« Foireux liens » de janvier (31) : couvertures médiatiques

Les « Foireux liens » de janvier 2019 : des débats, des interrogations métaphysiques, philosophiques et éthiques…

Janvier se termine avec une nouvelle édition de nos « Foireux liens ». Au menu, des débats, des interrogations métaphysiques, philosophiques et éthiques….Bonnes lectures et bonnes réflexions pour de bonnes actions !

1)En quête avec les mages

 Alors que nous entrons dans une nouvelle année, Philippe Golaz nous invite à faire ensemble un bilan de santé spirituelle. En nous appuyant sur le récit des mages (Mt 2:1-12), voici 4 questions pour commencer la nouvelle année.

2) Pour 2019, acceptons d’être fragiles

Pour le philosophe Olivier Abel, il nous faut sortie de la triple ornière sécuritaire, consumériste et identitaire.

3) 2019, quelle réforme sur la loi de 1905 ?

La loi de 1905 est une loi en 44 articles. Ce sont les articles 18 à 44 qui spécifient le régime des cultes, et qui devraient changer. Au cœur de la réforme proposée par l’exécutif : l’argent. Au final, quels avantages pour une nouvelle forme de contrôle ?

Voir aussi : https://www.lejdd.fr/Politique/laicite-macron-veut-modifier-la-loi-de-1905-et-voici-comment-3793988

4) La question métaphysique du mois : Peut on encore décider et avons nous le libre arbitre ?

« ….puisque l’intelligence artificielle et nos applications qui nous mesurent prennent une importance dans nos choix de vie, peut on encore décider et avons nous le libre arbitre ? Le sujet est subtil car en tant qu’être humain nous pensons maîtriser les choses ».

5)La question métaphysique du mois (bis) : « qui suis-je , » et « qui est Dieu ? »

Ou si dans un mot fléché, on vous demande « Crise d’identité en 5 lettres », essayez « Moïse » !

6) La question philosophique du mois : Que penser de la « violence institutionnelle »? Ou nous faut-il condamner les violences – qu’elles soient « jaunes » ou « bleues » ? Salutaire, quand un supposé « philosophe médiatique »  donne son sentiment sur les émeutes de Gilets jaunes sur Radio classique, le 07/01/19, de la façon sidérante suivante : « que (les policiers) se servent de leurs armes une bonne fois, écoutez, ça suffit ! » et « on a, je crois, la quatrième armée du monde : elle est capable de mettre fin à ces saloperies, faut dire les choses comme elles sont ! »

7) « La République des RIC » ou « Gilets jaunes » et Référendum d’Initiatives Citoyenne

Partie d’une opposition à la taxation des carburants, la protestation des « gilets jaunes » a débouché sur la revendication de référendum d’initiative citoyenne (RIC). Les médias y ont trouvé un nouveau sujet pour nourrir les antennes. Les partis politiques ont approuvé ou réservé leur réponse. Qui oserait dire tout haut qu’il s’oppose à la participation la plus directe, la plus étroite des citoyens à la chose politique ? Nul élu ne s’y aventurerait alors qu’il dépend des électeurs. Ni même les médias, qui voient les citoyens sous l’espèce de consommateurs. On voudrait bien qu’il s’agisse de propositions sincères, reposant sur des conceptions rigoureuses d’un progrès démocratique. On craint qu’il ne s’agisse souvent que d’opportunisme, de concessions pour calmer la protestation, comme autrefois les commissions d’enquête parlementaire. Il ne faudrait pas cependant oublier l’hostilité traditionnelle des républicains français à la procédure référendaire.

8) Grand débat national

La violence constatée en France depuis plusieurs semaines pousse le gouvernement à organiser un grand débat national (le tout premier dans notre pays), dont il a choisi d’imposer les sujets : fiscalités et dépenses publiques, organisation de l’Etat et des services publics, transition écologique, démocratie et citoyenneté. Il se tient du 15 janvier au 15 mars 2019. Cela servira-t-il à quelque chose, vu, comme le précise le porte-parole du gouvernement, qu’il ne s’agira pas « de revenir sur des avancées dans notre droit, que ce soit l’IVG, la peine de mort, le mariage pour tous » ? Et quand, par exemple, le gouvernement « réduit la question environnementale à des choix binaires »A quoi peut bien ressembler « cette liberté d’expression sans expression libre ? » se questionne le CPDH. 

9) Impact sur l’environnement d’un Internet quotidien : des chiffres aux gestes

Depuis une dizaine d’années, les études relatives à l’impact environnemental des technologies numériques de l’information et de la communication se multiplient. Les effets bénéfiques de ces technologies sur l’environnement sont mis en avant, certes, mais plus globalement c’est l’impact négatif qui revient, les effets bénéfiques apparaissant comme particulièrement maigres.

10) Arrêt sur images interpelle la direction de BFMTV

Arrêt sur Images s’est procuré le compte-rendu d’une réunion entre des représentants des journalistes et la direction de BFMTV qui remonte à fin novembre. Les tensions sur la couverture des Gilets jaunes étaient déjà vives, mais les attentes de la rédaction sont restées quasiment lettre morte.

11) Des patients et des soignants furieux de la couverture médiatique de leur journée d’action 

Le 22 janvier, des centaines de soignants de la psychiatrie et des membres d’associations de patients manifestaient à Paris pour demander des moyens et du personnel pour le soin psychiatrique. Cela fait des mois qu’un mouvement social d’ampleur secoue le secteur. Les initiateurs de ce mouvement se disent « furieux du traitement médiatique qui a été réservé à la manifestation nationale » du 22 janvier. Ils regrettent la mise en avant dans les médias de psychiatres partisans d’une psychiatrie centrée sur le médical, les médicaments et les neurosciences alors même que les participants au mouvement privilégient une idée du soin basé sur le lien social. Basta ! publie ici leur tribune.

12) Italie : le techno-populisme au pouvoir

Le Mouvement 5 étoiles, aujourd’hui au pouvoir en Italie, a fait du numérique le cœur de son projet politique, avec la promesse d’émanciper le plus grand nombre grâce aux technologies numériques. Quels sont les ressorts et les limites de ce « digitalisme politique » ?

13) Brésil : la vague réactionnaire. Entretien avec João Sette Whitaker Ferreira ou « Bolsonaro n’est pas un président d’extrême droite », mais….

Absence de culture politique, faiblesse des institutions, poids des inégalités et de la corruption : l’urbaniste João Whitaker expose dans cet entretien les causes de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite au Brésil.« (Bolsonaro) n’a pas de vision politique cohérente. Il porte un projet ultra libéral, car le principal artisan de sa campagne a été Paulo Guedes, un Chicago boy qui est devenu son « super ministre » de l’Économie. Il porte un projet ultra légaliste, car il a nommé Sérgio Moro, le juge responsable de l’opération anti-corruption Lava Jato et de l’emprisonnement de Lula, « super ministre » de la Justice. Et il porte le projet nationaliste et développementaliste des militaires. Ces trois groupes poursuivent des intérêts distincts et en partie contradictoires. Bolsonaro, lui, n’est rien. Il est parvenu au pouvoir grâce à un concours de circonstances et une grande habilité à manipuler. Sans compter la fraude électorale, avec l’achat d’envois massifs de messages sur le réseau social WhatsApp par des entreprises privées ».

