Les 7 Samouraïs : réflexion, action !

Une scène du film « Les 7 Samouraïs » d’Akira Kurosawa. Au premier plan, l’acteur Toshiro Mifune.

Un nouvel épisode de la série « watch it (again) », une invitation à revisiter les grands classiques, ou quand mon frère et ami Pierre-Louis s’essaye – avec succès, comme vous allez le voir – au difficile exercice de chroniqueur cinématographique. Qu’il en soit remercié !


De quoi ça parle ?

Les 7 samouraïs est un film japonais réalisé par Akira Kurosawa, en 1954.

Le scénario de ce film met en avant, dans un Japon du XVIe siècle, les paysans d’un village isolé, faisant alliance avec des samouraïs, contre la menace de bandits.

Dans le souci de ne priver personne d’une belle découverte, voyons ci-dessous une proposition de séquencement en 5 actes principaux :

  1. La mauvaise nouvelle : le village apprend le projet de pillage des bandits.
  2. Le recrutement : la conviction du vieux samouraï de donner sa vie (contre un bol de riz).
  3. La stratégie défensive : une nécessaire prise de hauteur, préparation du village.
  4. La bataille : la gestion du groupe dans l’effort, la gestion des crises internes.
  5. Le rétablissement : morale de l’histoire sur le sens de la vie, la justice (etc.)

Comment ça nous parle ? Clés de décryptage

Jusque-là, pas de difficulté à comprendre de quoi traite le film. Pourtant, si l’on dispose de 3h20 pour se plonger dans cette réalité fictive, ayant pu prendre place dans un contexte (temporel, géographique, relationnel, culturel) spécifique, il peut y avoir 2 approches :

  • Une approche passive : consiste à lancer le DVD et bien voir ce qui arrivera
  • Une approche « semi-avertie » : consiste à partir dans cette aventure avec un trousseau de clés de compréhension. Elle permet au spectateur de décoder rapidement les éléments de contexte pour aller au cœur du message, et se laisser interroger par l’œuvre.

Les éléments de forme fluidifient notre compréhension du contexte et de l’histoire, en apportant un grand nombre d’informations (explicites ou abstraites) pour enrichir notre immersion.

Dans notre film, chaque prise de vue est une histoire dans l’histoire, au sein de laquelle l’auteur associe plusieurs éléments de forme :

  • Les expressions et postures individuelles :

Le jeu d’acteurs est (volontairement ou culturellement) franc et marqué, dans les expressions et les postures. Cela a pour effet de fluidifier notre compréhension des émotions, prises de parole et des relations entre personnages. Les nombreux rictus des personnages nous permettent de décoder avec aisance les personnalités et tempéraments de chaque personnage.

  • Les éléments de décor :

Le climat météo, les matières, les objets… Rien n’est laissé au hasard, pour nous donner des indices sur le contexte émotionnel de l’histoire en général et de chaque scène individuellement. La pluie vient souvent appuyer un effet de solitude, d’intimité, ou de deuil.

  • Le séquencement et les techniques de prise de vue :

Les effets de groupe, les déplacements, la durée des prises de vue, les transitions et les ruptures, résultent d’un choix judicieux pour amener le spectateur dans un effet de mouvement. Par exemple, une scène filmant un groupe pourra servir à amplifier un passage clé dans l’histoire. A contrario, une scène filmant un personnage seul nous permettra d’en savoir plus sur son contexte et sa personne.

L’histoire du film nous amène à obtenir une interprétation personnelle des faits relatés :

Au-delà d’une forme richement travaillée, Les 7 samouraïs est une œuvre s’appliquant à livrer une image fidèle de chaque personnage et du contexte temporel au spectateur. Cela nous aide à nous identifier aux personnages.

Dans sa version non-coupée, d’une durée de 3h20 environ, l’auteur alterne sur le fonds entre des scènes sur le contexte social et culturel des paysans et des scènes d’actions nous emmenant dans le déroulement de l’intrigue.

