« En marche », au crible de la Bible…

Choisir de traduire « en marche » pour les béatitudes pose un problème théologique….

Une question insolite, justifiée par l’actualité, a été posée sur le site « 1001 questions » : « La politique nous incite à relire les béatitudes(1) avec le choix d’André Chouraqui [dans sa traduction de la Bible] : « En Marche ! ». Qu’en penser ?

La réponse donnée à l’internaute nous invite à en « rester au texte », tout « en nous réjouissant que l’actualité nous incite à lire la Bible. Pour comprendre le terme que Jésus a utilisé, on peut s’appuyer sur la version grecque des Septante », laquelle « traduit toujours par l’équivalent grec « makarios », heureux, un mot formé sur l’une des deux racines hébraïques « ’ashar ». Le nom à l’état construit pluriel « ’asherei » en hébreu ne signifie pas « en marche » (aucune préposition « be » ou « le »), mais littéralement « bonheurs de ». C’est l’adjectif « makarioi » (pluriel) qu’on lit dans les béatitudes. Le projet d’André Chouraqui était un projet très libre, en particulier par rapport à l’exactitude linguistique, bien qu’il ait été par ailleurs capable de trouvailles géniales.

Choisir de traduire par « en marche » pour les béatitudes pose un problème théologique, car cela transforme la promesse du Christ – qui seul peut dire les béatitudes, et seulement à ses disciples – en une sorte de do it yourself ……

La suite ici.

 

 

Note :

(1) A lire, dans l’Evangile selon Matthieu, ch.5v1-11.

 

« Adhérer »…pour le meilleur et pour le pire !

André Chouraqui, dans sa version de la Bible, traduit « foi » par « adhérence ». Un choix plutôt curieux de prime abord, mais qui s’avère extrêmement pertinent.
Car, « adhérer » à une cause, c’est « coller à »(cette cause), à l’instar de « blancs montés en neige réussis »*, et donc s’engager de façon durable.

Obtenir une « adhésion » véritable, réussie, c’est tout un défi.

-Tout d’abord, il importe d’apporter à l' »adhérent » une réponse à chacun de ses trois besoins : lui donner l’assurance qu’il sera aimé, utile(en lui donnant l’opportunité de faire partie d’un « corps ») et qu’il y aura place pour un projet personnel.
Lui donner une cause plus grande que lui, qui vaille la peine d’y consacrer sa vie. C’est ce que l’apôtre Paul avait découvert, par exemple(voir Philippiens 2 et 3).
Souder les adhérents autour de cette cause.

En guise d’aide ou d’introduction à la réflexion sur ce sujet, je vous recommande vivement et chaudement

« Laagan »** et « Les 7 Samourais »***, deux excellents films(parmi mes préférés) très inspirants et inspirés :
On s’y engage pour une cause apparemment dérisoire ou perdue d’avance, mais qui nous dépasse et qui fait sens. On apprend à faire preuve d’un « esprit d’équipe », à faire cause commune contre l’adversité, et on en ressort grandi individuellement et soudé collectivement à la suite de diverses épreuves.

On y évoque également(notamment dans

« les 7 samourais »)la question de la vocation, au sens évangélique.****

Bonne vision !

 

 

 

 

Notes :
* Les « blancs sont montés en neige », lorsque la substance obtenue est ferme et adhère à la parois du saladier.
Pour obtenir ce résultat, il faut, outre un fouet(pour battre les blancs), beaucoup d’énergie et de patience, disent les experts.

**« Laagan »(« Once Upon a Time in India »). Réalisé par Ashutosh Gowariker
Avec Aamir Khan, Gracy Singh, Rachel Shelley, Paul Blackthorne
Inde. 2001. 3h44. Produit par Aamir Khan Productions

Résumé : « En 1893, au centre de l’Inde, les villageois de Champaner attendent en vain la mousson. Pour humilier ce peuple au bord de la famine, le capitaine Russel, chef de la garnison britannique, veut doubler le « lagaan », l’impôt sur les céréales. Le jeune Bhuvan, qui dirige la protestation contre cette injustice, se voit proposer par l’officier un terrible pari : si les Indiens battent les Anglais au cours d’un match de cricket, ils seront exemptés de « lagaan » pendant trois ans ; s’ils perdent, ils devront payer un triple impôt. Bhuvan accepte le pari mais n’a que trois mois pour former son équipe… »(Source : fantastikasia)

Voir également ce site et cet autre(en anglais).

***« Les 7 samourais »(« shichinin no samurai »). réalisé par Akira Kurosawa. Japon. 1954. 3h26

Avec Toshirô Mifune, Takashi Shimura, Keiko Tsushima

Résumé : Des paysans, las de voir leurs biens pillés par des bandits, recrutent des « ronins »(samouraïs sans maîtres) pour les protéger.

Voir également ce site.

**** Pour comprendre cette notion, lire ou relire les évangiles : Matt.4v18-22, 9v9 ; Marc 1v15-20….

Au Moyen-Age, la tranquillité d’un petit village japonais est troublée par les attaques répétées d’une bande de pillards. Sept samouraïs sans maître acceptent de défendre les paysans impuissants. – See more at: http://www.cine-asie.fr/film/critique-les-sept-samourais/#sthash.w9f3Ikqq.dpuf
Au Moyen-Age, la tranquillité d’un petit village japonais est troublée par les attaques répétées d’une bande de pillards. Sept samouraïs sans maître acceptent de défendre les paysans impuissants. – See more at: http://www.cine-asie.fr/film/critique-les-sept-samourais/#sthash.w9f3Ikqq.dpuf