Jésus-Christ a le pouvoir de transformer ta vie : Jean 7v11-17

Note : ce sujet(dont le billet sur le « hesed » est une introduction) a été proposé à des enfants/préados(10-16 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. Il s’inspire des pages 86 à 95 du « Royaume équilibré de Dieu », de Richard Borgman, dont nous avons déjà parlé ailleurs.

Jésus-Christ a le pouvoir de changer ta vie.
Quel est ce pouvoir ? Ou plutôt, face à une situation apparemment sans espoir et sans issue, comment réagit Jésus ?

Lire le passage de Luc 7v11-17 :

« Jésus se rendit ensuite dans une localité appelée Naïn  ; ses disciples et une grande foule l’accompagnaient. Au moment où il approchait de la porte de cette localité, on menait un mort au cimetière : c’était le fils unique d’une veuve. Un grand nombre d’habitants de l’endroit se trouvaient avec elle. Quand le Seigneur la vit, il fut ému de compassion envers elle et lui dit : « Ne pleure pas ! » Puis il s’avança et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent. Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Le mort se dressa et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte ; ils louaient Dieu en disant : « Un grand prophète est apparu parmi nous ! » et aussi : « Dieu est venu secourir son peuple ! » Et dans toute la Judée et ses environs on apprit ce que Jésus avait fait ».

Puis, si vous disposez d’une grande pièce ou d’un grand espace, au dehors(si le temps le permet), faites jouer la scène relatée dans ce passage. Le moniteur donne les détails de mise en scène suivants :

Représentons-nous la scène comme si elle se passait sous nos yeux, aujourd’hui. Cette scène est une histoire vraie, même si elle s’est passée il y a 2000 ans.

Imaginez….deux foules.

– L’une avec Jésus et ses disciples. Tous se dirigent vers les portes de la ville.
Imaginez comment est la foule qui entoure Jésus ? (Diverse, variée-avec des collecteurs d’impôts, des prostitués, des anciens aveugles ou boiteux…).
Quelle est l’humeur de cette foule ? (Sans doute d’humeur gaie/joyeuse/enthousiaste : que va-t-il se passer de nouveau avec Jésus, ce maître formidable et « anticonformiste », que les chefs religieux n’aiment pas ?)
Où sont les disciples dans cette foule ? Que pourraient-ils faire, penser, dire ?… (ils ouvrent la route, discutent entre eux pour savoir comment nourrir cette foule..)

Où est Jésus ?

-Une autre foule arrive dans l’autre sens. Imaginez l’ambiance, d’après le récit de Luc plus haut.
Sombre, triste, désespérée, affligée…on entend les pleurs et lamentations des femmes….tous se rendent au cimetière, lentement, silencieusement, pour enterrer un mort : le fils unique d’une veuve. Imaginez les émotions et les interrogations de la veuve : que lui reste-t-il à faire, à présent ?

Les deux foules se rencontrent ou se croisent, à la porte de la ville.
Qui remarque la foule qui conduit le mort au cimetière ?
Les disciples ? Les gens qui accompagnent Jésus ?….Et vous-mêmes, qui êtes témoins, en lisant ce récit ? D’ailleurs, où êtes-vous, dans ce récit ? Qu’éprouvez-vous maintenant ? Que faites-vous ?

Qui voit ? Qui agit ?
Jésus ! Il est là, au milieu de ces deux foules. Vous l’aviez oublié ?

Que fait-il d’abord ?
Il voit la veuve qui pleure.
Il est indifférent ? Il continue sa route ?
Non, il est « ému de compassion » pour elle. Le terme grec employé dans ce texte est très expressif : il signifie littéralement, « splanchnizomai »(prononcer « splangkh-nid’-zom-ahee ») c’est à dire » être ému », « remué jusque dans ses entrailles ». Le spectacle que Jésus a sous les yeux « déchire littéralement » et le remue jusqu’au tréfonds de son être. Toute sa personne refléte cette émotion. Il est très touché par ce qui se passe. Il voit, il écoute, il entend, il réagit aux pleurs déchirants de cette femme dans le deuil et désespérée, qui a tout perdu(son mari d’abord, puis son unique fils. Elle n’a plus personne d’autre, plus aucun parent, pour la soutenir).

