La « Table du Seigneur » : « un bouleversement de l’ordre social » d’après Wilfred Monod

« Faites ceci en mémoire de moi », dit Jésus : Un des rares gestes que le Seigneur nous a explicitement demandé de reproduire.

« Quel rêveur, quel réformateur, quel anarchiste a jamais proposé d’inviter le patron et le manœuvre au même repas, pour les faire boire à la même coupe ? Et pourtant, la sainte cène opère ce miracle ; l’éboueur y porte la coupe à ses lèvres et la passe au député, qui boit après lui…(1)

Dans la simplicité de cet acte sans phrase, il y a quelque chose de surnaturel, et qui nous dépasse au point de nous troubler étrangement. L’Évangile y apparaît comme l’énergie égalitaire par excellence. Jusque là, seule la mort pouvait prétendre nous rendre tous égaux face à elle. Toutefois, la mort crée, brutalement, une égalité involontaire entre les personnes, tandis que l’Évangile suscite, harmonieusement, une égalité des vivants consciente et volontaire.
Cette communion que nous célébrons tous autour de cette table est un bouleversement de l’ordre social, un ferment de réformes sans limites, une image de l’humanité future, le germe de la “nouvelle terre où la justice habitera”.
Ce pain a une histoire. […]
Pour faire la bouchée de pain qui nous est offerte à la table sainte, il a fallu presque un an d’efforts et de collaboration obstinée avec la pluie et avec les rayons du soleil, et tout le travail des hommes, du grainetier à l’agriculteur, du semeur au moissonneur, du transporteur au distributeur, du grossiste au meunier, du meunier au boulanger, du boulanger à cette table.
Ce pain est la nourriture la plus noble qui existe ; c’est le sacrement de la communion avec la nature généreuse et c’est le sacrement de la solidarité humaine, solidarité avec l’humanité au travail, qui a permis que cette nourriture soit sur cette table. Mais ce pain est aussi le symbole d’une inégalité meurtrière. Qui possède le pain, est maître de celui qui ne le possède pas. Un pain, entre nos doigts, est un attribut de pouvoir ; il nous octroie la puissance de dicter nos conditions à un affamé. Si un petit morceau de ce pain tombait sur la place centrale d’un village du Soudan, on verrait des créatures déshumanisées se ruer avec frénésie vers ce trésor, et se piétiner sans merci dans la poussière.
Le morceau de pain est au centre du monde ; le jour où toute l’humanité sera pleinement assurée d’en manger, marquera l’avènement du genre humain à la dignité humaine ; c’est alors qu’il se dégagera, définitivement, de l’animalité.
Ce pain et cette coupe sont au centre du monde pour nous ce matin, comme pour beaucoup de chrétiens qui célèbrent ce même repas en ce même jour : par le fruit de la vigne, par les épis de blé et le travail des hommes, nous nous souvenons de Jésus-Christ, qui s’est présenté à nous comme le Pain vivant, et comme la vigne.
Il a vécu parmi nous, mais nous ne l’avons pas accueilli. Il a été trahi et mené jusqu’à l’abîme de la mort. Le soir, avant d’être livré, il a pris du pain, et, après avoir rendu grâces, l’a donné à ses disciples en disant : “Ceci est mon corps, livré pour vous”. De même, à la fin du repas, il a pris la coupe, et, après avoir rendu grâces, il la leur a donnée et a dit : “Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui est répandu pour beaucoup, pour la rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez.”
Le Seigneur Jésus-Christ, le lendemain, a été livré, il a été élevé sur la croix. Il est mort. Le Pain vivant a été foulé au pied, et c’est un outrage pour l’humanité entière, l’humanité sous-alimentée, affamée et assoiffée.
Il est mort, mais Dieu l’a rendu à la vie. De même, Dieu nous conduit, à sa suite, de la mort vers la vie, dans l’attente de son Royaume« .

Texte utilisé pour la célébration de la cène, adapté d’extraits de l’ouvrage de Wilfred Monod (1867-1943, pasteur et théologien réformé français) sur la célébration de la Cène, et « piqué » sur blog.vraiment.net

 

 

Notes :

(1)Aujourd’hui, dans certaines églises, chacun a son godet et l’on prie « en petits groupes », pas automatiquement « mixtes » – le député ne se retrouvant pas forcément avec l’éboueur….

