« De l’unité en crise à l’unité en Christ » : le défi des hommes réunis pour l’étude biblique

Ezéchiel 37v22 : « Je ferai d’eux une seule nation dans le pays, dans les montagnes d’Israël : ils auront tous un même roi, ils ne formeront plus deux nations, et ne seront plus divisés en deux royaumes. »

Jean 17v11 : « Qu’ils soient un comme nous sommes un. »

« …rappelons que notre destinée éternelle (…) est liée à un appel communautaire. Il ne peut s’envisager en marchant seul dans les ténèbres ». Source : Pixabay

Depuis cette prière du Fils au Père [rapportée par Jean dans son évangile], nous sommes promis à une existence unie et interdépendante. Nous ne formons plus « deux royaumes », à l’image d’Israël et Juda au temps du prophète Ezéchiel, mais nous avons à jamais un « même roi », et une même destination à atteindre dans la communion de l’Esprit. Ce même Esprit a été répandu sur tous les membres du corps de Christ (Joël 3v1).

Quant à parler du « corps de Christ », nous nous rappelons que notre destinée éternelle (incluant notre passage dans le monde) est liée à un appel « communautaire ». Il ne peut s’envisager en marchant seul dans les ténèbres. Si nous pensons avoir à choisir entre avancer seul ou ensemble, rappelons-nous seulement que les deux sont interdépendants. Tout comme Dieu est « un et trois » à la fois, Dieu nous a « réglé » de la même manière, afin d’être au milieu de nous (extrait de Matthieu 1v23 : « Et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu parmi nous »).

Selon 1 Jean 1v7 notre marche doit être « dans la lumière, comme le Père est lui-même dans la lumière, mutuellement en communion, purifiés de tout péché par le sang de Jésus son Fils. »

Qualifierions-nous aujourd’hui notre marche comme une marche « unie » ? Cette prière du Seigneur Jésus, « Qu’ils soient un comme nous sommes un. » (Jean 17v11) demeure dans nos Bibles, mais nous approprions-nous le fruit de cette prière prophétique ? En d’autres termes : « vivons-nous », pratiquons-nous notre unité en Christ ? Si oui, de quelle manière ?

Il faut admettre que notre vision du « corps de Christ » est mise à l’épreuve, quand le monde nous enjoint au développement « personnel » et à un amour propre qui dépasse l’amour du prochain. A ce sujet, il est bon de méditer sur le second plus grand commandement de Dieu (semblable à son premier), selon Matthieu 22v34-40 : « Aime ton prochain comme toi-même. »

Nous positionnant sur la vérité de la Parole, posons-nous à présent 4 (remises en) questions :

  1. De quoi avons-nous réellement, et visiblement, le plus soif ?
  2. Comment le partage entre frères, l’étude de la Parole et le soutien mutuel peut-il y contribuer ?
  3. Selon moi, suis-je vraiment membre du corps de Christ ? [Et de son expression locale ?] Comment le savoir, et surtout comment le vivre ?
  4. Comment « ma » marche en Christ peut-elle devenir « notre » marche en Christ ?

Ne doutons pas que Dieu ait véritablement pourvu à nos besoins : sa Parole en est un témoin fidèle ! Il se pourrait simplement que nous ayons du mal à le percevoir.

En ce sens, il est bon de se rappeler quelques bénéfices pour les hommes de (la) Parole qui entreprennent de « Lire et étudier la Bible », et de la lire, l’étudier ensemble : 

  1. C’est notre nature selon Dieu ! Le mâle, « zakar » en hébreu, signifie « celui qui se souvient ». Dieu a adressé ses commandements au genre masculin. Les hommes ont ainsi le devoir de les retenir, et de les transmettre dans leurs sphères d’influences (famille, église, société).
  2. Jésus nous donné une promesse (Matthieu 18v20) que « là où nous sommes deux ou trois en son nom, Il est là au milieu de nous »: nous connaissons donc une plus grande faveur dans la révélation de Jésus, Parole vivante, lorsque nous venons nous soumettre ensemble à sa Parole. La Parole de Dieu a donc vocation à être étudiée en groupe, pour expérimenter la communion du Fils de Dieu.
  3. Dieu désire que nous le connaissions pleinement, et que nous connaissions toute sa Parole. Voici un grand bénéfice de notre étude en groupe : lorsque nous sommes seul nous nous heurtons à nos limites, et lorsque nous sommes en fraternité, notre faiblesse est compensée dans les forces de nos vis-à-vis.