L’auteur, lui-même issu d’une famille de samouraïs, propose une œuvre riche de sens. Sur le fonds, l’auteur s’appuie sur une description fidèle du contexte des samouraïs et des paysans de l’époque.

Il peint un tableau avantageux de Kanbei, le samouraï selon son cœur. Ce chef de groupe est un samouraï faisant preuve de sagesse, de patience, de leadership, de concentration, de prise de recul, témoignant d’un amour certain pour son prochain.

Il associe autour de ce personnage des paysans et d’autres samouraïs. Les paysans sont craintifs, grégaires, et révèleront le courage et l’esprit d’équipe en eux une fois mis en confiance. Les samouraïs, eux, sont avantageusement mis en contraste avec une société violente et égoïste, qui renie, marginalise, et violente les faibles.

On penserait que l’auteur propose d’associer samouraïs et paysans dans une nouvelle relation où les deux camps font alliance contre l’ennemi. Il faut cependant attendre le final pour comprendre le constat tiré par l’auteur sur cette perspective.

Pourquoi ça nous parle ?

Je recommanderais de voir ce film pour ce qu’il est et, au-delà de ce qu’il dit, pour la manière dont il questionne le spectateur sur lui-même. Il nous encourage à prendre position par rapport aux situations complexes du point de vue relationnel et émotionnel (prêter attention à la manière dont le contact se crée entre samouraïs et paysans).

De nombreuses analogies sont possibles entre les scènes de ce film et notre manière d’agir au sein d’un groupe, de celui qui prend la tête des opérations à celui qui agit dans son coin. L’auteur s’applique à mettre en exergue ce qu’il considère bien (charisme, enthousiasme, sagesse, primauté du groupe sur l’individu) et mal (peur, rejet, injustice etc.).

En ouverture, ce film m’a ouvert à réfléchir sur la marche du chrétien. Au départ, semblables à des moutons égarés, on voit les paysans prendre peu à peu confiance en Kanbei, chef des samouraïs (notre chef étant Christ). Dès lors qu’ils avouent leur faiblesse, sortent de leur zone de confort, et se positionnent de son côté (cf. notre confiance Christ, et non en notre intelligence, ou dans les choses matérielles), ils s’approprient leur salut. Ils se disciplinent, revêtent leurs armes et remportent leur victoire selon le plan que Kanbei avait décrit. La fin du film illustre également un des pièges majeurs de notre marche en Christ, et nous questionne sur le motif fondateur de notre relation avec Jésus.

Bon visionnage.

 

Le voir : en salle ou en DVD, grâce à cette édition récente :

Les 7 Samourais (Shichinin no Samurai), d’Akira Kurosawa (Japon, 1954). Ed. 2 DVD Joker, 8 novembre 2017. N&B, 3h27. Avec Toshirô Mifune (Kikuchiyo), Takashi Shimura (Kanbei, le chef des samouraïs)….

Nouveaux sous-titres adaptés et écrits par Catherine Cadou. Bonus : « Kurosawa, la voie » de Catherine Cadou, avec Martin Scorsese, Clint Eastwood, Bong Joon Ho… (49′), « Un western diluvien » : rencontre avec certains membres de l’équipe du tournage (20′), Making of promotionnel de 1954 (muet), Bandes-annonces (ressortie Japon + ressortie salles françaises 2013)

Bonus : la bande annonce du film

 

 

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Trois films (sinon rien) pour apprendre à écouter, à regarder, et pour mieux s’engager

Idées subversives subventionnées... (Goodwin/Burr. Economix)

Des idées subversives subventionnées…plein la tête !
(Goodwin/Burr. Economix)

« Ecoutez-moi tous et comprenez… »(Jésus. Marc 7v14)

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende »(Jésus. Matt.11v15)
« Ne jugez pas selon l’apparence mais portez un jugement juste »(Jésus. Jean 7v24)
« Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’ il les connaissait tous. »(Jean 2v24)
« …et que les autres jugent… »(1 Cor.14v29)

 

« On dit encore que la nature, en nous donnant deux oreilles et une seule langue, voulut nous obliger à moins parler pour mieux entendre », selon Plutarque* dans « Comment écouter » (Payot/Rivages poche, 2012. Petite bibliothèque, p17). Le même aurait pu ajouter : « ainsi que deux yeux…pour nous obliger à mieux regarder ».