14) « Quand Trump débite des âneries pendant le shutdown, ne croyez pas qu’il ne sait pas ce qu’il fait »

Le plus long shutdown* de l’histoire des USA (qui a débuté le 22/12/18) est terminé, au moins pour les trois prochaines semaines. Mais ne nous en méfions pas moins « des contes de fées racontés par de vieux bonhommes », lesquels appellent de leurs voeux une Amérique où tout le monde se débrouillerait avec l’aide du voisin (et où « il n’y aurait qu’à » collaborer avec « son épicier affable » et les banques), mais sûrement pas avec celle du gouvernement fédéral ; des contes de fées illustrant une vision d’un monde « divisé en deux catégories » : d’un côté de l’élite, les «personnes qui font», c’est-à-dire qui travaillent et gagnent bien leur vie, et de l’autre des «personnes qui prennent», comprendre « ces assistés » qui dépendent de l’aide publique pour vivre. 

* « shutdown » ou « fermeture » : mesure prévue par la Constitution américaine lorsque le Congrès ne parvient pas à voter le Budget. Le gouvernement américain est alors en incapacité de payer son administration. Les fonctionnaires « qui ne sont pas essentiels » sont mis au chômage technique et les agences fédérales sont paralysées. Avec des conséquences bien réelles pour de nombreux Américains. Environ 800,000 employés fédéraux se sont retrouvés au chômage technique ou, pour ceux dont le travail est considéré comme essentiel, sont obligés de travailler sans être payés. les principales agences concernées étaient : Département de la Sécurité Intérieure, Département d’Etat, Département de la Justice, Département du Trésor, Département du Commerce, Département du Logement, Département de l’Intérieur, Département des Transports, Département de l’Agriculture, Agence de protection de l’environnement, Food and Drug Administration et NASA. Le président Trump avait réclamé auprès du Congrès (qui a refusé) 5,7 milliards de dollars pour financer sa promesse de mur. 

15) Le Bon combat : Justifications suite à la polémique sur la photo de Marcello Tunasi

Mardi 08 janvier, paraît sur Le Bon Combat un épisode de Coram Deo, intitulé « Le pasteur superstar en question », portant sur « les défis du pasteur qui expérimente succès et célébrité, et sur les défis de celui qui n’expérimente pas ». Cependant,  fallait-il “dépersonnaliser” l’article en y mettant une photo neutre, ou choisir de l’ »incarner” en y plaçant la photo « d’un pasteur objectivement célèbre, puisque le thème du podcast s’étend largement sur la notion de célebrité pastorale » ? Guillaume a « choisi la deuxième option, un procédé courant sur Le Bon Combat (et ailleurs) qui rend les articles “tangibles” pour de nombreux auditeurs », ce qui a fait couler beaucoup d’encre numérique et suscité un certain nombre de réactions que ce le pasteur-théologien blogueur a estimé « disproportionnées ». Ce dernier revient sur cet incident pas si étrange dans un billet aux allures de justification. Car, quoiqu’il en dise (« non, ce n’est pas du clickbait -« piège à clics » ou « appât à clics »- mais de la personnalisation »), ce procédé soulève tout de même un problème éthique de taille, pourtant absent de l’argumentaire de G.B. : Le droit pour chacun au respect de son image, avec la possibilité de s’opposer à être photographié ou à voir sa photo postée sur Internet.

Aux lecteurs de juger…

Aller plus loin : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/09/20/le-pseudonymat-nest-pas-un-anonymat/

Voir aussi l’émission « le Pasteur superstar en question »laquelle m’inspire la réflexion suivante : Sans parler de la remise en question du modèle « pasteur célébrité » (vs « pasteur ordinaire »), ne conviendrait-il pas de s’interroger plutôt sur la tendance des Eglises protestantes et évangéliques à se polariser sur le pasteur comme centre du ministère, contrairement aux idées de bases de la Réforme sur le sacerdoce universel et la diversité des ministères ?

16) La Commission pour la paix des Eglises mennonites de France a préparé un Dossier pour animer un culte « Du bon usage des nouvelles technologies de communication dans la vie de l’Eglise locale ».

17) Cartographie des formes de spiritualités chrétiennes

Olivier Keshvajee, « le théologeek », fait son grand retour dans la blogosphère. Il nous partage notamment une cartographie de formes de spiritualités chrétienne, nous expliquant pourquoi il cherche à la développer, et dans quel état d’esprit il compte l’utiliser. 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en mars.

 

Agressions de Cologne : D’un certain traitement médiatique qui s’appelle « bâtonnage »

Quel devrait être le rôle des médias ? « De rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.

Puisque l’on en parle, la façon dont les médias ont traité « les agressions de Cologne » est, à cet égard, édifiant. En gros, comme le résume assez bien Basta mag, « la police de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne », avait enregistré mardi 5 janvier 2016 « quatre-vingt dix plaintes pour des faits de vols et d’agressions sexuelles, dont une plainte pour viol, perpétrés la nuit de la Saint-Sylvestre. Tous se sont produits sur une place centrale de la ville, entre la cathédrale et la gare. Cette masse d’agressions scandalise l’Allemagne ».

Parmi d’autres médias, Paul Ohlott, le principal animateur et « rédacteur » d’un blogue d’ « Actus chrétiennes », pensait-t-il avoir trouvé un sujet « en béton », bien polémique, propre à provoquer « la baston » ? Le 8 janvier, il publie ce billet intitulé : « Un millier de réfugiés syriens, « tout juste arrivés en Allemagne », ont agressé sexuellement des femmes… ».

Ledit « billet » est en réalité un simple copier-coller d’un article publié sur 20 minutes, dont le titre originel est tout autre : « VIDEO. Agressions sexuelles à Cologne: Des policiers allemands mettent en cause des réfugiés syriens ». Remarquons cette pratique utilisée par Paul Ohlott et que l’on appelle, en jargon du métier, du « bâtonnage » de dépêches. Il s’agit de « l’une des tâches les plus ingrates d’un journaliste », explique Alice Antheaume sur son blog « WIP(« Work In Progress ») : soit de réécrire une dépêche fournie par une agence (type AFP ou Reuters) « en la remaniant à la marge » et, au besoin, en rhabillant les titres…. « Le bâtonnage serait le symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, et, de surcroît, le chemin de croix des «forçats de l’info», ces soi-disant OS de l’Internet qui travaillent sur des sites de presse, des pure-players, mais aussi sur des plates-formes de contenus, comme Orange, Yahoo!News ou Dailymotion, ou pour des agences. On dit «bâtonner de la dépêche» ou «bâtonner» tout court. ».