Gardons également en vue des objectifs pertinents et communs à l’ensemble du groupe :

  1. Croître en conviction : connaître et comprendre la personne de Jésus-Christ
  2. Croître en caractère : vivre en homme à l’image et à la ressemblance de Dieu
  3. Croître en compétence : connaître toute la Bible pour mieux la comprendre, garder et transmettre fidèlement son message à d’autres.

POUR FINIR EN MAJUSCULE : UNE BONNE ÉTUDE NOUS CONDUIT A L’HUMILITE, EXALTE LE SAUVEUR ET PROMEUT LA SAINTETÉ

 

[Une nouvelle contribution de mon frère en Christ Pierre-Louis, par ailleurs très impliqué dans mon groupe d’étude et de partage biblique pour hommes : qu’il en soit remercié !]

Quand le Seigneur reviendra sur la Terre, trouvera-t-il encore des « pasteurs » ?

L’Église d’aujourd’hui a besoin de « vrais pasteurs », c’est-à-dire de personnes disponibles pour veiller, accompagner et soigner ceux que le Seigneur, « le Souverain Berger » leur a confié. Source : Rawpixel

Les églises d’aujourd’hui ne manquent pas de « ministères » !

En effet, il existe des ministères « de louange », centrés sur l’adoration ; des ministères dits « diaconaux », qui prennent soin des gens sur le plan matériel ; et il y a des ministères de « relation d’aide », très marqués par la vision du monde de la psychologie, parfois plus que par l’anthropologie biblique, et travaillant la plupart du temps hors des églises locales et communautés réelles, alors que c’est au cœur des relations que l’on guérit ses relations.

Mais ce qui semble être un atout cache une réalité plus problématique : si les églises ne manquent pas de ministères, on n’y trouve presque plus de « pasteurs » ou de « bergers » au sens biblique du terme, C’est-à-dire des personnes qui, sans être forcément des « clercs », passent l’essentiel de leur temps à prendre soin et à accompagner. Le verbe « accompagner » signifie « partager son pain avec » [ce qui a aussi donné « copain »] et tout accompagnement dit « pastoral » est avant tout « fraternel », de fait enraciné dans la vie communautaire. Quand je suis accompagné spirituellement ou que j’accompagne quelqu’un d’autre, je fais route avec lui jusqu’au partage du pain (de la Cène) qui révèle Christ ressuscité, comme l’illustre la scène( !) des pèlerins d’Emmaüs en Luc 24v28-35.

Or, dans certaines églises protestantes « historiques » et protestantes évangéliques, ceux que l’on appelle « pasteurs » sont en réalité des « docteurs » ou des enseignants : ils ont « BAC +++ », connaissent la philosophie antique et moderne, ainsi que l’hébreu et le grec anciens. Dans les églises évangéliques, les « pasteurs » sont en réalité des « évangélistes », avec parfois un charisme de guérison, appelant tous les dimanches à la conversion. Certains sont des « apôtres », préoccupés par le nombre d’implantations d’églises. D’autres encore sont des « prophètes », exhortant le troupeau à ne plus être perdu, alors que leur rôle serait justement de les faire paître.

L’Église d’aujourd’hui ne manque pas de « ministères » mais a grand besoin de « vrais pasteurs », c’est-à-dire de personnes disponibles pour veiller, accompagner et soigner ceux que le Seigneur, « le Souverain Berger »(Hébr.13v20) leur a confié.

Quelle serait alors « la fiche de poste » pour un « vrai pasteur » ? A ce sujet, la Bible, Ancien et Nouveau Testaments, peut nous éclairer.

