Ce « trouble de la perception » appelé « indifférence »

"Indifférence" : trouble de la perception, empêchant de distinguer la réalité de la mise en scène... Par Andy Singer

« Indifférence » : trouble de la perception, empêchant de distinguer la réalité de la mise en scène…
Par Andy Singer

Notre société souffre terriblement de ce mal moderne qu’est l’indifférence.

Mais qu’est-ce que l’indifférence ? Erri de Luca* le définit comme étant « l’incapacité de distinguer les différences ». Il ne s’agit donc pas d’un « je-m’en-foutisme face au monde, mais plutôt (d’un) trouble de la perception qui empêche de distinguer la différence entre réalité et mise en scène. On assiste, inerte, à un acte de violence, à un malheur, car on croit assister gratis à une représentation où l’on est tenu d’agir en spectateur. On n’a jamais vu personne dans le public sauter sur scène pour empêcher Othello** de tuer Desdémone. Celui qui se croit spectateur profite du spectacle.***

L’indifférence est un dérangement opposé à celui de Don Quichotte**** qui s’immisçait dans les affaires et les malheurs des autres. Lui aussi distinguait mal la réalité, souffrant pourtant d’interventionnisme extrême. Il fait même irruption dans un théâtre de marionnettes, saccageant les pantins qu’il prend pour ses ennemis. Il confond spectacle et réalité, il ne se contente jamais d’être spectateur. En écoutant les nouvelles télévisées, il faudrait se rincer les yeux avec le collyre fébrile de Don Quichotte. Se sentir un peu moins spectateur, un peu moins membre d’une « audience », un peu plus membre d’une chevalerie errante, erronée et irritable. »

La vie de Rees Howells, celui qui était "sur la brèche"

La vie de Rees Howells, celui qui était « sur la brèche »

« Indifférent » et « spectateur », Rees Howells ne l’était nullement. Ce mineur, qui a connu le réveil de 1904 au Pays de Galles, a vécu « en simple radical », au service exclusif du Seigneur Jésus-Christ. Un « exemple », inspiré par la vie de Georges Müller, pas forcément à imiter tel quel, mais sa foi et sa consécration, si(cf Hébr.13v7). Atteignons-nous ce standard de Dieu ? Pour ma part, je suis loin d’être « arrivé »….

Mais lisez l’histoire de cet homme qui s’est tenu « sur la brèche »***** en tant que fidèle intercesseur, et vous connaîtrez ce que signifie réellement « mes pensées ne sont pas vos pensées »(dit le Seigneur, cf Es.55v8), et en quoi le péché est « manquer le but » de Dieu. Rees Howells ne s’est pas rincé les yeux « avec le collyre fébrile de Don Quichotte », mais avec celui recommandé à toute personne se croyant croyante (Apoc.3v17-18). Bien qu’il ne semblait pas en avoir besoin, à vues humaines, du fait de sa piété, il dut (pour prétendre être « un chrétien » véritable)passer « par la nouvelle naissance(Jean 3v3), et fut formé « à l’école de Dieu », d’une manière particulière. Autant d’étapes le préparant à son appel-tout aussi particulier – d’intercesseur.

Notre façon de prier, et d’intercéder, témoigne peut-être de notre façon d’être et de vivre en ce monde : sommes-nous « spectateur » ou « acteur » ?

Car, apprenons-nous dans ce récit de la vie de Rees Howells, le secret de l’intercession est de « sortir de sa zone de confort » : il est dans l’identification de l’intercesseur à ceux pour lesquels il prie(cf ch.8 : « les clochards »), la souffrance et l’autorité. A ce sujet, Rees Howells a connu « ses plus belles victoire spirituelles » (tel libérer des alcooliques de « l’homme fort » cf Marc 3v27)par la seule intercession, en s’appuyant sur la promesse de Jean 15v7. Une promesse sans limites, mais dont l’accomplissement dépend de « la ferme position » de l’intercesseur par rapport au Christ, soit de l’obéissance à son commandement de « demeurer en Lui ». Et soit de « permettre au Saint-Esprit de vivre en nous la vie que le sauveur aurait vécue s’il s’était trouvé à notre place »(cf 1 Jean 2v6).

