« Les licornes existent : j’en ai rencontré (au moins)une ! »

Mythique. Rare, donc précieux….et donc à conserver !

Dernièrement, nous réfléchissions sur la notion d’ « adhérence » ou d’engagement, de fidélité, soit le fait de « coller à ».
« Coller à », ou « aimer comme une colle », est aussi le commandement adressé à l’homme pour sa femme, dans le cadre du couple marié. Et la caractéristique d’un homme mâture, d’un « homme, un vrai », comme le rappelle Florent Varak, citant Ephésiens 5v31 et Gen. 2v24  :
« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. » Le terme grec traduit par « s’attacher » veut littéralement dire « coller », avec une portée sexuelle explicite. La caractéristique d’une bonne colle, c’est d’unir sans qu’il soit possible de séparer. Une image idéale du mariage ! Une deuxième caractéristique d’une bonne colle, c’est d’unir deux objets sans qu’il soit possible d’y intercaler quoi que ce soit d’autre. En bref, la Bible parle de pureté au sein du mariage (Héb 13.4). Cette image à deux aspects. L’un positif : il faut déborder d’imagination pour apprendre à créer une union mutuellement satisfaisante. L’autre négatif : il interdit à toute autre présence de s’installer entre les époux, ce qui trahirait l’alliance du mariage ».

 
Quel est le rapport avec les licornes du titre, me demanderez-vous alors ?
Tout d’abord, que croire à la réalité et au respect d’une telle union voulue de Dieu et posée par Dieu « dès le commencement » (l’union entre un homme et une femme dans le cadre du mariage. Une « alliance » et non « un contrat ») peut paraître aujourd’hui « mythique » ou « chimérique », à l’instar, par exemple, de la croyance aux licornes…Croire au mariage biblique de nos jours, c’est croire aux licornes.

C’est le parallèle audacieux, plein d’humour et de poésie (et de pertinence) qu’ose faire le blogueur « Ecbatane » dans un billet datant du 29 mai 2013, intitulé : « Du mythe de l’indissolubilité du mariage et de l’existence des licornes! »
Un billet à lire attentivement et pas en diagonale, qui nous invite à croire et à espérer. D’ « Oser l’amour » pour que « le monde (recommence) à croire en l’amour », au point d’en avoir soif et de « (vouloir) essayer lui aussi! »
Parce que « ce n’est pas parce que l’idéal est minoritaire qu’il ne peut pas être le modèle auquel tout le monde doit aspirer ».
Parce que(comme nous le disions ailleurs, la meilleure réponse à la banalisation du divorce et à ce que l’on présente comme un « progrès humain », reste la défense et le respect du mariage tel qu’il a été conçu « dès le commencement »(voir ce que le Seigneur Jésus en dit dans Matt.19v4-6).

La meilleure réponse, comme le souligne Ecbatane, c’est non seulement d’y « croire »(au mariage biblique). Mais de « le prouver » et d’« affirmer » ce qui peut pourtant paraître comme une évidence.

Parce que le mariage n’est pas un jeu. Mais un enjeu pour aujourd’hui.

Je vous livre une partie de son article et vous invite à en découvrir l’intégralité sur son propre blogue :

(…)« Déjà la définition du couple du XXIème siècle s’éloigne vraiment du mariage chrétien tel que défini par Jésus lui-même : « Au commencement, le créateur les fit homme et femme et il leur dit : « voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère; il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un. A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Matthieu 19 4-6). Le couple moderne ne croit pas en l’indissolubilité, il fonde toute sa base sur le sentiment amoureux (purement hollywoodien) et ses fluctuations. Il ne croit pas en la fidélité, mais en l’instinct et en la passion. Il ne croit pas en la liberté de choix. Des contraintes financières, émotionnelles, sexuelles (etc…) peuvent entrer en jeu. Enfin il ne croit pas en la fécondité, vu qu’il limite volontairement le nombre d’enfants au minimum (mais il y a des exceptions). Le couple moderne ne repose donc sur aucun des 4 piliers du mariage chrétien : indissolubilité, fidélité, liberté, fécondité. Et cette vision moderne du couple prédomine complètement la société. Elle est devenue la norme. En fait, on ne peut pas vraiment parler de norme vu que cette modernité du couple a une infinité de combinaisons possibles (et éphémères), mais c’est justement cette infinité de possibilités qui devient norme par rapport à la vision que l’Eglise nous donne du foyer conjugal.
Le modèle qu’on ose présenter comme « traditionnel » est un leurre. Un seul papa, une seule maman, et des enfants. Vraiment ? Très sincèrement, je ne pense pas que ça soit si répandu que ça. L’adultère a existé de tout temps, la polygamie et les répudiations sans raisons valables étaient largement ancrées dans la mentalité de l’ancien testament. Veuvage, remariage, violences dans le couple jusqu’au meurtre, inceste et j’en passe et des meilleures.
Pourtant, il y a ceux qui osent essayer le modèle d’amour présenté par l’Eglise [un modèle qui paraît « minoritaire » et « chimérique » comme les licornes, donc]
(……)
Alors quand on voit l’état des familles de nos jours (en France et dans le monde), on peut comprendre que le peuple soit choqué qu’une minorité se lève pour affirmer que les licornes existent. Il y a un énorme fossé entre ceux qui n’ont jamais vu de licorne et ceux qui en élèvent. Mais le tout n’est pas d’affirmer que les licornes existent, il faut le prouver! »