Il est premièrement celui sur qui l’on peut compter. Il n’est pas le propriétaire du troupeau mais celui qui rend compte de chacune des brebis qu’on lui a confié – et qu’il ne choisit pas (1 Pie.5v2)- parfois au péril de sa vie (Jean 10v11)

Voici, en guise d’illustration, une scène saisissante en Amos 3v12 : le berger est celui qui ose lutter avec le lion qui a sauté sur son troupeau, pour lui arracher « deux pattes » et « un bout d’oreille » de la brebis attrapée. Il doit rapporter les restes de l’animal et du combat au propriétaire du troupeau, pour montrer que la brebis a été perdue malgré lui, dans un guet-apens et non pas égarée par sa faute.

Et si des brebis distraites se sont égarées « un jour de nuages et de brouillard » (Ez.34v12), il se doit de partir à leur recherche, jusqu’à ce qu’il les trouve, obéissant à l’appel de Dieu(cf Luc 15v4)   . Aucune ne doit manquer à l’appel.  Il est celui qui  compte et recompte les brebis, « les connaissant toutes par leur nom » (Jean 10v3), et qui les accompagne dans toutes les saisons de la vie, de leur naissance à leur mort.

Il est intéressant de noter qu’il est demandé au berger du troupeau de se préoccuper du nombre confié. Non pour l’augmenter- Ce sera le travail du « pécheur d’hommes »(Marc 1v17) – mais pour veiller à sa croissance, avant tout qualitative. Et ce, à l’instar de Dieu, qui se concentre sur un seul peuple, qu’Il a « choisi », « élu », « mis à part », et qu’Il appelle à être « saint », parce que Lui est « Saint » (Lévit.11v44).

Enfin, le berger n’est pas celui qui « envoie paître » mais celui qui « sort devant » le troupeau (Jean 10v4) et le fait aller là où il va et s’arrêter là où il s’arrête : « les verts pâturages » (Ps.23v2-3), propre à nourrir les brebis. Ce qui implique que le berger sache où il va, lire et suivre les instructions du ciel.

 

 

Sources/inspi :

Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première partie, 2010, pp 175-176

De Luca, Erri. Le métier d’Abel IN Comme une langue au palais. Arcades/Gallimard, 2006, pp 9-27.

Voir aussi :

Marshall/Payne. L’essentiel dans l’Eglise : apprendre de la vigne et de son treillis. IBG/Clé, 2014 (pour redécouvrir ce qu’est le « sacerdoce universel, selon Eph.4v1-16)

Baxter, Richard. Le pasteur chrétien. Impact héritage, 2017 (ou la version électronique gratuite)

Kallemeyn, Harold. La visite pastorale IN La Revue réformée, N° 228 – 2004/3 – JUIN 2004 – TOME LV. L’auteur se propose d’étudier quelques fondements bibliques de la visite pastorale à partir des chapitres 2 et 3 de la Genèse. Dans cette présentation, un sens assez large est donné au mot « pastoral » pour inclure la tâche des anciens, des diacres et des aumôniers qui, avec le « pasteur titulaire », sont appelés à rendre visite au nom du Christ.

 

Ne dites plus « ne nous donnez plus de pizzas ! » Dites : « Je vous invite. C’est fait maison ».

« Quelles sont ces pizzas dont on sature les jeunes, mais qui ne rassasieront pas leur homme intérieur ? » Source : Pexels

« ….les disciples le pressaient : « Rabbi, mange donc. Mais il leur dit : J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas (…) Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre ». (Jean 4v31-34. TOB)

Ce que j’apprécie le plus, lorsque je consulte un blogue ? Certains commentaires, publiés aux pieds des articles publiés. Certains sujets généreront beaucoup, peu ou pas du tout de commentaires, ce qui est en soi révélateur de l’intérêt accordé auxdits sujets. Bien entendu, nous pouvons trouver le pire comme le meilleur, quantité ne signifiant pas toujours qualité, loin de là.

