Le jeûne est-il un « kung fu » spirituel ?

 

Le jeûne est l’un des thèmes de recherche qui conduit régulièrement les internautes sur Pep’s café! le blogue(1). Et ce, en tout temps, avec des « pointes » à certaines périodes du calendrier. Personnellement, je serai heureux que vous me racontiez et me partagiez ce que vous trouvez en cherchant ici. Ceci dit, ce type de recherche me paraît révélatrice d’une préoccupation constante, qui ne devrait pas étonner, puisque généralement comprise comme étant liée à une certaine « pratique » (religieuse ou non).

Dans la Bible, le jeûne fait partie de ce que l’on pourrait appeler « les postures de combat »(2), en lien avec le « combat spirituel » évoqué dans le Nouveau Testament. S’agit-il d’un « kung fu » spirituel pour autant ? Paul l’explique très bien dans sa lettre aux chrétiens d’Ephèse : Ce type de lutte n’est pas « contre des êtres humains » ; mais « contre les pouvoirs, les autorités, les maîtres de ce monde obscur, contre toutes les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les cieux » (Eph.6v12). On ne peut s’y exercer comme à un sport ou un art martial, mais la vie en Eglise [la communauté de ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et le reconnaissent comme Seigneur, pas le bâtiment…] peut rapidement devenir une « salle d’entraînement », où nous luttons pour que les règles du jeu du Règne de Dieu soient mises en place.

L’enjeu est en effet celui-ci : à la suite du Christ, dont le message est « le moment favorable est venu, le règne de Dieu est tout proche ! Changez de vie et croyez à la Bonne Nouvelle » (Marc 1v15), la mission de ceux qui lui appartiennent, et reconnaissent qu’Il est Seigneur, consistent à proclamer et à affirmer, « réaliser » le règne de Dieu là où il n’est pas encore. « Réaliser » signifie d’abord en comprendre les tenants et aboutissants (cf Luc 17v20-21), mais aussi le faire advenir à la réalité. Comment alors installer le Règne de Dieu ?

Certains ont voulu le faire par la force (L’Inquisition) et ont échoué. D’autres ont voulu le faire par le retrait du monde : même échec, conduisant au sectarisme. D’autres ont pensé y parvenir par la politique (théocratie, césaropapisme, théologies de la libération), espérant en des « messies politiques », avec les résultats désastreux (encore récents)que l’on connaît.

Or, pour installer le Règne de Dieu, il faut planter la bannière du Christ. Mais ce n’est pas parce que vous portez un tee-shirt (ou déposez dans l’urne un bulletin) « Jésus », et une Bible dans votre sac, que le Règne de Dieu – ou le Christ – est là. C’est là où Christ est reconnu comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, que Christ règne.

Les « postures de combat » installant le Règne de Dieu sont, de fait, la louange, l’adoration, la discipline intérieure(proclamer que Christ règne dans « ce temple » de mon corps, dans mes pensées et dans ma volonté), l’obéissance, la prière, et le jeûne.

Le jeûne fait partie de la discipline offerte par le Seigneur pour nous disposer à la disponibilité spirituelle. Le principe du jeûne est de se priver de quelque chose pour laisser advenir autre chose. Il n’est pas forcément un jeûne de nourriture d’ailleurs ! Il peut être un jeûne d’écrans, de distractions, d’activités, d’achats et toute autre chose dont nous pouvons être convaincus de nous priver pendant ce temps. En Matthieu 6v16-18, Jésus insiste sur le fait qu’il s’agit d’une pratique personnelle [Pierre fera ainsi son jeûne, Jacques le sien et Daniel le sien…], et discrète, enseignant que le meilleur jeûne est celui que l’on ne connaît pas et ne soupçonne pas. Jésus prolonge ainsi les exhortations des prophètes avant lui, qui critiquaient justement les jeûnes proclamés, les dénonçant comme étant l’occasion d’un déballage d’une piété ostentatoire, plus préoccupée par les apparences.