En gros, « l’info » sur le sujet « d’actu » du jour tombe et « il faut la traiter le plus vite possible ». C’est à dire : copier-coller la dépêche, la toiletter un peu en changeant le titre, et « publier », espérant provoquer le buzz et la polémique. Valeur ajoutée ? Nulle. Or, pour l’essentiel, le contenu quotidien proposé par « Actus chrétiennes » relève justement plus du « bâtonnage » ou du recyclage d’articles provenant d’autres sites(le ton polémique en plus), que d’un véritable travail d’écriture ou d’enquête de terrain.  Le reste étant constitué de billets d’humeur ou « coup de gueule »(qui ne coûtent pas cher) rédigés par Paul Ohlott lui-même.

Mais le plus grave est ailleurs, car en publiant trop vite des affirmations non vérifiées sur le nombre et l’origine des agresseurs, et qui se sont avérées fausses(1), à l’instar d’un grand nombre de médias « non chrétiens », notre « rédacteur » tend le bâton pour se faire battre.

Ainsi, au milieu de plus de 150 commentaires, dont la plupart se passeraient de commentaires, l’internaute Tania réagit (9 janvier 2016 • 19 h 06 min ) : « Bon..ok ..Relisez bien votre titre en gras pour l’article… Ensuite regardez comment votre nez est en train de pousser comme Pinochio….. Euh..sans blague …it’s sure ?:  » Un millier de réfugiés »? .. ont agressé sexuellement. Est-il besoin d’écrire un mensonge (au sujet du millier ayant sexuellement agressé..) pour alourdir une réalité criminelle déjà sordide ? Avez-vous un objectif opportuniste (malsain) derrière ce shmilblick?….Un peu d’objectivité vous redonnerait de votre étoffe de vrai journaliste, pour l’instant vous nagez dans le compromis douteux ».

Mais lui, Rédaction, « voulant se justifier », répond (10 janvier 2016 • 0 h 20 min ) : « Le titre est juste. Il y a eu plus de 300 plaintes en une nuit ».

Ce à quoi réplique Tania (10 janvier 2016 • 7 h 46 min ) : « Le titre est faux : seulement un pourcentage de ces trois cents agressions (très important, certes) concerne des agressions sexuelles. Par ailleurs les informations disent bien qu’il y a un très grand nombres des criminels qui ont été identifiés comme étant des réfugiés syriens mais elles ne disent pas qu’il s’agit d’ « un millier » de réfugiés qui ont commis des viols sexuels sur 300 civils. Vous vous enfoncez comme d’habitude dans votre entêtement ….alors que vous avez clairement tort… » 

Plus exactement, comme nous en informent notamment La Croix, ou encore Basta mag, « selon la police de Cologne, dès 21 h le soir du 31 décembre, plusieurs centaines de personnes, en majorité des hommes, se trouvaient sur cette place du centre de la ville. En partie ivres, ils lançaient pétards et feux d’artifices – qui sont en vente libre et autorisés en Allemagne pour la Saint-Sylvestre. À 23 h, la foule regroupe un millier de fêtards et de badauds. La police est présente sur les lieux. Elle intervient même pour faire évacuer une partie de la place. Mais ce n’est qu’après qu’elle se rend compte des agressions dont ont été victimes, en majorité, des femmes. Les plaintes de femmes agressées, souvent pour des vols de portefeuilles et de portables, commencent à affluer. Dans un communiqué, la police déclare que « les suspects tentaient, par les attouchements, de détourner l’attention des femmes à qui ils étaient en train de voler des objets de valeurs ». Elle fait aussi état de témoignages selon lesquels les agresseurs auraient été d’« apparence nord-africaine ». L’élément a ensuite été repris sans précaution par un grand nombre de médias. Pourtant, mis à part ces suppositions basées sur leur apparence, la police n’a fourni aucun élément officiel sur les agresseurs ». Le mercredi 6 janvier, Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (État-région dans lequel se trouve Cologne) avait indiqué « que la police avait pour l’instant ciblé trois suspects. Aucun élément n’avait pour l’instant été fourni sur leur identité »(2). Mais, relève encore Basta, « depuis que la police a fait état de témoignages selon lesquels les auteurs seraient des hommes « d’apparence nord-africaine », c’est un flot de préjugés racistes qui a pris le relais de l’indignation sur le sort réservé aux femmes ce soir là à Cologne – et à leur quotidien dans l’espace public ».  »

Devant des élus locaux, le ministre de l’Intérieur régional a mis en garde contre une stigmatisation des étrangers : « Stigmatiser un groupe (de population) comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C’est ce que font les charognards de l’extrême droite, c’est leur seul argument ».

Prudence que n’a pas eu le « rédacteur » d’un blogue qui se fait pourtant fort d’offrir des « actus chrétiennes », comme le relève l’internaute Yves (10 janvier 2016 • 10 h 35 min ) : « 300 plaintes ne signifient pas un millier de coupables et un millier de coupables ne sont pas nécessairement un millier de « réfugiés syriens ». Vous aviez le choix d’un titre plus prudent et objectif, ne nous dites pas que ce n’est pas à dessein que vous avez choisi celui-là où je vois très bien votre intention dans la surenchère et l’incitation à la haine. C’est votre responsabilité entière d’en assumer maintenant les appels au pogroms contre les mosquées mais c’est aussi celle de vos lecteurs de vous dire le cas échéant leur dégoût pour un procédé journalistique indigne d’un chrétien et même d’un simple citoyen soucieux de vérité ». Et même d’aller voir ailleurs.

Effectivement. Comme dit l’adage journalistique, « informer, c’est choisir ». Et l’on choisit selon un but bien déterminé. Quel a été celui de « Rédaction » ? Chacun jugera, mais l’on serait en droit de se demander, à l’instar de Titi (8 janvier 2016 • 21 h 44 min ) « quel est le lien entre cet article et le christianisme ». Et de réclamer, si c’était possible : « svp que actu-chrétienne devienne actu-évangélique ». En clair : un site porteur de « bonnes nouvelles »(c’est le sens d’ « évangile ») ou de bonnes nouvelles édifiantes, plutôt que des unes à caractère raciste, racoleur et populiste « pour faire le buzz », ou des publi-reportages et autres divertissements people….(3)
Serait-ce « demain la veille » ? En attendant, en plus d’être bien peu fiable, Actu (vraiment ?) »chrétienne » paraît plutôt représentatif de ce que l’on peut appeler un site « involontairement pédagogique », vu que l’on peut y apprendre tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de déontologie de la presse. Il serait temps que les Evangéliques se montrent beaucoup plus exigeants en matière d’éthique et de déontologie de la presse, et décident de prendre à bras le corps cette problématique relative de ce que seraient des médias sérieux et indépendants, réhabilitant un véritable travail de journaliste. Lequel journaliste jouerait, non un rôle de simple « publiciste » ou d’un organe de presse qui dirait ce qu’il faut penser, mais un rôle de journaliste, soit d’information, d’explication et d’interrogation, à mille lieux d’analyses superficielles et catastrophistes, jouant sur le scandaleux et suscitant une indignation stérile.

 

Notes :

(1)Alors même que la police n’avait, au moment des faits, arrêté que trois suspects sur lesquels elle n’avait communiqué aucun élément officiel.

