Notre prise de position sur l’homosexualité : faut-il invoquer Lévitique 18 ?

"Abomination" ! (Personnage "Marvel")

« Abomination » !
(Personnage « Marvel »)

Ou quand l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume…..et devrait être la nôtre.

Retour sur une ironique-mais non moins pertinent-note de blogue de « Pasteur Zed », publiée en décembre 2015. Ce dernier commente les commentaires de la décision de justice frappant Christine Boutin de 5000 euros d’amende pour avoir qualifié l’homosexualité « d’abomination » :
« D’un coup d’un seul, la voilà devenu aux yeux de ces hérauts de l’évangile l’incarnation du courage, celle qui ose « proclamer la vérité biblique » contrairement à tous ces chrétiens mous du genou qui se cachent derrière l’amour du prochain pour ne plus dire la Vérité avec un grand V. Car, bien sûr, si on vous pose la question de votre opinion concernant l’homosexualité, la Vérité biblique vous enjoint de dire que c’est une abomination (…)C’est le lévitique qui le dit, et celui qui a du courage redira la même chose. Les autres sont des lâches ».
« Soit », dit Pasteur Zed, qui souligne que « quand même (…) l’Ancien Testament dit aussi que l’adultère est une abomination (Ez. 22.11)….condamné au même titre que l’homosexualité (…) dans le code de Sainteté d’Israël auquel appartient notre citation du Lévitique ».
Et sans oublier [c’est moi qui souligne] l’idolâtrie (Deut.7v25-26 et 27v12), le fait de manger des fruits de mer(1)-« les éboueurs de la planète »(Lévit.11v9-12), le fait de sacrifier à l’Éternel « un bœuf ou un agneau qui ait quelque défaut ou difformité » (Deut.17v1) ; et bien d’autres choses.

Comment, alors, prendre position sur ces questions de société ? Quelle devrait être notre norme ? Faut-il invoquer le Lévitique ?

Il se trouve, relève encore Pasteur Zed, « que Jésus a eu affaire à un cas d’adultère pour lequel on lui a demandé son avis (Jean 8.1-11) ». En réalité, nous dit l’évangile (v6), « ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser ». Un piège « grossier », dans le même esprit avec lequel les journalistes interrogent un chrétien sur l’homosexualité. « Jésus, quand on lui tendait un piège, avait l’art et la manière de s’en sortir habilement ». Et si nous répondions comme Lui ? « Vous imaginez la tête des journalistes si, au lieu de crier : Rhaaa ! Abomination ! Lévitique 18 ! », l’on parlait de Jésus plutôt que du Lévitique », comme nous y invite Pasteur Zed ?

Bref, quelle devrait alors être la position de l’Eglise ? Certainement pas de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et encore moins de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »). A ce sujet, dans le prolongement de Pasteur Zed, Gilles Boucomont, pasteur du Marais, à Paris, et l’un des initiateurs du courant des « attestants », explique sans langue de bois que notre positionnement au sujet de l’homosexualité, « un piège majeur de notre époque », ne devrait pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».
L’exemple vivant d’une des communautés réformées en France où il y a le plus d’homosexuels est susceptible de nous édifier : ce qui y est proposé à ces derniers, « s’ils le veulent », c’est « un chemin qui est au-delà de la condamnation, mais qui consiste à aller », soit « à sortir de la prison dans laquelle les autres et soi-même, conjointement, les ont enfermés ». C’est le pas choisi par « beaucoup », témoigne Gilles Boucomont. Lequel ne craint pas de dire que « l’homosexualité est mortifère (et non « pas morale ») car « elle prive de cette libération de nos incomplétudes qu’offre l’union à la personne de l’autre sexe ». Certes, les homosexuels ont eux aussi le sens de l’altérité. Sauf que ledit sens de l’altérité « ne se fixe pas sur les bons objets » : « L’homosexualité, comme tous les autres troubles de la sexualité » serait donc « une structure idolâtrique ». Relevant, non « d’abord » du psychique, de la génétique, ou du moral, mais du spirituel. En cela, « l’homosexualité n’est pas en rien différente du célibat ou du « multipartenariat », ou de la violence conjugale, ou encore de l’adultère ; c’est une stratégie de survie par rapport à une souffrance qu’on n’arrive pas à gérer. »(2)

