L’argent : dieu ou don de Dieu

Un livre qui a la pertinence d’aborder le sujet de l’argent sous plusieurs angles plutôt que sous le seul angle de la prospérité financière

Voici un livre très important et bienvenu, que j’ai reçu en cadeau de la part des éditions BLF (merci à eux !), sur ces éternels tabous : « votre argent et Dieu » ! Deux sujets que nous avons tendance à éviter parce qu’en parler nous met mal à l’aise, quand il n’est pas une source de conflit. Pourtant, ces questions sont trop importantes pour être remises à plus tard, d’autant plus que l’argent a envahi l’espace public, et que l’Eglise est invitée à se positionner à son sujet : « s’en servir » pour servir Dieu ou « servir » l’argent – Mamon [la seule divinité appelée par son nom par Jésus en Matt.6v24] en croyant se servir, au risque d’être asservi.

L’auteur nous invite à consacrer « une heure ou deux » de notre temps à la lecture de son livre, pour aborder l’argent sereinement, que nous soyons « chrétien ou non, riche ou pauvre, ouvrier ou col blanc, retraité, travailleur à temps plein ou sans emploi », célibataire, marié ou parent (il est possible d’y trouver des principes pour enseigner et impliquer ses enfants dans la bonne gestion de l’argent), et « même si nous ne sommes pas prêts à parler d’argent ».

Ce ne sera pas du temps perdu, puisque le livre a cette pertinence d’aborder le sujet sous plusieurs angles plutôt que sous le seul angle de la prospérité financière.

Le livre débute de manière inattendue par un interpellant « de quoi avez-vous peur ? », une question qui est « le meilleur point de départ » parce qu’elle a valeur de test et d’évaluation au sujet de nos motivations les plus profondes concernant l’argent. Nous sommes donc invités à « haïr » l’argent comme (mauvais) maître au premier chapitre, avant de l’aborder dans le second, avec l’esprit, non « du propriétaire », mais « du gérant » ou « de l’intendant fidèle »(cf Luc 12v42), sachant que nous aurons à rendre compte devant Dieu de ce qu’Il nous aura confié.

L’auteur nous rappelle également fort opportunément que la Bible nous enseigne « une vérité plus belle » que toutes nos fausses théologies sur l’argent : sont ainsi tour à tour dénoncés les pièges de « la théologie de la prospérité » (qui sème la confusion en établissant un lien entre les richesses matérielles dans cette vie et la bénédiction/la faveur de Dieu) mais aussi l’impasse de « la théologie de la pauvreté » (être pauvre est considéré comme une forme de sainteté et être riche comme une forme de péché).

Les chapitres suivants, plus pratiques, sont à appréhender sur cette base de manière globale – et non cloisonnée, pour une approche équilibrée de l’argent : « budgétisez-le », « gagnez-le », « dépensez-le », « économisez-le », « investissez-le », « donnez-le » [un chapitre particulièrement important], « multipliez-le » et….« ne vous en souciez pas ».

Pour aller plus loin, l’on trouve en annexe un guide d’étude biblique pour examiner l’enseignement de ce livre en groupe pendant cinq semaines, avec Luc 12 comme base scripturaire, ainsi que plusieurs ouvrages et ressources (outils d’éducation, de budgétisation et de planification financière…) recommandées par l’auteur.

Au final – et c’est ce qui me paraît être le plus beau message de ce livre pertinent et interpellant – la vie ne réside pas dans une « liste de choses à faire » ou de « recettes-miracles » à appliquer pour « gagner » ou « garder » ce qui aurait le plus de valeur à nos yeux. Le message fondamental du livre est une invitation à la confiance et à la gratitude, mais aussi à l’espérance que ce domaine « tabou » de notre vie peut être placé sous le règne du Seigneur Jésus-Christ, pour vivre en homme (ou femme) réellement libre.

L’alternative est alors claire : soit nous considérons l’argent comme un dieu et un dû – quand nous ne considérons pas qu’en avoir serait de facto indu – et nous vivrons une vie placée sous le règne de la cupidité, de l’avidité, du mérite et de l’inquiétude ; soit nous le considérons comme un don de Dieu – « un don excellent, nécessaire et utile » – et nous vivrons une vie placée sous le règne de la grâce, empreinte de gratitude, et de la générosité.