Etre ému de compassion n’est pas de la sympathie. La sympathie est à la compassion ce que le remords est au repentir.
La sympathie est certes une bonne émotion. Peut-être que les disciples ont manifesté de la sympathie envers la veuve-peut-être lui ont-ils donné une aide pour payer les obsèques.

Mais Jésus est le seul dans cette scène dont on nous dit qu’il a été « ému de compassion ». La compassion va plus loin que la sympathie.

Jusqu’où ? Jusque dans l’amour agapé, cet amour jusqu’au sacrifice, dont parle Jean 3v16 : voilà l’amour que Dieu a eu pour l’humanité(« le monde »), vous, moi…

Et Dieu aime particulièrement les veuves et les orphelins, car Il est le Dieu des veuves, des orphelins…(Deut.10v17-18, Ps.68v6)

La compassion n’entretient pas une attitude fataliste, résignée(« ça me fiche le moral à zéro, mais je n’y peux rien. Personne n’y peut rien de toute façon… »). Mais elle pousse à l’action.

Que fait donc Jésus, « ému de compassion » ?

Jésus parle à la veuve, il communique avec elle : : « Ne pleure pas ! »(v13). Note : On peut communiquer avec ou sans mots. Avec beaucoup ou peu de mots. Mais plus de la moitié des messages passent par le langage du corps et le ton, les silences, les hésitations…

Combien de mots Jésus prononce-t-il ?
Que communique-t-il à travers ses mots ? Dans quelle situation ?

Quels effets ont eu ses paroles ?

D’abord, Tout le monde s’arrête. Imaginez : Jésus parle et tout le monde s’arrête.
Pourquoi ?
Car Jésus communique quelque chose de puissant, à travers cette parole : une parole de vie, motivée par la compassion, dans une situation de mort, de désespoir et dite avec autorité.
Jésus parle et « le monde s’arrête ». La création attend son créateur…faire quoi ? Transformer une vie, faire passer quelqu’un en décomposition de la mort à la vie (cf Gen.1v1 ; Hébreux 1v2)

Jésus « s’avança et toucha le cercueil* ; les porteurs s’arrêtèrent ». Jésus parle à nouveau. Il parle cette fois-ci au jeune homme mort et « dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Le mort se dressa et se mit à parler ». La voix de Jésus, « la Parole », a le pouvoir de réveiller les morts.

« Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte ; ils louaient Dieu en disant : « Un grand prophète est apparu parmi nous ! » et aussi : « Dieu est venu secourir son peuple ! »  Et dans toute la Judée et ses environs on apprit ce que Jésus avait fait ».

Observez le changement de situation ! C’est ce qui arrive quand Jésus arrive quelque part ou dans une vie. La vôtre, ou la mienne, par exemple.
Mais l’important n’est pas tant dans le côté spectaculaire : que ce soit la résurrection d’un mort, la délivrance d’un possédé, d’un miracle du type la multiplication des pains, de la nouvelle naissance(2 Cor.5v17), ou tout simplement,

l’espérance là où régnait le désespoir, la foi là où régnait la crainte ou le doute, l’amour là où régnait la haine, la lumière là où régnait les ténèbres…la puissance, la transformation résulte d’une rencontre personnelle avec Jésus-Christ.

Cette « Puissance » de Jésus de guérison et de transformation, qui transforme les vies, découle de l’union entre « Compassion » et « Communication »(l’affirmation et la proclamation d’une parole de vie). Ce que Richard Borgman appelle « CCP »(op. cit., p94), ou que l’on peut appeler « PPP »(Présence, Parole, Puissance) pour le « theologeek » Olivier Keshavjee, ou encore John Stott(Présence, Prédication et Persuasion)
Jésus est ému de compassion face à la détresse, la mort…Il s’arrête et communique la vie(la vie de Dieu, la vie éternelle-Jésus est « la vie », « le Dieu véritable et la vie éternelle ». « La vie éternelle » c’est le connaître personnellement**). La puissance est libérée pour changer la situation et transformer les vies.

Le moteur : la compassion. Jésus reproche souvent aux pharisiens ou à ses disciples d’en manquer. Et nous-mêmes ? Que communiquons-nous, lorsque nous proclamons ou affirmons la Parole de Dieu et l’Evangile ?

« Ainsi, désirez les dons les plus importants.
Mais je vais vous montrer maintenant le chemin qui est supérieur à tout. Supposons que je parle les langues des hommes et même celles des anges : si je n’ai pas d’amour, je ne suis rien de plus qu’un métal qui résonne ou qu’une cymbale bruyante.  Je pourrais transmettre des messages reçus de Dieu, posséder toute la connaissance et comprendre tous les mystères, je pourrais avoir la foi capable de déplacer des montagnes, si je n’ai pas d’amour, je ne suis rien. Je pourrais distribuer tous mes biens aux affamés et même livrer mon corps aux flammes , si je n’ai pas d’amour, cela ne me sert à rien ».(1 Cor.12v31-13v1-3)

Autres exemples dans les évangiles : Matt.9v36-10v1 ; Luc 9v11 ; Jean 11v1-46….

« Seigneur, fais de nous… »(un chant de Noël colombier – d’après St François d’Assise)***

Notes :
* Alors que le contact avec un mort rend normalement impur, selon la loi. Cf Lévitique 21 ou Nombres 19v11 et ss

** Jean 14v6 ; 1 Jean 5v20-21 ; Jean 17v3

*** Si quelqu’un connaît une version plus « pep’s » de ce chant, je suis preneur…

Hesed*

 

 

La compassion de Dieu me touche.

 

 

 

 

 

 

Notes :

* Le Mot hébreu hèsèd (חֶ֫סֶד) est si particulier qu’il n’a pas de correspondant strict dans notre langue : il signifie miséricorde, fidélité, amitié, faveur, bonté, loyauté, amour, grâce…
Voir notamment Exode 34v6-7 et Sa plus belle manifestation : 1 Jean 4v9-12 ; Jean 3v16

Les voeux de Pep’s Café pour 2014 : pour une année d’harmonie et d’équilibre

Premier janvier 2014.

Le début d’une nouvelle année et presqu’un an pour ce blogue, né le 11 janvier 2013. Et le temps des voeux.

Justement, quels vœux formuler, outre « une bonne année, une bonne santé et prospérité » ?

Deux séries de mots me sont venus à l’esprit, durant la semaine suivant Noël, ainsi que deux CDs et deux livres que l’on m’a offert.

« Force et pertinence »

Tout d’abord, un premier CD que j’ai en ma possession depuis douze ans environ et que j’ai été incité à réécouter durant Noël : il s’agit de « Place Grand Clément »(Bésaou production) de Jean-Marc L., album enregistré et mixé au « studio de la cave »(Lyon 8ème) entre janvier et septembre 1998. Jean-Marc est membre de mon ancienne église de la banlieue lyonnaise(que j’ai fréquentée dans les années 1990, jusqu’à début 2000)et qui était engagé à l’époque dans un ministère dans les prisons et auprès des jeunes délinquants(infos supplémentaires bienvenues !).

Douze ans après, en réécoutant ce CD(précieux car devenu rare : je n’ai retrouvé aucune trace sur internet et je ne suis plus certain qu’il soit encore disponible en librairie chrétienne), je reste frappé par la force de ces textes et de cette musique(écrits et composée pour l’essentiel par Jean-Marc L), ainsi que pour leur pertinence et leur sincérité.