(2)  Selon La Croix, la presse locale à Cologne a parlé « d’une expédition menée par un groupe de gens cherchant à en découdre avec des étrangers à Cologne après les violences du Nouvel An. Le rapport du ministre est le premier du genre alors que la police locale de Cologne depuis une semaine s’est distinguée par une communication confuse et très parcimonieuse. De nombreuses zones d’ombre demeurent : comment les agressions ont-elles pu prendre une telle ampleur sans que la police n’intervienne alors qu’elle était à proximité ? Pourquoi a-t-elle attendu plusieurs jours avant d’en révéler l’ampleur ? Et les violences étaient-elles planifiées ? »

Voir aussi : http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/11/facebook-les-refugies-syriens-denoncent-les-agressions-cologne-262783

 (3) Si c’était encore « un accident » ! Mais à noter que le 7 décembre 2011, Actu « Chretienne » nous offrait de regarder « un reportage percutant réalisé par CBN News », affirmant qu’à Oslo « 100% des viols » auraient été « commis par des non-norvégiens »(soit « des immigrés » en Norvège). Une « info » à 100 % bidon, par ailleurs abondamment relayée par la plupart des sites d’extrême-droite. A l’époque, il était aussi question de tenter d’expliquer les causes d’une agression (ici l’attentat d’Oslo) par le biais de l’immigration. Une triste impression de déjà vu, à comparer avec http://www.lexpress.fr/actualite/politique/oslo-un-proche-de-le-pen-berne-par-une-fausse-info_1018082.html

 

 

 

 

 

« Foireux liens » de Septembre(11) : notre regard sur les Réfugiés

Sur quoi braquer les projecteurs ? Tel est l'enjeu du journalisme !

Ou comment « les projecteurs » se sont à nouveau « braqués » vers les réfugiés, modifiant en quelques jours une façon de regarder un drame « récent mais pas nouveau »….

« ….l’idée de la souffrance d’un enfant (paraît) monstrueuse. Plus monstrueuse encore que la monstruosité du monde lui-même. Car elle prive le monde de sa seule consolation, et par ce qu’un monde dépourvu de consolation est imaginable, elle est monstrueuse », écrit Paul Auster, dans son « invention de la solitude »*

Une pensée particulièrement d’actualité, comme en témoignent les nombreuses réactions au récent (mais pas nouveau) drame des réfugiés. A ce sujet, la photographie d’un bébé, Aylan Kurdi, ce petit Syrien de trois ans, originaire de Kobané, retrouvé mort sur une plage de Bodrum (Turquie), mercredi 2 septembre 2015, semble avoir servi de « catalyseur », si l’on peut dire, en ce qu’elle « a modifié en l’espace de quelques jours la vision du migrant »[plus exactement, du « réfugié »], selon le blogueur « Zeboute ». Son analyse , sous un angle particulier, est à lire avec attention pour bien comprendre son propos.

D’autres réactions-parmi d’autres, sur la toile-invitent à ce changement de regard sur le réfugié, tout en dénonçant une absence totale de vision :

Pour « Fol Bavard », dans son édito pour « Les Cahiers libres », « Les problèmes liés à l’immigration existent justement parce qu’on a abandonné en cours de route ceux qui auraient dû être accueillis. Avoir peur de voir son identité menacée par un afflux de réfugiés est une peur compréhensible, même si sa légitimité est discutable. Mais le meilleur moyen de faire en sorte de préserver le calme et la beauté de notre culture, c’est de la transmettre. Accueillir les réfugiés, essayer de les comprendre et de les accompagner sur plusieurs années et les aider matériellement si on peut, c’est le meilleur moyen de leur faire aimer la France et de vouloir participer eux aussi à l’embellir.
Personne n’a dit que ce serait facile. Mais un peu de confort contre une vie, ce n’est pas cher payé ».

« Aliocha », dans « Réfugiés : une faillite politico-médiatique française », un billet publié sur son blogue, souligne le contraste entre, d’un côté, « ces images de milliers de réfugiés aux frontières de l’Europe », qui « arrivent par bateau, quand ils ne sont pas morts noyés en route, en camion, en train, à pied », et de l’autre, « la machine médiatique qui diffuse jusqu’à la nausée la photo de l’enfant mort sur la plage[mentionné plus haut] tout en pataugeant dans ses travers ». Et Aliocha de commenter un sondage selon lequel « 55% des français seraient opposés à ce que la France, à l’instar de l’Allemagne, assouplisse les conditions d’octroi du statut de réfugié », tout en étant « favorables aux quotas » : « leur a-t-on donné, aux mystérieux français qui soi-disant nous représentent, cette infographie du Monde, les a-t-on laissés réfléchir plusieurs heures avant de se prononcer ? A l’évidence non, sinon ils n’auraient pas répondu que les pays plus égoïstes que nous doivent prendre leur part, vu que la France fait justement partie des pays qui accordent le moins de réponses positives aux demandes d’asile : entre 9 et 30% contre plus de 75% en Suède, plus de 50% en Italie et entre 30 et 50% en Allemagne et en Grande-Bretagne. En fait, il n’y a personne en Europe de plus « égoïste » que nous…Quand on prend conscience de cela, on songe que ce sondage est terrifiant dans ce qu’il révèle de l’abrutissement politico-médiatique qui nous affecte(…) Faute de discours politique fort de la part d’un pouvoir inspiré, on laisse libre cours aux légendes urbaines du type « la France accueille toute la misère du monde quand les autres ne font rien », légendes qui nourrissent la peur, le repli sur soi et la xénophobie ».

« Le Bon combat » invite, quant à lui, à « agir bibliquement », ou plutôt à « regarder bibliquement » la « crise des migrants » :

A l’instar de Guillaume Bourin, fondateur du blogue, nous abondons « dans le sens » du Conseil National des Evangéliques de France(CNEF), qui, par la voix d’Etienne Lhermenault, « vient de prendre clairement position » sur cette « épineuse question » [voir aussi celle de la Fédération Protestante de France], et ce d’autant plus que nous pouvons effectivement constater « certaines prises de position de plus en plus extrême de certains de nos frères et sœurs »(notamment sur la toile), lesquelles positions banalisent certaines idées ou idéologiques extrêmes.
Dans ce contexte, on saluera l’initiative bienvenue de l’équipe du « Bon Combat » de partager cet article de Dai Hankey (traduit en Français), pour l’instant (et curieusement) très peu commenté, comparé à d’autres articles plus « théologiques ».

L’article, excellent, exprime parfaitement bien ce que nous pouvons tous ressentir et nous renvoie à nos propres limites : comment parler de ce drame ? Et surtout, comment parler, face à ce drame ? A l’instar de l’auteur, poussé à écrire à ce sujet suite à la fameuse photo du petit garçon, nous prenons conscience qu’en fin de compte, nous ne savons « pas quoi dire ». Comme Dai Hankey, nous ne voulons être, ni « une voix de plus au milieu de cette cacophonie d’opinions conflictuelles », ni que nos mots « soient gaspillés ».
Le mieux est d’ « entendre ce que Dieu a à dire sur ce qui se passe », et donc, de « laisser la Bible parler », plutôt que certains démagogues qui ont leur propre tribune médiatique. Laquelle Bible nous rappelle notamment, si on prend le temps de la lire vraiment, que « Dieu est un refuge pour les réfugiés »(Psaume 61v3 et 143v9), qu’Il « est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point de favoritisme et qui ne reçoit point de présent, qui fait droit à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’étranger et lui donne la nourriture et des vêtements ». (Deut.10v17-18 et ss) ; et qu’Il « veut que son peuple offre refuge aux réfugiés » (Deut.24v18-20).
La même Bible nous rappelle que « nous serons jugés selon notre hospitalité », selon les paroles du Seigneur Jésus-Christ en Matt.25v31-46 : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car (…) j’étais étranger, et vous m’avez recueilli(…) Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites ».
De quoi nous interpeller, quand on sait que Jésus a été lui-même en position d’étranger et de réfugié, dans ce monde (Jean 1v10-11) : « Alors que le Fils de Dieu n’était qu’un tout petit enfant, ses parents ont dû fuir en Egypte pour le protéger du régime meurtrier d’un dirigeant tyrannique », relève Dai Hankey, faisant référence à Matthieu 2v13-15.
Que se serait-il passé, lors de la fuite en Egypte, si ce pays avait « fermé ses frontières » au nom d’une certaine idéologie [qui aurait été peut-être jugée « de bon sens » et « courageuse » par certains « journalistes » de l’époque ?] ou selon certains critères statistiques ? Le Fils de Dieu, qui a failli naître dehors, « parce qu’il n’y avait pas de place pour lui dans l’hôtellerie »(Luc 2v7), aurait-il pu être « refoulé » alors qu’il « demandait asile » ?

 

 

 

 

Note :
* citation complète : « Parce que le monde est monstrueux. Parce que le monde ne peut mener un homme qu’au désespoir, un désespoir si total, si absolu, que rien n’ouvrira la porte de cette prison, l’absence de toute espérance, A. s’efforce de regarder à travers les barreaux de sa cellule et découvre une pensée, une seule, qui le console quelque peu : l’image de son fils. Et pas uniquement son fils, mais un fils, une fille, nés de n’importe quel homme ou de n’importe quelle femme.
Parce que le monde est monstrueux. Par ce qu’il ne paraît proposer aucun espoir d’avenir, A. regarde son fils et comprend qu’il ne doit pas se laisser aller au désespoir. Il y a la responsabilité de ce petit être, et par ce qu’il l’a engendré, il ne doit pas désespérer. Minute par minute, heure par heure, lorsqu’il demeure en présence de son fils, attentif à ses besoins, dévoué à cette jeune vie qui constitue une injonction permanente à demeurer dans le présent, il sent s’évanouir son désespoir. Et même si celui-ci persiste, il ne se l’autorise plus.
C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant lui paraît monstrueuse. Plus monstrueuse encore que la monstruosité du monde lui-même.
Car elle prive le monde de sa seule consolation, et par ce qu’un monde dépourvu de consolation est imaginable, elle est monstrueuse ». (Op. cit. Ldp, pp 98-99)

 

« Liberté ! Que de bêtises on peut raconter en ton nom ! »

Que de bêtises, mais aussi d’horreurs….

« Le sage est celui qui connaît ses limites ».

 

Face à certains sujets, dont la délicatesse et la complexité nous rappelleraient presque « le noeud gordien », voire « l’hydre de Lerne », il peut paraître très « simple » (ou « de bons sens ») d’avoir une opinion « franche » et « tranchée ». Mais est-ce si simple ?

Ainsi, entre le piège de la banalisation et celui de la surmédiatisation d’idées nauséabondes et de personnes véhiculant(ou vivant de)ces mêmes idées*, quelle posture choisir ? Faut-il « interdire », sans tomber dans le « deux poids, deux mesures » ?  A moins qu’il ne soit « interdit d’interdire » au nom de « la liberté d’expression » ou du risque de la « victimisation » ?
Car, en France comme ailleurs(les pays dits « libres »), la liberté d’expression est un principe essentiel et sacré : «…l’un des fondements essentiels d’une société démocratique, l’une des conditions primordiales de son progrès et de l’épanouissement de chacun » selon la Cour européenne des droits de l’homme (Handyside contre Royaume-Uni, 1976).

C’est sur cette base que chacun peut librement exprimer une opinion, positive ou négative, sur un sujet mais aussi sur une personne physique ou morale, une institution…**

La liberté d’expression est donc un droit, jugé précieux et sacré.

Mais la liberté totale existe-t-elle ? Un droit est-il absolu ?

Comme tout droit, il est possible d’user d’un droit, mais aussi d’en abuser. Un abus qui peut être sanctionné, au terme de « la théorie de l’abus de droit ».
Notre Déclaration de 1789 précise d’ailleurs dans son article 4 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ».
En clair : « la liberté de chacun s’arrête où finit celle des autres », dans le cas où une personne outrepasserait sa liberté d’expression et nuirait ainsi à une autre**.

Donc, tout droit n’est pas absolu.

Mais puisque l’on parle d’abus ou d’usage abusif d’un droit…ne serait-ce pas plutôt la récente décision du Conseil d’Etat (10/01/14), saisi par l’exécutif, déclarant que l’interdiction d’un spectacle par le préfet de la région Pays de la Loire était légale, qui serait abusive ? Peu pertinente, disproportionnée ?  Faut-il, à l’instar du sociologue et historien Sébastien Fath, s’indigner et dénoncer une « affligeante police de la pensée qui croit qu’en cassant le thermomètre, on détruit la fièvre, au risque de rendre la France entière malade et à bout »?
Car « interdire », n’est-ce pas, au contraire, « promouvoir » les idées nauséabondes que l’on prétend combattre ? ***

A ce sujet, « Thomas More »( « République 1 – Dieudonné 0 ou pourquoi le Conseil d’Etat n’a pas enterré la liberté d’expression », 11 janvier 2014), un blogueur qui traite de questions juridiques et politiques dans une perspective chrétienne(catholique) nous expose « une brève » mais pertinente « synthèse des idées exposées à propos de la première ordonnance du Conseil d’Etat rendue dans cette affaire le 9 janvier 2014 (V. également la deuxième en date du 10 janvier 2014)….Pour faire simple, le juriste blogueur estime que la décision du conseil d’Etat n’est pas un revirement de jurisprudence valant faire-part de décès de la liberté d’expression mais la réponse « la plus sage dans les circonstances présentes qui sont tout à fait particulières ».
Comme il l’explique tout au long de son argumentaire,« il ne me semble pas qu’on soit face à une forme de sanction anticipée de l’infraction, une forme liberticide de prévention. Si l’affaire porte bien sur un spectacle, il ne faudrait pas négliger qu’il s’agit d’une tournée et que le contenu du spectacle est connu. N’en a-t-on pas assez entendu et vu pour juger de la gravité du propos ? Il ne semble pas qu’il s’agisse d’un nouveau spectacle et son contenu est suffisamment scandaleux pour justifier une réaction sans attendre qu’il sorte une nouvelle fois ses horreurs. L’antisémitisme n’est pas une opinion banale, un discours comme les autres. Le caractère tout à fait particulier de l’affaire justifie une solution particulière(…) L’ordonnance ne se saisit pas de Dieudonné comme d’un humoriste banal, dans un spectacle banal, dans un contexte banal. Elle s’empare de son spectacle à l’expérience d’une période très longue, de présence médiatique intense dont il est avéré qu’elle a un contenu très problématique et très constant, au cours de laquelle de nombreuses condamnations pénales ont été prononcées, etc. Nous sommes très loin du traitement d’un dérapage exceptionnel, et très loin aussi du procès d’intention. On peut penser qu’il y a un système, et c’est ce système que le Conseil d’Etat permet d’appréhender ».
Et le juriste de conclure : « Ne jouons pas à nous faire peur ! Qu’est-ce qui est le plus dangereux ? La banalisation du discours antisémite à quelques mois de l’entrée dans le domaine publique de Mein Kampf ? ou une mise en œuvre dans un cas peu banal des pouvoirs de police du maire ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? Celle que nos parents et nous-mêmes avons bâti depuis 1945 ou celle fantasmée par Dieudonné, Soral et consorts ? »

Dans le même esprit, le cardinal André Vingt-Trois sur Radio Notre-Dame, 3 janvier 2014 estime que
« Pour l’affaire Dieudonné, l’intervention de Manuel Valls a eu un effet salutaire dans la mesure où elle fait réfléchir, et il faut faire réfléchir. Car malheureusement l’histoire du XXe siècle a montré que la montée de l’antisémitisme n’est pas une révolution à grand spectacle, c’est une montée progressive, qui passe par des événements, des paroles, des articles, des spectacles… Rien n’est anodin en matière d’antisémitisme, comme pour la xénophobie ou la discrimination religieuse. Il est scandaleux que nous soyons insensibles à la dépréciation progressive des seuils à ne pas franchir. Une culture du respect de l’autre, des autres religions, doit se réimplanter d’une manière forte. Que l’on apprenne aux enfants qu’il y a des choses qui ne se font pas !(…)

L’antisémitisme est un poison, qui n’est pas simplement une agression contre les juifs, mais une agression qui concerne l’humanité entière(…)Et on ne doit pas laisser se développer et se banaliser les caricatures, la dérision, la provocation(…)symptômes d’une société dans laquelle on ne tient plus les seuils de protection, protection de l’identité propre de chacun ».

Il s’agit donc bien d’une question de limites nécessaires. C’est bien parce que a liberté d’expression est précieuse, qu’il importe de donner à  réfléchir sur les conséquences d’une liberté que l’on voudrait « totale » et « absolue », pour ne pas dire « sacrée »****.

Une formule à la Jacques Ellul*****  dirait peut-être que « ce n’est pas l’usage de la liberté d’expression qui asservit, mais le sacré transféré à la liberté d’expression ». On parle alors de « sacro-sainte » liberté (ici, d’expression)….liberté dont le « sacré » exige que l’on lui sacrifie tout ?

Or, faut-il tout sacrifier (la dignité humaine, l’honneur)sur l’autel du « dieu liberté(d’expression) », « Moloch »****** moderne ? Ou sur l’autel de la recherche du buzz(que l’on croit « rentable ») à tout prix ?

Dans ce cas, pour à la fois préserver la (précieuse)liberté d’expression et pour se préserver des abus, pour  se libérer de ce qui asservit, faudra-t-il « profaner » cette sacrée liberté d’expression, en lui ôtant l’aura de sacré qui l’entoure *******, pour mieux y inclure cette prise de conscience : « qui dit grande liberté(ou « grand pouvoir ») dit aussi « grande responsabilité »,   et que « si nous sommes libres de nos choix, nous ne sommes pas libres des conséquences de nos choix » ?

Et nous devons nous préoccuper des conséquences de nos choix, car

« Au jour du jugement, chaque homme aura à rendre compte de toute parole proférée »(Matt.12v36-37)

Etape suivante : la vraie liberté passe par Celui qui seul nous affranchit et peut nous rendre réellement libre(Jean 8v30-36-avec cet avertissement : Jean 5v41-44)

Le mot de la fin ? Laissons-le au  Gorafi :
« Les Français espèrent des chutes de neige prochainement pour aider les médias à parler enfin d’autre chose ».

En effet, il serait temps de parler d’autre chose…Par exemple, de « cette maladie de civilisation » ?

 

 

 

Notes :

* Ainsi, sous couvert de « dénoncer » des idées stupides et nauséabondes, il est possible faire la promotion de ces mêmes idées, via force publications de liens internet ou de liens vidéos, ou de faire la promotion d’autres idées toutes aussi stupides et nauséabondes.  Quand il ne s’agit pas de faire la promotion d’un geste lourd de sens, en croyant le parodier….

** En France, c’est dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui consacre la liberté d’expression(voir l’article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi »http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais….)

Les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme(10 décembre 1948) consacrent eux aussi la liberté d’expression, conjointement à la liberté de conviction et de religion.

Voir http://www.les-infostrateges.com/article/0807342/un-droit-fondamental-la-liberte-d-expression-et-ses-limites ; et http://www.lemondepolitique.fr/cours/libertespubliques/libertes/liberte_expression.htm

*** Une idée en rappelle une autre, mais ce rappel me paraît utile, face à ceux qui plaident, pour les mêmes raisons ou pour d’autres, pour l’abolition des lois dites mémorielles : qui se souvient du décret-loi « Marchandeau »(du nom de celui qui a été Député radical-socialiste de la Marne, maire de Reims,  ministre de la Justice entre novembre 1938 et septembre 1939)portant sur la répression de la diffamation par voie de presse lorsque « la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants » ?

Pour l’anecdote (qui n’est pas un « point de détail de l’histoire »), l’une des premières mesures du régime Vichy, mis en place depuis à peine un mois(Il n’existe plus de Parlement, et les lois l’œuvre du Maréchal Pétain qui, selon l’article 1 § 2 de l’acte constitutionnel n°2 du 11 juillet 1940, exerce le pouvoir législatif, en conseil des ministres), a été d’abroger cette fameuse loi Marchandeau, le 27 août 1940. Sachant que l’armistice avec l’Allemagne, mettant fin officiellement aux hostilités ouvertes par la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, ne sera signé que plus tard,  le 22 juin 1940.
Avec l’abolition du décret-loi Marchandeau, la loi rend libre la tenue de propos racistes ou antisémites, et prononce une amnistie des poursuites. Avec pour conséquences un boulevard pour la propagande xénophobe, raciste et antisémite, et une liberté de la presse au service du racisme et de l’antisémitisme.

Le Journal officiel du 30 août 1940, page 4844, publie la loi du 27 août 1940 portant abrogation du décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse :
« Art. 1°. – Est abrogé le décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les dispositions antérieures des articles précités sont remises en vigueur.