Il s’agit donc pour nous d’apprendre et de nous encourager mutuellement, en faisant preuve d’humilité, à considérer que tout ce que nous avons, nous l’avons en réalité reçu. Ce que nous aimons aura ainsi toujours plus de valeur lorsque nous le verrons avec le regard de Dieu, comme un cadeau qui nous est offert, mais aussi, surtout, à offrir et à partager(cf Actes 20v35), plutôt que comme une propriété chèrement conquise !

Ne manquez pas de vous le procurer auprès des éditions BLF ou en vous rendant dans votre librairie chrétienne favorite !

 

En bref :

MUNSON, Jamie. L’Argent, dieu ou don de Dieu. BLF éditions/Cruciforme, 14/09/17

Extrait de la présentation éditeur : Pour nous aider « à remettre l’argent à sa juste place : un outil à utiliser pour glorifier Jésus, une jauge pour évaluer la santé spirituelle de votre cœur et une bénédiction de Dieu dont il est parfaitement légitime de profiter ».

L’auteur, Jamie Munson, est le coprésident de Storyville Coffee Company, une entreprise prospère et très respectée à Seattle, dans l’État de Washington. Il aime développer des outils utiles pour aider les leaders et les organismes à atteindre leur plein potentiel.

 

 

 

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Ne faites pas (la) peur !

Quelles sont tes peurs ? Pourquoi as-tu peur ?

Quelles sont tes peurs ? Pourquoi as-tu peur ?

Comme chaque année, pendant la période fin octobre-début novembre, « le bon goût » a été de « jouer » à (se)faire peur. Certes, les festivités macabres sont derrière nous, mais le thème me paraît toujours d’actualité, d’autant plus que l’on connaît cette sorte de « fascination » pour la peur, de la part de notre prochain, et même des plus jeunes(du moins, ce qu’ils en disent)-illustré par exemple, via un certain goût pour les « films d’horreur ».

Mais qu’est-ce que la peur ? D’où vient cette fascination pour la peur ? Est-elle saine ? Comment la gérer ? Est-on « moins » un « homme » parce que l’on a peur ou parce que l’on a avoue avoir(eu)peur ?

Le pasteur Gilles Boucomont rappelle que la majorité des auteurs bibliques définissent la peur comme le contraire de la foi, ou de la confiance. Le mot « peur » est très présent dans le Nouveau Testament, via le terme « phobos » employé 47 fois, et le terme « phobeo »-avoir peur-employé, lui, à 93 reprises !

Voici un exemple d’événement ayant suscité la peur ou le trouble : Luc 2v9 ; Matt.2v3.

La peur est-elle mauvaise ? Selon les pompiers, par exemple, dans le cadre de formation à la sécurité, la peur peut-être bonne. Celui qui n’a pas peur dans une situation de danger est soit un fou, soit un inconscient. Il existe « une bonne peur » qui sert à nous protéger et à nous tenir en éveil, face à ce qui est franchement dangereux. Sur un plan plus « philosophique », on pense aussi à « l’heuristique de la peur » de Hans Jonas, posé dans son « principe de la responsabilité ».

Cependant, la peur est aussi « mauvaise conseillère », dans le sens que nous pouvons estimer que tout ce qui est nouveau et inconnu(pour ne pas dire « différent ») est potentiellement dangereux : l’entrée dans une nouvelle école, l’arrivée d’un nouveau camarade qui nous paraît « bizarre », une situation nouvelle, etc….La peur est aussi « mauvaise conseillère », parce qu’elle nous pousse à réagir de façon irrationnelle.

Voici un autre exemple où un groupe de personne a pris peur et pourquoi. L’intérêt de cet exemple est aussi de amener à comprendre ce qui a mis fin à la peur : Marc 6v45-51 (cf 1 Jean 4v18 ; Es.30v15)

La peur est toujours « la peur de »(quelque chose : d’un danger ou d’une punition). Elle a toujours un objet, à la différence de l’angoisse, qui est sans objet. La peur est aussi distinct de la crainte, qui est le respect, la vénération, dû(e) à quelqu’un d’autre (cf Ps.111v10 ; Rom.13v7). La peur est tellement présente au point d’être banale que l’exhortation n' »aies pas peur » revient sans cesse(environ 365 fois dans la Bible, sous des formes différentes, selon certains : soit une ressource pour chaque jour de l’année !).