Contrairement à ce que disent certains, le jeûne n’amène pas de puissance d’après la Bible. Il offre juste du temps et de l’espace intérieur. Ce sont les sorciers qui jeûnent pour la puissance. Le prophète Esaïe a bien repositionné de la part de Dieu ce qui doit être l’objectif du jeûne : un temps de consécration ou de reconsécration afin que la justice de Dieu (plutôt que l’injustice) puisse paraître . Car « le jeûne tel que je l’aime, le voici, vous le savez bien », dit Dieu : « c’est libérer ceux qui sont injustement enchaînés, c’est les délivrer des contraintes qui pèsent sur eux, c’est rendre la liberté à ceux qui sont opprimés, bref, c’est supprimer tout ce qui les tient esclaves. C’est partager ton pain avec celui qui a faim, c’est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés, c’est fournir un vêtement à celui qui n’en a pas, c’est ne pas te détourner de celui qui est ton frère ». (Esaïe 58v6-7)

Un rappel utile quand certains voient en effet dans le jeûne une façon de négocier avec Dieu, pour lui soutirer des grâces. C’est là une conception marchande de Dieu, un désir de l’instrumentaliser pour nos projets les plus autocentrés ou les plus religieux. A l’inverse, le jeûne, comme les autres « postures de combat spirituel », nous conduit à demeurer veilleurs et veillant, comme Jésus nous y exhorte en Luc 21v36 : « Ne vous endormez pas, priez en tout temps ; ainsi vous aurez la force de surmonter tout ce qui doit arriver et de vous présenter debout devant le Fils de l’homme. »(2)

 

 

 

 

 

Notes :

(1) De même que les plans de lectures bibliques et les articles sur l’éducation aux médias comptent parmi les documents les plus téléchargés sur ce même blogue.

(2) D’après « Au Nom de Jésus (T2) : Mener le Bon Combat », de Gilles Boucomont. Editions Première Partie, 2011, pp 284-288

Cette guerre est une guerre d’information

« La Guerre est déclarée ». Il s’agit d’une guerre d’information qui se tient contre une incroyable puissance de désinformation de la part de celui que Jésus appelle « le père du mensonge »
(« La Guerre est déclarée » : affiche du film-2011- de Valérie Donzelli)

Vingt ans après la seconde guerre mondiale, des soldats japonais ont été retrouvés dans les forêts des Philippines et d’Indonésie, qui n’étaient pas informés que la guerre était terminée et que leur camp avait perdu. Pendant toutes ces années, ils avaient vécu comme en temps de guerre, et ce fut très difficile pour eux d’accepter qu’ils s’étaient en quelque sorte laissé berner par leur propre zèle, à défaut d’avoir la bonne information. Ces 20 ans furent perdus pour eux(1).

Plus proche de nous : presque deux mois après la présidentielle américaine, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite. A trois semaines de l’investiture de Joe Biden, le milliardaire continue de clamer qu’il a été victime d’une fraude électorale, même si la quasi-totalité de la cinquantaine de recours qu’il a engagés (dont deux devant la Cour suprême) ont été rejetés par la justice ou abandonnés. Alors que le Congrès doit avaliser la victoire de Biden le 6 janvier, le républicain s’accroche encore à un improbable retournement de situation au Capitole. Et il a appellé ses supporters à manifester ce jour-là à Washington pour accentuer la pression. Ces derniers ont d’ailleurs envahi le capitole où le congrès débattait de la certification de l’élection de Joe Biden (aujourd’hui confirmée), avec les dérapages que l’on sait. Selon Gallup, Trump recueille en décembre 87% d’approbation parmi les électeurs républicains, un chiffre toutefois en baisse par rapport à octobre (95%). Un autre sondage, réalisé mi-décembre par CBS News, montre que ses partisans le soutiennent dans sa cabale contre Joe Biden. 82% d’entre eux ne considèrent pas le démocrate comme légitime et 75% jugent que les républicains au Congrès devraient faire tout leur possible pour maintenir Donald Trump au pouvoir. 85% estiment enfin qu’il « dispose de preuves solides » quant aux fraudes qu’il dénonce. (2).

