Comment, pour danah boyd, l’éducation aux médias ainsi (mal) faite peut être dangereuse et contre-productive

La plupart des gens croient que les gens qu’ils connaissent sont crédules face à de fausses informations, mais qu’ils sont eux-mêmes équipés pour séparer le blé de l’ivraie…

L’éducation aux médias, telle qu’elle est pratiquée actuellement, est-elle LA (bonne) solution pour lutter contre la désinformation ?

danah boyd [Prénom et Nom en minuscules], anthropologue et chercheuse chez Microsoft, fondatrice et présidente de Data & Society(1), est intervenue en mars 2018 lors de SWSX EDU à Austin (Texas), où elle y jouait un rôle « provocateur » et de « stimulant du débat ».

Dans sa présentation, elle a invité l’auditoire et les éducateurs en général à « remettre en questions leurs hypothèses sur l’éducation aux médias ». Elle a examiné « l’instabilité de notre écosystème médiatique » aujourd’hui en réseau pour ensuite aborder la question suivante : « vers quel type d’éducation aux médias devrions nous travailler ? »

Sans remettre en cause l’éducation aux médias et le travail des enseignants, qui font ce qu’ils peuvent dans ce domaine, boyd estime que dans le contexte actuel, et ainsi (mal) faite, celle-ci peut être dangereuse et contre-productive. La chercheuse souligne que « l’éducation aux médias est régulièrement proposée comme solution au problème des fausses nouvelles », alors que les enjeux sociaux et politiques sont bien plus vastes et complexes.

Toutefois, elle a admis « ne pas savoir » quel serait « le rôle des éducateurs dans le paysage médiatique contemporain » ou « quel genre d’éducation aux médias a du sens ». Elle a aussi reconnu que certaines de ses approches sont limitées.

Mais comme il lui paraît « injuste de mettre fin à un tel discours sans offrir une voie à suivre », elle nous fait « une supposition éclairée », tout en admettant que « c’est vraiment délicat parce que la plupart des gens aiment suivre leur instinct plus que leur esprit. Personne ne veut entendre qu’ils se font avoir ».

Parmi les pistes préconisées, elle estime « utile d’aider les gens à comprendre leur propre psychologie » en les sensibilisant aux biais cognitifs et à la façon dont ils sont sensibles aux informations (celles acceptées et celles rejetées) ; elle souligne combien il est « important d’aider les étudiants à vraiment apprécier les différences épistémologiques. En d’autres termes, pourquoi les gens de différentes visions du monde interprètent-ils différemment le même contenu ? (….) D’un point de vue éducatif, cela signifie renforcer la capacité d’entendre et d’embrasser véritablement le point de vue de quelqu’un d’autre et d’enseigner aux gens à comprendre le point de vue d’autrui tout en maintenant fermement leur point de vue ». (….)

L’objectif est donc « de comprendre les multiples façons de donner du sens au monde et de s’en servir pour interpréter les médias ». Mais la méthode préconisée a ses limites, de l’aveu de la chercheuse, puisqu’ « apprécier le point de vue de quelqu’un qui est profondément toxique(sic) n’est pas toujours psychologiquement stabilisant » ; et « ce n’est pas parce que vous savez que vous êtes manipulé que vous pouvez y résister ».

Bref, pour danah boyd, dans un paysage médiatique qui va devenir de plus en plus complexe, les éducateurs ont un rôle essentiel à jouer pour aider les individus et les sociétés à (y) naviguer. « Mais la voie à suivre ne consiste pas à croiser les informations ou à apprendre aux gens à évaluer les sources. (…) Nous vivons aujourd’hui dans un monde de réseaux. Nous devons comprendre comment ces réseaux sont entrelacés (….)Par-dessus tout, nous devons reconnaître que l’information peut être, est, et sera, transformée en arme de nouvelles manières ».

Et « tant que nous ne commencerons pas à comprendre (la) réponse (de certains jeunes) à notre société des médias, nous ne serons pas en mesure de produire des interventions responsables (…) Nous devons commencer à élaborer une réponse en réseau à ce paysage en réseau. Et cela commence par la compréhension des différentes façons de construire la connaissance. »

Le défi est de taille pour tous ceux qui ont ou auront une responsabilité éducative, parmi la jeunesse, au sein de la famille, l’école ou l’église, surtout quand les chrétiens ne sont pas toujours « les premiers dans les bonnes oeuvres » dans ce domaine ! Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Quelle est votre approche de l’éducation aux médias ?

