« Noël, cette fête qui révèle que Jésus est né dans l’étable de mon cœur »

Quel est le vrai message de Noël ?

“Noël, c’est cette fête qui révèle que Jésus est né dans mon cœur ! Dans l’étable de mon cœur devrais-je dire ! Là où il y avait des ténèbres, il a mis sa lumière ! Là où il y avait dispute et colère, il a mis sa paix ! Là où il y avait ignorance, il a mis sa connaissance ! Là où il y avait l’égoïsme, il a mis le don de soi ! Là où il y avait blessure, il a mis sa guérison ! Là où régnait le péché, il a accordé son pardon…Noël, c’est Jésus ! Tout simplement” ! (1) Mais, comme l’a dit un autre, il serait « totalement vain » de se contenter de savoir que « le baby de Bethléem » est né dans la mangeoire (2), si, justement, « tu ne l’accueille pas dans (cette) étable de ton coeur ! ». Et pourquoi ne pas commencer par s’adresser à lui et lui parler ? On appelle ça prier.

Joyeux Noël et à bientôt !

 

Lectures bibliques : Esaïe 9v1-6, Matthieu 1v18-2v1-18, Luc 12

 

Notes :

(1) La fête de Noël IN Une année de grâce, de Louis-Michel Fillatre. Editions du Cèdre, 2016, p 403

(2) Comme le chantait en 2008 « Noshame », ce groupe d’artistes de la région parisienne mobilisé pour que tous découvrent ce qui fait la véritable lumière de Noël. Cela avait donné « Noël No Hell ». Avec : Dré Bonny – Jeanne Dumeige et Jean-marc Reyno. Clip réalisé par Piero Battery – Production : ERF du marais – Conception : Gilles Boucomont.

Les Paroles

Regarde vers le haut,
Les collines enneigées,
Regarde comme c’est beau,
L’hiver n’a pas changé.
Regarde cette étoile,
Qui guide les bergers,
Quand l’horizon se voile,
De nuages légers.

Jours de douceur,
Les flocons blancs
Tombent du ciel.
Jours de bonheur
Pour les enfants,
C’est ça Noël ?

Te voilà enfin Noël
Oui nous t’attendions Noël
Tant attendu, mais inattendu
Te voilà enfin Noël !
Frère, atterris, c’est pour tes thunes
Qu’ils veulent t’enterrer.
Tu rêves, endormi,
Mais tu te réveilleras, plus qu’atterré !
Sourires faussés, Noël, c’est fou, c’est
L’arnaque qui pompe le plus… un fric fou !
Il passe à l’action, le
Gros type en rouge à la barbe blanche
Qui chaque jour, eh yo, planche
Sur comment tout te prendre
Jusqu’à ton caleçon. Ma parole !
Fais attention, garçon, pour tes gosses.
Infini : ils l’ont cloné par millions, de toute façon,
Avec sa barbe en plastoc,
Rires, sourires en toc,
L’arnaque du siècle,
Mec, je t’assure, elle est mastoc !
Et c’est ça Noël ! Hein.

Jours pour rêver,
Bonheur suprême
La vie est belle.
Jours pour aimer
Ceux qui nous aiment
C’est ça Noël ?

Te voilà enfin Noël
Oui nous t’attendions Noël
Tant attendu, mais inattendu
Te voilà enfin Noël

Trop de monde, trop de sacs,
Trop de trucs, trop de vrac,
Trop de stress, trop de fous,
Trop de jouets, trop de tout !
Les super, les hyper-marchés
Ont leurs lumières déclenchées,
C’est l’enfer, pour bien te faire cracher.
Frère, faut tout acheter !
C’est ça Noël ? Pfff…
J’ai plutôt l’impression que
Je viens de me faire crocheter !

Noël, no hell ! No more hell ! No more hell !
Noël, no hell ! No more hell ! No more hell !
Noël, no hell ! No more hell !

