« Etrangers dans la cité » ou quand l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise

L’Eglise ne doit pas s’inquiéter « d’être dans le monde » mais « comment être dans le monde, sous quelle forme et dans quel but »(Hauerwas/Willimon. Etrangers dans la cité)

Voici là l’un de mes meilleurs livres lus cette année, reçu dans des circonstances particulières, et dont je vous recommande vivement la lecture : « Etrangers dans la cité » de Stanley Hauerwas et William H. Willimon (Ed. du Cerf, 2016). Il y est question de l’Eglise (celle de Jésus-Christ) et de la façon dont elle est appelée par Son Seigneur à être visible, en étant ni « du monde » ou « hors du monde », mais bien « dans le monde ». En clair : l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise, et les chrétiens doivent assumer le fait d’être « des exilés en terre étrangère » (op. cit, p 51).

Cette édition d’ « Etrangers dans la cité » (par ailleurs catholique et non protestante/évangélique, comme on aurait pu s’y attendre) est la première traduction française de l’édition « anniversaire » d’un best-seller (« vendu à 1 million d’exemplaires » dans son édition américaine d’origine !) publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014. L’ouvrage, qui a pour auteurs deux méthodistes américains (l’évêque William H. Willimon, qui a rédigé un avant-propos, et le théologien et éthicien Stanley Hauerwas, qui a rédigé la postface), reste toujours aussi stimulant et pertinent pour notre temps. Il semble pourtant encore trop peu connu en France et me paraît particulièrement recommandable à tous ceux qui estiment que l’on pourrait « être chrétien sans église » et/ou que le summum de « la maturité spirituelle » serait une vie marquée par l’indépendance ou « la liberté individuelle » rationnelle de choix (par ailleurs héritée des Lumières).

Dans cette édition française figure également une préface tout aussi percutante des traducteurs Grégoire Quévreux et Guilhem Riffaut. Intitulée de façon provocatrice « Babylone à domicile », elle souligne que « l’Eglise, quand elle est fidèle à Jésus-Christ » et au véritable Evangile (pas le faux, dit « de la prospérité » !), « s’oppose nécessairement au monde », « un monde malade de son propre vide : le McWorld », né de « la mcdonaldisation » de la société, standardisée sur le modèle du « fast-food »(op.cit., pp8-13, 23). Et cette Eglise fidèle s’oppose alors aux « piliers du McWorld » (le nihilisme, le matérialisme, le capitalisme et l’individualisme), « lorsqu’elle lui rappelle la foi en Dieu et son Fils, son éloge d’une vie simple et spirituelle fondée sur l’amour du prochain et vécue communautairement, loin du consumérisme acharné et de la concurrence rapace de tous avec tous » (op.cit., p23). C’est là « la chose la plus précieuse (que l’Eglise fidèle) a à apporter (à ce) monde » (op.cit., pp 26-27).

Sinon, Willimon et Hauerwas nous invitent à nous poser les bonnes questions (non plus « devons-nous croire ? » mais « que devons-nous croire ? », op. cit., p63 et non plus « Dieu existe-t-il ? » mais « quel Dieu existe ? », op.cit., p164). Et à nous réjouir de ce que, « quelque part entre 1960 et 1980, un vieux monde dépassé (ait) pris fin, laissant la place à « un monde nouveau et excitant », « en attente d’être exploré »(op.cit., p53).

« Le vieux monde » qui a disparu est « la chrétienté », ou « l’Église constantinienne » – marquée par une si étroite collaboration entre l’Église et l’Etat, que l’un et l’autre en sont confondus. Le christianisme a paru pendant des siècles en tirer profit par l’influence qu’il s’imaginait avoir sur le temporel. La disparition de ce régime a laissé désemparées plusieurs générations de chrétiens.

« Le monde nouveau et excitant, en attente d’être exploré » est celui qui s’ouvre aux chrétiens, libres désormais de proclamer l’Evangile et d’incarner une véritable contre-culture, missions impossibles si « la tâche sociale de l’Église est d’être l’un des nombreux auxiliaires dociles de l’État » (op.cit. p. 85), ou si l’Eglise reste « le supplément d’âme de la société marchande » (op. cit., p 27).

