non pas (uniquement) « comptable », relatif à l’éducation : il s’agit bien d’un enjeu « de vie ou de mort » ! C’est dans cette perspective que nous vous invitons à participer au 7ème Salon de l’Education chrétienne, qui aura lieu prochainement en région parisienne : toute personne interpellée, qui a ou aura une responsabilité éducative ou instructive au sein de la famille, l’école ou l’église, est la bienvenue !

Ouverture au public, le vendredi 15 avril à 19h00, avec une soirée artistique. Suivi de la journée du samedi 16 avril, riche en enseignements-plénières, table ronde, ateliers- et en rencontres potentielles avec les orateurs, intervenants, exposants. Sans oublier les animations pour enfants, avec un concours BD gratuit. Clôture avec le culte spécial « éducation », le dimanche matin 17 avril. En savoir plus sur le détail du programme. Inscriptions recommandées ici.

Venez en famille soutenir et recevoir ! Invitez vos amis et ne manquez pas de relayer cet événement autour de vous !

 

PS : ce blogue se met en pause à partir d’aujourd’hui, pendant tout le mois d’Avril. Retour prévu début mai. Profitez-en pour lire et relire les anciens billets !(2)

 

 

Notes :

(1) Bien avant lui, Dieu se révèle comme Celui qui rend l’honneur(ou de la dignité) perdu : Ps.91v15(BFC). Il « a composé le corps(de Christ) en donnant plus d’honneur à ce qui en manque, afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un commun souci les uns des autres »(1 Cor.12v24-25. Colombe).

En 1 Cor.1v27-28, Il choisit « ce qui est faible dans le monde, pour confondre ce qui est fort » ; et choisit « ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas », pour « réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune créature ne puisse tirer quelque fierté devant (Lui) ».

Enfin, Dieu révèle au peuple d’Israël Sa conception des « valeurs », en Deut.7v7-8 : « Si le Seigneur s’est attaché à vous », leur dit-il, « et s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais si le Seigneur, d’une main forte, vous a fait sortir et vous a rachetés de la maison de servitude, de la main du Pharaon, roi d’Egypte, c’est que le Seigneur vous aime et tient le serment fait à vos pères »(TOB).

(2) Par exemple, ce sondage – toujours d’actualité – ou ce défi apologétique, autour du pardon.

« La culture de l’honneur » dans le corps de Christ : « donner plus à ceux qui ont moins »

 

Quelle place fais-tu à celui qui semble insignifiant et "moins honorable" ?

Quelle place fais-tu à celui qui semble insignifiant et « moins honorable » ?

Mais maintenant, Dieu a placé les membres, – chacun d’eux, – dans le corps, comme il l’a voulu.
Or, si tous étaient un seul membre, où serait le corps?
Mais maintenant les membres sont plusieurs, mais le corps, un.
L’oeil ne peut pas dire à la main: Je n’ai pas besoin de toi; ou bien encore la tête, aux pieds: Je n’ai pas besoin de vous;
-mais bien plutôt les membres du corps qui paraissent être les plus faibles, sont nécessaires;
et les membres du corps que nous estimons être les moins honorables, nous les environnons d’un honneur plus grand; et nos membres qui ne sont pas décents sont les plus parés,
tandis que nos membres décents n’en ont pas besoin. Mais Dieu a composé le corps en donnant un plus grand honneur à ce qui en manquait,
afin qu’il n’y ait point de division dans le corps, mais que les membres aient un égal soin les uns des autres.
Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui.
Or vous êtes le corps de Christ, et ses membres chacun en particulier ». (1 Cor.12v18-27)

« Tu n’opprimeras pas ton prochain, et tu ne le pilleras pas. Le salaire de ton homme à gages ne passera pas la nuit chez toi jusqu’au matin.
Tu ne maudiras pas le sourd, et tu ne mettras pas d’achoppement devant l’aveugle, mais tu craindras ton Dieu. Moi, je suis l’Éternel.
Vous ne ferez pas d’injustice dans le jugement: tu n’auras pas égard à la personne du pauvre, et tu n’honoreras pas la personne du riche; tu jugeras ton prochain avec justice.
Tu n’iras point ça et là médisant parmi ton peuple. Tu ne t’élèveras pas contre la vie de ton prochain. Moi, je suis l’Éternel.
Tu ne haïras point ton frère dans ton coeur. Tu ne manqueras pas à reprendre ton prochain, et tu ne porteras pas de péché à cause de lui.
Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas rancune aux fils de ton peuple; mais tu aimeras ton prochain comme toi-même. Moi, je suis l’Éternel.
(…)Tu te lèveras devant les cheveux blancs, et tu honoreras la personne du vieillard, et tu craindras ton Dieu. Moi, je suis l’Éternel.
Si quelque étranger séjourne avec toi dans votre pays, vous ne l’opprimerez pas.
L’étranger qui séjourne parmi vous sera pour vous comme l’Israélite de naissance, et tu l’aimeras comme toi-même; car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu ».
(Lévit.19v13-18, 32-34)

« La culture de l’honneur » : une notion fondamentale pour mon pasteur.
Et il a raison.

L’honneur, c’est rendre à quelqu’un ce qui lui revient(Rom.13v10), ce qui est juste.
Honorer quelqu’un, c’est le respecter, l’estimer hautement, lui manifester notre pleine et entière considération.
La culture de l’honneur, c’est refuser, à l’image de Dieu, de « faire acception de personne »(de faire du favoritisme)(Jacq.2v1-9)

C’est avoir égard à chacun, en tant que membre du corps de Christ-le frère ou la soeur pour lequel/laquelle Christ est mort(Rom.14v15)- y compris (surtout !) ceux qui paraissent faibles et « dispensables ».
C’est donner plus à ceux qui ont moins.

Pour aller plus loin :

Un livre de la Bible à lire sur la bonté et l’honneur rendu : Ruth
Un contre-exemple, et la réaction de Dieu en Ézéchiel, chapitre 34

Une illustration(en vidéo) de cet honneur rendu, qui va bien au-delà du fait de se montrer « gentil » avec les autres*.

Et une initiative, un rapport et des propositions du Secours catholique, qui nous alarme sur la pauvreté et la précarité et tend à rendre mieux visibles les invisibles de notre société ou ceux qui sont bien trop mal médiatisés…

Notes :

* Une vidéo « piquée » sur le blog du poète roumain Valeriu dg BARBU