« Art. 2. – Amnistie pleine et entière est accordée, pour tous les faits commis antérieurement à la promulgation de la présente loi, aux délits prévus par les dispositions abrogées par l’article 1° du présent décret ».

****L’on pourrait penser qu’en Eden, Dieu ait dès le départ accordé une liberté totale à l’homme :
« ….L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.(…) L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin…. »(Gen.2v9)

Une liberté assortie toutefois d’un garde-fou : « mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras »(v16-17)
Garde-fou qui a été rapidement violé par l’homme et la femme…tous deux motivés par la volonté d’atteindre le « No limit » (« vous serez comme des dieux »)

***** « Ce n’est pas la technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique » (Ellul, Jacques. Les nouveaux possédés, 1973).

Jacques Ellul(mort en 1994) est un professeur d’histoire du droit, sociologue et théologien protestant français, surtout connu comme penseur de la technique et de l’aliénation au XXe siècle.

****** Moloch, dieu exigeant le sacrifice des enfants.

*******Inspirée d’une citation de Frédéric Rognon, relevée dans le débat « La Décroissance est-elle une hérésie ? » IN La Décroissance, décembre 2013, numéro 105, p15 : « il ne pourra y avoir de libération que si l’on profane la technique, et « que lorsque l’on aura enlevé l’aura de sacré qui entoure la technique. »

Frédéric Rognon est professeur de Philosophie des religions, à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg.

« Guère civil »* : marche sur(les) Rroms

A propos des Rroms : est-il pertinent de jouer les pyromanes ?

A propos des Rroms : est-il pertinent de jouer les pyromanes ?

« Le peuple du pays se livre à la violence, commet des rapines, opprime le malheureux et l’indigent, foule l’étranger contre toute justice. Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas ; mais je n’en trouve point », dit l’Eternel.(Ezech.22v29-30)

La Bible recommande aux Rois (aujourd’hui, on dirait « les chefs d’état » ou « ceux qui gouvernent »)d’« ouvrir la bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés » et d’« ouvrir la bouche, de juger avec justice, et de faire droit à l’affligé et au pauvre. »(Prov.31v8-9)

Certaines bouches-et qui plus est, des élus et représentants de la République-se sont récemment ouvertes à propos des Rroms((« des muets », justement) mais plutôt d’une façon que l’on pourrait qualifier de « décomplexée », pour ne pas dire polémique*.

Et ce, d’autant plus que les Rroms,  « Pauvres parmi les pauvres » et « muets parmi les muets »,  sont des cibles sans risque à une époque où le « parler vrai, sans tabou » est  le « mot magique » propre à faire sauter les digues de la « libre parole », particulièrement « contre » plus faible et vulnérable que soi*.

Le journal CQFD, qui constate avec colère ce « phénomène », fait aussi mine de s’étonner :

« Au fait, il n’y a personne pour protester contre les conditions terrifiantes dans lesquels les Roms sont contraints de vivre et dont les élus locaux sont évidemment complices ? »**

Avant lui, l’Eternel « cherche parmi [ ceux qui se livrent « à la violence », qui « commet des rapines, opprime le malheureux et l’indigent, foule l’étranger contre toute justice » un tel homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche… »(voir notre verset plus haut) Mais Il n’en trouve point ».

On se souvient peut-être de la récente polémique sur la question des Roms, provoquée par les propres propos du ministre de l’intérieur, Manuel Valls, « sur l’incapacité de ces populations à s’intégrer en France ». Propos tenus sur France Inter, lundi 23 septembre 2013 :  «  seule une minorité [des Roms] cherche à s’intégrer  » et que leur « mode de vie » était en « confrontation » avec celui des populations locales. Et que l’on peut réécouter ici.

Pour montrer qu'ils sont "à poigne", certains élus n'hésitent pas à cogner sur les Rroms.

Pour montrer qu’ils sont « à poigne », certains élus n’hésitent pas à cogner sur les Rroms.

Mais contrairement aux nombreuses personnalités politiques qui se sont engouffrées dans la brèche pour instrumentaliser cette question de façon électoraliste*, le défenseur des droits Dominique Baudis s’en est tenu aux faits. Selon lui, la France ne respecte par les règles qu’elle a elle-même dictées dans la circulaire du 26 août 2012 sur le démantèlement des campements.

Mais au-delà de la polémique, de la démagogie et du populisme, surtout à l’approche des élections municipales, il n’est pas interdit de réfléchir. Sur « ce que nous voulons ». Sur ce que nous voulons transmettre à nos enfants, qui vivront dans cet avenir que nous leur auront laissé. Ainsi, est à lire et à partager ce très bel édito paru dans le mensuel « L’âge de faire »*** :

Recréer des espaces de paroles partagées(20 octobre 2013) :
« Beaucoup de colère, et très peu de réflexion. Le traitement du sujet des Roms par la partie la plus en vue du monde politique et des médias flatte nos sentiments négatifs en rejouant le vieux scénario du bouc émissaire. Il exacerbe la colère de ceux qui, vivant près des bidonvilles insalubres et côtoyant chaque jour la misère humaine, se laissent convaincre que les choses iraient mieux si l’Autre allait mendier ailleurs. Il choque aussi ceux qui n’acceptent pas qu’un peuple soit accusé, publiquement et sans discernement, de tous les maux.
La population rom, très visible aux abords de certaines villes, vit dans une telle situation de précarité que ses moyens de subsistance (mendicité, collecte de déchets notamment) posent des problèmes de cohabitation avec la population locale. C’est une réalité, mais cela doit-il faire des 20 000 Roms vivant en France l’un des principaux thèmes du débat national ? On peut se poser la question quand on sait que le pays compte par ailleurs 3 millions de chômeurs, et plus de 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Mais il est plus facile de dresser ces pauvres contre d’autres groupes de population encore plus pauvres, que de leur apporter des éléments de réflexion sur les inégalités subies de part et d’autre. (….) Il est possible de remettre les choses à leur place sans nier les malaises, ni balayer les sentiments de rejet par un discours moral. C’est ce que fait chaque semaine Véronique Decker, directrice d’une école primaire de Bobigny qui accueille une trentaine d’enfants roms, en réunissant ses élèves pour parler des problèmes de la classe.
Il faut que la parole raciste soit dite pour être combattue non par la morale, mais par l’argumentation, nous a-t-elle expliqué. Face au discours sur les Roms « qui ne veulent pas s’intégrer », on peut ainsi rappeler que des mesures transitoires limitent encore leur droit de travailler, et que chaque expulsion remet en cause de laborieux efforts pour la scolarisation des enfants. Remettre les choses à leur place, c’est aussi ce qu’ont fait les adolescents qui ont manifesté contre l’expulsion de Leonarda, rappelant que la jeune fille rom, arrêtée pendant une sortie scolaire, était d’abord une lycéenne comme eux ».

La suite ici.

De quoi nous faire réfléchir, en préparant Noël. En attendant une nouvelle année.

