« Le chrétien et sa mission pour les nuls »

 

 

Qu’est-ce qu’un chrétien ?

 

 

 

 
Un « protestant »(« uni »), un « protestant(évangélique) », un « catholique », un « orthodoxe » ? Un « (déjà)né (dans une famille)chrétien(ne) » ? Ou un « né(e) de nouveau » ?

A moins qu’un chrétien ne soit quelqu’un « qui connaisse son Dieu » ?…Son Dieu comme Père ?

Un chrétien est-il quelqu’un qui « fait pour être » ou

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

« qui fait parce qu’il est » ?

Qu’est-ce la « mission du chrétien », « petit Christ » ?
Qu’est-il appelé à « faire » ou… »à être », tout simplement ?

Un chrétien est un « porteur » et un « semeur d’espérance »(et pas « d’espoir »)

Certains Tools par Vinicius de Carvalho Venâncio Qu'est-ce qui est essentiel, dans la vie ?

Certains Tools par Vinicius de Carvalho Venâncio
Qu’est-ce qui est essentiel, dans la vie ?

Un chrétien est un « ustensile », dont la vie est utile et a du sens.
Il est un « témoin » de Christ :

celui qui fait les présentations(entre Dieu et celui qui ne connaît pas encore Dieu)
« Evangéliser » lui est(devenu) »naturel » : « une façon de vivre ».
Il est appelé « sel de la terre » et « lumière du monde » par le Seigneur Jésus(Matt.5v13-14).
Il est appelé à « proclamer » et à « affirmer » l’évangile, qui est la bonne nouvelle de Jésus-Christ.

A vous de poursuivre la liste, en développant ces termes et expressions.

En guise de réflexion supplémentaire sur cet inépuisable sujet, voici, non pas un « guide pour les nuls » sur « le chrétien et sa mission », mais le « Top des 10 » de Pep’s Café !
Le Top des 10 livres(en papier, avec des pages qui tournent et qui font du bruit), bien sûr : de quoi vous inspirer à l’approche de Noël ?
Certains sont encore accessibles, d’autres épuisés.

Sur ce, bonne lecture !

Avant toutes choses, lire ou relire le sermon sur la montagne de Jésus-Christ dans Matt.5-7. Puis les 4 évangiles.

« A qui est cet enfant ? » de Bill Wilson : tout a changé pour le jeune Bill, le jour où un homme s’est demandé en le voyant seul, abandonné : « à qui est cet enfant ? »

« L’Audace de la foi » d’Alfred Kuen (édition Emmaüs, 2002)ou l’histoire de Georges Müller, un homme de foi qui a su mener une vie utile et pleine de sens.

« Le chrétien et les défis de la vie moderne »(vol.1) de John Stott. Ed. Sator, 1987(collection alliance). Entre être « lumière du monde » et » sel de la terre », faut-il choisir ?

« L’Evangélisation personnelle », un dossier de « Promesses », revue de réflexion biblique.

« Just people », du Défi Michée : mener « juste » sa vie ou mener une vie « juste » ? Un ouvrage de formation et de réflexion destiné à aider les chrétiens et les Eglises intéressés par la problématique de la pauvreté et de la justice sociale à s’investir de manière plus concrète.

« La saveur partagée » de Rebecca Pippert(Ed. Farel) : « évangéliser » ou « communiquer sa foi », n’est pas du « marketing », mais quelque chose « que le chrétien ne peut pas ne pas faire » : l’évangélisation est quelque chose de « naturel », « automatique », « spontanée ». « Une manière d’être », avec Jésus Christ comme source. » Rebecca Pippert sera intervenante à la conférence : « évangéliser : mission impossible ?  » à l’institut biblique Emmaüs, en Suisse, du 31 janvier au 1er février 2014.

« Lire la Bible avec les exclus », de Bob Ekblad. Ed. Olivetan, 2008 : pour une lecture réellement libératrice de la Bible avec les exclus ou les « damnés de la terre »(détenus, drogués, travailleurs clandestins, mères seules…)

« La Force d’aimer », de Martin Luther King. Ed. Empreinte, 2013(nouvelle édition) : 17 sermons. « Nous ne devons pas être des thermomètres qui indiquent la température de la majorité, mais des thermostats qui transforment et règlent la température de la société. »

« Une vie qui parle »,  de Jim Petersen, ed. « les Navigateurs » : le titre dit tout. Comment « parler » de l’évangile à nos contemporains, dans une société sécularisée ?

« Le Royaume équilibrée de Dieu » de Richard Borgman. Ed. Le lion et l’agneau, 1995 : « Le Royaume de Dieu » ou « Son règne sur tous les domaines de la vie »… »Jésus-Christ, le souverain roi, et rien d’autre ».