Une fois n’est pas coutume : voici un exemple notable, où le commentaire d’un article s’avère aussi (sinon plus) bon que le billet commenté lui-même.

A l’origine, un billet de « Benjamin E. », 22 ans, étudiant à l’Institut Biblique Belge, coordo de l’excellent blogue jeunesse La Rébellution et blogueur sur christestmavie.fr., intitulé : « ne nous donnez pas des pizzas. Donnez-nous l’Evangile ! », publié le 20/03 sur le blogue « Le Bon Combat ».

« Comment intéresser les jeunes du 21ème siècle ? De quoi ont-ils besoin ? Que faut-il leur donner ? », se questionne l’auteur, lui-même « encore dans la tranche d’âge jeune » et conscient « que le ministère parmi les jeunes est un vrai casse-tête aujourd’hui ». En effet, « ils ne semblent plus intéressés par toutes les méthodes un peu vieilles du siècle passé. Dans une ère où Facebook est roi, où on tweet plus vite qu’on ne l’a jamais fait – comment intéresser les jeunes du 21ème siècle ?(…) On pense souvent que les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de plus de [c’est moi qui souligne] jeux, plus d’attractions, plus de fun. On pense souvent que le Groupe de Jeunes doit se résumer à une soirée jeux-vidéo, des pizzas et 5 minutes de partage biblique hyper-simplifié pour pas perdre l’attention des jeunes. Non, le plus grand besoin des jeunes au 21ème siècle, c’est l’Evangile. Un Evangile clair, complet et fidèlement présenté.

Parce que les pizzas ne vont pas nourrir nos âmes ! Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de nouvelles méthodes, plus de fun ou quoi que ce soit d’autre. Notre vrai besoin, la vraie solution, c’est l’Evangile. La solution se trouve dans la Parole de Dieu, vivante et efficace. C’est de cette Parole dont nous avons besoin, cette Parole qui peut transformer nos cœurs et produire, par l’Esprit, la vie dans un cœur qui était spirituellement mort ».

Curieusement, l’article, publié par un jeune, ne suscite qu’un seul commentaire, et ce, et alors que les articles plus « théo » inspirent habituellement une pléiade de commentaires, et moults débats passionnés et enflammés.

Le commentaire est de l’internaute « Francine », habituée du blogue « Le Bon combat ». Et il vaut absolument le détour, dépassant même le billet commenté (ceci dit, sans préjudice pour l’article de Benjamin E.) pour la réflexion qu’il suscite. Jugez-en plutôt :

Il est bien votre article Benjamin ! Pour l’approfondir un peu, il faudrait, je pense développer votre illustration de la pizza. Pourquoi de la pizza ? Vous le savez d’expérience, la pizza est le plat de prédilection du programmeur, accompagnée éventuellement d’une bonne bière. Elle contient des calories faciles, plein de sel et de gras, vite engloutie, vous vous remettez immédiatement à votre code.

Seulement le règne spirituel ne s’étend pas sur de stupides machines qui obéissent à la commande, mais sur des esprits, des âmes, des volontés, et donc la pizza ne va pas le faire pour s’y aventurer. En clair, quelles sont ces pizzas dont on sature les jeunes, mais qui ne rassasieront pas leur homme intérieur ? Les slogans, les bouquins superficiels, les partis-pris, le vocabulaire philosophique pédant et creux. Vous avez raison de rappeler que le péché est notre principal problème à tous. Mais qu’est-ce que le péché une fois que l’on a mis de côté la drogue et la pornographie ? Tout mensonge, toute entorse consciente à la Vérité est un péché. Or la vanité, l’orgueil, l’esbroufe, la prétention, l’obstination personnelle sont des péchés, et très courants dans le ministère de la pizza évangélique.

La solution : faites votre cuisine vous-même ! Paul écrivait à Timothée : « Que personne ne méprise ta jeunesse ». N’offrir aux jeunes que des pizzas, c’est au fond les mépriser ; c’est supposer qu’ils sont trop bêtes pour se nourrir d’autre chose. Eh bien mettez en pratique le conseil de Paul « Applique-toi à la lecture » ; repoussez les pizzas du buzz, appliquez-vous à la lecture de vrais livres. Devenez pointu en exégèse biblique, maîtrisez le grec et l’hébreu, l’histoire de l’Église, et vous deviendrez un chef étoilé qui pourra cuisiner pour les autres.

