Interstellar : « la situation est grave et désespérée, mais rassurez-vous, on gère ! »

 

"Interstellar", de Christopher Nolan(2014), avec Matthew McConaughey(sur la photo). "C'est cassé ? T'inquiètes, je gère..." !

« Interstellar », de Christopher Nolan(2014), avec Matthew McConaughey(sur la photo).
« C’est cassé ? T’inquiètes, je gère… » !

Sorti sur les écrans français le 05 novembre 2014(et vu il y a quelques jours), Interstellar est un film de science-fiction réaliste, « dans l’air du temps », pour les thématiques qu’il aborde.

D’abord, le thème de la crise écologique sans précédent que connaît ce futur proche : maltraitée, la Terre « vomit ses habitants » et ne peut plus les nourrir. Les ressources naturelles se raréfient et les céréales( à part le maïs) se meurent. Les hommes tombent malades, victimes d’une poussière persistante et de terribles tempêtes de sable. On pense à une conséquence de la désobéissance et de l’infidélité du peuple de Dieu, décrite dans ces versets de Deutéronome 28v23-24 : « Le ciel sur ta tête sera d’airain, et la terre sous toi sera de fer. L’Éternel enverra pour pluie à ton pays de la poussière et de la poudre ; il en descendra du ciel sur toi jusqu’à ce que tu sois détruit ».

A une époque, on s’en serait pris à Dieu. Ce n’est plus le cas dans le futur d' »Interstellar », où Dieu est le grand absent ou le grand oublié, comme le souligne fort justement Charles Vaugirard, dans son très intéressante critique du film dans « Les Cahiers libres ». On ne semble plus s’occuper de lui, lui préférant un « retour aux sources » ou aux « mythes fondateurs » des Etats-Unis, tels l’esprit du pionnier ou la conquête(de l’Ouest, de l’espace). Le fait que notre bonne vieille planète atteigne ses limites, au point d’en crever et de condamner l’espèce humaine, « ne devrait pas » nous empêcher de pousser les limites(humaines)de l’exploration pour trouver une nouvelle planète habitable(plan A), ou tenter une forme de colonisation s’appuyant sur le développement in vitro d’embryons humains congelés(Plan B). Bref, on n’a donc pas ou plus besoin de Dieu, mais plutôt de la technique, semble-t-il.

De là cet autre thème, abordé « avec intelligence », selon Charles Vaugirard, encore : la question de la place de la technique ou de la technologie.« Est-elle à craindre ? Ou peut-elle contribuer au sauvetage de l’humanité ? ». Une question pertinente, particulièrement aujourd’hui. S’y ajoutent les problématiques de « l’odyssée de l’espèce(humaine)et de l’espace »(dans le sens de trouver un nouvel espace habitable pour l’homme. Ou le dilemme « la Terre, si tu l’aimes, tu la quittes »), de la transmission(« d’une génération à l’autre » en général, et d’un père à sa fille, en particulier. Que léguer, derrière soi ?) et de l’éducation-ici, à visée plutôt utilitariste. En effet, pourquoi apprendre et qu’apprendre, dans un monde condamné, à l’heure où l’urgence est de former des agriculteurs, aux dépends des ingénieurs(et donc des programmes spatiaux), devenus « inutiles » ?

« Interstellar » est donc, pour toutes ces raisons, un film dans « l’air du temps ». Mais c’est aussi un film rassurant, qui nous délivre, en fin de compte, une « vérité bien rassurante » : notre monde est mort, ou en passe de mourir, mais l’homme est tellement intelligent qu’il trouvera une solution. Il s’en sortira toujours, comme le croit le personnage de « Cooper », joué par Matthew McConaughey. Dans le film, la solution est proche de nous, quand « le problème est ailleurs ». Elle est « en nous », voire « nous-mêmes », alors que la Bible affirme que « nous sommes le problème et que la solution vient d’ailleurs », souligne Matthieu Giralt, co-animateur du blogue « Notre église point com », dans une critique complémentaire de celle de Charles Vaugirard.

A propos du problème, il serait pertinent d’en rechercher les causes. Mais Christopher Nolan, le réalisateur, ne veut pas parler de cela. L’important pour le spectateur est de comprendre que la technique est un allié et non un problème(ou en tout cas, responsable du désastre écologique), et que l’on ne pourra faire quoique ce soit sans elle. La technique est au service de l’homme. Les robots(non humanoïdes)sont gentils, bienveillants, et même plus marrants que le sinistre HAL 9000(l’ordinateur fou de « 2001, l’Odyssée de l’espace »). Les robots sont rassurants. L’homme maîtrise. L’homme gère. Dans quel état ? Bien, semble-t-il.