L’album est dédié « à tous les enfants qui un jour ont eu froid, peur, faim, et qui n’ont pas eu le privilège d’être aimés ». A ceux-là, l’auteur-compositeur leur dit : « Pardonne à la bêtise humaine. Jésus t’aime : Il est le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), et rend « grâce » et « donne gloire » à Dieu pour la force donnée pour l’écriture et l’accomplissement de cet album ».

Extraits :

« Quand j’ai froid ou quand j’ai peur, quand j’ai mal au fond du coeur, Quand le monde est trop grand pour moi, Seigneur, je tends les mains vers toi(bis)…Toute ma vie elle est à toi, toi qui pour moi es seul roi, tout mon être t’appartient Seigneur tiens moi fort par la main »(bis) – « Quand j’ai froid » – Auteur et compositeur inconnu

« Prendre quelques instants, vivre le temps présent, et faire silence. Dans cette paix du moment, du soleil au firmament, j’aspire à ta présence. Te chercher ABBA Père, te faire une prière, pour te dire je t’aime, je t’aime…. » – Ma Prière – Jean-Marc L.

« Force et pertinence », également, pour « La Force d’aimer » de Martin Luther King, ouvrage essentiel dont la réédition toute récente(2013) est salutaire, assortie d’une préface inédite du sociologue et historien du protestantisme(CNRS) Sébastien Fath(Critique ici ). Là aussi, je reste frappé par la force et l’actualité de ces 17 sermons, publiés en 1963. L’on en retire qu' »aimer », face à la haine, à l’extrémisme, au fanatisme, au fatalisme ou au cynisme, est une grande force à la portée révolutionnaire(dans le sens d’un pouvoir de transformation et de changement radical). Et  certainement pas la caractéristique des « bisounours », comme voudraient nous le faire croire les promoteurs d’un esprit « pitbull », placé sous le sceau du « bon sens ».

« Harmonie et équilibre »

« La Force d’aimer » de Martin Luther King, soit d’aimer de l’amour de Christ, avec l’amour de Christ et comme Christ(Rom.5v5)trouve sa pertinence dans l’harmonie d' »un coeur tendre et d’un esprit ferme » : Un « esprit ferme », capable de discerner le vrai du faux, et (non pas « ou »)un « coeur tendre », capable de compassion authentique(celle de Christ). « La grandeur de notre Dieu tient au fait qu’Il est à la fois ferme d’esprit et tendre de coeur »(op.cit., p26)

Une harmonie qui n’est possible qu’en Christ : « c’est pourquoi (une telle)espérance ne trompe point »(Rom.5v5).

Cette harmonie en Christ, du Christ , est celle des (quatre)évangiles.

« L’harmonie des évangiles » est le titre d’un autre ouvrage que l’on m’a offert à Noël, dont l’auteur est Cor Bruins, ex-missionnaire au Moyen-Orient. Cette harmonie est celle d’un message toujours actuel(le seul véritablement « révolutionnaire »), celui de « la Bonne nouvelle de Jésus-Christ »(Marc 1v1)qui réconcilie : d’abord avec Dieu, puis avec les autres et avec soi.

Enfin, pour célébrer une « harmonie retrouvée », voici des « Improvisations » dites « messianiques » : une « musique messianique » par des Juifs qui ont trouvé leur identité dans leur foi en « Jésus, le Messie ».

A écouter ici.

Bref, pour 2014, nous vous souhaitons une nouvelle, heureuse et harmonieuse année, « équilibrée » :

L’harmonie avec vous-même(corps, âme et esprit), avec les autres, avec et en Dieu par Jésus-Christ. Jésus-Christ, pleinement Dieu et pleinement homme, sans péché (Hébr.4v14-16, Jean 8v6)

L’harmonie et l’équilibre(qui n’est pas la compromission), pour nous garder de tout extrémisme et pour que nous ne soyons ni paresseux, ni fanatique(1 Pie.4v7)

Bonne année harmonieuse 2014 !

