Enjeux écologiques et climatiques : des ressources pour s’informer, se sensibiliser, réfléchir et agir

Crédits carbone ? Par Andy Singer

Crédits carbone ?
Par Andy Singer

La COP21 s’est terminée vendredi 11 décembre 2015, avec un accord qui a été beaucoup commenté et analysé(1). Mais ce n’est pas une raison pour ne plus reparler d’écologie ou de climat par la suite. L’intérêt de la présente bibliographie – non exhaustive – que nous vous proposons est de vous inviter, non seulement à vous informer, vous sensibiliser, réfléchir aux enjeux écologiques, environnementaux et climatiques, mais aussi de vous inviter à agir de façon cohérente. Son esprit est de vous inviter à considérer les enjeux économiques, sociaux, sociétaux et écologiques de façon non cloisonnés/opposés, mais de manière globale, interdépendante. Car « tout est lié ». D’autre part, il s’agit de vous inviter à un regard biblique de la création, pour une vision juste, vraie, bonne et sage de la création. Le meilleur antidote, selon nous, aux impasses du matérialisme, de l’ utilitarisme et du pragmatisme(2), d’une part, comme aux impasses d’une pensée « néo-païenne » et panthéiste, divinisant la Terre en l’appelant « notre mère ». Enfin, seront privilégiées les contributions protestantes/protestantes évangéliques (sans oublier les catholiques, par exemple), pour rappeler l’intérêt de ces derniers aux questions environnementales, et ce, depuis quarante ans, contrairement à ce qu’une vision caricaturale pourrait laisser entendre.

 

Bibliographie « Ecologie, économie, social et société », évidemment à ne pas lire d’une traite :

1)La source : la Bible. Soit le fondement de toute pensée véritablement écologique, même si là n’est pas son sujet principal. L’occasion de découvrir, notamment, ce qu’ont à nous apprendre le pentateuque, les psaumes, les prophètes Amos, Osée, Esaïe, Jérémie…et le Nouveau Testament, dont les 4 Evangiles, les Actes, Romains, 1-2 Corinthiens, Ephésiens, Jacques….

 

2) Déclarations/confessions de foi :

L’Engagement du cap(2010), un texte important sur l’engagement chrétien dans le monde, dans la lignée des fondements posés par le manifeste de Manille(1989) et la Déclaration de Lausanne(1974)   ;

3ème Déclaration de Chicago(1986) sur l’application de l’enseignement biblique (not. L’Art. XVI) ;

Déclarations de la Fédération Protestante de France (FPF) et de ses partenaires sur les enjeux environnementaux et climatiques.

 

3)Document de synthèse et autres articles :

« La protection de l’environnement dans une perspective chrétienne Pour une éthique de la Création : Bible et écologie », par Frédéric BAUDIN Directeur de Culture Environnement Médias (CEM)

Du même Frédéric BAUDIN : « Bible et écologie, protection de l’environnement et responsabilité chrétienne » IN « La revue Réformée », 2 mars 2005, numéro 232, vol.LVI.

 « Bible, création, écologie », article de Scott Mac CARTY IN « Promesses », revue de réflexion biblique, janvier-mars 2010, numéro 171 (Dossier « Foi et société »)

 

4) De très bonnes Revues, sans pub et au modèle économique original :

« L’Ecologiste »: une revue indépendante et trimestrielle de référence, à découvrir peut-être en priorité pour se tenir informé des grands enjeux de l’écologie. Lancé en 2000, « L’Ecologiste » se présente comme l’édition française de « The Ecologist », revue britannique fondée en 1970.
La revue promeut la mise en place d’une société «stable», considérant que «la société industrielle, le libre-échange, la mondialisation économique et les multinationales engendrent des mécanismes de destruction de la nature et de la société qui s’étendent aujourd’hui à toutes les actions humaines et à la planète elle-même». C’est donc en toute logique que la revue se montre critique envers le développement durable, les OGM, le gaz de schiste, certains « grands projets inutiles »comme l’EPR, l’Aéroport de Notre-Dames-des-Landes ou la construction de nouvelles lignes de TGV….mais aussi contre « le mariage pour tous », en 2013(3).

« La Décroissance » :  « le journal de la joie de vivre » et « premier journal d’écologie politique ». Créée en 2004 par Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, fondateur de « Casseurs de pub », « La Décroissance » est un mensuel critique qui veut incarner un projet d’écologie politique radical, sans compromis ni compromissions, et promouvoir une société basée sur « la décroissance soutenable »(sachant qu’une croissance perpétuelle est illusoire sur une planète aux ressources limitées). Un étonnant journal, particulièrement intransigeant(au risque de demeurer marginal), et qui rend intelligent, offrant débats, chroniques, « coups de gueule », interviews, témoignages, articles de fond, et dessins.

« Silence » : une revue alternative et participative, publiée depuis 1982, donnant toute sa place aux expérimentations écologiques, sociales et non-violentes.

« L’Age de faire » : Sympa mensuel « grand public », paru pour la première fois en octobre 2005 et fondé par l’association « L’âge de faire ». Edité depuis 2011 par une SCOP(Société coopérative de production, sans actionnaires), « L’Age de faire » propose « des outils pour réinventer le monde » : « savoir » et « comprendre », pour « agir », dans les domaines de l’écologie, la citoyenneté et la solidarité, au niveau local comme international.

 

5)Sites et blogues :

Basta mag : média indépendant centré sur l’actualité économique, sociale et environnementale. Un « must » et un modèle du genre, de nature à inspirer des médias chrétiens dignes de ce nom, vu qu’il tient à jouer non « un rôle de simple relais (…) mais un rôle d’information, d’explication et d’interrogation ».  Nous apprécions son refus des cloisonnements des thématiques et la large place accordée à l’enquête, aux reportages de terrain et aux témoignages, avec ce souci d’apporter informations originales et analyses complémentaires sur l’actualité sociale et écologique.

Construire une éthique sociale chrétienne : être chrétien dans la cité – Eveiller les consciences : à l’origine, le blogue perso d’Alain Ledain, dont j’ai eu la joie de faire la connaissance récemment, devenu un site collectif. Une approche pertinente de questions rarement débattues dans le milieu évangélique, à signaler et à encourager.  On y trouve notamment un dossier « foi et écologie ».

Manicore, le site personnel de Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil en organisation, lequel propose services et connaissances dans les domaines de l’énergie et du climat. Riche et pertinent dans son contenu, très pédagogique et non dénué d’humour dans la forme. A noter sa position en faveur de l’option nucléaire, susceptible, selon lui, de réduire l’effet de serre et parce qu’il n’existerait pas d’alternative renouvelable capable de le remplacer….A moins qu’il n’existe d’autres alternatives capables, non de remplacer, mais de réduire le poids du nucléaire ?