Des films à voir avec son père, pour sa fête

Le 18 juin : « un appel » pour les pères, « appelés » à être des pères, tout simplement !

La fête des pères aura lieu le 18 juin, cette année.

Ces derniers entendront-ils leur « appel » personnel ?

 

Au-delà du jeu de mot facile, l’occasion est là pour offrir à son père, non pas une énième cravate ou un briquet, mais de voir ou revoir ensemble un film original susceptible d’interpeller et de faire parler.

Voici donc des films, la plupart déjà chroniqués sur « Pep’s café », où il est question de pères appelés « à se lever » et à « s’exposer » pour 1)« revenir », afin de retrouver celui que l’on a soi-même abandonné, le croyant perdu ou 2)« (re)devenir » une source d’inspiration :

« Courageous ». Avec sa fameuse « résolution »…..à faire signer à des pères réunis en week-end ?

« De toutes nos forces » :  un film tiré d’une histoire vraie, celle d’une redoutable épreuve qui réconcilie un père avec son fils handicapé.

« Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), bien avant “Revenant”. Avec une très belle scène particulièrement insolite, propre à faire prendre conscience de la force et à la valeur de la vie et de l’amour et une dernière réplique marquante, qui rappelle Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

Mais aussi à 3) « accompagner », pour aider à persévérer dans une démarche personnelle : « A Perfect day ».

Ou tout simplement 4) pour être « aimant », jusqu’au don de soi : « CJ7 » (1).

Avec une belle compétition entre un père et son fils, pour savoir qui écrasera le plus de cafards avec les pieds !

C’est à tout cela que l’on reconnaît un père, dit-on….

Et vous ? Que proposeriez-vous, pour enrichir cette liste ?

En attendant, bonne fête à tous les papas !

 

Note :

(1) Si vous avez de jeunes enfants, c’est le film idéal, mais à condition de ne pas chercher à en savoir trop, pour ne pas gâcher l’effet de surprise. La scène de début vaut son pesant d’or, puisqu’elle illustre assez bien le décalage possible entre « les valeurs » qu’un père peut donner à son fils et « les valeurs » dominantes, celles « de la majorité » : lorsqu’un professeur demande aux élèves d’une école privée huppée ce qu’ils veulent faire plus tard, les petites filles expriment leurs rêves de célébrité et les petits garçons ambitionnent de devenir riches et puissants. Dickie, quant à lui, déclare vouloir devenir « quelqu’un de pauvre », parce que l’essentiel pour être respecté-« même si on n’a pas d’argent »-selon ce que lui a enseigné son papa, manœuvre sur un chantier, est d’être « gentil », « pas bagarreur », « travailleur » et « de ne pas raconter de salades ». Un « rêve » qui provoque les moqueries de la classe et l’incompréhension du professeur…..

Et si l’on interpellait les jeunes au moyen de la vérité ?

A quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ? « Aujourd’hui, des jeunes de trente-cinq ans sont rivés sur Facebook, sans direction, et en quête d’identité. On les a dorlotés au lieu de les interpeller » (Kévin deYoung)

Kevin DeYoung, pasteur et auteur, écrit :

« Les personnes qui fréquentent nos Églises ne sont pas stupides. Elles ont la faculté d’apprendre. Mais dans leur grande majorité, elles n’ont tout simplement pas eu d’enseignement adéquat. Personne ne les a incitées à méditer une pensée profonde ou à entreprendre la lecture d’un livre difficile. Personne ne leur a demandé de définir leur foi en termes bibliques et théologiques. Nous n’avons pratiquement rien espéré de nos jeunes, et nous n’avons rien obtenu en retour non plus. Il y a environ deux générations, les jeunes de vingt ans se mariaient, fondaient une famille, exerçaient un métier ou se trouvaient sur le front à combattre les Nazis. Aujourd’hui, des jeunes de trente-cinq ans sont rivés sur Facebook, sans direction, et en quête d’identité. On les a dorlotés au lieu de les interpeller ». (Voir le contexte de cet extrait sur TGC – Evangile 21, le 02/06/17). De les interpeller au moyen de la vérité.

