« Etrangers dans la cité » ou quand l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise

L’Eglise ne doit pas s’inquiéter « d’être dans le monde » mais « comment être dans le monde, sous quelle forme et dans quel but »(Hauerwas/Willimon. Etrangers dans la cité)

Voici là l’un de mes meilleurs livres lus cette année, reçu dans des circonstances particulières, et dont je vous recommande vivement la lecture : « Etrangers dans la cité » de Stanley Hauerwas et William H. Willimon (Ed. du Cerf, 2016). Il y est question de l’Eglise (celle de Jésus-Christ) et de la façon dont elle est appelée par Son Seigneur à être visible, en étant ni « du monde » ou « hors du monde », mais bien « dans le monde ». En clair : l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise, et les chrétiens doivent assumer le fait d’être « des exilés en terre étrangère » (op. cit, p 51).

Cette édition d’ « Etrangers dans la cité » (par ailleurs catholique et non protestante/évangélique, comme on aurait pu s’y attendre) est la première traduction française de l’édition « anniversaire » d’un best-seller (« vendu à 1 million d’exemplaires » dans son édition américaine d’origine !) publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014. L’ouvrage, qui a pour auteurs deux méthodistes américains (l’évêque William H. Willimon, qui a rédigé un avant-propos, et le théologien et éthicien Stanley Hauerwas, qui a rédigé la postface), reste toujours aussi stimulant et pertinent pour notre temps. Il semble pourtant encore trop peu connu en France et me paraît particulièrement recommandable à tous ceux qui estiment que l’on pourrait « être chrétien sans église » et/ou que le summum de « la maturité spirituelle » serait une vie marquée par l’indépendance ou « la liberté individuelle » rationnelle de choix (par ailleurs héritée des Lumières).

Dans cette édition française figure également une préface tout aussi percutante des traducteurs Grégoire Quévreux et Guilhem Riffaut. Intitulée de façon provocatrice « Babylone à domicile », elle souligne que « l’Eglise, quand elle est fidèle à Jésus-Christ » et au véritable Evangile (pas le faux, dit « de la prospérité » !), « s’oppose nécessairement au monde », « un monde malade de son propre vide : le McWorld », né de « la mcdonaldisation » de la société, standardisée sur le modèle du « fast-food »(op.cit., pp8-13, 23). Et cette Eglise fidèle s’oppose alors aux « piliers du McWorld » (le nihilisme, le matérialisme, le capitalisme et l’individualisme), « lorsqu’elle lui rappelle la foi en Dieu et son Fils, son éloge d’une vie simple et spirituelle fondée sur l’amour du prochain et vécue communautairement, loin du consumérisme acharné et de la concurrence rapace de tous avec tous » (op.cit., p23). C’est là « la chose la plus précieuse (que l’Eglise fidèle) a à apporter (à ce) monde » (op.cit., pp 26-27).

Sinon, Willimon et Hauerwas nous invitent à nous poser les bonnes questions (non plus « devons-nous croire ? » mais « que devons-nous croire ? », op. cit., p63 et non plus « Dieu existe-t-il ? » mais « quel Dieu existe ? », op.cit., p164). Et à nous réjouir de ce que, « quelque part entre 1960 et 1980, un vieux monde dépassé (ait) pris fin, laissant la place à « un monde nouveau et excitant », « en attente d’être exploré »(op.cit., p53).

« Le vieux monde » qui a disparu est « la chrétienté », ou « l’Église constantinienne » – marquée par une si étroite collaboration entre l’Église et l’Etat, que l’un et l’autre en sont confondus. Le christianisme a paru pendant des siècles en tirer profit par l’influence qu’il s’imaginait avoir sur le temporel. La disparition de ce régime a laissé désemparées plusieurs générations de chrétiens.

« Le monde nouveau et excitant, en attente d’être exploré » est celui qui s’ouvre aux chrétiens, libres désormais de proclamer l’Evangile et d’incarner une véritable contre-culture, missions impossibles si « la tâche sociale de l’Église est d’être l’un des nombreux auxiliaires dociles de l’État » (op.cit. p. 85), ou si l’Eglise reste « le supplément d’âme de la société marchande » (op. cit., p 27).

Rejetant les compromissions et les impasses du sécularisme de l’Église « militante » (« libérale », « progressiste », oeuvrant à réformer la société) et de l’individualisme de l’Église « conversionniste » (« conservatrice », travaillant au changement intérieur des individus), l’une et l’autre n’ayant rien de sérieux (et de neuf) à dire à la société, Willimon et Hauerwas optent pour une Église confessante, qui n’est ni « le juste milieu », ni une synthèse des deux précédentes.