Et encore : Reporterre, « le quotidien de l’écologie » dans ses dimensions politique et sociale, avec un espace de tribunes pour réfléchir et débattre.

Sans oublier les sites de Jean Gadrey et Eric Jaffrain, pour d’autres approches de l’économie….

Du côté catholique, trois sites dignes d’intérêt et à suivre :

Eglises & Ecologies(E&E) : un site d’actualité de la prise de conscience écologique chrétienne ; un espace éditorial qui tente de suivre l’actualité des Eglises (et des associations)chrétiennes(dans un sens large : catholique, luthéro-réformée, évangéliques, orthodoxe) en lien avec les thématiques de l’écologie. C’est aussi un lieu riche en ressources dans ce domaine. L’usage du pluriel dans le titre du blogue est significatif : il privilégie une vision non restreinte ou exclusive de « l’Eglise » et de « l’écologie », donnant à voir et à comprendre 1)la diversité des sensibilités chrétiennes et 2)le caractère « pluridisciplinaire » de l’écologie.

Patrice de Plunkett : un catholique et « laïc de base qui se trouve être journaliste »(et par ailleurs, essayiste – auteur notamment de « L’écologie, de la Bible à nos jours » –  et conférencier), comme il le dit lui-même sur son blogue ouvert depuis 2005. Et ledit blogue est à la fois très réactif et très intelligent sur tous les sujets d’actualité ayant un rapport avec la pensée sociale catholique, défendue par son auteur.

Phylloscopus inornatus : le blogue d’un naturaliste catholique. « Parce que ça existe ».

 

 

6)Organisations :

A Rocha : une association qui se donne pour mission de protéger l’environnement dans une perspective chrétienne, mais aussi de sensibiliser le public « aux liens entre les choix de vie et leurs impacts écologiques et planétaires ainsi qu’aux profondes injustices qu’ils accentuent vis-à-vis des populations les plus démunies, et de proposer des alternatives durables et respectueuses tant des hommes que de l’environnement »

Défi Michée : un mouvement mondial chrétiens qui se donne pour mission d’interpeller les gouvernants, quant à la lutte contre la pauvreté et à la justice sociale. Il se veut aussi sensibiliser les chrétiens sur ces questions. Le site ne semble pas mis à jour mais l’on y trouve quantité de ressources intéressantes sur tous les sujets économiques et sociaux, sans oublier l’environnement.

GIEC : le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Réseau Action climat (Fédère des associations engagées dans la lutte contre les changements climatiques. A explorer, son décryptage de la cop 21 : http://macop21.fr/ ).

 

7)Livres :

A lire absolument et prioritairement :

BOOKLESS, Dave. « Dieu, l’écologie et moi ». Je sème, 2014 (dossier Vivre). Selon le directeur théologique d’ A Rocha International, « nous avons mal compris ce que doit être notre relation à la planète. La solution à la crise écologique ne réside pas simplement dans une meilleure technologie et quelques choix politiques difficiles. Cela va beaucoup plus loin : jusqu’au coeur de qui nous sommes. » Une invitation enthousiaste à (re)découvrir le message biblique concernant Dieu, sa création, l’alliance et la place de l’homme en son sein, et une approche théologique audacieuse.

La pollution et la mort de l'homme : un "classique" qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après...

La pollution et la mort de l’homme : un « classique » qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après…

SCHAEFFER, Francis. « La pollution et la mort de l’homme ». BLF, 2015. Une excellente initiative de la part de cet éditeur évangélique que de rééditer l’ouvrage du penseur calviniste Francis Schaeffer, initialement paru chez nous en 1974, et qui fut sans doute l’un des plus vigoureux plaidoyer en faveur d’une saine gestion des ressources et de la protection de la nature dans les milieux protestants évangéliques : comment la foi chrétienne, fondée sur la Bible, bien comprise et vécue avec authenticité, conduit à garder la terre et non à la détruire. Une rare – et très bonne – critique du livre à lire sur ce blogue, avec la nôtre.

OUAKNIN, Marc-Alain. « Zeugma : mémoire biblique et déluge contemporain ». Seuil, 2013(Points Essais). Une réflexion profonde et perspicace sur « l’éthique du futur » -« le principe de responsabilité »- dans le Judaïsme. Et une bonne approche de la pensée d’Hans JONAS, un auteur pas facile d’accès. Analyse ici.

PAPE FRANCOIS. « Laudato si ». Salvator, 2015. Un texte fort pertinent « sur la sauvegarde de la maison commune »(c’est le sens de « écologie »), certes empreint de culture catholique. Il n’empêche qu’il reste à découvrir, d’autant plus que, cette fois, le sujet de l’écologie n’est pas « dillué » au milieu d’autres textes, mais faisant l’objet de toute une encyclique.

Et encore : « Terre créée, terre abîmée, terre promise. Ecologie et théologie en dialogue ». Editions Olivetan, 2014. Une publication qui fait suite au colloque « Terre créée, terre abîmée, terre promise », tenu à l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Paris, les 30 novembre et 1er décembre 2014, à l’initiative de la commission Eglise et société de la Fédération Protestante de France et du réseau Bible et création de l’Eglise protestante unie de France.

Voir aussi :

« Les limites à la croissance (dans un monde fini) », de Donella et Dennis MEADOWS, Jorgen RANDERS. Rue de l’Echiquier, 2012 (Version considérablement affinée du fameux rapport dit du « club de Rome », publié en 1972, mise à jour en 2004 et traduite en français).

 » Printemps silencieux » de Rachel CARSON. Wildproject, 2014(Domaine sauvage). Peut-être le premier avertissement de la crise écologique, et le premier déclencheur du mouvement environnemental, en 1962, année de sortie du livre de la biologiste américaine. L’ouvrage – toujours actuel – qui dénonce les dangers liés aux pesticides, contribua à l’interdiction du DDT aux USA en 1972.

« Renverser nos manières de penser », entretiens avec l’économiste Serge LATOUCHE(Fayard, 2014. Collection « Mille et une nuits »). Un penseur de la Décroissance.

« Nos limites »(Ed. Le Centurion, 2014) de Gaultier BES, Axel Nørgaard ROKVAM et Marianne DURANO(Regard d’une génération sur les évolutions économiques, sociales et sociétales de notre temps. Par des initiateurs du mouvement des « Veilleurs »),

« La reproduction artificielle de l’humain » d’Alexis ESCUDERO (Le Monde à l’envers, 2014),

« Just people », Défi Michée(LLB, 2015) : serions-nous injustes sans le savoir ? Voici un manuel pour sensibliser et inspirer les chrétiens intéressés par la problématique de la pauvreté et de la justice sociale à « vivre justement ». Une remise en question de nos styles de vie dans une perspective biblique.