La suite ici :
http://encheminversecbatane.wordpress.com/2013/05/29/du-mythe-de-lindissolubilite-du-mariage-et-de-lexistence-des-licornes/

Et toi ? Crois-tu aussi « aux licornes » ?  😉

Notre regard sur le mariage : «contrat» ou «alliance» ?

"Le mariage, un contrat ? Plutôt une alliance.Anneaux de mariage par Petr Kratochvil

« Le mariage, un contrat ? Plutôt une alliance.
Anneaux de mariage par Petr Kratochvil

Créé en 1941 dans la résistance par le père jésuite Pierre Chaillet, « Témoignage Chrétien » (se veut)un magazine d’inspiration chrétienne ouvert à toutes celles et ceux qui, croyants ou non, comptent – entre autres – sur les forces de l’esprit pour résister à une société de pure consommation. http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Qui-sommes-nous-?/70-ans-de-resistance/Default-14-3204.xhtml

Familier de cette publication-que je lis depuis 2007-j’apprécie sa façon de rappeler que Dieu est « le Dieu de la veuve, de l’orphelin, du pauvre et de l’étranger », ainsi que ses prises de position concernant la bioéthique.

Pourtant, à la lecture de leur tribune publiée sur leur site et intitulée : « Mariage pour tous, un progrès humain », « Déclaration de Témoignage chrétien à propos de la Loi sur le mariage pour tous et à l’occasion des manifestations du 16 décembre 2012 et du 13 janvier 2013 » (http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Divers/Mariage-pour-tous-un-progres-humain/Default-56-4260.xhtml?vosreactions=pos#derniere_reaction ), quelque chose ne colle pas et ne me paraît pas tourner rond.
Habituellement capable d’analyse et de recul nécessaire dans son traitement de l’actualité et sur d’autres sujets, TC paraît ici singulièrement sur la défensive sur le sujet du « mariage pour tous ».

En porte à faux avec l’église catholique, d’autres médias chrétiens catholiques (La Croix…) ou de personnalités proches des milieux « chrétiens de gauche » (Ex : http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/09/chretien-et-progressiste-j-irai-manifester-contre-le-mariage-pour-tous_1814532_3232.html ; http://plunkett.hautetfort.com/archive/2013/01/14/ce-qui-va-naitre-du-13-janvier-2013.html#more ; http://chretiensdegauche.com/2012/11/20/834-electeurs-de-gauche-invitent-le-gouvernement-a-ouvrir-un-dialogue-approfondi-sur-le-mariage-pour-tous/#more-571 , http://www.chretiensdegauche.eu/ ….), le journal témoigne par ailleurs, dans sa défense du projet de loi du gouvernement, d’une certaine faiblesse dans l’argumentation, ainsi que d’une vision unilatérale et partisane. Etonnant pour une publication qui revendique pourtant « une voix critique mais constructive, engagée mais sans dogmatisme… » (http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Qui-sommes-nous-?/Notre-offre-dactualite/Default-14-3200.xhtml ).
A l’inverse, un « Réforme » a su offrir à ses lecteurs une pluralité de points de vue sur le « mariage pour tous » (http://www.reforme.net/une/societe/contre-mariage-protestants-mobilisent ).