Et ce, alors que plusieurs autorités électorales américaines ont indiqué jeudi 12 novembre dans un communiqué commun, plus d’une semaine après la présidentielle, n’avoir trouvé « aucune preuve » de bulletins perdus ou modifiés, ou de systèmes de vote piratés.  « L’élection du 3 novembre a été la plus sûre de l’histoire des États-Unis », ont affirmé ces autorités locales et nationales en charge de la sécurité du scrutin – l’agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), qui dépend du ministère de la sécurité intérieure [l’administration même du Président !], ainsi que le Conseil de coordination de l’infrastructure électorale et les Comités exécutifs de coordination de l’infrastructure électorale.  « Il n’existe aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit », soulignent-elles dans leur communiqué.  « Bien que nous sachions que notre processus électoral fasse l’objet de nombreuses affirmations sans fondement et de campagnes de désinformation, nous pouvons vous assurer que nous avons une confiance absolue dans la sécurité et l’intégrité de nos élections », insistent-elles (3).

Sur un plan spirituel, nous sommes aujourd’hui dans une guerre d’information de ce type. La victoire de Christ a été obtenue. La reddition de Satan est assurée. L’ennemi a été vaincu et ses soldats ont eu l’obligation de déposer les armes. C’est un état de fait, depuis maintenant 2000 ans ! Mais les gens ne sont pas (ou sont mal) informés et ils perdent des années de leur vie à lutter contre un ennemi déjà vaincu.

Comme dans toute reddition, des poches de résistance se forment avec des soldats ennemis qui refusent de se rendre, continuant de se battre, ne sachant pas qu’ils peuvent s’arrêter, ni qu’ils doivent même arrêter. Leur guerre n’a plus rien de légitime, dans la mesure où leurs autorités se sont rendues [c’est encore plus compliqué quand ce sont lesdites autorités qui refusent de se rendre et de reconnaître leur défaite], et pourtant ils tentent le baroud d’honneur. Ils n’en ont pas le droit mais ils le font quand même, par la simple ignorance de la réalité de la situation de celui qu’ils servent (cf Jean 12v31-32).

Tout le bluff spirituel de Satan aujourd’hui tient à cette guerre d’information. Beaucoup de chrétiens font comme si le diable n’avait pas perdu, comme s’il avait le droit de nous dominer et comme s’il était encore le prince régnant de ce monde. Ils sont responsables d’informer le monde entier de la victoire du Christ, étant équipés pour (cf Actes 1v8) mais ne la vivent pas eux-mêmes ! Ils se font prendre eux-mêmes au mensonge qu’ils dénoncent.

La guerre d’information nous conduit sur trois champs d’action au moins, avec des destinataires bien différents : les chrétiens, les non-chrétiens et les puissances des ténèbres.

« Piqué » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/12/18)

Aux chrétiens, nous avons à rappeler par l’encouragement, l’enseignement et la prédication, qu’ils sont vainqueurs avec Christ et qu’il est hors de question d’être dans le monde comme si Dieu n’en était pas le créateur, comme il est inimaginable d’être dans la vie comme si Jésus n’était pas ressuscité, et impensable d’être dans le combat de chaque jour comme si une puissance d’en haut (le Saint-Esprit) ne nous avait pas été donnée par Dieu le Père.

Aux non-chrétiens, « la guerre d’information » consiste tout simplement à leur annoncer l’Evangile, qui n’est pas « un conseil » (4) ou « une opinion », mais un fait, une grande nouvelle, et même « la meilleure des nouvelles » qui appelle une réponse immédiate (5). Cette nouvelle que nous annonçons est une parole de vie et une parole aussi puissante qu’une prédication, dans la mesure où elle aura manifesté ce que Dieu aura fait pour nous, dans notre vie personnelle (cf Rom.1v16 et 1 Cor.4v20)

Aux puissances des ténèbres, enfin, il s’agit de rappeler, lors de nos cultes et au travers de notre piété, mais aussi de notre vie, nos actions, nos décisions, nos pensées, notre libération et celle de nos frères et soeurs, qu’elles ont bel et bien perdu la bataille et qu’un seul est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (Apoc.19v16) : Jésus-Christ, Lui-même étant aussi « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14v6).

Dans une telle guerre, notre mission, si nous l’acceptons, est d’être son témoin fidèle et véritable.

L’enjeu est grand, car cette guerre d’information se tient contre une incroyable puissance de désinformation de la part de celui que Jésus appelle « le père du mensonge » (Jean 8v44). Ce dernier tente de nous impressionner par du spectaculaire, en faisant le show, comme il tente de nous faire croire que le Roi des rois lui aurait rétrocédé ses droits, alors qu’il n’est pas sans ignorer sa propre défaite et la destitution qui a déjà eu lieu : lui, « le prince de ce monde », sera en effet « jeté dehors » (Jean 12v31) !

 

D’après « Au Nom de Jésus : mener le bon combat », de Gilles Boucomont. Ed. Première Partie, 2011, pp 265-269.

 

 

 

Notes :

(1) Au total, cent vingt-sept soldats japonais restants, aussi appelés straggler (« traînards ») en anglais, ont été retrouvés, de 1947 à 1974, errant dans les différentes îles d’Asie du Sud-Est. Les raisons de la poursuite de la guerre sont soit un fort dogmatisme ou des principes militaires qui les ont empêchés de croire en une défaite, soit une ignorance de la fin de la guerre à cause de communications entre ces soldats et le Japon coupées lors de la stratégie du saute-mouton utilisée par les États-Unis. Teruo Nakamura, qui vivait sur Morotai en Indonésie et qui se rend en décembre 1974, est le dernier straggler confirmé.  Hirō Onoda, qui s’est rendu sur l’île de Lubang, Philippines, en mars 1974, avant-dernier straggler confirmé, est quant à lui, mort en janvier 2014. (Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Soldats_japonais_restants )

(2) Le président sortant a pourtant été « lâché » par Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, redoutable stratège parlementaire qui, sur le tard, s’était rallié à lui.  Au lendemain du vote du Collège électoral, le 15 décembre, celui-ci a félicité Joe Biden et appelé les élus républicains à certifier ce résultat le 06 janvier. Onze sénateurs [trois sénateurs, dont Kelly Loeffler, battue en Géorgie, retireront leur objection au vote du collège électoral, en raison des violences jugées « inacceptables », provoquées par les supporters de Trump au capitole] et une centaine de députés républicains entendent s’y opposer le jour J. Donald Trump a aussi perdu le soutien d’un de ses conseillers respectés, l’ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie, ou même de son ministre de la Justice, Bill Barr [dont le départ a été annoncé mi-décembre], qui a admis n’avoir vu aucune fraude organisée dans l’élection. Cf  Etats-Unis : deux mois après sa défaite, qui soutient encore Donald Trump et qui l’a lâché? et https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210103-%C3%A9tats-unis-onze-s%C3%A9nateurs-r%C3%A9publicains-vont-refuser-de-certifier-la-victoire-de-joe-biden ; voir aussi https://www.washingtonpost.com/politics/trump-raffensperger-call-georgia-vote/2021/01/03/d45acb92-4dc4-11eb-bda4-615aaefd0555_story.html et https://www.liberation.fr/planete/2021/01/04/pression-sur-les-resultats-de-georgie-les-outrances-de-trump-destructrices-pour-le-parti-republicain_1810269 ; https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210106-en-direct-suivez-la-certification-de-la-victoire-de-joe-biden-et-les-s%C3%A9natoriales-en-g%C3%A9orgie

(3) Source : Présidentielle américaine : « aucune preuve » de fraude, affirment les autorités

(4) Cf https://www.reveniralevangile.com/l-evangile-est-une-bonne-nouvelle-pas-un-bon-conseil-timothy-keller/

(5) Cf http://www.theologeek.ch/2015/02/27/evangeliser-dans-le-contexte-de-la-secularisation/

 

 

Prendre ses désirs pour la réalité

Il est essentiel, notamment pour un chrétien, de ne pas prendre « ses vessies pour des lanternes » ou de prendre ses désirs pour la réalité » (Source image : public domain pictures)

