Notre prise de position sur l’homosexualité : faut-il invoquer Lévitique 18 ?

"Abomination" ! (Personnage "Marvel")

« Abomination » !
(Personnage « Marvel »)

Ou quand l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume…..et devrait être la nôtre.

Retour sur une ironique-mais non moins pertinent-note de blogue de « Pasteur Zed », publiée en décembre 2015. Ce dernier commente les commentaires de la décision de justice frappant Christine Boutin de 5000 euros d’amende pour avoir qualifié l’homosexualité « d’abomination » :
« D’un coup d’un seul, la voilà devenu aux yeux de ces hérauts de l’évangile l’incarnation du courage, celle qui ose « proclamer la vérité biblique » contrairement à tous ces chrétiens mous du genou qui se cachent derrière l’amour du prochain pour ne plus dire la Vérité avec un grand V. Car, bien sûr, si on vous pose la question de votre opinion concernant l’homosexualité, la Vérité biblique vous enjoint de dire que c’est une abomination (…)C’est le lévitique qui le dit, et celui qui a du courage redira la même chose. Les autres sont des lâches ».
« Soit », dit Pasteur Zed, qui souligne que « quand même (…) l’Ancien Testament dit aussi que l’adultère est une abomination (Ez. 22.11)….condamné au même titre que l’homosexualité (…) dans le code de Sainteté d’Israël auquel appartient notre citation du Lévitique ».
Et sans oublier [c’est moi qui souligne] l’idolâtrie (Deut.7v25-26 et 27v12), le fait de manger des fruits de mer(1)-« les éboueurs de la planète »(Lévit.11v9-12), le fait de sacrifier à l’Éternel « un bœuf ou un agneau qui ait quelque défaut ou difformité » (Deut.17v1) ; et bien d’autres choses.

Comment, alors, prendre position sur ces questions de société ? Quelle devrait être notre norme ? Faut-il invoquer le Lévitique ?

Il se trouve, relève encore Pasteur Zed, « que Jésus a eu affaire à un cas d’adultère pour lequel on lui a demandé son avis (Jean 8.1-11) ». En réalité, nous dit l’évangile (v6), « ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser ». Un piège « grossier », dans le même esprit avec lequel les journalistes interrogent un chrétien sur l’homosexualité. « Jésus, quand on lui tendait un piège, avait l’art et la manière de s’en sortir habilement ». Et si nous répondions comme Lui ? « Vous imaginez la tête des journalistes si, au lieu de crier : Rhaaa ! Abomination ! Lévitique 18 ! », l’on parlait de Jésus plutôt que du Lévitique », comme nous y invite Pasteur Zed ?

Bref, quelle devrait alors être la position de l’Eglise ? Certainement pas de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et encore moins de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »). A ce sujet, dans le prolongement de Pasteur Zed, Gilles Boucomont, pasteur du Marais, à Paris, et l’un des initiateurs du courant des « attestants », explique sans langue de bois que notre positionnement au sujet de l’homosexualité, « un piège majeur de notre époque », ne devrait pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».
L’exemple vivant d’une des communautés réformées en France où il y a le plus d’homosexuels est susceptible de nous édifier : ce qui y est proposé à ces derniers, « s’ils le veulent », c’est « un chemin qui est au-delà de la condamnation, mais qui consiste à aller », soit « à sortir de la prison dans laquelle les autres et soi-même, conjointement, les ont enfermés ». C’est le pas choisi par « beaucoup », témoigne Gilles Boucomont. Lequel ne craint pas de dire que « l’homosexualité est mortifère (et non « pas morale ») car « elle prive de cette libération de nos incomplétudes qu’offre l’union à la personne de l’autre sexe ». Certes, les homosexuels ont eux aussi le sens de l’altérité. Sauf que ledit sens de l’altérité « ne se fixe pas sur les bons objets » : « L’homosexualité, comme tous les autres troubles de la sexualité » serait donc « une structure idolâtrique ». Relevant, non « d’abord » du psychique, de la génétique, ou du moral, mais du spirituel. En cela, « l’homosexualité n’est pas en rien différente du célibat ou du « multipartenariat », ou de la violence conjugale, ou encore de l’adultère ; c’est une stratégie de survie par rapport à une souffrance qu’on n’arrive pas à gérer. »(2)

Enfin, il ne s’agit pas de distribuer des Bibles avec des lames de rasoir, pour permettre à chacun de couper les pages qui ne lui conviendrait pas, et il serait bon de considérer que tous les péchés décrits en 1 Cor.6v9-10 sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où l’Ecriture affirme qu’ils nous privent du Royaume de Dieu. « Les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ». Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume.

Et l’on se souviendra encore du « péché de Sodome », tel que le relève l’Eternel, en Ezech.16v49-50 !

 

Notes :
(1)La plupart des poissons, dits « impurs », sont soit des habitants des profondeurs, soit des prédateurs qui font office « d’éboueurs ». L’interdiction de manger des poissons sans écailles nous protège des substances toxiques qu’ils sécrètent. Ainsi, le homard, ou encore les crabes « éboueurs professionnels » des fonds des lacs, des rivières, des bords de mer, des baies et des océans, et animaux « nécrophages » qui mangent presque tout. A noter que dans Gen.9v3, Dieu déclare à l’homme que « tout ce qui se meut et qui a vie (leur) servira de nourriture », et leur est donné « comme l’herbe verte » ; et que 1 Tim.4v4 stipule que « tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces ».