Sur ce, je vous donne rendez-vous après le 11 janvier, jour anniversaire du blogue.

Ce que nous apprend(sur Jésus)le récit de la multiplication des pains

Ovins et de voiture par Petr Kratochvil Les foules, comme des brebis qui n'ont pas de berger, et que l'on pousse sans cesse

Ovins et de voiture par Petr Kratochvil
Les foules, comme des brebis qui n’ont pas de berger, et que l’on pousse sans cesse

Et les apôtres se rassemblent auprès de Jésus; et ils lui racontèrent tout: et tout ce qu’ils avaient fait, et tout ce qu’ils avaient enseigné.
Et il leur dit: Venez à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu; car il y avait beaucoup de gens qui allaient et qui venaient, et ils n’avaient pas même le loisir de manger.
Et ils s’en allèrent dans une nacelle en un lieu désert, à l’écart.
Et plusieurs les virent qui s’en allaient, et les reconnurent, et accoururent là, à pied, de toutes les villes, et arrivèrent avant eux, et se rassemblèrent auprès de lui.
Et Jésus, étant sorti, vit une grande foule; et il fut ému de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.
Et comme l’heure était déjà fort avancée, ses disciples venant à lui, disent: Le lieu est désert et l’heure est déjà fort avancée,
renvoie-les, afin qu’ils s’en aillent dans les campagnes et les villages d’alentour, et qu’ils s’achètent du pain; car ils n’ont rien à manger.
Et lui, répondant, leur dit: Vous, donnez-leur à manger. Et ils lui disent: Irons-nous acheter pour deux cents deniers de pain, et leur donnerons-nous à manger?
Mais il leur dit: Combien de pains avez-vous? Allez et regardez. Et quand ils le surent, ils disent: cinq, et deux poissons.
Et il leur commanda de les faire tous asseoir par troupes sur l’herbe verte.
Et ils s’assirent en rangs, les uns de cent, et les autres de cinquante.
Et ayant pris les cinq pains et les deux poissons, et regardant vers le ciel, il bénit, et rompit les pains et les donna à ses disciples, afin qu’ils les missent devant eux; et il partagea les deux poissons entre tous.
Et ils mangèrent tous, et furent rassasiés.
Et ils ramassèrent des morceaux douze paniers pleins, et des restes des poissons.
Et ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.

(Marc 6v30-44)

Depuis quelques temps, j’ai la conviction que Dieu veut nous, me parler, à travers ce récit bien connu.  Il figure dans plusieurs évangiles : Matt.14v13-21, Luc 9v10-17, Jean 6v1-14. Mais c’est dans le récit qu’en fait Marc (relu récemment-voir passage ci-dessus)que j’ai été attiré par plusieurs éléments qui m’ont paru essentiels.

Essentiels parce qu’ils nous enseignent et nous conduisent à réfléchir sur notre façon de présenter l’évangile et le Seigneur Jésus-Christ à ceux qui ne le connaissent pas encore(et peut-être même à ceux qui le connaissent ou pensent le connaître), sur notre propre regard sur les personnes et les situations, enfin  et sur notre rôle exact dans le processus de l’évangélisation.

Premièrement, en suivant le récit de Marc 6(voir passage cité ci-dessus), on remarque qu’

Rue passante par Peter Griffin

Rue passante par Peter Griffin

« il y avait beaucoup de gens qui allaient et qui venaient »(v31). Jésus  voit cette grande foule. Et il fut ému de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.(v34)

Jésus pense à les nourrir : leur âme, évidemment, mais aussi leur corps. Et surtout, Il pense à nourrir leurs corps, en se souciant de ce que les foules puissent recevoir ce dont elles ont besoin avec dignité. En effet, Jésus « ne jette pas en pâture les pains aux foules », procédé dégradant qui aurait créé un climat de compétition parmi la foule et causé des inégalités et des frustrations-les mieux placés ou les plus forts auraient emporté les meilleures parts, au détriment des plus petits ou des plus faibles(femmes, enfants, handicapés, vieillards…)

Après s’être informé des provisions disponibles, Jésus pense à faire asseoir les gens, par troupes ou rangées, dans l’herbe verte.(v39)

A partir de là, quels sont les rôles respectifs de Jésus et des disciples, dans cette multiplication des pains ?

Jésus prend les pains et les poissons que les disciples lui apportent. Il les bénit, les rompt et les donne aux disciples….(v41)

Notre rôle ? Faire les présentations ! Panneau britanniques par George Hodan

Notre rôle ? Faire les présentations !
Panneau britanniques par George Hodan

Les disciples, quant à eux, servent de « courroie de transmission » ou de « distribution », allant et venant, de Jésus à la foule, et de la foule à Jésus, distribuant les pains déjà rompus.

On notera le « test » opéré par Jésus envers ses disciples(Vous, donnez-leur à manger…Irons-nous acheter pour deux cents deniers de pain, et leur donnerons-nous à manger? Mais il leur dit: Combien de pains avez-vous? Allez et regardez, etc….), pour les inciter à rechercher-au-delà de l’impossible- quelles étaient les ressources(dons ?)qu’ils avaient à disposition, même si lesdites ressources pouvaient paraître dérisoires. Et dérisoires, elles l’étaient bel et bien. Mais il était important qu’ils découvrent que leur part était de les confier avec foi à Jésus, avec l’assurance que Lui seul était qualifié pour savoir quoi en faire et les multiplier. Et ce, afin que toute gloire soit rendue à Dieu seul et non aux hommes.

On se souviendra ensuite que Jésus avait enseigné beaucoup de choses aux foules. Et on notera la nature de la pédagogie de Jésus et son enseignement de type « holistique », prenant en compte tous les besoins(âme, esprit et corps). Sans doute parce que Jésus estime qu’il est aussi spirituel de donner à manger du pain et des poissons aux foules, que de prêcher, et que le spirituel ne trouve son sens que dans un service concret et pratique, non déconnecté de la réalité quotidienne(voir aussi Jean 6-la multiplication des pains précédant son enseignement sur « le pain de vie »).

Une telle logique ne devrait pas nous surprendre : « Christ est venu en chair »(1 Jean 4v2). Veillons donc à ne pas « spiritualiser », ou séparer, opposer ce qui nous paraît purement(et exclusivement) »spirituel » de ce que nous pouvons parfois considérer comme étant « bassement matériel »*.

Nourrir les foules avec des pains et des poissons est « spirituel », pour Jésus, qui a ainsi manifesté concrètement sa compassion envers les foules.

Et nous ? Comment est notre « christianisme » ? Comment annonçons-nous l’évangile ? Avec la compassion de Jésus ou sans la compassion de Jésus ?

Jésus a partagé les pains, après les avoir bénis et les a fait distribuer, de sorte que tous ont pu recevoir, et être rassasiés(Marc 6v42). Et ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes. Et pourtant, l’abondance était telle que les disciples ont pu ramasser les morceaux restants(qui sont considérés comme quantité négligeable et finissent généralement à la poubelle, dans nos pays sur-développés, qui connaissent aussi leurs laisser-pour compte)…de quoi remplir 12 paniers pleins ! Soit un pour chaque disciple. Et chacun a pu, par la suite, prendre un repos salutaire et nécessaire.

Prendre une pause par Peter Griffin

Prendre une pause par Peter Griffin

Je dis « repos salutaire et nécessaire », et non « mérité ». Le repos n’est pas un « mérite », mais un commandement de Dieu, et un don pour l’homme qui en a besoin, et une grâce de Dieu qui a créé les cieux et la terre en 6 jours et qui s’est reposé le 7ème jour (cf Gen.2v1-3 ; Deut.5v12-15)

*A noter que, dans la Bible, le contraire de « spirituel » n’est pas « matériel »…mais « charnel »(voir Galates 5v16-25)