Ce soir, vendredi 6 novembre 2020, à 20h : formation « Libé! confinés » par zoom, proposée par l’équipe Libérer! sur le thème (toujours d’actualité !) Autorité vs. Toute-puissance ou « Comment restaurer et déployer notre autorité en Jésus-Christ, notamment dans la prière ou le combat spirituel, sans pour autant basculer dans la pensée toute-puissante où nous finirions par croire que notre volonté est forcément celle de Dieu ? »

Plus d’infos sur le cycle de formations « Libé! confinés » ici.
Attention : Fermeture des inscriptions à 14h. Réouverture samedi soir pour les vendredis suivants. Vous n’avez pas besoin de vous réinscrire si vous l’êtes déjà.
Si vous les avez raté, lire nos articles : « deux façons de demander : savoir ou obtenir » (pouvant être associé à nos façons de prier) et ce qu’est un « blasphème sans rémission » pour Dieu.

Le Combat de la jeunesse

L’art de bien « mener le bon combat » : un défi pour les jeunes….et les moins jeunes !

Curieuse coïncidence (un « hasard avec un grand D » ? ). Hier, mercredi, je publie ma recension du livre de Joseph Gotte, « vivre sa jeunesse autrement : 20 défis pour ma génération », et le lendemain, jeudi, je tombe sur le texte du jour d’un recueil de méditations quotidiennes :

Le Combat de la jeunesse, par Adèle Pélaz (1850-1940)

« La loi de l’Esprit de vie, qui est en Jésus-Christ, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort ». (Romains 8v2)

Le jeune homme, résolu à triompher de sa mauvaise nature, se forge parfois un idéal et, pour l’atteindre, essaie d’adopter certaines méthodes :

–           Il fait appel à son énergie,

–           Il s’impose des règles strictes,

–           Il répète des formules, des prières,

–          Il cherche à stimuler sa volonté,

–           Il décide des résolutions plus austères les unes que les autres,

–           Il se soumet à des pratiques très physiques,

–           Il s’applique à posséder une bonne morale,

–           Et met en œuvre ses méthodes jour après jour…

Mais voici, il a beau frapper, tirer, mordre, piétiner son mauvais caractère, il en voit les tendances émousser tous les marteaux ! Alors, vient le temps du découragement, et même du désespoir ! Mais c’est une illusion que de vouloir compter sur toutes ses méthodes, ses efforts personnels si déterminé soit-il !

Ce qu’il faut, c’est : L’INSTAURATION EN SOI D’UNE FORCE DU DEHORS, et c’est celle du Saint-Esprit. La loi de l’Esprit nous affranchis en Jésus-Christ, ne limitons donc pas son action ! Un homme de Dieu disait : « Fixer une limite à la puissance du Saint-Esprit, pour notre guérison, est insensé ! » Nous ne parviendrons jamais à la victoire sur nous-mêmes avec nos méthodes. C’est en laissant Dieu agir dans nos cœurs que la victoire sera acquise, car cette victoire, Christ l’a obtenue pour nous à Golgotha !

Le Combat de la jeunesse ».(14/11) d’Adèle Pélaz IN FILLATRE, Louis-Michel. Une année de grâce. Edition Diffusion du Cèdre, 2016, p. 360. Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Ecrire après les attentats du vendredi 13/11/15

Ecrire « après » ou « à propos de ». C’est difficile.

 

Surtout ne cessons pas de prier. De prier pour la France.

Surtout ne cessons pas de prier. De prier pour la France.

Car il est terrible, ce deuxième attentat de cette année 2015. Il est encore plus terrible, cet attentat, qui a à nouveau touché Paris.
« Un marteau s’est abattu. Un coup assourdissant(…) ensanglantant une fois de plus Paris : au moins 129 morts, une centaine de blessés dans un état très grave. Ce vendredi 13 novembre, entre 21h20 et 21h50, la capitale française et sa banlieue nord ont été attaquées en six endroits différents. Au moins sept personnes ont tué méthodiquement »*.
Qui étaient les cibles ? « Des hommes et des femmes attablés à des terrasses de cafés et de restaurants des quartiers du multiculturel Est parisien, des spectateurs et spectatrices d’un concert de rock californien du Bataclan – proche de la place de la République où se tient traditionnellement nombre de rassemblements de solidarité – et d’une rencontre amicale de football au Stade de France, en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France ». Des hommes, des femmes, des enfants de toute opinion ou conviction philosophique et religieuse.
Les terroristes n’ont pas touché « au hasard », mais « Leur but de guerre » est de contraindre « cette société ouverte » à se fermer, se replier, se diviser, se recroqueviller, s’abaisser, s’égarer et à se perdre.
Mais le danger est peut-être moins « le marteau » que « l’enclume, sur laquelle nous risquons d’être fracassés. Elle a déjà vibré à l’écho du marteau. L’enclume, ce sont ceux qui veulent faire avancer le pays sur le chemin de l’arbitraire, de la répression aveugle, de la stigmatisation et suspicion généralisée »*.

 

"La Guerre est déclarée". Comment allons-nous combattre ? Faut-il cesser de vivre pour autant ? ("La Guerre est déclarée" : affiche du film-2011- de Valérie Donzelli)

« La Guerre est déclarée ». Comment allons-nous combattre ? Faut-il cesser de vivre pour autant ?
(« La Guerre est déclarée » : affiche du film-2011- de Valérie Donzelli)

« La guerre est déclarée », donc. Non « contre la chair et le sang », mais contre la haine, la peur et l’ignorance. Il y a là une bataille d’idées, de pensées (et aussi sémantique), à livrer et à remporter (2 Cor.10v3-5, Eph.6v12). Il importe alors d’apprendre ou de réapprendre à penser « juste » et à penser « vrai ». Soyons (restons) sages et lucides. Refusons d’être séduits.

Que dire, qu’écrire, après les attentats du 13/11 ?

(Plus) rien, ai-je envie de dire. Ce n’est plus le moment « des concours d’éloquence », ou de faire la morale à ceux qui assistaient au concert de rock au Bataclan, ou à qui que ce soit.

L’heure est venue, notamment pour les chrétiens, moins d’écrire ou de parler, mais peut-être plus d’être et d’agir.
Face au deuil et à ceux qui souffrent, la meilleure éloquence est peut-être de se taire**, pour mieux « pleurer avec ceux qui pleurent » et manifester à leur égard la compassion de Christ.

Que faire ? Qu’être ?

Arrêtons d’écrire, de parler. Sortons (notamment de derrière nos écrans) pour se parler, et se regarder, pour comprendre que derrière un nom, un visage, une confession….il y a, non pas « une statistique » ou « une cible », mais une personne précieuse, de valeur***. Sortons pour se comprendre et s’attacher à l’essentiel. Vivons la réciprocité. Réapprenons à connaître véritablement. C’est une question de vie ou de mort.

Soyons (restons) ensemble. Et surtout ne cessons pas de prier et de veiller, d’aimer, de témoigner. Soyons des repères, porteurs de sens et d’espérance (et non « d’espoir »). « Faisons les présentations » (dans le sens de faire connaître Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie »)

Prions pour la France. Prions pour la compassion de Dieu sur les familles des victimes.
Sachant que Dieu déclare vouloir « tendresse[bonté, miséricorde, loyauté]et non sacrifice. Et connaissance de Dieu plus que des holocaustes »(Osée 6v6). Et l’« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; Et ce que l’Éternel demande de toi, C’est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. » (Michée 6v8)

Prions pour nos autorités. Pour eux-mêmes et leurs proches, mais aussi pour leurs prochaines(difficiles et délicates) décisions en réponse à ces attentats. Puissent-elles être prises en toute sagesse, pertinence et justice.

Prions pour la crédibilité de l’Eglise, c’est-à-dire, nous, croyants. Ne perdons pas notre temps en distractions, scandales, « humour cool gras » et vulgaire****. Souvenons que notre ministère est celui, non « de la condamnation », mais « de la réconciliation »(2 Cor.5v18 et ss), et de « la nouvelle alliance » (2 Cor.3v6).
On ne tue donc pas « au nom de Dieu », et encore moins « pour le servir », ou « lui rendre culte » (Jean 16v2)

« Soyons donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchons dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur »(Eph.5v1-2).