Fini l’enfer, c’est une nouvelle bonne !
Fini l’enfer, c’est une nouvelle donne!

Dieu est sur la paille, comme toi,
Lui aussi n’a pas de toit,
In X L 6 D O gloria
Paix sur la terre pour les hommes
Aux femmes, salam, peace, shalom.
Est-ce fini les flingues en plastique pour nos fistons
Pour les fillettes, les plans « string & séduction » ?

C’est ça le Noël que j’aime
Le baby de Bethléem.

Te voilà enfin Noël
Oui nous t’attendions Noël
Tant attendu, mais inattendu
Te voilà enfin Noël

Ecœuré par la réalité,
Ma parole ! J’ai réalisé
Que l’étable de Bethléem
Dans nos rues s’est dématérialisée.
J’suis pas déshumanisé,
Alors si tu m’entends, eh, Dieu,
Si jamais tu passes dans le coin
Oui, toi qu’on aime tellement idéaliser :
J’ai un tas de choses à partager ;
Dans l’étable de mon cœur,
Tu pourras t’allonger…

Noël, no hell, no more hell !…

Source : noel.nohell.fr

 

Pourquoi « faire croire au Père Noël » est une désobéissance pour le chrétien

« …tout l’imaginaire du Père Noël est faussé, c’est une idole du capitalisme et de la surconsommation » (Dessin d’Andy Singer)

« Comment gérer le Père Noël dans une famille chrétienne ? », questionne cet internaute sur le site « 1001 questions ».

Et voici la réponse du répondant, laquelle se doit d’être « radicale, pour anticiper le jour où notre enfant apprendra que « le Père Noël n’existe pas », et faire face à un « et Jésus aussi, c’est un mensonge ? »

Et le répondant de « l’expliquer en montrant que faire croire au Père Noël à son enfant est une désobéissance à six des dix commandements. Rien que ça…  

1er. « Tu n’auras pas d’autre dieu » – ce personnage soi-disant bénissant répond à nos prières et nos demandes avec automatisme, hors de toute grâce et il récompense seulement nos bonnes oeuvres. 

2ème. « Tu ne te feras pas d’image » – tout l’imaginaire du Père Noël est faussé, c’est une idole du capitalisme et de la surconsommation. 

3ème. « Tu n’emploieras pas le nom de Dieu en vain » — le Père Noël est un faux « père qui est dans les cieux ». Et Jésus nous demande justement d’appeler Dieu « Notre Père » 

8ème. « Tu ne voleras pas » – nous savons bien que l’hyperconsommation est la base même des injustices les plus profondes entre Nord et Sud. 

9ème. « Tu ne feras pas de faux témoignage » – parce que mentir à nos enfants je peux jamais être édifiant. 10ème. « Tu ne convoiteras pas » – et nous savons que si nos enfants veulent ces jouets, c’est parce que des tiers les leurs imposent, souvent : la télé, la pub, les groupes d’amis… qui les poussent à vouloir ce qu’ont les autres. 

 Alors ? Père Noël ou pas Père Noël ? »

 

Que puis-je offrir de bon à mon enfant ?

Quel serait CE cadeau dont mon fils ou ma fille aurait véritablement besoin ? (Source image : public domain pictures)

Quelle joie de donner à ceux qu’on aime !

En cette période de l’Avent, nombre de parents vont dépenser leurs économies pour procurer à leurs enfants ce qu’ils considèrent comme le plus beau cadeau de Noël : le jouet dont l’enfant rêve ? Cet objet longuement désiré toute l’année ou convoité dans l’immédiateté ? Ou encore ce jeu à la mode et plébiscité par tous ses camarades ? Quant aux grands-parents, qui ne peuvent plus courir cette course effrénée de fin d’année, sans doute se contenteront-ils d’une enveloppe de billets pour l’adolescent, afin de lui donner la possibilité de « s’acheter ce qu’il ou elle veut » ? En fin de compte, LA question demeure : quel serait CE cadeau dont mon fils ou ma fille aurait véritablement besoin ?