(2)Voir notre note de blogue à ce sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/05/20/pourquoi-ce-nest-pas-bon-de-benir-les-couples-homosexuels/

« Les gentils et les méchants » : bienvenue dans le mode de raisonnement binaire du « bisounours 2.0 »

Sur Pep’s café ! on ne trouve que très rarement(voire quasiment jamais) de « faits divers ». Je ferai une exception cette fois-ci, estimant que l' »affaire du petit chat » et des « bons cyber-citoyens » est particulièrement révélatrice d’une certaine évolution de notre société.

Je renvois à la journaliste-bloggueuse « Aliocha », pour sa plume et sa fort pertinente analyse de ce sujet. Avec, en prime, la « morale de l’histoire » vue par « Maître Eolas », juriste-bloggueur, interviewé sur cette affaire par le Nouvel Observateur*(cité dans l’article d’Aliocha).

Bienvenue donc, non plus dans le « Web 2.0 », mais plutôt dans le « bisounours 2.0 », dans lequel on nous offre un mode de raisonnement binaire : d’un côté, « le méchant » qui agresse un petit chat et de l’autre, « les gentils » révoltés par l’horreur de la situation qui contribue à identifier et livrer le criminel aux forces de l’ordre.

 Extraits :

Le petit chat, la traque, la prison

« Ouf, le petit chat n’est pas mort ! Pour ceux qui auraient échappé à l’événement du moment, petit rattrapage :    l’individu qui s’est fait filmer par un ami en train de lancer un chaton contre un mur (comment peut-il avoir un ami ?) et qui a mis la vidéo en ligne, cet individu là a été arrêté par la police grâce à la mobilisation des internautes ulcérés par l’horreur de la scène(…)

Le camp des gentils

Ici donc, les internautes ont lancé des pétitions, organisé une chasse à l’homme et grâce aux précieuses informations qu’ils ont fournies, les policiers ont pu arrêter le tortionnaire. L’animal est blessé mais sain et sauf ; toujours grâce à la toile, il a été rendu à son propriétaire. Même la police s’est émue de cet élan, on la comprend, elle est plus habituée à prendre des pavés dans la tête qu’à recueillir le soutien spontané de la population…Encore un miracle de la toile ! Evidemment, tout à la joie de ce conte de fée 2.0 personne ou presque n’a pensé que l’affreux qui se mettait en scène était aussi un enfant de la toile, le produit monstrueux de cette tentation permanente de l’exhibitionnisme et de la staritude qui pousse les individus équilibrés à se comporter comme des people sous ecstasy et les dingues à mettre en scène leur folie**(…)Personne ne s’est ému non plus de voir tous ces gentils internautes se transformer en auxiliaires de police.(…)
Lors de l’audience de comparution immédiate au cours de laquelle l’auteur des faits a été jugé, un avocat a fait valoir que la justice devait se rendre dans les tribunaux, pas sur Internet. Il a raison. Depuis quelques années les vertueux internautes traquant ici et là des monstres réels ou supposés ont tendance à me faire frissonner. Internet, c’est aussi des personnes qui se suicident, parce que de méchants internautes les insultent et les harcèlent. Mais chut !(…)En réalité, le Bisounours 2.0 est capable de manger de l’homme pour peu qu’un mouvement de foule  l’y incite. Le lanceur de chat a été condamné à un an de prison ferme. Et le prochain ? »

L’essentiel à lire ici.

Et à propos des « Gentils et des méchants », l’on peut toujours(ré)écouter ceci.

 

 

Notes :

*Nouvel Obs : « Sur Facebook, les administrateurs de la page « Pour que Farid Ghilas paye pour avoir torturé un chat », l’une des pages créées contre « Farid de la Morlette », dénonce une peine « trop petite ». Comment jugez-vous ce type de commentaires ? « 
Maître Eolas : « Ce sont des commentaires rédigés par des personnes qui ont le cul sur leur canapé. Qu’ils arrêtent de regarder des conneries, ça les rendra moins cons. Les réseaux sociaux exacerbent ce genre de réactions. Avant, on soupçonnait l’existence de cons, maintenant on en a la preuve.

Vous savez, les victimes ne sont jamais assoiffées de vengeance. Souvent, elles culpabilisent même d’envoyer des gens en prison, surtout lors de violences conjugales, parce que c’est dur la prison. Elles n’ont jamais un discours haineux. Ce sont les proches qui ont ce genre de discours, parce qu’ils culpabilisent de n’avoir pas pu empêcher les faits de se produire.

Vous avez vu ce petit Oscar ? Il n’a pas l’air de crier vengeance… »

**A noter que les mots clés jeu lancer de chat donnent environ 547 000 résultats (0,27 secondes) sur Google. Et que l’on peut jouer à des « jeux de lancer de chat »(virtuel) en ligne…