Pour découvrir l’intégralité du discours de danah boyd, lire une traduction libre de Lucas Gruez, Doctorant en Sciences de l’information et de la communication,

 

Extraits de l’intervention de danah boyd :

« La désinformation est contextuelle. La plupart des gens croient que les gens qu’ils connaissent sont crédules face à de fausses informations, mais qu’ils sont eux-mêmes équipés pour séparer le blé de l’ivraie. Le sentiment général est que nous pouvons vérifier les faits et modérer notre façon de sortir de ce casse-tête. Cela échouera. N’oubliez pas que pour beaucoup de gens dans ce pays, l’éducation et les médias sont considérés comme l’ennemi – deux institutions qui essaient d’avoir du pouvoir sur la façon dont les gens pensent. Deux institutions qui tentent d’affirmer leur autorité sur l’épistémologie ». (p 5)

« La majorité des Américains ne font pas confiance aux médias. Il y a beaucoup d’explications à cela -perte des informations locales, stimuli financiers, difficulté à faire la distinction entre opinion et reportage, etc. Mais que signifie encourager les gens à critiquer les récits des médias alors qu’ils sont déjà prédisposés contre les médias d’information ? »

 « Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas essayer d’éduquer les gens. Ou que produire des penseurs critiques est intrinsèquement une mauvaise chose. Je ne veux pas d’un monde plein de moutons. Mais je ne veux pas non plus supposer naïvement ce que l’éducation aux médias pourrait faire en réponse à une guerre culturelle déjà en cours. Je veux que nous nous attaquions à la réalité… » (p 7)

 

 

Notes : 

(1) Pour en savoir plus sur cette chercheuse iconoclaste, voir aussi « danah boyd, anthropologue de la génération numérique », sur Le Monde (20/08/14) et « Rencontre avec danah boyd » sur Owni (30/08/10)

« The Bible » : « c’est spirituellement qu’on en juge… »

tout ce qui brille est-il or ?

Tout ce qui brille est-il or ?

La foi, « c’est croire sans voir ». C’est par ce moyen que l’on peut s’approprier la grâce de Dieu, qui seule nous sauve.
Néanmoins, pour faire la critique d’un livre ou d’un film, il est indispensable d’avoir lu ou vu d’abord l’œuvre en question, avant d’en faire une quelconque analyse. Une « évidence » qui ne semble pas partagée par certains, notamment sur la toile et les blogues d’infos. Jugeons-en plutôt avec ce qui suit et tâchons d’en tirer des leçons concernant une certaine éthique ou déontologie nécessaire.

Où l’on retrouve notre bon vieux « débat » : « pertinence » ou « popularité » ?

Voici un billet « plein de colère », à l’approche de Noël, que l’on peut lire sur un blogue « d’actualités chrétiennes ». Non toutefois pas cette colère-là…ou celle du Seigneur Jésus Christ chassant les marchands du temple(Luc 19v45)….Son animateur, Paul Ohlott, « enrage » de ce que le Nouvel Obs, selon lui, « enrage(rait) » face à « l’incroyable succès de The Bible » (c’est le titre de son billet coup de gueule, daté du 8 décembre 2013). « La Bible » ou « The Bible »(à ne pas confondre avec « Ze Bible »), la mini série américaine(que je n’ai pas vu, à part quelques extraits sur internet et que je ne commenterai donc pas), pas la Parole de Dieu écrite.

Paul Ohlott (« Rédaction »),  qui réussit le tour de force de rédiger une « critique »(laquelle est en réalité plus une « critique de la critique  ») sur ce qu’il n’a visiblement pas vu(1), comme il le reconnaît lui-même à demi-mot (les commentaires ci-dessous le prouvent), »enrage » de ce que Marie Lemonnier, journaliste en charge des questions religieuses pour le Nouvel Observateur,  ait jugé mauvais « The Bible », la série, au point d’estimer qu’« il doit falloir être néocréationniste fanatisé ou télévangéliste à paillettes pour réellement goûter le spectacle ».
« Vous savez ainsi ce que vous êtes aux yeux du Nouvel Obs, si vous avez le malheur d’apprécier cette horrible série qui fait la promotion du message biblique ! » [sic-rien moins !] prévient Paul Ohlott en conclusion de son billet.

Mais quel est, en fait, le problème ?

Que l’article de Marie Lemonnier ait le (seul) »défaut » de ne pas reconnaître « l’incroyable succès de la série télévisée « The Bible »(…)la superproduction de Mark Bunett (également producteur des shows « Survivor » ou « The Voice »), qui a cartonné « tout d’abord aux Etats-Unis(…)mais également en Australie, où la série a même battu les records d’audience de la célèbre émission « MasterChef » ?

Au fait, est-il possible d’être évangélique, « né de nouveau » ou même « fondamentaliste » et de trouver(« objectivement ») la série mauvaise ?

Au final, cette « critique de la critique » de Paul Ohlott(qui se contente de reprendre certains termes de l’article de Marie Lemonnier, sans rien apporter de neuf) « n’a d’autre intérêt » que de révéler le manque de rigueur professionnelle de son auteur.

Quel est le problème ?

Une façon de juger sans voir et sur de mauvaises bases, qui peine à convaincre et à faire avancer la réflexion.

Une façon de juger sans voir et sur de mauvaises bases, qui peine à convaincre et à faire avancer la réflexion.

Que, quand il ne lit pas « en diagonale », Paul Ohlott ne fait pas ce qui est le minimum requis pour un journaliste, avant la diffusion d’un programme télévisuel :  le regarder avant de commenter, ce qui lui aurait permis de donner un véritable avis sur une production qui se donne tout de même pour ambition de donner « à voir »(et à comprendre)toute la Bible. Et ce qui lui aurait permis de comprendre enfin qu’une critique négative(surtout si elle est justifiée) d’un mauvais film(surtout s’il est attesté comme tel) n’est pas(forcément) une « attaque » contre la Bible, l’évangile ou les évangéliques. Plus grave et dangereux, Paul Ohlott semble ici défendre « l’idée » que l’essentiel est « l’étiquette »(ici, « série évangélique »), ou même « le succès »(en chiffre d’audience), la popularité, lesquels suffiraient pour donner toute légitimité à une oeuvre, court-circuitant ou décrétant « hérétique »/ »blasphématoire » toute analyse critique du contenu. Un état d’esprit contradictoire avec l’esprit des Béréens cf Actes 17v11(qui ne se sont pas laissés impressionnés par la renommée de Paul et dont la noblesse n’est pas liée à un titre mais à l’attitude), de 1 Cor.14v29(« éprouver les prophéties ») ou même de Deut.13. A noter que l’inverse est vrai : une « mauvaise » étiquette(« de gauche », « catholique »…)suffit à rendre illégitime.

On appréciera d’autant plus, parmi les nombreux commentaires en réaction (plus de 90 à ce jour), certaines interventions pertinentes et intelligentes(par contraste), pour ne pas dire spirituelles(voir « Yves », « Sergio3 », « Bucer », et surtout, « Pneumatis »). Et on se rassurera en se disant que Paul Ohlott n’est heureusement pas représentatif des évangéliques :

Yves
8 décembre 2013 • 12 h 46 min
La critique du Nouvel Obs est sévère mais j’attendrai d’avoir vu un épisode pour juger si elle est pertinente… Vous-même Paul, qu’en avez-vous vu et qu’en pensez-vous ?

o
Rédaction
8 décembre 2013 • 13 h 00 min
Pour ma part, je me moque de la « french manucure » des ongles d’Eve… et les divers extraits m’ont montré une grande qualité. D’ailleurs, à mille lieux du Nouvel OBS, la présentation de Paris Première souligne qu’il s’agit d’un « phénomène télévisuel mondial » qui a été « salué par la critique ». Il n’y a donc pas besoin d’etre « néocréationniste fanatisé ou télévangéliste à paillettes » pour apprécier la série.
o
Yves
9 décembre 2013 • 6 h 44 min
Mais vous ne m’avez pas dit Paul si vous aviez vu la série pour contester la pertinence de la critique de l’Obs, car le seul avis de la chaine qui la diffuse me parait de bien peu d’objectivité…

sergio3
8 décembre 2013 • 17 h 09 min
Le problème des films, c’est que les images s’impriment dans nos mémoires. Il suffit d’une expression du visage ou de quelques mots inventés pour nous donner une autre compréhension de l’Evangile…
Certains chrétiens sont tellement habitués à se gaver de films qu’ils ne réalisent pas le danger.
J’espère que cette superproduction aura un impact positif sur les pécheurs et qu’elle ne fera pas de dégâts dans les rangs de la famille de Dieu.