Pour ma part, j’estime que la meilleure réponse à ce que l’on présente comme un « progrès humain » reste la défense et le respect du mariage (contre la banalisation du divorce), tel qu’il a été conçu « dès le commencement ». Et c’est bien notre regard sur le mariage(comme sur la vie)qui change tout.
De fait, parce que TC déclare ne pas croire « que le mariage pour tous dissoudra la société », et parce qu’il se persuade que « le divorce n’a pas fait disparaître le mariage », considérant « le projet de loi actuel » comme « une avancée réelle », je me suis décidé à répondre ce qui suit sur le site même du magazine. Voici quelques extraits :

Cher TC (…) à l’instar de nombreux lecteurs, je vous témoigne ici mon étonnement et mon désaccord face à votre « Déclaration ». D’abord, face à une absence totale de débat sérieux sur ce sujet au sein de TC, d’autant plus que ledit sujet ne fait pas l’unanimité parmi les personnes notamment dites de gauche (chrétiennes ou non). On se serait attendu à lire régulièrement dans vos colonnes les prises de position de personnalités opposées au projet de loi sur « le mariage pour tous », et que l’on ne saurait taxer « d’homophobes » (qualificatif disqualifiant, par ailleurs bien commode pour imposer le silence).
Malheureusement, je constate avec tristesse et incompréhension, une absence flagrante de tribunes « contradictoires » sur TC. J’espère que cet « oubli » sera bientôt réparé dans la prochaine nouvelle mouture du journal. Étonnement, enfin, face aux arguments de votre manifeste et particulièrement votre conception du mariage qui me paraît contradictoire avec vos combats habituels.

Ainsi, vous considérez le mariage comme « un contrat (…)qui peut légalement se rompre, ou se renouveler ». Une déclaration qui m’a surpris pour son argumentaire paradoxalement très libéral, car en porte à faux avec ce que je crois avoir compris de l’esprit et du fondement de votre journal. Or, c’est de la conception du mariage que découle tout le reste. En comparaison, il est intéressant de relever que dans le numéro 86 de février 2012 de « La Décroissance », Raoul Anvélaut écrivait notamment ce qui suit, dans un article consacré au Pacs : « Qu’est-ce que le mariage ? C’est un engagement devant des communautés (familiale, nationale, universelle) dont doit découler, par exemple, le soutien à son ou sa conjoint-e, et ce, quoi qu’il lui arrive. C’est un acte purement symbolique, qui ne pourra jamais rentrer dans une logique comptable. (….)le Pacs est parfaitement en phase avec son époque. Toute la dimension d’engagement du mariage est vidée au profit d’un simple « contrat », parfait produit de la logique marchande. L’autre n’est alors plus qu’une marchandise, comme une machine à laver le linge ou une automobile. Quand il ne fonctionne plus, ou simplement qu’il ne me plaît plus, je peux rompre le contrat et le changer contre un nouveau produit…. » Un écho à Erri De Luca, qui, dans sa relecture des « Dix Paroles », relève que « Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ». (Et il dit, p. 79-80) Et c’est en toute logique que Raoul Anvélaut conclue en jugeant que l’ « on ne peut s’effrayer devant la destruction de la nature et rester simultanément aveugle aux conséquences sociales du même système qui les engendre… »

De même, pour paraphraser ce dernier, je dirai que l’on ne peut s’effrayer(ou s’indigner), du « désordre anthropologique(effectivement réel) d’une société dont les formes de consommation, de production et de partage sont si peu respectueuses de la personne humaine et de sa dignité » et rester simultanément aveugle aux conséquences sociales (également bien réelles) d’un mariage vidé de son sens(en jugeant à tort cette inquiétude « abstraite »-et ce n’est pas une simple question de mot ou de vocabulaire)

A l’inverse des positions de votre tribune relatives au mariage, quelles sont celles du Seigneur Jésus-Christ (dont votre journal porte fièrement le nom) ? Celui-ci nous invite à revenir « au commencement »(cf Matt.19). Et « au commencement », déclare Jésus, « le créateur fit l’homme et la femme »(v4) Adam une fois créé, Dieu constata « qu’il n’était pas bon que l’homme soit seul »(Gen.2v18)….Adam donna des noms aux animaux, mais sans trouver de « vis à vis »(Gen.2v20). Aussi Dieu décida-t-il de lui former une aide, un « vis-à-vis », à partir d’une de ses côtes. Après que l’homme eut reconnu sa femme comme « étant os de ses os et chair de sa chair », Dieu déclara : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » (Gen. 2v24)

Le mariage, « un contrat » ? Plutôt une alliance. Une création de Dieu qui unit un homme et une femme ayant décidé un plan de vie commun. Je vous remercie par avance, dans votre belle et noble ambition de « témoigner chrétien » et donc de « témoigner Christ », de donner plus de place et tout son sens au mariage, tel qu’il a été conçu « au commencement ». Ce ne sera que pure cohérence avec votre combat, et de nature à lui donner encore plus de poids.

Affaire à suivre…