Pour une telle église, « fidèle plus qu’efficace », être « le plus crédible » et « le plus efficace » ne consiste pas à rendre l’Evangile plus « crédible et compréhensible » pour le monde, au risque de dénaturer le message, mais à être « quelque chose que le monde n’est pas et ne pourra jamais être » sans le Christ (op.cit., pp 93-95) :

« Ilot culturel au milieu d’une culture étrangère », l’Eglise ne doit pas œuvrer pour « améliorer » le monde, mais préparer le Royaume (ou Règne) de Dieu en bâtissant ce qui est « la stratégie sociale la plus créative que (les chrétiens ont) à offrir » (op. cit.p. 147), prémices d’une nouvelle création en Christ. L’Eglise n’a donc pas seulement une éthique sociale chrétienne : elle « est » une éthique sociale chrétienne, étant une communauté de foi vivante, visible et inspirante (certes, dans la faiblesse) où sont vécus les principes de vie du Règne de Dieu enseignés par Jésus dans le Sermon sur la Montagne : suivre Jésus et vivre ensemble autrement, choisir la vérité au mensonge, remettre en question « une bonne idée » de garderie à l’église (pour les membres qui auraient besoin « de travailler plus pour gagner plus » de quoi s’acheter une deuxième voiture…), confronter les « Ananias et Saphira » plutôt que de (les) rassurer, prendre soin de manière collective et concrète d’un couple proche du divorce, donner et recevoir le pardon, aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent….bref, « être parfaits », comme « Notre Père Céleste est parfait », Lui qui « fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il fait pleuvoir sur ceux qui lui sont fidèles comme sur ceux qui ne le sont pas » (Matt.5v45, 48).

Contrairement à une idée reçue, le Sermon sur la montagne n’encourage pas un individualisme héroïque, puisqu’il le tient en échec. Il n’est donc pas à vivre seul, ce qui serait impossible, mais nécessairement au sein d’une communauté (l’Eglise) et autour d’un grand récit (celui de la révélation biblique dont le centre est Jésus-Christ). C’est ainsi que sera effectivement et concrètement annoncé « une Bonne Nouvelle premièrement pour les pauvres », et proclamé « aux captifs la libération… » (Luc 4v18).

« Objections ! »

Une telle approche, qualifiable de « radicale », sera-t-elle intégralement adoptée ? Stimulante et interpellante, elle est toutefois susceptible d’être critiquée comme étant « sectaire » (cf la posture d’une Eglise repliée sur elle-même), « pessimiste » ou « binaire » (l’Église présentée comme « l’unique planche de salut face à une société éclatée »). Ainsi, Dieu est-il exclusivement actif dans la communauté des chrétiens ou agit-il aussi dans la vie des hommes et des femmes de bonne volonté qui n’appartiennent pas à une «Église visible» ? « Dieu offre-t-il le salut à un petit nombre de croyants seulement ? Le monde n’est-il pas un lieu habité par l’Esprit de Dieu ? Un agnostique individualiste ne peut-il pas trouver dans sa vie un chemin de vérité ? La sagesse de ce dernier ne peut-elle rien apporter aux chrétiens ?…… »

D’autres objecteront : « une foi réellement incarnée peut-elle se passer d’entrer en dialogue avec la culture ? Le modèle suggéré par les auteurs est-il vraiment pertinent pour penser les défis de la foi chrétienne dans une France sécularisée, tentée par toutes sortes de replis identitaires ? » (pour ne pas dire « communautaristes ») Ce à quoi répondent indirectement Willimon et Hauerwas, pour qui « les chrétiens se doivent d’être très soupçonneux vis-à-vis de tout discours communautariste », surtout « lorsque les gens sont totalement privés de perspectives ou d’une vision du monde cohérente ».

D’autres encore estimeront « critiquable » l’affirmation comme quoi « l’éthique chrétienne (n’aurait pas) de sens pour des non-chrétiens » et dénonceront comme un « excès de langage » ce qui consiste à qualifier tout projet d’une éthique universellement compréhensible d’« hérésie diabolique ». Si « l’éthique chrétienne découlant de la foi au Christ est folie pour le monde, est-elle pour autant incompréhensible ? L’éthique chrétienne ne vient-elle pas réveiller la conscience que Dieu a déjà placée en chacun ? »

« A nous de jouer ! » (Mais ce n’est pas un jeu)

Ces objections et interrogations une fois formulées (dans le but – conscient ou inconscient – de « rationaliser » le propos d’ « Etrangers dans la cité » ?), et après avoir bien débattu sur le web et/ou IRL, les chrétiens oseront-ils être enfin l’Eglise, « dans le monde sans être du monde » ?

Non pas, comme le précisent Willimon et Hauerwas, pour être « la communauté pour la communauté » (op.cit., p138), mais pour être fidèles à Jésus, dans l’humilité et en vérité.

En parallèle, le mieux que l’on puisse souhaiter à « Etrangers dans la cité », à l’instar du vœu de ses auteurs, c’est d’être lu et perçu « comme un livre d’espérance », source d’inspiration, par ceux qui continuent de croire que « Dieu n’abandonnera jamais Son Eglise » (op.cit., p 282)

 

En bref :

Stanley Hauerwas, William H. Willimon, Étrangers dans la cité (Resident Alliens. Life in the Christian Colony), traduit et préfacé par G. Quévreux et G. Riffault, Editions du Cerf, 2016(collection Essais). Disponible chez l’éditeur et dans toute bonne librairie.

« (In)culture au poing » : Jésus ne parlait pas anglais

Le projet des témoins du Christ – et de Dieu – était que cette Bonne Nouvelle aille « jusqu’au bout de la terre »…

Jésus ne parlait pas anglais. Plus exactement, Lui, Juif, et au prénom parfaitement juif (« Yeshouah » ou « Dieu sauve ») ne parlait pas l’anglais « de l’époque », c’est-à-dire le grec, langue du commerce et des relations marchandes. Et il s’adressait essentiellement, au début, à des Juifs, « les brebis perdues de la maison d’Israël ». Il ne semblait donc pas avoir de prétention universaliste à la base, à priori.

Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, la foi chrétienne, qui s’appuie sur les paroles, faits et gestes d’un tel Messie Juif, est étrangement universelle et universaliste, puisqu’elle est le fruit d’une étonnante rencontre entre le peuple d’Israël et la culture la plus mondialisée qui n’ait jamais existé, la culture gréco-romaine.

Nous comprenons aussi qu’au travers de ses rencontres, Jésus, logiquement préoccupé par les gens de son entourage et de sa culture, ait finalement été « ému de compassion » par ceux qui n’étaient « pas de son peuple » et considérés comme « sans foi, ni loi » ou idolâtres(cf Eph.2v11-17). La grande surprise des événements de la croix, du tombeau vide et de la Pentecôte (un « anti-Babel »), fut une formidable ouverture au monde entier. Et ladite ouverture fut traduite principalement par le fait que les témoins majeurs de ces moments incroyables ont composé leur narration en grec, « l’anglais de l’époque ». Désormais, Jésus est connu partout sur terre sous le nom de « Christ » : une appellation grecque pour décrire une fonction plutôt sémitique, le fait d’être « oint de Dieu », ce qui se dit « Messie » (« Mashiah ») dans les langues sémitiques

Que toute l’aventure de ce Messie Juif « qui ne parlait pas anglais » soit racontée dans la langue internationale de l’époque n’est pas anodin. Le projet des témoins du Christ était que cette Bonne Nouvelle aille « jusqu’au bout de la terre ». Mais il peut paraître improbable, sinon impossible, qu’un peuple sans armes, refusant la soumission à l’empereur surpuissant de l’époque, ait pu diffuser en l’espace de 150 ans une proposition de foi complexe et exigeante. Pire, cette spiritualité semblait même plutôt précaire, étant transculturelle, à cheval entre les deux univers mentaux des grecs et des sémites. Et pourtant, cette foi s’est répandue dans tout le bassin méditerranéen, autant dire dans tout le monde connu, sans violence, ni contrainte aucune ! Il est bon, en effet, de se rappeler que les missions guerrières et autres « croisades », l’Inquisition et les guerres de religion, sont tardifs dans le christianisme, n’arrivant qu’après la « conversion-compromission » de Constantin, quand l’Eglise s’unit à l’empire et donc à César.

Une chose est certaine, pour le croyant : ce projet était motivé par Dieu lui-même, et cette bonne nouvelle s’est surtout répandue grâce à une puissance d’en haut. Et aujourd’hui, cette bonne nouvelle est arrivée jusqu’au XXIe siècle, c’est-à-dire jusqu’à nous qui lisons ceci.

(D’après Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, pp11-13)

A lire : Matt 15v21-28 ; Marc 7v24- 30.

 

 

Pour Guillaume Bignon, la foi a (ses) raison(s)

« La foi a ses raisons que la raison ignore », aurait pu dire Pascal, un autre scientifique-philosophe chrétien

J’ai reçu, le jour de sa sortie(26/04), et de la part de l’éditeur BLF, que je remercie, « la foi a ses raisons » de Guillaume Bignon (1).

Il n’est pas aisé de parler d’un tel livre, surtout après les remarques qu’en ont faites de telles personnalités comme Lee Strobel, Mike Evans, Charles-Eric de Saint-Germain ou David Nolent(2). Mais essayons quand même.

Ce livre est, de l’aveu de l’auteur lui-même, « un recueil de paradoxes. C’est l’histoire d’un scientifique, ingénieur en informatique financière, qui se retrouve docteur en philosophie. C’est aussi l’histoire d’un conférencier en philosophie qui n’a pas eu la moyenne au bac de philo. C’est l’histoire d’un homme immoral qui nous parle du bien, l’histoire d’un athée(3) hostile à la religion qui nous parle de l’existence de Dieu, et celle d’un homme nous parlant de bonheur, alors qu’il l’a cherché partout dans tous les mauvais endroits. Enfin, c’est surtout une histoire à dormir debout (qu’il) nous invite à croire, alors (qu’il ne l’avait) pas cru lui-même il y a quelques années » (op. cit., p10)

Ce livre est donc son témoignage – qui nous permet de découvrir quel athée il a été, pour mieux comprendre un certain système de référence, ou une manière de se représenter l’humain, l’origine et la destinée du monde, le sens de la vie.

Ainsi, Guillaume Bignon, qui a grandi dans le catholicisme pour s’en détacher à son entrée au lycée, était un « athée scientifique », se préoccupant de ce qui est observable (et pas des « choses invisibles »). La science et la raison étaient, semble-t-il, « ses dieux », comme en témoigne notamment son admiration pour « ses héros », son père et son grand père, tous deux de brillants scientifiques mais de confession catholique. Sauf que le premier (le père) était « pratiquant mais pas croyant », tandis que la foi du second (le grand-père) était plutôt « compartimentée »(c’est à dire, sans aucune incidence dans le monde réel). En témoigne aussi sa question récurrente tout au long du livre : « faut-il être bête pour croire en Dieu en notre siècle ? »

Enfin, le livre est un ouvrage de vulgarisation apologétique, se voulant accessible au non-initié, et comportant des discussions importantes sur l’existence de Dieu, la fiabilité de la Bible, la relation entre foi et raison, les raisons de croire ou de ne pas croire, le décalage entre « dire » et « faire », la moralité, le sens de la vie, la réussite, la création et l’évolution, la science et la connaissance, ou encore la réfutation des objections de certains essayistes sceptiques [notamment les médiatiques Michel Onfray, André Comte-Sponville, Luc Ferry….] contre la foi chrétienne. Comme l’explique l’auteur, « j’ai écrit le livre de façon à satisfaire les amoureux de ces deux genres »(4). Néanmoins, toutes ces réflexions, certes pas sans intérêt et particulièrement mûries, et dont on devine qu’elles sont postérieures à la conversion de Guillaume, se mêlent au récit censé raconter une évolution. J’aurai jugé plus pertinent d’insérer certains grands débats en annexe, pour garantir une meilleure fluidité de l’ensemble. Mais cela n’engage que moi.

D’autre part, je m’interroge personnellement sur les forces et les limites de l’apologétique, laquelle discipline consiste en fin de compte à démontrer que les autres [les athées] sont complètement stupides ! Et ce, alors que, en face, l’athée cherche à soulever les incohérences de notre foi. Est-il alors pertinent de « se battre en duel » avec l’athée sur son terrain, d’argumenter contre lui ou de tenter de répondre à toutes ses objections, et de tout lui expliquer ?

A ce sujet, il est intéressant de prendre en compte de manière globale et interdépendante les cinq éléments ayant provoqué un déclic dans la pensée de Guillaume Bignon, pendant longtemps uniquement préoccupé d’obtenir du succès dans les domaines des conquêtes féminines, du sport et de la musique. L’athée qu’il a été s’est montré particulièrement intéressé, à un moment de son parcours, par (a)l’expérience et le témoignage, qu’il a estimé être « une source valide de savoir et pas seulement de croyance »(op. cit., p 153). C’est ainsi que ses rencontres, à l’âge de 24 ans, avec l’auto-stoppeuse-mannequin américaine « Vanessa », puis avec mon pasteur Robert Baxter (considéré par Guillaume comme « un homme intelligent » et dont la présence dans ce livre m’a agréablement surpris), également américain, ont été déterminantes, pour leurs témoignages personnels d’une vie transformée par Jésus-Christ, (b)leur foi en la puissance et les miracles de Dieu, ayant un impact dans le monde réel, ainsi que (c)leur position sur le mariage et les relations sexuelles. C’est aussi à partir de ce point de bascule que le livre, dans lequel j’ai eu du mal à entrer au début, a mieux capté mon attention.

De ces rencontres ont découlé d’autres réflexions et prises de conscience sur ce que j’appellerai « le nom de son dieu », ou l’instance suprême qui régissait sa vie jusque-là : (d) son rapport à la science (Guillaume découvre qu’elle n’est « pas notre seule source de savoir »), jusqu’à (e)la conviction, une fois sa « conscience réactivée », que « Jésus-Christ est mort pour (lui) ». Certes, il lui a été indispensable de résoudre ce qu’il appelle « ses puzzles intellectuels », pour en arriver à accepter que la foi chrétienne n’était pas irrationnelle, mais « le coeur (a fini par suivre) la tête ». Un chrétien ne fait pas que croire intellectuellement que Dieu existe et que Jésus est ressuscité.

En fin de compte, pour Guillaume Bignon, la foi a (ses) raison (s). Et la foi en la puissance et l’amour de Dieu a eu raison de lui ! Car, comme l’auteur nous le rappelle à la fin, faisant référence à cette parole de Jésus, rapportée dans l’Évangile : « celui qui a été pardonné beaucoup aime beaucoup ». Justement, Guillaume Bignon déclare joliment qu’il « aime beaucoup »(op. cit., p 267).

Sinon, en dépit de certaines impressions mitigées (j’ai eu du mal à rejoindre complément l’univers de Guillaume Bignon), ce livre, agréable à lire et souvent drôle, m’a paru utile, en ce qu’il nous permet de (et encourage à) comprendre le système de référence d’un athée pour mieux lui parler de Jésus-Christ.

Ensuite, si vous êtes chrétien et si vous avez une première discussion avec un athée, il est important de s’attendre, comme cela a été le cas pour Robert Baxter avec Guillaume, à ce que l’athée revienne vous voir, parce qu’il sera conscient d’avoir besoin du Dieu qui a changé votre vie. Est-ce le cas, pour vous qui lisez ces lignes ? Dieu a-t-il changé votre vie ? Votre foi a-t-elle un ancrage dans le monde réel ? Alors, vous avez un témoignage puissant à donner.

Enfin, voici un « sujet de philo » :

« Il faut beaucoup de foi pour être athée », écrivait Ralph Shallis dans un livre au titre éponyme, pour affirmer qu’il n’y a pas de Dieu….vu qu’un athée en a un aussi (reste à découvrir lequel en parlant avec lui) et pour croire que tout serait arrivé « par hasard ».

Les athées existent-ils ?

Ou cet autre sujet :

Qu’est-ce que « défendre sa foi » ? La foi a-t-elle besoin d’être « défendue » ?

Vous avez une heure pour plancher ! 😉

 

Notes :

(1) Bignon, Guillaume. La foi a ses raisons : Confessions d’un athée surpris par Dieu. BLF éditions, 26/04/18. Disponible en librairie ou sur le site de l’éditeur.

Guillaume Bignon est ingénieur en informatique financière. Diplômé de l’Institut supérieur d’électronique de Paris, il est aussi titulaire d’un doctorat de théologie philosophique de l’Université du Middlesex à Londres. Voir ses témoignages et interviews : http://leboncombat.fr/foi-raison/ ; https://discutame.com/2016/09/28/quand-un-athee-devient-docteur-en-theologie-12-temoignage-de-guillaume-bignon/ ;https://discutame.com/2016/09/30/quand-un-athee-devient-docteur-en-theologie-22-interview-de-guillaume-bignon/ ; http://www.associationaxiome.com/conversion-guillaume-bignon/ ; https://www.unherautdansle.net/pe46/

(2) Lee Strobel est notamment l’auteur de « Jésus : la parole est à la défense » et personnage principal du film « Jésus, l’enquête » ; Mike Evans est président d’Evangile 21 ; Charles-Eric de Saint-Germain est professeur de philosophie en classes prépa et David Nolent, directeur du Top Chrétien.

(3) Un athée est « sans dieu ». En comparaison, un agnostique est « sans connaissance » (de Dieu).

(4) Voir « Quatre questions à Guillaume Bignon sur la foi et la raison », à lire sur « Le Bon Combat ».

Un verset et une question pour retrouver et vivre un christianisme véritable

Si les fameuses pensées de Kierkegaard nous « attaquent par derrière »….c’est pour mieux nous édifier !

Voici une nouvelle série pour l’été : chaque mercredi, pendant sept semaines, d’après « les pensées qui attaquent dans le dos » du penseur chrétien Soren Kierkegaard(1), un verset et une question pour méditer sur une condition nécessaire pour retrouver et vivre un Christianisme véritable.

Ces questions ne brossent pas dans le sens du poil mais engage celui qui ose s’y plonger. Et si elles l’« attaquent par derrière »….c’est pour l’édifier !

Bonne route, car, comme le rappelle Kierkegaard, « là, c’est avec toi-même que tu (auras) affaire au sens le plus profond, et il s’agit d’une affaire de conscience ».

Note :

(1)Ed. Première partie, 2014.

 

 

L’Evangile.net : la Bonne Nouvelle à découvrir par soi-même et à partager

"L'Evangile.net" : un média, invitant à oser(se)questionner et à partager sur la foi, comme à créer des liens....

« L’Evangile.net » : un média, invitant à oser(se)questionner et à partager sur la foi, comme à créer des liens….

Ces jours-ci, j’ai le plaisir de découvrir « L’évangile.net »(1), reçu en « avant-première », de la part des éditions BLF, que je remercie pour leur amabilité.  A première vue, l’objet – très bien pensé et très bien conçu, très agréable à regarder et à manipuler -ressemble à un carnet. Mais il s’agit en réalité d’un livre….d’un genre un peu particulier. J’ai là entre les mains « un évangile interactif » permettant de découvrir par soi-même la foi chrétienne via l’Évangile selon Jean, une partie du Nouveau Testament, avec l’aide de commentaires et de plusieurs vidéos explicatives. Il sortira le 4 Octobre sur BLF Store.

De prix abordable et de par son format, il est le cadeau idéal à offrir à toute personne en quête de sens dans un monde troublé, et désireuse de découvrir directement par elle-même qui est Jésus-Christ, quel est le contenu et la portée de son message, ainsi que ce que signifie « croire en Dieu », autrement que par des sources de seconde ou de troisième main.

L’Evangile.net se décline en l’Évangile selon l’apôtre Jean en version papier, dans une traduction accessible et dynamique (« Parole vivante »), et en un site web où se trouvent des vidéos qui aident le lecteur à comprendre et à méditer ce qu’il lit.

L’évangile selon Jean a été choisi, parce que son sujet principal est Jésus-Christ, parce qu’il utilise des mots simples pour aborder de questions profondes, et parce qu’il privilégie une approche progressive de la foi.

Conçu pour rendre accessible la lecture de l’Evangile à la nouvelle génération et aux « digitals natives », « l’Evangile.net » réconcilie plusieurs approches :

Premièrement, nous sommes invités à une lecture dite « traditionnelle », puis à la méditation(2) d’un livre papier, dont le texte tient sur les pages de gauche. Les pages de droite, quant à elles, sont réservées à la prise de notes de réflexions personnelles et de questions nourries par la lecture et contiennent des commentaires, des questions et 14 liens vidéo(3). Celles-ci sont à regarder en dernier. Elles fournissent à la fois des « explications de texte » de douze passages choisis du livre et des réponses aux principales objections vis-à-vis de la foi, mais aussi des témoignages de chrétiens racontant leur expérience avec Dieu.

L’approche nécessite une certaine disponibilité de la part du lecteur (L’on découvre ainsi que la Bible parle d’elle-même si on la questionne), analogue à la disponibilité requise pour écouter et dialoguer avec quelqu’un d’autre.

D’ailleurs, si l’Évangile.net a été fait spécialement pour ceux que ne connaissent pas le Christianisme, quelque soit leur arrière-plan, ou leur absence d’arrière-plan religieux, il est aussi un excellent média permettant aux chrétiens de partager leur foi et de discuter avec leurs amis de sujets très concrets de la vie : la souffrance, la joie, la mort, la justice, l’amour vrai, la confiance, la vérité, la liberté, le mal, le besoin spirituel….

Mais plus qu’un outil, l’Evangile.net est un bel objet novateur, susceptible de passer de main en main, invitant à oser (se) questionner et à donner un témoignage « incarné », comme aussi à créer du lien. Et rien que pour cela, l’initiative mérite d’être encouragée !

 

Et comme « une image vaut mieux qu’un long discours », voici un lien pour découvrir, entre autres : le reportage diffusé sur France2 à ce sujet, le contenu des vidéos, la genèse du projet…

Il est enfin possible de feuilleter le livre ici.

 

Notes :

(1) Une co-édition BLF/collectif « Majestart ».

(2) A noter qu’ici, « méditer » ne signifie pas « faire le vide » en soi, mais plutôt à « mettre en relation » ou à relier ce que nous séparons si souvent : pensée et action, « vie intérieure et extérieure », l’esprit et le corps. « Méditer » implique une priorité de disponibilité et d’écoute du texte, puis de « cueillir » et « recueillir » nos découvertes de lecture par l’écriture couchée sur le papier….ou encore de « retenir » pour soi « un (….) noyau d’olive à retourner dans la bouche »(Erri de Luca. « Noyau d’olive ». Folio 2012, p.43)

(3) Le site web, où se trouvent les vidéos, est gratuit et accessible à tous. On peut gratuitement utiliser l’Évangile.net avec une Bible standard. L’application mobile est, elle aussi, gratuite et disponible pour Android et iOs. Le site et l’appli sont disponibles depuis le 4 Octobre 2016 (Date du lancement officiel)

 

« Le Christianisme n’est pas une religion »

Le Christianisme n’est pas une religion, mais l’acceptation de l’amour de Dieu(cf Jean 3v16) et le désir de vivre pour Christ, « qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi »(cf Galates 2v20), ai-je lu sur un feuillet du calendrier de la Bonne Semence, daté du 06 mars 2014.

C’est absolument vrai.

« Je dirai même plus », le Christianisme,

c’est aussi une rencontre et une relation avec Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20). Une rencontre et une relation de nature à nous transformer et à nous réconcilier avec Dieu, nous-mêmes et les autres. Une relation à la fois « verticale » et « horizontale », qui nous permet de vivre véritablement avec et pour Dieu, et les autres.

Cette relation pleine de sens, Dieu la veut et l’a rendue possible, par Jésus-Christ. Resteras-tu en dehors ?

Avoir soif d’une eau éternelle

L’on trouve beaucoup d’invitations, dans la Bible.

 

Notamment une, « à celui qui a soif », que l’on peut découvrir dans Esaïe 55, l’Évangile selon Jean 4 et 7, et(l’invitation ultime) dans Apocalypse 21v5-7.

 

 

 

 

Qui a soif ? Soif de quoi ?

Par exemple :

1)soif d’authenticité, de vérité. De savoir « qui je suis ? »

2)soif d’amour, de compassion, de pardon

3)soif de « nouveau »

4)soif d’une vie abondante

5)soif de justice, soit vivre de la meilleure façon qui soit(avec quels standards ?)

6)soif d’appartenance

7)soit de sens et d’utilité

 

Aussi simple que d'offrir un verre d'eau en Son nom...

Aussi simple que d’offrir un verre d’eau en Son nom…

Qui peut étancher de telles soifs ?

Un seul, Jésus-Christ.

L’Évangile de Jean est sans doute l’évangile qui nous permet de découvrir comment et pourquoi le Seigneur Jésus-Christ est le seul capable de répondre à toutes ces soifs :

L’on peut lire Jean 8v12-18, 28-32 ; Jean 14v1-11, 23…pour découvrir ce que Jésus dit de Lui-même.

Jean 7, 8 et 11v1-46 nous permettent de découvrir la compassion de Jésus et son pouvoir miraculeux de changer les vies.