"Veillez, priez, résistez"

« Veillez, priez, résistez »

Soyons « lumières » et « marchons comme des enfants de lumière »(Matt.5v14 et ss, Eph.5v8-9), comme « Dieu est lumière »(1 Jean 1v5 et ss) et Christ est « lumière »(Jean 8v12). Manifestons « le fruit de la lumière : bonté, justice et vérité »(Eph.5v9).

Prions pour que tout ce qui est « ténébreux », caché, soit « toutes choses, étant reprises par la lumière, (soient) manifestées[dévoilées]; car ce qui manifeste tout, c’est la lumière ».(Eph.5v13)

Prions pour que nous soyons réellement « des ouvriers de paix ». Sachant que la paix véritable n’est pas uniquement l’absence de ce qui ne va pas, mais la présence de ce qui est bon.

 

 
A lire, enfin, de belles interventions, dignes et pertinentes- de la part d’autres blogueurs :

Cahiers libres : http://cahierslibres.fr/2015/11/totalite-et-infini/

Elle croit : http://www.ellecroit.com/attentats-du-13-novembre-paris-douleur-souffrance-esperance/

La rebellution : http://www.larebellution.com/2015/11/14/attentats-prayforparis/

Phylloscopus : https://phylloscopus.wordpress.com/2015/11/16/361/

Stratpolitix : http://stratpolitix.com/2015/11/17/pourquoi-la-france-une-courte-reflexion-sur-un-impact-psychologique-et-un-traitement-mediatique-particuliers-2/
Thomas More : https://thomasmore.wordpress.com/2015/11/16/libertes-et-securite-dans-un-monde-dangereux/

TGC – Evangile 21 : http://www.thegospelcoalition.org/evangile21/article/pray-for-paris

 

Notes :

* cf Ivan Duroy. Attentats : entre le marteau et l’enclume.
A rapprocher avec cette analyse de Pierre-Jean LUIZARD, chercheur CNRS et membre du GSRL, auteur du Piège Daech, relayé par Sébastien Fath sur son blogue :
Daech veut faire en France ce qui a réussi en Irak : « Cet acte de terrorisme en France n’est selon moi pas du tout une marque de faiblesse. Il illustre une guerre qui nous est déclarée. L’État islamique essaie de faire en France ce qu’il a parfaitement réussi en Irak, en multipliant les violences envers certaines communautés, à savoir finir par convaincre les différentes communautés qu’elles ne pouvaient plus vivre ensemble. »
** Cf Job 2v11-13, le silence des amis de Job est peut-être ce qu’ils ont dit de mieux.

*** En cela, ces terribles et tristes événements du vendredi 13/11 redonnent une actualité troublante à deux billets publiés il y a quelques temps, relatifs à « l’indifférence » et à « l’individualité ».

**** Cf Eph.5v3-8 : « Mais que ni la fornication, ni aucune impureté ou cupidité, ne soient même nommées parmi vous, comme il convient à des saints; ni aucune chose honteuse, ni parole folle ou plaisanterie, lesquelles ne sont pas bienséantes, mais plutôt des actions de grâces. Cela en effet vous le savez, connaissant qu’aucun fornicateur, ou impur, ou cupide (qui est un idolâtre), n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu.
Que personne ne vous séduise par de vaines paroles; car, à cause de ces choses, la colère de Dieu vient sur les fils de la désobéissance. N’ayez donc pas de participation avec eux;
car vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur…. »

« Veillons et prions » : percevons l’enjeu spirituel !

Bored femme étudie par Petr Kratochvil Tu n'as pu veiller une heure avec moi ? demande Jésus

Bored femme étudie par Petr Kratochvil
Tu n’as pu veiller une heure avec moi ? demande Jésus

Les disciples n’avaient pas pu « veiller une heure » avec Jésus.

Sans doute parce qu’ils n’avaient pas saisi tout l’enjeu de cette nuit décrite dans les évangiles : Matthieu 26; Marc 14, Luc 22, Jean 18.