« Mieux entendre » ou « mieux écouter », comme « mieux regarder », sont autant d’exercices permis par le cinéma en direction d’enfants ou d’ados, mais aussi d’adultes, pour peu que l’on se livre au décryptage adéquat, avec la finalité suivante : mieux réfléchir pour « mieux s’engager ». Car, pour quelles raisons consacrer environ 1h30 à un film, pour que notre temps soit bien employé ?

A quoi rends-tu ton cerveau "disponible" ?

Pour quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ?

Rendre notre cerveau « disponible » ? Ou bien, ou bien… ?

Voici trois films possibles, parmi d’autres, utilisables pour ce type d’exercices :
Un film muet (mais sonore) pour « mieux écouter »(non, non, ce n’est pas une blague) ; un second offrant une multiplicité de points de vue pour « mieux regarder » et un dernier, dont la finalité était de provoquer une réaction de la part du spectateur-pour « mieux s’engager ».

 

Sidewalk stories, de Charles Lane(1989) : un film muet, où l'on n'est pas dispensé d'écouter...

Sidewalk stories, de Charles Lane(1989) : un film muet, où l’on n’est pas dispensé d’écouter…

1)Un événement pour les cinéphiles ou pour les enseignants familiers d’« école et cinéma » : après sa ressortie en salle en version restaurée, en octobre 2013(il est encore visible à l’écran, notamment à Paris), voici enfin la sortie dvd de « Sidewalk stories » de Charles Lane(1989)chez Carlotta**, depuis octobre 2014.

 

L’histoire : Un artiste de rue sans le sou vivant en plein coeur de Manhattan, recueille une petite fille de 2 ans dont le papa est assassiné sous ses yeux. L’adoptant presque malgré lui, il va tenter de prendre soin d’elle et de subvenir à ses besoins, alors qu’il y parvient difficilement pour lui-même.

 

Sidewalk stories : "the artist" et la petite fille

Sidewalk stories : « the artist » et la petite fille

Bien avant « the Artist »(2011) de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, découvrez cet autre « Artist », héros d’un film « moderne », en N & B, « muet », ou plutôt « sans paroles »(sauf à la fin) et sonore. Le parti pris artistique-faire un film « muet et en noir et blanc » en 1989, alors que le son et la couleur sont disponibles-procède d’une intention : transmettre un message à celui qui saura l’entendre. En choisissant de « priver de voix » les protagonistes, Charles Lane tente de nous sensibiliser aux « sans »(abris, argent, voix, considération, dignité…bien avant l’expression des « sans dents » qui a récemment fait polémique)qui ne parviennent pas à se faire entendre, soit ceux que la société n’écoute pas. Mais aussi ne voit pas-ou ne veut pas voir. On pense à cette exhortation, adressée à un roi, dans Proverbes 31v8-9 : « ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice et défends le malheureux et l’indigent. »

 

2) Rashômon*** : « la séance du spectateur »

Réalisé en 1950 par Akira Kurosawa-par ailleurs également réalisateur des « Sept Samouraïs », un véritable « Maître »(à l’instar de John Ford ou de Fritz Lang). Lion d’or à Venise et Oscar du meilleur film étranger, c’est le film qui a fait connaître le cinéma japonais en Occident. Le scénario a été coécrit par Shinob Hashimoto et Akira Kurosawa d’après « Dans le fourré », et « Rashômon », deux nouvelles d’Akutagawa Ryunosuke [IN Rashômon et autre contes. Gallimard/UNESCO, 2000. Connaissance de l’Orient, pp 76-94].