Si vous avez « la chance » d’en trouver un exemplaire : « le chrétien et les défis de la vie moderne »(T.1). Ed. Sator, 1987, de John STOTT.

« A la reconquête de l’éducation chrétienne » d’Albert GREENE. Ed. ACSI, 2013 (Entre autre, comment un programme éducatif chrétien devrait aussi inclure notamment « création et alliance »)…

Et pourquoi pas, ces romans jeunesse sur l’écologie : 

Bleu toxic, de Christophe Léon. Seuil, 2011. Deux nouvelles évoquant deux catastrophes industrielles vécues par deux adolescents : au Japon, en 1956, dans la baie de Minamata, et en Inde, en 1984, à Bhopal.

Carbon diaries 2015, de Saci Lloyd. Pocket jeunesse, 2012. Réchauffement climatique (Voir aussi, du même auteur, Carbon diaries 2017. Pocket jeunesse, 2013)

Céleste ma planète, de Timothée de Fombelle. Gallimard jeunesse, 2009 (Folio junior). Pollution

Les enquêtes de Logicielle : Cinq degrés de trop, de Christian Grenier. Rageot, 2008. Réchauffement climatique

La Colère des Hérissons, de Jacques Cassabois. Hachette, 2013. Gaz de schiste

Mon père n’est pas un héros : Fukushima, de Christophe Léon. Oskar éditions, 2013 (Court métrage). Nucléaire

Tchernobyl: bienvenue en enfer, de Pascale Perrier et Sylvie Baussier. Oskar jeunesse, 2011 (Histoire & société). Nucléaire

Typos : Fragments de vérité (T. 1 ), de Pierdomenico Baccalario. Flammarion, 2014. En Afrique, un dictateur détruit les champs et les puits, dans le but inavouable d’affamer son peuple pour financer son armée, en détournant l’argent des ONG. Les membres de TYPOS, un journal clandestin, devront mettre à jour ce scandale humanitaire, mais il faudra compter avec K-lab, une redoutable multinationale qui vent du mensonge au plus offrant. Moins réussi, mais sur une thématique essentielle : Typos : poison noir (T.2), de Guido Sgardoli. Flammarion, 2014. Une micro bactérie, appelé le « poison noir » s’attaque aux récoltes, entrainant une crise alimentaire et économique sans précédent. Une puissante société, AgroGen, prétend avoir trouvé un anti-virus….

 

8) BD :

« Tchernobyl, un nuage sans fin », éditée par AFMT (Association Française des Malades de la Tyrroïdes)/MING, 2016

GOODWIN, M. ; BURR, Dan E.. Economix : la première histoire de l’économie en BD. Ed. Les Arènes, 2013

9) Films : « Soleil vert » de Richard Fleischer(1973), avec Charlton Heston(surtout, ne vous faites pas raconter la fin !) ; « Nos enfants nous accuseront » de JP Jaud(2009) ; « solutions locales pour désordre global » de Coline Serreau(200) ; « la planète blanche » de Thierry Piantanida et Thierry Ragobert(2006) ; « le jour d’après » de Roland Emmerich(2004) ; « une vérité qui dérange » de Davis Guggenheim(2006), avec Al Gore ; « le cauchemar de Darwin » de Huber Sauper(2005) ; « Alamar » de Pedro González-Rubio(2009 ; « Même la pluie » d’Icíar Bollaín(2010) ; « The land of hope » de Sono Sion(2010) ;« Colorado », mini-série de John Wilder(1978-79), avec Robert Conrad, Richard Chamberlain…d’après l’oeuvre de James A. Michener….

10)Les grands dossiers, outre le climat, d’après « Bastamag » :

L’agriculture, les OGM, l’enjeu alimentaire et les alternatives au modèle productiviste
L’habitat écologique
La crise financière et ses conséquences sociales
La santé au travail et le management par le stress
Les pratiques sociales et environnementales des entreprises et les alternatives portées par le secteur de l’économie solidaire
Les questions posées par l’émergence de nouvelles technologies : nanomatériaux, nano-aliments, semences de synthèses, transhumanisme…

Sans oublier les questions sociétales : la famille, l’éducation….

 

Notes :

(1) Par exemple, ici : http://macop21.fr/accord-de-paris-sur-le-climat-tout-reste-a-faire-pour-quil-devienne-historique-2/ ; http://www.bastamag.net/A-Paris-les-Etats-s-accordent-pour-sauver-le-climat-mais-ne-precisent-pas ;http://reporterre.net/Climat-qu-y-a-t-il-vraiment-dans-l-accord-de-Paris

(2) « Utilitarisme » : ou comment renoncer à la prudence dans l’action, misant sur un futur hypothétique, en ignorant le présent ; « pragmatisme » : ou l’adieu à la vérité, au profit de la seule expérience. Voir DUFOUR, Dany-Robert. L’individu qui vient…après le libéralisme. Folio, 2015, pp 114-124.

(3) Voir la prise de position du rédacteur en chef Thierry Jaccaud dans son édito intitulé « vérité pour tous ».

COP21 : plus que « 24H chrono » pour aboutir à un accord final ambitieux

COP21 : Obtenir un accord contraignant à l'arraché ? Possible, mais en "24 heures chrono" !

COP21 : Obtenir un accord contraignant à l’arraché ? Possible, mais en « 24 heures chrono » !

Alors que la conférence sur le climat doit s’achever ce samedi, un nouveau brouillon d’accord *a été rendu public le 10 décembre.

« Il s’agit probablement de l’avant-dernière version. Tous les choix déterminants sont encore entre crochets. Nous entrons dans la dernière ligne droite des négociations. La question n’est plus de savoir si la COP21 permettra l’adoption d’un accord universel, mais de savoir si cet accord sera à la hauteur du défi climatique…… », estime le Réseau Action Climat, qui décrypte les enjeux de la conférence climatique sur le site « Ma COP21 ».

Or, les négociations en cours promettent-elles de déboucher sur une issue positive ? Plusieurs en doutent :

« L’enjeu essentiel de la sobriété énergétique » sera-t-il l’ « oublié de la COP 21 ? » se demande l’économiste Jean Gadrey sur son blogue : « Ce serait gros, mais c’est pourtant en cours. Pas si étonnant d’ailleurs … ».

Maxime Combes, pour Basta Mag, relève que « toute référence aux secteurs de l’aviation et du transport maritime, qui constituent presque 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a disparu » de l’actuel brouillon de l’accord. « Au même moment, l’Observatoire européen des entreprises révèle un document interne de la Commission européenne dans lequel elle promet d’éviter « toute mention explicite du commerce » dans le futur accord de Paris. Dit autrement, « même sur une planète morte, le commerce international devra se poursuivre sans entraves ».