o
Rédaction
8 décembre 2013 • 21 h 02 min
Un film ne déforme pas plus l’Evangile qu’une prédication. L’un comme l’autre comporte une dimension humaine et se voit transmis par le biais d’un canal humain, par définition imparfait.
.
o
Bucer
9 décembre 2013 • 17 h 02 min
Comment c’était hier soir?
Ma critique, ici:
http://blog-confessant.blogspot.fr/2013/12/la-bible.html
o
Bucer
9 décembre 2013 • 17 h 17 min
Et je dois ajouter que le début est un peu guignolesque avec Noé qui raconte magistralement le récit de la Création dans une arche construite en bois bien poncé acheté chez Casto et où l’une des planches de 2 cm d’épaisseur qui constituent la coque commence à prendre l’eau au point qu’il s’en va retaper un clou pour colmater la brèche. A première vue, l’arche de Aronofsky semble plus solide et ressemble moins à un bâtiment sorti du Monde de Narnia.
C’était là le truc à éviter: ne pas sembler raconter un conte de fées pour grands naïfs. Et je pense que la série (en tout cas les deux premiers épisodes) est tombée en plein dans cette erreur.
Je pensais voir un vrai Abraham ou un vrai Moïse, dans leur vraie vie, avec leurs vraies craintes et leurs vraies appréhensions devant un appel qui les dépasse… mais, hier, je n’ai vu que des anges sortis de Star Wars et des héros sortis d’un nanar et dont on sent bien qu’après le tournage, ils vont aller manger un cheesburger au Mcdo du coin.

Yves
10 décembre 2013 • 7 h 32 min
Merci Bucer. Avec vous on a au moins ici une critique chrétienne sérieuse de quelqu’un qui a réellement vu un épisode, ce qui ne semblait pas le cas de Paul Ohlott dans sa contestation de la critique sévère du nouvelObs….
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 8 h 52 min
La critique de bucer concernant les anges n’a rien de sérieux et je prépare un article a ce sujet, avec extrait vidéo de la série pour ceux qui ne l ont pas vu…
o
Bucer
10 décembre 2013 • 11 h 09 min
Rien de sérieux?
On voit l’ange qui sort deux petites épées de son dos et se met à faire une scène de moine shaolin en démonstration de kung fu à Bercy!
Une vraie niaiserie dont la série n’avait pas besoin.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 20 min
Je suis catholique pratiquant, je suis passionné d’exégèse, et je confirme la critique du Nouvel Obs (et celle ci-dessus de Bucer). J’ai vu les deux premiers épisodes, qui sont une daube monumentale. Cette série n’a rien de biblique, c’est une série d’action qui utilise des images et des références bibliques. La culture et l’esprit de la Bible n’y sont pas. Avoir réussi à faire tout un épisode sur Abraham sans même évoquer l’alliance de la circoncision, c’est quand même du grand art ! Par contre les scènes de bagarre et d’action, ça y va. Comme si c’était l’essentiel. Quant à l’histoire de Moïse, c’est pareil. Là il aurait fallu ouvrir le Livre plutôt que de tenter un remake du film avec Charlton Heston en moins bien. C’est désastreux, et cela induit complètement le spectateur en erreur sur la réception de la Révélation. Que cette série rencontre un tel succès est une vraie tragédie, si vous voulez mon avis, pour ce qui est d’ouvrir l’esprit à l’intelligence des Ecritures (ce qui fut l’oeuvre de Jésus avec ses disciples jusqu’à son Ascension).