Il est possible de le voir intégralement (en VOST) ici :

L’histoire : Trois hommes, un bonze, un bûcheron et un domestique, surpris par une pluie diluvienne, se mettent à l’abri sous les ruines d’un vieux portique, « Rashômon », dans l’antique Kyoto en proie à la guerre civile. Pour se distraire, ils évoquent un procès au cours duquel ils ont été cités comme témoins. Le bûcheron a découvert dans la forêt le cadavre du samouraï Takehiro qui, voyageant avec son épouse Masago, avait été attaqué par le bandit Tajomaru et lié à un arbre. Après avoir violé sa femme, le bandit libéra le samouraï et le tua en duel.
Un dramatique fait divers, d’une banale simplicité, d’autant plus que  le coupable a été arrêté et condamné. Or, cette affaire n’est simple qu’en apparence, puisque cinq versions nous sont racontées en flash-back successifs.

Qui dit vrai ? Où est la vérité ?

Un procédé novateur pour l’époque(mais mainte fois copié depuis), particulièrement déstabilisant pour le spectateur habitué au fait que tout ce qui est montré est réel (ou que « l’image ne ment pas »), mais invité ici à se questionner sur ce qu’il voit****. Mais le plus intéressant ne me paraît pas dans une démonstration d’un certain relativisme(existe-t-il « une » vérité ? Peut-on jamais la connaître ? etc…), mais plutôt dans le fait que chaque témoin présente une version personnelle du drame, soit celle qui lui est la plus favorable, ou susceptible de le mettre en valeur. Pourquoi témoigne-t-on ? Qu’est-ce qu’être témoin ? D’où ce constat pessimiste du réalisateur sur la nature humaine : « L’Homme est incapable d’être honnête avec lui-même. Il est incapable de parler honnêtement de lui-même sans embellir le tableau. Ce scénario parle de gens comme ça (ce genre d’individus qui ne peuvent survivre sans mentir pour se montrer meilleur qu’ils ne le sont vraiment. Il montre également que ce besoin de faussement se flatter continue même dans la tombe puisque même le personnage mort ne peut s’empêcher de mentir sur lui-même en parlant à travers le médium). L’égoïsme est un péché que l’être humain porte en lui depuis la naissance et c’est le plus difficile à combattre. »*****

Dès lors, le rôle-clé n’est pas « à l’écran », joué par l’un des personnages, mais « hors de l’écran » ou « devant l’écran », interprété par le spectateur qui est invité à être un juge(ou un jury) chargé de discerner le vrai du faux.
De là la transition avec le dernier film :

 
3) 49ème parallèle de Michaël Powell****** ou « L’extension du domaine de la lutte ».
L’histoire : en 1940, six nazis, rescapés d’un équipage de sous-marin qui vient d’être coulé, essaient de traverser le Canada pour rejoindre les Etats-Unis, alors neutres. Sur leur chemin, ils rencontreront certains des habitants, tolérants et bienveillants, mais aussi, surtout, courageux, qui leur opposeront une véritable résistance spirituelle. Car la guerre est avant tout idéologique.

Comment se sentir concerné par un conflit qui paraît tellement lointain ? « Si tu ne viens pas au conflit, le conflit ira à toi », pourrait-on dire.
A la base, un film de commande et « de propagande », réalisé en 1941. Grâce à la persévérance de Michaël Powell, qui avait en vue un projet plus global, autour de la mondialisation du conflit, nous avons échappé à « un long métrage ayant pour toile de fond les techniques de guerre sous-marines ». En effet, le réalisateur souhaitait « faire un film au Canada pour flanquer la frousse aux Américains et les faire entrer en guerre plus vite. » Cela a donné un excellent film à l’angle original, plein de suspens, très moderne et jamais caricatural.