Enfin, dans l’attente de cet accord final, une enquête réalisée par Basta !, en partenariat avec « La Revue Dessinée » et la Fondation Sciences Citoyennes**, nous invite à découvrir « ce que préparent les apprentis sorciers du climat » : projets de manipulation délibérée et à grande échelle du climat faisant leur entrée dans les arènes des négociations internationales ; ensemencement des océans avec des millions de tonnes de fer ; pulvérisation d’aérosols soufrés dans la stratosphère…

Est-il encore possible de rectifier le tir ?
Oui, en « 24 heures chrono » ! Mais à la condition que chacune des parties considère que son mode de vie puisse être négociable. Et à la condition de prendre en compte, non pas des intérêts particuliers, mais ceux des populations, surtout ceux des plus vulnérables et des pays menacés, conclue le Réseau Action Climat : « Tous les pays sont responsables de la conclusion de l’accord de Paris : les grands pollueurs doivent arrêter d’entraver la transition énergétique et de prendre en otage la négociation. Les pays qui subissent cette pollution doivent refuser des compromis au rabais et protéger les fonctions vitales qui permettront de progressivement rectifier le tir ».
Mais si la solution est « politique », elle est aussi citoyenne : l’action de la société civile, en cours au Bourget, sera-t-elle suffisante pour réclamer un accord plus ambitieux ?

 

 

 

 

 
Notes :

*Voir aussi l’état des discussions sur http://www.reporterre.net/Le-Journal-de-la-COP-le-texte-en-discussion-ce-vendredi-marque-des-reculs

**A découvrir aussi sur http://sciencescitoyennes.org/
le site très intéressant de La Fondation Sciences Citoyennes (FSC), laquelle prend part aux mobilisations citoyennes autour de la COP21 avec la Coalition Climat 21 dont elle est membre. Dans ce cadre, cette fondation a choisi de travailler sur la question de la manipulation du climat à grande échelle aussi appelée géo-ingénierie afin d’alerter sur les risques majeurs que ces technologies (même « clean ») pourraient impliquer : http://sciencescitoyennes.org/geo-ingenierie/

« Pendant la COP21 »(1) : pour « sauver la Terre », faut-il espérer du « développement durable » et raisonner avec une cervelle de colibri ?

Car, ne l’oublions pas, à la fin de l’édifiante histoire racontée par Pierre Rahbi, la forêt brûle….

L’écologie et les questions relatives aux enjeux climatiques intéressent-ils les évangéliques, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes ? Je serai tenté de répondre « oui », puisque nous bénéficions d’au moins 30 ans de contributions évangéliques sur le sujet*. Mais c’est plutôt la perplexité qui m’emporte, après examen-par contraste-de certains sites ou blogues théologiques actuels, que j’aime parfois consulter, vu que les articles sur la question me paraissent-sauf erreur- plutôt rares, quand ils ne sont pas inexistants.

Sensible aux enjeux écologiques et environnementaux, je suis donc toujours intéressé par toutes les réflexions-surtout quand elles émanent d’évangéliques-sur ce sujet, chaque fois que j’en trouve. C’est ainsi que j’ai lu avec intérêt ce billet publié sur La Rebellution, intitulé : « COP21 et développement durable : Sauvons la planète ? »

J’aimerai « positiver », car cette contribution a au moins le mérite d’exister sur un site de (et pour) jeunes, même si ladite contribution n’a recueilli, à ce jour, aucun commentaire depuis sa publication. Mais je conclurai que l’article m’a malheureusement laissé sur ma faim, me paraissant « pécher » sur trois points, et notamment sur des questions de vocabulaire, présentées comme des évidences.

1)L’article débute par une introduction consacrée à la COP21, avant d’enchaîner avec « le sujet du développement durable », comme si ce concept était à lui seul synonyme de problématique écologique. L’auteur, Nicolas B., souligne que « dans les milieux évangéliques, le sujet du développement durable est abordé avec des pincettes. C’est un sujet parfois mis de côté en soutenant  qu’il y a quand même des choses plus importantes… ». Mais le plus exact serait de dire (et je serai d’accord avec l’auteur sur cette formulation) que les questions environnementales sont abordées « avec des pincettes dans les milieux évangéliques »(ou « certains », « de manière générale » ?), comme s’il y avait « mieux à faire » (Ou pour des raisons idéologiques, ajouterai-je). D’autre part, Nicolas B. relève également à juste titre d’autres extrêmes pour des raisons idéologiques, qu’il s’agisse de dégrader la planète « pour hâter le retour de Jésus » ou « de mettre l’accent d’une manière démesurée sur ce thème ». Ce qui est tout aussi démesuré que de négliger les thématiques environnementales et écologiques.

 2)Nicolas B. retient également l’analyse d’un article de Pierre Barthélémy, découvert sur « passeur de sciences », un des blogs du journal Le Monde, et jugé par lui « très intéressant ». L’auteur, un journaliste, estime que « la Terre a déjà subi tellement de cataclysmes que peu importe ce qui arrive, elle survivra toute seule d’une manière ou d’une autre. En fait, l’Homme, en détruisant son habitat est en train de s’autodétruire ». Pour Francis Schaeffer, dans « la pollution et la mort de l’homme »(Réédition BLF, 2015-nous en parlerons bientôt), c’est là une vision purement « pragmatique et égoïste » : la terre, création de Dieu, a une valeur en elle-même, et ne saurait être « une chose » aux ressources illimitées que l’on pourrait exploiter à sa guise. « L’Eglise devrait refuser aux hommes le droit de violer notre terre, comme on leur refuse le droit de violer nos femmes », ajoute crûment Francis Schaeffer(op. cit., p80, 87).

Or, sans expliquer pourquoi, Nicolas B. juge que « cette manière de penser » (est-elle biblique ?) du journaliste serait de nature à « recentrer le débat » (et sur quoi, d’ailleurs ?), et susceptible de « changer notre engagement envers le développement durable ». Mais envers le développement durable, ou envers la planète ? Il ne s’agit pas de confondre, mais de bien comprendre de quoi l’on parle. Qu’est-ce que « le développement durable » ?

Le développement durable est un concept présenté comme une réponse au défi de trouver dès aujourd’hui des solutions agricoles, industrielles et urbaines, susceptibles de nuire le moins possible à l’environnement, tout en permettant de nourrir et d’abriter au mieux le plus grand nombre d’individus. Et ce, bien entendu, sans freiner le progrès économique, technologique, et scientifique. Cette expression forgée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature(IUCN) en 1980 (traduction maladroite de « Sustainable development » ou « développement soutenable ») est entrée dans le vocabulaire courant lorsque fut publié le rapport** de Mme Brundtland en 1987, qui était à l’époque Premier ministre de Norvège et Présidente de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Ledit rapport précise que le développement actuel doit aussi permettre aux générations futures de vivre dans des conditions de confort optimales. Il a été popularisé lors du Sommet de la Terre de Rio, en juin 1992.

Frédéric Baudin, directeur de « Culture Environnement Médias » (CEM : association « ancrée dans le protestantisme », qui a pour objet de promouvoir les valeurs chrétiennes dans les domaines de la culture, de l’environnement et des média) et auteur d’un document important (« La protection de l’environnement dans une perspective chrétienne. Pour une éthique de la Création : Bible et écologie »)estime que ce concept de développement durable pose un problème de cohérence : « l’idéal ainsi défini et les ambitions sont élevés, mais ils sont contrariés par les appétits humains les plus irrationnels et les moins maîtrisables » dénoncés dans la Bible »(op. cit., p 16). Je rajouterai également que le concept « développement durable » se heurte à une contradiction entre les rapports entre « développement » et « environnement », lesquels  renvoient à ceux, non moins problématiques, entre l’économie et l’écologie.

Comme mentionné plus haut, l’expression française « développement durable » est un dérivé(une dérive ?) de la version anglaise « développement soutenable » : « soutenable » renvoit aux capacités limitées de la Terre, tandis que « durable » est signe qu’un développement peut durer. Mais jusqu’à quel point ?

Est-il possible de prétendre atteindre un développement illimité dans un monde limité, aux ressources non moins limitées ? Est-il « souhaitable », « soutenable » de faire de l’économie (qui ne devrait être qu’un moyen) une fin en soi ?

Le développement durable serait-il alors « une imposture » ?

Certains le croient***. Il est temps pour les chrétiens évangéliques de s’arrêter pour réfléchir, pour évaluer la pertinence de ce qui pourrait bien être un mythe moderne.

3) En fin de compte, la réponse serait-elle dans « la sagesse (ou « l’espérance ») du colibri », récemment mise en avant par la commission d’éthique protestante évangélique, partenaire du CNEF ?

Au passage, le texte de la Commission éthique sur l’environnement et le climat est globalement très bon, soulevant bien le problème et les enjeux. Il souligne notamment avec justesse que « tout est lié », dans le sens d’une interdépendance des questions climatiques avec de nombreux autres aspects, conduisant à une réflexion plus globale susceptible d’ouvrir bien des horizons (y compris pour le comportement de chacun). Le lien est fait avec la responsabilité et la mission de l’Eglise, dans la proclamation et l’affirmation de l’Evangile.

Or, déclare Luc Olekhnovitch : « Face à l’énormité des problèmes écologiques et humains, ne nous résignons pas mais faisons notre part, c’est l’espérance du colibri, en attendant la venue de notre Seigneur qui établira une nouvelle terre où la justice habitera. »

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette fable amérindienne, racontée par Pierre Rhabi, fondateur(2007) du mouvement…« Les Colibris », justement, voici de quoi il s’agit : « un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou tatillon, et agacé par cette agitation dérisoire lui dit : « hé, colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! ». Et le colibri lui répondit : « je le sais, mais je fais ma part. »

Tout cela est très joli, bien gentil et… « très sage », effectivement. Mais la parabole reste limitée.

A ce sujet, Frédéric Baudin déploreop. cit. p 38) que « nous nous contentons souvent de mesures « écologiques » individuelles [ « la goutte d’eau » du colibris-soit «faire notre part »] pour continuer à vivre de la même façon, tout en nous donnant bonne conscience. Nous sommes ainsi inondés de bons conseils visant à préserver notre environnement : fermer le robinet lorsqu’on se lave les dents, éteindre les lumières inutiles, préférer les douches aux bains, isoler nos maisons, etc. Toutes ces mesures, utiles et efficaces si l’on considère qu’elles ont un impact lorsqu’elles sont multipliées à l’échelle d’une population tout entière, restent toutefois superficielles sur le fond : elles semblent nous dispenser de choisir un autre mode de vie, plus respectueux des limites de notre planète, de ce qui la peuple et la compose, de l’être humain même. Ce sont des mesures en trompe-l’œil, sans relief, limitées à la dimension de l’homme et orientées vers lui seul »***.

Et il n’a échappé à personne que les petites gouttes d’eau que le gentil colibri dépose avec son bec n’y font rien, puisqu’à la fin, la forêt brûle…..

La légende pourrait avoir la suite suivante**** : alors arriva devant colibri, l’escargot qui lui tint à peu près ce langage : « dis donc colibri, comme disait Héraclite d’Ephèse, il faut mieux éteindre la démesure plus que l’incendie ! ». « Mais qu’est-ce que cela veut dire », demanda le colibri interdit ? « Cela veut dire que les solutions sont certes individuelles, mais aussi collectives, et qu’à le négliger on fait le jeu de l’individualisme forcené qui est justement la cause de l’incendie », répondit l’escargot. « Que faire, alors ? » demanda le colibri. « Eh bien, on pourrait s’arrêter pour réfléchir et ne pas réagir de manière impulsive…et faire appel à tous les animaux, qui pourraient, par exemple, faire la chaîne avec des seaux… » Et sans oublier de prévenir tout risque d’incendie à l’avenir.

A vous d’écrire la suite !

Conclusion provisoire :

Bref, au-delà de l’action « du » chrétien, de façon personnelle et individuelle***** (il faut effectivement bien commencer), il importe avant tout de penser « le témoignage » et l’action sur un plan global, collectif, communautaire, comme nous y invite le modèle du corps de Christ (cf 1 Cor.1214, Eph.4-6, Rom.12). Et, surtout, de penser de manière interdépendante, puisque tout est lié. C’est ainsi que nos actions paraîtront moins dérisoires.

 

Notes :

* Une bibliographie est prévue, prochainement. A noter que « La Terre, je gère » a été le thème de l’édition 2011 du grand rassemblement évangélique de Lognes(2000 personnes, cette année). De l’aveu des organisateurs à l’ouverture du colloque, à l’époque : « Écologie, environnement, développement durable » sont autant de questions qui prennent une importance croissante dans le débat public, mais qui restent peu abordées dans notre milieu évangélique francophone ». De fait, si des associations évangéliques (comme A Rocha France-qui organise une grande journée le 5 décembre prochain -avec le pasteur Frédéric Baudin) sont engagées sur le terrain en faveur de l’environnement, la théologie évangélique se fait jusqu’à présent peu entendre sur les questions d’écologie. Et maintenant ?

