Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : épisode 3, d’après Jean 6v1-71

La scène de la multiplication des pains dans « l’Evangile de Jean »(2014), de la série « 4 Evangiles – les films », de David Batty.

Voici, au cœur de l’épisode 3 de notre série Pep’s café, « une méga campagne d’évangélisation » (et un pique-nique géant !) de Jésus, mais avec bien peu de fruits, semble-t-il….. Par Yannick, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après  Jean 6v1-1522-71

S’il y avait plus de miracles lors de nos campagnes d’évangélisation, nos contemporains seraient plus attirés à Christ. Vivons la puissance de l’Evangile ! Si nous nous contentons du peu que nous avons, l’Eglise ne grandira jamais. Demandons à Dieu les signes qu’il nous donnera si nous les lui demandons dans la foi.

Sauf que les miracles n’ont jamais amené plus facilement à Jésus. Ah ! Je sais, c’est osé, alors laissez-moi qualifier cela. Dans l’Evangile de Jean, les miracles ne font pas de vraie différence dans l’évangélisation. Oups. Non, laissez-moi préciser encore. En fait, bien sûr que les miracles ont un impact. Ils permettent de distinguer ceux qui ont vraiment cru de ceux qui disent simplement avoir cru. Les miracles ont un effet d’éloignement. Ils n’attirent pas plus qu’ils éloignent.

Prenez Jean 6. Dans les 15 premiers versets, nous trouvons ce miracle quand même impressionnant de la multiplication des pains. Si vous voulez du miracle bien frappant qui devrait attirer des foules, là il y a du lourd ! D’ailleurs ce miracle a bien attiré les foules… qui ont voulu faire de Jésus un roi politique.

Jésus vient de faire un miracle très semblable… à celui de la manne. Jésus est le Yahweh de l’Ancien Testament. Et pourtant ! Voilà certains des juifs qui ne peuvent que lui dire : « Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions et que nous te croyions ? Quelle œuvre fais-tu ? » (v. 30) Ironique aussi qu’ils disent à Jésus que Dieu, « leur Dieu », a donné à manger à Israël dans le désert… oui parce que Jésus, lui, il a fait quoi ? Inviter tout le monde au resto ?

Ironie, incompréhension, et abandon. Plusieurs de ceux qui avaient suivi Jésus finissent par l’abandonner (v. 66). Une campagne d’évangélisation qui avait pourtant bien commencé, avec un bon gros miracle, finit presque en queue de poisson. Certains s’éloignent de Jésus… ils ont vu, ont marché sur le chemin, et choisissent de le quitter. D’autres sont renforcés dans leur rejet : le miracle leur voile les yeux. Leur absence de foi est un aveuglement. Par la grâce de Dieu, certains confessent que Jésus a « les paroles de la vie éternelle » (v. 68). Le miracle vient trancher, séparer, épurer. Il est presque une occasion de jugement, de discernement.

Lorsque nous nous demandons comment « attirer » des gens à Christ, n’oublions pas pourquoi ils ne croient pas. Ce n’est pas d’abord à cause d’un manque de preuves, de miracles, ou de beau discours. C’est un aveuglement spirituel. C’est d’abord à cela que nous avons à faire. C’est pour cela que l’annonce de la bonne nouvelle se fait par Christ et en l’Esprit ! En nous rappelant de cela, nous mettrons nos œuvres et nos miracles à la bonne place : sous la providence de Dieu, qui fera en sorte que pas un seul de ceux qu’il sauvera ne se perde (v. 39).

En bonus : une prédication de Raphaël, donnée le dimanche 27/11/22, sur un sujet à peu près « voisin » et d’après Jean 4v27-42 : « le pain d’en haut », qui est « la nourriture de Jésus », nous paraît-il suffisant ? Ou ce que Jésus nous enseigne quant à la volonté du Père.