Ecouter ici le superbe thème musical de Ralph Vaughan Williams.

Voir le film, dans son intégralité(VO seulement) ici :

 

 

Notes :

* Pour une fois que nous avons une citation authentique avec auteur ! Le même Plutarque a aussi dit : « Car l’esprit n’est pas comme un vase qu’il ne faille que remplir. À la façon du bois, il a plutôt besoin d’un aliment qui l’échauffe, qui fait naître en lui une impulsion inventive et l’entraîne avidement en direction de la vérité. » (Comment écouter, Rivage poche, p. 67)

** « Sidewalk stories »(USA, 1989). Réalisation : Charles Lane. Scénario : Charles Lane. Musique : Marc Marder.

Avec : Charles Lane (L’Artiste), Nicole Alysia (La Petite Fille). Sandye Wilson (La Jeune Femme) … Noir et Blanc, sonore. Durée : 1h41. Distributeur (reprise) : Carlotta Films. Editeur Vidéo : Carlotta Films. Sortie cinéma France : 18 avril 1990. Sortie cinéma (reprise – version restaurée) : 9 octobre 2013. Sortie DVD / Blu-ray : 8 octobre 2014.

Bonus : Commentaire audio de Charles Lane et Marc Marder
« Vibrations » : entretien exclusif avec Charles Lane et Marc Marder autour du film (HD – 28′)
L’ensemble permet de mieux cerner la nature de Sidewalk Stories, notamment concernant la question des sans-abris, et de leur perception par la société. On y apprend également que le film a été tourné pendant une vague de froid de février en seulement quinze jours, le budget serré ne permettant pas d’offrir le confort de caravanes chauffées.

Court métrage : « A Place In Time » de Charles Lane, la matrice de Sidewalk Stories, réalisée plus de dix ans auparavant (1977 – HD – N&B – 34′)
Bande-annonce 2013 : http://youtu.be/SKixhUj942k

En savoir plus :

http://www.dvdclassik.com/critique/sidewalk-stories-lane

Travailler avec le film dans un cadre pédagogique :
http://www.cinehorloge.fr/IMG/pdf/SIDEWALK_STORIES_dossier_pedagogique.pdf

http://www.etab.ac-caen.fr/apiedu/ecoleetcinema/docs/Cinema-sidewalk_stories.pdf

 

***Rashômon(Japon, 1950)
Réalisation : Akira Kurosawa.
Avec : Toshirô Mifune, Machiko Kyô, Masayuki Mori, Takashi Shimura
N&B, 88 minutes (Edition DVD « films sans frontières », 2006)
Pour aller plus loin :
http://www.cinemalefrance.com/fiches/Rashomon.pdf

http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/rashomon.htm

http://www.dvdclassik.com/critique/rashomon-Kurosawa

**** En comparaison, voir le parti pris du film « Eve »(1950-la même année que Rashômon) de Mankiewickz, où ce qui est montré « est vrai », alors que « ce qui est raconté et non montré est faux ».

***** Akira Kurosawa dans « Comme une autobiographie ». Cité par Christophe Buchet, pour Dvdclassik, dans cette analyse du film.

****** 49ème parallèle(Royaume-Uni, 1941). Réal. Michaël Powell

Avec : Eric Portman, Laurence Olivier, Anton Walbrook, Glynis Johns, Leslie Howard… N&B, 123 minutes

Deux éditions DVD : Carlotta(2013) et Institut Lumière(2006)

En savoir plus :

http://www.dvdclassik.com/critique/le-49eme-parallele-powellhttp://www.critikat.com/dvd-livres/dvd/49e-parallele.html

« Adhérer »…pour le meilleur et pour le pire !