Enfin, il ne s’agit pas de distribuer des Bibles avec des lames de rasoir, pour permettre à chacun de couper les pages qui ne lui conviendrait pas, et il serait bon de considérer que tous les péchés décrits en 1 Cor.6v9-10 sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où l’Ecriture affirme qu’ils nous privent du Royaume de Dieu. « Les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ». Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume.

Et l’on se souviendra encore du « péché de Sodome », tel que le relève l’Eternel, en Ezech.16v49-50 !

 

Notes :
(1)La plupart des poissons, dits « impurs », sont soit des habitants des profondeurs, soit des prédateurs qui font office « d’éboueurs ». L’interdiction de manger des poissons sans écailles nous protège des substances toxiques qu’ils sécrètent. Ainsi, le homard, ou encore les crabes « éboueurs professionnels » des fonds des lacs, des rivières, des bords de mer, des baies et des océans, et animaux « nécrophages » qui mangent presque tout. A noter que dans Gen.9v3, Dieu déclare à l’homme que « tout ce qui se meut et qui a vie (leur) servira de nourriture », et leur est donné « comme l’herbe verte » ; et que 1 Tim.4v4 stipule que « tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces ».

(2)Voir notre note de blogue à ce sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/05/20/pourquoi-ce-nest-pas-bon-de-benir-les-couples-homosexuels/

Pourquoi « ce n’est pas bon » de « bénir » les couples homosexuels

(Et ce qu’est vraiment « bénir »)

 

Il s'agit de "bénir une alliance". Mais quelle alliance ? Est-ce "bon", pour Dieu ?

Il s’agit de « bénir une alliance ». Mais quelle alliance ? Est-ce « bon », pour Dieu ?

L’Église protestante unie de France (EPUdF) a voté dimanche 17 mai la possibilité pour ses pasteurs de bénir les couples homosexuels. Comme le précise le communiqué du synode, il s’agit d’une « possibilité ouverte », qui n’est ni un « droit, ni une obligation », et qui « ne s’impose à aucune paroisse, à aucun pasteur ».

Il n’empêche que « pour les croyants attachés au texte biblique, il s’agit là d’une bien triste décision », commente Guillaume Bourin sur son blogue*, donnant « 4 raisons pour lesquelles l’Eglise ne doit pas apporter sa bénédiction à l’union de deux personnes du même sexe ».

Il est d’ailleurs dommage qu’il n’ait pas été invité à débattre sur cette question avec James Woody(qui représente le protestantisme libéral) et Philippe Clanché(journaliste catholique-ancien de Témoignage Chrétien) sur Radio Notre Dame(RND : émission « le débat de la semaine », datée du 15 mai-qui n’a pas abordé que ce sujet). On y aurait gagné une meilleure vision des enjeux (et des conséquences) de la décision du synode national de l’Eglise Protestante Unie, au-delà d’un simple « moralisme »(« c’est bien », « c’est pas bien »), posture dans laquelle l’on souhaite enfermer l’Eglise. Il s’agirait plutôt de rappeler pourquoi nous avons affaire à une question « de vie ou de mort ». Nous y reviendrons plus loin.