Cette pirouette évoquant une question métaphysique nous permet de soulever que nous sommes également censés voir dans le film une portée « clairement métaphysique »*, selon Matthieu Giralt, co-animateur du blogue « Notre église point com ». « Le contraste entre l’immensité de l’espace et la fragilité de la vie humaine » est censé nous pousser à nous interroger « sur notre place dans le monde ». Mais, constate Matthieu Giralt, « assez paradoxalement, le film ne s’arrête jamais, le temps de réfléchir(…)Toute la dimension métaphysique est presque vidée : toutes les questions[notamment celle de Dieu, ou « des dieux »] ont trouvé leurs réponses ».

En définitive, « Interstellar » est un assez bon film, plutôt réussi(autant les parties intimistes que les parties d’exploration dans l’espace), offrant plusieurs niveaux de lecture et qui nous permet de réfléchir sur pas mal de sujets. A la condition de prêter attention(en sachant les lire et sans se laisser distraire par la mise en scène, la beauté des images, la musique, l’émotion) « aux silences » du film(à l’image du silence dans l’espace ?) : silences à propos de Dieu, ou des causes du désastre écologique…. et à la condition de prêter attention à ce qui est présenté comme normal, banal ou positif. Ainsi, le fameux « plan B », consistant en une forme de colonisation s’appuyant sur le développement in vitro d’embryons humains congelés. Un « plan B » dans l’air du temps, puisque susceptible de donner  naissance à une nouvelle génération…mais de quel ordre ? Avec quels pères et quels repères ?**

 

En bref :

Interstellar
Etats-Unis(2014). Réalisation: Christopher Nolan. Date de sortie: 5 novembre 2014
Avec : Matthew McConaughey (Cooper), Anne Hathaway (Dr Amelia Brand), Michael Caine (Pr Brand), John Lithgow (Donald), Jessica Chastain (Murphy Cooper adulte), Matt Damon (Dr Mann)…
 Durée: 2h50

Bande annonce :

 

Sur le sujet de la Bible, de la création et de l’écologie, voir cet excellent article de « Promesses, revue de réflexion biblique ».

Et si vous voulez de la « métaphysique pour les nuls au cinéma », voir ici : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/28/la-metaphysique-pour-les-nuls-au-cinema/

Notes :

* Parlant d’influences : outre « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Kubrick, je pense aussi à « Solaris »- notamment la version récente, avec Georges Clooney, plus psychanalytique que réellement métaphysique, où l’on cite aussi du « Dylan Thomas ».

** Il était facile de la ressortir, cette formule !

Trois films (sinon rien) pour apprendre à écouter, à regarder, et pour mieux s’engager

Idées subversives subventionnées... (Goodwin/Burr. Economix)

Des idées subversives subventionnées…plein la tête !
(Goodwin/Burr. Economix)

« Ecoutez-moi tous et comprenez… »(Jésus. Marc 7v14)

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende »(Jésus. Matt.11v15)
« Ne jugez pas selon l’apparence mais portez un jugement juste »(Jésus. Jean 7v24)
« Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’ il les connaissait tous. »(Jean 2v24)
« …et que les autres jugent… »(1 Cor.14v29)

 

« On dit encore que la nature, en nous donnant deux oreilles et une seule langue, voulut nous obliger à moins parler pour mieux entendre », selon Plutarque* dans « Comment écouter » (Payot/Rivages poche, 2012. Petite bibliothèque, p17). Le même aurait pu ajouter : « ainsi que deux yeux…pour nous obliger à mieux regarder ».

« Mieux entendre » ou « mieux écouter », comme « mieux regarder », sont autant d’exercices permis par le cinéma en direction d’enfants ou d’ados, mais aussi d’adultes, pour peu que l’on se livre au décryptage adéquat, avec la finalité suivante : mieux réfléchir pour « mieux s’engager ». Car, pour quelles raisons consacrer environ 1h30 à un film, pour que notre temps soit bien employé ?

A quoi rends-tu ton cerveau "disponible" ?

Pour quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ?

Rendre notre cerveau « disponible » ? Ou bien, ou bien… ?

Voici trois films possibles, parmi d’autres, utilisables pour ce type d’exercices :
Un film muet (mais sonore) pour « mieux écouter »(non, non, ce n’est pas une blague) ; un second offrant une multiplicité de points de vue pour « mieux regarder » et un dernier, dont la finalité était de provoquer une réaction de la part du spectateur-pour « mieux s’engager ».

 

Sidewalk stories, de Charles Lane(1989) : un film muet, où l'on n'est pas dispensé d'écouter...

Sidewalk stories, de Charles Lane(1989) : un film muet, où l’on n’est pas dispensé d’écouter…

1)Un événement pour les cinéphiles ou pour les enseignants familiers d’« école et cinéma » : après sa ressortie en salle en version restaurée, en octobre 2013(il est encore visible à l’écran, notamment à Paris), voici enfin la sortie dvd de « Sidewalk stories » de Charles Lane(1989)chez Carlotta**, depuis octobre 2014.

 

L’histoire : Un artiste de rue sans le sou vivant en plein coeur de Manhattan, recueille une petite fille de 2 ans dont le papa est assassiné sous ses yeux. L’adoptant presque malgré lui, il va tenter de prendre soin d’elle et de subvenir à ses besoins, alors qu’il y parvient difficilement pour lui-même.

 

Sidewalk stories : "the artist" et la petite fille

Sidewalk stories : « the artist » et la petite fille

Bien avant « the Artist »(2011) de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, découvrez cet autre « Artist », héros d’un film « moderne », en N & B, « muet », ou plutôt « sans paroles »(sauf à la fin) et sonore. Le parti pris artistique-faire un film « muet et en noir et blanc » en 1989, alors que le son et la couleur sont disponibles-procède d’une intention : transmettre un message à celui qui saura l’entendre. En choisissant de « priver de voix » les protagonistes, Charles Lane tente de nous sensibiliser aux « sans »(abris, argent, voix, considération, dignité…bien avant l’expression des « sans dents » qui a récemment fait polémique)qui ne parviennent pas à se faire entendre, soit ceux que la société n’écoute pas. Mais aussi ne voit pas-ou ne veut pas voir. On pense à cette exhortation, adressée à un roi, dans Proverbes 31v8-9 : « ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice et défends le malheureux et l’indigent. »

 

2) Rashômon*** : « la séance du spectateur »

Réalisé en 1950 par Akira Kurosawa-par ailleurs également réalisateur des « Sept Samouraïs », un véritable « Maître »(à l’instar de John Ford ou de Fritz Lang). Lion d’or à Venise et Oscar du meilleur film étranger, c’est le film qui a fait connaître le cinéma japonais en Occident. Le scénario a été coécrit par Shinob Hashimoto et Akira Kurosawa d’après « Dans le fourré », et « Rashômon », deux nouvelles d’Akutagawa Ryunosuke [IN Rashômon et autre contes. Gallimard/UNESCO, 2000. Connaissance de l’Orient, pp 76-94].

Il est possible de le voir intégralement (en VOST) ici :

L’histoire : Trois hommes, un bonze, un bûcheron et un domestique, surpris par une pluie diluvienne, se mettent à l’abri sous les ruines d’un vieux portique, « Rashômon », dans l’antique Kyoto en proie à la guerre civile. Pour se distraire, ils évoquent un procès au cours duquel ils ont été cités comme témoins. Le bûcheron a découvert dans la forêt le cadavre du samouraï Takehiro qui, voyageant avec son épouse Masago, avait été attaqué par le bandit Tajomaru et lié à un arbre. Après avoir violé sa femme, le bandit libéra le samouraï et le tua en duel.
Un dramatique fait divers, d’une banale simplicité, d’autant plus que  le coupable a été arrêté et condamné. Or, cette affaire n’est simple qu’en apparence, puisque cinq versions nous sont racontées en flash-back successifs.

Qui dit vrai ? Où est la vérité ?

Un procédé novateur pour l’époque(mais mainte fois copié depuis), particulièrement déstabilisant pour le spectateur habitué au fait que tout ce qui est montré est réel (ou que « l’image ne ment pas »), mais invité ici à se questionner sur ce qu’il voit****. Mais le plus intéressant ne me paraît pas dans une démonstration d’un certain relativisme(existe-t-il « une » vérité ? Peut-on jamais la connaître ? etc…), mais plutôt dans le fait que chaque témoin présente une version personnelle du drame, soit celle qui lui est la plus favorable, ou susceptible de le mettre en valeur. Pourquoi témoigne-t-on ? Qu’est-ce qu’être témoin ? D’où ce constat pessimiste du réalisateur sur la nature humaine : « L’Homme est incapable d’être honnête avec lui-même. Il est incapable de parler honnêtement de lui-même sans embellir le tableau. Ce scénario parle de gens comme ça (ce genre d’individus qui ne peuvent survivre sans mentir pour se montrer meilleur qu’ils ne le sont vraiment. Il montre également que ce besoin de faussement se flatter continue même dans la tombe puisque même le personnage mort ne peut s’empêcher de mentir sur lui-même en parlant à travers le médium). L’égoïsme est un péché que l’être humain porte en lui depuis la naissance et c’est le plus difficile à combattre. »*****

Dès lors, le rôle-clé n’est pas « à l’écran », joué par l’un des personnages, mais « hors de l’écran » ou « devant l’écran », interprété par le spectateur qui est invité à être un juge(ou un jury) chargé de discerner le vrai du faux.
De là la transition avec le dernier film :

 
3) 49ème parallèle de Michaël Powell****** ou « L’extension du domaine de la lutte ».
L’histoire : en 1940, six nazis, rescapés d’un équipage de sous-marin qui vient d’être coulé, essaient de traverser le Canada pour rejoindre les Etats-Unis, alors neutres. Sur leur chemin, ils rencontreront certains des habitants, tolérants et bienveillants, mais aussi, surtout, courageux, qui leur opposeront une véritable résistance spirituelle. Car la guerre est avant tout idéologique.