André Chouraqui, dans sa version de la Bible, traduit « foi » par « adhérence ». Un choix plutôt curieux de prime abord, mais qui s’avère extrêmement pertinent.
Car, « adhérer » à une cause, c’est « coller à »(cette cause), à l’instar de « blancs montés en neige réussis »*, et donc s’engager de façon durable.

Obtenir une « adhésion » véritable, réussie, c’est tout un défi.

-Tout d’abord, il importe d’apporter à l' »adhérent » une réponse à chacun de ses trois besoins : lui donner l’assurance qu’il sera aimé, utile(en lui donnant l’opportunité de faire partie d’un « corps ») et qu’il y aura place pour un projet personnel.
Lui donner une cause plus grande que lui, qui vaille la peine d’y consacrer sa vie. C’est ce que l’apôtre Paul avait découvert, par exemple(voir Philippiens 2 et 3).
Souder les adhérents autour de cette cause.

En guise d’aide ou d’introduction à la réflexion sur ce sujet, je vous recommande vivement et chaudement

« Laagan »** et « Les 7 Samourais »***, deux excellents films(parmi mes préférés) très inspirants et inspirés :
On s’y engage pour une cause apparemment dérisoire ou perdue d’avance, mais qui nous dépasse et qui fait sens. On apprend à faire preuve d’un « esprit d’équipe », à faire cause commune contre l’adversité, et on en ressort grandi individuellement et soudé collectivement à la suite de diverses épreuves.

On y évoque également(notamment dans

« les 7 samourais »)la question de la vocation, au sens évangélique.****

Bonne vision !

 

 

 

 

Notes :
* Les « blancs sont montés en neige », lorsque la substance obtenue est ferme et adhère à la parois du saladier.
Pour obtenir ce résultat, il faut, outre un fouet(pour battre les blancs), beaucoup d’énergie et de patience, disent les experts.

**« Laagan »(« Once Upon a Time in India »). Réalisé par Ashutosh Gowariker
Avec Aamir Khan, Gracy Singh, Rachel Shelley, Paul Blackthorne
Inde. 2001. 3h44. Produit par Aamir Khan Productions

Résumé : « En 1893, au centre de l’Inde, les villageois de Champaner attendent en vain la mousson. Pour humilier ce peuple au bord de la famine, le capitaine Russel, chef de la garnison britannique, veut doubler le « lagaan », l’impôt sur les céréales. Le jeune Bhuvan, qui dirige la protestation contre cette injustice, se voit proposer par l’officier un terrible pari : si les Indiens battent les Anglais au cours d’un match de cricket, ils seront exemptés de « lagaan » pendant trois ans ; s’ils perdent, ils devront payer un triple impôt. Bhuvan accepte le pari mais n’a que trois mois pour former son équipe… »(Source : fantastikasia)

Voir également ce site et cet autre(en anglais).

***« Les 7 samourais »(« shichinin no samurai »). réalisé par Akira Kurosawa. Japon. 1954. 3h26

Avec Toshirô Mifune, Takashi Shimura, Keiko Tsushima

Résumé : Des paysans, las de voir leurs biens pillés par des bandits, recrutent des « ronins »(samouraïs sans maîtres) pour les protéger.

Voir également ce site.

**** Pour comprendre cette notion, lire ou relire les évangiles : Matt.4v18-22, 9v9 ; Marc 1v15-20….

Au Moyen-Age, la tranquillité d’un petit village japonais est troublée par les attaques répétées d’une bande de pillards. Sept samouraïs sans maître acceptent de défendre les paysans impuissants. – See more at: http://www.cine-asie.fr/film/critique-les-sept-samourais/#sthash.w9f3Ikqq.dpuf
Au Moyen-Age, la tranquillité d’un petit village japonais est troublée par les attaques répétées d’une bande de pillards. Sept samouraïs sans maître acceptent de défendre les paysans impuissants. – See more at: http://www.cine-asie.fr/film/critique-les-sept-samourais/#sthash.w9f3Ikqq.dpuf