Rejetant les compromissions et les impasses du sécularisme de l’Église « militante » (« libérale », « progressiste », oeuvrant à réformer la société) et de l’individualisme de l’Église « conversionniste » (« conservatrice », travaillant au changement intérieur des individus), l’une et l’autre n’ayant rien de sérieux (et de neuf) à dire à la société, Willimon et Hauerwas optent pour une Église confessante, qui n’est ni « le juste milieu », ni une synthèse des deux précédentes.

Pour une telle église, « fidèle plus qu’efficace », être « le plus crédible » et « le plus efficace » ne consiste pas à rendre l’Evangile plus « crédible et compréhensible » pour le monde, au risque de dénaturer le message, mais à être « quelque chose que le monde n’est pas et ne pourra jamais être » sans le Christ (op.cit., pp 93-95) :

« Ilot culturel au milieu d’une culture étrangère », l’Eglise ne doit pas œuvrer pour « améliorer » le monde, mais préparer le Royaume (ou Règne) de Dieu en bâtissant ce qui est « la stratégie sociale la plus créative que (les chrétiens ont) à offrir » (op. cit.p. 147), prémices d’une nouvelle création en Christ. L’Eglise n’a donc pas seulement une éthique sociale chrétienne : elle « est » une éthique sociale chrétienne, étant une communauté de foi vivante, visible et inspirante (certes, dans la faiblesse) où sont vécus les principes de vie du Règne de Dieu enseignés par Jésus dans le Sermon sur la Montagne : suivre Jésus et vivre ensemble autrement, choisir la vérité au mensonge, remettre en question « une bonne idée » de garderie à l’église (pour les membres qui auraient besoin « de travailler plus pour gagner plus » de quoi s’acheter une deuxième voiture…), confronter les « Ananias et Saphira » plutôt que de (les) rassurer, prendre soin de manière collective et concrète d’un couple proche du divorce, donner et recevoir le pardon, aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent….bref, « être parfaits », comme « Notre Père Céleste est parfait », Lui qui « fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il fait pleuvoir sur ceux qui lui sont fidèles comme sur ceux qui ne le sont pas » (Matt.5v45, 48).

Contrairement à une idée reçue, le Sermon sur la montagne n’encourage pas un individualisme héroïque, puisqu’il le tient en échec. Il n’est donc pas à vivre seul, ce qui serait impossible, mais nécessairement au sein d’une communauté (l’Eglise) et autour d’un grand récit (celui de la révélation biblique dont le centre est Jésus-Christ). C’est ainsi que sera effectivement et concrètement annoncé « une Bonne Nouvelle premièrement pour les pauvres », et proclamé « aux captifs la libération… » (Luc 4v18).

« Objections ! »

Une telle approche, qualifiable de « radicale », sera-t-elle intégralement adoptée ? Stimulante et interpellante, elle est toutefois susceptible d’être critiquée comme étant « sectaire » (cf la posture d’une Eglise repliée sur elle-même), « pessimiste » ou « binaire » (l’Église présentée comme « l’unique planche de salut face à une société éclatée »). Ainsi, Dieu est-il exclusivement actif dans la communauté des chrétiens ou agit-il aussi dans la vie des hommes et des femmes de bonne volonté qui n’appartiennent pas à une «Église visible» ? « Dieu offre-t-il le salut à un petit nombre de croyants seulement ? Le monde n’est-il pas un lieu habité par l’Esprit de Dieu ? Un agnostique individualiste ne peut-il pas trouver dans sa vie un chemin de vérité ? La sagesse de ce dernier ne peut-elle rien apporter aux chrétiens ?…… »

D’autres objecteront : « une foi réellement incarnée peut-elle se passer d’entrer en dialogue avec la culture ? Le modèle suggéré par les auteurs est-il vraiment pertinent pour penser les défis de la foi chrétienne dans une France sécularisée, tentée par toutes sortes de replis identitaires ? » (pour ne pas dire « communautaristes ») Ce à quoi répondent indirectement Willimon et Hauerwas, pour qui « les chrétiens se doivent d’être très soupçonneux vis-à-vis de tout discours communautariste », surtout « lorsque les gens sont totalement privés de perspectives ou d’une vision du monde cohérente ».