** Voir https://fr.wikisource.org/wiki/Notre_avenir_%C3%A0_tous_-_Rapport_Brundtland ou http://wwwv1.agora21.org/dd.html

*** Voir :

Christine Partoune, Michel Ericx, « Le développement durable – analyse critique », in « Diversité culturelle », répertoire d’outils créés par les formateurs de l’Institut d’Eco-Pédagogie (IEP), actualisé en septembre 2011 URL : http://www.institut-eco-pedagogie.be/spip/?article59

« Le Mythe du développement durable », un article de Florence Rodhain et Claude Llena, publié dans la revue Entropia, en janvier-février 2006 : http://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/pre_ventique_RodhainLlena.pdf

Le site du réseau ACDD, qui rassemble des chercheurs et acteurs ayant une approche critique du développement durable / ville durable : http://www.reseaucritiquesdeveloppementdurable.fr/axe-5-durabilite-techniciste/presentation-2

Un hors-série d’Alternatives économiques consacré au « développement durable » (http://www.alternatives-economiques.fr/les-critiques-de-la-croissance-et-le-developpement-durable_fr_art_339_27569.html )

Latouche Serge, « L’imposture du développement durable ou les habits neufs du développement. », Mondes en développement 1/2003 (no 121) , p. 23-30 URL : www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2003-1-page-23.htm. DOI : 10.3917/med.121.0023.

« Comment peut-on encore croire au développement durable ? » Le débat du mensuel « La Décroissance », novembre 2015, numéro 124, pp 18-19

*** comme le relève le journaliste et éditeur Pierre Thiesset : « Paradoxalement, le changement collectif, la solidarité procéderaient donc de l’addition d’une multitude de choix individuels(…), d’une juxtaposition de comportements atomisés, et non plus d’un élan national… ». Et il n’y aurait plus de société, « seulement des individus qui font des petits gestes ». Ce n’est sans doute « pas un hasard si la rhétorique de Pierre Rabhi rencontre un tel succès à la fois dans les rangs d’écolos sincères, mais aussi auprès (…) de publicitaires comme Séguéla ou de libéraux trans-humanistes comme Attali, qui tous l’écoutent avec bienveillance…. »(La Décroissance de novembre 2014. Relayé ici)

Du même Pierre Thiesset, interviewé par Mahaut Herrmann, pour la revue « Limite » : « Il y a un risque à tout miser sur les petits gestes individuels et la construction d’alternatives « par en bas ». Bien sûr, il est indispensable d’opter pour la simplicité volontaire, d’effectuer un travail sur soi et de chercher à construire des rapports sociaux libérés de la marchandise, ici et maintenant, si l’on désire vraiment se défaire de l’emprise de l’économie et de la technique sur nos vies. Mais, comme l’écrit Harald Welzer dans son livre Les Guerres du climat, « il est politiquement irresponsable de donner l’impression qu’on pourrait résoudre par des précautions prises individuellement des problèmes qui sont dus au principe économique de la croissance par exploitation des ressources ». Le mot d’ordre des Colibris, du « chacun fait sa part », peut parfaitement se couler dans l’idéologie libérale actuelle : comme s’il n’y avait pas de société, comme s’il suffisait de changer les comportements de consommateurs atomisés pour lutter contre le changement climatique. Pour prendre un exemple parlant : ce n’est pas parce que 200 000 personnes achètent un panier dans une Amap pendant que 98 % de la population s’alimente en grande distribution que cela ressuscitera la paysannerie, aujourd’hui laminée….».

**** Suite imaginée par le mensuel « La Décroissance », dans une BD intitulée « Colibri le décroissant » (Numéro de février 2014n 106, pp 10-11)

*****  Voir une très intéressante discussion entre un internaute, le blogueur « Tribonien » et Philippe Viguier, co-auteur de « L’Evangile et le citoyen » (Ed. Clé) en commentaire de cet article paru sur Le Bon Combat : http://leboncombat.fr/comment-etre-a-la-fois-chretien-et-citoyen/

 

 

 

 

 

 

« En attendant la COP21″(3). Marches pour le climat interdites : mauvais signal ?

"Non" aux manifestations prévues pour le climat ? Les organisateurs devront faire preuve de créativité pour trouver des alternatives...

« Non » aux manifestations prévues pour le climat ?
Les organisateurs devront faire preuve de créativité pour trouver des alternatives…

La COP21 débute ce dimanche 30 novembre. Or, suite aux attentats du 13/11 et pour des raisons de sécurité, les principales manifestations pour le climat-dont les marches prévues pour les 28 et 29/11-ont été interdites à Paris, mais aussi dans d’autres villes de France.

Autant de « mauvais signaux » pour l’issue de la COP21 et ce, avant même qu’elle n’ait commencé ? « Les intérêts particuliers » l’emporteront-t-ils « sur le bien commun », conduisant « à manipuler l’information pour protéger leurs projets », comme le redoute le Pape François ?

Car, pour qu’il y ait un accord « réel »(c’est à dire, « réellement » contraignant), une mobilisation de centaines de milliers de personnes dans les rues reste nécessaire, pour exercer « une saine pression » sur les décideurs réunis pour la conférence, souligne Patrice de Plunkett sur son blogue. Point de vue partagé par Steve Tanner, directeur d’A Rocha Suisse(ONG évangélique de préservation de l’environnement), qui déclare : «Plutôt que de considérer la question à l’échelle de la planète, les dirigeants protègent des intérêts particuliers, ce qui bloque les négociations. C’est à la rue de manifester et d’exiger la solidarité nécessaire de la part de leurs dirigeants».

Des alternatives pour le climat, pour sensibiliser et peser sur les décideurs...

Des alternatives pour le climat, pour sensibiliser et peser sur les décideurs…

En attendant, d’autres stratégies alternatives se mettent en place. En voici quelques-unes, présentées par :

-La coalition Climat 21, qui présente ici son nouveau « plan de mobilisation » ;

A Rocha France, qui encourage la poursuite de la mobilisation pour le climat, et maintient sa journée du 5 décembre, à Paris 8e-« une réponse chrétienne au changement climatique ». Réservation en ligne indispensable.

Et n’oublions pas le jeûne pour le climat, prévu le 1er décembre.

 

« En attendant la COP21 »(1) : « Rendez-vous, rendez-vous, rendez-vous…. »

COP21 : pour relever le défi climatique, une nouvelle conférence (par Ben Jennings. Dessin paru dans The Guardian)

COP21 : pour relever le défi climatique, une nouvelle conférence (par Ben Jennings. Dessin paru dans The Guardian)

Il ne vous reste plus que quelques mois avant la fin 2015, « année du climat », pour apporter votre contribution !

Beaucoup de rendez-vous sont à noter, courant novembre-décembre, concernant l’enjeu sur le climat. Mais je retiendrai, parmi d’autres :

30 novembre-11 décembre : la fameuse COP21, au Bourget, à Paris (Sites officiels : cop21.gouv.fr/ et cop21paris.org/fr ). Ou la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21/CMP11), que la France accueille et préside, du 30 novembre au 11 décembre 2015. Une « échéance cruciale » puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous, pour maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2°C.