Jean 3 et 4 contiennent les réponses de Jésus à un théologien et à une femme de mauvaise réputation.

Jean 10 et 19(ainsi que Marc 89) nous révèlent pourquoi Jésus devait mourir.

Et Jean 20 rappelle que Jésus n’est plus dans le tombeau et qu’il est ressuscité(voir aussi Luc 24). Ce qui est essentiel(voir 1 Cor.15)

Selon Florent Varak, celui qui a soif est « celui qui cherche Dieu(…)son salut »(…)et « l’essence du christianisme(c’est)être rassasié d’une eau éternelle ».* Le prix de cette eau ? « Elle est gratuite ! Ou plutôt, elle a été (payée)par quelqu’un d’autre, en sorte qu’on en bénéficie par pure grâce(Eph.2v8-9)….la seule nécessité est de se repentir dans la foi. Seul Christ ouvre l’accès à cette promesse(Actes 4v12).

 

Pour celui qui a accepté Christ comme sauveur et seigneur, il importe aussi d’avoir soif. Notamment de la présence de Jésus et de désirer son retour.

Sel et poivre par Marina Shemesh Sel ou poivre de la terre ?

Sel et poivre par Marina Shemesh
Sel ou poivre de la terre ?

D’avoir soif et de donner soif de Celui qui, seul, peut satisfaire nos soifs…en étant « sel de la terre »(Matt.5v13).

Le sel, en effet, donne soif,  « conserve »(préserve de la corruption), augmente la tension(ou l’attention !), donne de la saveur ou « relève » celui qui est abattu(Es.40v29-31, Col.4v6)…à condition de saler avec mesure et à bon escient !

*Varak, Florent. « Le Nouvel univers »(Apocalypse 21v1-8) IN Promesses juillet-septembre, numéro 185(« L’Apocalypse : l’avenir pour le présent »), pp 36-40

« Si Diogène revenait parmi nous il ne chercherait pas un homme, mais une tomate, une vraie… »

Après avoir été l’héroïne du documentaire « L’île aux fleurs »,

Tomates vertes par Peter Griffin Les tomates en voient "de vertes et des pas mûres" !

Tomates vertes par Peter Griffin
Les tomates en voient « de vertes et des pas mûres » !

la tomate revient au centre de nos préoccupations dans ce nouveau billet.
A l’origine, concernant l’évolution de la tomate, une obsession de la perfection. Et cela donne le résultat décrit dans cette chronique publiée dans le numéro 11 de la version papier d’Article11. Certains se sentiront sans doute plus concernés que d’autres (ceux-là zapperont et « passeront à autre chose »)par les conséquences écologiques et alimentaires posées par le traitement réservé à ce végétal, plante de la famille des solanacées. D’autres se risqueront peut-être, au terme de la lecture, à faire en plus une comparaison (type parabole) avec les effets d’une caricature de christianisme, qui ne serait qu’une variante d’un syndrome « pharisien » : la « conformité légale » mais sans la compassion et la saveur de la vie…à la place, un triste ersatz, fade et bidouillé.

Le cri de la tomate – n°1 [extraits]
par Jean-Luc Porquet
posté à 18h11, SAMEDI 27 AVRIL 2013 sur le site d’Article11.

La tomate a disparu. Elle était là, sous nos yeux, dans nos paniers, pimpante et goûtue. Et puis plus rien, envolée. À sa place, de tristes ersatz, fades et bidouillés. Qu’est-il arrivé ?