D’autres encore estimeront « critiquable » l’affirmation comme quoi « l’éthique chrétienne (n’aurait pas) de sens pour des non-chrétiens » et dénonceront comme un « excès de langage » ce qui consiste à qualifier tout projet d’une éthique universellement compréhensible d’« hérésie diabolique ». Si « l’éthique chrétienne découlant de la foi au Christ est folie pour le monde, est-elle pour autant incompréhensible ? L’éthique chrétienne ne vient-elle pas réveiller la conscience que Dieu a déjà placée en chacun ? »

« A nous de jouer ! » (Mais ce n’est pas un jeu)

Ces objections et interrogations une fois formulées (dans le but – conscient ou inconscient – de « rationaliser » le propos d’ « Etrangers dans la cité » ?), et après avoir bien débattu sur le web et/ou IRL, les chrétiens oseront-ils être enfin l’Eglise, « dans le monde sans être du monde » ?

Non pas, comme le précisent Willimon et Hauerwas, pour être « la communauté pour la communauté » (op.cit., p138), mais pour être fidèles à Jésus, dans l’humilité et en vérité.

En parallèle, le mieux que l’on puisse souhaiter à « Etrangers dans la cité », à l’instar du vœu de ses auteurs, c’est d’être lu et perçu « comme un livre d’espérance », source d’inspiration, par ceux qui continuent de croire que « Dieu n’abandonnera jamais Son Eglise » (op.cit., p 282)

 

En bref :

Stanley Hauerwas, William H. Willimon, Étrangers dans la cité (Resident Alliens. Life in the Christian Colony), traduit et préfacé par G. Quévreux et G. Riffault, Editions du Cerf, 2016(collection Essais). Disponible chez l’éditeur et dans toute bonne librairie.

Qu’est-ce que nous croyons concernant l’église locale ?

Vivons-nous aujourd’hui l’église locale, comme les gens vivent en ville : en parfaits étrangers ? Source : Pixabay

Qu’est-ce que nous croyons concernant l’église locale ? Et même de l’Eglise tout court, dirai-je ? Quel est notre point de repère ?

La petite communauté paroissiale où tout le monde se connaît ? Ou bien, la réalité à laquelle nous nous confrontons aujourd’hui : une église locale pas vraiment locale, dont les membres viennent des quatre coins de la région, et qui considèrent le culte comme un « loisir » et non comme un élément fondamental pour vivre la foi, à défaut d’une obligation hebdomadaire ?

Cette question soulève un défi : comment en effet atteindre l’ambition de vivre en vérité et sans hypocrisie le fait d’être l’Eglise, le corps de Christ, et par là même d’être une communauté et une famille, tant que subsistera un esprit individualiste et consommateur particulièrement marqué (ou tant que l’individu restera la mesure de toute chose) ?

En clair, la réalité qui nous saute aux yeux aujourd’hui est cette façon de vivre l’Eglise comme les gens habitent en ville : ils fréquentent des lieux publics, prennent des transports publics ou participent à des activités publiques, mais vivent « en étrangers », isolés les uns des autres, sans sentiment d’appartenance, tout lien social coupé.

Nous pouvons constater…le constat d’une réalité sociologique mais sommes-nous condamnés à nous contenter de le déplorer de manière résignée, parce que ce serait cela, la modernité ?

Personnellement, je ne le pense pas. Et je ne le souhaite pas.

Quel sera alors notre point de repère ? Quel sera notre Projet de vie d’Eglise ?