Mais « qu’est-ce que la vérité ? », demande-t-on encore aujourd’hui, à l’instar d’un Ponce Pilate à Jésus. Mais souhaitons-nous entendre la réponse, ou sortirons-nous de la présence de Jésus, avant d’entendre la réponse ?
Bien sûr, il est plus « tendance » de dire aux jeunes (ou aux moins jeunes) d’aujourd’hui : « Tu veux prendre telle décision ? Prends-la. Tu ne veux pas prendre telle décision ? Ne la prends pas. Fais-ce-que-tu-veux-comme-tu-veux ! Le plus important c’est d’être en parfaite cohérence avec ce que l’on croit, que l’on expérimente, et que l’on décide ».
Justement, sur quels critères ? Et si ce que l’on croit, expérimente et décide, est faux ou mensonger ? Et comment une jeunesse sans direction, en quête d’identité, peut-elle le discerner, si elle n’est pas enseignée ?

C’est pourquoi, faisons le pari, non de la facilité mais de l’intelligence. Et osons interpeller les jeunes au moyen de la vérité !

Je n’ai pas trouvé Dieu

Perdu, retrouvé ! Parce que cherché avec détermination et amour. Source : ZeBible

Je n’ai pas trouvé Dieu – Il n’était pas perdu. Moi si – C’est Dieu qui m’a trouvé.

Et Il m’a trouvé parce qu’Il m’a cherché.

Et Il m’a cherché parce qu’Il m’aime.

 

« Lequel d’entre vous, s’il a cent brebis et qu’il en perde une, ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée ? Et quand il l’a retrouvée, il la charge tout joyeux sur ses épaules, et, de retour à la maison, il réunit ses amis et ses voisins, et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !” 

Je vous le déclare, c’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». (Luc 15v4-7)

A l’école de Jésus

« Mettez-vous à mon école », dit Jésus (Matt.11v29)

 

 

Paroles en musique de la chanson « A l’école de Jésus », tirée de l’album « Je suis petit et alors ? », de Noshame for Kids.
Compo G. Boucomont, arrangement J. Chaumont, Chant M. Arbaoui Westphal. Vous pouvez acheter le titre ou l’album sur http://PremierePartie.com ou toutes les plateformes en ligne.

Découvert sur cantiques.fr 

« The Bible Project » : une aide pour mieux comprendre que les livres de la Bible sont une seule et même histoire qui conduit à Jésus

The Bible Project : « le plan B » pour qui ne comprend rien à la Bible !

Bien que la Bible soit la Parole de Dieu, il nous est arrivé de trouver (sans oser l’avouer) au moins une fois dans notre vie certains livres ou passages peu intéressants, « ennuyants » (sic) ou même particulièrement incompréhensibles. Pas de complexe ! Pierre lui-même reconnaissait que Paul est difficile à comprendre et certains disciples de Jésus trouvaient les paroles de Celui-ci « dures à entendre ».

Mais voici « The Bible Project », un outil novateur et créatif, pour nous aider à mieux comprendre la Bible, que j’ai découvert sur le blogue jeunesse « La Rebellution ».

« The Bible Project » est un organisme basé à Portland (USA) qui a commencé à poster des vidéos sur Youtube en 2014. Si vous aimez les chiffres, vous serez sans doute intéressés d’apprendre que la chaîne compte aujourd’hui près de 450 000 abonnés. L’objectif de « The Bible project » est non seulement de faire comprendre la Bible de façon simple et intéressante, mais aussi surtout d’aider les gens à réaliser combien la Bible n’est qu’une seule et même histoire qui conduit à Jésus grâce à des vidéos. Ces vidéos présentent soit un thème particulier (Ciel & Terre, Le Messie, Les alliances, La sainteté de Dieu, Le sacrifice et l’expiation, La loi, L’Evangile du Royaume, L’image de Dieu, Shema – « Écouter », Le Saint-Esprit), soit un livre de la Bible en expliquant son contexte, sa composition et son contenu, ou comment approcher la Bible, si nous la découvrons pour la première fois (qu’est-ce que la Bible ? Comment la lire ?). L’on y trouve même des films d’animation sur la Torah(les 5 premiers livres de Moïse), les livres de la sagesse (Job, Proverbes, Ecclésiaste) et les Evangiles Marc et Luc. D’autres vidéos viendront s’ajouter à celles qui existent déjà.

En savoir plus :

La chaîne youtube (les vidéos sont en anglais mais il est possible d’activer les sous-titres en français, en allant dans les paramètres).

Le site de « The Bible Project ».

Enfin, en guise d’exemples, voici 1)une vidéo expliquant le « Lévitique », qui se trouve dans l’Ancien Testament (première partie de la Bible), car il s’agit d’un livre que nous avons tendance à « esquiver », du fait de son caractère quelque peu…étrange pour notre temps.

Ces autres vidéos ont trait à l’Evangile selon Matthieu, le premier livre du Nouveau Testament (seconde partie de la Bible) :

 

Bonne exploration !

« Et vous, qui dites-vous que je suis ? » demande Jésus

Si Jésus te posait aujourd’hui la question : « Qui dis-tu que je suis ? » (Marc 8v29) et, toi-même,  « qui suis-tu » ?(Jean 21v22) Que répondrais-tu, personnellement ?

 

Musique et paroles : Eric Galia 2016

Nos groupes de jeunes vivent-ils l’évangile de Jésus-Christ, en étant ouverts à « toutes les réalités » ?

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Nos groupes de jeunes sont-ils ouverts à toute la jeunesse en particulier et à « toutes les réalités » (1) en général ? Car c’est ainsi que se vit l’évangile et la vie chrétienne, selon l’esprit du corps de Christ.  Et sans oublier de « (construire) un pont avec le futur en parlant avec les anciens ! », selon les propos du pape François, lequel s’était adressé aux jeunes du Latium le 8/04/17 (veillée de prière à la basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome en vue des JMJ de Panama, prévu pour janvier 2019)

Extraits significatifs d’un discours (me paraissant) inspiré et inspirant(2), de nature à nous interpeller, nous, protestants évangéliques….

 

« Chers jeunes,

Merci d’être présents ici ! Cette soirée est un double commencement : le commencement du chemin vers le Synode, qui a un nom bien long : « Les jeunes, la foi et le discernement de la vocation », mais nous dirons : « le Synode des jeunes » [de tous les jeunes] Un Synode dont aucun jeune ne doit se sentir exclu ! (…) Oui ! C’est le Synode des jeunes : nous voulons tous vous écouter. Chaque jeune a quelque chose à dire aux autres(…), aux adultes, [ses frères et sœurs, y compris les pasteurs et responsables de jeunes] Nous avons tous besoin de vous écouter !

(…)Le monde d’aujourd’hui a besoin de jeunes qui vont « en hâte », qui ne se lassent pas d’aller en hâte ; des jeunes qui aient cette vocation de sentir que la vie leur offre une mission (…) Nous avons besoin de jeunes en marche. Le monde ne peut changer que si les jeunes sont en marche. Mais c’est le drame de ce monde : que les jeunes – et c’est le drame de la jeunesse d’aujourd’hui ! – que les jeunes sont souvent mis à l’écart. Ils n’ont pas de travail, ils n’ont pas d’idéal à suivre : manque l’éducation, manque l’intégration… Tant de jeunes doivent fuir, émigrer vers d’autres terres… C’est dur à dire, aujourd’hui souvent les jeunes sont des matériaux de rebut. Cela nous ne pouvons pas le tolérer ! Et nous, nous devons faire ce Synode pour dire : « Nous les jeunes, nous sommes là ! (…) nous sommes ici, en marche. Nous ne voulons pas être des matériaux de rebut ! Nous nous avons de la valeur à donner ! ».

(….) Vous les jeunes vous devez risquer. Aujourd’hui vous devez préparer le futur. Le futur est entre vos mains.

Pendant le Synode, toute l’Église veut écouter les jeunes : ce qu’ils pensent, ce qu’ils sentent, ce qu’ils veulent, ce qu’ils critiquent et de quoi ils se repentent. Tout. L’Église a besoin d’encore plus de printemps, et le printemps c’est la saison des jeunes.

Par ailleurs je voudrais vous inviter à faire cette marche (…) avec joie, à la faire avec vos inspirations, sans peur, sans honte, à la faire courageusement. Il faut du courage. Chercher à prendre la beauté dans les petites choses (…) : cette beauté de tous les jours, la prendre, ne pas perdre cela. Remercier pour ce que tu es : « Je suis ainsi : merci ! ». Bien souvent, dans la vie, nous perdons du temps à nous demander : « Que suis-je ? ». Mais tu peux te demander « qui » tu es » et passer toute ta vie en cherchant « qui » tu es… Demande-toi : « Pour qui suis-je ? ». (…) Pour qui suis-je, et non qui suis-je : cela vient après, si c’est une demande qu’on doit faire, mais avant tout pourquoi faire un travail, un travail de toute une vie, un travail qui te fait penser, qui te fait sentir, qui te met en action. Les trois langages : le langage de la pensée, le langage du cœur et le langage des mains. Aller toujours de l’avant.

Il y a une autre chose que je voudrais vous dire : le Synode ce n’est pas un parloir. Les JMJ ne seront pas un parloir ou quelque chose d’approchant, ou une belle chose, une fête et ensuite ciao j’oublie… Non, concrétisez ! La vie nous demande du concret. Dans cette culture « liquide » il faut du concret : le concret c’est votre vocation.

(…) Aux jeunes aujourd’hui, aux jeunes la vie demande une mission ; l’Église leur demande une mission et aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin, nous avons besoin du pont, du dialogue entre les grands parents et les jeunes, entre les vieux et les jeunes. Le prophète Joël, dans le chapitre 3, verset 1, nous dit ceci, comme une prophétie : « Vos anciens seront instruits par des songes et vos jeunes gens par des visions », c’est à dire qu’ils porteront en avant par des prophéties les choses concrètes. Ceci est un objectif que je vous donne aussi au nom de  l’Église : parler avec les anciens. « Mais c’est ennuyeux…  ils disent toujours les mêmes choses… » Non : écoute l’ancien. Parle. Demande des choses. Fais en sorte qu’ils songent et à partir de ces songes va de de l’avant, pour prophétiser et pour rendre concrète cette prophétie. Aujourd’hui c’est votre mission, c’est la mission que vous demande aujourd’hui l’Église.  Chers jeunes, soyez courageux ! « Mais, (…)j’ai péché, je tombe si souvent… » Il me vient à l’esprit une chanson alpine, très belle, que chantent les alpinistes : « Dans l’art de monter, l’important n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas rester à terre… » Avance ! Tu tombes ? Lève-toi et va de l’avant. Mais pense à ce qu’a songé le grand-père, ce qu’a songé le vieux ou la vieille. Fais-les parler, prends cela et fais le pont avec le futur. C’est l’objectif et la mission qu’aujourd’hui vous donne l’Église.  (…) Et [l’on] vous demandera : « Avez-vous parlé avec les vieux ? Avez-vous parlé avec les anciens ? Avez vous pris les songes de l’ancien et les avez vous transformés en prophéties concrètes ? » C’est votre objectif. Que le Seigneur vous bénisse ».

 

Notes :

(1)Voir notre article : « à qui appartiens-tu ? Ta vie chrétienne est-elle réelle ou virtuelle » ?

(2) Découvert via http://plunkett.hautetfort.com/archive/2017/04/11/nouvelle-evangelisation-sur-le-terrain-de-toutes-les-realites.html ; Voir aussi : https://fr.zenit.org/articles/le-pape-invite-les-jeunes-a-se-demander-pour-qui-suis-je-et-non-qui-suis-je/

Ne dites plus « ne nous donnez plus de pizzas ! » Dites : « Je vous invite. C’est fait maison ».

« Quelles sont ces pizzas dont on sature les jeunes, mais qui ne rassasieront pas leur homme intérieur ? » Source : Pexels

« ….les disciples le pressaient : « Rabbi, mange donc. Mais il leur dit : J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas (…) Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre ». (Jean 4v31-34. TOB)

Ce que j’apprécie le plus, lorsque je consulte un blogue ? Certains commentaires, publiés aux pieds des articles publiés. Certains sujets généreront beaucoup, peu ou pas du tout de commentaires, ce qui est en soi révélateur de l’intérêt accordé auxdits sujets. Bien entendu, nous pouvons trouver le pire comme le meilleur, quantité ne signifiant pas toujours qualité, loin de là.

Une fois n’est pas coutume : voici un exemple notable, où le commentaire d’un article s’avère aussi (sinon plus) bon que le billet commenté lui-même.

A l’origine, un billet de « Benjamin E. », 22 ans, étudiant à l’Institut Biblique Belge, coordo de l’excellent blogue jeunesse La Rébellution et blogueur sur christestmavie.fr., intitulé : « ne nous donnez pas des pizzas. Donnez-nous l’Evangile ! », publié le 20/03 sur le blogue « Le Bon Combat ».

« Comment intéresser les jeunes du 21ème siècle ? De quoi ont-ils besoin ? Que faut-il leur donner ? », se questionne l’auteur, lui-même « encore dans la tranche d’âge jeune » et conscient « que le ministère parmi les jeunes est un vrai casse-tête aujourd’hui ». En effet, « ils ne semblent plus intéressés par toutes les méthodes un peu vieilles du siècle passé. Dans une ère où Facebook est roi, où on tweet plus vite qu’on ne l’a jamais fait – comment intéresser les jeunes du 21ème siècle ?(…) On pense souvent que les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de plus de [c’est moi qui souligne] jeux, plus d’attractions, plus de fun. On pense souvent que le Groupe de Jeunes doit se résumer à une soirée jeux-vidéo, des pizzas et 5 minutes de partage biblique hyper-simplifié pour pas perdre l’attention des jeunes. Non, le plus grand besoin des jeunes au 21ème siècle, c’est l’Evangile. Un Evangile clair, complet et fidèlement présenté.

Parce que les pizzas ne vont pas nourrir nos âmes ! Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de nouvelles méthodes, plus de fun ou quoi que ce soit d’autre. Notre vrai besoin, la vraie solution, c’est l’Evangile. La solution se trouve dans la Parole de Dieu, vivante et efficace. C’est de cette Parole dont nous avons besoin, cette Parole qui peut transformer nos cœurs et produire, par l’Esprit, la vie dans un cœur qui était spirituellement mort ».

Curieusement, l’article, publié par un jeune, ne suscite qu’un seul commentaire, et ce, et alors que les articles plus « théo » inspirent habituellement une pléiade de commentaires, et moults débats passionnés et enflammés.

Le commentaire est de l’internaute « Francine », habituée du blogue « Le Bon combat ». Et il vaut absolument le détour, dépassant même le billet commenté (ceci dit, sans préjudice pour l’article de Benjamin E.) pour la réflexion qu’il suscite. Jugez-en plutôt :

Il est bien votre article Benjamin ! Pour l’approfondir un peu, il faudrait, je pense développer votre illustration de la pizza. Pourquoi de la pizza ? Vous le savez d’expérience, la pizza est le plat de prédilection du programmeur, accompagnée éventuellement d’une bonne bière. Elle contient des calories faciles, plein de sel et de gras, vite engloutie, vous vous remettez immédiatement à votre code.

Seulement le règne spirituel ne s’étend pas sur de stupides machines qui obéissent à la commande, mais sur des esprits, des âmes, des volontés, et donc la pizza ne va pas le faire pour s’y aventurer. En clair, quelles sont ces pizzas dont on sature les jeunes, mais qui ne rassasieront pas leur homme intérieur ? Les slogans, les bouquins superficiels, les partis-pris, le vocabulaire philosophique pédant et creux. Vous avez raison de rappeler que le péché est notre principal problème à tous. Mais qu’est-ce que le péché une fois que l’on a mis de côté la drogue et la pornographie ? Tout mensonge, toute entorse consciente à la Vérité est un péché. Or la vanité, l’orgueil, l’esbroufe, la prétention, l’obstination personnelle sont des péchés, et très courants dans le ministère de la pizza évangélique.