A ce sujet, le pasteur Gilles Boucomont(qui aurait du être aussi invité sur RND, à l’émission pré-citée), pasteur d’une église dans le quartier du Marais, à Paris, me paraît rejoindre Guillaume Bourin quand il estime que la formule « bénir, c’est dire du bien » est « un mensonge ». Car, souligne-t-il, « Bénir, ce n’est pas dire du bien, mais énoncer ce qui est bien. Un groupe bénit ce qu’il cautionne. Pas ce qu’il trouve gentil ou joli (…) La bénédiction première dans le fil du récit biblique est celle du créateur qui lance son “C’est bon !” (TOV) au fil des réalités qu’il a créées en ordonnant le chaos (…)initial(…) C’est bon parce que Dieu dit que c’est bon[cf Gen.1v1-4…et même “très bon” cf Gen.1v30. Ou même “pas bon” cf Gen.2v18-24]Les adeptes de la bénédiction légère, celle qui dit du bien, restent au stade de la morale en pensant que le bien qui est proclamé par la bénédiction est quelque chose de l’ordre du cool, ou du sympa, qui sont les versions modernes du bien. Ces gens sont bien sympathiques alors on les bénit. Mais la bénédiction biblique n’est pas un bien qui est socialement paramétré, le fruit d’une mode, d’une pensée majoritaire ou d’un sentiment collectif[qui dirait que « tout est bien, tout est possible, aujourd’hui »]. Le bien de la bénédiction divine est le “Bien !” de Dieu ». Lire la suite de son billet datant du 05 mai(corrigé le 07/05), mais toujours d’actualité sur http://aunomdejesus.fr/

Sur ce fondement, quel devrait alors être la position de l’Eglise ? Certainement pas de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et certainement pas de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »). A ce sujet, Gilles Boucomont explique sans langue de bois que notre positionnement au sujet de l’homosexualité, « un piège majeur de notre époque », ne devrait pas être « moral », mais être « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

L’exemple vivant d’une des communautés réformées en France où il y a le plus d’homosexuels est susceptible de nous édifier : ce qui y est proposé à ces derniers, « s’ils le veulent », c’est « un chemin qui est au-delà de la condamnation, mais qui consiste à aller », soit « à sortir de la prison dans laquelle les autres et soi-même, conjointement, les ont enfermés ». C’est le pas choisi par « beaucoup », témoigne Gilles Boucomont. Lequel ne craint pas de dire que « l’homosexualité est mortifère (et non « pas morale ») car « elle prive de cette libération de nos incomplétudes qu’offre l’union à la personne de l’autre sexe ». Certes, les homosexuels ont eux aussi le sens de l’altérité. Sauf que ledit sens de l’altérité « ne se fixe pas sur les bons objets » : « L’homosexualité, comme tous les autres troubles de la sexualité » serait donc « une structure idolâtrique ». Relevant, non « d’abord » du psychique, de la génétique, ou du moral, mais du spirituel. En cela, « l’homosexualité n’est pas en rien différente du célibat ou du « multipartenariat », ou de la violence conjugale, ou encore de l’adultère ; c’est une stratégie de survie par rapport à une souffrance qu’on n’arrive pas à gérer. »

Ce qui fait que cela ne sert à rien de condamner les homosexuels, en se plaçant plus du côté de ceux qui veulent lapider la femme adultère(cf Jean 8v1-11) que du côté de Jésus, ou en se plaçant du côté du « moraliste » par un « va et ne pêche plus », oubliant ce qui précède : « je ne te condamne pas non plus »(v11).

Le rôle de l’Eglise est, plutôt que d’enfoncer ou polémiquer, d’aider la personne « empêtrée dans l’homosexualité » à s’ouvrir au don de Dieu par la guérison et la délivrance. Mais « les avares, les ivrognes, les adultères, les menteurs, les médisants, les orgueilleux »…en ont tout aussi besoin, de guérison ou de délivrance ! (Rom.1v23-30 et cf 1 Cor.6v9-10)**

 

 

Notes :

* Voir aussi ce manifeste « pour une lecture biblique du Mariage d’un homme et d’une femme ! » http://www.ethiquechretienne.com/manifeste-pour-une-lecture-biblique-du-mariage-d-un-homme-et-d-une-fem-a117676168

La réaction du CNEF : http://lecnef.org/images/CNEF_communique_benediction_couples_meme_sexe_150518.pdf