o
Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 31 min
C’est intéressant, parce que lorsque je pense à l’histoire d’Abraham, je ne pense absolument pas à la circoncision. Ce n’est pas, personnellement, ce qui me marque dans la vie d’Abraham !
Contrairement à vous, je trouve ça très bien que l’on présente la Bible d’une nouvelle manière, afin d’attirer des gens qui ne s’intéressaient pas à la Bible. En outre, nous avons des représentations conventionnelles de la Bible , qui ne sont absolument pas biblique… et je vais en parler dans un article à propos des Anges.
o
Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 43 min
« C’est intéressant, parce que lorsque je pense à l’histoire d’Abraham, je ne pense absolument pas à la circoncision. » Et demandez-vous pourquoi, alors que c’est le centre de gravité de toute l’histoire d’Abraham, celle dans laquelle s’enracine jusqu’à l’accomplissement par le Christ. Comment voulez-vous comprendre l’étendue de ce que peut signifier « Voici le sang de l’alliance nouvelle et éternelle » si vous ignorez tout de ses racines spirituelles ? Et le problème, c’est qu’il n’est pas question que de la circoncision, mais de l’alliance en général, qui même avec Moïse est passée sous silence. Enfin quoi, retirer l’alliance de l’Ancien Testament, c’est comme retirer la Cène et l’institution de l’eucharistie du Nouveau.
La focalisation sur les batailles et les scènes d’action n’est pas plus dans l’esprit biblique. Et je passe sur des détails qui réitèrent toujours les mêmes images populaires convenues de la Bible , comme le sacrifice d’un Isaac enfant qui, de mémoire, n’avait pas l’air hyper consentant dans la série. Il y a un moment, quand on s’intéresse un peu à la Bible , où il faut mettre à jour ses connaissances. Je ne comprends pas où vous voyez du « nouveau » dans cette présentation des récits bibliques, à part dans les techniques de combat qui sont mises en scènes, et dans les étranges coupes dans le récit.
Et vous voyez, la tragédie est celle-ci : c’est qu’au final, certains arrivent à trouver ça bien. Là où l’Eglise, les chercheurs, les catéchistes (du moins ceux qui sont formés pour ça) essaient de faire avancer un peu la connaissance biblique, cette série fait revenir les gens un siècle en arrière, avec des airs d’actualité. C’est effrayant.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 47 min
Votre vision des choses est très catholique… Non seulement, on n’a pas besoin de mettre l’emphase sur la circoncision pour comprendre le sacrifice du Christ… mais en outre, il n’y a pas lieu non plus de mettre l’emphase sur la Cène … c’est juste un symbole commémoratif. Ce n’est pas le coeur de l’Evangile. Incroyable mais vrai, je me suis converti seul dans ma chambre, loin de la circoncision abrahamique et de l’eucharistie catholique !
Ce genre de séries Tv n’a pas pour objectif d’être un cours théologique, mais de montrer un aperçu du message biblique de manière attrayante pour une génération majoritairement déchristianisée. Ce n’est pas avec les programmes de KTO ou avec le « Jour du Seigneur » que les foules vont s’intéresser à la Bible …
C’est bien d’avoir de la connaissance biblique, mais c’est bien également de créer des supports qui vont se mettre à la portée du grand public. Le jour où l’Eglise le comprendra, elle commencera à communiquer l’Evangile différemment.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 47 min
Et je me permets de vous inviter à lire cette critique constructive de la série, qui parait poser les bonnes questions.
http://www.20minutes.fr/television/1259715-20131205-bible-enfer-scenaristes-tele
Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 50 min
Et croyez-moi, ce n’est pas non plus avec cette série que la jeune génération déchristianisée va s’intéresser à la Bible. Au mieux, elle va s’intéresser à la série (ce qui semble déjà être le cas), ce qui est bien différent. Attention, encore une fois à ne pas confondre cette série et la Bible elle-même, qui en est très éloignée.

o
Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 52 min
Relisez plus posément mon commentaire et essayez de réfléchir aux différentes manières de communiquer la Parole de Dieu. Oui, c’est notamment grâce à ce genre de séries, que certains vont commencer à s’intéresser à la Bible. On attire pas les gens avec des cours de catéchisme. D’ailleurs, c’est comme cela que le Catholicisme a su dégoûter la majorité des jeunes… heureusement que le mouvement évangélique a su développer une approche différente pour communiquer l’Evangile.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 12 h 21 min
Je relis plus posément votre commentaire. Et je sais trouver un juste milieu entre mettre l’emphase sur quelque chose et faire comme si la Bible n’en parlait pas. Et j’espère que vous êtes aussi capable d’envisager un juste milieu entre une catéchèse classique et une série qui trahit le message biblique.
Je suis convaincu que c’est au contraire ce genre de travestissement populaire, qui n’a rien de nouveau, qui a largement contribué au désintérêt pour la Bible. Cette série est de l’anti-évangélisation.

