Pierre et sa Montgolfière : un conte musical pour « se donner des ailes »

« S’il te plaît, donne-moi des ailes » est l’élan du coeur des élèves de l’école privée Protestante Les Sarments-93, de Villemomble, ainsi que le thème de leur année scolaire 2021-2022. 

Tout d’abord, les  élèves de maternelle et d’élémentaire ont découvert le conte musical « Pierre et sa montgolfière » de Serge Hubert et Elvine, sorti à l’automne 2021 et édité par les éditions Scriptura. Le travail commun – auteur, illustratrice, éditrice – a fait l’unanimité de tous, au sein de la communauté éducative !
Puis, invités dans les locaux de l’établissement par l’association « Dessine-moi une école », gestionnaire de l’école, l’auteur et l’illustratrice se sont prêtés avec enthousiasme au jeu de l’interview, répondant aux questions préparées par les élèves, le vendredi 25 mars après-midi. Enfants comme adultes ont vécu un moment de partage inoubliable !

L’équipe pédagogique a ensuite élaboré une comédie musicale inspirée de l’album. Les élèves de la compagnie des « Petits Sarments » ont ainsi joué leur première représentation le mardi 24 mai 2022 au théâtre Georges Brassens de Villemomble.

Ce qui suit est le message donné à cette occasion :

Pierre et sa Montgolfière est une histoire qui a germé dans l’imagination de son auteur Serge Hubert, après un voyage humanitaire au Sénégal, quand il a rencontré de nombreux orphelins qui vivaient dans des conditions vraiment difficiles.

Cette histoire est une parabole, une histoire tirée de la vie réelle et quotidienne, qui contient une vérité cachée à découvrir.

Cette histoire n’est pas seulement l’histoire de Pierre, mais la nôtre. Elle nous émeut et nous interpelle, cette histoire d’orphelin en quête de reconnaissance et d’adoption. Elle nous concerne même intimement.

Au début, Pierre survit dans sa décharge, ramassant des bouteilles qu’il espère voir acceptées à leur juste valeur.  Puis, il reçoit cette invitation inattendue à rejoindre « le pays des adoptés » qui lui « donne des ailes » et lui ouvre des horizons pour vivre autre chose, quelque chose de beaucoup plus beau et de beaucoup plus grand.

Cette bonne nouvelle lui vient du « semeur d’espoir ». L’Evangile nous apprend que ce « semeur d’espoir » n’est autre que Jésus-Christ, lequel se présente comme « le chemin », le seul chemin vers Dieu le Père.

Dieu est Père : c’est un langage pour dire qu’il est un Dieu relationnel. Dans l’Evangile, ce Père nous aime tellement qu’il nous appelle ses enfants. Il est un Père adoptif qui nous cherche jusqu’à ce qu’il nous trouve, pour adopter comme ses enfants tous ceux qui auront confiance en Lui et accepteront son amour.

La bonne nouvelle est que le Dieu de la Bible, de l’Evangile, pratique le recyclage : avec Lui, c’est « zéro déchet ». Comme pour Pierre, le Dieu de la Bible veut et peut s’emparer des « détritus de nos vies » pour en faire quelque chose de beau, de noble, de bon, et de juste.

Mais si ce Dieu existe, ce Dieu qui me cherche, attend-il quelque chose de moi ? Y-a-t-il quelque chose à faire pour attirer son attention, le convaincre, lui plaire ?

Autre bonne nouvelle : comme Pierre dans le conte, nous n’avons pas besoin de « mériter de vivre », de justifier notre vie par des actes pour être reconnus et aimés du Père.

C’est ainsi que « le juste vivra par la foi ». Cette affirmation de la Bible a une puissance libératrice. Elle nous dit que Dieu attend de l’homme la foi, rien que la foi, la confiance en Son amour de Père. La foi nous libère donc de notre quête désespérée d’être reconnus : se savoir accepté tel que nous sommes nous « donne des ailes », en nous redonnant confiance en nous-même et en nous permettant de l’accorder aux autres. Toutes nos actions de solidarités humaines, d’engagements associatifs ou politiques, en sont alors transformées : elles expriment désormais notre «merci », notre reconnaissance d’être accepté et aimé par Dieu. C’est ainsi qu’elles peuvent être des actions bonnes et gratuites.

En bref :

Pierre et sa montgolfière, un conte musical de Serge Hubert (auteur) et Elvine (illustratrice). Editions Scriptura, 2021

Album accompagné d’un CD audio, qui comporte le conte raconté ainsi que 7 chansons composées et chantées par Serge Hubert.

Disponible aussi en MP3 (à télécharger grâce à un mot de passe présent dans le livre)

Pour les 6-10 ans, mais les plus petits et les plus grands apprécieront également :

Le message d’espérance de l’Evangile est ainsi mis à la portée du plus grand nombre. Ferez-vous partie du voyage aérien ?

Renseignements : www.ecolelessarments.fr
Se procurer le livre chez l’éditeur, ou dans toutes les bonnes librairies.

Interview de l’auteur, Serge Hubert :

L’Ecole Les Sarments-93 remercie les auteurs Serge Hubert et Elvine pour leur participation et leur encouragement, ainsi que l’Alliance Biblique Française* et les éditions Scriptura pour leur soutien au projet de comédie musicale des « petits Sarments ».

*Voir le numéro de juin 2022 de son Biblioscope, en page 9.

Pas d’exception ! Ou la leçon de « La Prophétie des Grenouilles »

"La prophétie des grenouilles", film de Jacques-Rémy Girerd(2003). Un "nouveau déluge", mais aussi une formidable leçon de vie.

« La prophétie des grenouilles », film de Jacques-Rémy Girerd(2003). Un « nouveau déluge », mais aussi une formidable leçon de vie.

Et si nous décidions de regarder, non pas « plus », mais « mieux » de films, notamment en famille et avec des enfants ?
Le choix de films témoigne d’une certaine vision du monde… et est révélateur de la place que nous accordons(ou pas) aux films étrangers (notamment non « hollywoodiens » et non exclusivement anglophones). Ces derniers nous permettent de nous sensibiliser à d’autres modes de vie, d’autres cultures et de nous rappeler que nous ne sommes pas le centre du monde. Voir « mieux » de films, c’est aussi se former en tant que spectateurs critiques, capables d’échanger et de dialoguer avec ses pairs mais aussi avec des adultes.
Ainsi, vous cherchez un film ou un dessin animé à voir en famille, avec vos enfants. Que choisissez-vous ? Et pourquoi ? Un « Disney », un « Pixar » ?…
Et si vous osiez « prendre des risques » et choisir un dessin animé…français, pour cette fois-ci ?

Par exemple, « La Prophétie des Grenouilles » de Jacques-Rémy Girerd(2003), vu hier soir ?

Une famille non conventionnelle, mais aimante et stable. (Scène de "La Prophétie des grenouilles")

Une famille non conventionnelle, mais aimante et stable. (Scène de « La Prophétie des grenouilles »)

L’histoire : Au bout du monde, loin de tout, une famille paisible, plutôt non conventionnelle. Elle est en effet composée du capitaine Ferdinand-un marin « blanc » à barbe d’un certain âge-de Juliette, son épouse « de couleur »(sans doute des Antilles)et de Tom, le petit garçon qu’ils ont adopté à la mort de ses parents naturels. L’enfant appelle ce couple « Maman » et « Grand-père ». Cette famille est installée dans une ferme coquette perchée en haut d’une colline. Elle accepte de garder la petite Lili (de l’âge de Tom), le temps que ses parents, les gardiens du zoo, ramènent d’Afrique des nouveaux « pensionnaires »-des crocodiles !

Mais au pied de cette colline, le monde des grenouilles est en émoi : il n’y a plus de doute ! Toutes les prévisions coïncident : un nouveau déluge s’annonce.
Face à l’événement, les grenouilles conviennent, à titre exceptionnel, de communiquer avec les humains.
C’est alors le début d’une grande aventure où animaux et humains vont devoir apprendre à vivre ensemble. Ce qui n’est pas toujours facile.
La phrase du réalisateur
La Prophétie des Grenouilles est une fable sociale, tragi-comique, qui pose des questions sur la tolérance, l’écologie, la difficulté de vivre ensemble, les affres de la dictature… C’est aussi une belle histoire d’amour entre deux enfants.
Prix & Festivals
Festival du Film Français de Richmond 2004 -Chine- Paris- Shanghai- Corée
Tournage en Rhône-Alpes
Le film a été entièrement réalisé au Studio Folimage de Valence. Six ans de travail, un million d’images, une équipe de deux cents personnes ont été nécessaires à la fabrication de ce film
(Source : http://rhone-alpes-cinema.fr/fr/film-la-prophetie-des-grenouilles.html )
Age conseillé : à partir de 7 ans.

 

 

Ce que j’en retiens :
Sur le plan formel, d’abord, le dessin animé est extrêmement réussi et agréable à voir. Le choix des voix est aussi très travaillé(doublages par des comédiens chevronnés : Michel Piccoli en Ferdinand, Anouk Grinberg en tortue, Annie Girardot et Michel Galabru en couple d’éléphants, Jacques Higelin en lion, Romain Bouteille, Luis Rego….)Grande richesse de vocabulaire.
Sur le plan thématique, on retient cette micro-société reconstituée sur une « arche improvisée », reposant sur une bouée géante. De prime abord, il semble bien périlleux de tenter de faire cohabiter des personnes tellement différentes (des carnivores et des herbivores dans le même bateau !), alors que l’on n’a que des patates à manger ! Pourtant, cette situation d’épreuve et de crise est une opportunité de remporter une victoire personnelle et collective, comme d’éprouver, dans un contexte plus difficile, les bienfaits du « vivre ensemble », et ce, au-delà des différences.
On relève ici le rôle essentiel de la Loi, celle du capitaine-une autorité forte, bonne et bienveillante. C’est une même loi (« universelle », commune) pour tous, qui protège tout le monde et qui ne saurait souffrir d’aucune exception (« on ne mange personne » et « on ne se mange pas entre nous »)-seule condition pour que tout le monde reste en vie.
Certes, cette Loi est contraignante et vivre ensemble est très difficile pour tout le monde. Mais l’on voit aussi ce qui se passe, lorsque l’on prétend violer cette loi, sous prétexte qu’elle serait « mauvaise » et « contraire à ma nature, mes besoins, mes intérêts », et lorsque l’autorité est chassée de cette société, pour être remplacée par une figure de pouvoir, manipulant tout le monde (notamment « les bas instincts »). C’est la porte ouverte à un danger encore plus grand que la situation de crise, et la mise en danger de tous, sans exception.
Autres thèmes :
On apprendra encore que « vengeance n’est pas justice » et qu’il est aussi vain de chercher le moindre bouc émissaire, à des fins « expiatoires » et dans « l’espoir que tout ira mieux ». Un seul est mort pour vous, et une fois pour toutes.
Le thème du film fait inévitablement allusion au déluge de Noé, sans pour autant que l’on ait une explication pour ce nouveau « déluge » (d’autant plus que…cf Gen.9v11) ; la question « des origines » est aussi posée, avec une explication plutôt « mythologique » de la création du monde, venant se mêlant à une explication scientifique de l’origine des comètes.
Des « questions métaphysiques » autour de la mort (la vie après la mort) sont également posées.
D’autre part, un mot sur ces grenouilles, qui se sont mobilisées pour faire connaître « leur prophétie » au monde, quoique non « aux sages et aux intelligents », mais « aux enfants ». Et ce, sans se préoccuper de ce qui peut leur arriver à elles, pour que l’humanité soit sauvée. En cela, le titre du film, comme l’acte altruiste de ces grenouilles, donne du poids et du sens au don et à la gratuité. C’est cela, l’esprit de l’Evangile : « vous avez reçu gratuitement ; donnez gratuitement », a recommandé Jésus. Un esprit dont notre monde, où tout semble se vendre et où il faut (se) vendre, en est malheureusement dépourvu.
Enfin, nous terminerons sur le thème de l’adoption, très présent dans ce film. On relèvera la difficulté du petit garçon à appeler son père d’adoption « papa ». Pour lui, il n’est que « grand-père ».
Pour nous aussi, chrétiens, ayant mis notre confiance en Jésus-Christ, sauveur et seigneur, notre relation avec Dieu est révélatrice de qui nous sommes. La Bible nous dit que nous avons été « adoptés » (Rom.8v15 ; Jean 1v12 ; Eph.1v5 ; Gal.4v5….). Mais qui est Dieu, pour nous ? Est-il pour vous un « grand-père à barbe blanche », certes « très gentil » et peut-être assez « distant » ? Ou bien est-il votre « Père » ? Un chrétien, estime James Packer dans « Connaître Dieu », est celui « qui connaît Dieu comme Père ». Et « le Père Lui-même (nous) aime ».