« La nuit où le Seigneur fut livré »(1 Cor.11v23).

Cette nuit où le diable semble avoir jeté toutes ses forces contre Jésus.

Cette nuit où le Seigneur Jésus a peut-être été tenté de remonter au ciel, seul, sans passer par la croix(Marc 14v32-36 ; Matt.26v36-39)

Cette nuit où Il a été abandonné de tous, trahi par l’un et renié trois fois par un autre.

Néanmoins, lors de cette nuit, « l’heure (de ses ennemis)et la puissance des ténèbres »(Luc 22v53), une lueur demeure, avec pour encouragements la Parole et l’exemple du Seigneur :

-Il annonce précédemment à ses disciples tout ce qui va se passer(Luc 22v14-22…Matt.26v1, 18 et ss; etc…), preuve qu’il « ne subit pas » et qu’Il accomplit la volonté de Celui qui l’a envoyé : « que ta volonté soit faite » sera le dernier mot(avec le « tout est accomplit » cf Jean 19v30)

Il enseigne ses disciples au sujet de l’identité de notre véritable ennemi, avec la chair et le monde : « le diable, le meurtrier dès le commencement(celui d’Abel, premier témoin du Christ par anticipation cf Gen.4v4, 8 ; celui des générations de Moïse-Ex.1v15-22-et de Jésus-Matt.2v16), le menteur et le père du mensonge »(Jean 8v44)

En effet, il est bon et nécessaire de se rappeler que notre lutte « n’est pas contre la chair et le sang… »(Eph.6v12).

Jouer aux échecs par Andrew Schmidt Soyons "attentifs ensemble", quant à l'enjeu du combat spirituel

Jouer aux échecs par Andrew Schmidt
Soyons « attentifs ensemble », quant à l’enjeu du combat spirituel

C’est pourquoi, ayant pris en considération toute la réalité et l’enjeu de ce combat spirituel,

« veillons et prions » : car « si l’esprit est prompt, la chair est bien faible », dit Jésus(Marc 14v38)

« Que ta volonté soit faite »(Luc 22v42, Jean 6v3) : là est la clé. Afin que Dieu seul soit glorifié dans tout ce que nous faisons pour et avec Lui. C’est ce qui a motivé le Seigneur durant son ministère et à Gethsémané.

« Travaillons tant qu’il fait jour » : tant que nous sommes dans ce monde, nous sommes la lumière du monde (Jean 9v4-5 ; Matt.5v14), à l’instar du Seigneur Lui-même.

« Veillons et prions », « travaillons », « les armes à la main », comme au temps de Néhémie(8v17), et en nous souvenant que nos armes ne sont pas charnelles, mais spirituelles. En Ephésiens 6v10-17  sont détaillées les armes dont nous disposons : « le casque du salut »(protégeant les pensées), « la cuirasse de la justice »(qui protège le coeur), « le bouclier de la foi »(« pour éteindre les dards enflammés du malin »)…et la seule arme offensive qui est « l’épée de l’esprit » ou la Parole de Dieu. Sachons manier celle-ci, non contre nos semblables, notre prochain ou notre frère, ou même les autorités de notre pays(instituées par Dieu, cf Rom.13v1-2)-« la chair et le sang »-mais contre le bon adversaire.

Tard dans la nuit par Jani Ravas

Tard dans la nuit par Jani Ravas

« Veillons et prions », en exerçant le discernement, don de Dieu(1 Cor.12v10), comme « des hommes faits »(Hébr.5v14)

« Travaillons, tant qu’il fait jour » et soyons ce que nous sommes : « des enfants de la lumière et du jour »(1 Thes.5v5), à l’image de notre sauveur et seigneur ; marchons comme des enfants de lumière(Eph.5v8), à l’image de notre Dieu et Père céleste, « qui est lumière » et en qui il n’y a pas de ténèbres »(1 Jean 1v5). Et produisons le fruit de la lumière : bonté, justice, vérité »(Eph.5v9)

« Veillons et soyons sobres »(1 Thes.5v6)