Benjamin, ne dites donc plus aux vieux : « Arrêtez avec vos pizzas ! », car il n’y a pas grand-chose attendre des vieux. Jésus, Paul, et même Jean qui est mort presque centenaire, étaient jeunes d’esprit. Dites plutôt : « Je vous invite. C’est moi qui l’ai préparé ! Prenez et goûtez… »

 Et souhaitez, non pas « plus, plus de… » mais mieux. Le meilleur.

 

20 livres que tout chrétien devrait avoir lu (1)

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les "bons livres" ? Comment les choisissons-nous ?

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les « bons livres » ? Comment les choisissons-nous ?

Cher et fidèle lecteur, pour ce billet du mercredi, à l’approche des grandes vacances d’été, voici un jeu sérieux « à la manière de » :

Si l’on lui demande quels sont « les (20) livres que tout chrétien devrait avoir lu », voici ce que Christophe Paya répond sur son blog « théologique et pratique » : « Ce sont des livres de premier niveau, normalement accessibles à tous ; les livres de référence, dictionnaires et autres gros volumes, qui souvent contiennent l’équivalent de plusieurs ouvrages plus brefs, sont hors liste.

A quelques exceptions près, tous pourraient trouver des équivalents, donc la liste est plus indicative que prescriptive; et cette liste est aussi volontairement limitée… Mais c’est en tout cas ce genre de livre (qu’il recommanderait) », dans les catégories 1) doctrine chrétienne, Jésus-Christ, Bible 2) vie chrétienne 3) Eglise/Culte 4) Apologétique 5) Mission, monde, religions, 6) histoire de l’Eglise.

A noter une certaine ambiguïté dans la formulation « les livres que tout chrétien devrait avoir lu » : s’agit-il de recommander des « livres chrétiens » ? « Chrétiens » exclusivement « protestants-évangéliques » ? Des livres dont les auteurs sont chrétiens ? Des livres destinés à un public (déjà) chrétien, ou pas encore chrétien ? Des livres, pas nécessairement écrits par des chrétiens, mais dont le contenu exprime des principes chrétiens ?

Autant de possibilités offrant autant de pistes bibliographiques !

Voici, en attendant, ce que m’ont répondu deux évangéliques de générations différentes(merci à eux !), en y ajoutant mes propres propositions dans un billet suivant. En gras, dans la liste, les auteurs répétés plus d’une fois :

Nicolas B., du blogue jeunesse La Rebellution :

« Voici ma liste !  Elle est profondément personnelle (avec des sujets qui me passionnent, comme le discipulat, l’évangélisation…ou l’Evangile !) mais je suis persuadé que tout lecteur de ce billet pourra piocher l’un ou l’autre des titres mentionnés ici.  Je suis convaincu que la croissance spirituelle se fait aussi au travers de la lecture de livres de qualité. C’est ce qui s’est passé pour moi, qu’il en soit de même pour vous : relevons le défi d’être toujours en train de lire un (bon) livre ! »

Si tu veux aller loin, de Ralph Shallis

Connaître Dieu, de James Packer

Démission de la raison, de Francis Schaeffer

Que les nations se réjouissent, de John Piper

Panorama de la Bible, de Vaughan Roberts

L’évangélisation et la souveraineté de Dieu, de James Packer

Le chemin du calvaire, de Roy Hession

Suis-moi, de David Platt

Les idoles du coeur, de Timothy Keller

La croix de Jésus Christ, de John Stott

La croix est un scandale, de Donald Carson

La croix de Jésus-Christ et l’évangélisation, de Ruben Saillens (épuisé, mais disponible en ligne)