La suite de l’article sur Croire et vivre.

Avent

« Seules les femmes, les mères, savent ce qu’est le verbe attendre. » (Source image : public domain pictures)

Il arriva sans être attendu, il vint sans avoir été conçu. Seule la mère savait qu’il était fils d’une annonce de la semence portée par la voix d’un ange. C’était arrivé à d’autres femmes juives, à Sarah par exemple.

Seules les femmes, les mères, savent ce qu’est le verbe attendre. Le genre masculin n’a ni constance ni corps pour héberger des attentes (….). Esaïe 30v18 (dit pourtant) « heureux ceux qui attendent lui » (….). Mais plus fort encore que cette nouvelle, il est écrit dans ce même vers : « c’est pourquoi Dieu attendra pour vous faire miséricorde ». La première attente concerne Dieu et elle a le même verbe hébraïque hacche. Dans sa réduction au format de l’espèce humaine, Son temps infini se contracte dans le fini d’une attente. Dieu attend ; « pour vous faire miséricorde ». Le temps de l’Avent est à l’imitation de, il est face à l’éternité d’un Dieu qui accepte de devenir périodique, faisant irruption dans le monde certains mois fixés par sa naissance, sa mort et sa résurrection.

Celui qui a en lui les ressources pour concevoir des attentes connaît grâce au vers d’Esaïe l’immensité de l’attente correspondante de Dieu.

Avent IN Noyau d’olive, Erri De Luca. Gallimard, 2004 (Folio), pp 17-18.

Quand la grève rend visibles celles et ceux qui sont indispensables à la société

« Des récits et de mobilisations témoignant que ceux qui font fonctionner notre société relèvent la tête et souhaitent continuer à bien faire leur travail, dans de bonnes conditions pour eux et les citoyens à qui ils rendent service » (Source image : public domain pictures).

« Le fruit de la justice sera la paix : la justice produira le calme et la sécurité pour toujours » (Es.32v17).

« J’écoute ce que dit Dieu, le SEIGNEUR ; il dit : « Paix », pour son peuple et pour ses fidèles, mais qu’ils ne reviennent pas à leur folie ! Son salut est tout proche de ceux qui le craignent, et la gloire va demeurer dans notre pays. Fidélité et Vérité se sont rencontrées, elles ont embrassé Paix et Justice. La Vérité germe de la terre et la Justice se penche du ciel ». (Ps.85v9-12)

Ils sont accusés de bien des maux : « de paralyser le pays », « de défendre égoïstement leurs acquis », et même, selon un certain magazine, « de haïr le travail ». Paradoxe : la grève qu’ils mènent nous dit tout le contraire. Elle rend justement visible ce qui ne l’est pas, quand tout fonctionne normalement, quand ces centaines de milliers de salariés accomplissent bien leur travail, n’en déplaisent à certains, pour que les écoles accueillent nos enfants, pour que les trains, les métros ou les bus nous transportent, pour que les pompiers interviennent quand on les appelle, pour que les hôpitaux soignent les patients, pour que nos poubelles et déchets soient collectés. La grève rend justement visible le rôle primordial de tous ces métiers d’utilité publique dans notre société. C’est pourtant sur ces métiers que le gouvernement ne cesse de taper. Gel de salaires, coupes budgétaires, baisse d’effectifs, loi travail, et maintenant réforme des retraites… Ils endurent tout en continuant de travailler, ils alertent sans être écoutés. Leur malaise, qui dépasse largement la seule réforme des retraites, Basta ! pure player traitant de l’actualité économique, sociale et environnementale, nous le raconte depuis longtemps, tout en donnant la parole à celles et ceux qui proposent de véritables solutions alternatives. Autant de récits et de mobilisations témoignant que ceux qui font fonctionner notre société relèvent la tête et souhaitent continuer à bien faire leur travail, dans de bonnes conditions pour eux et les citoyens à qui ils rendent service.