Les lions et leurs historiens

Point de vue dominant Le Baron noir, par Pétillon

Point de vue dominant
Le Baron noir, par Pétillon et Yves Got

« Tant que les lions ne posséderont pas leurs historiens, les histoires de chasse glorifieront les chasseurs ».

Un proverbe africain, dont l’auteur reste anonyme, pour dire que l’histoire du dominant n’est pas « l’histoire tout court », et que tout débat sur la mémoire collective n’est pas une simple question « d’objectivité » mais de rapport de force.
Ou comment tenter de faire prendre conscience que toute lecture du point de vue du dominant est…un point de vue*, justement !

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

Ainsi comment comprendre le drame(plus qu’un simple « phénomène » ou « problème ») de la pauvreté et de la précarité au XXI, si l’on se contente du seul prisme des éditoriaux ou « des unes  décomplexées » de « Valeurs actuelles », « L’Express », « Le Point »(pour parler des médias séculiers)…qui se mettent un point d’honneur à « cogner » sur « les assistés et les chômeurs »,  les enseignants, les syndicalistes, « les Rroms », les « islamistes »(sic)…?
Mais au-delà d’une histoire basique de chasse, de chasseur et de gibier, ce proverbe invite à un renversement de perspective. Il encourage les dominés, les faibles, et les vaincus à donner leur version et leur vision de l’histoire : leur histoire.
Ce proverbe invite enfin à une écriture alternative à la version/vision dominante-voire « conservatrice »(celle du statu quo).

 

Quelques pistes, pour terminer(provisoirement) : l’une « médiatique », et l’autre touchant à la lecture et à l’étude biblique.
– Sur le plan médiatique, on relèvera les propositions du documentariste Pierre CARLES, qui, interviewé par ACRIMED, explique « ce que serait un journal télévisé » produit par ses soins : il suggère ainsi que l’on supprime « toute parole institutionnelle, tout effet d’annonce, toute information liée à un agenda politique, économique, etc. Ainsi on économiserait déjà 90% du JT actuel. Fini, le monopole des professionnels de la parole**. On réhabiliterait l’enquête, on irait sur le terrain voir ce qui se passe chez les pauvres, on donnerait peut-être des caméras et des bancs de montage à des ouvriers, à des employés, à des chômeurs(…) On cesserait par ailleurs d’appréhender la société par le seul biais de l’individu : la figure du « self made man », du héros entrepreneur ou du sauveur providentiel ont contaminé les JT et les magazines d’information, avec le message implicite que la collectivité n’a pas d’importance, que l’individu existe en dehors d’elle, qu’il s’est forgé tout seul ».

-Sur le plan de l’étude biblique :  le pasteur Bob EKBLAD propose à des exclus-catalogués et marginalisés par les classes dominantes en raison de leur couleur de peau, leurs façons de penser, leur classe sociale, leurs conditions d’immigrés, leur comportement(en marge de la loi, par exemple) ou leur manque d’instruction(détenus, drogués, dealers, ouvriers agricoles clandestins, sans papiers, mères seules…)-une lecture réellement libératrice de la Bible, qui les touche et les rejoint là où ils sont*** :

Comment transmettre « la Bonne nouvelle » à de telles personnes submergés de « mauvaises nouvelles » ?  Comment répondre à leur besoin de voir cette « Bonne nouvelle » s’incarner dans des actes concrets de compassion et de service, manifestant l’amour et la grâce de Dieu, à l’instar de Celui qui est « la Parole faite chair »(Jean 1v14) ?

Comment encourager une déconstruction saine et salutaire de nos représentations négatives et fausses de Dieu, qui ne seraient qu’autant de reflets(mais non la réalité)d’une culture « traditionnelle » et « dominante » ?

C’est tout l’enjeu d’une réappropriation, pour « une lecture participative »-et donc active-de la Bible par ces exclus et marginaux. Soit (re)donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais.

 

 

Notes :

* Une autre histoire(presqu’une parabole)de point de vue, avec « L’autre ».

** Une façon de traiter l’information propre au Monde jugée « datée » par Raphaël MELTZ, écrivain et co-fondateur du « Tigre magazine » : (primauté des) « débats parlementaires, vie des partis politiques jusqu’aux détails les plus minuscules, annonces des plans ministériels, alors que des pans entiers de la société ne sont pas traités ». (http://www.le-tigre.net/Pourquoi-pas-Le-Monde-texte.html )

*** Avec des exclus ou, dans l’original, des « Damned » : Expérience racontée dans « Lire la Bible avec les exclus ». Ed. Olivétan, 2008.