Les Ecritures nous appellent à autre chose et nous rappellent ce que nous sommes ensemble cf 1 Cor.12-14 et Rom.12v5 : venus d’horizons différents, nous formons une grande famille, composée d’hommes et de femmes, d’adolescents et d’enfants de toutes classes sociales et de toutes origines, qui se (re)connaissent comme frères et sœurs en Jésus-Christ, enfants d’un même Père, animés d’un même souffle par l’Esprit Saint.

Ensemble nous sommes appelés, non « à aller à l’église » mais à « être l’Église », corps vivant et agissant au cœur de ce monde, non pas pour nous-mêmes mais pour les autres, afin de manifester à tous l’amour de Dieu. « L’église » avec « un petit e », expression locale de l’Eglise avec « un grand E », est composée d’hommes et de femmes qui se retrouvent ensemble pour partager des choses ensemble : ils vivent des choses ensemble, mangent ensemble, prient ensemble, pleurent et se réjouissent ensemble.

Nous ne sommes donc pas une somme d’individus vivant en étrangers mais un corps, celui de Christ, dont les membres sont interdépendants les uns les autres. Éphésiens 4v3 nous invite aussi à « conserver » (et non pas créer) l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ».

En clair, croyons-nous que l’Eglise fait partie de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ? La solitude est une des formes de précarité les plus violentes de notre société. Or, l’Eglise est le moyen privilégié par lequel Dieu répond à cette aliénation, en donnant le sentiment d’appartenance : c’est le lieu où nous pouvons êtres sauvés socialement, redressés, réintégrés dans un tissu relationnel vital et retrouver notre dignité dans le regard d’un autre. Dieu nous sauve en nous réconciliant les uns aux autres, en nous unissant par des liens plus solides que ceux de la famille biologique(1).

Cela peut paraître « utopique », « impossible à réaliser aujourd’hui », mais c’est pourtant ce que nous sommes en Jésus et Jésus nous appelle à manifester encore aujourd’hui la même réalité dans le même esprit.

Cela mérite réflexion, notamment pour découvrir des façons « anciennes » et « nouvelles » de le manifester concrètement ensemble, de manière diverse et de façon à refléter les « grâces multicolores de Dieu ».

Quel sera alors notre point de repère ? Quel sera notre Projet de vie d’Eglise ?

 

Note :

(1) Ce paragraphe sur l’Eglise, « cette bonne nouvelle », vient de cet article d’Olivier Keshvajee, le « théologeek ».

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom » : Focus sur une mauvaise interprétation d’un texte que l’on croit bien mal interprété…

Gaston Lagaffe par Franquin : « le gag » des « crêpes foireuses » !

L’article qui suit commence pourtant bien. Mais la suite prend des allures de gag.

Michael Patton, dans cet article publié sur son blog, Credo House, le 8 octobre 2012. et traduit en français par Elodie Meribault pour Le Bon Combat, estime que le fameux verset “Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.”
(Matthieu 18.20) est généralement mal interprété. De quoi le rendre « hara » ! (de l’hébreu «courroucé», «furieux»)

Nous invitant à regarder « ce verset de plus près », l’auteur nous fait la démonstration suivante :

« Mais quelle est la signification de ce verset ? Cela veut-t-il dire que Christ est davantage enclin à répondre à nos prières si nous prions en commun ? Cela signifie-t-il que Christ est physiquement présent au milieu de notre réunion de prière, comme… un fantôme, une entité flottante ? Après tout, peut-être est-il est là, et il nous tient la main. Et puis, qu’est-ce que cela veut dire, de toute façon ? Comment cela, deux ou trois ? L’idée véhiculée est la suivante : il faut nécessairement plus d’une seule personne pour invoquer cette présence à la fois réelle et mystique de Christ. De cette idée, certains en ont même fait un sacrement. Et pourtant, ce n’est pas ce que signifie ce verset. Et, dans un certain sens, cela m’irrite un peu, car cela peut nous induire en erreur sur la puissance de Dieu et sur notre vie de prière.