Les urgentistes frôlent le « burn out » depuis plusieurs années, les pompiers s’inquiètent de leur « surcharge de travail », non pour eux mais pour les gens à qui ils portent secours, et déplorent des autorités « hermétiques » à leurs demandes, les policiers critiquent un travail devenu « vide de sens », encore dégradé par la nouvelle manière de maintenir l’ordre, quand des douaniers craignent d’être « broyés » par « le système ».

➡️Urgences en burn-out : « Nous sommes obligés d’être à la fois aide soignante, infirmière, vigile, secrétaire… »
➡️Chez les pompiers de l’Essonne : intimidations par la hiérarchie, colère des sapeurs
➡️Enquêtes bâclées, politique du chiffre, hiérarchie indifférente : des policiers critiquent un travail « vide de sens » 
➡️« Je me suis voué corps et âme à mon métier, et je m’y suis broyé » : en France, les douaniers aussi se suicident

Les sous-traitants du nucléaire, qui œuvrent à la maintenance et à la sûreté des centrales, sont, eux aussi, « fatigués d’être méprisés ». Les agents de l’Office nationale des forêts ne veulent pas s’occuper de ce bien commun « comme un conseiller bancaire gère des portefeuilles ». Est-ce cela haïr le travail ? C’est tout le contraire. La haine de ces métiers vient des managers qui n’y voit qu’un exercice comptable déshumanisé.

➡️ « Fatigués d’être méprisés » au détriment de la sécurité, les sous-traitants du nucléaire se mobilisent
➡️ Les agents de l’ONF lancent un mouvement contre la marchandisation des forêts françaises

Il suffit d’écouter cette institutrice et directrice d’école en Seine-Saint-Denis, parler de son métier, des enfants et du rôle émancipateur que devrait jouer l’école, pour être scandalisé par le sort réservé aux enseignants, déjà mal rémunérés, peu écoutés et parmi les grands perdants de la réforme des retraites.
➡️« Notre métier, c’est de former une génération qui prendra en main la destinée du monde d’ici 25 ans »

Pire : non seulement toutes ces paroles ne sont pas entendues, elles sont méprisées, masquées. Comme pour ces infirmières travaillant en Ehpad, sanctionnées pour avoir travaillé en sous-effectif. Comme pour ces employés d’un site Michelin, également sanctionnés quand un accident du travail se produit. Comme pour ces cordistes, profession particulièrement touchée par les accidents du travail mortels.
➡️Des soignantes sont obligées de travailler en sous-effectif dans un Ehpad, leur direction les sanctionne
➡️« On n’a jamais vu ça ! » : chez Michelin, deux salariés sanctionnés après avoir été victimes d’un accident du travail
➡️« Si vous n’y allez pas, vous n’êtes pas des hommes ! » : enquête sur la mort de Quentin, jeune technicien cordiste

Quand ce management déshumanisé tue, notre société a encore du mal à rendre justice. « 15 000 euros d’amende, ça fait cheap la vie humaine, non ? », lançait le romancier Alain Damasio au moment du procès des dirigeants de France Télécom, dont nous connaîtrons le résultat ce 20 décembre.
➡️Procès France Télécom : « 15 000 euros d’amende, ça fait cheap la vie humaine, non ? »

(Source : Bastamag)

 

Résister !

Face à la vague : résister, surfer complaisamment ou se laisser emporter ? (Source image : public domain pictures)

Visitant un jour le camp des Milles, à proximité d’Aix-en-Provence, je parcourais en quelques heures l’histoire des idéologies antisémites, eugénistes (vouloir des êtres humains parfaits) et  sélectives (« l’euthanasie » des enfants handicapés ou bien les stérilisations forcées) qui conduisirent l’Europe dans le chaos épouvantable de la seconde guerre mondiale. « Vivant la même apathie que des millions d’autres individus, je laissais venir les choses. Elles vinrent » [1]. Ces mots de Sébastien Haffner, jeune magistrat allemand dans les années 1930, percutent et blessent mon esprit. Comment aurait-il fallu agir ? En un mot : RESISTER.

Dans un ouvrage publié sous la direction d’Alain Chouraqui (Pour résister, les repères de l’expérience, éditions « Cherche midi »), directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), nous lisons que « l’histoire a montré tragiquement que tenter de résoudre les difficultés sociétales par un « ciment » imposé, national, social ou religieux ne fait qu’aviver les tensions, en nourrissant une spirale d’enfermement, d’intolérances, de réactions et souvent de violences »[2]. L’ouvrage décrit alors trois étapes qui jalonnent le glissement vers toutes les barbaries. Les voici.

« La première étape de cet engrenage vers le pire s’enclenche dans un contexte de déstabilisation sociétale. Des crises sociales, économiques ou morales affectent la société et entrainent une peur de l’avenir, une perte de repères »[3]. C’est une étape durant laquelle s’exerce la manipulation du langage : « une des armes utilisées par les minorités agissantes pour répandre leurs idées est la manipulation du discours ». Les mensonges s’imposent progressivement et ceux qui ne font aucun mal sont accusés d’être la source du mal. Les contresens et les contradictions sont fréquents. « Quand les mots deviennent fous, les hommes deviennent fous »[4].

« La deuxième étape est franchie quand une minorité accède au pouvoir par la force ou par les urnes (…). On voit se mettre en place une législation contraire aux libertés conduisant la puissance publique à alimenter voire accélérer le processus vers le pire. Le régime devient alors autoritaire, voire totalitaire. La violence devient une violence d’Etat »[5]. Quels en sont les signes ? Institutions confisquées (elles peuvent être consultées mais jamais écoutées), contre-pouvoirs éliminés, médias manipulés, promotion de « nouvelles valeurs », liberté d’expression et de conscience muselée.

Avec la troisième étape, « on assiste non seulement à l’exclusion systématique des personnes ou des groupes cibles voire à l’organisation de crimes de masse, mais également à une extension des persécutions »[6]. Comment cela se traduit-il ? Conformisme accepté ou imposé, insécurité généralisée, peur de s’exprimer, disparition des opposants, déshumanisation, menace permanente.

Cette spirale est-elle inéluctable ? Pour les auteurs, il faut résister : « nous sommes responsables de ce que nous ne faisons pas ». Pour eux les formes de résistance sont multiples et leur convergence est efficace. Plus la résistance est précoce et forte plus elle a de chance d’aboutir. L’effet de groupe, la propension de l’être humain au conformisme peut être contrecarrée.

Lire la suite de l’article « Pourquoi faut-il résister ? » de Franck Meyer, Président du CPDH, Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine, paru le 13/12/19 sur le site de l’organisme.

 

 

Notes :

[1] Histoire d’un allemand, souvenirs 1914-1933. Sebastian Haffner (de son vrai nom, Raimund Pretzel)

[2] « Pour résister… à l’engrenage des extrémismes, des racismes et de l’antisémitisme ». Alain Chouraqui dir., Cherche-Midi, 2015.

[3] Ibidem, p. 86

[4] Ibidem, p. 164

[5] Ibidem, p. 90

[6] Ibidem, p. 94

 

 

En ce moment j’écoute : « Eveille-toi, mon âme »

Le cœur rassuré, mon Dieu, je vais chanter un hymne : voilà ma gloire !

Réveillez-vous, harpe et lyre, je vais réveiller l’aurore. (Ps.108v2-3)

Voici ce magnifique chant de Samuel Olivier et du collectif cieux ouverts, interprété par la chorale d’enfants Aquarium, avec Estelle Besingrand au violoncelle, Evodie Gonzalez au piano et Christophe Blanc à la réalisation du clip.