1.
(…)“Avant il y avait la tomate. Puis, ils ont fabriqué la tomate de merde. Et au lieu de l’appeler ‘tomate de merde’, ils l’ont appelée ‘tomate’ ” (…)
2.
Pour qu’elles ne souffrent plus du vent, du gel, des intermittences du soleil, et qu’elles poussent en toute saison, on les a mises sous serre, et ce sont désormais des ordinateurs qui règlent leur météo.
Pour qu’elles échappent aux maladies et aux parasites, on les a fait pousser sur un support inerte, généralement en laine de roche, par lequel passent chaque jour près de cinq litres de liquide nutritif apportant à chaque plant, goutte à goutte, sa ration d’azote, de phosphore, potasse, calcium, magnésium, sulfate, oligo-éléments, etc. Pour qu’elles soient parfaitement standardisées, sphériques, d’un rouge uniforme, fermes sous la main, pour que leur rendement soit maximum et les marges bénéficiaires confortables, on les a hybridées.
Depuis les années 1960, les chercheurs de l’INRA créent à jets continus de nouvelles variétés de tomates en croisant plusieurs variétés dont ils mélangent savamment les gènes, ceux qui donnent de meilleurs rendements, ceux qui permettent une bonne résistance aux maladies, ceux qui contrôlent l’épaisseur de la peau, etc. (…)
Pour qu’elles tiennent le plus longtemps possible sur l’étal du marchand sans mollir, des chercheurs israéliens ont inventé la long life. (…)alors que les tomates ordinaires, même hybridées, ont la désagréable idée de mûrir en quelques jours et, une fois bien rouges, de vite mollir puis pourrir, la Daniela possède le gène rin, dit « inhibiteur de maturation », qui lui permet de rester imperturbablement rouge, ronde, arrogamment dure, jusqu’à trois semaines après avoir été cueillie. Pour le producteur, le grossiste, le transporteur, le vendeur, c’est génial. Seul problème : la long life est immangeable. C’est une tomate de merde. Elle s’est répandue partout.
3.
Les consommateurs ont fini par s’en apercevoir. (…)Plein de gens ont dit que les tomates, c’était mieux avant. Généralement, quand quelqu’un dit que c’était mieux avant, on lui rit au nez. C’est un indécrottable. Un accroché à ses chimères. Un réac et tout ce qu’on veut(…)Mais là, ceux qui disaient que c’était mieux avant pouvaient le prouver (…)Ces tomates-là avaient du goût. Avaient, et ont encore, un vrai goût.
(…)
4.
Il existe deux conceptions du monde : la tomatière et la non-tomatière. Pour les non-tomatiers, peu importe le goût de la tomate. C’est le cadet de leurs soucis, du moment qu’elle est ronde, rouge et pas chère. Ils l’achètent n’importe où ; ce qu’ils aiment, c’est pousser leurs caddies et les remplir de choses pas chères. Certes, la plupart du temps, c’est la faiblesse de leur pouvoir d’achat qui les incite à adopter ce comportement douteux. Mais pas toujours. Il y a aussi ceux qui aiment ça, ceux à qui on ne la fait pas. (…)la tomate qu’ils achètent chez Auchan, c’est bien de la tomate, non ?
Et c’est pareil pour tout. Ils savent qu’on vit en démocratie, puisqu’on est libre dans l’isoloir et devant l’étal du supermarché. Les non-tomatiers ne cherchent pas midi à quatorze heures. Les tomatiers sont plus compliqués.
5.
«  Devenir adulte, c’est surmonter le désir infantile de l’âge d’or », dit Freud. Mais Freud ne connaissait pas les tomates d’aujourd’hui. Freud n’allait pas faire ses courses à Auchan. Freud vivait sans le savoir en plein âge d’or de la tomate. Nous qui rêvons à cet âge d’or ne sommes pas des enfants. C’est juste que nous n’acceptons pas d’être condamnés aux tomates de merde.
(…)
7.
Je ne sais plus qui a dit que si Diogène revenait parmi nous il ne chercherait pas un homme, mais une tomate, une vraie.
(à suivre et l’article complet à lire ici)

« Un verre d’eau fraîche en son nom »

La première mouture de ce billet date du 28/06/09.
A l’époque, une première idée (« une vision » ?) m’était venue de « donner à boire aux gens ».

Aussi simple que d'offrir un verre d'eau en Son nom...

Aussi simple que d’offrir un verre d’eau en Son nom…

Soit de distribuer, sans conditions, des petites bouteilles d’eau non étiquetées aux passants du quartier défavorisé de mon église, lors d’un été chaud.

A l’époque, les passages bibliques qui avaient inspiré une telle idée étaient : Esaïe 55v1, et (surtout) Matt.10v8b-« vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement »-ou même Jean 7v37(« si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive »).

Parler n’était pas le plus important, mais seulement en cas de questions au sujet des motifs de cette distribution : « faire du bien », « bénir de la part de Dieu », en donnant simplement de l’eau.

Apprendre ainsi à donner sans condition, et à aimer les gens, c’est « affirmer l’évangile ».

Au moment que je réécris ces lignes, le passage d’un livre(« Le Christianisme en bleu de travail » de Richard Exley-Edition Vida, 1994)me revient en mémoire : « on demanda un jour à Saint-Augustin à quoi ressemble l’amour ? Il répondit :
Il a des mains pour aider les autres.
Il a des pieds pour se hâter vers les pauvres et les nécessiteux.
Il a des yeux pour voir la misère et le besoin.
Il a des oreilles pour entendre les soupirs et le chagrin des hommes[je rajouterai : « et pour entendre le cri de ceux qui ploient sous le joug », cf Exode 2v23-25]
Voilà ce à quoi ressemble l’amour.

Jean le bien-aimé l’exprima en ces termes :
 (Jésus-Christ) a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. Si quelqu’un possède les biens du monde, qu’il voie son frère dans le besoin et qu’il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeurera-t-il en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en parole ni avec la langue, mais en action et en vérité(1 Jean 3v16-18). »

[« Le Christianisme en bleu de travail », p15]

Quelques pages en arrière, Richard Exley relève que pour des paroissiens d’une petite église des Appalaches, « dans son essence, le christianisme ne consiste pas en sermons ou en chants, mais en bonté-un verre d’eau fraîche en son nom(…). Parfois, à l’heure de la tragédie, cela signifie apporter du réconfort, ou des encouragements à une famille dans la tourmente. Dans d’autres circonstances, nous contribuons à célèbrer un quarantième ou un vingt-cinquième anniversaire de mariage. Faire simplement ce que nous pouvons pour que notre lumière brille. Dans certains endroits, cela s’appelle l’église. Moi, je l’appelle le christianisme en bleu de travail. »(op cit. p9)
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