Celle du sociologue Jean-Paul Willaime, directeur d’études à l’EPHE, qui « estime que la décision du synode de l’Église protestante unie de France (EPUdF) de permettre la bénédiction des couples de même sexe est une « ouverture prudente et non une rupture » ( http://reforme.net/une/societe/benediction-couples-homosexuels-decision-historique )

Celles des Evangéliques de la FPF : http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/eglise-protestante-unie-la-benediction-des-couples-de-meme-sexe-n-ebranle-pas-les-evangeliques-de-la-fpf-12504.html

Bénir : les pour et les contre (http://reforme.net/une/societe/benediction-couples-homosexuels-arguments-et-contre )

Et cette réflexion de Philippe Golaz sur son blogue, suite à la décision du synode évoquée plus haut, relatif à la manière de manifester la paix et l’unité dans l’Eglise, au-delà des désaccords suscités par cet événement : http://philippegolaz.ch/une-eglise-de-temoins/

**D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, pp 91-93

« Foireux liens » 2, le retour

Voici une nouvelle édition de nos « Foireux liens », inaugurés il y a plus de trois mois. Soit le « top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement des plus amusants/insolites) sites internet » des derniers mois.

Pour nos « foireux liens » de janvier, nous nous attarderons sur :

1) Quand l’internet (ou le virtuel) « bouffe » une énergie bien réelle. Laquelle ? La nôtre, bien sûr !

Une critique du film « Disconnect » dans « Croire et vivre », par Nicolas Ciarapica :

Jeune femme s'ennuie par Petr Kratochvil Il est essentiel de savoir se ménager du temps sans distraction, pour être à l'écoute de Dieu

Jeune femme s’ennuie par Petr Kratochvil
Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?

« Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?
Sortir du virtuel pour se reconnecter à notre environnement immédiat. Reprendre pied avec notre quotidien et retrouver le chemin de la communication avec nos proches que nous négligeons. C’est tout le propos, assez peu à la mode il faut le dire, du film d’Henry Alex Rubin ».

 
Numérique : cette empreinte écologique que les consommateurs ont bien du mal à voir, un article de Nolwenn Weiler, à lire sur Basta Mag !
« L’économie virtuelle consomme une énergie bien réelle. Les « data centers », qui regroupent les serveurs indispensables à la navigation sur le Web et à la circulation des 300 milliards de courriels, pourriels, photos ou vidéos envoyés quotidiennement, peuvent consommer autant d’énergie qu’une ville de 200 000 habitants. Sans compter le coût environnemental de la fabrication d’équipements toujours plus nombreux. De quoi relativiser l’apport apparemment écologique de l’économie dématérialisée, avec ses « télé-réunions », son commerce en ligne ou ses téléchargements ».

2)Culture numérique versus culture du livre. Un « débat » classique avec une impression de « déjà vu »,  que d’aucun voudront zapper…à moins de le prendre sous un autre angle. Par exemple,  l’internet, le numérique : une culture taillée sur mesure pour un nouveau polythéisme ?

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Extraits : « Avec l’humain multiconnecté de l’ère de l’Internet, des jeux vidéo et de leurs multiples écrans est en train de se constituer une nouvelle culture. Selon le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, qui vient de publier «Rêver, fantasmer, virtualiser» (Dunod), sous-titré «Du virtuel psychique au virtuel numérique», cette nouvelle culture des écrans s’oppose à la culture du livre autant d’un point de vue strictement culturel que sur les plans cognitif et psychologique.
(…)D’une culture à l’autre, on change complètement de modèle. On pourrait dire que la culture du livre est taillée sur mesure pour des religions monothéistes : un Dieu, un livre… Et puis un auteur, un lecteur. La culture Internet, bien au contraire, semble faite pour le polythéisme et donc la multiplication des références ».

Entretien à lire également en mode PDF

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr
Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

3) Notre rapport au livre :

Le message du Farenheit 451 de Ray Bradbury, ou Des trois éléments dont les hommes ont besoin, particulièrement à notre époque d’information(ou de surinformation). Par « Phil », un blogueur-lecteur :

Farenheit 451 décrit une société totalitaire qui brûle les livres, dans un futur indéterminé. Ce que l’on appelle une « dystopie ».

« Quelle est le message de Ray Bradbury à travers la description de cette société qui détruit les livres ? Tout d’abord les autodafés se focalisent sur les livres alors que l’important n’est pas le livre en lui-même mais bien les idées qu’il véhicule. Ce n’est qu’un medium. La télé ou la radio pourraient en ce sens être un outil qui aiguise le sens critique mais les programmes diffusés dans le roman servent plutôt l’abrutissement des masses.

Ray Bradbury fait dire à un de ses personnages que les hommes ont besoin de trois éléments.
Tout d’abord, la qualité de l’information. Dans le roman, les livres montrent le vrai visage des choses, ils montrent la vie. Deuxième élément nécessaire : le loisir d’assimiler cette information. C’est-à-dire qu’il ne faut pas être sans cesse dans l’action ou soumis à des messages en continu. Il faut pouvoir avoir du temps libre pour digérer l’information. Et le troisième élément est la liberté d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction entre la qualité de l’information et le loisir de l’assimiler. Un triptyque fait de libre circulation de l’information, de temps de loisir et de liberté. Voilà ce qui est fondamental pour l’homme ».

Bradbury donne l’espoir d’une nouvelle société qui se souvient, mais aura-t-elle le courage de créer la possibilité d’un échange créateur de nouvelles idées ?

La réponse ici, dans ce fort intéressant article de Tatjana Barazon :

Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce ou trois livres* qui parlent de livres pour saisir le rapport particulier que l’homme entretient avec eux, et qui montrent chacun une relation différente au livre en tant qu’objet :  Fahrenheit 451(encore), Auto-da-fé, et Ulysse.

Lecteur (ou homme) livre
Lecteur(ou homme) livré
Lecteur (ou homme) libre

« Fahrenheit 451 et Auto-da-fé font état de l’importance primordiale du livre pour l’individu et pour la société. Le livre est un symbole de la liberté créatrice de l’homme et de sa faculté d’exprimer ses émotions. Quand le livre est interdit et même brûlé, cette liberté est mise en danger. L’homme se perd dans le bonheur facile, et finit par s’anéantir. Le livre est considéré comme le plus grand obstacle au bonheur dans une société qui recherche l’absence de douleur.
L’isolement que constitue le livre et le rapport à lui reste cependant un danger quand la lecture devient enfermement. Dans Auto-da-fé d’Elias Canetti, c’est un savant sinologue, le professeur Kien, qui cherche à remplacer la vie par les livres. À la différence de Bradbury, Canetti n’imagine pas une société qui meurt par un manque de livre, mais plutôt un homme qui est anéanti par un « excès de littérature ». Le personnage de Kien démontre le danger d’un attachement total aux livres. Il finit aussi par se détruire parce qu’il ne cherche plus le contact de l’autre.

C’est chez Joyce, et notamment avec Ulysse que l’expérience du livre devient véritablement fructueuse, quand le lecteur arrive enfin à trouver goût à la vie à travers le livre ».

L’intégralité de l’article à découvrir ici :

Tatjana Barazon, « Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce », Conserveries mémorielles [En ligne], #5 | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2008.

4) Respect de la vie : quels enjeux ?

– Qu’est-ce qui est « obscène » ?

« Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant d’argent que la moitié de la planète, ou plus exactement, les trois milliards et demi de personnes les plus pauvres. C’est le message du rapport « Working for the Few », publié par l’organisation caritative Oxfam, spécialisée dans les initiatives de développement, qui décrit l’écart grandissant entre les plus riches et les pauvres. Selon Oxfam, la croissance rapide des fortunes des super-riches menace le progrès continu de l’humanité.(…)
« Les riches ont saisi des opportunités aux dépends des pauvres et cela a contribué à créer une situation dans laquelle 7 personnes sur 10 dans le monde vivent dans des pays où les inégalités ont augmenté depuis les années 1980 », indique le rapport.
Oxfam veut que les dirigeants rassemblés au Forum Economique Mondial de Davos s’engagent sur un certain nombre de points, incluant le soutien à une taxation progressive, et l’utilisation des fonds publics pour promouvoir des soins de santé, une éducation et une protection sociale pour tous les citoyens ».

« La Mort n’est pas toujours leur métier », un billet du blogueur-juriste catholique « Thomas More » , blogueur que nous avons récemment cité ici, qui rappelle, à l’occasion du cas de Vincent Lambert que La loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Léonetti, est fondée sur un double refus : refus de l’acharnement thérapeutique ; refus de l’euthanasie. Le législateur refuse de légitimer la transgression de l’interdit de tuer tout en autorisant l’arrêt des traitements disproportionnés : cet équilibre, un peu ambigu (…)est l’originalité du droit français ».

Et de conclure ainsi : « Les personnes en état végétatif ou en état pauci-relationnel, ne sont peut-être plus des patients ordinaires pour les équipes médicales : elles restent des personnes humaines, vivantes à l’égard desquelles notre commune humanité impose respect, soin et attention. Elles nous invitent en réalité à remettre en cause la démarche éthique dominante et à réfléchir à une éthique de communion (V. B. de Malherbe, Le respect de la vie humaine dans une éthique de communion : Parole & silence 2006). Après les ambiguïtés du rapport Sicard, et le rappel de l’engagement 21 du candidat Hollande, cela devient urgent : Il est donc nécessaire et urgent de poursuivre un véritable engagement de solidarité et de fraternité (CEF, Fin de vie) »

Voir aussi cet article de La Vie.

Et la position du Cnef sur la fin de vie.

-L’Eglise locale, havre de paix pour les homosexuels
Par Gilles Boucomont,  Eglise Protestante Unie du Marais,
publié dans « Homosexuel, mon prochain », hors-série n° 15 des Cahiers de l’Ecole Pastorale.

Retour sur la période ayant débouché sur l’adoption finale du texte de loi dit du « mariage pour tous ». Gilles Boucomont relève que loin d’avoir été « un temps de débat, un temps de paroles », cela a été « plutôt un temps pour des cris. Cris de douleur de la communauté homosexuelle qui s’est souvent construite, à raison, mais parfois aussi à tort, dans une identité de rejet. Cris de colère des défenseurs du mariage, chrétiens ou non, attachés à une institution qui s’est forgée en France pour délimiter et encadrer natalité, filiation et transmission. Après tant de bruit », il est temps de « se retrouver en Eglise pour penser les questions qu’ont fait surgir ces débats, avec un impératif que le Christ nous soumet : être dans sa vérité, et être dans la paix. En somme être en Lui, qui est Vérité et Prince de paix.

(….) Il n’est pas insensé de considérer que tous ces péchés sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où Paul proclame qu’ils nous privent du Royaume. Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume. L’Eglise, qui prolonge l’œuvre de Christ est donc le lieu où doit s’exprimer l’habile dosage de sévérité à l’égard du péché, et de compassion à l’égard du pécheur désireux de changer de vie.
Les Eglises sont donc appelées à être des lieux de sécurité et de refuge pour les personnes se disant homosexuelles, où elles peuvent être sures d’être préservés de toute forme d’homophobie et de tout jugement. Nos Eglises doivent être des lieux où se dit la vérité, mais dans l’amour qui prévaut aux suiveurs de Christ. Elles sont appelées à être des lieux de grande sécurité spirituelle mais aussi émotionnelle pour que les pécheurs s’y retrouvent comme étant graciés, et apprenant à en tirer toutes les conséquences jusque dans chaque recoin de leur vie.
Mais comme pour tout pécheur, ce lieu de sécurité est aussi un lieu de vérité où la personne n’est pas confondue avec son comportement, mais définie dans ses vrais lieux d’identité ».