o
Rédaction
10 décembre 2013 • 12 h 24 min
Je ne connais personne qui a été dégoûté de la foi et qui a rejeté Dieu après avoir regardé une série biblique qui n’est pas totalement fidèle au message biblique. En revanche, on ne compte plus les millions de personnes – rien qu’en France – qui ont rejeté Dieu après s’être profondément ennuyés dans les cours de catéchisme…
Et pour rappel, le film  » la Passion du Christ », malgré toutes les critiques, a eu un impact positif sur des millions de gens.
o
Pneumatis
10 décembre 2013 • 12 h 32 min
Très bien. Quant à moi, je ne connais personne qui se soit converti au Christ en s’abrutissant devant une superproduction américaine. Et je suis plus que sceptique quant à la faisabilité.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 12 h 39 min
Soyons honnête… Même si vous ne connaissez personne qui se soit converti par le biais d’un film américain, vous n’en connaissez pas davantage qui se sont éloignés de la foi et de Dieu à cause d’un film biblique américain. En revanche, vous en connaissez beaucoup qui ont rejeté le catholicisme, après avoir suivi le catéchisme, fait la communion, confirmation… pourtant, vous êtes trop attaché à la religiosité catholique pour le reconnaître. Vous préférez critiquer le films américains, plutôt que de critiquer le catholicisme qui s’est embourbé dans une religiosité qui n’a plus rien d’évangélique…
o
Pneumatis
10 décembre 2013 • 13 h 02 min
Des qui se sont éloignés de la foi et de Dieu à cause d’un film biblique américain ? Mais ouvrez les yeux, ça s’appelle le monde d’aujourd’hui, dans lequel plus on passe de temps à s’abrutir devant ce genre de superproduction moins on a de chance, proportionnellement d’avoir envie d’ouvrir un livre… alors de prier, n’en parlons même pas. Pour le reste, je ne rentrerai pas avec vous dans une controverse catho/évangéliques, ce serait glissant. Je suis très nettement favorable au dialogue interreligieux, et sur un tel sujet, il me semblerait mal engagé. J’ai aussi un regard sur l’histoire religieuse, et croyez-moi, je sais l’Eglise largement coupable d’avoir éloigné ses fidèles de la Bible , mais je la sais vivante et pas enfermée dans ses erreurs du passé… Je n’ai pas de temps à perdre dans des combats de chapelles, quand le Christ nous veut unis.
Aussi, je retourne à cette religion qui n’a plus rien d’évangélique, à laquelle je me suis converti à 25 ans, qui m’a appris à aimer le Christ de tout mon coeur, de toute mon âme et de toute ma force, et à aimer les hommes d’un amour semblable. Je retourne à cette religion qui n’a plus rien d’évangélique, mais qui parie sur mon intelligence de la foi, plus que sur mon goût pour le marketing américain, et que je remercie pour cela.
Ceci dit, je peux vous suggérer un prochain article : comment la dernière publicité pour l’offre de Noël sur les abonnements canal+, mettant en scène les rois mages à la crèche s’extasiant devant un écran de télé, contribue à la découverte du nouveau testament par les téléspectateurs. C’est du même acabit.
Bonne journée.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 13 h 27 min
(….)c’est dommage que vous vous soyez converti à la religion catholique et non à Christ. C’est là ce qui nous sépare.

Le mauvais débat : beaucoup de bruit et surtout, beaucoup de fumée. En clair, nocif.

Le mauvais débat : beaucoup de bruit et surtout, beaucoup de fumée. En clair, nocif.