Cette conférence tiendra-t-elle ses promesses ? Beaucoup en doutent déjà, pour plusieurs raisons :

1) la présence de certaines entreprises « mécènes », parmi lesquelles figurent la compagnie aérienne Air France, le groupe d’assurances Axa, le groupe bancaire BNP Paribas, l’opérateur de services aux entreprises et aux collectivités Derichebourg, le fournisseur d’électricité EDF, le groupe industriel énergétique Engie (ex-GDF Suez), le groupe automobile Renault-Nissan, le fournisseur d’énergie ERDF, Ikea, Michelin, ou encore Suez Environnement. Toutes « des amies du climat », selon Laurent Fabius, ministère des affaires étrangères et du développement international et président de la COP21.

Un avis loin d’être partagé par certaines ONG( Les Amis de la Terre, Attac France, le Corporate Europe Observatory, WECF et 350.org) , lesquelles dénoncent, dans un communiqué commun, « l’incohérence du gouvernement et redoutent que les négociations se retrouvent aux mains des pollueurs ». Et d’énumérer : « Parmi la vingtaine d’entreprises qui composent la première liste de ‘sponsors’, EDF ou Engie, dont les émissions provoquées par leurs centrales à charbon équivalent à elles seules à près de la moitié des émissions de la France (et qui vient de signer avec l’entreprise américaine Cheniere un contrat d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) issu des États-Unis. À partir de 2018, les réseaux de gaz et les chaudières de France et d’Europe seront donc partiellement alimentées en gaz de schiste américain)*.Les ONG craignent notamment une répétition de la COP 19**.

2) Cette déclaration récente du secrétaire d’Etat américain, John Kerry (au Financial Times) : « Cet accord ne sera certainement pas un traité : il n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants comme par le passé ». Pour Patrice de Plunkett, dans une note de blogue, l’ancien candidat à la présidence américaine « récuse ainsi l’objectif de la COP 21, qui est – en théorie – de relancer le processus ouvert à Kyoto en 1997. Autrement dit : les Etats-Unis torpillent d’avance le « sommet climat » de Paris… »***

3) Enfin, la COP21 serait-elle d’avance plombée par sa propre appellation ? Car, comme le relève un lecteur du mensuel « La Décroissance »****, l’expression anglaise « top cop out » signifie « se défiler », « éviter ce qu’on sait devoir faire », « se dégonfler »….(Courrier des lecteurs, « La Décroissance », novembre 2015, numéro 124, p2)

Mais il n’y a pas que la COP21. Notons encore :

La Journée d’action pour le climat, les 28-29 novembre, dans les grandes villes de la planète, lors du lancement de la COP21. Avec un seul discours: les citoyens du monde exigent des gouvernements qu’ils prennent des résolutions contraignantes pour réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre et pour abandonner les énergies fossiles au profit des sources renouvelables.

29 novembre: Marche mondiale pour le climat (A noter une journée sans achat-« Buy Nothing Day », le samedi 28 novembre : manifestation non-violente de boycott des achats, pour protester contre le gaspillage de la société de consommation)

Il est aussi pertinent de soutenir les actions pro-climat dans la prière et le jeûne chaque 1er jour du mois, avant, pendant et après la COP21 :

1er décembre : appel « Ensemble pour le climat, jeûnons pour le changement ! »

« Le jeûne pour le climat est une initiative lancée par la Fédération luthérienne mondiale ; le principe est le suivant : Par solidarité avec les personnes pauvres et vulnérables qui souffrent et souffriront le plus du changement climatique sur l’ensemble de la planète, au Nord comme au Sud et pour pousser les négociations onusiennes sur le climat à l’adoption d’un traité global, contraignant, ambitieux et juste lors de la conférence Paris Climat 2015 les personnes de toutes convictions sont invitées à jeûner jusqu’au 1er décembre 2015. La forme de ce jeûne est ouverte : 24 heures, un repas, un repas maigre, un jeûne carbone, etc…

En savoir plus sur le jeûne pour le climat ici.

Prions pour que les dirigeants de la COP21 signent un accord global, courageux et véritablement contraignants, totalement indépendant des entreprises d’énergies fossiles, ou de l’agriculture industrielle fortement émettrice de gaz à effet de serre.

Le meilleur est pour la fin : une excellente occasion à saisir, si vous pouvez vous rendre dans la capitale :

Une journée A Rocha pour le climat, 5 décembre 2015

Une journée A Rocha pour le climat, 5 décembre 2015

05 décembre : une journée A Rocha à Paris, avec une Conférence bilingue : « Une réponse chrétienne au changement climatique ». Organisée par A Rocha, en partenariat avec le Mouvement de Lausanne pour la sauvegarde de la création.

Info détaillée : Pour contribuer à la réflexion sur le changement climatique dans le cadre de la COP21, l’organisation chrétienne pour la conservation de la nature A Rocha présente, en partenariat avec le Mouvement de Lausanne pour la sauvegarde de la création, une conférence la journée du samedi 5 décembre à l’église Saint-Michael, 5 rue d’Aguesseau, 75008 Paris (Métro Concorde et Madeleine, lignes 1, 8, 12, 14 ou Miromesnil, lignes 9 et 13).

Seront présents des intervenants du monde scientifique et ecclésiastique qui apporteront leur sensibilité évangélique : Katharine Hayhoe, scientifique américaine experte du changement climatique ; Efraim Tendero, secrétaire de l’alliance évangélique mondiale ; le pasteur Dave Bookless, directeur théologique d’A Rocha International ; Antoine Bret, physicien, ainsi que Dominic Roser, justice, économie et éthique ; ou encore Jean-François Mouhot, historien et notamment auteur “Des esclaves énergétiques : réflexions sur le changement climatique…”

Programme à consulter ici ; s’inscrire ici à la conférence .

Bref, « en attendant la COP21 », voici encore ce que nous pouvons faire en tant que chrétiens et citoyens, outre la participation aux initiatives mentionnées :

Soutenir les actions et pétitions pour le climat.

“Interpeller” nos dirigeants et leur écrire, les encourageant et les exhortant à soutenir un réel abandon des énergies fossiles. C’est d’ailleurs biblique, comme le rappelle le Défi Michée.

Elire celles et ceux qui font du climat une priorité dans leurs décisions [prochaines échéances : les élections régionales en France, les 6 et 13 décembre 2015]

 

Notes :

* »On retrouve aussi Air France, entreprise aéronautique opposée à la réduction des émissions dans le secteur de l’aviation, Renault-Nissan, fabricant d’automobiles extrêmement polluantes, Suez Environnement, connue pour sa participation au lobby pro-gaz de schiste français, ou encore BNP-Paribas, qui en plus d’être la première banque française en termes de soutien au charbon entre 2005 et avril 2014, refuse obstinément de quitter les paradis fiscaux et mettre fin à ses pratiques d’évasion fiscale ».