Voir aussi le texte de la commission d’éthique protestante évangélique “Aimer mon prochain homosexuel », en faveur d’une pastorale de l’homosexualité “qui soit digne, respectueuse et empreinte d’amour envers les personnes homosexuelles, tout en étant fidèle à la vérité biblique.

– « C’est de l’humour » : une phrase fétiche qui sert à justifier tout et n’importe quoi, à l’instar de « c’est de l’art » ou « c’est du débat ».
Mais peut-on souhaiter un « humour à tout prix », à l’instar d’une liberté « à tout prix » ou « totale » ? En réalité, l’humour est difficile à manier. Rare, donc difficile à trouver. Donc précieux.

Sa meilleure définition est peut-être celle du Père Bourgoin, curé de la paroisse de l’Immaculée Conception à Paris, après qu’une quinzaine de comédiens aient fait irruption en plein office le 12 janvier dernier, pour les besoins d’une émission de Canal + :

« L’humour c’est beaucoup d’humilité et beaucoup d’amour ».

-Pour finir, toujours sous le signe du « respect », qui pense à prier positivement pour le président François Hollande ? Qui pense à privilégier le « blessing », plutôt que le « bashing » ?

« Les Cahiers libres », semble-t-il, un blogue catholique au sous-titre très évangélique(« dans le monde sans en être »)qui espère que « François Hollande acceptera) Jésus pour Sauveur »!

« La visite du président François Hollande au pape François est très attendue. Après une année de rapports crispés entre le gouvernement et les catholiques français on se demande tous à quoi va ressembler cette rencontre. Certains – anonymement nommés « collectif de catholiques de France » –, inquiets que le Pape François soit en rade de sujet de conversation avec notre président,lui adressent une lettre ouverte sous forme de pétition (…)dans laquelle ils lui demandent d’officiellement faire état [à François Hollande] du profond malaise et de l’inquiétude grandissante de nombreux catholiques de France face à la promotion par son gouvernement d’atteintes majeures aux droits fondamentaux de la personne humaine(Loi Taubira, PMA-GPA, recherches sur l’embryon humain, euthanasie, Gender, etc.) et face aux attaques dont ils sont l’objet quotidiennement (…)Et puis, pour être honnête… je me demande si ça sert à quelque chose que le pape parle de La Manif Pour Tous à notre président.

Après tout …quand Jésus a débarqué chez Zachée, a-t-il commencé par lui parler de son rapport à l’argent ?
Imaginez… Et si la « méthode-Zachée » marchait encore ? Et si l’annonce cash de l’amour fou de Jésus crucifié était la meilleure méthode ? »

La suite ici

La fin du monde : une perspective fermée ou ouverte ?

Sur ce, bons clics et bonnes lectures !

Et on retrouvera dans trois mois de prochains « foireux liens » !

 

Notes :

*A lire ou à relire :
Bradbury, Ray, Fahrenheit 451, (1953) 2000, Paris, Folio Science Fiction Gallimard. Un classique, qui plaira même à ceux qui n’aiment pas ou n’ont pas l’habitude de la science fiction.

Canetti, Elias, 1935, 1949, Auto-da-fé (Die Blendung), Paris, L’imaginaire, Gallimard. Excellent. Le livre qui m’a fait aimer la littérature il y a plus de vingt ans. Si vous ne connaissez pas, plongez-vous vite dedans !

Joyce, James. Ulysse(1914-1921). Paris, Folio, Gallimard ou London, Penguin Books. Un classique de la littérature anglophone, que je n’ai toujours pas lu. Ce « troisième livre », dont il est fait question dans l’article précédent, ne pourrait-il pas être remplacé par La Sainte Bible,  en fin de compte ? Ce ne sont pas les traductions diverses et complémentaires (consultables partout et notamment dans la partie « liens » de notre blogue)qui manquent.