La philosophie pour les Nuls : « en éthique, une question, beaucoup de réponses »

[« Piqué » sur le compte twitter de Foi & vie, la revue protestante de culture, publié le 16/10/19. Né le 06 décembre 1980, Simon Butticaz est professeur ordinaire à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne. Il collabore à l’enseignement ainsi qu’à la recherche en Nouveau Testament et traditions chrétiennes anciennes au sein de l’Institut romand des sciences bibliques (IRSB), dont il est l’actuel Directeur]

Le Pasteur chrétien de Richard Baxter

Il y aura « un avant et un après », après avoir lu « le pasteur chrétien »

Tout chrétien aspirant pasteur, ou déjà pasteur, a intérêt à lire « le Pasteur chrétien » de Richard Baxter. Le titre original de l’ouvrage [« The Reformed Pastor » ou « le pasteur réformé »]  est même plus explicite quant aux intentions de son auteur. En effet, l’adjectif « Réformé » ne renvoie pas ici à la dénomination protestante du même nom, mais doit être compris dans le sens de Romains 12v2 ou Jérémie 7v3 : se réformer soi-même.

Richard Baxter, un pasteur et théologien puritain du XVIIe siècle (1615-1691) soucieux des intérêts de Christ, « le Souverain Berger », et donc de ceux des autres, exhorte ses collègues pasteurs dans un vibrant plaidoyer à la manière de Paul en Actes 20v28 : « Prenez soin de vous-mêmes et de tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis les gardiens, soyez les bergers de l’Eglise de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang ».

Sans langue de bois, il leur rappelle que le « ministère » n’est en rien un avantage ou « un honneur » (c’est même parfois plutôt ingrat), mais bien un service et un grand don, impliquant de très sérieuses responsabilités.

« Le pasteur réformé » ne doit pas non plus oublier qu’il est avant tout un pasteur : d’abord « pasteur de lui-même », en « veillant sur lui-même et sur son enseignement »(1 Tim.4v16). Ce qu’il prêche aux autres, il le prêche d’abord à lui-même. Il comprend que « la réforme de l’Eglise » doit d’abord passer par la réforme de son propre cœur, incluant la repentance de son orgueil, de sa paresse et de son insouciance à l’égard des pécheurs qui se perdent. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra être un « pasteur pour les autres », soit de veiller et de prendre soin de tout le troupeau qui lui a été « échu en partage » (1 Pie.5v2). Ce qui implique de prendre le temps de bien connaître chaque membre de l’église…à condition que ledit troupeau ne soit pas trop nombreux ! [Que penserait Baxter des méga-churches, aujourd’hui ?]

L’enjeu spirituel est de taille, car, affirme Baxter, « l’ignorance des devoirs réciproques du pasteur et du troupeau est un des plus grands obstacles au salut des pécheurs et à la réformation de l’Eglise » (op.cit., p 157)

Pertinent et actuel, il était aussi novateur en son temps, en ce qu’il encourageait ses collègues pasteurs à ne pas se contenter de prêcher, « d’instruire et catéchiser », en chaire, mais « d’instruire et catéchiser en particulier » les membres et les familles à domicile, lors de visites pastorales régulières. « L’instruction particulière (des) paroissiens est (pour les pasteurs) un devoir aussi rigoureux que la prédication publique » (op. cit, p 183), mais aussi, à terme, un exercice efficace et utile, qui est plus profitable que dix ans de prédication, assure Richard Baxter (op. cit., p 169). Lui-même, chargé de la paroisse de Kidderminster, bourgade anglaise de 800 foyers et 2000 habitants, avait pour habitude de prêcher le dimanche et de visiter une quinzaine de familles chez elles le lundi et le mardi.

Comme tous les anciens auteurs,  son style paraît de prime abord « vieux jeu », austère et « pas cool », mais non dénué de grâce. Percutant, son message anticipe les trois objectifs de la prédication de Charles Siméon (1759-1836), en ce qu’il vise à rendre humble le pécheur, exalter le Sauveur et promouvoir la sainteté.