Christ est le modèle parfait de l’intercesseur(Es.53v12 ; Hébr.2v9, 5v8-15 ; 2 Cor.5v21, 8v9) : bien qu’étant actuellement au ciel, à la droite de Dieu(Eph.1v20-21 ; Hébr.1v1-4 cf Philip.2v1-11), il n’est pas non plus « spectateur » mais bien toujours « acteur »(Marc 16v19-20), en tant que notre « souverain sacrificateur »(Hébr.4v14). Il n’est « pas incapable de compatir à nos faiblesses », puisque, sur terre, il s’est identifié à nous, « éprouvé et tenté comme nous, à part le péché »(v15). Il s’est mis au même niveau que les personnes qu’il voulait toucher, en vivant avec eux, parmi eux, et en se donnant pour eux(Jean 1v9-14 ; 10v11-18). Pleinement homme, tout en étant pleinement Dieu, Il a pu être pleinement notre représentant(Hébr.9v15, 12v24 ; 1 Tim.2v4-6.

 

Etant « son corps »(Eph.1v22-23 ; Col.1v18 ; 1 Cor.12v27…), ferions-nous moins ?

 

 

 

Notes :

* « Indifférence » d’Erri de Luca. IN Alzaia. Rivages et Payot, 1998(Bibliothèque rivages), pp 95-96.

** Dans la pièce éponyme de W. Shakespeare

*** Et il veut en avoir pour son argent….

**** Personnage du roman éponyme de Cervantes.

***** « Sur la brèche », de Norman Crubb. CLC, 1979. Une lecture bouleversante, faite en deux jours cette semaine (pour la première fois sur kindle-qui est moins pratique qu’un « vrai livre » !), et qui m’a permis de prendre « un peu mieux » conscience des enjeux de l’intercession.

 

« Cherem »

¡No pasarán! Sachons dire non si nécessaire et faire preuve de discernement

« Cherem » : en hébreu moderne, le terme signifie aussi « boycott de l’inaccessibilité ».

…ou le « dévouement éternel ».

 

L’ordre donné par Dieu au roi Saül est clair : « Samuel dit à Saül : C’est moi que l’Eternel a envoyé pour t’oindre roi sur son peuple, sur Israël : écoute donc ce que dit l’Eternel. Ainsi parle l’Eternel des armées : Je me souviens de ce qu’Amalek* fit à Israël, lorsqu’il lui ferma le chemin à sa sortie d’Egypte. Va maintenant, frappe Amalek, et dévouez par interdit tout ce qui lui appartient; tu ne l’épargneras point, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, boeufs et brebis, chameaux et ânes ». (1 Sam.15v1-3. Voir Ex.17v8-16, Deut.25v17-19)

Saül remplit bien son contrat, mais en partie seulement : il « battit Amalek depuis Havila jusqu’à Schur, qui est en face de l’Egypte. Il prit vivant Agag, roi d’Amalek, et il dévoua par interdit tout le peuple en le passant au fil de l’épée. Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag, et les meilleures brebis, les meilleurs boeufs, les meilleures bêtes de la seconde portée, les agneaux gras, et tout ce qu’il y avait de bon; ils ne voulurent pas le dévouer par interdit, et ils dévouèrent seulement tout ce qui était méprisable et chétif » (vv7-9).

Epargner les meilleures bêtes, alors que Dieu avait ordonné de les lui dévouer par interdit, n’est que « pure logique » à vue humaine. Car ce qui a été épargné n’est pas mauvais en soi, puisque susceptible d’être « utile » : sacrifice pour l’Eternel ou nourriture, et même-s’agissant du roi Agag-« trophée de guerre » pouvant signifier que la victoire a bien été remportée !

Sauf que… « la logique humaine » n’entre pas en compte ici. Seule compte la Parole de l’Eternel : « obéissance est meilleure que sacrifice » et « désobéissance est aussi coupable que la divination » !(vv22-23)

Le mot « interdit » se dit « Herem »(ou « Cherem ») en hébreu, généralement traduit par « dévoué », « interdit », « filet », « extermination », « destruction », « piège ». Il se rapporte à tout ce qui est éternellement dévoué, consacré à Dieu. Et ce qui est consacré à Dieu(un bien, par exemple) ne peut être repris. Car reprendre le « cherem », c’est voler Dieu.

Ex : Lévit.27v21, 28 : « Et quand l’acquéreur en sortira au jubilé, ce champ sera consacré à l’Eternel, comme un champ qui a été dévoué; il deviendra la propriété du sacrificateur(…)Tout ce qu’un homme dévouera par interdit à l’Eternel, dans ce qui lui appartient, ne pourra ni se vendre, ni se racheter, que ce soit une personne, un animal, ou un champ de sa propriété; tout ce qui sera dévoué par interdit sera entièrement consacré à l’Eternel ».