Matthieu 18:20, comme chaque passage des Écritures, s’inscrit dans un contexte. Et lorsque nous analysons ce contexte, nous découvrons que la péricope (la plus petite unité de pensée) dans laquelle s’inscrit ce verset commence au verset 15 : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t‘écoute, tu as gagné ton frère » (Matthieu 18:15).

« Au final », conclue-t-il, « ce passage fait tout simplement référence à la discipline d’Église et la validation d’un processus par Christ. Il n’a donc rien à voir avec une présence mystique de Christ au moment d’une réunion de prière (…). Cette prière mal interprétée pourrait bien ressembler à une formule d’incantation dénuée de tout pouvoir, à une manœuvre manipulatrice d’un système polythéiste qui dépend en permanence de la présence physique de ses dieux pour que les bénédictions arrivent. Nous ne sommes pas limités par ces choses. Notre Dieu est tellement plus grand. Alors réfléchissons à deux fois avant de prier de la sorte ».

Une fois n’est pas coutume, les commentaires qui ont suivi cette analyse sont bien plus intéressants que l’analyse elle-même.

Car, comme le relèvent finement les internautes, l’exposé a beau paraître magistral, il présente l’écueil majeur suivant : « Prétendre regarder le verset de près et ne pas même citer celui qui précède ! » C’est là se planter… magistralement ! Car lequel verset dit justement : « Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux »(v19).

Et l’un des internautes de souligner que « l’enfant le moins déluré voit immédiatement que la discipline de l’Église est ici un sujet complètement étranger à la pensée que Jésus veut communiquer à ses disciples. L’auteur, qui ne manque de nous informer de sa grande familiarité avec le mot hébreu hara, le complète malheureusement pour lui par le japonais kiri, sur le plan intellectuel ».

« Maintenant, vous êtes le peuple de Dieu… »(1 Pierre 1v22-2v10)

Retour, en ce début d’année 2014, à notre étude la première épître de Pierre, entamée ici.

Dernièrement, nous avions vu que le chrétien est caractérisé par l’obéissance et la sainteté.

Sachant qu’il est exhorté à marcher individuellement « en espérance » et « dans la sainteté« , étudions maintenant à travers notre passage du jour(1 Pierre 1v222v10*) ce que sont les chrétiens ensemble et comment doivent-ils vivre ensemble.

Que forment les chrétiens ensemble ?(le corps de Christ ou l’Église)

Comment Pierre parle-t-il de l’Église dans ce passage, sachant qu’il utilise quatre images :

Q 1 : quelle est la première image utilisée pour désigner ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.1v22-23)

Pourquoi ?

Q1a : que partagent-ils ? Qu’ont-ils en commun ?(v22)

Qu’apprenons-nous sur cet amour dont parle Pierre ?

(A noter que l’apôtre utilise deux mots différents pour parler de l’amour : « philadelphia »-amour fraternel-et « agape »-l’amour de Dieu, qui est allé jusqu’au sacrifice)

Nature et origine de cet amour ? Lire Rom.5v5, Gal.5v22-23

Etapes et processus de cet amour ?(vv22-23) :

Que doit-il s’opérer d’abord ? Et ensuite ?(ce qui rend possible un véritable amour fraternel : lire 1 Jean 4v7-21 ; Col.3v16 ; Eph.5v18)

De quelle manière devons-nous aimer nos frères ? (v22)

Q1b : qu’ont-ils tous connu, initialement ?(1 Pie.1v23-25)

Comment entrons-nous dans « la famille de Dieu » ? (Jean 3v1-16, 1 Cor.12v13)

Comment sommes-nous « régénérés » ? (v23)

Quel est le rapport entre la Nouvelle naissance et l’amour fraternel ?(cf 1 Jean 4v7-21)

Q1c : que partagent-ils encore ?(1 Pie.2v1-3)

Que demande Pierre à ses lecteurs ? Pourquoi ? Un commandement « négatif »(cad, de rejeter…) cf 1 Pie.2v1, et un commandement « positif » cf 1 Pie.2v2-3 – comparer avec Ps.34v9.