Le secret spirituel de Hudson Taylor

Le mal et la croix, de Henri Blocher

Tactique du diable, de Clive Staples Lewis

Crazy love, de Francis Chan

Replacer Dieu au cœur de la prédication, de John Piper

Tout par grâce, de Charles Spurgeon

Une Bible un café des disciples, de Neil Cole

Et si Dieu voulait autre chose pour moi, Kevin DeYoung

 

Anthon, un abonné au blogue et fidèle lecteur/commentateur :

« Les 20 livres que je recommande.
Bien entendu, le choix est forcément subjectif et il ne repose pas sur un critère de qualité littéraire. Je n’en ai pas les compétences et surtout ce sont les livres qui m’ont marqué dans ma vie de chrétien depuis ma conversion. C’est donc très personnel. Donc (sans le désordre) :

– Précis de doctrine chrétiennes – J M Nicole
– Démocratiquement vôtre – C.S Lewis
– Dieu au banc des accusés – C.S Lewis
– Les fondements du christianisme – C.S Lewis
– La croix de Jésus-Christ – John Stott
– La foi évangélique – John Stott
– Comprendre la Bible – John Stott
– Le chrétien à l’ aube du XXI siècle – John Stott
– Le disciple une vie radicale – John Stott
– Une vie, une passion, une destinée – Rick Warren
– Une vie transformée par la puissance de Dieu – Rick Warren
– Les questions de la vie – Nicky Gumbel
– Où est Dieu dans l’ épreuve ? – Philip Yancey
– La prière fait-elle une différence ? – Philip Yancey
– Christ, Seigneur et Fils de Dieu – Bernard Sesboüé
– Comment devenir un chrétien contagieux – Bill Hybells
– Si tu veux aller loin – Ralph Shallis
– La raison est pour Dieu – Timothy Keller
– Jésus, une royauté différente – Timothy Keller
– Bien plus qu’ un charpentier – Josh McDowell

« Ils sont tous en français, par contre je ne sais pas si les éditions sont épuisées ».

 

 

 (La suite, dans un prochain billet)

« Le Royaume équilibré de Dieu » de Richard BORGMAN

Déjà annoncée, voici enfin une fiche de lecture sur « Le Royaume équilibré de Dieu »*, ouvrage de Richard BORGMAN**, que certains d’entre vous connaissent peut-être.

Ce livre, lu cette année et relu cet été, déjà évoqué sur ce blogue, est un curieux livre, souvent déroutant.

Il se veut « un tableau du Dieu qui prend soin de chacun de nous et qui se laisse connaître d’une manière très personnelle. »

Il est un mélange(« équilibré », dirions-nous)d’enseignement, d’expérience(les bonnes comme les moins bonnes) et de témoignage vécu, avec un soucis d’être fondé bibliquement et « Christocentrique ».
Il implique le lecteur et se présente également comme un « voyage », auquel nous sommes conviés dans ce que l’auteur appelle « le Royaume équilibré du Dieu de la Bible ».
Mais, d’emblée, Richard BORGMAN nous prévient : ce livre ne conviendra pas à un lecteur pressé ou superficiel :
Ce voyage, à finalité pratique, est à suivre sans tricher, en commençant par le tout début et en se gardant des raccourcis.

 

L’ouvrage se structure autour des parties suivantes : « Dieu », « le Royaume »(ou le Règne-de Dieu) et « l’équilibre ».
« Dieu » est traité dans les six premiers chapitres, regroupés sous le titre « L’Expérience d’une vie »(pp 7-63) :
elle concerne la rencontre personnelle de Richard et son épouse avec Dieu et témoigne comment cette rencontre a radicalement changé leur vie à tous les deux(voir le récit du « pneu crevé). Cette partie, stimulante, illustre et révèle de façon originale les principes de base du récit de la multiplication des pains par le Seigneur Jésus(dans Luc 9v10-17) :
« Notre vie est le pain de l’histoire ». Jésus « prend notre vie » pour en faire quelque chose de beau et d’utile ; Il « rend grâce pour elle » et la bénit. Il la « rompt », « la multiplie » et nous envoie « chercher les morceaux qui restent »(dont personne ne veut).

« Le Royaume de Dieu » ou « Son règne sur tous les domaines de la vie » (incluant nos rapports aux autres dans le monde) est traité dans le partie intitulée « Vivre continuellement dans la présence de Dieu »(pp 65-157).
Une présence, une communion, où « il y a plénitude de joie » et « délices éternelles »(cf Ps.16v11)

« L’équilibre » ou partie-clé, fondamentale, du livre, est à découvrir dans la partie « Le Royaume de Dieu dans l’équilibre »(pp 157-240).
Elle décrit les « équilibres complexes du Royaume de Dieu » et explique comment nous, « citoyens équilibrés du Royaume », pouvons connaître Dieu dans Sa plénitude et vivre ensemble avec sagesse et dans la joie.
Cette compréhension(dans l’application dans nos vies)de cette notion d' »équilibre » nous permet également d’éviter les pièges d’un « monde en déséquilibre »(ou « le Royaume de l’homme en déséquilibre », pp 241-271)dans lequel nous sommes, « sans en être »(cf Jean 17v11, 14-16) »d’illusions, de psychoses et d’excès » et de vivre dans une juste perspective, décrite dans la dernière partie de l’ouvrage (« Sa bannière sur nous, c’est l’amour », pp 273-295) :

Cette « juste perspective », c’est garder, cultiver, et vivre « le premier amour » dans nos relations avec Jésus-Christ, notre conjoint et le corps de Christ ;
fixer les regards sur Celui que Richard BORGMAN présente comme « le centre du Royaume équilibré de Dieu » : « Jésus-Christ, le souverain roi, et rien d’autre ».
C’est aussi attendre le retour de Christ : Faut-il être « marathanien »(vivre sur le court terme, « puisque Jésus revient ») ou « marathonien »(travaillons sur le long terme, et soyons prêts pour le retour de Christ, puisqu’Il revient justement « bientôt », soit « promptement », « subitement »)

 

Avis personnel :

« Rien de nouveau », mais une certaine fraicheur dans ces diverses révélations et enseignements, présentées sous un angle nouveau, que l’auteur et son épouse se sont appropriés personnellement et efforcés de vivre. L’ouvrage, à lire avec un esprit bienveillant et ouvert (ce qui n’est pas contradictoire avec un esprit critique et de discernement) m’a paru bien construit, bien écrit, inspirant et stimulant, grâce à son style vivant et imagé, où se côtoient

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/10000/nahled/33-1212867830uraI.jpg "Le Dieu du pneu crevé" ou le Dieu qui s'intéresse à tous les aspects de notre vie.

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/10000/nahled/33-1212867830uraI.jpg
« Le Dieu du pneu crevé » ou le Dieu qui s’intéresse à tous les aspects de notre vie.

un pneu crevé, un morceau de pain « qui reste », une maison et sa chambre haute, des montagnes avec leurs pics, le lion et l’agneau(par contraste avec le loup et le ver), le joug(ou « zugos »), une citrouille, des bananes à lâcher….
L’auteur souhaite nous orienter vers Jésus-Christ et à nous fonder sur la Parole de Dieu. Il exprime de l’amour pour le Seigneur, de l’amour pour (tous)les frères(il se veut « tout à tous » et est à l’aise dans le corps de Christ, si l’on partage l’essentiel) et de la compassion pour tous les hommes.

Pour toutes ces raisons, l’ouvrage mérite d’être (re)découvert.

Néanmoins, quelques remarques.
– Je reste réservé sur certains points, comme, par exemple : certaines lectures proposées par Richard BORGMAN, que je ne partage pas, les trouvant peu pertinentes pour une invitation à vivre l’équilibre(cf p 93 ) ; une suggestion (développer des relations personnelles avec chaque personne de la Trinité-dont le Saint-Esprit)que je trouve plus inspirée par un certain livre de Benny HINN que réellement justifiée bibliquement(du fait du rôle et de la nature de la personne du Saint-Esprit : voir par exemple ce qu’en dit Jésus dans Jean 14-16)

– Richard BORGMAN encourage beaucoup à la communion et à l’amour des frères, par-delà les barrières dénominationnelles. Une volonté juste et louable de communion(l’unité des enfants de Dieu, sur la seule base véritable qui est Jésus-Christ) qui me paraît parfois friser avec l’œcuménisme. Veillons à être équilibré : ni sectarisme, ni confusion entre deux termes qui ne sont pas synonymes.