Le pasteur devenu « réformé » y gagnera même un peu plus de sagesse, après avoir fréquenté son aîné Richard Baxter le temps d’une lecture. Ainsi, à l’heure où l’on se passionne pour « ce qui fait le buzz », quand on ne s’amuse pas « à rompre des lances » sur les réseaux @sociaux avec des inconnus sur des sujets polémiques et clivants, le lecteur pasteur sera encouragé à s’attacher à ce qui contribue à l’unité et à la paix de l’Eglise.

Dans tous les cas, il y aura certainement « un avant et un après », après avoir lu « le pasteur chrétien » : ou bien l’on en conclut que « finalement, cela ne vaut pas le coup d’être pasteur », ou bien l’on se voit conforté et encouragé dans sa vocation et son appel, plus conscient du sérieux et de la noblesse de cette grâce qu’est le pastorat.

 

En bref :

Le Pasteur chrétien, de Richard Baxter. Impact Héritage, 2017. Egalement disponible ici ou dans toutes les bonnes librairies.

 

Table des matières

  • Avant-propos
  • Préface à l’édition française de 1841
  • Introduction

Première partie : La surveillance de nous-mêmes

  1. La nature de cette surveillance
  2. Les motifs de la surveillance de nous-mêmes

Deuxième partie : La surveillance du troupeau

  1. La nature de cette surveillance
  2. La manière d’exercer la surveillance du troupeau
  3. Les motifs de la surveillance du troupeau

Troisième partie : L’application

  1. La nécessité de l’humiliation
  2. Le devoir de catéchiser et d’instruire le troupeau

 

Extrait à lire sur le blogue Revenir à l’Evangile.

 

Louer Dieu : c’est facile et compliqué « en même temps »

« Louez Dieu » ? Répondre à la question est un jeu d’enfant. Le vivre est plus compliqué…

« Louez Dieu », ça veut dire quoi ?

La réponse à cette question n’est pas difficile. Louer Dieu fait partie de notre vie : par son Esprit, Dieu fait monter en nous une reconnaissance de qui il est et pour qui il est. La louange est donc une attitude qui, tout à la fois, dit qui est Dieu et l’honore. C’est l’oeuvre du Saint Esprit en nous.

Nous trouvons dans les Ecritures plusieurs versets qui nous parlent de ce sujet :

  • Dans le Premier Testament, le livre de louange par excellence, c’est le livre des Psaumes. Les psalmistes invitent les fidèles à dire comment Dieu est bon, fidèle, puissant, miséricordieux et juste. Cet appel est lancé non seulement aux peuples, mais aussi à toute la création – les montagnes, la mer, la lune, les astres, le monde animal.
  • Dans le psaume 33, il est dit que la louange de Dieu est quelque chose qui est propre aux justes ; comme il est propre aux oiseaux de voler et aux poissons de nager, il est propre aux hommes droits de louer Dieu. Mais louer uniquement en paroles n’est pas ce que désire Dieu.
  • Dans le livre du prophète Esaïe, Il reproche à son peuple de le louer avec leurs bouches, tandis que leurs cœurs sont éloignés de lui (Esaïe 29:13).
  • Jésus reprend cette idée, en disant que « l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père » (Jean 4:23).
  • Dans ce même évangile, Jésus explique que le Père sera glorifié si nous portons beaucoup de fruit (Jean 15:8). Dieu attend donc de nous que nous le louions par nos actes. Et plus tard, l’apôtre Pierre écrira que même les non-croyants seront amenés à louer Dieu quand ils remarqueront notre « belle manière d’agir » (1 Pierre 2:12).

Alors, oui, il n’est pas si difficile de répondre à la question : « qu’est-ce que la louange? ». Ce qui est très compliqué, c’est d’appliquer cette réponse à notre vie de tous les jours.

La suite ici.