En français, « phobos » et « phobeo » ont donné le mot « phobie », qui exprime toute une gamme de sentiments(de la crainte à la frayeur) à l’égard de personnes, de situations : de l’agoraphobie-la peur des espaces et des foules, exprimée par le personnage joué par Sigourney Weaver dans le thriller « Copycat »(1995)-à la xénophobie(la peur des autres peuples)…A noter une certaine évolution(ou dérive) de langage, traduisant, par exemple, « homophobie » ou « islamophobie »(pour ne pas dire « christianophobie »-qui me paraît impropre)comme étant une haine et non une peur à l’égard des homosexuels, des musulmans ou des chrétiens…(cf ce qu’annonçait le Seigneur Jésus à ses disciples dans Jean 15v18-25 ; Luc 21v17, etc…)

"Peur de son ombre". Dessin préparatoire de Tim Burton pour le court-métrage "Vincent"

« Peur de son ombre ».
Dessin préparatoire de Tim Burton pour le court-métrage « Vincent »

 

Qu’est-ce qu’encore que la peur ? Et surtout, d’où vient-elle ?

Selon Gilles Boucomont, la peur est une construction mentale, dont la cause est une « confiance malade »(ou un manque de confiance en soi, les autres…en Dieu). Nous nous faisons « nos propres films » ou « une tempête dans un verre d’eau », à propos de choses qui n’existent pas. L’ombre d’un chiot(ou notre propre ombre), un rendez-vous chez le médecin ou le dentiste…peuvent ainsi prendre des proportions insoupçonnées.

 
La peur est dangereuse, puisqu’elle peut être exploitée à des fins totalitaires. Examinez ou déconstruisez, par exemple, les discours de certains démagogues, dont l’objectif reste de ne pas vous détromper sur l’objet de votre peur, quand le bouc émissaire commode n’est pas désigné !


A l’inverse, ce que nous propose Jésus, c’est un travail salutaire de déconstruction de nos peurs(ou constructions mentales)et de reconstruction de la confiance-car la réponse à la peur reste l’amour et la confiance. Jésus nous invite à « retrouver le sens des proportions », de sorte à ne pas rester focalisé sur ce qui est en réalité petit ou insignifiant(ou de l’ordre du fantasme), pour considérer l’immensité de la bonté et de la grâce de Dieu, qui est Celui qui nous libère de toutes nos peurs(comme Il a libéré Son peuple d’Egypte, « de la maison de servitude » cf Exode 20v2). Jésus nous invite enfin à passer « de la peur de tout » à la crainte de l’Eternel, pour que nous connaissions « la joie de craindre Dieu ».

(D’après Gilles Boucomont. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit »(Ed. Première partie, 2010, pp 248-251)

 

Pour aller plus loin :

Recherchez les différentes peurs de David et comment celui-ci les a « gérées » (cf 1-2 Samuel et 1 Chroniques)

 

Des statistiques 100 % fiables(pour une fois) !

Voici, avec un poil d’avance, mon premier billet depuis le 1er janvier :  des « stats »  de nature « à casser l’ambiance », en cette période de début d’année. Pourtant, elles sont(pour une fois)fiables !

En effet, « 100 % des êtres humains mourront un jour ! »*
Ha, ha ! Bon, et après ?

« Il est réservé aux hommes de mourir une fois et après le jugement ».(Hébr.9v27, cf Jean 5v29, Dan.12v2)
« Tout homme est un souffle » et nous ne sommes que de passage(des résidents temporaires)sur cette terre »(Ps.39v12-13)

Quelque soit leurs nombres d’années(impressionnantes pour la plupart), la fin de la vie de toutes les personnes figurant en  Gen.5v1-21, 25-31 est la même : « Et il mourut ».

« Et ils moururent »tous, sauf Hénoc (v22-24), dont on sait qu’une seule chose de ce personnage :
« Il a marché 300 ans avec Dieu »(cf Hébr.11v5-6) et « Il eut des fils et des filles ».
Ainsi, loin de sombrer dans le fatalisme et le cynisme face à l’inéluctable (quelque soit votre position sociale ou votre niveau d’étude),
Hénoc a choisit, au contraire, de parier sur l’avenir(« il eut des fils et des filles », dont on peut douter qu’il se soit contenté de les regarder pousser)et surtout, sur son avenir éternel.
Sa seule œuvre pour être déclaré juste ?(cf Jean 6v2829) Mettre sa confiance en Dieu, une confiance concrétisée par sa marche d’une longévité inégalée(300 ans-le Christ « hors concours ») avec Dieu.

 

 

 

Et vous ?

 

 

 

 

 

Notes :
*Sur un échantillon de 7 milliards d’êtres humains.