Comment se sentir concerné par un conflit qui paraît tellement lointain ? « Si tu ne viens pas au conflit, le conflit ira à toi », pourrait-on dire.
A la base, un film de commande et « de propagande », réalisé en 1941. Grâce à la persévérance de Michaël Powell, qui avait en vue un projet plus global, autour de la mondialisation du conflit, nous avons échappé à « un long métrage ayant pour toile de fond les techniques de guerre sous-marines ». En effet, le réalisateur souhaitait « faire un film au Canada pour flanquer la frousse aux Américains et les faire entrer en guerre plus vite. » Cela a donné un excellent film à l’angle original, plein de suspens, très moderne et jamais caricatural.

Ecouter ici le superbe thème musical de Ralph Vaughan Williams.

Voir le film, dans son intégralité(VO seulement) ici :

 

 

Notes :

* Pour une fois que nous avons une citation authentique avec auteur ! Le même Plutarque a aussi dit : « Car l’esprit n’est pas comme un vase qu’il ne faille que remplir. À la façon du bois, il a plutôt besoin d’un aliment qui l’échauffe, qui fait naître en lui une impulsion inventive et l’entraîne avidement en direction de la vérité. » (Comment écouter, Rivage poche, p. 67)

** « Sidewalk stories »(USA, 1989). Réalisation : Charles Lane. Scénario : Charles Lane. Musique : Marc Marder.

Avec : Charles Lane (L’Artiste), Nicole Alysia (La Petite Fille). Sandye Wilson (La Jeune Femme) … Noir et Blanc, sonore. Durée : 1h41. Distributeur (reprise) : Carlotta Films. Editeur Vidéo : Carlotta Films. Sortie cinéma France : 18 avril 1990. Sortie cinéma (reprise – version restaurée) : 9 octobre 2013. Sortie DVD / Blu-ray : 8 octobre 2014.

Bonus : Commentaire audio de Charles Lane et Marc Marder
« Vibrations » : entretien exclusif avec Charles Lane et Marc Marder autour du film (HD – 28′)
L’ensemble permet de mieux cerner la nature de Sidewalk Stories, notamment concernant la question des sans-abris, et de leur perception par la société. On y apprend également que le film a été tourné pendant une vague de froid de février en seulement quinze jours, le budget serré ne permettant pas d’offrir le confort de caravanes chauffées.

Court métrage : « A Place In Time » de Charles Lane, la matrice de Sidewalk Stories, réalisée plus de dix ans auparavant (1977 – HD – N&B – 34′)
Bande-annonce 2013 : http://youtu.be/SKixhUj942k

En savoir plus :

http://www.dvdclassik.com/critique/sidewalk-stories-lane

Travailler avec le film dans un cadre pédagogique :
http://www.cinehorloge.fr/IMG/pdf/SIDEWALK_STORIES_dossier_pedagogique.pdf

http://www.etab.ac-caen.fr/apiedu/ecoleetcinema/docs/Cinema-sidewalk_stories.pdf

 

***Rashômon(Japon, 1950)
Réalisation : Akira Kurosawa.
Avec : Toshirô Mifune, Machiko Kyô, Masayuki Mori, Takashi Shimura
N&B, 88 minutes (Edition DVD « films sans frontières », 2006)
Pour aller plus loin :
http://www.cinemalefrance.com/fiches/Rashomon.pdf

http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/rashomon.htm

http://www.dvdclassik.com/critique/rashomon-Kurosawa

**** En comparaison, voir le parti pris du film « Eve »(1950-la même année que Rashômon) de Mankiewickz, où ce qui est montré « est vrai », alors que « ce qui est raconté et non montré est faux ».

***** Akira Kurosawa dans « Comme une autobiographie ». Cité par Christophe Buchet, pour Dvdclassik, dans cette analyse du film.

****** 49ème parallèle(Royaume-Uni, 1941). Réal. Michaël Powell

Avec : Eric Portman, Laurence Olivier, Anton Walbrook, Glynis Johns, Leslie Howard… N&B, 123 minutes

Deux éditions DVD : Carlotta(2013) et Institut Lumière(2006)

En savoir plus :

http://www.dvdclassik.com/critique/le-49eme-parallele-powellhttp://www.critikat.com/dvd-livres/dvd/49e-parallele.html