Ex : Deut.7v25-26 (relative aux idoles-appelées « choses abominables »-que l’on serait tenté d’introduire chez soi) : « Vous brûlerez au feu les images taillées de leurs dieux. Tu ne convoiteras point et tu ne prendras point pour toi l’argent et l’or qui sont sur elles, de peur que ces choses ne te deviennent un piège; car elles sont en abomination à l’Eternel, ton Dieu. Tu n’introduiras point une chose abominable dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme cette chose, dévoué par interdit; tu l’auras en horreur, tu l’auras en abomination, car c’est une chose dévouée par interdit ».

Il y a de quoi nous interpeller. Et cela m’interpelle particulièrement. A ce sujet, je ne suis pas encore « arrivé », mais suis « en chemin », comme vous. Cette question, sérieuse, vaut la peine d’être creusée, à la lumière de la Parole de Dieu. A moins de dire que « ces trucs juifs » ne nous concernent pas, nous chrétiens. Sauf que 1 Cor.6v19-20 nous le rappelle : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu ».

Cela signifie que quelqu’un-le Seigneur Jésus-Christ-a payé un grand prix, à la croix, pour vous. Parce qu’Il vous aime et parce que votre vie est précieuse à ses yeux. Cela signifie que si Jésus est bien, outre « votre Sauveur », « le Seigneur de votre vie », vous n’avez plus de droit sur votre vie. Vous ne pouvez plus « faire n’importe quoi avec ». Votre vie, désormais entre les mains de Jésus, votre Seigneur, est maintenant « sainte » à Ses yeux (voir 2 Cor.5v15, Romains 14v7-8, Galates 2v20…)

Ce qui signifie qu’être chrétien, et donc « disciple de Jésus-Christ », n’est pas être « un touriste spirituel » ou un « dilettante », quelqu’un « qui joue au chrétien ». Vous n’avez certes « plus de droit sur votre vie », mais le Seigneur Jésus vous aime. Il connaît (et vous enseigne) la meilleure façon (la plus juste, la plus sage, qui ait du sens) de l’utiliser dans ce monde, pour Sa gloire et le bien des autres.

Nous n’avons qu’une vie, et la vie est courte : qu’allons-nous en faire ? Pour qui allons-nous vivre ? Sommes-nous décidés à relever le défi ?

 

Notes :

*On a vu en Amalek « la chair », l’ennemi de nos âmes, tout ce qui est en rébellion contre Dieu : http://www.preparezlechemin.com/article-16343155.html ; http://www.bibliquest.org/BriemC/BriemC-at02-Ch17_Amalek.htm

 

 

 

 

 

« Deux choses éternelles… »

« Qu’est-ce qui compte vraiment dans la vie ? Qu’est-ce qui est réellement important ?

Certains Tools par Vinicius de Carvalho VenâncioQu'est-ce qui est essentiel, dans la vie ?

Certains Tools par Vinicius de Carvalho Venâncio
Qu’est-ce qui est essentiel, dans la vie ?

A quoi devons-nous consacrer notre vie ? » Se demande W. Henrichsen dans Former des disciples (Editions Farel, 1995)

Effectuant une recherche intensive dans la Bible afin d’y trouver des réponses, il tombe sur 2 Pie.3v10 : Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée.

Un passage qui ne manqua pas de l’interpeller : «  Mon objectif, c’était d’être ingénieur de travaux publics et de construire des ponts…Quel choc ce fut alors pour moi de penser que (…) tout ce que j’avais prévu de construire, (Dieu) le détruirait un jour », témoigne-t-il.

Mais W. Henrichsen ne pouvait se résigner d’en rester là : «…Certainement, il doit y avoir quelque chose que Dieu n’a pas prévu de consumer…Par (la) grâce(de Dieu), (il découvrit dans les Écritures) au moins deux choses durables, auxquelles (il pouvait se) donner pleinement (…) » :

les gens et la Parole de Dieu.

Dans Jean 5v28-29(…) il est dit : « Ne vous étonnez pas de cela, car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront : ceux qui auront fait le bien, en résurrection de vie ; ceux qui auront pratiqué le mal, en résurrection de jugement. » (…)La deuxième chose qui dure éternellement, nous la voyons dans Esaïe 40v8 : « l’herbe se dessèche, la fleur se flétrit ; mais la parole de notre Dieu subsistera à toujours ! »

Texte de la Bible par Petr Kratochvil

Texte de la Bible par Petr Kratochvil

(…)En déterminant le choix d’objectifs pour ma vie, je vis que je pouvais me consacrer aux gens et à la Parole de Dieu (…) ces choses sont éternelles. »

(Henrichsen, W. Former des disciples. Editions Farel, 1995, pp148-150)