Bref, Paul Ohlott, qui semble se focaliser sur le fait que l’internaute « Pneumatis »(alias Joël Sprung) se soit présenté comme « catholique pratiquant », fait de l’anticatholicisme primaire(alors qu’il sait être « autre » face à des journalistes catholiques ou orthodoxes, lorsqu’il est parfois invité sur Radio Notre Dame pour commenter l’actualité), ignorant que « Pneumatis », bien que non évangélique, et certaines divergences doctrinales mises à part, est un croyant(voir ce portrait). Ce dernier est aussi animateur du blog éponyme(qui est aussi le nom de son association) qui a pour sous-titre : « Pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres (ls 61, 1 ; Lc 4, 18) », et dont le but est de « promouvoir les études bibliques faisant plus particulièrement appel aux racines juives de la foi chrétienne ».
Bref, « ce qui le sépare » de pneumatis n’est pas forcément ce que croit Paul Ohlott.

Paul, écrivant à Timothée, chargeait celui-ci de reprendre certains, qui « égarés dans de vains discours(…)veulent être docteurs de la loi », alors qu' »ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment »(1 Tim.1v6-7).
Ce besoin est toujours d’actualité. Mais où sont les « Timothée » d’aujourd’hui ?

Et le plus beau est toujours à venir : en guise de « réponse », Paul Ohlott choisit de consacrer son billet suivant-qui ressemble plus à une autojustification ou à une diversion-à un énième « débat » sur « le sexe des anges »(dans le genre de celui qui occupa la hiérarchie ecclésiastique durant le siège de Constantinople), ou plutôt sur « les anges-ninjas » à partir d’un extrait vidéo. Choisir de se recentrer sur les anges, mêmes « ninjas » : un choix à la fois artistique et éditorial discutable, mais qui ne mérite pas que l’on s’enfonce dans une énième dispute.

Mais pendant que l’on débat sur le sexe des anges…

 

 

 

Notes :

(1)On appréciera aussi sa « critique » de mauvaise foi de la critique de télérama qu’il juge de… »mauvaise foi » datée du 09 mars 2013, et ce, d’autant plus qu’il n’a pas vu lui-même l’oeuvre en question à l’époque de la critique(datée du 06/03/13).

D’autres critiques intéressantes et pertinentes sur cette série :

Celle de Télérama(datée du 06-07/03/13) et celle-ci.

« Dépendance » ? Mais quelle « dépendance » ?

Enfant avec un ordinateur portable par Alan Toniolo de Carvalho
Où commence la société de dépendance ? Et où s’arrêtera-t-elle ?

Pierre Carles, documentariste et réalisateur, entre autre, de « Fin de concession », constatait, en 2010 : « Ce qui est en train de se mettre en place autour du téléphone portable, des jeux vidéo et d’internet, avec l’état de dépendance que cette industrie génère chez le consommateur, constitue une entreprise d’occupation des esprits à côté de laquelle la télévision à l’ancienne est de la rigolade(…) À mon avis, la critique de l’information telle que nous l’entendons aujourd’hui sera totalement caduque dans dix ou quinze ans. Ce qu’il nous faudra critiquer, demain, c’est la société de la dépendance, celle qui nous rend accro à des jouets superflus pour mieux nous empêcher de réfléchir par nous-mêmes(…)L’iPhone, qu’on le veuille ou non, est une utopie, la promesse d’un monde meilleur où tous les services et les plaisirs seront à portée de main, sans effort, quasi-gratuitement. Un monde meilleur synonyme de sang et de larmes pour la majorité de la population mondiale… Mais nous, qui ne croyons pas en ces utopies bidon, nous ne parvenons pas à fabriquer les nôtres. (…) »

Face à cette société de dépendance, nourrie par la société de consommation (et souvent défendue par les mêmes qui, paradoxalement, parlent « d’assistanat », en réponse à la pauvreté et aux inégalités sociales, comme pour ne pas voir les causes structurelles de telles réalités…), quelle alternative pouvons-nous proposer, nous chrétiens ?

Et comme par un fait exprès, à l’heure où l’on semble incapable de ne pas utiliser son portable, y compris dans les lieux publics, je découvre  justement le fort pertinent « utiliser la Bible comme son portable »(datant d’au moins 2011) : Pouvez-vous imaginer ce qui se passerait si nous traitions la Bible de la même manière que nous traitons notre téléphone portable ? La réponse ici.

De quoi inciter à redécouvrir la révolution technologique la plus audacieuse de tous les temps !