En savoir plus sur les Rroms et savoir faire la différence avec les Gitans, les Gens du voyage :
http://www.le-tigre.net/-Rroms-Gitans-Gens-du-voyage-.html

http://www.youphil.com/fr/article/02230-roms-gitans-manouches-qui-sont-ils?ypcli=ano

Et un Webdocu intitulé « La valse des Roms » (03/10/2013) qui racontent l’histoire de Daniela, Dragomir, Adela et Georges, originaires de Roumanie et vivant depuis dix ans en France. De bidonvilles en hôtels sociaux, ils tentent de s’intégrer, avec des succès et des échecs.

 

 

Notes :
* Notre titre s’inspire de celui de cet article : « Guère civil. Tuez tous les Roms, la République ne les reconnaît pas », de Jean-Baptiste Legars, paru dans CQFD n°115 (octobre 2013) et mis en ligne le 20/11/2013

« Attention, il ne s’agit pas de rapporter ici des conversations de comptoirs, des vociférations de fin de banquet ou des grommellements haineux de réunions du Front national. Non. Ce sont bien des représentants de la classe politique qui, de toutes obédiences confondues ou presque, cautionnent les violences faites aux Roms – quand ils n’appellent pas carrément au lynchage(…)
On se souvient, en septembre 2012, de l’incendie volontaire du camp de Roms situé en bas de la cité des Créneaux, dans les quartiers Nord de Marseille. Les habitants avaient expulsé la cinquantaine de résidents et – en toute simplicité – mis le feu à leurs habitations de fortune. (…)La réaction de Samia Ghali, la sénatrice maire socialiste des 15e et 16e arrondissements de Marseille, avait été des plus complaisantes : « Je ne le condamne pas, je ne le cautionne pas, mais je le comprends, quand les pouvoirs publics n’interviennent plus. » (…)Ne pas condamner un incendie volontaire – qui reste, a priori, un acte illégal(…) n’est-ce pas balancer de l’huile sur le feu ?(…)
Didier Réault, conseiller municipal UMP de Marseille, tweetait le 8 juin dernier : « Bientôt à Marseille #Capelette pour la même action ».  Il faisait référence aux trois cocktails Molotov lancés la veille sur un camp près de Lille, La Capelette étant un quartier abritant l’un des plus grands bidonvilles de Roms de la ville. Mi-septembre, c’est le maire UMP de Croix (Nord) qui assénait, après avoir été interpellé par ses administrés agacés par la présence de Roms : « Si un Croisien commet l’irréparable, je le soutiendrai ».(…)Début juillet, c’est Christian Estrosi, maire UMP de Nice, qui promettait de « mater » les Roms.  Quelques jours plus tard, le 21 juillet, c’est l’inénarrable Gilles Bourdouleix, député-maire UDI de Cholet (Maine-et-Loire), qui marmonnait : « Hitler n’en a peut-être pas tué assez »« en  » signifiant les Roms, bien sûr, pas les députés-maires UDI.

Plus récemment encore, le 12 novembre dernier, lors d’un conseil de Quartier, Luc Jousse, maire UMP de Roquebrune-sur-Argens dans le Var(qui brigue un troisième mandat), avait regretté publiquement que les secours « aient été appelés trop tôt » pour éteindre un incendie qui menaçait un camp de Roms.

Au fait, qu’est-ce qu’un « élu de la république » ? Quel est son rôle ?

** paru dans CQFD n°115 (octobre 2013), rubrique Édito, par l’équipe de CQFD, illustré par Lasserpe. Mis en ligne le 15/10/2013

*** Le mensuel L’âge de faire « témoigne des expériences alternatives en matière de réappropriation de l’économie, de création de lien social, d’écologie et d’engagement citoyen. Son credo : offrir à ses lecteurs des outils qui leur permettront de mettre œuvre leurs idées. Il tire à 30 000 exemplaires, est distribué au niveau national et compte près de 11 000 abonnés.
Fondé en 2005 par l’association L’âge de faire, présidée par Alain Duez, le journal a été repris en septembre 2011 par une Sarl Scop (Société coopérative de production). Les six salariés détiennent la majorité des voix et du capital au sein de l’entreprise. Ils décident ensemble du contenu et de la gestion du journal.
Son indépendance financière (ni subventions, ni publicité) repose sur un mode de diffusion original ».

« Couverture » ou « emballement médiatique » ? « Info » ou « buzz » ?

Je n’aime pas l’expression : « faisons le buzz ! » qui a tendance à remplacer ou à se substituer (voire à se confondre)avec l’action d’ « informer ».

Or, « Buzz »,

Près d'une mouche par Petr Kratochvil

Près d’une mouche par Petr Kratochvil

ou bourdonnement en anglais, « est une technique marketing consistant à faire beaucoup de bruit autour d’un produit afin d’en faire la promotion. Ce genre de technique marketing est facilitée sur Internet, où le bouche à oreille peut parfois fonctionner de manière fulgurante (voire incontrôlée) ». http://dicoblog.canalblog.com/archives/2008/12/01/10873147.html

Un réflexe sain de journaliste consiste, face à n’importe quelle nouvelle, à se demander: «où est l’info?» Et « Pourquoi ça buzze ? »

Marie-Claude Ducas, journaliste, bloggueuse, et auteure, se questionnait ainsi, dans un billet pour son blog : « Quelle place feront les médias à Haïti dans un mois? »

C’était, à l’époque, le 22 janvier 2010.

Parlant du traitement médiatique, elle se demandait « quelle serait la prochaine manchette internationale, et, pour commencer, la première manchette tout court,  à détrôner Haïti ? Et pour ceux qui seraient portés à déplorer, pour cet état de choses, une récente escalade de la part des médias en cette ère d’information continue », elle suggérait de voir ou de revoir

Le traitement médiatique vu par Gotlib ou “le drame du Biafrogallistan”.

Source : Gotlib. « Désamorçage » In  La rubrique à brac tome 4, 1973, PP 64-65.

Doc 1

Doc 1

Doc 2

Doc 2

 

Doc 4

Doc 4

Doc 5

Doc 5

Doc 6

Doc 6

Doc 7

Doc 7

Doc 8

Doc 8

Doc 9

Doc 9

Doc 10

Doc 10

Doc 11

Doc 11

Doc 12

Doc 12

Doc 13

Doc 13

Doc 14

Doc 14

Doc 15

Doc 15

Doc 16

Doc 16

Doc 17 et fin

Doc 17 et fin

Enfin, l’histoire de « Marc L*** »  est devenu un cas d’école, surtout concernant l’histoire du buzz.
Le portrait « Google » peut se lire sur http://www.le-tigre.net/Marc-L.html ; l’analyse de l’auteur du portrait, revenant sur cette affaire : http://www.le-tigre.net/Marc-L-Genese-d-un-buzz-mediatique.html
L’analyse du buzz sur http://internetetopinion.wordpress.com/2009/03/02/le-tigre-marc-l-et-les-moutons/ et sur  http://www.nonfiction.fr/article-2377-marc_l_sur_internet_la_vie_reelle_ne_devient_pas_virtuelle.htm