**en 2013 à Varsovie, l’omniprésence des entreprises, dont beaucoup n’étaient pas forcément en pointe de la lutte contre le changement climatique, avait provoqué l’ire des ONG sur place, qui avaient même fini par quitter le lieu des négociations. Voir encore  http://www.reporterre.net/Les-gros-pollueurs-tiennent-la-COP ; http://multinationales.org/Pour-sponsoriser-la-Conference-climat-de-Paris-le-gouvernement-choisit-les

*** Le journaliste catholique avait auparavant relevé ce « mauvais signe pour la COP21 », et « signe » tout court « de l’orientation réelle des gouvernements »  : les 110 % de tolérance laissés par l’UE à la pollution automobile par oxyde d’azote.

**** Laquelle « Décroissance » organise son « Contre-sommet » à Vénissieux, le 14 novembre. Voir à ce sujet, cette interview pour la revue « Limite ».

« En attendant la COP21 » : introduction au dossier « climat »

Le réchauffement climatique a-t-il des causes humaines ? (Par Andy Singer)

Le réchauffement climatique a-t-il des causes humaines ?
(Par Andy Singer)

La conférence « Paris climat 2015 » (ou COP21, car 21ème du nom) aura prochainement lieu dans la capitale française, du 30 novembre au 11 décembre 2015. Elle a pour enjeu d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, afin de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2e C.

Après le bilan discuté du protocole de Kyoto et l’échec de la conférence de Copenhague(2009), l’enjeu est évidemment crucial. Mais l’avenir du globe serait-il entre les mains des seuls « experts » et des décideurs(dénoncés comme)pollueurs ?
Et nous, les chrétiens ? Avons-nous quelque chose à dire et à apporter dans ce débat, marqué par l’urgence et tant d’inquiétude ? Comment nous positionner, étant « dans le monde », quoique « pas du monde »(Jean 17v1116) ? Sommes-nous concernés, « puisque le Seigneur revient bientôt » ?
Entre les climato-scepticismes et les visions matérialistes ou panthéistes de la Création, quelle(s)voix pertinente(s) pour présenter une vision biblique de la Création ? Et qu’est-ce qu’une « vision biblique de la création » ? La Bible parle-t-elle d’environnement ? Dieu est-il « écolo » ?
En 2100, la Terre privée d'ours polaires* Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04 L'Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !  "Les mecs… je l'sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !  — Non !  — Tu rigoles !  — Qu'est-ce qu'on fait ?  — Faut trouver quelque chose qui attire l'attention des gens…  — Quelque chose d'irrésistible !"  Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

En 2100, la Terre privée d’ours polaires*
Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04
L’Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !
« Les mecs… je l’sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l’attention des gens…
— Quelque chose d’irrésistible ! »
Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

« En attendant la COP21 », voici donc l’occasion de se sensibiliser au dossier « climat », avec [ce qui sera traité par de prochains billets] :

Un rappel des prochains rendez-vous importants  : conférences et sommets(sans oublier les « contre-sommets »)sur le climat prévus courant novembre-décembre 2015
Un essai de synthèse de la vision biblique de l’écologie, accompagnée d’études bibliques, avec un rappel du mandat initial donné par Dieu à l’homme ;
Une bibliographie et des ressources sur le sujet : livres(avec une ou deux recensions), revues, sites internet/blogues, confessions de foi/déclarations….
Un décryptage de l’actualité sur l’environnement et le climat, avec une mise en valeur des diverses problématiques, sachant que « tout est lié ». En clair, il importe, dans l’approche de cette question, ne pas cloisonner/séparer les questions économiques, sociales, sociétales et environnementales.
A très bientôt, pour cette nouvelle série, prévue pour courant novembre-décembre !
A noter que je suis preneur pour tout apport complémentaire sur la question !

Les Evangéliques prendront-ils au sérieux les avertissements d’Osée 4v1-3 ?

"Pardonnez-moi, Seigneur, car j'ai surpêché", dit ce "grand pêcheur" devant l'Eternel... (Dessin de Patrick Chapatte)

« Pardonnez-moi, Seigneur, car j’ai surpêché », dit ce « grand pêcheur » devant l’Eternel…
(Dessin de Patrick Chapatte)

À quelques mois de la réunion de l’ONU sur le climat à Paris (COP21), prévue du 30 novembre au 11 décembre 2015, les catholiques et les protestants se mobilisent. De leur côté, à quelques exceptions près, les évangéliques(pourtant « pro-life ») ne semblent pas considérer la question environnementale comme prioritaire (questionnez autour de vous ! Ou bien testez…). Or, c’est un tort, et le « tort tue », c’est bien connu. Respecter l’environnement, c’est aussi respecter la vie tout court.

Que dit la Bible, Parole de Dieu ?

En Genèse 49v25, il est fait question des « bénédictions des eaux en bas » pour le peuple d’Israël. Une bénédiction qui n’est toutefois pas un « chèque en blanc », dispensant d’être sage et responsable, puisqu’elle est assortie de sérieux avertissements.

Notamment celui du prophète Osée qui déclare que nos (mauvais)choix de vie(ou « éthiques ») se payent toujours, avec des conséquences particulièrement étendues : « Écoutez la parole de l’Éternel, enfants d’Israël ! Car l’Éternel a un procès avec les habitants du pays, parce qu’il n’y a point de vérité, point de miséricorde, point de connaissance de Dieu dans le pays. Il n’y a que parjures et mensonges, assassinats, vols et adultères ; on use de violence, on commet meurtre sur meurtre. C’est pourquoi le pays sera dans le deuil, tous ceux qui l’habitent seront languissants, et avec eux les bêtes des champs et les oiseaux du ciel ; même les poissons de la mer disparaîtront » (Osée 4 :1-3).

Un avertissement particulièrement d’actualité. Et un verset des plus convaincants, relatif à la responsabilité humaine en matière de dégradation de l’environnement et de la vie. Ce n’est pas le (seul)Pape qui le dit, les scientifiques, ou même le journal « La Décroissance », mais la Parole de Dieu bien avant eux.

Cette Parole sera-t-elle prise au sérieux aujourd’hui, y compris pour ce sujet crucial ? Cet avertissement d’Osée sera-t-il pris au sérieux, « premièrement » par les évangéliques, grands lecteurs de la Parole de Dieu, au point d’alerter autour d’eux ?

 

[Note : nous faisons « relâche » pour le reste de la semaine. Prochain billet : mercredi prochain]