La solution : faites votre cuisine vous-même ! Paul écrivait à Timothée : « Que personne ne méprise ta jeunesse ». N’offrir aux jeunes que des pizzas, c’est au fond les mépriser ; c’est supposer qu’ils sont trop bêtes pour se nourrir d’autre chose. Eh bien mettez en pratique le conseil de Paul « Applique-toi à la lecture » ; repoussez les pizzas du buzz, appliquez-vous à la lecture de vrais livres. Devenez pointu en exégèse biblique, maîtrisez le grec et l’hébreu, l’histoire de l’Église, et vous deviendrez un chef étoilé qui pourra cuisiner pour les autres.

Benjamin, ne dites donc plus aux vieux : « Arrêtez avec vos pizzas ! », car il n’y a pas grand-chose attendre des vieux. Jésus, Paul, et même Jean qui est mort presque centenaire, étaient jeunes d’esprit. Dites plutôt : « Je vous invite. C’est moi qui l’ai préparé ! Prenez et goûtez… »

 Et souhaitez, non pas « plus, plus de… » mais mieux. Le meilleur.

 

Comment Dieu nous parle-t-il ?

Ecoute ! Dieu te parle !

Voici un exemple de question posée à « 1001questions.fr », excellent site dont nous avons déjà parlé ici : « comment Dieu nous parle-t-il ? »

La réponse, postée le 18/03 :

De tas de manières différentes ; il est libre !

Mais l’outil qui m’est donné pour l’entendre, c’est le texte biblique. Ce qui suppose un certain nombre de précautions propres à ce media particulier. Ainsi, il faut d’abord lire intelligemment le texte, en usant des mêmes moyens que pour n’importe quel texte (les notes qui accompagnent le texte y aident parfois) : le sens des mots et expressions, le contexte littéraire (= la Bible elle-même, à commencer par ce qui entoure le texte choisi) et historique (= ce qu’on sait du temps et du lieu de l’écriture), etc. Et puis il faut se demander ce que le texte m’apprend, me dit sur Dieu, sur moi, sur mes relations aux autres. Enfin il faut demander à Dieu de me faire comprendre ce qu’il veut me faire entendre, lui qui est une vraie personne vivante, à moi qui en suis une autre.

Il faut aussi accepter que Dieu se taise, ou dise autre chose que le texte biblique (choisi à bon escient ou au hasard). Mais c’est toujours la Bible qui reste le critère : si j’entends Dieu me dire le contraire, alors ce n’est pas Dieu ! Comme toute parole, celle de Dieu est un acte relationnel, qui m’implique autant que lui. C’est ma foi, pas mes connaissances, qui est sollicitée, elle concerne ma propre vie. C’est la parole d’amour d’un père, par elle je reçois la vie du Christ qui est mort et ressuscité pour moi. Dans le concret de mon existence. À proprement parler, c’est lui, Jésus, qui est la parole de Dieu pour moi.

Le critère pour savoir si c’est Dieu qui parle et pas mon inconscient ou l’air du temps : « sola scriptura » ! L’Ecriture seule a autorité.

Je puis donc aussi entendre cette parole à travers l’Église, les autres, les événements, la tradition, la nature, etc. Mais dans tout ça, je n’ai pas de moyen de savoir que c’est Dieu plutôt que mon inconscient ou que l’air du temps. Là encore, le critère, c’est la fidélité de ce que j’entends à la révélation biblique. C’est ce que les théologiens protestants appellent le « sola scriptura » : l’Écriture seule a autorité…

A cette réponse claire et précise, je rajouterai ceci : il est toujours frappant(mais pas étonnant) de constater que ceux ou celles qui remettent en question une telle autorité ont généralement tendance à lui substituer une autre parole et donc une autre autorité. La leur, le plus souvent…..

 

Voir aussi cette autre question, sur le même site : « comment entendre la voix de Dieu ? »