-Il est enfin difficile de parler « du Royaume équilibré de Dieu » sans parler de l’évolution personnelle de son auteur, Richard BORGMAN, converti au catholicisme avec son épouse(expérience qu’il relate ici : http://www.amazon.fr/Une-vie-conduite-par-mis%C3%A9ricorde/dp/2353890148 )
Une telle décision(que l’on peut à la fois comprendre et ne pas comprendre, du moins approuver) l’a-t-elle conduit à un « déséquilibre », lui qui encourage à ne pas se détacher du « centre du Royaume équilibré de Dieu » qui est « Jésus-Christ, le souverain roi, et rien d’autre » ? Chacun répondra à la question. Lui-même d’abord !

Plusieurs leçons sont à tirer de tout cela :
-Un seul est parfait : Jésus-Christ
-La Parole nous rappelle qu’il est essentiel d’imiter, non la vie, mais la foi de ceux qui nous ont précédé, et de considérer l’issue de leur vie(cf Hébr.13)
Ne soyons donc pas pressés de condamner Richard BORGMAN, même si l’on peut légitimement(« théologiquement » ?)ne pas approuver ses choix.
-Le danger guette chacun de nous(y compris celui qui a écrit un livre sur « l’équilibre… »-voir plus haut)de tomber dans le déséquilibre. C’est l’avertissement donné par l’apôtre Jean, dans sa deuxième épître, à ceux qui « vont plus loin ».
A chacun de s’éprouver soi-même et de discerner qui demeure le centre, le fondement de notre foi et de notre vie. Sachant qu’il n’y a qu’un seul médiateur et que nul ne peut servir deux maîtres sans que l’un d’eux soit trompé(cf 1 Tim.2v5-6, Matt.6v24)
-Il est difficile de se maintenir et de persévérer dans ses propres principes, ou plutôt les principes découverts dans la Parole et que l’on reconnaît pour vrais.
Sachons faire preuve d’humilité et soyons conscients que nous avons tous besoin de la grâce de Dieu.
-Si nous vivons un christianisme bibliquement authentique, fondé sur la Parole, et si nous connaissons intimement Notre Dieu, qui est aussi Notre Père, Saint, lumière, amour, compatissant, alors nous serons « les fils de notre Père », « fils de lumière », « compatissants » et donc « équilibrés », et « en communion les uns avec les autres »(cf 1 Jean 1)
-L’évolution personnelle de l’auteur justifie-t-elle de disqualifier le contenu du livre ? Éprouvons toutes choses, retenons ce qui est bien et abstenons-nous de toute forme de mal, nous dit la Parole de Dieu.

Ceci dit, bonne lecture, car l’ouvrage me paraît digne d’être lu et examiné !

En attendant, avant de débuter « le Royaume équilibré de Dieu », l’auteur recommande de lire les versets-clés de l’ouvrage : Luc 9v10-17(confions notre vie à Jésus et Il saura quoi en faire), Rom.11v33-12v21(la plénitude du Saint-Esprit), Eph.4v7-16 et Matt.11v28-30(qu’est-ce que prendre sur soi « le joug de Jésus-Christ » ? Le joug, c’est l’équilibre !) et Eccl.3v1-14(« un temps pour toutes choses » : soyons pertinents et à propos)

Je publierai quelques extraits qui m’ont paru significatifs dans de prochains billets.

 

Notes :

*BORGMAN, Richard. Le Royaume équilibré de Dieu. Ed. « Le lion et l’agneau », 1995(Malheureusement épuisé)

**Quelques notes bibliographiques à lire ici : http://www.emeth-editions.com/auteurs/borgman/borgman.htm