Q2 : quelle est la deuxième image de ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.2v4-8)

Q2a : comment le Seigneur Jésus-Christ est-il désigné ici(v6) ? Cette idée vient-elle de la seule imagination de Pierre ou était-elle familière des lecteurs de l’apôtre ? (cf Es.28v16 ; 8v14 ; Ps.118v22 – comparer avec Matt.21v42 et Actes 4v11)

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

Comment Pierre « innove-t-il » en utilisant cette image pour parler de Christ ? Comment est cette « pierre » ? Quel est son rôle ? Qui sont alors ceux qui sont édifiés sur Lui ?(vv4-8)

Pierre lui-même avait été désigné par le Seigneur comme « la pierre » sur laquelle Jésus « bâtirait son Eglise »(Matt.16v18). Est-ce à dire qu’il en est le « fondement vivant » ?(comparer avec 1 Pierre 1v4-8)

Q2b : que sont les chrétiens et que forment-ils ?(1 Pie.2v5, 9)

Sachant que l’apôtre écrit à des chrétiens qui vivent dans cinq provinces différentes….

Q3 : quelle est la troisième image de ce que sont les chrétiens ensemble ? Ce que Dieu a fait d’eux ?(1 Pie.2v5,9, cf Exode 19v6)

A noter que dans l’Ancien Testament, le peuple avait une sacrificature ou un sacerdoce. Dans le temple de Jérusalem, elle était exercée par ceux (et eux seuls)qui étaient aptes à cette charge. Quelle est la durée de cette sacrificature ? Et qui sont aujourd’hui « sacrificateurs » ? (Hebr.10v19-25)

A noter encore que seul Christ est sacrificateur et roi(Hebr.7). Dans l’Ancien Testament, un roi ne pouvait être sacrificateur et le seul qui tenta de l’être fut puni(2 Chron.26v16-21).

Comment alors les chrétiens peuvent-ils être à la fois « Rois et sacrificateurs » ?(1 Pie.2v5,9, cf Apoc.1v6 ; 2v26-27 ; 20v6)

Q3a : Dans quels buts les chrétiens sont-ils « rois et sacrificateurs » ?(1 Pie.2v5, 9)

Quels sont les sacrifices qui sont offerts ? (Rom.12v1 ; Hébr.13v15, 16 ; Philip.4v10-20) Et comment les offrir à Dieu ?(Hebr.13v15)

1 Pierre 1v9 : comparer avec Eph.5v8-14, Col.1v12. Qu’est-ce que « les vertus » de Celui qui « nous a appelé des ténèbres à sa merveilleuse lumière » ? Et  comment les annoncer ?(cf Matt.5v16, Hebr.13v16)

Q4 : quelle est la quatrième et dernière image de ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.2v9-10)

Le v10 est une citation d’Osée 1v6,9(comparer avec Rom.9v25) : que veut dire Pierre à ses destinataires en faisant allusion à ce prophète de l’Ancien Testament ?

 

 

Notes :

*1Pie.1
22    Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un coeur pur,
23    vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu:
24    parce que « toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe: l’herbe a séché et sa fleur est tombée,
25    mais la parole du Seigneur demeure éternellement ». Or c’est cette parole qui vous a été annoncée.

1Pie.2
1    Rejetant donc toute malice et toute fraude, et l’hypocrisie et l’envie, et toutes médisances,
2    désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui à salut,
3    si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon;
4    duquel vous approchant comme d’une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu,
5    vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, un sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ.
6    Parce qu’on trouve dans l’écriture: « Voici, je pose en Sion une maîtresse pierre de coin, élue, précieuse; et celui qui croit en elle ne sera point confus ».
7    C’est donc pour vous qui croyez, qu’elle a ce prix; mais pour les désobéissants, « la pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin »,
8    et une pierre d’achoppement et un rocher de chute, lesquels heurtent contre la parole, étant désobéissants, à quoi aussi ils ont été destinés.
9    Mais vous, vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis, pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière;
10    vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde.